La presse, 29 mai 1994, B. Livres
[" CAHIER CONGRES DES BIBLIOTHÉCAIRES L'internet: qu'en faire?page B5\t: * Montréal, k dimanche 29 mai ^994 FLEURS Une affaire de «gang» Flcurbec n'est une maison d édition comme les autres.C est avant tout une affaire de «gang», vous dira Gisèle Lamoureux.Comme tous les autres ouvrages de la maison, les fougères, c'est le fruit de la collaboration d'une douzaine de personnes, toutes expertes dans leur domaine particulier, ce qui explique le grand éventail d'information qu'on \u2022 retrouve sur chaque plante traitée.Ces auteurs qui s'identifient tous aussi sous le nom de la maison (on parle de Flcurbec, auteur et éditeur), ne touchent qu'une petite partie de leurs droits afin d'assurer la survie de la \" ¦ maison qui emploie trois personnes à temps plein.» ^ «On est loin de l'époque où les 14 auteurs devaient signer le contrat nous reliant à l'Éditeur officiel du Québec, comme ce fut le cas pour notre premier ouvrage».\u2022 \u2022 Gisèle Lamoureux est une Montréalaise pure laine qui s'est développé une ame végétale dans le temps où elle était guide.Pas si mal.La maison d'édition vient de fêter son 21e anniversaire avec son nouvel ouvrage sur les fougères, un livre exceptionnel, le plus imposant jusqu'à maintenant, une gestation qui a duré plus de six ans mais un accouchement qui s'est fait dans la joie.Bébé est plus vert que jamais.«As-tu vu ces verts ?», demande immanquablement Gisèle Lamoureux en feuilletant les pages.Son visage s'enflamme.En plus de diriger la maison, elle écrit les textes des volumes et prend des photos, des clichés qui démontrent un talent d'observation et de passion.Fougères, prêles et lycopodes est un hommage au vert, des verts tout en nuances, des photos étonnantes de beauté dont elle est manifestement très fière, des photos qui ont nécessité 72 prises par reproduction.«On oublie qu'une plante possédé sa propre personnalité.Une journée, elle aura une allure précise mais le lendemain, ce ne sera plus la même.Pour obtenir une fougère dans ses diverses «poses», nous avons dû travailler plusieurs printemps d'affilée.Photographier une plante, c'est une forme de méditation.» ¦ Gisèle Lamoureux n'a pas d'enfants.Elle n'a pas vraiment le temps de le regretter.Son travail l'a tenue plutôt occupée depuis deux décennies.Et qui sait, la marmaille aurait peut-être eu le teint verdâtre.Au début de la cinquantaine, le cheveu blanchâtre et l'oeil vif toujours à la recherche d'un végétal quelconque, on se demande parfois si ce n'est pas de la chlorophylle qui coule dans ses veines.Si elle se défend bien d'être «granola», il faut aussi se rendre à l'évidence: le monde végétal, c'est sa vie.L'âme de Fleurbec, cette petite maison d'édition qui nous a donné huit ouvrages d'identification et de vulgarisation scientifique sur les plantes québécoise, c'est elle.Et le public semble bien apprécier le genre.Plantes sauvages printanières publié en 1975, a vendu 93000 exemplaires et on en achète encore 2000 à 3000 par année.Le second.Plantes sauvages des villes et des champs (tome 1 ) a connu 87000 adeptes.Fleurbec, c'est 300000 exemplaires vendus, rien que des plantes et des fleurs sauvages, rien qu'au Québec et en français.Fleurbec, c'est 300000 exemplaires vendus, rien qu'au Québec et en français.SUITE A LA PAGE B 4 ¦ Paul Desmsrais\tRoger D.Landry\tClaude Masson Marcel Desjardins\tAlain Dubuc président du conseil président et éditeur\téditeur adjoint directeur de l'information éditorialiste en chef d'administration Opinions Une personne qui travaille ne vole pas et ne tue pas train de mesures envisagé par le gouvernement Chrétien pour calmer cette hystérie du jour, car je pense que les mesures vont ignorer les causes profondes de ces crimes crapuleux.|e crains sincèrement que ce soient encore nous, les citoyens possesseurs et utilisateurs d'armes à feu, qui vont subir le ressac de mesures mal pensées et mal dirigées.le crains aussi pour le droit de posséder et de me sentir en sécurité avec des armes à la maison que me donne la Charte canadienne des droits et libertés, je crains aussi de subir une perte financière importante et non-justifiée advenant un bannissement total des armes à feu.Comme en toute chose, je pense que le juste milieu serait la meilleure solution à suivre.Tout citoyen a le droit de se sentir en sécurité chez lui ou en public.le souscris volontiers à de tels principes et à toute mesure ou loi qui sous-tend cet objectif.Les lois existantes sont déjà assez contraignantes pour la personne respectueuse des règlements et il est inutile de les renforcer dans la direction que le gouvernement semble vouloir le faire.Ce qu'il faut, ce sont des mesures incisives dirigées contre les fautifs, bannir la violence à la télévision et au cinéma, s'attaquer au marché noir des armes et, finalement, mettre le Livre rouge en application pour sortir le Canada de son marasme économique.Une personne qui travaille ne vole pas et ne tue pas.Daniel CORRIVEAU Saint-Jean ¦ Deux récents meurtres odieux, un à Ottawa et l'autre à Toronto, ont de nouveau ranimé dans la population et chez nos politiciens opportunistes l'idée saugrenue qu'un contrôle encore plus sévère des armes à feu (qu'elles soient de poing ou de chasse) ou mieux encore, leur bannissement pur et simple.serait la panacée à ces meurtres gratuits et révoltants.Je me demande si c'est une solution logique et qui s'adresse vraiment à l'essence du problème ou bien si c'est encore une autre solution politico-populiste, qui ne réglera rien sur le fond du problème et ne servira qu'à restreindre ou annihiler le droit de plusieurs citoyens de posséder et d'utiliser des armes à feu à des fins récréatives.)e m'explique.Les armes de poing qui ont servi dans les deux meurtres ci-haut mentionnés n'étaient pas des armes enregistrées, comme d'ailleurs presque toutes celles qui servent, lors d'homicides ou de vols à main armée.Ces armes circulent sur le marché noir et circuleront probablement encore, même avec des contrôles renforcés.Bien que cette liste ne soit pas exhaustive, j'identifie au moins quatre grandes causes pour expliquer ces assassinats: premièrement, la misère économique qui pousse le malfrat à ces extrémités; deuxièmement, un manque de contrôle du marché noir des armes à feu; troisièmement, une violence gratuite et glorifiante que l'on voit partout à la télévision et au cinéma; finalement, des lois qui manquent de \u2022\tmordant face aux contrevenants.\u2022\t\u2022 » ?Je suis grandement préoccupé par le Tout se passe comme si notre vie était une addition de choix qu'on pose sans arrêt vie, c 'est comme sauter roche en roche sur un lac dans la mesure où il y a une variété de ' valeurs et de croyances, il y a une di- -versité de modèles de la famille.Bien que les lois fiscales (pour ne prendre que cet exemple) favorisent le conjoint en congé et bien que la faveur populaire valorise le conjoint en fugue (tout le monde le fait, fais le donc), je crois sincèrement que le problème concernant la famille en transformation n'est pas un problème social, mais un problème d'individus qui pensent que la maturité est proche parente de la disparité, qui pensent que l'épanouissement consiste à s'envoyer en l'air et qui, ensuite, rationalisent leurs comportement.Nous charrions notre lot de contradictions et nous essayons ?sans cesse de nous justifier.\t., p Qu'arrive-t-il des enfants éclatés, .comme le dit monsieur Panneton?Ils ont peut-être raison de s'emplir de musique, de nous regarder comme des étranges «pas rapp» et, surtout, de ne pas écouter nos déflexions ou plutôt < nos réflexions.Regardez autour de vous et vous constaterez que tous ces problèmes de familles éclatées sont le lot de valeurs mal comprises, mal digérées, mal intégrées.11 s'ensuit des situations qui mènent à des difficultés de vivre, lesquelles sont finalement assez absurdes.le suis, moi aussi, dans cette situation inconfortable, depuis que mon épouse a été victime de décrochage familial.le comprends: elle cherchait une belle roche au soleil, elle était convaincue qu'il fallait jouir de tous les instants de la vie.Aujourd'hui, je me retrouve, par choix, à éduquer quatre enfants.le passe la majeure partie de mon temps à m'occuper de ma famille et, dans mes «loisirs», à tenter de régler les problèmes financiers pour essayer de sortir de la pauvreté.Et, aussi, à convaincre d'éventuels employeurs que je suis disponible.Il faut bien avouer que ma carrière s'est «abîmée dans la mère»! |e comprends ce que signifient des trous dans le CV, des trous qu'il faut boucher parce que ce n'est pas du fromage.le n'ai pas voulu cet aboutissement; de roche en roche, nous nous sommes perdus.Pour l'instant, j'ai un beau jardin dont je suis très fier.Mes enfants sont extraordinaires.Et je sais qu'un jour mon «exe» viendra cueillir sa part, prétextant que c'est son jardin, que c'est son droit.l'aurai à poser un autre petit choix.L'État n'a pas à intervenir avec une loi-matraque On est tombé sur la tête M Vous avez sans doute vu les publicités-télé et les panneaux-autobus de la Société de l'assurance automobile sur lo port du casque.«Es-tu tombé sur la tète?», nous demande un Philippe Laroche tout droit sorti de son tremplin dè saut acrobatique.Il ne nous demande pas si on est «capoté», mais c'est tout juste.Un jeu de mots qui, une fois encore, tombe a plat, frôle la familiarité indécente et déculpabilisé l'État face aux cyclistes.- 'Vélo Québec est pour le port du casqué: Nous l'avons déjà dit et nous le démontrons chaque jour.Mais, de là à invçstir près d'un million de dollars dahs une telle campagne, pendant que le* ministère des Transports (de qui relève la SAAQ) n'est pas «foutu» d'accoucher d'une politique cycliste, il y a uhe;limite.Les membres de Vélo Québec nous ont dit qu'ils portaient de plus en plus le casque, mais en précisant également qu'ils n'avaient pas le goût que l'État intervienne avec une loi-matraque que les corps policiers ne seront, de toute façon, même pas en mesure de faire appliquer.> \u2022 \u2022 > IÀ l'invitation de la Société de l'assurance automobile.Vélo Québec a ac- cepté, récemment, de siéger à la table de la Coalition québécoise sur le port du casque.Nous y sommes pour représenter les cyclistes et rappeler que l'éducation a bien meilleur goût.D'ailleurs, les chiffres le démontrent amplement.Il ne faut pas tomber sur la tête, mais il ne faut pas avoir la tête dans le sable, non plus.Malgré la spectaculaire augmentation de la pratique, le bilan routier des accidents cyclistes affiche, depuis trente ans, une amélioration tout aussi spectaculaire.Si on pouvait déplorer, entre 1966 et 1975, une moyenne annuelle de 69 décès cyclistes.on note, entre 1982 et 1993, une moyenne de 39 cyclistes tués (25 en 1992 et 23 l'an dernier) pour un niveau d'utilisation qui a triplé.Le casque, c'est une bonne idée, c'est un équipement de sécurité de plus en plus accepté.Mais, griller un feu rouge, casqué ou pas casqué, c'est jouer avec le feu.Devoir se projeter dans la «garnotte» d'une route sans accotements pavés pour libérer le champ aux autos et aux poids lourds, ça aussi c'est dangereux! Jean-François PRONOVOST Vélo Québec la reconnaissance on peut oublier l'essence de la famille.Vous savez, ce qui fait qu'à un moment donné, des gens reconnaissent mutuellement qu'ils ont besoin les uns des autres pour se réaliser et aussi pour réaliser quelque chose; je parle ici de cette relation de res- «> ' pect et de confiance tout à fait particulière qui,,», peut enraciner quelques personnes ensemble.Cet-J _ te relation qui procure un certain sentiment de vé- »» rité.Je ne prétend pas savoir ce qu'est L'ESSENCE de LA famille.Je souhaite seulement suggérer une piste de réflexion en ce sens.L'année internationa-le de la famille est peut-être une bonne occasion pour se chercher un «habit du dimanche» qui se .*: porte aussi pendant les jours de la semaine.Un -modèle qui permettrait notamment de comprendre pourquoi certains parlent de famille d'ami(e)s, ou encore de famille au travail.L'actuelle diversité des modèles familiaux nous suggère un élargissement de la perspective familiale.Cette démarche ne doit pas remettre en question la légitimité d'un modèle au détriment d'un autre.Cependant, on peut espérer une plus grande 1 reconnaissance des «mis à part» et de leur potentiel.Comme ça, quand viendra le temps de célébrer LA famille, il y aura peut-être plus de gens à avoir le coeur à la fête.mettre une étiquette « famille » sur un couple hétérosexuel, mais pas sur les autres.«Y parait», selon madame Chose, «que deux personnes du même sexe, c'est pas très recommandé ou normal comme noyau familial».Ah bon.Que dites-vous, madame Chose, d'une mère ou d'un père présent(e)-absent(e), séparé(e)-rema-rié(e), X fois à moitié mère ou à moitié père de quelques bouts de frères et de soeurs partagé(e)s entre deux ou trois foyers?«C'est pas très normal », me direz-vous.Dans ce cas, connaissez-vous bien des familles qui n'ont pas à «dealer» avec des situations de garde partagée, de foyers d'accueil, de monoparentalité, de quadraparentalité?Ce n'est pas tout, madame Chose.Que faites-vous des couples hétérosexuels stériles et de ceux qui décident de ne pas avoir d'enfant?Doivent-ils, eux aussi, être soumis à la même sainte discrimination généralement réservée aux couples homosexuels?Mon intention n'est pas ici de défendre les couples homosexuels.,Ça c'est une autre affaire, j'ai seulement envie d utiliser cet exemple pour démontrer qu'on peut facilement exclure et un beau jour, se retrouver exclus dans un monde qui fait des «mis à part».11 me semble qu'à trop se préoccuper du contenant «type idéal», un homme, une femme avec de beaux enfants heureux près du feu.LA famille idéale n'est pas seulement dans la publicité et dans les films, elle est aussi enracinée dans nos tètes et, parfois, sur nos coeurs tendres, aussi vivante que de la mauvaise herbe.Attention, je ne dis pas que le modèle idéal de LA famille n'est pas bon.Le problème qui m'intéresse ici, c'est le caractère discriminatoire qui vient avec, quand on entend que le modèle familial décrit plus haut est le seul qui a une valeur de vérité.Quand les autres deviennent des «mis à part», souvent considérés comme des bouts de famille.Pensez à des adjectifs comme «reconstituée», «monoparentale», «quadraparentale», «adopti-ve», «biologique»; on sent le besoin de spécifier et, au bout du compte, ça sonne tout, sauf comme une «vraie famille».Comment expliquer qu'un modèle familial s'impose comme LE modèle par excellence, alors qu'en fait, on peut dénombrer une foule d'orphelins de ce modèle?Ça me fait penser qu'en matière de famille, on se préoccupe peut-être trop facilement du contenant et pas assez du contenu, soit ce qui fait l'essence de la famille.Cette idee m'est venue en entendant des gens se demander sur une ligne ouverte si on devait accorder aux couples homosexuels les mêmes droits et privilèges que ceux qui sont accordés aux couples hétérosexuels.Selon certains, on pourrait Le ComMédia, journal de Communication sur le campus de l'Université de Montréal, lançait.en mars dernier, un concours de ré-daction portant sur le thème de l'Année internationale de la famille.Nous vous présentons aujourd'hui le texte primé.On a eu droit, récemment, à la publicité pour la fête des mères.La fête des pères suit, présentement.Puis viendra, toujours plus vite qu'on lé pense, le temps de Noël.Trois grandes cérémonies annuelles qui soulignent allègrement LA famille, la vraie.; ^ Vous savez, LE foyer idéal, avec un arbre de Noël, un papa, une maman et des enfants heureux près du feu.Pour ma part, le temps des fêtes me fait particulièrement suer et ce n'est pas parce que je me retrouve sur le bord de la cheminée.C'est plutôt que ça me parait difficile de me reconnaître uhc place dans un monde innondé par un idéal de famille qui ne correspond que rarement à la réalité.LA famille idéale serait-elle devenue comme un habit du dimanche trop serré? LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 29 MAI 1994 B 3 mmsmhmm i\ti ¦\tt \u2022\t» \u2022\t« \u2022\tr \u2022\tt \u2022\ti \u2022\tt a t « » i\ti >\t\u2022 \u2022\t\u2022 I\t\u2022 \u2022\t\u2022 i\tt Gaétan Soucy Un vaste tableau pour un plus vaste talent IMÉGINALD MARTEL ¦ L'Immaculée Conception ! Non, il ne s'agit pas d'un traité sur le dogme le plus troublant de l'Église romaine, mais d'un roman plutôt, plus troublant encore s'il se peut, dont les péripéties principales ont lieu le jour où on célébrait cet aspect singulier de la vie de la mère du Christ, la conception dans la virginité.Un roman qui sort tout à fait de l'ordinaire et qu'on ne peut donc rattacher à aucune tendance.,-iii Mmm® m._.