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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1993-06-05, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 5 JUIN 1993 Québec périphérie ANDRÉ PÉPIN du bureau de La Presse QUÉBEC n vent de colère balaie la plupart des régions limitrophes du Québec.Les mouvements de rébellion ne sont plus seulement l'affaire des «comtés péquistes», ils sont également organisés par des libéraux qui en ont surtout contre les décisions administratives du gouvernement Bourassa.Le maire de Port-Cartier, M.Antony Detroio, qui vient de mobiliser sa population pour sauver l'entreprise Cascades, est un militant libéral.11 a même été candidat à la convention du parti, lors des élections générales de 1989.Port-Cartier est situé dans le comté de Duplessis, représenté par le péquis- ?£% I~^as, vers la vallée où étaient les Serbés-.«Le Vite» dit qu'il n'a pas d'artillerje; son passé d'artilleur lui sert au moins à reconnaître avec quoi on lui tire clçs< sus.il m'a expliqué comment se dessinent les diverses trajectoires du shrap-nel \u2014 les bouts de métal acéré qui volent après l'explosion\u2014 selon que l'obus touche de la terre ou du roc.Plus vers le haut dans de la terre, horizontalement et très vite sur du roc.Il m'a expliqué que l'obus qui avait tué son ami.deux jours plus tôt, avait sans doute touché du roc parce que le trou dans son cou était presque horizontal.Ses hommes ne tiennent leurs positions sur la ligne que parce qu'elles sont idéales, défensivement, au sommet de îa coîliiic qui surplûrnbc une vallée sans couvert, a-t-il expliqué.Lors des trois premiers coups tirés, les hommes qui occupaient la position visitée par «Le Vite» n'ont pas bronché.Ils savent quand ce n'est pas dangereux pour eux.Au quatrième, le son a été plus fort et tout le monde a instinctivement baissé les épaules et la tète.«Il faut partir.Ils peuvent nous .voir», a dit «Le Vite».Vie de soldat Pour se rendre là-bas, il avait fallu rouler une heure en auto avec «Le Vite», puis dans un vieux quatre-par-quatre Range Rover, sur un chemin de terre.Après, environ une heure de marche dans la montagne.\u2014 Combien d'hommes avez-vous sur tout le front?\u2014 Pas mal.mais pas assez, a-t-il répondu.Ici, de toute façon, c'est juste les 70 hommes qui tiennent la colline.\u2014 Combien de temps les soldats restent-ils dans les tranchées?¦ \u2014 Lorsqu'il est temps, on les relève.\u2014 Ils se reposent durant combien de temps entre chaque tour?\u2014 Assez longtemps pour être reposés.Bon.\u2022 Quand nous sommes arrivés au camp, une vingtaine de soldats jouaient au soccer dans une clairière, dans un endroit où ils se reposaient, relevés par d'autres, à un km du front comme tel, La chose qui sautait aux yeux est que seuls une poignée étaient armés.-«Nous n'avons pas assez d'armes pour tout le monde, a indiqué «Le Vite».Lorsque les soldats quittent les tranchées, ils remettent leurs armes à la re- \u2022 lève.: «Les Serbes, eux, ont toutes sortes d'armes.Avant la dissolution de la .Yougoslavie, l'armée était la troisième ¦ d'Europe en effectifs.Ce sont les Serties qui ont récupéré tout l'équipement.Quand ils ont attaqué, nous \u2022 n'avions presque rien.Nous avons acheté des trucs sur le marché noir, à prix d'or à cause de l'embargo sur les ventes d'armes.Nous avons fabriqué des obus en mettant dans des canettes de Coke de ta dynamite prise à la mine de charbon de Breza.Aussi, nous avons mis la main sur pas mal de stock lors d'opérations contre les Serbes et, en ce qui concerne ma brigade, de fouilles dans les maisons serbes à Breza.il y avait plein d'équipement et des plans pour prendre le contrôle de la ville.» Breza est une ville stratégique, à cau- se de la mine de charbon qui alimente la centrale électrique de Kakanj.la principale source d'énergie pour le centre de la Bosnie.Mon nom?pourquoi?Rendu