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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Politique
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1994-09-28, Collections de BAnQ.

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[" CAHIER Réforme des programmes sociaux : rien ne presse, dit Jean Chrétien CILLES GAUTHIER du bureau de La Presse OTTAWA e gouvernement Chrétien at-tendra-t-il les résultats du référendum au Québec avant de procéder à la réforme majeure des programmes sociaux qu'il avait promis de réaliser avant la fin de 1994?Interrogé hier sur cette hypothèse par le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard, le premier ministre Jean Chrétien a répondu que son gouvernement avait été élu pour au moins quatre, et probablement cinq ans, et que rien ne presse.«On a le temps et on le prendra pour faire un bon travail », a affirmé précédemment M.Chrétien, dont le gouvernement déposera la semaine prochaine un document pour fins de discussion.Le responsable de cette réforme, Lloyd Axworthy, ministre du Perfectionnement des ressources humaines, a indiqué pour sa part que les décisions gouvernementales pourraient n'être annoncées qu'au printemps et même, qu'à l'automne 1995, soit dans un an.M.Chrétien a expliqué hier que le document «sera présenté à l'opinion publique et un comité parlementaire circulera à travers le pays pour recueillir les opinions.C'est là, la démocratie à son meilleur».Il a ajouté qu'il voulait offrir un bon gouvernement, ce qui sous-entend «une consultation des gens».Les propositions gouvernementales ont fait l'objet depuis une semaine de nombreuses fuites, qui étaient prévues dans la stratégie gouvernementale, mais M.Axworthy a demandé hier d'attendre «le vrai document».S'abste-nant de parler des provinces, directement touchées par l'éventuelle réforme, le ministre a présenté l'exercice comme le fruit de la volonté de la population canadienne de procéder à une réforme majeure, afin de mettre sur pied un système de sécurité sociale moderne fondé sur la compassion et la justice pour tous.Dans le document, rédigé en anglais seulement, le gouvernement Chrétien met l'accent sur l'emploi, la sécurité du revenu et l'apprentissage.Les réformes envisagées dans le premier chapitre reposent sur le durcissement des règles de l'assurance-chômage et des modifications aux plans de formation de la main-d'oeuvre inactive, ainsi que sur l'établissement d'un programme canadien de garderies permettant d'accueillir 150 000 enfants de plus, au bout de trois ans.Il serait subventionné par les gouvernements fédéral et provinciaux et soumis à des normes pan-canadiennes.On se souviendra que l'ex-gou-vernement de Brian Mulroney avait adopté un ambitieux programme de garderies immédiatement avant l'élection de 1988, et l'avait abandonné immédiatement après avoir remporté la victoire.Pour ce qui est de l'assurance-chômage, le document demandera entre autres s'il ne serait pas préférable de ne plus verser de prestations à ceux qui recourent fréquemment à ce programme, si la période d'attente avant de recevoir les prestations ne devrait pas être allongée, etc.Les propositions touchant la «sécurité» des familles sont surtout de nature fiscale et feraient notamment en sorte que tous les ménages avec enfants y trouveraient leur compte quel que soient leurs revenus.Par sa réforme des programmes d'aide sociale, le fédéral veut économiser 1,5 milliard en 1996-1997 en «gelant» les transferts aux provinces à leur niveau de 1994-95.Les provinces devront également respecter des normes pan-canadiennes.Le gouvernement Chrétien remettra en cause l'aide d'Ottawa aux provinces pour l'éducation et l'apprentissage post-secondaires et demandera notamment si les étudiants ne devraient pas assumer une plus large part des coûts.On envisagera un système de prêts-bourses plus complet, le recours au REER des parents pour le financement des études, etc.Une annexe, traitant de la stratégie que le gouvernement devrait adopter pour «vendre» la réforme, prévoyait que le document ferait l'objet de fuites immédiatement après avoir été approuvé par le cabinet.Assistés sociaux : Blackburn souhaite un assouplissement des mesures de contrôle CILLES NORMAND du bureau de La Presse QUÉBEC A peine nommée ministre de la Sécurité du revenu et de la Condition féminine, la député de Chicoutimi, Jeanne Blackburn, manifeste l'intention de civiliser les mesures de contrôle dont font l'objet les assistés sociaux.Abordée à son entrée au premier caucus des députés du gouvernement péquiste, hier, Mme Blackburn a déclaré qu'elle allait revoir les mécanismes de contrôle, de façon à les relâcher un peu lorsque c'est possible.«11 faut absolument trouver une autre façon de faire.11 faut arrêter de traiter ces clientèles comme s'il s'agissait de gens de seconde catégorie, de citoyens de seconde zone», a déclaré la ministre, tout en soulignant que « les bénéficiaires de la sécurité et du revenu sont d'abord, à 80 p.cent, des travailleurs en difficulté».«On oublie cela chaque fois qu'on parle de cette catégorie de personnes», ajoute-t-elle, précisant qu'il faudrait les «intégrer davantage dans le discours pour leur redonner un peu de dignité et le goût de relever les défis».Mme Blackburn verrait d'un bon oeil un relâchement des coûteux moyens de contrôle, dans la mesure où «on peu donner à ces personnes une nouvelle perception d'elles-mêmes».«l'ai la conviction que les contrôles excessifs \u2014dans certains cas, on est allé jusque dans les chambres à coucher\u2014 ne sont pas efficaces», a-t-elle dit, faisant allusion aux «bouboumacoutes» d'une époque pas si éloignée.«On m'a dit au ministère \u2014j'ai rencontré le sous-ministre en titre\u2014 qu'il faudra peut-être revoir l'équilibre entre les inspecteurs et les enquêteurs», a-t-elle précisé.Rappelant qu'il était impossible d'éliminer tous les contrôles, puisqu'il s'agit tout de même d'un budget de plus de 4 milliards de dollars, la ministre a indiqué qu'il importait d'aider correctement ceux qui en ont besoin.Mais elle s'oppose à l'idée qu'il faille à priori considérer «ces gens comme une majorité de fraudeurs potentiels».'M Éditorial Opinions Preston Manning affirme que le temps du statu quo est désormais révolu Jeanne Blackburn Cette réunion, au lendemain du dévoilement du conseil des ministres et du comité des délégués régionaux, avait pour objet de permettre au premier ministre (acques Parizeau de rappeler aux nouveaux élus que leurs responsabilités étaient avant tout de représenter les citoyens de leurs circonscriptions.Ils devront se mettre rapidement à la tâche, comme le leur a précisé M.Parizeau.Le chef du gouvernement, et le whip en chef Jean-Pierre Jolivet, ont aussi voulu, à l'occasion de cette rencontre, apporter diverses précisions quant au fonctionnement des affaires parlementaires: personnel de soutien auquel chacun a droit, embauche de secrétaires, première paye, aménagement des bureaux au parlement et dans les comtés, allocations de déplacement et de fonctionnement, enveloppes