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE / J.J Extraordinaire par sa com- gexité d'abord, car M.Gaétan >ucy raconte en parallèle plusieurs histoires, qui dans son esprit convergent peut-être.Moins intelligent que lui certainement, je ne suis pas encore parvenu à relier tout cela.Il est vrai que le romancier n'aide pas beaucoup ses lecteurs, car il prend un malin plaisir à cultiver le mystère, grand ou petit, pour ne le résoudre que beaucoup plus loin, quand on l'a presque oublié.Une telle stratégie, propre au suspen-sie, me semble ici peu opportune.L'écrivain a situé l'essentiel de l'action de son roman dans un quartier de l'Est montréalais, quelque part dans le premier tiers du XXe siècle.Ce choix ne vise aucunement à décrire, comme telle, la vie quotidienne de gens vivant dans un milieu très modeste, prolétarisés depuis peu: s'il existe une dimension documentaire à ce roman, elle est bien cachée.Les institutions oppressives elles-mêmes, dont l'Eglise, ne sont pas mises en cause.M.Soucy s'intéresse avant tout à des personnages.Ce n'est qu'à travers eux qu'on peut apercevoir, par exemple, l'action destructrice que leur font subir les hérauts d'une culture collective toute centrée, et de façon maladive, sur le péché, la culpabilité et l'improbable rémission.Le romancier ne dénonce donc rien, il constate seulement la désintégration psychologique que vivent les personnages, dans une apparente passivité.Le centre manquant En faisant de son premier roman une vaste fresque, M.Soucy a négligé de lui donner un centre, où les êtres et les faits auraient acquis un minimum de cohérence.Sa puissance d'imagination est telle qu'il multiplie sans cesse les situations et les personnages, au point qu'un protagoniste, d'un chapitre à l'autre, peut fort bien céder tout l'espace romanesque à un autre.Tout se passe comme si M.Soucy avait voulu concentrer en trois cent cinquante pages un roman comme en écrivirent au siècle dernier Balzac ou Zola.Deux noms trompeurs cependant, parce que s'il faut chercher \u2014 malgré tout\u2014 un point de comparai- son avec d'autres oeuvres, c'est du côté de Stendhal qu'il faudrait aller voir.Le compliment est énorme, je ne l'ignore pas, mais il reste que malgré la construction assez confuse de l'Immaculée Conception, M.Soucy possède la sobre puissance de l'auteur de la Chartreuse de Parme.Alors même que je renonçais à déjouer les astuces et les pièges semés tout au long du roman, je me perdais ailleurs et autrement dans les délices d'une prose qui charrie puissamment et la vérité et le mensonge des êtres, dont le rythme ou l'ampleur au besoin s'infléchissent, juste ce qu'il faut, pour donner à lire ce qui pourrait sembler indicible.Lire M.Soucy, c'est se rendre compte que les mots ne sont pas des matériaux déterminés et limités, dont l'agencement compterait pour peu; tout l'art de M.Soucy consiste à pousser à son extrême limite le désir de leur faire dire ce qu'ils ne révèlent pas d'emblée.On ne s'étonnera pas, puisque le jeune auteur se montre dès son premier titre un styliste remarquable, qu'il puisse entraîner ses lecteurs aussi bien dans le réalisme que dans le fantastique, sans que la transition fasse hiatus.M.Soucy vient de faire la preuve qu'il peut écrire n'importe quoi et qu'il sera à jamais incapable d'écrire n'importe comment.Son roman est un événement de première grandeur.Pour ce qu'il est, sans doute, et surtout pour ce qu'il promet.L'IMMACULÉE CONCEPTION, Gaétan Soucy.Éditions Laterna Magica.Montréal, 1994.348 pages.Le bonheur sur ordonnance : la pilule est trop belle » \u2022 » PIERRE VENNAT ¦ Il y a un peu plus de cinq ans, à peu près personne n'avait entendu parler de Prozac, une marque de commerce et le nom d'un antidépresseur.Un des médicaments les plus prescrits au monde.En 1993, lorsque Peter Kramer, psychiatre et psychologue américain rédigea Listening to Prozac, maintenant traduit en français sous le titre de Prozac: le bonheur sur ordonnance?, huit millions de personnes à travers le monde, se l'étaient fait prescrire.En France, par exemple, les laboratoires qui commercialisent le produit prévoyaient une vente annuelle de Prozac de l'ordre de 930 000 boîtes de capsules.Or, en France seulement, on en vend maintenant environ 900 000 boites par mois.Bref, Prozac est devenu un mot accepté dans la langue courante et un phénomène de société.Le bonheur sur ordonnance, avec tous les problèmes déontologiques que cela pose.Aux États-Unis, cela devint vite une mode.Toutes les émissions télévisées en parlaient, l'Amérique se couchait et se réveillait avec le Prozac.Le Procas était le premier psychotrope à avoir été accepté aussi rapidement \u2014 650 000 prescriptions par mois au moment où il paraissait en page couverture de Newsweek, deux ans à peine après son lancement.Certains journaux commencent à se demander pourquoi tout le monde a suivi le mouvement.Les gens prenaient du Prozac pour perdre du poids, pour lutter contre la boulimie ou les douleurs prémenstruelles.Juste avant que Newsweek n'ait consacré le Prozac, un article alarmant était paru dans une revue universitaire.Six patients souffrant de dépression avaient exprimé des pensées de mort alors qu'elles prenaient Prozac.Les avocats se mirent à s'en servir pour défendre leurs clients accusés de meurtre.Enfin, le Prozac fut invoqué dans le suicide d'une célébrité, la star du rock Del Shannon.Les journalistes s'en donnèrent à coeur joie.On s'appliqua à trouver le mal, partout où le magazine Newsweek avait vu le bien.Dans les débats télévisés, on parlait de groupes de soutien aux survivants du Prozac.Les adeptes de l'Église de Scientologie purent dire que le Prozac était une conspiration, un moyen de coercition, le mal incarné.La peur régnait: un grand magasin refusa d'embaucher un candidat à un poste de père Noèl parce qu'il prenait Prozac.Le magazine Time lança une contre-offensive avec un article accusant l'Église de Scientologie d'entretenir l'hystérie anti-Pro- Peter Kramer 1XKHY7A/*1 nMCAL! le bonheur sur ordonnance ?zac.Puis, l'animateur d'une grande émission télévisée intervint dans le débat avec un argument de poids: il confronta des femmes, chefs de file du mouvement anti-Prozac, qui affirmaient ne pas avoir eu de pulsions suicidaires avant de prendre ce médicament, avec des rapports médicaux et des lettres de médecin qui certifiaient le contraire.On en est là.Peter Kramer a tenté, quant à lui, d'étudier le pour et le contre de ce médicament.Comme l'écrit en avant-propos une psychologue psychothérapeute, face à la maladie, qu'elle soit dépression ou anxiété, le médecin répond la plupart du temps par un traitement médicamenteux.Ce faisant, il fait son devoir.Cependant, lorsque le patient en question ne présente plus de véritables troubles, mais qu'il souhaite poursuivre son traitement pour se sentir mieux dans sa peau, le médecin se trouve devant un choix difficile.«De quel droit puis-je refuser à un patient le moyen de se sentir mieux dans sa peau?Dois-je interdire aux patients l'accès à ce paradis que certains d'entre-nous (les chanceux!) connaissons, sans avoir recours aux médicaments, sous prétexte que ce paradis est réservé à ceux qui sont nés avec un taux de sérotonine suffisamment élevé pour leur permettre de bien vivre».En un mot, Prozac: le bonheur sur ordonnance nous plonge dans le monde des incertitudes.Le médecin est au service du patient avant de servir la société; mais quand une société est malade, les deux rôles sont trop vite confondus.Jusqu'où, alors, le médicament doit-il accompagner?Dans quelle mesure les technosciences, dans nos sociétés postindustrielles, sont-elles aujourd'hui au service de la civilisation?Le syndicalisme québécois n'est pas mort PIERRE VENNAT ¦ Louis Fournier ne cache pas ses couleurs.Il est pro-syndical, c'est-à-dire qu'il croit que le mouvement syndical est depuis longtemps identifié au combat pour le plein emploi, pour une plus grande justice sociale et pour la démocratie sociale.Et dans ce mouvement, auquel appartiennent la Centrale de l'enseignement du Québec, la Confédération des syndicats nationaux et quelques syndicats indépendants, il estime que la Fédération des travailleurs du Québec est la plus grande centrale syndicale au Québec.HISTOIRE DE LA LHAi^ Mais l'auteur de la deuxième tranche de l'Histoire de la FTQ, qui avait déjà publié en collaboration une Histoire du mouvement ouvrier au Québec et, en solo, un ouvrage sur la police secrète au Québec, un autre sur le FLQ, mouvement clandestin, un troisième sur le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec, un qouveau syndicalisme créateur d'emplois et enfin, plus récemment, une biographie de Louis Laberge, n'est pas aveugle pour autant.M Comme il l'écrit lui-même, l'histoire de la FTQ illustre une réalité incontournable: si le syndicalisme veut continuer, il faut d'abord qu'il change! 11 faut qu'il sache s'adapter, qu'il se renouvelle et se modernise, qu'il sorte de ses tranchées défensives et pratique des stratégies offensives, créatives, audacieuses.Un nouve-ment syndical, conclut-il, doit rester en mouvement, sinon il cesse d'avancer.Et s'il veut avancer encore, il faut qu'il continue de changer.t Bref, Fournier aime bien que la FTQ attache beaucoup d'impor- tance à la protection et au développement des entreprises et de l'emploi.Il aime aussi qu'elle soit à l'origine de la création du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec, auquel il a lui-même été intimement mêlé, une institution financière syndicale vouée au maintien et à la création d'emplois.Mais bien sûr, Fournier est conscient plus que jamais du danger qui menace présentement le syndicalisme: défendre les travailleurs privilégiés, ceux qui ont des «droits acquis».Il cite d'ailleurs Louis Laberge, qui dès 1967 affirmait ces propos d'une brûlante actualité: «Nous cherchons à gaver toujours davantage nos travailleurs les plus forts économiquement, dit-il, sans égard pour les autres et souvent à leur détriment.Notre syndicalisme est rapidement en train de devenir, si ce n'est déjà fait, l'expression d'un égolsme institutionnel et le point de convergence de l'égolsme individuel d'un trop grand nombre de syndiqués».Il ajoute: «Nous sommes en train de créer un syndicalisme de classe moyenne, plus près de la classe possédante que de la masse des «maudits de la terre».Fustigeant «notre faste de nouveaux riches et de parvenus» et ce qu'on appellerait aujourd'hui le corporatisme syndical, Laberge était allé jusqu'à dénoncer certaines grèves dans les services publics: «On assiste à des grèves de classe qui visent moins l'employeur que d'autres groupes de travailleurs», des grèves menées par «des syndiqués qui se disputent âprement le gâteau des budgets publics».Enfin, Laberge, note son biographe Louis Fournier, disait craindre «une révolte des pauvres, non seulement contre nos adversaires traditionnels à nous, employeurs et gouvernants bourgeois, mais aussi contre nos propres syndicats et contre les syndiqués eux-mêmes».Cela dit, Fournier ne verse pas que dans le négativisme et l'apologie.11 déplore d'ailleurs que les médias accordent moins d'impor- * tance aujourd'hui au syndicalisme.Même si celui-ci a changé et est moins engagé dans les conflits, il joue encore, selon lui, un rôle-moteur que les journalistes ont tort de négliger.Dans son livre, Fournier démontre que la FTQ manquait de ressources à ses débuts et combien le mouvement syndical québécois a perdu de temps dans de stériles querelles intersyndicales.Fournier note avec satisfaction la fin (ou presque) des rivalités intersyndicales, mais il ne va pas jusqu'à prôner la fin du pluralisme syndical.Au contraire, il y est favorable, ajoutant que cela offre plus de choix aux travailleurs.De même, il ne cache pas qu'il préfère les structures de la CSN, plus conformes aux voeux des travailleurs québécois, à celles de la FTQ qui vient de gagner récemment, et de haute lutte, un statut de souveraineté-association au sein du Congrès du travail du Canada.Il préfère toutefois le style de syndicalisme pratiqué par la FTQ tout au long de son histoire à celui de la CSN, souvent plus doctrinaire.Ce qui ne l'a pas empêché de nommer les choses telles qu'elles sont, et de qualifier de véritables bandits aux dépens des travailleurs les André Dédé Desjardins et autres roitelets de syndicats de la construction des années 70 qui ont tant nui à la réputation de lh FTQ.Bref, Dieu merci, il y eût la Commission Cliché.La FTQ, ayant compris la leçon, a elle-même effectué le ménage dans le domaine du vêtement pour dames et dans l'union des employés d'hôtels et de restaurants.«Toutes ces actions aideront à démocratiser la vie syndicale et à redonner leur respectabilité à certains affiliés».Louis Fournier, qui se définit toujours comme journaliste et auteur, travaille déjà à un prochain livre.Cette fois-ci non pas comme M i historien syndical, mais comme essayiste.À la lumière de tout ce qu'il a appris et avec son vaste bagage d'expérience, Fournier va tenter de définir le rôle du syndicalisme de demain.Le livre sera attendu avec impatience, car on aurait bien tort de ne pas l'écouter.HISTOIRE DE LA FTQ: 1965-1992 ; LA PLUS GRANDE CENTRALE SYNDICALE AU QUÉBEC, Louis Fournier.Éditions Québec/Amérique, Montréal.1994.292 pages.N M RAB4 Venez fêter avec nous! DE RABAIS ET PLUS SUR PRESQUE /# TOUS LES LIVRES EN MAGASIN i, ' ¦ 4 ** il\\ \u2022.' \u2022 k.\t'1 * .y'-,\t- i \u2022\t'\t\u2022 '\t\u2022 DE RABAIS ET PLUS SUR PRESQUE _ ^fJP /# TOUS LES JEUX DES MILLIERS DE LIVRES RÉDUITS AU PRIX D'ANTAN: 1$ / 2$ / 3,50$ PRÈS DE 1 000$ EN PRIX À GAGNER, DONT UN LAROUSSE ÉLECTRONIQUE ET 5 DICTIONNAIRES ROBERT 1 \" DES SURPRISES EN MAGASIN AINSI QUE NOTRE PRÉSENT POUR VOUS DIRE MERCI: j3T (fi^L DE RABAIS ADDITIONNEL À LA PRÉSENTATION DE CETTE ANNONCE * \u2022UFCOmPAUJJJNT, VALABLE SUR LIVRES OU JEUX EN MAGASIN SEULEMENT., RABAIS SUR IHOTAL DES ACHATS / VALIDE DU 30 MAI AU 30 JUIN 1994 R I E Ni les pouvoirs publics, ni les industriels du médicament, ni les patients n'ont à ce sujet les idées bien claires.«Toute prescription de médicament repose dans chaque consultation, sur l'évaluation d'un rapport bénéfice/risque.Ce ratio n'est pas globalement remis en cause pour le Prozac qui est un médicament particulièrement bien toléré, trop bien toléré peût-étre: la pilule est trop belle».PROZAC, LE BONHEUR SUR ORDONNAIS.Peter Kramer Editions First, Paris, 1994 310 pages.29,95$.Wfclu .\u2014 A JB?\" f 0fS OAMcs * «ouHZ$se a\"AMTlc m .; BQ s £ Q> w r 0 H K 1 O S- à ¦«o 9269, RUE LAJEUNESSE, MONTREAL DU 30 MAI AU 30 JUIN 388-2362 B4i- ^ LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 29 MA11994 Un guide de gestion de la féminité DOMINIQUE PAUPABKDIN collaboration spéciale ¦ «On nait femme, et pour celles qui l'auraient oublié, il ne tient qu'a elles de le devenir».ÊÊ\t\t\tl^WK'/w F.SOCIÉTÉ\t\t\t¦ 1 1\tU\t\t[i W Si vous ne savez pas comment un devient femme ni ce qu'impose la féminité, vous pouvez vous référer aux multiples définitions et modes d'emploi de Perla Ser-van-Schreiber.Dans son dernier livre, les féministes, les mutantes et les travesties trouveront sans doute de judicieux sujets de réflexion sur «le bonheur-expérien-ce intime de la féminité».Quand aux femmes ordinaires, elles apprendront, si elles ne le savent pas déjà, que la féminité est un métier en soi et implique une foule de rôles, droits et devoirs qu'il faut savoir gérer de manière équilibrée dans sa vie privée et professionnelle.