La presse, 14 mars 1993, B. Livres
[" LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 MARS 1993 KATIA GACNON collaboration spéciale cJ:-.'t U «Ci onique Proulx semble vouer un amour irrépressible aux êtres écorchés par la vie.Après le transexuel du Sexe des étoiles, elle réussit le tour de force de brosser, sans sensiblerie, le portrait \u2014d'après modèle\u2014 des destinées d'un paraplégique, qui met cruellement en lumière plusieurs maux de la société moderne.Elle se défend pourtant bien de mener une guerre aux tabous.Ces personnages, elle les décrit puisqu'ils l'habitent, qu'elle les voit vivre, souvent depuis plusieurs années: à ce titre, l'accouchement du dernier-né s'est d'ailleurs révélé particulièrement difficile.«l'ai beaucoup résisté à ce livre.Il y a longtemps que je voulais rendre cet hommage à un de mes amis, qui est effectivement paraplégique et peintre.Mais pour ce faire, il , fallait que j'entre à l'intérieur du personnage et je sentais qu'il ni emmènerait sur un terrain mouVanfiptdans une détresse presque insupportable», explique-t-elle, en entrevue téléphonique directement des plages de Key West.«C'était un livre inévitable, ajoute-t-elle.Je me suis dit qu'un romancier qui ne serait pas capable de se glisser dans la peau d'un héros aussi extraordinaire n'était pas un vrai romancier».«Il a fallu que je m'investisse totalement, raconte-t-elle.Ça fait partie du rôle d'un romancier de décrire des personnages qui sont loin de soi.Si on ne parle que de ses expériences personnelles, on écrit de petiies choses».En effet, il a fallu toute une sensibilité pour peindre, à petites touches, la toile finale, le quotidien de ce personnage jusque dans ses détails les plus intimes: «Le sexe, privé de ses appendices terminaux, devient un réservoir de sensations fortes désespérément excitable.Mes zones érogènes, maintenant sont éparpillées en haut de la ceinture, une main dans mon cou peut me faire chavirer, le vent dans l'ouverture de ma chemise.» Même si elle a dû, pour livrer ce personnage, effectuer une véritable «plongée schizophrénique», même si le portrait se révèle effectivement dur, ce serait mal connaître Monique Proulx que de croire qu'elle est tombée dans un piège dégoulinant de sensiblerie.Une ironie corrosive attend plutôt le lecteur au détour, brassant avec énergie notre petit fond de «political correctness».«Ça pourrait être pire», songe le personnage de Max dès les premières pages du roman, «le pourrais gaspiller mes sueurs et mes battements de coeur clans un bureau du centre-ville, les rêves et l'imagination à jamais relégués dans les RÊER.» Max, le héros et le narrateur du roman, est devenu paraplégique à la suite d'un accident de voiture.Depuis dix-huit ans, il roule au lieu de marcher, ce qui le rend, aux yeux de la société bien-pensante, invisible, puisque improductif: «Ce n'est pas vraiment souffrant, le syndrome de la transparence.On sait qu'on en est atteint lorsque les yeux des autres se lovent sur nous comme des limaces ou au contraire détalent à fond de train, ce qui revient au même.Il est périlleux de tester la capacité humaine à affronter calmement l'Anormal».Paradoxalement, cette épreuve lui a procuré un charisme, une force presque christique, puisque sa maison est un véritable lieu de rencontre pour âmes éclopées, qui viennent déverser leur mal de vivre chez cet homme dont l'oreille est toujours disponible.Un personnage qui rappelle |ohn, le muet, dans le chef-d'oeuvre de Carson McCullers, Le coeur est un chasseur solitaire.Rejoint par le passé, Max devra lui aussi effectuer un plongeon dans ses abîmes personnels.Un roman sur la solitude, Homme invisible à la fenêtre?«L'écoute est extrêmement rare aujourd'hui.Les gens qui écoutent sont toujours aimés parce qu'écouter, c'est dire je t'aime assez pour te donner mon temps».Mais c'est surtout un roman qui veut défaire à grands coups de hache cette préoccupation que SUITE À LA PAGE B 6 Weure Jasmin pas, «aine TYPO paREOESnUISSEAUX KSKK8S*.QUÉBÉCOISES BQ De tout pour tous .en poche! ¦ Alors que le Livre de poche célèbre, en France, ses 40 ans, trois têtes d'affiche de la littérature d'ici, Gaston Miron, Marie-Andrée Lamontagne et Victor-Lévy Beaulieu, reprennent du service à la direction de collections québécoises.Toute comparaison avec le marché français mise à part, notre journaliste Pierre Vcnnat n'en a pas moins constaté que le livre de poche québécois se porte plutôt bien.En page B4 L VI N C E R T I T U D E À A P P R IV 0 1 S Bhôpol, Tchernobyl, l'Exxon-Valdez et Saint-Basile-le-Grand nous rappellent que l'impossible peut survenir L'ouvrage nous dit POURQUOI et COMMENT gérer une catastrophe pour éviter qu'elle se transforme en crise.Les Presses de l'Université de Montréal: 449-7886 par Hélène Denis P^mandez-le a votre libraire LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 MARS 1993 Opinions La boîte aux lettres ZI' .1^ Décapage ou déneigement?