discrétionnaires, etc.Entre-temps, un va-et-vient constant se poursuit depuis lundi ; députés et personnel de soutien déménagent leurs pénates dans les bureaux convenant à leur faction respective.Par ailleurs, les demandes d'emploi affluent par centaines auprès du vEau MARIO FONTAINE Les libéraux de Daniel Johnson n'ont pas réussi à se maintenir au pouvoir en défendant le statu quo constitutionnel.Et s'ils ne veulent pas perdre le référendum en plus, ils ont intérêt à proposer une alternative, a averti hier le chef du Parti réformiste, Preston Manning.Il est en effet important, a déclaré M.Manning dans une entrevue à La Presse, de présenter une nouvelle vision du fédéralisme, un fédéralisme plus décentralisé, dans lequel toutes les provinces seraient égales, mais jouiraient de pouvoirs accrus.Comme on ne peut compter sur Jean Chrétien pour cela, dit-il, il revient au Parti libéral du Québec de proposer des réformes.On sait que ce débat déchire actuellement le PLQ.Certains députés libéraux ne veulent pas se présenter devant les électeurs les mains vides au moment de la campagne référendaire, d'autres s'en tiennent à l'engagement de Daniel Johnson de ne pas rouvrir le dossier constitutionnel avant 1997 au plus tôt.«Le statu quo a perdu ses trois dernières batailles: Charlotte-town, les élections fédérales et les dernières provinciales.Ce que nous proposons, c'est de remodeler le fédéralisme, de trouver un arrangement, satisfaisant pour les Québécois et les Canadiens, se situant entre le statu quo et la séparation», d'expliquer le leader réformiste.Les conséquences de la séparation seraient mauvaises tant pour le Québec que pour le reste du Canada, soutient M.Manning.De sorte qu'il entend intervenir dans le débat référendaire, même si les Québécois aiment pouvoir régler leurs affaires entre eux: la souveraineté du Québec affecterait directement le reste du Canada, fait-il valoir, et il est en outre important que les Québécois sachent ce que pensent les autres Canadiens.Le leader albertain n'écarte pas Le chef du Parti réformiste, Preston Manning, croit qu'un référendum canadien serait également nécessaire, photo michel g*avel.l* Presse la tenue d'une consultation pan-canadienne si la question du référendum québécois n'est pas assez claire au gré du camp fédéraliste, lacques Parizeau a dit à plusieurs reprises que ce serait quelque chose comme : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays souverain en date du.».Un référendum canadien serait également nécessaire, selon M.Manning, pour déterminer le type de réponse à donner au Québec advenant la victoire du OUI.L'autre voie À son avis, il n'est pas nécessaire de s'enferrer dans des techni-calités juridiques et légales com- me le gouvernement Mulroney i'a fait avec les accords de Meech et de Charlottetown pour régler la question de l'unité canadienne.Le véritable mouvement doit venir de la base, des citoyens, pour aboutir sur des provinces égales en droit sans pour autant pouvoir se prétendre distinctes.L'éducation, la santé pourraient par exemple leur être imparties, alors qu'Ottawa garderait la main haute sur le commerce international, sur la mise en place de standards pancanadiens.C'est cette forme de «voie médiane» que le Reform propose, et qu'il tentera de vendre aux Qué- bécois à l'occasion de l'élection partielle dans Brome-Missisquoi.Cette élection a été rendue nécessaire par la mort accidentelle du député bloquiste Gaston Pélo-quin.Elle est cruciale aussi bien pour le Bloc québécois que pour le Parti réformiste, puisque le BQ ne détient plus qu'un siège d'avance sur les troupes de M.Manning.Gagner dans Brome-Missisquoi redonnerait un coussin un peu plus confortable au BQ, qui a actuellement 53 sièges aux Communes, contre 52 pour les réformistes.Un mince écart qui lui permet de former l'opposition officielle.Preston Manning ne s'illusionne pas sur les chances du Reform de faire une percée dans cette circonscription estrienne.Il y voit toutefois une belle occasion de faire connaître son parti au Québec où, de son propre aveu, il ne compte actuellement que 500 membres.Il n'y a toujours pas d'association de comté réformiste dans Brome-Missisquoi, et c'est justement pour faire du prosélytisme que le chef s'y est rendu hier.« Va-t-il essayer de les convaincre d'abolir le bilinguisme officiel ?», de railler le chef conservateur Jean Charest, qui promet lui aussi de mener une chaude lutte dans ce comté aux solides racines conservatrices.La date du scrutin n'a pas encore été fixée.M.Manning ne se laisse pas abattre et rappelle les débuts modestes de sa formation.«On ne cherche pas une vedette, mais un bon candidat local», dit-il, estimant «probable» qu'il s'agisse d'un francophone.Son objectif immédiat: susciter assez d'intérêt pour que des Québécois participent à la grande assemblée partisane que le Parti réformiste organise pour la mi-octobre, à Ottawa.Ce sera après sa tournée à travers le Canada visant à promouvoir une émission de télévision sur l'unité canadienne, coanimée par M.Manning.qui suivra le «sondage» actuellement mené par le parti sur le futur du Québec.Chaise musicale dans la haute fonction publique DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUEBEC Le conseil des ministres vient tout juste d'être assermenté, et déjà le remue-ménage est commencé dans la haute fonction publique.Dès aujourd'hui le gouvernement Parizeau réintégrera un ancien mandarin, Robert Normand, tandis qu'un premier haut fonctionnaire associé au régime libéral, Renaud Caron, se verra montrer la porte de sortie.Selon les informations obtenues par La Presse, M.Caron, sous-ministre à l'Industrie et Commerce sera temporairement prêté à un organisme para-public, avec son consentement, souli-gnait-on hier.Cette chaise musicale touchant une demi-douzaine de fonctionnaires survient en même temps que d'autres nominations importantes.Ottawa a confirmé hier que Benoit Morin, ancien premier fonctionnaire sous Robert Bourassa et Daniel Johnson, devenait juge à la cour supérieure à Québec \u2014tout comme l'ex-bâ- tonnier Paul Vézina, depuis longtemps associé au Parti libéral du Canada.M.Morin était une vieille connaissance du ministre fédéral André Ouellet qui l'avait nommé à la présidence de la Société centrale d'hypothèques et de logement, au début des années 80.La Presse a aussi appris que le député péquiste de Portneuf, Roger Bertrand serait le prochain président de l'Assemblée nationale.L'un des deux vice-présidents suggérés par le PQ, Pierre Bélanger, député d'Anjou ne parait pas causer de problèmes à l'opposition libérale.Il en va autrement du candidat suggéré comme vice-président, André Boulerice, député de Saint-Jacques, passablement amer d'avoir été oublié dans la formation du conseil des ministres.Mandarins Fonctionnaire de carrière, Renaud Caron a été longtemps associé au gouvernement Bourasssa \u2014 il était à l'époque le haut fonctionnaire reponsable des nominations aux «emplois supérieurs», une fonction éminemment politi- que.On s'attend à ce que M.Caron passe au secteur privé d'ici