\u2022 \u2022\u2022 Et qu'une féminité bien vécue peut les faire accéder à l'épanouissement et à la liberté beaucoup plus sûrement que le fémi- nisme avec ses «outrances» et sa «violence».Bien que l'auteure déclare fièrement l'aime mon mari à ceux qui lui demandent ce qu'elle fait dans la vie, elle a une longue expérience du journalisme féminin et a travaillé 1b ans au magazine Marie-Claire (à qui elle a pardonné sa période féministe).Son essai anti-féministe, qui prône les vertus et la sagesse de la féminité \u2014idyllique et sacrée\u2014, ne m'a pas convaincue.l'ai plutôt tendance à m'énerver ou à pouffer de rire (réactions typiquement féminines?) quand je lis, par exemple: «Le travail comme forme d'accomplissement est d'essence masculine.» Ou bien: «Satisfaire le désir de l'homme aimé.On avait fini par douter du bien-fondé de ce plaisir, le plus féminin d'entre tous.» Remarquez que l'auteure (c'est moi qui féminise le terme) a le droit, et la liberté, de considérer la féminité inconciliable avec le féminisme.C'est un courant de pensee et si vous y adhérez, ce livre vous donnera deux ou trois arguments de plus pour convaincre vos proches.Alors, objectivement, que veut Perla Servan-Scheiber?Dans un premier temps: réactualiser la féminité.Entendez par là, les vertus féminines.Le féminisme, ce «jeu fini» aurait certes triomphé au Perla Servan-Schreder\t\t \tLa féminité\t de la liberté au bonheur\t\t \tJHHBB W, , .r\u2014^ JBjeSÉ JvMr r riffï -jè < M v ' ^r «EJH IK- w -, / vrTJ\t| / \t' STOCK\t \u2022 Editior Fict 1 Les quatre saisons d'Isabelle\tf-\u2014- is québécoises ion (romans) Solange Chaput-RoiiarxJ libre Expression (1) 2.Ostende François Gravel Québec Amérique (10) I\t 3 Le grand blanc Francine Oueiiette Libre Expression (20) \u2022 \u2022 # \u2022 \u20221 Le tricheur\tEssais J.-F.Lisee\tBoréal\t(5) 2 'Fernand Sèquin.le savant imaginaire\tJ.M.Carpentier et D.Ouellet\tUbre Expression\t(5) 3 Debout la vie\tMichel Jasmin\t7 Jours\t(7) Editions étrangères\t\t\t MB * 1 Disparu\ttion (romans) Dameiie Steel\tP.de la Cite\t(2) 2 Ruo de la soie \u2022 \u2022\tRegme Deforges\tFayard\t(2) 3 Le duel des Gémeaux\tRobert Ludlum\tLaffont\t(1) 1 Le livre tibétain de la vie et de la mort\tEssais Sogyal Rimpoche\tLa Table Ronde\t(13) 2 Testament\tAbbe Pierre\tBayard\t(6) 3 Le soin de l'âme\tThomas Moore\tFlammarion\t(1) Livres pratiques 1 Code civil du Québec En collaboration\t\tYvon Biais\t(14) 2 Guide des fleurs pour les jardins du Québec\tBenoit Prieur\tL Homme\t(7) 3 Guide du jardinage et de l'amenagement paysager\tBenoît Prieur\tL Homme\t(2) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand.Champigny, Gameau, Le Fureteur (St-Lambert).Gallimard.Gameau.Guérin, Hermès, René Martin (Joliette).Monet.Le Parchemin.Les Bouquinistes (Chicoutimi), Maison de la Presse Internationale.Payette (Sherbrooke), Guy Poirier (Trois-Riviéres).Raffin, Renaud-Bray, Sons et Lettres, LibrairieSmith.\t\t\t plan de certains droits et libertés, mais n'aurait plus sa raison d'être.Les féministes auraient fait la grave erreur de prendre les hommes à la fois comme cibles et comme modèles.Dans leur acharnement à vouloir s'identifier à des valeurs masculines, elles auraient fait abstraction des spécificités propres à leur sexe et auraient ainsi virilisé les femmes.L'auteure accuse tout particulièrement les féministes américaines, qui ont déclenché aux États-Unis un véritable état de guerre entre les hommes et les femmes.Guerre qui, on l'aura compris, n'existe pas en France, où les femmes ont su garder leur féminité et ainsi vivre en harmonie avec l'autre sexe.Ensuite, le chapitre sur le travail m'a spécialement étonnée.Madame Servan-Schreiber, qui vit en France, a enquêté auprès de 25 femmes diplômées de grandes écoles (celles qui enseignent à l'élite).Il ressort que la plupart d'entre elles (22) ne veulent pas atteindre le sommet de la pyramide en entreprise ou en politique parce que cela passerait par le renoncement à leur vie privée.À leur féminité.Seulement trois d'entre elles ont mis en priorité leur vie professionnelle.Toutes, à l'unanimité, affirment que ce ne sont pas les hommes qui les ont empêchées de devenir patronnes ou cadres: elles ont fait elles-mé-mes ce choix.Donc, conclut l'auteure, celles qui considéreraient leur carrière comme la seule source de leur émancipation opteraient pour le mimétisme masculin.À une époque où la femme a acquis de nouveaux droits tout en ayant encore la responsabilité de la vie du couple et de la famille, il serait sage qu'elle adopte un art de vivre qui saurait conjuger le travail, la maternité et la sexualité.La liberté acquise par l'intermédiaire des féministes devrait la mener vers cette féminité «art de vivre» qui est faite de choix, mais aussi de renoncements.La femme, «ce continent noir» comme disait Freud à la fin de sa vie.En fait foi le nombre incalculable de livres qui essaient d'expliquer qui «elle» est, comment «elle» pense et fonctionne, ce qu'«elle» devrait faire ou ne pas faire.Ce livre-ci a l'avantage, au moins, d'avoir été écrit par une femme.Laquelle, au-delà de son sujet, pose une question qui devrait faire réfléchir les femmes aussi bien que les hommes: «À quoi bon être libre si ce n'est pour être heureux?LA FEMINITE.DE LA LIBERTE AU BONHEUR.Perla Servan-Schreiber Stock.Paris.1994.508 pages.Une traduction en anglais SUITE DE LA PAGE B1 Puis ce furent les premiers moments\td'herborisation sérieuse dans les terrains vagues de.Montréal.Elle enseigne au primaire puis lâche tout pour un bac en botanique puis une maîtrise en écologie végétale à Laval.Elle réalise aussi de petits contrats d'études, l'été.Comme d'autres copains de la «gang» de l'époque, elle trouve que le seul ouvrage sérieux sur les plantes du Québec, La flore Lau~ rentienne de Marie-Victorin, n'est a la portée que des seuls initiés.«Nous réalisons alors qu'il faut un ouvrage plus simple, illustré de photos, qui se transporte bien.Un vrai guide d'identification.Nous présentons le projet à l'Éditeur officiel du Québec, Charles-Henri Dubé, qui l'accepte.C'est le début de notre histoire d'amour».Comme avec toute entreprise d'État, lés décisions sont parfois étranges et lentes.Si bien que le livre qui était prévu pour le printemps parait finalement en novembre.L'éditeur voulait en imprimer seulement 2500 exemplaires.PL A AUJOURD'HUI 13 H 30 lire c ^ » C H % -t v _r-* i LES CHOIX DE LA SEMAINE L'auteure : AMÉLIE N0TH0MB \u2022«Le sabotage amoureux», Albin Michel; «On attendait impatiemment son deuxième roman qui confirme son grand talent d écrivaine.» Danièle Bombardier Les lectures de: KIM YAROSHEVSKAYA \u2022Marina Vlady, «Vladimir ou le vol arrêté».Livre de Poche; \u2022Jean-Jacques Marie, «Vladimir Vissotsky, poésie et chansons», Seghers; «Vissolsky est grand artiste, li fut un très grand comédien et un très grand poète» Suggestions de lectures pour lfété: \u2022\tAmélie Nothomb.«Hygiène de l'assassin», Albin Michel \u2022\tAlbert Camus.«Le premier homme», Gallimard \u2022Gérard Bonal.«GérardPbilipe» Seuil \u2022\tCatherine Allégret, «Les souvenirs et les regrets aussi.», Fixot \u2022\tRaymond Carver.«N'en faites pas une histoire», «Neuf histoires et un poème», «Shorts cuts»», de l'Olivier \u2022Banana Voshimoto.«Kitchen», Gallimard \u2022Jean D'Ormesson, «La douane de mer», Gallimard \u2022Sarah Dunant, «Poison mortel», Calmann-Lévy \u2022\tYa Ding, «La jeune fille tong».Mercure de France \u2022Nino Filasto, «Cauchemar de dame», Gallimard \u2022Tony llillerman, «Les clowns sacrés» Rivages thriller \u2022James Lee Burke.«Une tache sur l'éternité».Rivages thriller \u2022Jean-François Usée.«Le tricheur».Boréal À « PLAISIR DE LIRE » la semaine prochaine: Samedi 22 h ou dimanche 13 h 30 \u2022line émission spéciale avec les lectrices d Elle Québec.«Pour nous ce fut un choc.Heureusement, nous l'avons convaincu d'en imprimer 10 000 qui furent tous vendus dans les trois mois suivants.» L'année suivante, on en imprime encore 10 000 exemplaires \u2014 encore disponibles à partir de 1 automne.Même scénario de vente.En 1978, c'est le deuxième ouvrage qui est produit en coédition avec Fides.Fleurbec est né.Il faut maintenant éditer, produire un livre, investir de l'argent qui vient toujours de la «gang».Le groupe de Fleurbec compte des spécialistes de diverses disciplines, un noyau de huit personnes.Des botanistes, bien sur, mais aussi un spécialiste en pharmacologie qui fait le travail de recherche sur les effets thérapeutiques des plantes, et divers experts.«Notre groupe se complète très bien.Par exemple, nous n'étions pas des «goûteux» de plantes, mais une fille du groupe aimait déguster toutes les plantes sauvages qu'elle rencontrait.Je me souviens d'un menu où il y avait 30 espèces de plantes et 18 bouteilles de vin qui ne ressemblaient en rien au bordeau.Personne n'a jamais été empoisonné ni incommodé.Des projets?«Nous voulons maintenant traduire notre premier ouvrage en anglais.Plantes sauvages printanières.Je crois qu'il y a de la place pour ce genre d'ouvrage sur le marché américain.Si ça marche, on pourra continuer.Nous allons aussi profiter de l'occasion pour refaire entièrement ce livre en français.Gisèle Lamoureux, elle, travaille plus personnellement à écrire un recueil de nouvelles «impressionnistes» qui auront comme cadre les plantes et le monde végétal.Voilà où en est rendu sa fascination envers les plantes.Après toute ces années, elle n'est pas tannée, loin de là.«Fleurbec a traité 450 espèces de plantes.Et dire que dans les plantes à fleurs seulement, on en compte 2500 espèces chez nous! Et il y a les fougères, les champignons et bien d'autres végétaux».De quoi entretenir une passion bien longtemps.La vie des livres Une petite question, monsieur Trudeau ¦ Le poète Yves Bois' ^rt est bien prêt à mettre fin à sa querelle avec ceux qui lui en veulent de se questionner tout haut sur l'adhésion de l'ancien premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau à l'Union des écrivaines et écrivains québécois.À condition de trouver une réponse à sa question.Dans une longue lettre, rédigée dans un style un peu ironique, Boisvert écrit notamment: « Je pose une question d'ordre professionnel à un nouveau collègue, le plus corectement du monde, il me semble, et qu'est-ce que je reçois?Des accusations de connivence avec Claude Morin, un autre ex-député.«Alors là, monsieur Vennat, je souffre.Je souffre de cette souffrance qui me met de mauvaise humeur.C'est pour chasser ce noir que je vous demande de poser la question vous-mêmes à l'écrivain Pierre Elliot Trudeau: quels sont les motifs de son adhésion à l'Uneq?C'est pourtant pas compliqué, comme question, c'est même assez niaiseux.«l'attends la réponse.|e suis prêt à offrir 125$ à quiconque répondra très clairement à ma question niaiseuse».La question est donc posée à l'écrivain Trudeau.Peut-être voudra-t-il répondre lui- même.Un film avec «l'Alliance des Brebis» Une maison de production de Québec, Cinégraphe, vient d'acheter les droits pour le cinéma de L'Alliance de la Brebis de Gabrielle Lavallée, de la maison d'édition )CL de Chicoutimi.Gabrielle Lavallée, rappelons-le, est une des victimes de Moïse Thériault et a elle-même perdu un bras, amputé par le célèbre gourou Moïse.Il s'agit d'une option valide pour trois ans, qui comprend une petite somme versée immédiatement et un montant plus substantiel qui sera versé le premier jour du tournage, si tournage il y a, évidemment.Les montants seront partagés entre l'auteure, qui reçoit 40 p.cent des sommes versées par la maison de cinéma et l'éditeur, qui aura droit à 60 p.cent.C'est Nicholas Kinsey, directeur de Cinégraphe, qui a approché l'éditeur lean-Claude Larouche et l'auteure Gabrielle Lavallée pour ce projet.Il désire en faire une coproduction, dont le financement viendrait de l'Ontario, du Québec et possiblement de la France, si le livre, lancé récemment dans le réseau France-Loisirs suscite de l'intérêt outre-Atlantique.I*, .I U Il s'agirait d'un film tourné en anglais, surtout en Ontario,-avec un budget d'environ 2 millions de dollars.On veut en~ faire un long métrage de fiction.Nicholas Kinsey aurait lui-même commencé à écrire un premier jet du scénario et travaillera ensuite avec le scénariste torontois Ken Chubb, Gabrielle Lavallée étant consultée tout au long du.processus de scénarisation.Un héros noir pour Harlequin Même les romans d'amour publiés par Harlequin et vendus à des centaines de milliers d'exemplaires changent de visage.Et deviendront politiquement corrects.Toujours est-il que l'écrivaine de race noire Maggie Ferguson a réussi à vendre son roman Looks Are Deceiving à Harlequin qui, jusqu'ici, ne parlait que de romances pour amoureux de race blanche.«\u2022 Et c'est ainsi que dès juillet, le petit roman de Mme Ferguson, mettant en vedette un héros américain de race noire, amoureux d'une héroïne également de peau ébène, sera mis en vente dans les kiosques américains à moins de 3 $ l'exemplaire.Il s'agit du premier roman d'amour mettant en vedette des Noirs, que nos voisins du Sud appellent «Afro-Américains», dans l'histoire de la maison spécialisée dans les romans à l'eau rose, en trente ans.Comme quoi les temps changent, même en amour.Le prix de traduction littéraire Claire Rothmah, journaliste a The Gazette et écrivaine, vient d'être couronnée, il y a quelques jours à Toronto, en tant que traductrice littéraire.L'Association des traducteurs et traductrices littéraires du Canada lui a décerné le prix John-Glassco pour sa traduction du roman de Philippe Aubert de Gaspé,î< Le chercheur de trésors.Le prix vise à récompenser un traducteur canadien pour une première traduction littéraire publiée en français ou en anglais.La traduction de Claire Rothman a été publiée en anglais sous le titre de The Influence of a Book.Le jury a loué le formidable travail de la traductrice et son intention de révéler aux lecteurs canadiens-anglais une oeuvre importante, malheureusement encore méconnue d'eux.Le poète Yves Boisvert n'est peut-être pas le seul * se questionner sur l'adhésion de Pierre Elliott Trudeau * I Union des écrivains et écrivaines du Québec.Cependant, personne n'a encore pu fournir une explication satisfaisante.LÉO GARIÉPY UN HÉROS RÉCUPÉRÉ .Léo Gariépy, ça ne vous dit rien?Pourtant, vous auriez intérêt à le découvrir.Ce héros canadien a une rue à son nom et un monument, à Courseulles-sur-mer.Il y est entré le premier, le 6 juin 1944, dans son char d'assaut.La riposte allemande ayant été très meurtrière pour les autres soldats, Léo a libéré la ville presque seul, faisant preuve de bravoure et même de témérité L'autre télé.L'autre vision.Québec LÉO GARIÉPY: UN HÉROS RÉCUPÉRÉ, Marjolaine Saint-Pierre.Éditions de Vanennes, 1993.152 pages.16,95 $.A surtout oeuvré dans les milieux culturels et de télévision tant au Manitoba qu'à Montréal.Intriguée de ne pas connaître un Québécois aussi célèbre en Normandie, elles s'est passionnée pour le personnage de Léo Gariépy, a touillé, interviewé, recueilli les documents pour enfin nous rendre notre héros.210730e.539 Marjolaine Saint-Pierre: LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 29 MA11994 B 5 » » Tout en lisant.9MM9NI tmm\tSl^ * | JACQUES FOLCM-RIBAS \u2022¦»\u2022; : .¦ «J'ai un peu écrit pour mes enfants.» collaboration spéciale Lus, méli-mélo ¦ La caresse, de Marie Nimier, c'est le journal d'un chien.Pardon : d'une chienne nommée Gilda.Elle demeure chez Monsieur et Madame Breton.Mais avant eux, elle avait pour maîtresse une certaine Cathy dont elle se souvient avec une petite émotion, et qui l'appelait Boudin.Madame Breton n'est pas trop méchante.Monsieur Breton est un sinistre crétin, qui veut absolument partager avec Gilda le pernod qu'il adore, et qu'elle déteste.Les vapeurs d'alcool anisé piquent les yeux, donnent envie de vomir, mais il faut absolument se forcer à aimer cela.Une vie de chienne, je vous dis.En plus, elle ronfle en dormant.\u2014M.Breton aussi, mais le sait-il?Se demande Gilda.II y a aussi un autre personnage, énigmatique.C'est celui qui raconte, et qui dit )E.On le soupçonne d'être je véritable auteur de ce journal intime.La chienne, parfois, s'adresse à lui, et partage notre étonnement : qui peut bien être ce JE?Vous saurez tout, en lisant La caresse, un livre ayant la plus grande légèreté, le style le plus aérien, l'invention la plus charmante.Bref, c'est du Marie Nimier.Très agréable.Comme elle le dit elle-même: «Un souffle apaisé par la caresse des mots».lr N cavernes dessinait des boeufs sur les murs, afin que la chasse lui soit favorable.Mouais.Mais pourquoi ces boeufs étaient-ils stylisés en direction d'une beauté, et non pas en direction d'une utilité (par exemple: de gros boeufs donnant beaucoup de steak)?On imagine le chasseur: \u2014 Eh, l'artiste, laisse faire l'esthétique, c'est du bon boeuf que nous voulons, pas du boeuf élégant! \u2014Eh bien non, disait l'artiste.Va chasser, laisse-moi travailler! Bon.C'était mon quart d'heure de réflexion sur la Beauté.Pour vous dire de lire le journal d'un obsédé de la beauté: Dali.De plus, c'est drôle à tous les coups.Il y a même des annexes savantissimes, scientifiques et superfétatoires \u2014comme dirait le Maître.Quant aux anecdotes, il y en a bien deux par page.Pour amateurs de potins, et d'histoires sortant de l'ordinaire.