sur place, lorsqu'on a demandé son nom au commandant de l'unité responsable de la colline, il a répondu: «Est-ce que c'est vraiment nécessaire?Qui sait ce que l'avenir réserve?J'ai peur des représailles.Peut-être que quelqu'un que j'ai tué a un frère de l'autre bord, qui lira ton article.» Après s'être fait expliquer que Montréal était loin et que le tirage de La Presse n'était pas très fort en Bosnie-Herzégovine, l'officier a accepté de donner son surnom: Sifo.Sifo a indiqué que lui et ses hommes avaient participé à de nombreuses opérations depuis un an et demi.Il a parlé d'une grande victoire, récemment, durant laquelle quatre hommes avaient été tués mais qui avait permis d'enlever une montagne aux Serbes et de prendre les trois canons de 105 mm avec lesquels ils avaient i>ombardé des villages.\u2014 Et les défaites?\u2014 Nous en avons eues.«La plupart d'entre nous sommes d'anciens travailleurs de la mine, a-t-il poursuivi.Nous avons dù venir nous battre parce que les Tchetniks seraient venus brûler nos villages et nous tuer.» Un homme s'est alors avancé et s'est identifié comme Micho, en soulignant qu'il était Serbe et qu'il avait vécu 12 de ses 42 années à Breza.«}'ai marié une Musulmane», a dit Micho.Selon la Force de protection de rONU, le corps d'armée auquel appartient «Le Vite» est composé de 50 à 45 p.cent de Serbes et de Croates et de 55 à 70 p.cent de Musulmans.Micho a dit qu'il craignait d'être traité plus mal que les Musulmans s'il était capturé par les Serbes: «Je ne suis pas circoncis, c'est comme ça qu'ils vérifient.» Un autre.Rado, a dît qu'il avait 35 ans et qu'il était Croate.«Ma soeur a été tuée par un obus serbe», a-t-il dit lorsqu'on lui a demandé pourquoi il se battait du côté bosniaque.Ils exploitent un incroyable réseau de tranchées et de petits bunkers en bois défendus par des armes légères.L'arme de prédilection est la même pour toutes les parties belligérantes en Bosnie, la Tziganka («la Gitane») .762, une version yougoslave améliorée de en bois rond et en sable: une rangée de billots.15cm de sable, une autre rangée de billots, un tas de sable.«Quand les obus tombent dans les arbres, ils explosent sur les branches et les troncs et une pluie de shrapnel descend vers le bas», a expliqué « Le Vile» par le truchement de son interprète.«Dcath from above» (la mort venue d'en haut), a-t-il lui-même ajouté en anglais.«Le bois et le sable nous protègent des éclats d'obus.«Mais pas du tir direct.» Le camp de repos Nous sommes rentrés vers le camp de repos.Les hommes m'ont donné à manger.Ils n'ont pas de cigarettes, je leur ai donné mon paquet, de marque anglaise, acheté au camp des Casques bleus canadiens.Sifo a montré du doigt ravertisscment donné par le ministère de la santé britannique, qui est un peu plus direct que sur les paquets canadiens: «SMOKING KILLS».Il a dît quelque chose en serbo-croate et l'interprète a traduit: «War too».Ils se sont tous allumés.Quand nous sommes partis, les hommes m'ont serré la main en la tenant longtemps.Un tout jeune homme, un de ceux qui s'était le plus penché au quatrième coup de canon m'a dit : « Racontez ce qui nous arrive.» «Le Vite» it l'infpocrisle européenne e retour à Breza.«Le Vite» a raconté ses études en droit à rûniversîtç de Sara^yo, il y « longtemps.U a parlé sansiiaine des Serbes et noté que 700 d'entre eux avaient choisi de demeurer à Breza et que nombre d'entre eux se bat-talent sous ses ordres, contre les Tchetniks.Il a aussi noté que des Croates avaient choisi le camp de l'armée bosniaque dans cette guerre civile.«Ce n'est pas une guerre civile, a-t-îl protesté.En EuTOpNÇ^llès j^^^ cîens trou vent pitté pratiq^ de parler do guerre cîvUc, parce que çà leur permet de ne pas reconnaître la réalité que les Sèrbesont commencé et qu'ils sont ràg^i^sseur.Nous n'avons presque pas d'armes et eux, Ils ont tout le matériel de l'ancienne armée yougoslave.