peu de temps.Retour prévisible, Robert Normand un fonctionnaire de carrière revient aux affaires, sous-ministre des Affaires internationales et de l'Immigration selon toute vraisemblance.Devenu sous-ministre à la Justice, au début des années 70, il était ensuite passé aux Affaires intergouvernementales canadiennees, puis sous-ministre de Jacques Parizeau aux Finances durant les années 80.Nommé président du Soleil, il avait été mis sur une voie d'évite-ment comme «vice-président cor-portatif» d'Unimédia, après la grève de ce quotidien de Québec, fin 1992.Son retour causera des grincements de dents chez les militants péquistes qui voient surtout en lui l'ami d'influents libéraux de la région de Québec.La chaise musicale comporte un autre surprise de taille.François Geoffrion, sous-ministre à l'Énergie depuis quatre ans, deviendra sous-ministre aux Affaires intergouvernementales canadiennes, un poste névralgique pour le gouvernement péquiste.Temporairement en froid avec sa ministre.Lise Bacon, M.Geoffrion avait pendant un an, été secrétaire de deux commissions parlementaires créées dans la foulée de la commission Bélanger-Campeau, sur la souveraineté du Québec.Un autre mandarin, Norman Riddell cède son poste à l'Immigration à Robert Normand, mais obtient une autre fonction de sous-ministre en titre.Ancien premier fonctionnaire de Saskat-chewan, M.Riddell avait été amené au Québec par Louis Bernard, le nouveau Secrétaire général du gouvernement Parizeau.M.Bernard s'était défendu récemment de vouloir faire une chasse aux sorcières dans la haute fonction publique; il avait assuré que le nombre des évincés serait réduit, une prédiction qui semble se réaliser.Un déplacement latéral attend aussi Nicole Malo, actuellement sous-ministre de l'Emploi, qui a longtemps suivi Mme Lise Bacon \u2014 aux Affaires culturelles puis à l'Énergie.Elle aussi demeure sous-ministre, mais change de ministère.Les délégués régionaux : début cacophonique DENIS LESSARD du bureau de La Presse nou gouvernement QUÉBEC f est dans la confusion que s'ouvrit hier le conseil des délégués régionaux \u2014 les «chiens de garde des régions» auprès du gouvernement Parizeau.Au début de leur première réunion, les 14 députés choisis comme délégués régionaux avaient des avis discordants sur le rôle et les pouvoirs réels de cette nouvelle instance, qui se réunira toutes les deux semaines, sous la présidence de lacques Parizeau.Quant à l'ascendant du groupe sur l'appareil de la fonction publique \u2014 le cercle restreint des hauts fonctionnaires mandatés pour le développement régional, son poids réel par rapport au conseil des ministres\u2014, les réponses des délégués régionaux allaient dans tous les sens.Matthias Rioux, le journaliste élu dans Matane et délégué de la Gaspésie, n'hésite pas à dire que le groupe des délégués régionaux pourra court-circuiter la machine administrative.«Des structures technocratiques, on en a plein.Ce qu'il s'agit de faire, c'est de bâtir un canal pour que le pouvoir politique puisse travailler directement dans une région, sans trop d'interférences», a-t-il dit.«Le Secrétariat au développe- ment régional est dominé par les fonctionnaires.Il sera désormais entre nos mains.Quelqu'un fera du politique, l'autre (la fonction publique) sera une structure d'appoint », a lancé M.Rioux.Illustration de cette volonté, Yves Biais, député de Masson et nouveau parrain de l'Outaouais \u2014 sans député péquiste\u2014 a dit qu'il avait déjà communiqué avec Michel Crète, président de Loto Québec, et avec M.Parizeau dans le dossier du casino de Hull.«Je veux une décision dans les dix jours», a-t-il lancé.Plus nuancé, l'ancien ministre Camille Laurin, délégué de la région de Montréal, parlait hier de «concertation» entre les secrétariats régionaux \u2014 les bureaux de fonctionnaires déjà en place\u2014 et les nouveaux délégués.L'arrimage reste à faire, a-t-il souligné.Guy Chevrette, le ministre du Développement régional qui siège au comité des délégués, était plus prudent sur le rôle exact de ce groupe.«Ces délégués ont un pouvoir de recommandation auprès des ministres sectoriels ; à défaut, comme adjoint parlementaire, du premier ministre, iis ont un recours supplémentaire», a-t-il fait valoir.«On veut éviter les pertes de temps au niveau de l'administration.Si un ministre sectoriel a tendance à écouter la machine (la fonction publique), il risque de se faire pousser dans le dos», a dit M.Chevrette.Outil référendaire Cette nouvelle struture sera un outil de première importance dans la campagne référendaire de l'an prochain, confie-t-on dans l'entourage de Jacques Parizeau.«Indirectement cela peut favoriser la cause de la souveraineté.Pourquoi se priver de ce moyen?C'est un canal naturel et adapté à la conjoncture référendaire», dit Camille Laurin.Le ministre Chevrette était moins loquace sur les aspects référendaires de ce nouveau conseil \u2014 la souveraineté aura 77 défenseurs au caucus péquiste, les délégués régionaux joueront leur rôle comme les autres, a-t-il soutenu.«Quand on met en place une nouvelle structure, un palier additionnel, il est évident que cela peut être conflictuel ; c'est le défi que nous avons d'éviter les situations de conflit», reconnaissait d'emblée hier Guy Chevrette, qui à titre de ministre du Développement régional sera, après lacques Parizeau, le porte-parole de ce comité auprès du conseil des ministres.«Si cela marche pas, on va prendre les moyens pour que cela marche», a-t-il'lancé, exaspéré par les questions portant sur les problèmes prévisibles.Chez les stratèges du PQ, on reconnaît que cette nouvelle créature prese/nte un risque important de frictions avec le conseil des ministres, et même avec la machine administrative: «c'est inscrit dans la structure même de ce mécanisme», reconnaît-on.Toutefois, si l'opération ne dérape pas, elle atteindra son objectif: permettre que les régions soient directement entendues au plus haut niveau.On ne eache pas que cette structure en porte à faux \u2014prévue pour une durée d'un an, tout au plus\u2014 serait incontrôlable à très long terme.Ce projet, cher à M.Parizeau, était déjà avancé avant l'arrivée de Louis Bernard \u2014 le premier fonctionnaire\u2014 dans !e décor, ajoute-t-on.Hier matin, à huis clos, les délégués ont réclamé du personnel permanent, une requête vite acceptée par M.Parizeau \u2014des re-cherchistes relevant du conseil exécutif seront mis à leur disposition.Prudent, Francis Dufour, député de Jonquière a admis qu'il y avait un potentiel de friction entre cette nouvelle structure et le conseil des ministres.«On peut s'interroger, il y a des ministres en place.!l faudra que tout le monde accorde son violon ; si on ne sait pas à quoi s'en tenir, cela risque de causer des problèmes», prédit-il.«M.Parizeau a été très clair, s'il y a des différends entre les ministres et les délégués, il tranchera lui-mcfne», a ajoute M.Dufour. 4 LA PRESSE.MONTRÉAL, MERCREDI 28 SEPTEMBRE 1994 ÉDITORIAL Paul Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Il faut repenser les procès devant jury ?