|e crois qu'il faut lire aussi le tournai d'un génie, de Salvador Dali.Parce que cela a tout à voir avec la Beauté, poursuivie par ce fou furieux qui ressemblait à un génie.La Beauté, celle de Platon et de Socrate, celle que l'humanité depuis toujours a mise au sommet de l'humanité, inaccessible beauté mais vers laquelle les hommes ont tendu de toutes leurs forces, si bien que l'Histoire est, en realité, une recherche permanente de la Beauté.Les pires tyrans un jour l'ont soupçonnée, dans leur tyrannie: lire la vie des tyrans et des monstres comme les moines et les moniales lisent les Vies des Saints \u2014 qui sont des passions dirigées vers la Beauté.Us disent que le peintre des Histoires peu ordinaires.C'est un autre livre, petit et profond, écrit par un Nobel de littérature, Patrick White, que l'on n'attendait pas si amusant.Lui, voilà qu'il nous parle de légumes! C'est comme on vous le dit.Les trois récits de ce livre s'intitulent L'âge d'une verrue, Le cri déchirant de la pomme de terre et Danser les deux pieds sur terre.Il y a des légumes par-ci, par-là.Curieux.La technique de Patrick White est simple.Il nous raconte une histoire qui n'est qu'un prétexte, une tromperie, une façade, afin de nous faire plonger avec effarement dans les profondeurs métaphysiques.Pourquoi une verrue finit-elle par mourir?Pourquoi de la pomme de terre un oeil, une sorte de verrue, devient-il d'une importance capitale?Et la terre n'est-elle que «ce lit dans lequel les pommes de terre s'agitent faiblement en préparant leurs yeux aveugles à la naissance?» LA CARESSE Marie Nimier Editions Gallimard.Paris.1994 131 pages JOURNAL D'UN CÉNIE.Salvador Dali Collection L imaginaire, éditions Gallimard.Paris 1994 304 pages HISTOIRES PEU ORDINAIRES.Patrick White.prix Nobel de littérature, traduction par Jacqueline Délia.Éditions Arlea.Paris, 1994 91 pages.L'Holocauste de Spiegelman, f version électronique ClAUDE MARCIL collaboration spéciale ¦ Quand le New-Yorkais Art Spiegelman créa Maus en 1986, ce fut un choc.11 avait entrepris \u2014 et réussi\u2014 l'impossible: raconter dans une bande dessinée l'histoire de son père Vladek, un juif polonais qui avait survécu à Auschwitz.Personne, absolvent personne n'avait rien vtjde tel: de la vraie littérature, en images hallucinantes qui se gravent dans notre esprit, où les Nazis étaient des chats et les juifs des souris, (en allemand «Maus» veut dire «souris»).Dans des images sommaires, toutes noires, saturées d'encre, on suit la famille Spiegelman, mère, père, belle-famille, cousins, lors de l'arrivée des Nazis en Pologne et des premières mesures contre les juifs.Puis c'est la faim, les premiers ghettos, les premières déportations vers les camps d'extermination.Un après l'autre, les Spiegelman disparaissent et en mars 1944, il ne reste plus que Vladek et sa femme Anja.Spiegelman raconte la vie de son père à Auschwitz, où sa débrouillardise et ses incroyables coups de chance lui permettent, un des rares, de sortir vivant du camp de concentration \u2014 il survivra aussi à Dachau.Les images distillent des doses massives de chaleur humaine et d'horreur.Vladek est réquisitionné Idrs de l'avance wviétique pour démonter les chambres à gaz.les Allemands voulant évidemment ne laisser aucune trace.Son fils nous dessine \u2014 un des nombreux détails documentaires de ce livre\u2014 les plans de l'appareillage de la solution finale.Des critiques furent d'abord indignés de voir l'Holocauste en bandes dessinées.Mais c'était avant de réaliser l'impact du graphisme pour traduire les leçons de cette époque horrible.Maus a même remporté un prix Pulitzer.La Presse avait souligné, il y a quelques mois, la haute qualité de cette bande dessinée.Aujourd'hui, Spiegelman crée un autre précédent en mettant sur CD-ROM le texte complet des deux tomes de Maus, une carte de la Pologne pendant la guerre ainsi que des camps nazis \u2014 dont une carte détaillée d'Auschwitz\u2014 et les 706 pages de transcriptions des entrevues de l'auteur avec son père Vladek.C'est un CD-ROM: le disque contient ainsi deux heures (audio) d'entrevues.C'est un choc d'entendre la voix de Vladek raconter les horreurs des camps pendant qu'on visionne les dessins du livre.De plus, on peut visionner une dizaine de vidéos tournés par Spiegelman lors d'un voyage en Pologne en 1987: camp de concentration d'Auschwitz, de Birkenau, de Gross Rosen, etc.Ceux qui s'intéressent à la création seront gâtés: il y a plusieurs vidéos de Spiegelman expliquant son oeuvre, les planches originales des dessins, et on peut suivre le créateur alors qu'il élabore une planche qu'il travaille et retravaille jusqu'au produit final.Un CD-ROM qui va vous hanter.MAUS Art Spieg««man DKponiWe chez Mi-cro-Boutkjue < 270-4477 ).71$ LUCIE CÔTÉ collaboration spéciale ¦ En 30 ans ans, Cécile Gagnon a écrit 80 livres jeunesse.Elle publie aujourd'hui le Chemin Kéno-garni, un roman historique «pour les adultes».«Il y a une distinction entre ceux qui écrivent pour les jeunes et ceux qui écrivent pour les adultes.Moi, je ne vois aucune différence, mais pour certaines personnes, je n'ai pas le cerveau assez développé pour écrire pour les adultes», assure Cécile Gagnon, qui avoue un caractère passionné et prompt à la colère.Cécile Gagnon » « * i < LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ipitr « Ma première idée, en écrivant le Chemin Kénogami, était de faire un livre jeunesse, pour mettre en scène des jeunes de cette époque-là, mais c'est devenu un livre pour les adultes, je vais ainsi acquérir une petite dignité que je n'aurais jamais eue en restant auteur de livres jeunesse, je ne l'ai pas fait pour ça, mais maintenant je vais m'en servir», promet Cécile Gagnon, qui a fondé et dirige l'Association des écrivains québécois pour la jeunesse.Elle a d'abord fait des études d'art et de littérature, notamment en France et en Italie, avant de se mettre à l'écriture.Outre ses li- Cécile Gagnon s'identifie complètement à son héroïne, Ceorgina Bonenfant.vres jeunesse, elle écrit aussi des pièces de théâtre.dont Iules Tempête, que le Théâtre de l'Oeil a jouée pendant trois ans.Elle a consacré six ans à son roman historique.«Les jeunes ont besoin de savoir.j'ai un peu écrit ce livre pour mes enfants qui ne savent rien, parce qu'on ne leur enseigne pas l'histoire», déplore Cécile Gagnon, qui a choisi pour cadre de son roman le Lac-Saint-jean, d'où son conjoint est originaire.Élevée à Québec, au bord du Saint-Laurent, l'auteur a constaté que le fleuve, dont il est beaucoup question dans son livre, était très important pour elle.«Ça me reste.Enfant, je passais mes vacances en Gaspésie et dans Charlevoix.je pense que c'est déterminant, cette étendue d'eau.Je l'ai découvert en écrivant.» «L'histoire, c'est une autre de mes marottes», souligne encore Cécile Gagnon.«Ce qui m'agace profondément, c'est que, surtout à Montréal, on parle toujours de l'intégration des immigrants, des nouvelles cultures.C'est bien beau, il faut être ouvert, mais qui sommes-nous?Qu'avons-nous comme bagage?j'aimerais bien que quelqu'un inculque aux jeunes un peu de fierté.Il ne savent pas d'où ils viennent.Je veux bien partager, mais j'aimerais asseoir mon identité.On pourrait faire de l'histoire une chose vivante.Les romans, c'est un peu ça», croit Cécile Gagnon qui a accumulé pendant trois ans des caisses de documents.Puis elle a mis encore trois ans à écrire la vie de son héroïne, Georgina Bonenfant, à qui elle s'identifie complètement.À 11 ans, en 1854, Georgina quitte le Bas-du-fleuve, avec sa famille, pour aller créer un nouveau pays au Lac-Saint-Jean.Lorsque son père disparaît et que sa mère se résigne à retourner dans sa famille, Georgina, une adolescente qui n'apprécie pas du tout que les femmes soient confinées dans un rôle conventionnel, choisit plutôt de rester dans son nouveau pays.Ainsi s'achevait le livre, a d'abord cru l'écrivain.Mais l'éditeur a exigé de connaître la suite et Cécile Gagnon a dû écrire la deuxième partie de son livre.«Ce livre a mature très longtemps.J'ai fait un gros travail de réflexion et une longue recherche historique.Je pense qu'il fallait que j'écrive ça.Il y a bien longtemps, je m'étais dit que j'écrirais une histoire.Mais pas juste pour le plaisir de raconter.Ça va beaucoup plus loin que ça.«C'est drôle, quand on plonge dans l'histoire, comme ça, on invente des choses, mais quelque part, on est dans le vrai.Aussii oit a une mémoire en nous, je croisa ça follement, une mémofre\" d'avant.Je suis sure que je n'ai pas écrit ça toute seule, il y avait la mémoire de tous mes ancêtres femmes derrière moi.«Mon livre revendique beaucoup de choses.Ce n'est pas vrai que mon héroïne est anachronique.Il devait y avoir plusieurs femmes comme elle.On n'en parle jamais, parce que ce sont les hommes qui ont fait l'histoire, ce sont les curés qui ont écrit les manuels d'histoire.Ils avaient peur des femmes, ils n'en parlaient pas parce qu'ils ne voulaient pas en parler», affirme l'auteur qui a bien pensé à Maria Chapdelaine, en écrivant, mais seulement parce qu'elle voulait éviter de créer une femme soumise.«j'aimerais bien qu'il y en ait plusieurs qui écrivent des romans pour revendiquer la place des femmes», ajoute-t-elle.Tout en poursuivant la rédaction déjà amorcée de quelques livres jeunesse, elle a aussi envie d'écrire une biographie, d'une femme bien sur, dont elle ne veut pas dévoiler le nom maintenant.«Ça va me demander beaucoup de travail.Ça vaut la peine, c'est certain, je me demande si je suis capable, mais tous les projets me semblent insurmontables au départ.Les bibliothèques seront-elles expropriées par l'autoroute électronique?LISE RAVARV collaboration spéciale ¦ À moins de s'engager sur la bretelle d'accès, au volant de leur propre camion-remorque, les bibliothécaires qui resteront tranquillement sur l'accotement de l'autoroute électronique risquent fort de se faire happer par les poids-lourds de l'informatique.L'avènement de l'autoroute de l'information va modifier en profondeur la diffusion de l'information et de la connaissance.La notion même de bibliothèque, comme un lieu physique où sont conservés des livres et des périodiques, sera remise en question par ces bouleversements technologiques.Congrès des bibliothécaires Voilà ce qui ressort du 25e congrès annuel de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, qui avait lieu à Montréal au cours de la semaine, sous le thème Où est le leadership ?».Les bibliothécaires, en majorité des femmes, sont inquiets.Avec raison.La bibliothèque qui abritera des documents sous forme numérique sera partout et nulle part à la fois.Il suffira d'avoir un modem, un ordinateur et un mot de passe pour y circuler.En toute liberté et sans avoir à payer, on l'espère.Comme le font déjà les vingt millions d'infonautes qui se baladent dans l'Internet, la première bibliothèque virtuelle (immatérielle) de l'histoire de l'humanité.Jetons un coup d'oeil sur cet avenir probable: on ne parlera plus de «local», mais de «réseau».Les «collections» seront remplacées par les «connexions».La notion de « propriété » se transformera sous la poussée de «l'accès».Il n'y aura plus de rayons pour archiver ces livres qu'on achetait «au cas où», car toute l'information du monde sera désormais accessible «juste à temps», grâce à l'ordinateur.Les bibliothèques devront éventi mations technologiques.Ce n'est pas pour demain, car avant de passer en mode virtuel, il faudra tout d'abord «traduire» en langage informatique tous les livres de nos bibliothèques.Il y a fort à parier que cela n'arrivera jamais.En ce sens, la bibliothèque publique est beaucoup plus menacée par les compressions budgétaires que par les réseaux informatiques.Mais il existe déjà dans l'Internet des documents qu'on ne trouve nulle part ailleurs, sous forme multimédia, et qu'on ne pourrait même pas imprimer! Jean-Pierre Côté, directeur général du Service des bibliothèques à l'UQAM, et Réjean Bernard, directeur du Service des télécommunications aussi de l'UQAM, ont présenté un atelier très couru portant sur l'Internet.«C'est bien plus qu'une question technologique», disent-ils.«On parle plutôt de transformations profondes de nature sociale et culturelle.La survie même de la démocracie est en jeu.» Le savoir, c'est le pouvoir.Il y déjà environ 19 p.cent d'analphabètes au Québec.La venue d'un nouveau mode de communication exigeant des habiletés spécifiques pourrait contribuer à la création d'une société à deux paliers: les info-riches et les info-pauvres.Ceux qui ont accès aux réseaux, les «inforésautés», et les autres.L'accès à la connaissance Depuis Gutenberg, l'accès gratuit et universel à la somme des connaissances humaines passe déjà par le réseau des bibliothèques.C'est le seul endroit où les citoyens ordinaires peuvent s'informer gratuitement.Dans ce contexte, les bibliothécaires ont un rôle important dans la définition d'une politique nationale de l'information.Seule leur participation active dans le processus de transition vers l'électronique pourrait assurer la survie du modèle de service public.De plus, les bibliothécaires pourraient continuer à guider la connaissance.Déjà, ils peuvent devenir les agents de voyages de l'Internet en maîtrisant les différents outils de recherche pour aiguiller les usagers vers les diffé- ' rentes banques de données.Ça va plus loin encore.Les bibliothécaires pourraient bonifier l'information en lui donnant sa valeur relative.Tous les infonautes le savent: l'Internet est un fouillis indescriptible.On n'a souvent pas idée de la valeur de l'information qui nous passe sous le nez, souvent trouvée au hasard de «nowhere», tard la nuit, dans le cyber espace.s \u2022 La tendance est à la commercialisation de l'Internet.Pour assurer sa survie et sa croissance; la privatisation partielle ou totale du réseau semble inévitable.MM.Côté et Bernard croient qu'il n'y aura qu'une seule autoroute électronique.Dans une telle éventualité, les bibliothèques risquent de se faire bouffer par les méça serveurs commerciaux.À moins de s'approprier une voix au chapitre politique.