« Les gouvernements d'Europe disent que cette guerre est impossible à .comprendre.;mats une fois que vous ouvrez les yeux èt que vous admettez que les Serbes veulent tout le territoire, c'est au contraire très facile à comprendre.Sauf que ça obligerait les gouverments d'Europe à prendre des décisions politiques et militaires en conséquence au lieu de se borner à soigner leur bonne conscience en envoyant de l'aide alimentaire à des populations bombardées.Alors ils préfèrent parler de guerre civile.» Première mise au point.Les Croates et les Serbes de Bosnie ont une autre version des faits.«C'est faux de dire que nous voulions mettre sur pied un État musulman, répond-il en parant le coup d'avance.le suis musulman mais je suis aussi juriste et la Bosnie-Herzégovine que je veux est un Etat civil, avec des droits de citoyen pour tout te monde, indépendamment de la religion et de l'ethnie.D'ailleurs, ; vous ne devriez pas parler \"d'armée musulmane'% c'est une fiction.Ça laisse croire que c'est une guerre de religion» ce qui fait l'affaire des Serbes.» Les morts ont débusqué les amoureux dans le parc public de Breza OBNIS ARCAND collabontioa spédêh La PrcMC en BOSNIE'HERZÉCOViNE ans le parc public de Breza.il y a de moins en moins de place pour les amoureux.Ils se font débusquer par les morts.Il y a deux semaines, lors d'un passage dans cette petite ville, on pouvait compter 91 tombes récentes bien enlignées entre les arbres du parc public à côté d'un édifice public détruit par les flammes lors des bombardements de l'hiver dernier.Tous des soldats de l'armée bosniaque (majoritairement mu- sulmanes), ne peuvent être mis en terre chez eux parce que leurs villes natales, Hijas et Vogosca» sont sous contrôle serbe.Breza est juste sur la ligne du front.Halid Abaz, lui aussi soldat, était venu comme il le fait chaque fois qu'il passe à Breza.se recueillir sur la tombe de son frère aîné.Galib.né en 1955 et mort en 1992.«Il a été tué par un obus de mortier, pas loin du front, a déclaré Halid, qui a 35 ans.Il était tireur d'une batterie anti-aérienne.» De Jeunes hommes Le frère décédé de Halid aurait été un des doyens parmi les hom- mes enterrés dans ce cimetière.Partout autour de sa tombe, sont inscrits sur de simples planches de bois les noms de jeunes hommes: Séad Mujkic, 1969-1992,.avec une petite photo en noir et blanc d'un tout jeune homme & l'air grave, posée avec auatre punaises.Ahmed Karandic, 1964-1992, avec des fleurs un peu fa-.nées posées par terre., Halid, le deuxième enfant d'une famille de quatre fils, a ûh'.qu'un autre de ses frères avait aussi été tué à la guerre.Sa mère a aussi été tuée, mais à Ilijas.' «C'était avant que la ville tombe.-La ville était bombardée huit heures par jour.» * ^ ' Selon les autorités bosniaques de Breza, llijas a été l'objet d'un massacre.On aurait forcé une quarantaine de Musulmans à entrer dans une maison dans laquelle on a mis le feu.D'autres gens ont été cordés dans un autobus qu'on aurait conduit un peu à rcxtéricur de la ville et sur lequel on a tiré à la mitrailleuse.«Le cadet de la famille se bat à Sahijcvo, a-t-il ajouté.|e ne sais pasrs'il est toujours vivant.» Lorsqu'on lui a demandé si Ga-lîd et lui étaient proches, avant, il a souri: «Un frère, c'est un frère.On vivait dans des muîbuiid vuîai-nes, à IHjas, on travaillait à la même usine de voitures, à Vogos-ca.On allait à la pêche ensemble.Nous étions très proches.» Ce ne sontpas les gens qui sont mauvais Que pense-t-il des Serbes?«Au moment où vous appren-nez la mort de vos proches, vous seriez capable de faire n'importe quoi.Mais maintenant, c'est moins pire.le suis juste triste.Il y a encore pas mal de civils serbe qui vivent ici et qui ont aussi peur des Tchetniks que les autres iiivîîâ.Alors je me dis que ce n est pas les gens qui sont mauvais, c'est la politique et les extrémistes.» 