\tpremière vue, il n'y a pas grand chose de commun entre ; /V le procès de OJ.Simpson, qui s'ouvrait lundi à Los Ange-; les.et celui d'un inconnu accusé d'un double meurtre, à ; Brassard, en 1993.Celui de la vedette californienne est hyper- \u2022\tmédiatisé alors que, n'eut été d'un geste d'éclat du juge qui : l'instruit, le second serait presque passé Inaperçu ailleurs que : dans la presse spécialisée.Malgré leur contexte différent, ces deux événements mettent cependant en relief des éléments clés d'un débat qui s'Impose sur la pertinence, aujourd'hui, d'un procès devant jury.Ou, du moins, sur ses modalités dans une société totalement transformée depuis l'instauration de cette pratique.Il suffit, pour Justifier cette remise en question, de revenir à son principe de départ.il s'agit essentiellement, dans le cas de certains crimes, de permettre à toute la société : \u2014 et non à juge seul \u2014 de se prononcer sur la culpabilité d'un ; accusé.D'où la sélection de douze jurés, représentant leurs '.concitoyens, capables de fonder leur opinion uniquement sur \u2022les^faits présentés devant le tribunal.En toute sérénité et neu-' trajlfté, sans idée préconçue sur la cause entendue, ni sur la î personnalité ou le comportement de l'accusé.: En règle générale, il a toujours été relativement facile, dans ! le passé, de recruter des jurés répondant à ces critères.À la II-I mite, dans des procès spectaculaires \u2014 à cause de la nature du crime ou de la notoriété de l'accusé \u2014, il suffisait de changer de district Judiciaire pour trouver des citoyens assez « Ignorants » de l'affaire en cours pour l'aborder en toute objectivité.C'était, évidemment, avant l'ère de l'information Instantanée qui permet à tout le monde non seulement de savoir mais de voir en direct ce qui se passe n'importe où sur la planète, on en a eu un exemple avec l'arrestation d'une vedette extrêmement populaire comme o J.Simpson après sa folle équipée sur les voles rapides de la capitale californienne, sans parler de la télédiffusion dans des millions de foyers de chacune de ses comparutions à son enquête préliminaire.Peut-on vraiment croire, dans un tel cas, que douze Américains n'ont pas déjà leur petite Idée sur ce crime ou sur la responsabilité de l'accusé ?Poser la question c'est y répondre.« Pour avoir un regard neuf sur cette histoire, souligne Justement un journaliste local, il faudrait avoir passé l'été sur une autre planète » ! On devra donc demander à des citoyens choisis au hasard \u2014 qui n'ont pas l'habitude de cet exercice \u2014 ce tour de force de faire abstraction de leur opinion préalable pour se contenter de Juger d'après les preuves exposées lors du procès, un défi qui serait sans doute un peu plus facile à relever au Canada où, selon le principe de la présomption d'Innocence d'un accusé, on se montre beaucoup plus prudent qu'aux États-unis dans la diffusion des informations au stade de l'enquête préliminaire.Cette précaution ne garantit pas pour autant l'Impartialité de procès devant Jury qui se tiennent ici.Surtout dans les cau- ses ayant longtemps fait la manchette.On n'a, pour mesurer l'effort d'abstraction Imposé aux jurés, qu'à penser à la cause de Valéry Fabricant.Ou à celle qui aurait impliqué l'auteur du massacre de Polytechnique s'il avait survécu à sa folie meurtrière.La constitution d'un jury repose également sur le principe de l'« obligation » pour tout citoyen d'accepter cette tâche ingrate s'il est désigné par le sort, un devoir qui peut s'avérer fort contraignant, dans certains cas, pour la vie professionnelle ou familiale et pour lequel les compensations financières prévues par l'État sont souvent totalement ridicules.Pas étonnant que tant de candidats involontaires cherchent à se défiler.Ce n'est pas en les menaçant des foudres de la loi, comme a cru brillant de le faire récemment le juge Jean-Guy Boilard dans le procès de Yannick Gagné, accusé d'un double meurtre à Brossard, qu'on s'assurera d'avoir des jurés bien disposés et sereins pour assumer en toute quiétude leurs délicates responsabilités.SI le principe selon lequel un accusé peut ou doit être jugé par ses pairs demeure valable, on le respectera d'autant mieux qu'on acceptera de remettre en question les règles de sélection des candidats, ainsi que les modalités de leur rétribution.Dans sa forme actuelle, c'est un système archaïque dont l'inadéquation à la réalité d'une société moderne constitue une menace de plus à la crédibilité c1* la Justice, qui est déjà assez mai en point.Pierre GRAVEL \u2022 M La santé des femmes lus de 8 000 médecins gynécologues et obstétriciens sont actuellement réunis en congrès mondial, à Mon-r* tréal.pour discuter de la santé des femmes.Tous les » problèmes y sont scrutés minutieusement : l'excision clito-iriCMenne, l'avortement, l'accouchement, les iniquités sanitaires, la hausse inquiétante du nombre de césariennes de- \u2022\tpuis 25 ans, les MTS et l'Infertilité.SI, dans bien des cas, la situation quotidienne est très différente pour une femme qui vit à l'est plutôt qu'à l'ouest, le constat général reste le même.Dans le rapport sur la santé des femmes, rendu public lundi, et préparé par des experts de quinze pays pour le compte de la Fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique, il est prouvé en noir et blanc - hors de tout ; doute - que les femmes en général sont ^ toujours victimes de discrimination en ma-;tière de soins médicaux.; Mais, à travers l'ensemble des échanges, l'un d'entre eux ^mérite qu'on s'y attarde.Il s'agit du souhait de l'Organisa-:tlo/r mondiale de la santé de réduire le nombre de visites : médicales avant l'accouchement.Un souhait qui n'est pas \u2022partagé par les gynécologues canadiens même si une étude \u2022\tréalisée au Zimbabwe ( ?) montre que la diminution du ! nombre de visites n'a pas modifié de façon significative la ; santé des femmes.( 99 p.cent des femmes qui meurent en » couche vivent dans un pays en développement ).\u2022\tpne question : le souhait de l'OMS pour la diminution du Inombre de visites pourrait-il être d'ordre politique?Pour ; s'accorder avec les politiques des pays occidentaux visant à \u2022réduire les dépenses en santé publiques ?Y aurait-Il eu des i pressions dans ce sens ?Le rythme actuel des visites est-il ; vraiment exagéré ?t fcè.fait de diminuer ces visites ne pourrait servir qu'à aug-;mêqter les risques de rater des moyens de prévention ou »de:tfaitement, si un problème se présentait.Et de là.pour 'ie%fytures mères, à confier le suivi de leur grossesse à une ; sage-femme, il n'y a qu'un pas.Sans douter de la compétence de nombreuses sages-femmes, la médecine préventive, ce n'est pas leur bag.\u2022\tÂii moment même où l'on dénonce les conditions de I santé des femmes, il est heureux que les médecins canadiens soient en désaccord avec le souhait de l'OMS.V r' Claudette tougas REPRISE M,, V DROITS RESERVES La boîte aux lettres ;Acceote-t-on un trop grand nombre d'immigrants annuellement ?» :Quand aurons-nous '/heure juste sur :l'immigration ?'M Malgré qu'il y ait chez nous plus d'un | million Je personnes sans emploi, le Québec irecçvra 40 (XX) immigrants cette année.Est-Jce «jue nos gouvernements pourraient pren-\u2022tirc!quelques instants pour nous expliquer où Jces gens-là vont travailler ?