\t., \u2022 Les bibliothèques publiques pourraient devenir des centres d'accès au réseau avec des termi* r.aux publics.Déjà, dit-on, des gens se pointent dans les bibliothèques avec leur ordinateur portable et demandent où se trouve la prise modem! Réponse: nulle part, du moins pour l'instant.La machine est lancée.Comme le disait Réjean Bernard à la fin de son exposé, «si quelqu'un veut arrêter le train, ce ne sera pas moi qui va se mettre devant.» Un site d'intérêt sur l'Internet: Library Resources on Internet via FTP (dla.ucop.edu; sentier: /pu-b/internet/libcat \u2014 guide): un document de 40 pages pour tirer parti des ressources de l'Internet en matière de bibliothèques.Pour vos commentaires et questions: ravary (acam.org. B6 LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 29 MAI 1994 Pierre Bourque, portrait de l'homme La Presse a le plaisir d'offrir en exclusivité à ses lecteurs des extraits de la biographie de Pierre Bourque, Portrait de l'homme, l'oeuvre d'Anne Ri-cher, journaliste à La Presse, publiée cette semaine aux Éditions Stanké.es îles sont immenses et dénudées.Au beau milieu du fleuve Saint-Laurent, elles vôgûent comme de grandes terres à la dérive, sans organisation et surtout sans verdure.Automne 1965, au milieu d'une décennie effervescente, Montréal s'anime.Elle s'achemine vers l'événement grandiose d'une exposition internationale, étape importante dans sa destinée.Quel défi extraordinaire pour un jeune homme qui rentre d'Europe fermement convaincu de la solidarité des êtres, de leur pou-voir.de création! Et qui plus est, il a l'énergie et l'envie furieuse de participer à une grande oeuvre.Son idéalisme lui fait même mettre au deuxième plan les valeurs matérialistes; il ne cherche pas,» curieusement, alors que c'est l'objectif premier dans bien des cas, surtout quand on entreprend sa vie professionnelle, à satisfaire des ambitions d'argent.Il est au-dessus de cela.Il est vrai qu'il n'a pas encore de responsabilités.Il doit seulement veiller à sa propre subsistance.C'est son histoire, il n'est pas bas de laine ni anxieux face à l'argent.Bien sûr, il a eu sa période anticapitaliste, il a méprisé le pouvoir de l'argent.Les années lui ont donné une vision plus nuancée.Il admire maintenant ceux qui ont su construire un empire ou des fortunes considérables.Cet objectif lui apparaît louable en autant que cet argent serve les autres,.crée des emplois.Au moment où il arrive à Terre des Hommes, ce qu'il cherche avant tout c'est à s'orienter dans une voie conforme à ses valeurs.Son égoisme est d'un autre ordre: se réaliser, enfin donner le meilleur de lui-même et faire éclore ce qu'il porte en lui.Première préoccupation terre à terre: se trouver un petit appartement qui va abriter ses livres, sa musique, son désir de nouveauté.Ce sera temporairement rue Cherrier.Un premier emploi Il décroche sans difficulté son premier emploi; un entrepreneur privé de l'Ontario, la compagnie Fontaine, est installé sur le site futur d'Expo 67 et doit concevoir son aménagement paysager.Ce site démesuré, artificiellement surgi, constitue une tâche gigantesque.Tout est à faire.Premier hiver.Pierre Bourque, qui assure la liaison entre Expo 67 et la Ville de Montréal, est installé avec trois hommes sous la charpente du pont lacques-Cartier dans un édifice de ciment blanc.Au-dessus de leur tète, toute la journée, passe nt inlassablement autos et camions.Le chantier des îles est désespérant, difficile a imaginer en lieu habitable.Tout n'est que boue et bruits.Les premières structures de métal des pavillons et des ponts se dressent comme des squelettes.\u2022 Dans le vrombissement continu des ca-mibrô, à l'oeuvre 24 heures par jour, les hommes façonnent remblais et digues.«On a planté les arbres dans la boue, il fallait les protéger des camions, du froid et du vent.» m Avec des madriers, des écrans de jute, les ormes de Sibérie, les érables, les cèdres matures dessinent petit à petit un nouveau visage aux iles: 10 000 arbres, 150 000 arbustes, plus tard, en saison 400 000 tulipes.En août 1965, on peut déjà imaginer le meilleur à venir.L'année suivante.Tes pavillons prennent forme, il reste à peaufiner le site: des genévriers, des rocailles du gazon partout.À l'ouverture de l'Expo, le 29 avril 1967, les entrepreneurs paysagistes de la première heufe ont quitté les lieux.La Ville de Montréal a besoin de quelqu'un pour prendre la relève et n'a pas des milliers d'experts sous la main.Pierre Bourque n'a aucune difficulté à s'imposer.Il a fait ses preuves depuis deux ans, et de plus on le connaît puisqu'il a été journalier au (ardin botanique.On lui confie donc la responsabilité entière de l'entretien des Iles.,11 avait écrit dès le début à ses amis, dans un réflexe de partager l'aventure naissante: «La Ville veut m'évaluer en me donnant le contrat de tout le chantier de Terre des Hommes.Venez m'aider.» L'arrivée des copains ^ * Deux copains d'études ont fait leurs valises et sont venus le rejoindre: Bernard Giraud et Émilç lacqmain.H lui fallait une équipe rassurante, des complices de même école et de même pensée, des techniciens compétents pour lui apporter à la fois leur science et leur réconfort.La veille de l'ouverture officielle, l'équipe a du.utiliser un subterfuge pour ne pas subir les foudres du colonel Edward Churchill, chef des opérations pour la compagnie de l'Expo.À Cité du Havre, le gazon était jaune et mort.Alors, ils l'ont.teint.À l'aide de longs tuyaux armés de fusils, ils ont vaporisé une teinture sur tout le gazon ! Malgré cela, le 29 avril, la reine Elisabeth II, l'invitée la plus prestigieuse, a remarqué avec une moue très britannique: ; \u2014 C'est sale! Ces deux pauvres petits mots ont révolutionné Terre des Hommes.Le lundi matin, ;après la première fin de semaine, où plus de \u2022 600 000 visiteurs ont franchi les barrières, le colonel convoque Pierre Bourque : \u2014 le ne veux plus un seul papier sur le \u2022site! Le nouveau responsable établit alors sa .stratégie et quadrille le site de telle sorte 'qu'aucun recoin ne puisse échapper à la vigilance d'une armée de travailleurs qui, jour et .nuit, vont traquer le moindre rebut.; En 1967, il est a la tète de 700 employés qui ;se partagent tout l'entretien.Les journées de ! travail sont interminables.Sans relâche, à pied ou en camion, armés de râteaux, de pics, de pioches, de pelles et de balais, on arpente les iles, nettoie, remplace les arbres faiblards, ; les haies rabougries, entretient les roseraies, les jardins fleuris, les rocailles.De la fin du printemps jusqu'à tard cet automne-là, entre les divers pavillons, dans les sentiers, dans les allécr, partout, la nature verdoyante et colo- Stanké rée a raconté aux visiteurs que ce pays du Nord a ses beautés, de grands jardiniers aussi.\u2014 Jamais une fleur ne fut piétinée, dit fièrement Pierre Bourque.Il lui fallait, pour relever le défi, s'assurer la complicité des êtres familiers autour de lui, de ceux qui savent créer des équipes, organiser.Ses forces déjà: connaître les capacités de chacun, reconnaître les talents.Au cours de ses étés étudiants au (ardin, il a eu l'occasion de creer des liens avec de bons travailleurs, notamment en arboriculture: des Québécois, des Portugais, des Italiens, solides, dévoués.C'est à eux qu'il fait appel sur le site de l'Expo.Le travail est harassant, mais combien stimulant.L'énergie de la jeunesse a quand même ses limites.Pierre Bourque, comme tous ses jardiniers passionnés, tombe chaque soir tel un guerrier épuisé mais heureux au creux de son lit.L'appartement vieillot au troisième étage de la rue Berri où il est désormais installé est étonamment silencieux, durant la semaine, dès que vient la nuit.Expo 67 est grisante, éclatante.Il n'y a pas de modèle pour un événement d'une telle envergure dans ce pays.Chacun doit inventer, puiser au fond de lui-même ressources et idées.Les visiteurs venus du monde entier, l'animation, la charge humaine, scientifique et culturelle de l'événement provoquent dans la société québécoise un bouleversement en profondeur qui l'ouvre sur le monde.Pierre Bourque perçoit l'impact de cette réalisation.L'énergie créatrice S'il a une vision claire de l'objectif à atteindre, le partage de cet objectif enrichi de la créativité des uns et des autres provoque une synergie qui lui est essentielle.C'est sur le terrain vierge des iles qu'il apprend la culture non plus seulement des fleurs mais des hommes.Le travail en équipe est la seule formule permise.Dans cette grande culture qui se développe, entre ces arbres et ces boutures, c'est à Terre des Hommes que la verte conscience du Bourque littéraire s'incarne.En 1968, on le nomme responsable de tous les programmes horticoles sur le site de Terre des Hommes.Il veut continuer, maintenir la flamme.Il s'accroche à l'euphorie, résiste comme le capitaine à la barre d'un navire échoué.\u2014\tTrois années intenses.La liberté totale.Et une grande réunion d'amour, se souvient-il.Puis, le désert, plus rien.Quelques plantes abandonnées.Il croit à la pérennité des îles.Après la fermeture de l'Expo le 27 octobre, il est sur place avec une centaine d'employés mjus la direction du Service des parcs.Ses amis sont repartis vers l'Europe.Lorsque le maire Jean Drapeau décide de ranimer le site pour 1968, il les rappelle: \u2014\tC'est reparti! Emile lacqmain, après avoir vécu lui aussi toute cette période d'effervescence, tourne un peu en rond dans sa Belgique natale, à la recherche d'un nouveau défi.Quand son ami lui lance un appel, il a effectivement envie de revenir et de mettre l'épaule à la roue.Ils ont vécu tellement de choses ensemble! Tellement d'aventures! Ils ne demandent pas mieux que de reprendre là où ils se sont laissés.Il y a bien eu le projet de la Biosphère dans la pavillon américain, ses jardins suspendus.Mais plus rien n'est pareil.Les autorités de la Ville offrent en 1969 au jeune capitaine de jeter l'ancre, de mettre pied à terre et d'accepter de nouveaux mandats.Les heures d'exception sont terminées, il faut désormais porter son attention sur les Montréalais, la suite de leur vie quotidienne.Le lardin botanique a un urgent besoin d'air frais.Pierre Bourque ne ressent rien pour le (ardin, aucune sympathie, aucune attirance.C'est trop petit, c'est même un cadeau empoisonné, sent-il confusément: *Une tâche qui va m'enfermer.» Pourtant, contraint et forcé en 1969, il est nommé chef de section responsable des jardins extérieurs au (ardin botanique de Montréal.Le fonctionnaire horticulteur va faire contre mauvaise fortune bon coeur.Il faudra voir comment ce qui n'a pas été un coup de foudre au début est devenu peu à peu un amour total.Les amis et les autres Durant la periode effervescente de l'Expo 67, l'appartement à l'angle des rues Marie-Anne et Berri où vivent Pierre Bourque et Émile lacqmain est une tour de Babel, une société des nations.Montréal ouvre ses portes sur le monde, les deux hommes les ouvrent aux amis.Et aux amis des amis.Avec une grande générosité.Le grand patron des îles vertes n'hésite pas à engager une main-d'oeuvre de tous les pays.Un premier copain de Belgique d'origine tunisienne y installe ses pénates.Son frère le rejoint plus tard, puis un vague cousin.Enfin, l'épouse du premier.Et dans le lot, inévitablement se glisse un roublard sans scrupule.Un exploiteur qui entraîne tout le monde dans l'aventure d'un restaurant qui tourne mal.Quand Pierre, à la fin de ses études, a visité la Tchécoslovaquie invité par un copain de classe, il s'est lié d'amitié avec des gens de Ra-dio-Prague.Lorsque les événements politiques se précipitent à Prague, le frère du copain fuit son pays, passe par l'Autriche avant d'atterrir à Montréal.Il a l'adresse de Pierre.Pierre peut l'aider.Les brebis égarées ont leur berger! Tout s'inscrit dans un grand mouvement d'échange d'idées, d'abolition des frontières, de fraternité.Comment ne pas concilier humanisme et botanique?La majorité de ces jeunes trouvent du travail à Terre des Hommes.L'appartement de Pierre est un peu leur plaque tournante.On s'installe un temps, après on prend son envol.On doit s'attendre à de joyeuses fêtes! Des retrouvailles entre copains d'études, des discussions politiques animées.Pierre Bourque se réfugie le plus souvent possible dans sa chambre pour retrouver la paix et ses chers livres.Ce n'est pas lui qui initie les soirées a-nimées, les grandes bouffes où couscous et vin rouge contribuent à réchauffer l'atmosphère.Mais il y participe.L'écologie, le retour à la terre, la religion, la philosophie, tous les sujets y passent, entraînant ces bâtisseurs d'un monde nouveau, ces horticulteurs enflammés jusqu'aux petites heures du matin.Dans son désir de partager, chaque fois qu'il en a l'occasion, Pierre Bourque entraîne ses amis.Un jour, ils sont allés au parc Lafon-taine entendre le chef du Rassemblement pour l'indépendance du Québec, Pierre Bour-gault.On va applaudir la chanteuse Pauline (ulien.Il leur montre le pays, jusqu'à Québec, jusqu'en Abitibi pour retrouver l'oncle Ernest, chasser avec lui; il leur fait prendre le pouls de ceux qui représentent la souche profonde, dure, l'idéalisme, la sauvagerie.Entre les mots de Félix Leclerc et les images réelles du pays, c'est sa manière à lui de se raconter.Une visite surprenante Un après-midi, ils sont trois à l'appartement.On sonne à la porte: \u2014\tPolice! Ouvrez! Ils se regardent ébahis.La porte est ouverte brutalement, une arme braquée sur eux: \u2014\tCollez-vous au mur, mains en l'air! Les copains s'exécutent, il semble que ce ne soit pas le temps de discuter.Deux policiers vont d'une pièce à l'autre dans l'appartement, le troisième surveille.Au bout d'un moment qui parait une éternité, il les fait asseoir, collés les uns aux autres, au salon.Ils sont muets, cloués par la surprise et une peur viscérale, primaire, devant la force, devant l'arme.Le policier qui fouille la chambre de Pierre Bourque à la recherche sans doute du Petit Livre rouge de Mao ramène, titres confondus, dans le désordre de son ignorance.Racine et Pouchkine.Dans l'autre main, il tient un fusil de chasse, une carte topographique de la forêt où chasse l'oncle Ernest.11 dépose le tout bruyamment par terre au milieu du salon.Au tour de la chambre du Tchèque: en fouillant ses affaires, ils découvrent un passeport russe.Il y a de quoi faire des histoires avec ça! Ils déposent leur précieux butin une fois de plus sur le plancher.Dans la chambre d'Émile, c'est encore mieux.Bricoleur, il s'est fabriqué un système à partir d'un réveille-matin, d'un bout de bambou, d'une corde qui, actionnée, accroche l'interrupteur, allume la radio! Ils sont sûrs cette fois d'être en présence d'un fabricant de bombes! Et sa soeur qui lui envoie des lettres écrites en néerlandais! Une langue que les policiers confondent avec l'allemand.De là à l'associer au révolutionnaire Cohn-Ben-dit, il n'y a qu'un pas.vite franchi.C'est au tour des affaires d'Abder le Tunisien.Lui, il reçoit des lettres en arabe! Hum.La chasse miraculeuse! Un des hommes trouve des choses étranges dans le congélateur.des poissons! Tout leur est suspect.On fait taper les colocs à tour de rôle sur la machine à écrire.Peut-être la provenance des communiqués du Front de libération du Québec va-t-elle ainsi être éluci-Attcntats.bombes qui explosent dans Lumière sur la grande noirceur Ht NT *.* ucc des boites à lettres surtout, toutes ces conflagrations terroristes étaient suivies de communiqués anonymes expliquant la nature patriotique du geste et exigeant la libération du Québec.\u2014\tVous entendez ce qui se passe dehors?demandent les policiers, certains d'avoir gagné le gros lot.Les sirènes de police s'activent bruyamment, en effet, mais pour autre chose.On leur fait croire que c'est pour eux.La tactique est efficace, les copains n'en mènent pas large.Ils ne doutent pas un instant qu'ils vont être arrêtés! Tout à coup, l'un des policiers, plus consciencieux ou plus soupçonneux, retourne dans la bibliothèque de Pierre Bourque.Il met la main sur une photo qu'il tend aux autres.Regards incrédules, perplexes.\u2014\tC'est quoi ça?\u2014\tVous ne le reconnaissez pas?Les policiers n'en croient pas leurs yeux, mais ils doivent se rendre à l'évidence: ils viennent de reconnaître, photographié en compagnie de Pierre Bourque, monsieur le maire (ean Drapeau.Quelques téléphones, un peu de brouhaha, de vagues explications, de plus vagues excuses.et c'est la retraite en douce.Sauvés in extremis par Jean Drapeau, les trois copains encore sous le choc ont récupéré leurs effets et compris que tout peut arriver, que tout peut basculer, que les sociétés ne sont jamais à l'abri des abus de pouvoir.Pierre Bourque prend conscience brutalement des dangers de l'extrémisme: «Ma vie doit être respectée bien avant l'idéal du pays.C'est peut-être un mauvais calcul, mais c'est le mien.Les idéologies ont été trop souvent aberrantes.On n'est jamais à l'abri de la violence.Il faut vivre en restant conscient de cette fragilité.» Les leçons personnelles La vie n'a tout de même pas été si difficile pour lui jusqu'à maintenant.Rien des drames et des tourments que traversent plusieurs, seulement des difficultés courantes, les luttes ordinaires, la survie par le travail, la recherche d'un certain bonheur.Il rêve de voyages, il se sent appelé vers d'autres rivages, le pays a déjà ses frontières.Souvent le souvenir de ses annees d'Europe lui apporte des bouffées de regrets.Il n'a pas tout vu.Il sait combien de torrents, de paysages il lui reste à découvrir.Mais le quotidien est là, assez prenant du reste.Comment y échapper?