11 dit qu*il faudra du temps pour que la paix soit possible.«|e vis un désastre familial.Pour l'instant, je crois qu'il serait impossible que Musulmans et Serbes recommencent à vivre ensemble.Mais ce temps-là va revenir un jour.11 n'y a pas d'autre façon en Bosnie-Herzégovine.» Et quand la paix reviendra-t-elle?«Avant, j'essayais d'estimer la durée de la guerre.Maintenant, je n'essaie plus.Je crois juste que ça va durer encore longtemps.» «Bienvenue en enfer».Une scène de Sarajevo.PHOTO CASTH PfHTCHARO, cottaboration sp6ciai« PHOTO DENTS ARCANO.U Prvwtf Soldats cUtfis l« traiKhées bosniaques.L'armée bosniaque de cette région, qui conv bat les iForces serbw, comprend selon l'ONU hisqu'à 45 p.cent de Serbes, de Çrpm-tes et d'autres ex-Yougoslaves. B6 Plus LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 5 JUIN 1993 Le nouvel hôtel de ville de Tokyo.L'édifice principal ( au centre ) compte 48 étages et abrite notamment les luxueux bureaux du gouverneur Shunichi Suzuki.En face, de l'autre côté d'une grande place, le deuxième édifice (à gauche ) abrite rassemblée métropolitaine de Tokyo.Le Tokyo Metropolitan Government Office est complété par une tour de 34 étages (à droite).«M mm* lonrl Tnlttffli hâtif I4UCIIIU D UHJ U UCIUU-.Les Japonais ne font plus rien de petit : l'hôtel de ville de Tokyo, par exemple ANDRÉ envoyé spécial La Presse à TOKYO ire qu'on a fait tout un plat avec la fenêtre du maire Doré, une toute petite dépense de 300 000$.Ce n'est certes pas à Tokyo qu'on s'exciterait pour si peu.Non, dans la capitale japonaise, ce dont on parle depuis près de dix ans, c'est du nouvel hôtel de ville, un gigantesque complexe dont la construction a coûté \u2014tenez-vous bien\u2014 1,8 milliard de dollars! Presque deux fois le prix du Stade olympique! Certes, avant l'inauguration du nouveau siège du Gouvernement métropolitain de Tokyo il y a deux ans, les fonctionnaires municipaux étaient éparpillés dans 13 édifices publics et 12 immeubles privés, dont plusieurs étaient dans un état lamentable.Fallait-il pour autant construire deux grandioses tours (48 et 34 étages), abritant notamment un gymnase, deux postes d'observation, de multiples salles d'exposition, un centre ultra-moderne de contrôle et de prévention des catastrophes, un appartement de fonction de grand-luxe pour le gouverneur et \u2014oui, oui \u2014 des urinoirs électroniques?Ici intervient le gouverneur Shunichi Suzuki.M.Suzuki a toujours eu beaucoup d'ambition pour sa ville.«Les grands projets, c'est sa manie», résume le journaliste Satoru Nagoya, qui couvrait la politique municipale pour le lapan Times jusqu'à récem- ___ * o_____t.: ___: _ 2 G'-» OUX.UIVI, 1{UI u aujuuiu nui ans, était vice-gouverneur de la ville lorsqu'elle accueillit les jeux Olympiques en 1964, et gérant général de l'Exposition universelle d'Osaka en 1970.(Tout cela ne vous fait pas penser à quelqu'un?) Aux yeux du gouverneur, la construction d'un nouvel hôtel de ville devait viser bien plus que l'efficacité de l'administration.U s'agissait de donner à Tokyo, pour le bénéfice du monde entier, une image de prospérité et de grandeur.Le titre de la brochure remise aux visiteurs à l'entrée de l'édifice reflète cette ambition : «c Le nouveau symbole de Tokyo, métropole mondiale.» Le gouverneur voulait aussi encourager la création d'un nouveau pôle de développement à Tokyo, pour décongestionner le centre-ville.Vive controverse Dès sa conception en 1986, le projet a suscité une vive controverse.On a dénoncé son gigantisme, son coût, le luxe du bureau du maire (qui comprend une salle de bains en marbre), les honoraires de l'architecte (12 millions de dollars ), etc.Baptisé officielle- ment d'un nom très sobre, Tokyo Metropolitan Governement Office, le complexe a eu droit à quelques surnoms, notamment «Tour des impôts» et « Notre-Dame de Tokyo».Selon M.Nagoya, les