Êi de grâce qu'on ne nous serve pas les ! mêmes sornettes habituelles sur l'enrichisse-jincnt.la démographie et le vieillissement.1 \") Il y a eu deux fois plus de naissances «que de décès, l'an dernier ( 97 (XX) contre ; 50 000 ).; 2 ) Le tiers des immigrants vit sous le » seuil de la pauv reté ( contre 18 % pour les '.Québécois ).\u2014 T_£- 3\t) Le Japon domine l'économie mondiale avec une population très vieille ( 16 % de 65 ans et plus contre à peine 1 1.1 9c au Québec ).4\t) Le Liechtenstein est l'un des pays les plus riches du monde avec à peine 35 000 habitants ! Bref, qu'on cesse de prendre les Québécois pour des imbéciles et qu'on nous donne enfin l'heure juste sur l'immigration.Plutôt qu'un discours étriqué, signé par l'industrie multiculturelle.Et financé à même nos impôts.ê Yvon ROY Rimouski Non aux dynasties dans les médias ! ¦ Récemment.Nathalie, fille de Minou, Pe-trowski.signait un article qui s'intitulait : « LSD ( pour Lise.Sylvie et Dominique ) Payette, air de famille ou esprit de clan ?» Cet article révélait que les trois Payette avaient remplacé l'animatrice Christiane Charctte à la radio de la SRC dans une émission quotidienne, le matin.C'est peut-être « une première dans les annales de la radio » qu'une mère et ses deux filles animent ensemble une émission, mais étant donné ce qui se passe dans le milieu des médias et des télécommunications à Montréal, il fallait s'y attendre ! En effet, que penser des Nadeau, Pierre et Pascale, des Coallier.Pierre et Marc-André, des Bombardier, Denise et Danièle, des Tis-seyre, Michèle et Charles, des Lajeunesse et de Jeannette Bertrand, des Cloutier.des Si-mard et des Taillefer.etc., et j'en passe ! Je me suis contentée de relever les cas les plus flagrants.L'industrie des médias, comme toutes les autres industries, a été durement touchée par la récession.Les grands quotidiens n'embauchent plus, ils réduisent leurs effectifs.La société Radio-Canada est passée récemment de 12 000 à 10 (XX) employés.Des quelque 100 postes de formation au Canada, qui étaient disponibles il y a 2 ans aux étudiants finissants des écoles de journalisme, il en reste aujourd'hui à peu près 40.Dans ce contexte difficile, que faut-il faire pour obtenir un emploi dans les médias ?-1- J'ai vérifié auprès de la SRC, de TVA, de Radio-Québec et de Télévision Quatre Saisons.Là, comme partout ailleurs, il y a une procédure officielle à suivre.Premièrement, il faut envoyer son c.v.Les stations m'ont avisée que leurs « effectifs, à ce jour, sont complets, et qu'il ne faut pas envisager d'ouvertures prochaines ».Par ailleurs.« les candidats sont très nombreux ».« Les critères de sélection en ce qui a trait à l'éducation et à l'expérience sont très sévères.» Lorsqu'un candidat a la chance d'être engagé, il doit « travailler dans la salle des nouvelles avant d'obtenir une promotion et de passer devant les caméras ».À Radio-Canada, il faut « faire ses preuves » en région avant de travailler en métropole.Je comprends tout cela, et je l'accepte.Je me pose néanmoins quelques questions.Ainsi, à aptitudes et à qualifications équivalentes.les chances d'embauchc sont-elles égales ?Le fait d'être né Nadeau, Bombardier, ou autre nom connu, ne donne-t-il pas un avantage ?Le domaine de l'information et de l'animation au Québec est-il réservé à quelques familles privilégiées ?Que l'on ne me dise pas, comme je l'ai déjà entendu dire à certaines émissions, que c'est encore plus difficile pour la progéniture d'une « personnalité » de faire sa place, que ce ne l'est pour un inconnu.Ce n'est pas ce que les faits indiquent.Sans mettre en question les dons évidents de quelques-un( e )s, il faut cependant reconnaître qu'à Montréal, les possibilités de travailler à la télé ou dans les journaux, semblent réservées à ceux et à celles qui y ont des contacts.L'amitié, c'est bien ; la famille, d'après ce que l'on constate, c'est tout ! Il serait bon, de temps en temps, que les directeurs de réseaux donnent une chance à de parfaits inconnus.Je suis sûre qu'un nom comme Bidule ou Tartampion pourrait se faire apprécier et aimer du public.À cause de leur dépendance vis-à-vis des grandes entreprises pour leurs recettes publicitaires, et de leur dépendance vis-à-vis des gouvernements qui les subventionnent, les médias sont parfois manipulés.Si, en plus, ils doivent se laisser influencer par leurs animateurs vedettes, on est en droit de se demander ce qui.bientôt, restera de leur objectivité et de leur intégrité.Hélène CRESCENT Journaliste indépendante Une société où régnent le mensonge et l'hypocrisie .Monsieur Foglia.¦ C'est avec beaucoup d'intérêt que je lis vos articles dans La Presse.J'ai particulièrement été émue par celui du 30 juillet dernier.Vous y parlez d'une femme comme une autre : une pute.Je vous félicite pour votre objectivité et pour le respect que vous témoignez à l'égard de cette femme.Vous dressez un portrait fort pertinent de Jocelyne et de la société dans laquelle nous vivons, où régnent le mensonge et l'hypocrisie.Les clients de Jocelyne sont des hommes d'affaires, des messieurs « respectables ».Je me demande qui de la pute ou du client est moins respectable.La pute fait un travail et a l'honnêteté de l'assumer.Quelle différence existe-t-il entre une pute et ce que j'appellerai une « demi-pute » qui s'envoie en l'air pour un verre, une promotion ou un petit cadeau ?Une seule : la première ne ment pas aux autres et ne se ment pas, la seconde oui ! Quant à la justice, nous savons tous qu'elle n'existe pas pour les démunis et les « parias » de la société; elle n'existe que pour ceux qui la font : les notables.Mais nous savons tous que bon nombre de ces personnes qui se prétendent irréprochables sont souvent les pires et n'hésitent pas à commettre, en utilisant leur pouvoir, des actes qui feraient dresser les cheveux sur la tête de beaucoup d'entre nous.Loin de moi l'intention de tenir un discours moralisateur, car je trouve qu'il est fort agréable de s'envoyer en l'air, même si je préfère faire l'amour.Je respecte autant une pute que ses clients, à condition que ces derniers assument entièrement leurs actes et ne fassent pas porter le chapeau à la pute.Mon langage choquera peut-être, mais appelons un chat un chat.Et puis, je n'ai envie d'utiliser la poésie que pour parler des personnes qui le méritent ! Que je comprends la prostituée que l'on utilise et méprise.Les bien-pensants diront que c'est une abomination, qu'il faut interdire cette « profession ».Moi je dis, regardez-la, seule sur son bout de trottoir.Elle a froid, faim et pense aux factures qu'elle doit régler ; parfois à l'enfant qu'elle a et qu'elle doit élever sans pouvoir lui dire : « Tu vois, maman est une prostituée.» Elle invente qu'elle est secrétaire, vendeuse ou n'importe quoi d'autre qui soit « convenable ».Elle