¦ Le soir du 24 février, alors que jetais à mon pupitre derrière la grande fenêtre du rez-de-chaussée de l'appartement où je demeure, j'ai assisté au spectacle du déneigement de ma rue.Les trente premières minutes furent intenses, j'ai constaté un va-et-vient continuel de tracteurs, de chenillettes, de ni voleuses et de camions (« wee-ou!, v,ee-oii!») qui s'attaquaient à l'intrus, ln neige.La précision de cette opération a été chirurgicale; sa durée une cinquantaine de minutes.Sans compter le dernier tour de piste, une heure plus tard, pour ramasser une raie triangulaire de 30 cm prévenant les automobilistes du déneigement.Les travaux terminés laissaient voir une rue et des trottoirs déneigés à un point tel qu'on les aurait dit peints en blanc De l'hiver, il ne restait que les gros ventres blancs sous les fenêtres aisons.Il me semble qu'une telle opération ressemble plus à un décapage qu'à un déneigement.Habituellement, nous acceptons assez bien les inconvénients des bancs de neige entre le trottoir et la rue.Ceux que ça dérange se munissent d'une pelle et corrigent la situation à leur goût.L'opération que j'ai vue doit nous coûter au moins le double d'une opération de déblaiement raisonnable alors que le passage d'une souffleuse unique aidée d'un camion et l'aller-retour d'une chenillette auraient été suffisants.Le reste, monsieur Doré, laissez donc le temps doux et le va-et-vient de la circulation s'en charger.Jacques FRÉCHETTE Montréal \u20227 Opportunisme foncier ¦ L'administration du RCM, après avoir accordé à ses élus les salaires parmi les plus élevés de tous les gouvernements du Canada, se met maintenant à l'heure de l'économie.Pour que d'autres en paient la facture.Prenons l'exemple du réaménagement du site du stade Paul-Sauvé.Que nous dit la ville pour motiver son projet 7 JLa ville nous dit que les plus dé-mumis du quartier Rosemont doivent demeurer dans leurs logements désuets» en général largement trop coûteux et bientôt susceptibles d'être convertis en condos.En effet, dans les trois Options qu'elle propose, la ville ne destine que 20% des 400 unités résidentielles à la construction de logements sociaux.\u2022 j.\u2022 » , *.' ¦ \u2022 La ville dit aussi que les personnes âgées et les familles monoparentales 'doivent encore patienter avant d'obtenir un loyer convenable en s'inscri-yant sur des listes d'attente pour occupation de HLM, liste qui dépasse à Ro-semont les 2 000 noms.Que les Parions sur la famille personnes désireuses de prendre en main leur habitat via des modes d'occupation coopératif et sans but lucratif aillent se plaindre à Québec et Ottawa, car la Ville, elle, accepte les coupures des gouvernements supérieurs dans ce domaine avec un je-m'en-foutisme qui rappelle l'ardeur à l'ouvrage de ses fonctionnaires! Que les ménages de banlieue doivent partager le fardeau financier de la ville centrale en occupant bien sûr des maisons de ville ou des copropriétés divises, ce qui rapporte beaucoup en taxes municipales.L'administration montréalaise déplore l'absence de vision de la part des autres paliers gouvernementaux, et notamment en ce qui concerne les citoyens et citoyennes dont la situation est la plus précaire.Mais quand on y regarde de près, on voit bien que ce qui prime à Montréal, ce n'est pas tant une vision sociale qu'un opportunisme foncier.Jean-Marie LAFORTUNE Montréal B Relancer l'économie, attirer les touristes, retenir dans la province l'argent et les parieurs québécois: voilà les objectifs du gouvernement qui se prépare à implanter les casinos au Québec.Quel est le projet de société sous-jacent à cette implantation de casinos ?Agit-on en pensant à la famille quand on autorise les casinos ?Depuis un an, on lit dans les journaux des études faites par des crimino-logues, par les corps policiers, par les maires du Montréal métropolitain, confirmant les méfaits des casinos.Si ceux-ci ont quelques avantages économiques, ceux-ci ne comptent pas dans la balance par rapport aux désavantages sociaux, moraux et familiaux.Avec les