résidents de Tokyo ont toujours été divisés sur l'opportunité de construire un tel complexe: «Certains étaient vraiment fiers de voir construire un édifice si magnifique, tandis que d'autres le trouvaient trop pompeux.» En 1991, l'opposition en a fait l'un de ses principaux thèmes électoraux.Le gouverneur Suzuki a été réélu pour son quatrième mandat.Estomaqué Quand on arrive devant le nouvel hôtel de ville, on est tout simplement estomaqué par ses dimensions.Les halls, les salles d'exposition, les bureaux des fonctionnaires et la salle de l'assemblée législative ne sont pas particulièrement luxueux.Mais pour cette ville où l'espace est rare, tout est incroyablement vaste.Une grande place publique relie les trois édifices du complexe, une place où on donne fréquemment des spectacles à l'heure du midi.Les premiers étages de l'édifice sont consacrés aux divers services d'information offerts aux citoyens.La ville souhaitait ainsi faire de l'hôtel de ville un lieu familier où les citoyens n'hésiteraient pas à venir cher- cher les renseignements dont ils ont besoin.«En construisant un bureau qui permet des interfaces fréquents entre le gouvernement et les citoyens, nous espérons améliorer nos services et renforcer notre base administrative pour le XXe siècle», explique la brochure.«Avant, personne ne venait à nos bureaux.Maintenant, c'est plein de gens», confirme une fonctionnaire rencontrée au hasard de notre exploration.De fait, lors de notre visite, il y avait beaucoup de monde, la plupart attirés par les postes d'observation du 45e étage.La dimension du projet s'explique en partie par celle de la fonction publique de Tokyo.Non seulement la métropole japonaise compte-t-elle 12 millions d'habitants, mais le gouvernement métropolitain a une juridiction beaucoup plus étendue que les gouvernements des grandes villes canadiennes; l'éducation et la santé, notamment, dépendent en grande partie de la municipalité.Résultat: 200 000 employés, dont 13 000 travaillent dans le nouvel hôtel de ville.La ville de Tokyo administre un budget de plus de 70 milliards, 35 fois celui de Montréal, 30 milliards de plus que celui du gouvernement du Québec.Un projet parmi d'autres La controverse entourant la construction du nouvel hôtel de ville n'a pas freiné l'enthousiasme du gouverneur Suzuki.À la fin des années 80, il a lancé un imposant projet de développement d'un nouveau «sous-centre urbain » dans la baie de Tokyo, « un complexe urbain futuriste visant à corriger la structure centralisée de la ville et adapte a ! internationalisation et aux technologies avancées de l'information ».Le Tokyo Teleport Town comprendra, outre 15 000 logements, un stade, un centre d'expositions internationales, un centre des télécommunications, le tout relié à la terre ferme par un grand pont suspendu.La nouveau quartier sera inauguré en grande pompe dans trois ans à l'occasion d'une nouvelle exposition internationale, Tokyo Frontier, où l'on attend quelque 20 millions de visiteurs.L'objectif de l'exposition n'est pas modeste: il s'agit de lancer «un mouvement visant à rassembler toute l'intelligence du genre humain pour créer, à travers une véritable réalisation de développement urbain, la cité débordante d'humanité du XXe siècle».Le littoral n'est pas le seul secteur de la capitale japonaise en construction: où qu'on soit, où qu'on regarde, nos yeux croisent un chantier, des grues.La «bulle» japonaise a peut-être éclaté, mais dans la métropole mondiale de Shunuchi Suzuki, ça ne parait pas.De toute évidence, nombreux sont ceux qui comme le gouverneur, ont confiance en l'avenir de Tokyo.Une Asie mal connue : l'Indonésie .y Quatrième pays au monde par la population, l'Indonésie table sur une expansion continue LAURENT MOSSU Le Figaro DJAKARTA M e décollage économique de l'Indo-¦B nésie est programmé pour l'an prochain.Les indicateurs semblent