a peur.Qui va venir, une fois encore, la regarder comme on regarde une marchandise et lui dire : « Combien ?» À chaque fois qu'elle se vend, elle vend un peu plus de sa dignité, de sa fierté et de son respect pour elle-même.Vous me direz qu'il est facile en travaillant de gagner honnêtement sa vie.Sa-vez-vous ce que c'est d'avoir été mal aimée: pire encore, pas aimée du tout ?D'avoir commencé dans la vie avec l'idée que l'on n'est pas digne d'amour.C'est beau une pute, vous ne trouvez-pas ?Claude HERDHUIN Traductrice-rédactrice On aura tout vu ! ¦ On aura tout vu ! Personne n'a pu critiquer « la rigueur de la recherche » des oeuvres de Jean-François Lisée, mais M.Alain Dubuc prétend que la décision de l'auteur de se lancer dans le domaine politique entache rétroactivement le travail de l'auteur î Et M.Dubuc conclut : «< La mission du journaliste, en effet, c'est de surveiller le pouvoir, pas de le servir.Rappelons à M.Dubuc que le chef de parti que critiquait Jean-François Lisée était bel et bien au pouvoir.C'est La Presse.dont M.Dubuc est éditorialiste en chef, qui, au cours des neuf dernières années, a tiré à boulets rouges sur l'opposition et n'a cessé de ménager le parti au pouvoir.Et, au cours de la campagne électorale qui vient de se terminer, le parti pris était évident, non seulement à la page éditoriale, mais dans tout le journal.L'emplacement et le libellé des manchettes, le nombre et le choix des photos, tout était calculé pour favoriser le Parti libéral et nuire au PQ.On aurait dit que la mise en page du journal était préparée par le PLQ.Heureusement que les journalistes sont syndiqués, autrement on leur aurait imposé de régurgiter la prose dictée par le parti au pouvoir.( .) Claude Boulay Trois-Rivières Ouest LA PRESSE.MONTRÉAL.MERCREDI 28 SEPTEMBRE 1994\t______B3 OPINIONS .m y - » tr *WJ Il serait naïf de considérer le hidjab comme un simple symbole religieux L'affaire de l'école Louis-Riel montre bien toute l'absurdité inhérente au système scolaire confessionnel DANIEL BARIL L auteur est conseiller au Mouvement laïque québécois.Le port du hidjab agite bien du monde dans le milieu scolaire à Montréal.Plusieurs ont déjà souligné que l'affaire, quoique très circonscrite et d'apparence anodine, démontre l'urgence d'adopter des balises claires et non discriminatoires à l'égard de la liberté de religion dans les écoles et que cette nécessité débouchait, logiquement, sur la laïcisation de l'école.L'affaire survenue à l'école Louis-Riel montre bien toute l'absurdité inhérente au système scolaire confessionnel : des catholiques, qui ont pour eux toutes les lois pour maintenir une école confessionnelle, se demandent s'il faut oui ou non banir ce voile qu'ils considèrent eux-mêmes comme un symbole religieux.Est-ce une manifestation trop ostentatoire, est-ce conforme au règlement vestimentaire, est-ce que cela risque de marginaliser des élèves ?Pourtant, cette école marginalise déjà tous ceux qui n'adhèrent pas à son idéologie contessionnaliste.« Vous êtes ici en territoire catholique », proclame le statut juridique de 1 école.Les crucifix peuvent y être accrochés triomphalement, le crédo peut y être récité chaque matin, les curés peuvent y circuler en col romain ou en soutane, la messe peut y être célébrée, la Charte des droits peut y être suspendue, mais tout cela n'est pas ostentatoire.Ce n'est que normal puisque c'est catholique.L'affaire nous éclaire aussi sur le manque d'analyse et de vision dont font >reuve les décideurs et les commentateurs Pi lorsque vient le temps d'aborder des questions de ce genre.On y voit tantôt un aspect culturel, tantôt un symbole religieux sans plus.Ce qui ailleurs est perçu comme une manifestation d'intégrisme refusant la démocratie, la société civile, l'égalité des sexes et des religions, l'intégrité physique de la femme, autant de choses qui font partie de ce nous devons considérer, en tant que société d'accueil, comme des éléments non négociables de la culture publique commune, est perçu ici comme une expression légitime de liberté religieuse.Que des théologiens musulmans et des femmes musulmanes pratiquantes nous demandent de ne pas considérer ce foulard comme un symbole religieux mais comme un outil de domination de l'homme sur la femme ne nous atteint guère.Banni des écoles publiques de pays à population musulmane comme l'Egypte, la Turquie, la Tunisie ou encore de France où l'islam est la deuxième religion, le hidjab trouve une terre d'accueil au Québec.Il serait naïf de croire que les musulmanes voilées du Québec ne représentent pas le courant intégriste qui sévit dans les gays musulmans.Un imam de Montréal, aid Youssef Fawaz, à qui le gouvernement du Québec confie une fonction civile officielle puisqu'il peut célébrer des mariages, déclarait : « Le Québec n'aurait pas autant de criminalité si la charia, la loi islamique, y était appliquée.Selon notre loi, si quelqu'un vole, on lui coupe la main.Ca donne un exemple aux voleurs et ça permet aux gens honnêtes de vivre sans peur.» Voilà le genre de propos tenus aans des mosquées non pas en Iran, en Arabie, ou au Soudan, mais ici même au Québec.Dans la même veine, une revue musulmane produite à Montréal, Le monde islamique , enseigne que « les fem- photo lucsimon PERRAULT.u presse Trois élèves musulmanes de 2e secondaire discutent devant leurs casiers, à l'école Saint-Luc.dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.mes ont été exhortées à rester dans leur maison et à s'acquiter des responsabilités qui leur ont été confiées ; s'occuper des enfants et du ménage et fournir à leur mari tout le bonheur et le confort possible.(.) L'islam donne la position de chef au mari et fait ainsi de la famille une base disciplinée de la civilisation, un modèle pour la société en général.(.) La femme a une constitution physique plus délicate affectant jusqu'au poids de son cerveau » ! À l'École musulmane de Montréal, on oblige même les non- musulmanes à porter le hidjab ! Khalida Messaoudi, numéro deux du Mouvement algérien pour la République, résume ainsi la signification de ce voile : « Nous nous sommes battues contre toutes les formes d'esclavage, contre toutes les violences dont nous sommes victimes, polygamie, répudiation, viols, tortures, brûlures, assassinats, et contre ce qui symbolise tout cela : le port du voile.» Comment peut-on croire que ce courant soit différent à Montréal de ce qu'il est en France ou en Algé- rie ?Au lendemain de la contre-révolution islamiste en Iran, des modérés rassuraient les intellectuels en présentant le hidjab comme un simple symbole d'opposition à l'impérialisme américain.Ici, des intellectuels tiennent ce même discours naïf : le hidjab pour eux n'est qu'un symbole d'appartenance religieuse.Si c'était le cas, pourquoi une simple brochette ne ferait-elle pas l'affaire ?Puisque les musulmans reconnaissent que le hidjab n'est pas une obligation religieuse, on a donc tort d'attribuer son port à une question de liberté de conscience.Qu'est-ce qui distingue alors une musulmane qui décide de le porter de celle qui décide le contraire sinon une adhésion, libre ou imposée, à une in-téprétation plus fondamentaliste ?De plus, le hidjab n'arrive pas seul dans nos écoles.Les articles mentionnés plus haut nous apprennent qu'à la Commission scolaire Baldwin Cartier, on demande aux professeurs d'éducation physique d'éviter, aux élèves qui observent le jeûne du ramadan, des exercices qui leur donneraient la soif.Nous avons déjà considéré, collectivement, qu'il était inacceptable que des enfants d âge scolaire jeûnent de la sorte.Nous nous sommes débarrassés des sures astreignantes que nous imposait glise catholique à une certaine époque.Cette Église s'est adaptée aux exigences de la société d'aujourd'hui.Devrait-on renier nos choix sociaux et accepter des dispositions pires que celles d'hier sous prétexte qu'elles viennent d'une autre religion inflexible ?Par contre, il serait révoltant, dans le contexte d'une école confessionnelle, d'interdire le hidjab alors ?