¦ Yves Gingras en a marre d'entendre parler de la «grande noirceur» d'un Québec qui aurait été replié sur lui-même durant un demi-siècle, ne produisant que des prêtres, des notaires, des avocats et des médecins et qui aurait été dirigé par des curés réactionnaires.L'historien des sciences à l'UQAM, vient de publier Pour l'avancement des sciences, chez Boréal, une histoire de l'Acfas (Association canadienne-française pour l'avancement des sciences), laquelle incidemment vient, de célébrer son soixante-dixième anniversaire.11 est formel: la Révolution tranquille, tout comme la réforme scolaire, ne date pas de 1960.Elle a commencé au moins 30 ans plus tôt et Marie-Victorin, le père de l'université moderne au Québec, en a été l'un des plus brillants initiateurs.Bref, on a récolté en 1960 ce qui avait été semé dès 1930.Déjà co-auteur d'une Histoire des sciences au Québec et d'un autre ouvrage intitulé Les origines de la recherche scientifique au Canada, tous deux également publiés chez Boréal, Gingras s'en prend aux ouvrages qui, comme l'Histoire des idées au Québec de Georges Vincenthier, affirme que du début du XXe siècle jusqu'à l'incontournable Refus global (1948), les idéologies véhiculées par la pensée québécoise seront toutes réactionnaires: du corporatisme des semaines sociales à la tentation du facisme européen, en passant par l'intellectualisme mystique et moyenâgeux de La Relève jusqu'au populisme d'un Claude-Henri Grignon.Gingras, en étudiant et rédigeant l'histoire de l'Acfas s'est aperçu que les revendications des scientifiques francophones \u2014et au premier rang celles de Marie-Victorin\u2014 révèlent une vision moderne et urbaine du Québec, vision bien éloignée de cette description apocalyptique et présentée comme unanime.Le Québec a toujours été une société pluraliste, formée de plusieurs groupes sociaux, lesquels ayant des conceptions et des intérêts souvent divergents sinon opposés et qui, chacun à sa manière, tentent d'orienter l'avenir de leur société.C'est d'abord la Société de biologie de Montréal, créée en 1922 pour l'étude et la vulgarisation des sciences biologiques, le développement des travaux de recherche et l'établissement de rapports scientifiques entre les biologistes canadiens et étrangers.L'idée de rassembler ainsi ses forces pour mieux faire avancer des expérien-\" ces encore balbutiantes va stimu-; 1er la création de plusieurs sociétés du même type.Le caractère commun à toutes ces associations est qu'elles visent simultanément la vulgarisation et la recherche spécialisée.Leurs promoteurs sont convaincus que, pour créer une communauté scientifique francopho-; ne, il faut assurer l'éveil des voca-i tions scientifiques en faisant connaître la contribution des diverses disciplines à l'avancement des connaissances et de la société, et stimuler la recherche par la discussion collective des activités de chacun, qu'il soit professeur ou étudiant.Déjà, en 1920, on déplorait l'absence des Canadiens français dans les carrières scientifiques.Le premier président de l'Acfas, Léo Parizeau, affirmait dès 1924, que seule la maîtrise des sciences peut apporter à un groupe ethnique l'indépendance économique et la fierté qui en découle.Ainsi, la culture des sciences nous apparaît comme une des conditions les plus essentielles de notre survivance, disait-il déjà à l'époque.Si nos anciens collèges classiques firent preuve d'une résistance réelle a l'enseignement des sciences, du moins jusqu'aux années 50, Gingras louange les Cercles des jeunes naturalistes, les Frères des écoles chrétiennes (communauté à laquelle le Frère Marie-Victorin et le Frère Robert, premier véritable astronomicien québécois) et le Mont-Saint-Louis, première pépinière francophone d'ingénieurs et de scientifiques francophones.Même chose pour l'Académie commerciale de Québec, une autre école des Frères des écoles chrétiennes.C'est tout au mérite d'Yves Gingras de faire connaître une nouvelle façette de notre histoire collective.O POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES; MIS-TOIRE DÉ L ACFAS 1923-1995.Yves Gingras Editions du Boréal, Montréal, 1994.272 pages.22.50$ Le roman d'espionnage, un grand oublié PIERRE VENMAT ¦ Ils sont rares, ceux qui se souviennent de |.Brochet.Même son nom de plume, |ean Bruce, est en voie d'être oublié.Et pourtant, dans les années 50, c'est par milliers que ses romans, mettant en vedette OSS 117, se vendaient.À l'époque, jean Bruce était le numéro un du roman d'espionnage français aux Presses de la Cité.Avant lui, il y avait Pierre Nord (de son vrai nom A.Brouillard).Par la suite, il y eut Claude Rank (pseudonyme de C.Darville), Paul Kenny et bien d'autres.Et depuis les années 70, le prolifique Gérard de Villiers et ses SAS, chez Pion.\tW7M ESSAIS\t Espionnage de Fleuve Noir, n'est plus l'ombre d'elle-même, ses auteurs vieillissent, ne se renouvellent guère et puis il y a eu, là comme ailleurs, les effets de la chute du mur de Berlin.Faudra sans doute que les espions se recyclent dans la lutte à la drogue ou l'espionnage industrie*!.Reste que présents dans toutes les gares, les kiosques à jurnaux, encore plus que dans les librairies, les SAS se vendent encore à environ quatre millions d'exemplaires par année.Outre Georges Siménon et ses Maigret, qui peut prétendre à de tels chiffres dans l'édition française?Et pourtant, comme le note Paul Bleton, professeur à Télé-Université, une constituante de l'Université du Québec, dans le premier des ouvrages de la nouvelle collection Études paralitté-raires de l'éditeur québécois Nuit Blanche, noyé dans le roman policier lorsqu'on le répertorie ou qu'on cherche à décrire les habitudes du lectorat, snobé par les lecteurs de polar ou de suspense, et repoussé par les encyclopédiques, le roman d'espionnage, du moins celui écrit en français et par des auteurs français, semble inévitablement voué à l'ombre.Les |ohn le Carré, lan Fleming et Richard Ludlum jouissent en France de plus de prestige que les auteurs français.Comme l'écrit Bleton, dans son ouvrage intitulé Les Anges de Machiavel.qui se veut un essai sur le roman d'espionnage, «à la bourse de la valeur des genres, l'espionnage ne vaut pas tripette; il subit la double dévaluation de faire partie de la littérature de grande consommation et de se situer plutôt au bas d'une échelle des genres paralittéraires.Alors que le fantastique, avec sa longue tradition romantique, puis le policier et la science fiction conquéraient une respectabilité fragile mais bien réelle, le roman d'espionnage fait encore figure de minus habens.Certes légitimé par ses tirages, le roman d'espionnage n'a toutefois guère meilleure réputation que le porno, mettant souvent en scène le sexe et la violence, mais sous l'hypocrite parapluie de la Raison d'État.Paul Bleton constate que depuis 1965, on assiste à une baisse, régulière et importante, des tirages (sauf ceux de SAS).Le roman d'espionnage, afirme-t-il, disposait pourtant d'un potentiel de renouvellement: commentaire de l'Histoire immédiate, en une période qui ne fut pas avare de rebondissements internationaux de toutes sortes, son matériau de base semblait inépuisable.Les tirages sont néanmoins impressionnants encore, même si l'espionnage de fiction se résume presque, en ce qui concerne la production française, à la «SAS-Industrie» et au beau prince Mal-ko, mercenaire autrichien au service de la CIA.«SAS vend de l'exotisme, dii dépaysement.Aucun roman ne se déroule en France, peu de pays sont visités plus d'une fois par le sérénissime barbouse.En guise de confirmation, la liste des titres déjà parus, comme autant de visas sur le passeport de l'espion fortuné».\t! Le roman d'espionnage, produit en série, provient de la culture populaire des années cinquante.Il est aussi héritier de la tradn tion de l'aventure exotique dans la littérature populaire antérieure, alors que les déplacements vers des pays lointains étaient beaucoup moins faciles.En outre, il s'est alimenté de la volonté du public de comprendre la complexité du monde à travers des catégories simples: «Où l'espion comme fondé de pouvoir du lecteur délégué pour passer dé l'autre côté des apparences, par-tout où l'Occident peut être menacé, y perdre assez de plumes pour amener le frisson, et revenir fourbu et consterné.L'exotisme est largement un leurre: le lec-teur n'a finalement pas à regretter tous ces voyages qu'il n'aura pas eu les moyens d'accomplir».» LES ANGES 0\u20ac MACHAVEL; ESSAI SUR LE ROMAN 0 ESPIONNAGE.Paul Bleton Nurt B»*v et* Editeur Ouefcac.1994 5S4 pages LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 29 MAI 1994 \u2022 B7: Livres En quelques lignes.\\lr\\an Dumas AIN TONY Chef-d'oeuvre oublié audelaire a déjà écrit que, si La Divine Comédie de Dante était si célèbre, c'est que tout le monde en \u2022\tconnaissait le titre sans pourtant l'avoir lue.On pourrait le paraphraser en parlant d'Antony, fameux drame romantique d'Alexandre Dumas qui a connu, lors de *\tsa création en 1831, un stupéfiant succès populaire grâce à son audace d'écriture, à sa mise en scène haletante et à son sulfureux parfum d'obscénité qui lui valut la censure.Aujourd'hui, on comprend .mal pourquoi cette histoire d'adultère a pu soulever les passions.Donnons vite la trame: une aristocrate, mariée à % un colonel, est la maîtresse d'un homme sans nom qui est prêt à tout pour elle.Au moment où les amants sont surpris par le militaire cocufié, Antony tue la belle Adèle et, pour laver son honneur, lance cette phrase d'une abnégation toute romantique qui lui vaudra l'échafaud et la honte: «Elle me résistait, je l'ai assas- sinée!» La plupart des drames romantiques mettaient en scène des personnages tirés de l'histoire ( Hernani, Mario de Lor-me, Cromwell de Hugo, Henri III et sa Cour, Christine, La Tour de Nesle de Dumas ) alors qu'Antony raconte le drame de contemporains des spectateurs de l'époque, fait observer ).B.Goureau, qui signe une remarquable préface.On se cos-|.tumait comme Antony, on se prenait pour lui, d'où la censure.Ne serait-ce que pour comprendre l'importance qu'a eut le théâtre pour les romantiques, alors qu'on se rappelle seulement aujourd'hui de quelques-uns de leurs romans, la présente réédition est pleinement justifiée.Rudy Le Cours ANTONY, Alexandre Dumas, préfacé de J.B Goureau (XXXVI pages).La Petite Ver-millon.Paris.1994.153 pages.11.50$.La franc-maçonnerie au féminin lus de 40000 livres ont été écrits par des initiés sur la franc-maçonnerie; à peine quelques lignes mentionnent les femmes qui ont investi l'ordre il y a plus d'un siècle et qui représentent maintenant 17000 de ses 95000 membres.Pourtant dès 1721, le pasteur Anderson, chargé de rédiger la charte de l'ordre, affirmait que «les esclaves, ies femmes, les gens immoraux ou déshonorés» en étaient exclus.C'est donc de haute lutte que les femmes ont du conquérir leur place \u2014discrète mais influente\u2014 au sein de la société, et ce, malgré les détracteurs de la mixité qui forment la majorité des maçons.Encore aujourd'hui Le Grand Orient et la Grande Loge de France leur refusent l'initiation et les femmes ne se retrouvent que dans quelques obédiences mixtes ou essentiellememt féminines.Karen Benchetrit et Carina Louart, deux journalistes qui ne font partie d'aucun ordre, relatent dans un ouvrage absolument passionnant les différentes étapes de leurs conquêtes et «complètent» ainsi un des chapitres les plus méconnus de l'histoire de la société secrète.Elles ont également rencontré plusieurs francs-ma-çonnes afin de connaître leur profil sociologique, leurs motivations ainsi que les raisons de leur engagement.De plus, et cela va plaire à plusieurs lecteurs curieux, elles soulèvent un voile sur l'univers secret des loges, le recrutement, les procédures d'admission et les rites initiatiques.Le portrait qu'elles dressent des « soeurs de la lumière » permettra aux profanes de démystifier certaines idées reçues qui circulent â leur sujet, et de se familiariser avec un ordre qui tend de plus en plus à devenir « une institution universelle où la femme sera l'cgale de l'homme.Un laboratoire de la société future et idéale.» Dominique Paupardin LA FRANC MACONNERIE AU FEMININ Karen Benchetrit et Carina Louart Betfond, Pans 1994 540 pages Les initiales du bonheur elon Ronald Royer, les lettres de l'alphabet ont une signification historique et symbolique qui leur est propre.Estimant que les initiales, écrites en lettres majuscules, marquent notre identité et influencent notre destinée, il conseille d'accorder une importance particulière aux prénoms que l'on choisit pour nos enfants.Dans la première partie du livre, l'auteur aborde chacune des lettres individuellement, ce qui permet au lecteur de consulter facilement les sections qui l'intéressent.Nous apprenons ainsi que certaines lettres ont une influence plus positive que d'autres.C'est le cas, notamment, des A, E, I, M, P et S.Mais on ne peut en dire autant des D (!) ou des F.Pour affiner le portrait de la personne concernée, il faut considérer les deux initiales, rappelle M.Royer.Les minuscules ont également leur mot à dire, même si elles dépendent étroitement de leur chef de file, dit-il.L'initiale livre un aperçu global de la personnalité des individus, tandis que les autres lettres fournissent des renseignements complémentaires permettant de mieux la cerner.[Ronald Royer Les initiale$ m Dans la seconde partie, beaucoup plus courte, l'auteur explique comment étudier le nom et le prénom dans leur ensemble.Danielle Bonneau LES INITIALES DU BONHEUR.Ronald Royer.Les Editions de I Homme, Montréal, 1994.224 pages.16.9SS.Après .Coups! Les Coups de théâtre se terminent aujourd'hui.Mais il est possible d'en retrouver la chaleur, sous la couverture.de deux romans.Tout d'abord.Les Péripéties de P.le prophète, de Christia-ne Duchesne.On y rencontre P.le prophète et le général jo-nas, qui sont à la recherche de Marie-Ursula, la bonne en chef de l'empereur Prokov.I hiioe Dubc Fais un voeu, Nazaire! ; -/¦\u2022\u2022'¦IT T^' I fc-/ ./» jT ! 1 O .1\tK.\u2014' V ' / .\u2022 * » .-.^y&Kjl^t&Lrâ ->.-; / /\tG i m* ^r- \u2022s____f * ta.icutïc Jf.¦V K V ÈM Créé durant les Coups de théâtre, ce texte a été diffusé sur les ondes de Radio-Canada.Pour les besoins de la cause, Christiane Duchesne a donc imaginé un univers plus.ra-diophonique que celui dans lequel évoluent Clara Vie, Victor et Bébert.Moins poétique, moins sensible, mais tout aussi fantaisiste.Et très dynamique: l'action déboule; les gens aussi, parfois.lasmine Dubé, qui a signé le texte de Pierrette Pan, ministre de l'enfance et des produits dérivés (créé durant les Coups de théâtre) vient pour sa part de publier un roman tendre et doux: Fais un voeu, Nazaire! Le voeu en question, c'est d'avoir un bébé à la maison.Et il est d'ailleurs en voie d'être exaucé, quand le gamin apprend que sa maman a perdu le «bébé qu'elle avait dans le ventre».Mais où l'a-t-elle perdu?Ce court roman illustré par Sylvie Daigle mérite d'être connu entre autres des tout-petits, ceux qui ne lisent pas encore.Sonia Sarfati LES PERIPETIES DE P LE PROPHETE.Christiane Duchesne Cultiver Jeunesse.OuebecAmerique.Montréal.1994.153 pages 7 95 S â M > ¦ ' I H| m m m » > * t> Tfer- ma '.; tSi \u2022 m ¦i »»' Jr I \u2022m * - m m m as 1 fp^i f s ri « Quarante ans de complicité employés de banque, quoi ! On avait affaire à ce qu'on pouvait imaginer quand on était au collège, à des espèces de.il y a un mot que j'adore.Rochefort \u2014 Des dilettantes.Morlelle \u2014 Des dilettantes! Il y avait une sorte de dilettantisme magnifique au Conservatoire! Et les grands dilettantes, c'est toujours vachement intéressant! D'ailleurs, les professeur ont m abandonné.Même les mecs qiii maintenaient un semblant de discipline, avec Belmondo et nous tous, là, ils ont abandonné.J'ai vu mon professeur se mettre à genoux devant Cremer pour lui demander de passer ses scènes! Belmondo, je l'ai rencontré à la terrasse du Capoulade, en me baladant.l'avais un chapeau.J'avais vu des photos d'écrivains qui se déguisaient en Dashiell Hammett et je m'étais dit : «Tiens, je vais me déguiser en héros de la Série noire.» On dirait un film de Godard.Je m'étais mis un imper et un chapeau de mon père, et Belmondo a dit: «Qu'est-ce que ce nul?» On a fait connaissance comme ça.Et je me suis dit : «Tiens, voilà un garçon qui va tourner dans dix ans À bout de souffle avec Jean-Luc Godard» Ha, ha, ha.Rochefort \u2014 Je crois que vous ameniez un ton.Je crois vraiment que c'était la fin d'une période, le début d'une autre, et je crois \u2014 toute modestie gardée \u2014 que nous nous sommes «humés».Morlelle \u2014 On tournait dans des films rigolos, sans vraiment lire les scénarios.On jouait dans les petits théâtres de la rive gauche, enfin, moi, c'était comme ça.C'était plutôt très agréable! Le fait d'aller à l'école de la rue Blanche, c'était aussi anodin.C'était gratuit, il fallait juste passer le concours.Un mois après, on m'engage pour aller jouer La nuit des héros au Maroc.L'année d'après, je me présente au Conservatoire, pris comme élève, premier, d'entrée: «Ah bon merde!» Tout s'est fait comme ça, facilement! Ce n'est pas un discours qu'on entend beaucoup aujourd'hui de la part des jeunes acteurs.Lyle Lovett «jg e n'ai jamais pu supporter ma V tète.C'est la raison pour laquelle j'ai commencé à me coiffer d'une manière aussi farfelue.Je me disais qu'on repérerait surtout mes cheveux, et que, par conséquent, on ne ferait plus -attention à mes traits.» Clamour Les petits\tmatins ¦ Tout comme bien des femmes, la star\tchain film au Japon.Il s'agit de Pillow la plus sexy de Hollywood, Sharon Sto-\tBook.une adaptation contemporaine ne, n'a pas trop bonne mine au sortir du\td'un livre du dixième siècle narrant les lit.On rapporte que l'héroine de Basic\taventures érotiques d'une geisha.Instincts.incapable de rentrer dans son\tB Vingt-sept ans après Le bal des vampi- propre studio aux petites heures du matin\tre5# Roman Polanski fera revivre la célè- y LES MOTS BONNE RENOMMÉE VAUT MIEUX OUE CEINTURE DORÉE \u2014 La réputation se fonde sur le mérite personnel et non sur la possession de biens qu'on pourrait avoir acquis par chance ou actions répréhensibles.Pop-corn Nous savons tous que Tarzan a craqué pour Jane, mais vous rappelez-vous qui étaient les amoureuses des personnages de bande dessinée suivants?I.Donald Duck 2.Supcrman 3.