casinos, le taux de criminalité, le commerce de la drogue, le nombre de suicides et la violence conjugale et familiale augmenteront.Quel en sera le coût ?Où sera alors l'économie?Une société responsable peut-elle équilibrer son budget avec les jeux de hasard ?Nous ne le croyons pas et nous nous y opposons.' En tant que parents, nous ne croyons pas que le gouvernement respecte sa politique familiale et que ce projet réponde aux critères du «penser et agir famille» du Conseil provincial de la famille.Les casinos ne peuvent être non plus l'expression d'un «Québec fou de ses enfants».Pour attirer les touristes dans notre «belle province», nous avons beaucoup d'autres richesses naturelles, culturelles et humaines.entre autres la famille québécoise et son hospitalité.Pour retenir l'argent des Québécois, que le gouvernement offre aux citoyens un pays à construire et développe une conscience sociale pour parier sur une société plus juste.Si certains ont le goût du jeu et du hasard, qu'on les aide à miser sur les valeurs familiales et conjugales.Nicole MARCHAND-BOURGET et Lorraine TORPY pour le Service aux couples et aux familles Favorable aux nouveaux hélicoptères ¦ L'achat de nouveaux hélicoptères pour les Forces armées canadiennes, et plus particulièrement pour la Marine canadienne, est essentiel à la bonne réalisation des opérations de nos militaires.Au moment de leur remplacement, les hélicoptères que nous possédons actuellement auront accumulé quarante ans de services, ne seront plus fiables et ne seront plus techniquement en mesure de participer aux missions de paix des Nations Unies et de l'OTAN.Les nouveaux appareils, en plus d'être sécuritaires, fiables, et équipés d'instruments adéquats et de conception récente, serviront à plusieurs tâches dont; 1) les opérations de sauvetage en mer et sur terre, lesquelles se déroulent souvent dans des conditions cli-matologiques pénibles, \u2022 .2) les opérations conjointes des Nations-Unies, soit pour des raisons humanitaires, soit pour la protection de la pnix, 1) la protection des côtes canadiennes en ce qui concerne la surpéche ou d'autres activités allant à rencontre de l'écologie, 4) les opérations militaires navales ou terrestres de l'OTAN, ou 5) toute autre entreprise de nature sécuritaire nationale pour venir en aide à un gouvernement provincial.L'hélicoptère présentement utilisé par la Marine canadienne, le Sea King, était utilisé lorsque je fis mon service militaire en 196b, et est drôlement désuet.Les membres de nos forces armées sont déjà très peu nombreux et peu dispendieux à entraîner.Ne risquons pas leur vie et celles de ceux à qui ils veulent venir en aide, pour tenter de réaliser des économies.# Le présent programme d'achat d'hélicoptères est le fruit de plusieurs études exhaustives.La fourniture d'un hélicoptère fiable et moderne est un complément essentiel et minimal aux nouveaux navires dont se dote aujourd'hui le Canada.Toute autre solution fournirait un outil médiocre et inefficace.Claude P.BEAU BIEN Architecte et ingénieur Les rescapés de l'« ordalie» de Sarajevo DUJKA SMOJE L'auteure est professeurs à la Faculté de musique de l'Université de Montréal.B ls ont réussi à s'échapper de l'enfer B de Sarajevo.Avec deux chiffons, un violon et les récits d'horreur.De vingt autobus, un seul a franchi la frontière de la Croatie.Par miracle, c'était le leur.Ma mère, ma soeur et ses deux petits.Leur père est resté derrière; les hommes en âge de porter les armes n'ont aucune chance de sortir avant la fin de la guerre.Le Canada avait promis d'accueillir ceux qui ont déjà de la famille au pays.Depuis trois mois, j'ai fait toutes les démarches nécessaires pour leur permettre de venir ici le plus vite possible, signant tous les engagements, endossant toutes les responsabilités morales et matérielles.Mais les lois d'immigration sont d'une exigence bureaucratique interminable, la coordination entre Immigration Canada et Immigration Québec plutôt aléatoire.Si cela peut être compréhensible pour les immigrants habituels, lorsqu'il s'agit des personnes en détresse, sortant de l'«ordalie» de Sarajevo, c'est kafkaïen.Dans cette situation extrême, comment peut-on demander aux gens ayant fui en laissant tout derrière eux, une trentaine de documents, traduits et certifiés, dont les certificats de décès de mon grand-père et arrière grand-père?Et lorsqu'ils les ont trouvés, fait traduire et certifier, leur dire qu'il faut attendre que Vienne et Zagreb (lisez: représentants d'Immigration Québec et d'Immigration Canada) s'entendent dans ce jeu de ping-pong avec les dossiers et les visas.11 est vrai que ces quatre personnes n'ont pas été enfermées dans un camp de concentration ; elles ne sortent que de Sarajevo.Mais y a-t-il des critères valables pour la détresse des victimes de la guerre balkanique?)'ai bien posé la question à tous les endroits où j'ai fait les démarches pour leur visa.Chaque fois, j'étais renvoyée au programme spécial d'Immigration Canada, le programme tout à fait inapproprié pour des rescapés de Sarajevo.En effet, le seul cadeau que ce programme leur fait, c'est d'appliquer la loi d'Immigration en accélérant les m V / .! Dujka Smoje procédures qui, au lieu de durer un an, dureront entre 4 et 6 mois.Je dois dire que je ne comprends pas.Le programme spécial de «réunification des familles» pour les Canadiens d'origine yougoslave est bien compatissant mais peu efficace pour les gens en situation extrême.Dans cette démence balkanique, la communauté internationale se sent dé* passée; les personnes isolées encore davantage.À défaut de pouvoir agir au niveau collectif, d'aider tous les enfants, femmes et hommes en détresse, les gestes individuels, même s'ils sont une goutte d'eau dans l'océan, peuvent apporter un peu d'espoir.Faut-il encore que le gouvernement, LES DEUX GOUVERNEMENTS, facilitent la tâche aux-personnes qui assument une telle responsabilité morale et matérielle.Car ce geste ne peut pas attendre jusqu'à demain.C'est maintenant, tout de suite, avant qu'il ne soit trop tard qu'il faut agir.Chaque jour compte.Eux ils le savent.La trappe de la guerre, leur situation à Zagreb où ils n'ont aucun droit d'existence, ne leur laisse pas d'illusions: la Croatie, déjà débordée par des centaines de milliers de réfugiés, ne peut pas les assumer, même en transit Le Québec n'est pas envahi par des réfugiés de Bosnie, même pas par des immigrants de l'ex-Yougoslavie.Serait-il possible d'assouplir les rigueurs des règles administratives pour que ces deux femmes, ces deux enfants, qui ne seront pas à la charge de l'État, puissent trouver une terre d'accueil et un peu d'espoir pour l'avenir avant que le piège ne se referme de nouveau sur eux?Même Issue de gens de bonne volonté qui veulent défendre une bonne cause où des bonnes gens sont victimes d'Injustices inacceptables, la police n'est pas toujours aussi objective qu'elle le souhaiterait elle-même.Le « harassely correct» à l'UQAM ISIERS Jjr accueille avec joie et inquiétude la nouvelle dont La Presse faisait récemment état selon laquelle on verrait bientôt la formation d'une «brigade rose» à l'UQUAM.Joie, parce que cette action attire une fois de plus l'attention sur le problème maintes fois décrié du harcèlement sexuel.Pour le solutionner, il faut en parler.Mon inquiétude, c'est la police.Même issue de gens de bonne volonté qui veulent défendre une bonne cause où des bonnes gens sont victimes d'injustices inacceptables, la police n'est pas toujours aussi objective qu'elle le souhaiterait elle-même.Son pouvoir la corrompt.A preuve, ce jeune homme stationné en double sur Si-Laurent, victime d'une saute d'humeur d'un dé- fenseur de la paix, et dont on a parlé dans La Presse peu après.Le sujet des agressions sexuelles est éminemment sérieux et d'une complexité mise en lumière par la controverse soulevée par l'étude des sociologues de l'université Carleton.Il faut aussi tenir compte de l'interprétation subjective des gestes posés, des propos en cause.De toute évidence, les auteurs du rapport n'ont pas la même perception sur ce sujet que le ministre Crosby dont la blague épaisse a soulevé sa plus que part de controverse malgré des intentions qu'il déclare respectueuses de la femme et de sa condition.Le problème dont je veux parler est le suivant: dans l'immense zone grise laissée entre les gens «corrects» d'une part et les agresseurs dont le délit est évident d'autre part, on retrouve une grande quantité de personnes dont les mots ou les gestes seront jugés offen- sants par les uns et comme une farce plate par les autres.Dans ce contexte, la création d'une brigade qui serait chargée de débusquer les harceleurs, recueillir des preuves, valider ces preuves et exécuter la sanction m'apparaît pour le moins inquiétante.Au mieux, elle permettra aux principales intéressées de se faire justice elles-mêmes (ce qui relève d'un sens de la justice douteux), au pire les personnes qui se sentiront attaquées par l'aspect