|ue le catholicisme peut s'y exprimer de açon encore plus ostentatoire.De plus, mieux vaut une musulmane voilée à l'école publique qu'une musulmane de plus à 1 école musulmane.Nous lui assurons au moins l'accès à une éducation plus ouverte et à un discours répondant aux besoins d'ici.Mais il y aurait pire que l'interdiction : remettre la décision entre les mains de chaque école entraînerait la balkanisation du système scolaire.Chassés de certaines écoles, les islamistes se regrouperaient au sein d'écoles plus tolérantes et en arriveraient à former une école ghetto.C'est malheureusement la voie que privilégie la Loi 107.Dans le contexte espéré d'une école laïque, l'acceptation du hidjab constitue-rait-t-elle un accommodement raisonnable ?S'il ne s'agissait que d'un symbole religieux, ce vêtement ne poserait aucun problème, pas plus que la kippa des juifs, et selon le modèle de laïcité que nous proposons au Québec, il est certain qu'une école laïque serait plus respectueuse de cette diversité religieuse que ne l'est l'école confessionnelle.Mais dans la mesure ou ce symbole est une attaque contre tout ce que nous considérons fondamental et non négociable ( égalité des sexes, des races et des reli-ipns, intégrité physique, laïcité de itat, droits fondamentaux, participation à la vie sociale ), on nè saurait le considérer comme un accommodement raisonnable.Toutefois, la répression répugne autant à un esprit laïque que l'intégrisme.L'interdire ne serait pas la solution.Ce serait prendre l'ombre pour la proie.Il faut combattre l'intégrisme (catholique, musulman, politique ou autre ), et noo pas son signe.C'est à nous d'être assez forts et cohérents pour réussir, par l'éducation et la persuation, à faire valoir la justesse de nos choix sociétaux sur lesquels reposent la démocratie.0 faut les faire valoir à l'école, dans les groupes populaires, les associations ethniques, les syndicats, les partis politiques, les médias, les débats publics, partout.C'est un combat idéologique et politique dont on ne peut faire l'économie au moment où nous avons à faire des choix déterminants pour notre avenir.Les musulmanes voilées et leurs maîtres misogynes doivent savoir aue leur choix n'est pas celui de leur société d'accueil.Ce choix les regarde, mais il ne saurait être question que nous les entérinions, ni même que nous en soyions complices par un silence complaisant.Dans cette optique, le terme qui convient pour désigner l'atttitude à adopter est bien la tolérance : « laisser subsister une chose qu'on aurait le droit ou la possibilité d'empêcher », selon Le Robert.Si les intégristes poussaient leur offensive plus loin, ils nous obligeraient à reconsidérer cette tolérance dont ils bénéficient largement.Des principes fondamentaux sont en jeu dans le débat sur le foulard islamique JULES ÉDOUARD GAUDET L'auteur est avocat et étudiant en maîtrise en droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa.La question du droit de porter le foulard islamique dans les écoles a fait l'actualité, ces dernières semaines.Plusieurs personnes ont avancé leur position en confondant les principes qui sont à la source du débat ou tout simplement en avançant leur position sans justification, une manière de procéder qui est de plus en plus à la mode.Mettons un peu d'ordre dans le aébat.Le débat soulève la question de l'application de droits et libertés fondamentaux, soit le droit à l'égalité, la liberté de religion et la liberté d'expression.Ces droits et libertés sont protégés par les chartes canadienne et québécoise dans notre société qui se veut libre et démocratique.Avant de se demander si l'on veut interdire le port du foulard islamique, il faut se demander si l'on a l'intention de restreindre le droit à l'égalité, la liberté de religion et la liberté d'expression de citoyens québécois.Le droit québécois confère aux citoyens le droit au respect de leur liberté de religion, de leur liberté d'expression et le droit d'être traités sans discrimination, laquelle serait fondée sur leur appartenance religieuse.Le port du foulard islamique est l'expression d'une croyance reli-ieuse.Et cette expression est protégée par le droit qué-ois.Intérêt supérieur de la société Ce n'est que si l'intérêt supérieur de la société est mis en cause que l'on pourra permettre de restreindre ces droits.Par exemple, la Cour suprême du Canada a déjà décidé que le port du turban sikh pouvait être interdit sur les chantiers ae construction.Dans ce cas, même s'il y avait violation de la liberté de religion, le port obligatoire du casque de construction avait une fonction de sécurité publique qui devait prévaloir sur le droit d'un individu.On avance pour justifier l'interdiction du port du foulard la volonté de garder un visage laïque dans les écoles et d'éviter la création de groupes à l'intérieur des écoles.Croit-on vraiment que le simple fait d'interdire l'expression extérieure d'une appartenance religieuse suffira à empêcher les enfants de se regrouper ?Il y a générale- Avant de se demander si l'on veut Interdire le port du foulard Islamique, Il faut se demander si l'on a l'intention de restreindre le droit à l'égalité, la liberté de religion et la liberté d'expression.ment quelque chose de plus fondamental que le port d'un vêtement pour expliquer le regroupement dejeunes.Les jeunes se regroupent parce que, pendant une période donnée, ils partagent les mêmes valeurs.Et non pas parce qu'ils portent une marque distinctive.L'une est la conséquence de l'autre et pas l'inverse.Devra-t-on, également, interdire l'amitié entre jeunes islamiques ?Et brimer leurs libertés de réunion et d'association tant qu'à y être.L'on compare aussi le Dort du foulard islamique à celui des bottes de skinheads.Pour ne mentionner qu'une différence primordiale entre les deux situations, l'une est l'expression de libertés fondamentales protégées par le droit québécois, l'autre pas.Et je ne mentionnerai pas qu'à la source de l'une est l'expression pacifique d'une croyance religieuse authentique, alors que sous l'autre nage l'intolérance et l'incitation à la violence.Négation d'une