\tPopcyc 4.\tMickey Mousc 5.\tDick Tracy 6.\tDagwood 7.\tFrcd Flintstonc 8.\tLi'l Abncr 9.\tArchic 10.Hagar a ) Minnie b ) Blondie c ) Helga d ) Daisy Mac e ) Wilma f ) Veronica g) Olive Oyl h ) Lois Lane i )Tess Truehcart j ) Daisy îq-z ;f-l \u2014 S3SNOclHM parce qu'elle en avait par erreur verrouillé la porte après l avoir quitté pour un instant, appela un gardien pour qu'il lui vienne en aide: celui-ci ne la reconnut pas! ¦\tMacaulay Culkin, dont le père.Kit.est devenu en gérant la carrière de son fils d'une main de fer une des personnalités les plus détestées de Hollywood, vient de tourner Gctting Even With Dad.Son personnage s'y livre à un chantage sans merci contre son escroc de père pour le ramener de force dans le droit chemin.Macaulay enchainera avec Richie Rie h.un film adapté d'une bande dessinée qui raconte les aventures du petit garçon le plus riche du monde.¦\tferry Seinfeld a réussi à convaincre le pere de sa dulcinée, la jeune Shoshanna Lons-rein, de la laisser passer Icté avec lui dans sa demeure de Hollywood.Papa Lonstein s'est rendu expressément de Washington à Los Angeles pour inspecter le logis du comédien de 39 ans, et Jerry en a profité pour lui faire visiter les principales attractions touristiques de l'endroit.Devant toutes ces attentions.Papa a été incapable de dire non.¦\tMadonna et son amie Rosic Perez déjeunaient dans un café de San Francisco, lorsque la première déclara soudain à la seconde: «Tu sais, pour une actrice, tu manges comme un cochon!» Il n'en fallut pas plus pour que Rosic lance sa salade César au visage de Madonna, qui riposta en lui décochant son ravioli.Et lorsque le maitre d'hôtel, averti finalement par la serveuse médusée, arriva sur les lieux, le combat avait cessé.faute de munitions.¦\tPeter Creenaway tournera son pro- Ha I Sharon stone bre héroïne du conte de Perrault dans une comédie satirique.¦\tAprès avoir fait un enfant (une fille prénommée feanne\\)% Sandrine Bonnai- re et William Hurt vont à nouveau tourner ensemble.Un premier film réalisé par Georges Bardawil.ancien assistant de Carné et Deray.Confidences à un inconnu est une histoire tiree d'une nouvelle russe.En 1905, une jeune femme soupçonnée d'avoir tué son mari et qui, partagée entre un révolutionnaire et un aristocrate, a pour confident un inconnu rencontré dans la rue.¦\tQuinze ans après Le tambour.Volker Shlôndorff s'apprête à retrouver l'acteur David Benncnt pour un film sur Toulouse-Lautrec, qui sera tourné en France et aux studios Babelsberg, à Berlin.¦\tMichael Jackson emploie à temps plein dans son ranch de Nc-verland Valley quatre personnes dont la seule fonction est d'empêcher les chevreuils d'envahir ses parterres de fleurs.¦\tCharlotte de Turc-kheim sera Ma rie-Antoinette dans lefferson in Paris, le prochain film de famés lvory\\ Lambert Wilson y tiendra le rôle de Lafayette.Le film se concentre sur les années parisiennes de Thomas lefferson, deuxième président des États-Unis.¦\tDix-huit ans après Que la fête commence.Patrice Leconte envisage de réunir le trio du film de Bertrand Taver-nier ( fean-Picrre Mariette, Philippe Noiret, fean Rochefort) pour La tournée des grands ducs, l'histoire de trois comédiens de théâtre en tournée.Sources: A P.AFP.Studio.Star.Globe L'argent pour rire.i* gens d'argent et ceux qui les juentent ont parfois des trésors d'humour.En voici quelques exemples tirés de Book of Business Anecdotes, de Peter Hay, Editions Wings.\u2022\tLes deux règles d'or de Warren Buffet, un investisseur américain particulièrement avisé: la première, ne jamais perdre d'argent.La deuxième, ne jamais oublier la première.\u2022\tEn cas de crise, certains savent raison garder, comme Henry David Thoreau qui fit un séjour en prison pour non-déclaration d'impôts.Une de ses relations vint le voir en cellule.\u2014\tBon Dieu! Qu'est-ce que vous faites-là en prison?lui demanda-t-il.\u2014\tRien d'imposable, répondit le prisonnier.\u2022 Willy Brandt s'était amené en Israël pour donner une conférence à l'auditorium Mann de Tel Aviv.Aussitôt arrivé, l'ex- chancclier félicite le maire d'avoir donne à cette salle le nom du célèbre écrivain allemand Thomas Mann.L'hôte, plutôt embarrassé, rectifie qu'il s'agit non de Thomas mais de Frédéric Mann, généreux donateur.\u2014\tMais qu'a-t-il donc écrit?demanda Brandt.\u2014\tLe chèque, répondit le maire.\u2022\tÀ peine Woolworth ouvrait-il son premier grand magasin à New York qu'un commerçant de la même rue faisait inscrire dans sa vitrine: «Ici, cinquante ans de tradition!».Le lendemain.Woolworth faisait inscrire dans la sienne: «Maison fondée cette semaine.Pas de vieux stocks!» \u2022\tAlexandre Dumas était assez prodigue en formules assassines.Un homme vient lui demander un jour un peu d'argent pour un enterrement.\u2014\tQui est-ce donc qu'on enterre?demande l'écrivain.\u2014\tL'huissier du quartier.\u2014\tCombien coûte l'enterrement?\u2014\tVingt-cinq francs.\u2014\tPrenez ces cinquante francs et enterrez-en deux! \u2022\tTout en passant le cordon de la Légion d'honneur au cou d'un riche homme d'affaires qui avait pourtant largement contribué à son élection, Georges Clémenceau lui aurait soufflé: «Voici la décoration que vous désiriez.Vous n'avez plus maintenant qu'à la mériter.» \u2022\tIgor Stravinsky se vit un jour offrir 4000 dollars pour écrire une musique de film.\u2014\tCe n'est pas assez, dit le compositeur.\u2014\tC'est ce que touchent habituellement les musiciens, repondit le producteur.\u2014\tCeux qui ont du talent.Moi,Je n'en ai pas.C'est donc beaucoup plus difficile pour moi, répliqua Stravinsky. LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 29 MA11994 B9 Ligne d'information FAMOUS PLAYERS 866 0111 de 11hOO A PPhOO CENTRE EATON 705Ste-Catherinc 0 PARISIEN 480 Ste-Cathntine O PALACE 698Ste Catherine G FAMOUS PLAYERS 8 1 ?é* ISbhojl HymmiPonif Claire)_697-8095 LOEWS 954 Ste-Cathcrine 0 CINEMA DU PARC 3575 ave.du Parc DORVAL 260ave.Dorval LAVAL 1600 Le Corhusier GREENFIELD PARK 519 boni.Taschereau VERSAILLES Place Versailles ICÊNTRE EATON \"W1 I FAMOUS PLAYERS 8 JJ7^ I CINEMA DUPARC14444701 DORVAL\tI VERSAILLES »«}» I CENT RE LAVAL I COTELES-NEIGES yp Dorv»\tW g PUc» Vrfn.lt#« w -y e: The incident\t\t\t\tCBS News\tStarSearch (23h15) ®\tBroadcast New Yo?t\tNBCNews\tStar Trefc Deep Space tfme\t\tSeaquestDSV\t\tMovie: White Hot The My3tenous Jèjrder of Thetaa Todd.\t\t\t\tThe Untouchables\t\u2022 O\tThe Wagjcal Worid of Drcney\t\tThe Road To Avontea\t\tMovir.Uncfe Buck.\t\t\t\tSunday Report\tVenture (22h25)\tSunday Night\t-r\u2014 WeekendNews(23h29) O\tLe TVA\tDocteur Doo^e\tOnema du dimanche: Urgences.\t\t\t\tRobert Bourassa: les Québécois 1990-1991\t\tL'Evénement\t\tLe TVA/Sports\tLotto(23h37) ot\tLe TVA\tDocteur Doogie\tOoMiii du jimanch».Urgences.\t\t\t\tRobert Bourassa: les Québécois 1990-1991\t\tL'Événement\t\tLe TVA/Sports\tLotto (23h37) o\tNewstae\tDonoùue's Legends\tAm.Fun.Home Videos\tAm.Fun People\tLois & Clart New Adventures ol Supeman\t\tMovie: Yoimg CiMne (Ire de 2, wHe demain 21b).\t\t\t\tCTVNews\tLLflktCu regnane ®\tM-A \"-Pn filin news o New tngiano\tABC News\tA.ti Fun.Kofix Videos\tAm.Fun.People\tLois i Ctarte New Adventures of Superman\t\tMovie: The Case of The Aa-SUr Asaassm.\t\t\t\tNews 8 New England\tCrusaders œ\tTéléjoumal/Découverte\t\tSurprise sur prise\t\tLes Beau Dimanches: L'Homme de rêve.\t\t\tSur invitation (21h40)\tTéléjoumal (22h10) Scufy rencontre\t\tSports\tCinè-dub (23h35) CD\tLe TVA\tDocteur 0009e\tCfVffla du dimanche: Urgencts.\t\t\t\tRobert Bourassa: les Québécois 1990-1991\t\tL Evenemert\t\tle TVA/Sports\tLotto (23h37) Œ)\tPube\tTnvei Trjvei\tAm.Fun.Ho«* Vidtosj Am.Fun.Peoçte\t\tLois & Oait New Adventures o( Superman\t\tMovir.Young Catherine (1re de 2, suite demain 21h).\t\t\t\tCTVNews\tPuise Œ)\tTèléjoumal/Découverte\t\tSurprise sur prise\t\tLes Beaui Dimanches: L'Home de rte.\t\t\tSur invitation (21 MO)\t[Tétéjoumal(22h1Q)\tScufly rencontre\tSports\tGné-dub(23h35) (D\tNord-Sud\tLa Dictée PGL\t\t\tIl r nf i imi n Montagne\tMedeoos apprivotsee\tVivement.: Franco présente Luce Dufault.\t\tI JaudeMtt:J.GPR AIStars(22h05)\t\tToutes couleurs: Gérard Fromanger (23h10).\t ©\tABC News\tPub\tAm.Fun.Home Video* j Am.Fua Pwpli\t\tLots & Ctart New Adventures o< Supeiman\t\tMovie: Lean On Me.\t\t\t\tSiskei&Ebert\tHBO Conedy Hour % Œ\tLes Twist\t\tDnanche dassiqur Beethoven.\t\tSymphonie concertante Musique (2Qh20)\t\tCkhMUtft: Vivre sa vie.\t\t\tPanorama\t\t Œ\tUSS WîsconM\tThe Americar Expenence: D-Day.\t\t| National Memonai Day Concert\t\t\tThe Masterpiece Theat/r: A Pertçct Haro (1re de 4).\t\t\tI Tâftesin\twysrery : uevtces ano uesaes.\u2022 1\t \u20acB\tAutovtsiofi\t| Murpby Brown\t?te écrit au meurtre\t\tLes Routes du parafe\t\tCinéma: Farrlit ir.mto^f\t\t\t\tLe Journal (23h07)\tI Sports Ptus(23h37) \trii ii ¦ 1.1 «Éir u.iosnrwe»\t\tNabonal Geography Bet (1994)\t\tAmerican Expérience: D-Day.\t\tChalenge To America: The Culture of Commerce.\t\t\t\tMovie: The Je*.\t \tLtcotedes?.^ MageSan (18K4S)\t\t| La Journal télévisé\tVision 5 (19h3T)\t7 sur 7 1\t\tExHfcns: L'Aventure à coeur perdu.\t\tSooobidou\t\tLe Cercte de mmwt\t ©\tFn\t\t| Musique Vidéo\t\tMusique Vidéo\t\tZone X: le Buzz de la passion.\t\tOuébecPfus\t\tMusique Video .* I\t 2J2\tGoMdetaPGA(17h30)\t\t| Sports 30\tQueîtoo de sport\tChampcnnat canadien de nage synchronisée\t\t».1 -r-l B-.ii-lx.u tir nui bpecsai ooxr norynew vs moorer.\t\t\t\tSports 30\tI Formule 1 d'Espagne ED\tUs Hommes M» ne sa** pas mm\t\t\t\t1 Mepme su trtounai\t\t\tjstver (21*30\t\t\tLa Note t*oe (23*25)\t \tScent 0( A Woman (ItHIS)\t\t\t\t\t\t| Spihting Hcirs\t\t\tVoyage\t\u2022i* * * ¦\t a t » » B 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 29 MA11994 COTE-DES-NEIGES * 6700.Côte-des Neiges 849-FILM COMPLEXE DESJARDINS Basiliaire 1 849-FILM ___ ASTRE .327-5001 9480.boul.Lacordaire CREMAZIE 849-FILM 8610.rue St-Denis__ DECARIE 849-FILM Décarie, coin Vezina (au sud de Jean-Talon POINTE-CLAIRE 849-FILM 6361.Trans-Canadienne BERRI 849-FILM 1280.rue St-Denis_ EGYPTIEN 849-FILM 1455.rue Peel .BROSSARD 849-FILM Mail Champlain \u2022 6600.boul.Taschercau LE FAUBOURG 849 FILM 1616 ouest, rue Ste-Cathecine \u2022\u2022 TETE A TETE CABARET-THEATRE LES INUTILES LANGELIER Carrefour Lanqelier 255-5551 CARREFOUR LAVAL 2330.boul.Le Carrefour 849-FILM CINE-PARC LAVAL Route 15 (sortie 14) WOYZECK CINE-PARC ODEON 849-FILM Trans-Canadienne (sortie 95) \u2022_' CENTRE-VILLE 849 FILM 2001.Université.Métro McGill OPERA FOU LAVAL 2000 849 FILM Centre 2000 -3195 ouest, boul.St-Martm CINE-PARC ST-EUSJACHE 472-6660 Route 15 (sortie 21 ) __.' :.-.\u2022 LONGUEUIL 849-FILM Place longueuil - 825 p.rue Sl-Laurçnt NOUVEL ELYSEE 288-1857 \u2022 35.rue Hilton (ar>qle Clan une rut au nord de Stitfbroofcc) CINE-PARC ST-HILAIRE 467 0402 Route 20 (sortie 115)_ PLACE ALEXIS NIHON Métro Atwater 849-FILM LE DAUPHIN 849-FILM 2396 est.rue Beaubieo CINE-PARC TRACY Route 30 (sortie 178) \u2022 CONSULTEZ LE CINE-HORAIRE LA PRESSE ET LES GUIDES-HORAIRES CINEPLEX ODEON ET FAM0US PLAYERS 45.Loews (11: 13 h 15.16 h.18 h 45.21 h 25.Dernier spectacle ven.sam.: 23 h 55.Plaza Côte-des-Neiges (2).Sam., dim.mar., merc.: 13 h 35 16 h1 5.19 h.21 h 35; ven.km., jeu.: 19 h.21 h 35.Repentigny (3): 19 h 05.21 h 30; sam.dim., lun.: 14 h.16 h 25.19 h 05.21 h 30.Dernier spectacle sam.: 23 h 30.Versailles (3): 19 h.21 h 40; ven.sam.dim.mar., merc.: 13 h;, 15 h 40.Dernier spectacle sam.: minuitOS.MAVERICK (V F.) Cinéma 6 Boucherville (2).Sam., dim., mar.merc 13 h 15.16 h 20.19 h.21 h 30; ven., lun.jeu : 19 h.21 h 30.Cinéma Chateauguay (2).Sam., dim.mar : 13 h.15 h 45.19 h.21 h 35; ven.lun., merc .jeu.: 19 h.21 h 35 Dernier spectacle ven.sam : 23 h 50 Cine-Parc Chateauguay (3): des 19 h.Cine-Parc Odeon (2): des 19 h Cine-Parc St-Eus-tache (1): des 19 h Cremazie 20 h; sam., dim.: 14 h.17 h.20 h langelie; (5>: 19 h.21 h 30; sam., dim.: 13 h 10.15 h 40.19 h.21 h 30.Dernier spectacle ven.sam : 23 h SO Laal 2000 (2>: 19 h.21 h 30; sam.dim.: 14 h.16 h 30.19 h.21 h 30 longueuil (2): 19 h.21 h 30; sam.dim.: 14 h.16\th 30.19 h.21 h 30 Oméga (1): 19h.21 h 35 sam .dim.: 13 h.15 h 45.19 h.21 h 35.Terrebon-ne (7): 19 h.21 h 30.sam.dim.: 13 h 10.15 h 40.19 h.21 h 30 Dernier spectacle ven.sam.: 23 h 50 MENACE A TROIS Berri (2): 13 h 30.15 h 30.17 h 30.19 h 30.21 h 30 Brossard (2): 21 h 15 Carrefour du Nord (4): 19 h 20.21 h 30; sam., dim.: 13 h 30.15 h 30, 19 h 20.21 h 30.Carrefour Laval (1).Sam., dim.mar., merc.: 13 h 30.15 h 25.17 h 20.19 h 10, 21 h 20; ven.lun.jeu : 19 h 10, 21 h 20.Cinema 6 Boucherville (5).Sam.dim.mar., merc.13 h.15 h.17\th.19 h 30.21 h 30; ven.lun.jeu.: 19 h.21 h 30 Cine-Parc Laval (2): des 19 h.Langelier (1): 19 h.21 h; sam., dim.: 13 h.15 h.17 h.19 h.21 h.Dernier spectacle ven.sam.: 23 h .Terre bon ne (2): 19h .21 h; sam.dim.: 13 h.15 h.17 h.19 h.21 h.Dernier spectacle ven.sam.: 23 h.MINA TANNEBAUM Parisien (5): 12 h 50,15 h 30.18 h 40, 21 h 20.MONTPARNASSE PONDiCHERY Complexe Desjardins (2): 13 h.15 h 05.17 h 10.19 h 15.21 h 20 MYTHE (LE) DE L'ORGASME Laval (3): 16 h 30.18 h 50.21 h OS.Parisien (2).Ven .sam.dim.mar., merc.jeu.: 19 h 10, 21 h 20; lun.: 21 h 20; ven., sam.dim.lun., mar.merc.jeu.: 12 h 40.14 h 50.17 h.MYTH (THE) OF THE WHITE FANC Centre Eaton (5): 12 h 25.14 h 35.16 h 45,19 h 05.21 h 10 Dernier spectacle ven.sam.: 23 h 15.Famous 8(1): 19 h.21 h 10; ven.sam .dim., lun., mar : 12 h 30.14 h 40,16 h 50.NAKED CUN ZV/s Palace (4): 13 h 15.17 h 15.19 h 15.NO ESCAPE Astre (4): 21 h; sam., dim : 16 h 45.19 h.21 h 20.Dernier spectacle ven., sam.: 23 h 40.Pointe-Claire (6): 19 h.21 h 20.NUIT (LA) SACREE Parisien (7): 13 h 30.16 h 10,19 h.21 h 25.PARC JURASSI0UE (LE) Cine-Parc Bromont: des 19 h Cine-Parc Château-guay (1): des 19 h.Cine-Parc Joliette (1): des 19 h.Cine-Parc Laval (4): des 19 h Cine-Parc Odecn (1): des 19 h.Cine-Parc Orford (2): des 19 h.PELICAN BRIEF Cine-Parc St-Eustache (5): des 19 h.PETIT BOUDHA Laval (7): 12 h 40.15 h 25, 18 h 30, 21 h 10.Parisien (4): 12 h 40,15 h 25,18 h 30.21 h 10.Re-pentigny (4): 19 h.21 h 30; sam., dim.: 14 h 05.16 h 20.19 h.21 h 30.Versailles (4): 18 h 30.21 h 15; ven., sam, dim., mar.merc.13 h 05.15 h 45 Dernier spectacle sam.: 23 h 50.PHILADELPHIE Cine-Parc Laval (2): des 19 h.Cineplex Centre-Ville «8»: 16 h.18 h 45.21 h 15; sam.dim.: 13 h.16 h.18 h 45, 21 h 15.PIANO (THE) Palace (1).Ven., sam.dim .lun., mar.jeu.: 21 h 3 NINJAS: KICK BACK Astre (4): 19 h; sam.dim.: 13 h.14 h 50.Ptace Alexis Ninon nfHi)(Q) _ TW1T KELLY LTNTRCPIDEJV francaiseHG) 2e film : ACE VENTURA MENE L ENQUÊTE (v française, (G) GOLDEN GATE (v o anglais*) 1 05 - 3 05 - 5:05 \u2022 7:20 \u2022 9 30 FLIC DE BEVERLY HILLS 3 (LE) (v.française) (13 ans) Digital ' Sam.et Dim : 2:00 \u2022 4:15 -7:15-9:20 Sem : 7:15 - 