converger pour confirmer la planification des technocrates et des politiciens.Le deuxième plan de 25 ans élaboré par le président Suharto, récemment confirmé à la tête de l'État pour un 6e mandat, table sur une expansion de 6 à 6,5 p.cent en 1993.L'an dernier, le taux avait dépassé 7,4 p.cent et il devait, au cours des cinq prochaines années, se maintenir à des niveaux similaires.L'archipel aux 15 000 îles, à l'image de ses dynamiques voisins, prépare ainsi une entrée en force dans le deuxième millénaire.Fort de ses 180 millions d'habitants, c'est à la fois le quatrième pays le plus peuplé et le plus grand État musulman du monde.U dispose d'un marché potentiel intérieur énorme et tend à devenir l'un des partenaires les plus importants du Sud-Est asiatique.Pays essentiellement rural, l'Indonésie s'est rapidement tournée vers l'exploitation de sa main-d'oeuvre bon marché comme fer de lance de son expansion.Alors que les exportations pétrolières représentaient, dans les années 80, quelque 70 p.cent des revenus de l'État, elles n'apportent plus désormais que la moitié des devises.Cette reconversion était d'ailleurs primordiale dans la mesure où l'Indonésie ne sera plus exportatrice d'énergie \u2014pétrole et gaz\u2014 dans une dizaine d'années, et devra au contraire recourir à des importations pour faire face à ses besoins.\u2022 \u2022 »\u2022 La relève industrielle valent d'assumer la relève.C'est en pase d'être réussi.Us connaissent à tout le moins un véritable boom avec une progression des ventes à l'étranger de l'ordre de 17 p.cent.Le textile vient en tête avec un chiffre d'affaires de 6 milliards de dollars US, puis le bois, essentiellement le contre-plaqué, avec 1,8 milliards.Le domaine des chaussures connaît un développement impressionnant.Les modèles les plus connus des grandes marques de sport, comme Reebok, Puma et Etonic, sont manufacturés à un rythme dépassant les 100 000 paires par mois.Les exportations sont passées de 10 millions de dollars en 1983 à 1,2 milliard neuf années plus tard.Et les projections laissent croire à de nouveaux records.Le caoutchouc naturel, les concentrés de cuivre, la café et les crevettes apportent une contribution loin d'être négligeable à l'amélioration de la balance commerciale.La dérégulation mise en oeuvre voici cinq ans a complètement modifié les données du problème.Les investissements étrangers sont arrivés en force, provenant de Singapour, du Japon, de Chine et de Taiwan.Les autorisations donnée» pour l'achat par les étrangers des actions indonésiennes ont donné un coup de fouet salutaire à la Bourse.En l'espace de ces cinq années, le pays s'est transformé.Une nouvelle classe d'hommes d'affaires et de financiers a fait son apparition et la société a connu, surtout dans les grands centres, une expansion inconnue jusqu'alors.Une rude concurrence juKOiia a ifttfuiwiv ^uuumu r>>* faut rapidement préparer l'avenir oui bientôt ne se situera plus pour l'Indonésie dans le bas de gamme.Dès lors, \u2022an le mot à la mode dans les sphères gouvernementales comme dans les entreprises privées est «formation ».Le pays s'engage dans une vaste campagne afin de franchir au plus tôt un nouveau palier.Et les ambitions affichées ne sont pas minces.Sous la houlette du ministre de la Recherche et de la Technologie, B.).Habibie, l'Indonésie s'est engagée dans un effort industriel d'envergure.Il touche les secteurs dits stratégiques que sont l'industrie lourde, les communications, la construction navale, l'électronique, la construction aéronautique et la défense.Pour répondre aux besoins de ce qu'il appelle joliment «le continent maritime», le ministre Habibie a implanté des usines gigantesques aux quatre coins de l'Ile de lava.Les fonds gouvernementaux ne lui ont visiblement pas été comptés.À RnnHnna, nnr ox?mn1*v ïl Hi«;nn
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