liberté fondamentale Il m'apparaît pour le moins extrêmement douteux qu'une de ces raisons puisse être suffisante pour justifier la négation d'une liberté fondamentale.D'autant plus aue, contrairement à ce que les personnes en faveur de l'interdiction du port du foulard islamique prétendent, l'interdiction du port du foulard ne sert pas la laïcisation des écoles, mais, au contraire, elle tena à l'assimilation aux valeurs chrétiennes.L'absence de marque distinctive n'est pas laïque, elle est chrétienne.Les religions juive, musulmane et sikh requièrent le port d'une marque extérieure identifiant leurs membres à leur religion.Il n'y a que la religion chrétienne qui n'exige pas de porter de marque extérieure identifiant sa confession.Empêcher le port du foulard islamique n'impose pas la neutralité confessionnelle à tous les étudiants.Empêcher le port du foulard islamique impose plutôt les valeurs chrétiennes aux étudiants chrétiens et non chrétiens.Quelles valeurs veut-on enseigner à la jeunesse québécoise ?Nous vivons dans une société de plus en plus multi-ethnique et multi-culturelle.La pluralité religieuse est visible partout.Veut-on enseigner à nos enfants qu'en éliminant les apparences d'un problème on le règle vraiment?Tous des êtres humains Ou doit-on leur enseigner qu'avec ou sans foulard nous sommes tous des êtres humains, que nous sommes tous égaux et que nous devons apprendre à vivre ensemble dans le respect mutuel ?Le problème de la société n'est pas aue certaines personnes portent un foulard et d'autres pas.Le véritable problème oc la société est aue certaines personnes pensent sincèrement qu'il existe des différences entre une personne qui porte un foulard et une autre qui n'en porte pas.Il n'y en a pas.Ces deux personnes expriment librement leurs valeurs respectives.Ceci étant dit, le législateur a le pouvoir de légiférer pour restreindre l'application d'une liberté fondamentale.Je dis bien le législateur, soit le gouvernement, et non pas les connussions scolaires.En démocratie, la majorité, re- choix au'une société peut exercer après s être posée les véritables questions.Pas celle de la recherche de l'uniformité dans le code vestimentaire.Notls devons plutôt décider si l'intérêt de la majorité est suffisamment important pour justifier la restriction de libenis fondamentales de certains membres de la société.Si la majorité chrétienne québécoise est suffisamment menacée par la présence musulmane pour justifier l'interdiction de mettre en pratique certains préceptes de cette religion.Si la société québécoise n'est pas assez tolérante pour laisser à chacun la liberté de s'exprimer pacifiquement.Si la société québécoise n'est pas assez grande pour nous tous.-!- Les entreprises paient-elles de l'impôt?I c.f w L'auteur est économiste au Service de recherche de la Conféd£ ration des syndicats nationaux (CSN).entendues sur les réformes éventuel- ~ les du régime de santé du Québec en \u2014 raison d'une importante contribution qu'elles prétendent apporter, par diverses taxes et impôts, au finance- \u2022 ment de ce régime (La Presse ,18.septembre 1994).Une telle nouvelle\" risque de confondre celles et ceux qui m se sont laissés convaincre par certain^ économistes et chroniqueurs néolibe-raux qui ne ratent pas une occasion pour affirmer qu'il est inutile de taxer les entreprises.En effet, selon eux les entreprises auraient le pouvoir de refiler ce fardeau fiscal aux consom- - -mateurs par des hausses de prix ou aux travailleuses et aux travailleurs par des diminutions de salaire.\t« Le débat soulevé autour des impôts ¦ des sociétés est aussi ancien que ces impôts eux-mêmes.La controverse, découle de l'hypothèse voulant que ' tout impôt payé par les sociétés esw-î-au bout du compte, assumé par des * individus.Et puisque ces sociétés ap*^ partiennent à leurs actionnaires, tout/.impôt prélevé sur leurs activités vise,, au premier chef, ces individus.Or/ \" plusieurs économistes ont pu observer\" que l'objectif n'est pas toujours pleinement atteint.En effet, l'impôt versé par une so- -ciété atteindra ses actionnaires dans la -mesure où ces derniers ne pourront;;: pas refiler la facture aux consomma-'-' teurs, par une hausse de prix de leurs ! produits et services, ou à leurs em- r; ployé-es, par une diminution de la-\"-* masse salariale.Certains prétendent!^, que les entreprises peuvent toujours fiscal.se départir ainsi de leur fardeau D'autres, au contraire, assurent que : les actionnaires assument la totalité de ce fardeau fiscal.\ta._ Les recherches en ce domaine indi-quent que la réalité, comme c'est souvent le cas, se situe quelque part entre ces deux extrêmes.Le fardeau fiscal'*' §ue supporte chacun de ces groupes épena ae plusieurs facteurs: le pourvoir de monopole de l'entreprise, le* niveau de concurrence du secteur d'activité (incluant son degré d'ouT verture sur l'extérieur), le pouvoir des regroupements de consommateurs, le'/l rapport de force entre les salarié-es et la direction dans l'entreprise.Dans le ^ cas d'une économie de marché ou*îr7 verte sur l'extérieur, comme celle du.* Québec, la capacité des sociétés de fixer à leur guise les prix de leurs, produits et services est assez limitée.Non seulement la concurrence joue-t- ^ elle un rôle dans la détermination des -1 prix mais le fait que, dans plusieurs V cas, les prix sont fixés sur le marché mondial, rend plus problématique le.?transfert des charges fiscales aux consommateurs.S'ilest difficile d'éya?luer avec précision dans quelle mesure les impôts sur les profits et les * taxes sur le capital sont partagés par les actionnaires, les consommateurs et les salarié-es, plusieurs études, dont_ celles de la Commission sur l'équité fiscale de l'Ontario, semblent mdi-^-quer que les taxes sur la masse sala«*~£ nale sont, dans une large mesure, re-^ filées aux salarié-es de Ventreprise.Pour la CSN, ce débat soulève deux questions fondamentales :pre-mièrement, dans quelle mesure la ré-^r numération des actionnaires, compo-^r sée de salaires, de dividendes, de gains en capitaux, de bonis et autres, \" est-elle imposée équitablement dans notre régime fiscal compte tenu des changements apportés à la grille ~ d'imposition, au cours des années 1980, et du traitement de faveur dont bénéficient toujours certaines formes de rémunération, tels les dividendes et les gains en capitaux?Poser la question c'est y répondre, car il apparaît évident que cette catégorie de contribuables ne paie pas sa juste part d'impôt.Deuxièmement, est-il justifié ' qu'une partie des profits des société* -qui ne sont pas versés aux actionnaires, soit affectée au financement des activités de l'Etat?Nous répondons oui pour au moins deux raisons.D'abord les sociétés bénéficient d'un grand nombre de services assumés par l'Etat, que ce soit la mise en place d'infrastructures (routes, aéroports* ; maintenant l'autoroute électronique)^ divers services de soutien (conseiller subventions, aide à l'exportation, etc.)* et, plus généralement, de toute une gamme
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