9:20_ QUATRE MARIAGES ET UN ENTERREMENT (v.française) (G) * I Sam.et D«m : 1:30 \u2022 4 00 , 7.00 -9:15 / Sem.: 7:00 \u2022 9:15 GROSS INDECENCY (v.o.anglaise) (16 ans) * 1:10-3:10-5:10-7:15-915 PIERRAFEU (LES) (v.française) (G) 2e film : JURASSIC PARK (v.française) (G) Laissei-pasaef et coupons IGA refuses 3 NINJAS KICK BACK (v.o.anglaise) (G) * 1 00-3:10-5:15 Le Conseil québécois du théâtre FLIC OE BEVERLY HILLS 31 (13 ans) / 2e Mm : L AGENT h.française) (G) THREESOME (v.o.anglaise) (13 ans) * 7:15-9 20 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 29 MA11994 B-Jï ' A I ^ËSÊBàJ Denis Lavoie lusieurs per-sonnalités seront honnorées lors des cérémonies de collation des grades à l'université McGill, qui auront lieu les 31 mai et 1er juin, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, sauf pour la faculté des sciences de l'agriculture et de l'environnement (campus Mac-donald de Sain te-An ne-de-Belle-vue) et la collation spéciale de l'Hôpital Royal Victoria (salle Pollack).Les personnes honorées sont: le docteur Maurice Mûller, ancien directeur de l'université de Berne; Joseph Martin, chancelier de l'Université de Californie à San Francisco et ancien directeur de neurologie à McGill; Hugh Daubeny, agronome qui a apporté une contribution notoire à l'amélioration génétique des fraises et des framboises; le docteur lohn Beck, endocrinologue et géron- tologue, ancien directeur de médecine à McGill et ancien méde-cin-chef à l'hôpital Royal Victoria ; Helen Glass, infirmière, professeure émérite, Université du Manitoba ; le docteur Robert Fraser, radiologue, ancien directeur de radiologie à McGill ; Ge-rald Kelly, président du collège communautaire Grand MacE-wan à Edmonton; Livio de Simone, ingénieur, qui, peu après voir obtenu son diplôme à McGill, entre chez 3M dont il devint le président et chef de la direction; Morrel Bachynski, homme de science, ingénieur, président-fondateur d'une entreprise oeuvrant dans les lasers, etc.; Alex K.Paterson, avocat dont la carrière est très remplie, puisqu'il a été président du conseil des gouverneurs de McGill; Maxwell Cohen, professeur émérite, ancien doyen de la Faculté de droit; Léopold Si-moneau, chanteur et professeur, l'un des grands chanteurs con- Plus de 600 000 jeunes ont réalisé un texte ou une illustration sur le thème « La famille, une histoire de coeur», un concours organisé par le Mouvement des caisses Desjardins.Parmi les 18 gagnants nationaux, figurent, de gauche à droite, devant: Julie Ducharme, Dianna Lafrenière, Caroline Bergeron, Métissa Samson-Fauteux ; derrière: Jeffrey Cuandique et Laurence Barbe, tous de Montréal.PHOTO ROBERT MAILLOUX.La Presse Centraide du Grand Montréal réunissait récemment les responsables de campagnes de financement en entreprise et les responsables d'organismes communautaires bénéficiaires de leur quête afin de remettre ses prix d'excellence.De gauche à droite: Nicole Plante, des services d'accueil et d'intégration des immigrants l'Hirondelle, prix Agnes-C.Higgins pour l'innovation, l'efficacité et le leadership; Juliette Catelani Corsini, prix Antoinette-Robidoux, pour ses 40 ans de participation à l'oeuvre Moisson-Montréal; Michèle Thibodeau-DeGuire, présidente et directrice générale de Centraide; Pierrette Gélineau, directrice de la Maison des enfants, récipiendaire ex-aequo du prix Agnes-C.Higgins.temporains et premier directeur artistique de l'Opéra du Québec ; Pierrette Alarie, cantatrice et professeure, qui fit une brillante carrière avec son mari Léopold Si moneau; Elie Wiesel, lauréat du prix Nobel de la Paix (I986), humaniste, journaliste, auteur, professeur de philosophie et d'études religieuses à l'Université de Boston.O Dan Bigras participera le 4 juin à un spectacle-bénéfice pour la maison «Québec c'est l'amour.» Cet organisme a pour mission de venir en aide aux personnes aux prises avec des problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie.Le spectacle auquel participeront également Brigitte et les Pierres de Lune, ainsi que M.Soleil, aura lieu le samedi 4 juin, à compter de 19 h 30, au Cepsum de (Université de Montréal), 2100, Édouard-Montpetit, Renseignements: 795-3777.Coût: 20$.Diplômé de l'École de musique Vincent d'indy, il fut au nombre des fondateurs du Studio de musique ancienne de Montréal et deviendra le 1er juin doyen de la Faculté des beaux-arts de l'université\tu'I^T! ' Concordia.Il Christopher D.s'agit de Jackson Christopher D.Jackson, qui a été nommé à ce poste pour cinq ans.11 a déjà fait ses preuves à plusieurs postes administratifs à cette université.Laval est déclarée «championne de l'accessibilité», comme le clame un article du magazine L'intégration, dans un dossier sur ce que font nos municipalités pour faciliter la vie aux personnes handicapées.Renseignements : Office des personnes handicapées du Québec, 309, rue Brock, Drummondville (Québec), J2B 1C5.Tél.1-800-567-1465.Téléscripteur: 1-800-567-1477.Le Fonds de bienfaisance des compagnies Molson vient de faire un don de 5000 $ à Epoc Montréal, organisme qui aide les jeunes adultes à compléter leur scolarité pour se trouver un emploi.C'est Bill Andrews, .qui a remis le Andrews chèque du Fonds de bienfaisance au directeur général d'Epoc Montréal, Mario Pasteris.Marchethon des magasins Zel-lers au profit de la lutte contre la fibrose kystique, aujourd'hui.Départ à 10 h au parc Angrignon pour les marcheurs participants.Le public est invité.Lunchez sur place.Activités diverses en après-midi.Pour les résidents de la Rive-Sud, une marche partira du centre commercial Place Desormeaux, Longueuil (chemin de Chambly).Le marchethon aura lieu au parc Carillon, à Longueuil.li mjb Bill bons ifois L 'activité Vol de I espoir, courte envolée au-dessus de Montréal réalisée au début du mois, a permis de récolter 31 000$ pour Leucan, l'Association pour les enfants atteints de leucémie et autres formes de cancer.Ont contribué à ce succès de I activité instaurée par Roger Millette, directeur général des entreprises Cara: Danielle Oulmet et Patrice L 'Êcuyer ; ainsi que les infirmier et infirmière bénévoles accompagnant les enfants-gagnants, Robert Leclerc et Christine Mlmeault.La troupe de L'Écran humain, aux spectacles bien distinctifs; la ' rencontre cinématographique Vues d'Afrique; et Carrefour mondial de l'accordéon, un nouvel événement, figurent parmi les 34 groupes et organismes québécois bénéficiaires de subventions (366 500$) des Arts du Maurierltée.Fondé en 1971, cette fondation est le plus important organisme privé d'aide au milieu culturel canadien.O Le tournoi de golf de l'Association des gens d'affaires d ' Ah unstic, dont les profits seront versés à la Fondation du Centre hospitalier Fleury et la Clairière, se déroulera cette année sous la présidence d'honneur de Jacc!ues Jacques Du- Duchesneau chesneau, directeur du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal.Coût: 125$.Renseignements: 338-9241.O Un encan de souvenirs offerts par différentes personnalités a permis de recueillir 5610 $ pour le Garde-manger pour tous inc., un organisme qui distribue de la nourriture aux personnes défavorisées.Sous la conduite de l'animateur de radio Michel Desrochers, cette activité- bénéfice fut des plus agréable.La Fédération des enseignantes et enseignants de commissions scolaires du Québec a souligné récemment la réussite de cinq de ses membres.Ces enseignants ont en effet remporté ^^^^ une bourse de Marce| la Fondation\t.Hilroy.Deny- «-eblond\t.se Gagnon-Messier et Ray~ mond Forget, de la Commission scolaire Saint-Jean-sur-Richelieu et Des Rivières, ont été récompensés pour leur conception d'un rapporteur d'angles; Nicole Grondines-Ducharme, de la Commission des écoles catholiques de Montréal, est récompensée pour sa série de petits livres de lecture pour les analphabètes; Marcel Leblond, de la Commission scolaire de Lévis-Belle-chasse, a créé une banque de données informatisée sur les mammifères québécois et Yves Waddell, de la Commission scolaire Sainte-Thérèse, a conçu un projet d'aide pour des jeunes élèves ayant de sérieuses difficultés académiques.La Banque canadienne impériale de commerce participe à la campagne de souscription de la Fondation Saint-Charles Borro-mée.Alain Fores t, directeur de la CIBC, a donc rencontré le .président de la A,am campagne cor- Forest porative, Guy Saint-Pierre, pour lui remettre une contribution de 5000 $.Hervé Sérleyx, de l'Institut européen du leadership, animera une conférence-débat portant sur: Comment augmenter la compétitivité des acteurs écono- ; miques québécois sur l'échiquier ^ mondial?Le tout se présente : dans le cadre du colloque de la \u2022 Corporation professionnelle des conseillers et conseillères; d'orientation du Québec, qui a \u2022 lieu sous la présidence d'honneur de Claude Béland, prési- ; dent du Mouvement des caisses * Desjardins.Des représentants du ; monde des affaires, de la main- -d'oeuvre et de l'éducation sont.attendus.Le débat aura lieu le ; 1er juin, à 17h, au Grand salon -de l'hôtel Le Méridien de Mont-.' réal.Renseignements: 737-4717.\u2022 Soirée-cocktail au profit de la Fondaton du cancer du sein de Montréal, créée l'an dernier par un groupe de femmes concernées par ce Droblème et dirigée par Pam McLernon.Le tirage d'un voyage pour deux dans un lieu de villégiature est proposé aux participants.Le tout aura lieu le mercredi 1er juin, de 18h à 21 h, au (ardin botanique de Montréal.Les profits générés seront remis au nouveau Centre de diagnostic du sein de l'Hôpital Général de Montréal.Le Centre fera connaître l'importance du dépistage et des traitements précoces.Renseignements: 939-2727.A MERCREDI B 12 LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 29 MAI 1994 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 29 MAI 1994 La personnalité de la semaine Il n'est pas de succès qui se mérite s'il n'est construit sur l'excellence Un an après avoir subi une greffe du rein, cet homme de 62 ans a mis à Vépreuve sa vie renaissante en explorant VAretique en ski de fond Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, Vexcellence naît de Veffort.a Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes le plaisi e découvri LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ^ t'a* mftm ALCAN à CBF 690, l'émission EN DIRECT Christiane Charette Demain matin dès 9h30 Réalisation: Louise Carrière SRC CBF 690 Montréal qu'il est né.troisième d'une famille de quatre enfants.Il se souvient de sa «très belle enfance», sur la ferme de son père Henri Perron propriétaire d'une scierie.Au décès de ce dernier, survenu en 1964.il fonde avec ses frères: Normick Perron.C'est pendant celle période active qu'il gagne ses ailes dans le but de vérifier lui-même le potentiel forestier d'un pays au climat difficile, aux fréquentes routes fermées.C'est une époque où il voyage beaucoup dans le monde en compagnie des membres du Young Président Association.Un temps ou il bâtit sa famille.En 1989, l'entreprise forestière familiale est vendue au Groupe Noranda.Le voici en semi-retraite.Mais cet homme désormais libre ne peut profiter ni de son confort, ni de sa paix.Il est malade.De plus en plus.Goutte, hypertension, bref, rien ne va plus et les médecins se perdent en conjectures sur l'origine de ces troubles organiques qui atteignent irrémédiablement ses reins.Hospitalisé en avril 1991, il apprend un diagnostic difficile à accepter; sans dialyse il ne pourra pas survivre, le taux d'empoisonnement de son sang est très grand.Il maigrit, il perd son tonus musculaire, il est frileux.«Malade, on se sent seul, on se sent petit, l'ai retrouve aussi cette sensation au pôle Nord.La maladie nous force à refléchir, nous grandit.On est plus près de son Créateur», déclare ce croyant.Une greffe est possible, mais à ce moment-la il a 61 ans, la liste d'attente est fort longue et favorise prioritairement les plus jeunes.Entouré des siens, de sa femme Lise surtout et de ses enfants.soutenu par ses amis, Michel Perron entreprend de se battre.Et l'arme pour vaincre lui est venu du plus jeune de ses sept enfants.Henri, qui lui a offert une part de la vie qu'il a lui-même reçu de lui: un rein tout neuf.«Deux de mes fils pouvaient me donner un rein, ils ont choisi entre eux.C'est un cadeau qui n'a pas de prix.» Michel Perron rend hommage aux médecins qui l'ont soigné.Une partie du succès leur revient, l'autre partie il la doit a sa formidable envie de vivre.Sur le conseil de sa femme, il écrit plus de 600 lettres à des amis leur demandant d'appuyer la Fondation du rein.Au plus fort de la campagne, il expédie plus de 180000 lettres dans le but de ramasser des fonds, jusqu'ici près de 240000$ ont été reçus à la Fondation.«Il faut tellement plus pour la recherche en néphrologie», assure Michel Perron.11 est actuellement président du conseil, président et chef de la direction de Somiper Inc.président du conseil de Somiper Aviation Inc., président du conseil et chef de la direction d'Uniforét Inc., ainsi que de la Scierie Péribonka Inc., admins-trateur de Miilette Inc., de la Banque Nationale, de Donohue-Normick, etc.Président de la Fondation lean Lapointe pendant plusieurs années et membre du conseil encore aujourd'hui, il ne s'arrête pas là.«je travaille plus fort».Converti aux placements boursiers.Michel Perron ne peul se contenter de l'action froide et mécanique consistant à faire fructifier l'argent.H a besoin du contact humain et veut «contribuer au développement de la société ».Son prochain défi?Ce scieur d'origine va travailler à la relance de Port-Cartier et remettre sur pied l'usine abandonnée de Cascades-Port-Cartier pour redonner des emplois.C'est sa manière d'être reconnaissant.Ie 18 avril dernier, Michel Perron quittait Montréal à destination de Moscou, lieu de départ d'un périple de 140 kilomètres en ski de fond qui l'a mené sur l'Océan Arctique jusqu'au pôle Nord.À 62 ans, cette aventure en soi est un exploit.Mais plus étonnant encore, c'est que cet.homme courageux entreprenait de dépasser ses propres limites, de mettre à l'épreuve sa vie renaissante: à peine un an plus tôt il avait subi une greffe du rein ! «Si j'avais été en santé je n'aurais pas été attiré par l'effort de vaincre ce pays dur.» La maladie et la guérison l'ont mené sur d'autres voies.Michel Perron a ressenti impérieusement l'appel du Nord et aussi celui du partage â la suite de sa guérison.Cette expédition fut le point de départ d'une autre aventure: la mise sur pied du Fonds de recherche Michel Perron de la Fondation canadienne du rein aux objectifs multiples: le diagnostic et la prévention.la sensibilisation.L'entrepreneur québécois Michel Perron mérite le titre de Personnalité de la semaine, «l'ai beaucoup reçu», dit l'homme d'affaires, qui trouve naturel aujourd'hui de redonner.Du courage a revendre Il a souvent, à bord de son hélicoptère.survolé la baie d'Hud-son, la baie lames, il se sent attiré par ces grandes étendues lointaines.L'an dernier il apprend que l'explorateur canadien de l'Arctique, Richard Weber, et le docteur russe Mikhail Malakhov organisent une expédition au pôle Nord pour un groupe d'hommes d'affaires.Le récent greffé est tenté.« le le voyais très loin, ce défi!» L'aventure est audacieuse: il y a tout juste quelques mois qu'il a subira greffe! Il en parle à ses médecins.De discussions en consultations, devant sa volonté très forte, son entourage se rallie et Michel Perron se consacre à l'entraine-ment.Car en plus des 140 kilométrés en ski dans le froid et le vent, il doit transporter 20 kilos de matériel sur son dos! Le 27 avril dernier, de Ryazan, en Russie, il expedie un télégramme a la Fondation du rein: « Cinquième journée sur la glace.Expérience merveilleuse.L'échéancier est respecté.C'est mon anniversaire aujourd'hui, le vis la plus belle experience de ma vie.» Tout le monde est rassuré et ému devant tant de détermination.Il rentre à Montréal le 3 mai dernier, exténué mais heureux.« Malade, on se sent seul, on se sent petit.J'ai retrouvé aussi cette sensation au pôle Nord.La maladie nous force à réfléchir, nous grandit.On est plus près de son Créateur.» De La Sarre a Resolute Bay Michel Perron pilote lui-même son avion et retourne le plus souvent possible dans son pays d'origine: La Sarre en Abi-tibi.C'est là.le 27 avril 1932, "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.