arbitraire de cette police se constitueront une milice pour défendre leurs droits.Milice contre police, je vois d'ici le combat séculaire prendre un nouveau visage qui ne rassure pas l'humanité.Entre temps, verrons-nous apparaître une subdivision du langage « politi-caly correct», le «harassely correct» où tout peut être dit, pourvu que la phrase soit exangue? LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 MARS 1993 La Presse B9 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 14 MARS 1993 La personnalité de la semaine Il n'est pas de succès qui se mérite s'il n'est construit sur l'excellence La première lauréate du prix Simonne Monet-Chartrand a su concilier engagement social et vie familiale ANNE RICHER Au-delà de l'honneur d'être la première lauréate du prix Simonne Monet-Chartrand, Louise Leboeuf clame l'admiration qu'elle porte à la grande disparue et la consolation de savoir que son nom est désormais associé à une récompense importante.Le Centre des femmes de Montréal a en effet pris l'initiative de ce prix, qui sera remis chaque année, le 8 mars, «à une femme qui sait concilier famille et engagement, à rayonner dans son entourage sans pour autant être une femme publique».Louise Leboeuf réunit toutes ces conditions et plus encore puisqu'elle rejoint jusqu'à un certain point la grande Simonne par l'écriture.Elle a en effet publié plusieurs articles traitant notamment de la violence conjugale, de la pauvreté chez les femmes, de la réforme de l'aide sociale.La Presse rend hommage à cette femme engagée, organisatrice communautaire et intervenante sociale en poste depuis 17 ans au Conseil de la santé et des services sociaux du Montréal métropolitain.C'est Mme Monique Vézina, ministre des Relations extérieures et du développement international et ministre d'État pour le troisième âge, qui a remis à Mme Leboeuf, ce premier prix Simonne Monet-Chartrand.Louise Leboeuf est modeste et tient à faire rejaillir sur l'équipe avec laquelle elle travaille l'honneur de ce prix.Le travail d'équipe n'est pas chez elle une idée abstraite ni un voeu pieux.Elle pense sincèrement que rien ne peut avancer de façon significative pour le mieux-être de la collectivité, s'il n'y a pas cet engagement généreux des forces vives.«Même les femmes pauvres ne sont plus aussi pauvres quand elles ne sont plus seules.» Le rêve et la réalité Cette travailleuse sociale a fait le rêve d'une vie meilleure pour les autres, d'une société plus juste.À 41 ans, elle prouve, avec une feuille de route impressionnante, qu'elle a su être conséquente.Inlassablement.Y a-t-il eu des progrès?« Les services publics de santé, leur accès gratuit, ont contribué à améliorer la vie des femmes et des enfants.L'éducation, les services sociaux, des emplois meilleurs et mieux rémunérés ont également contribué à une meilleure qualité de vie.Mais il faut rester vigilant; le danger de faire machine arrière est réel.» Au CSS, secteur Enfance-Famille, elle oeuvre auprès des femmes chefs de famille et leurs enfants.Elle intervient dans des groupes de thérapie pour femmes victimes de violence et participe à la mise sur pied d'un réseau d'entraide pour femmes violentées.Les associations de locataires, les camps familiaux, tout ce qui a trait au budget, au logement, notamment auprès des femmes chefs de famille, font partie de son expérience.Son projet personnel d'une maison de campagne ouverte aux m* ¦y ¦ ¦¦¦¦ ¦ LOUISE LEBOEUF « Même les femmes pauvres ne sont plus aussi pauvres quand elles ne sont plus seules.» moins bien nanties reçoit actuellement l'aide d'une communauté religieuse et de Centraide.Militante syndicale, personne-ressource au Front commun des personnes assistées sociales, membre du conseil d'administration de la Ligue des droits et libertés, membre de commissions, de comités, elle exploite toutes les ressources de son énergie au service des autres.En même temps, elle joue son rôle de mère de deux enfants, fière d'assurer que cette responsabilité est partagée à part égale avec son conjoint.À l'école du partage Louise Leboeuf est née près de Québec, le 8 juin 1951.Ses parents, petits restaurateurs en milieu rural, par la nature même de leur travail, lui apprennent tôt à côtoyer les gens, à ne pas juger» à aider.Elle sait très jeune la force de l'entraide, des petits gestes posés collectivement qui peuvent changer les choses.Son rôle de soeur aînée \u2014trois garçons suivent\u2014 n'est probablement pas étranger à l'apprentissage précoce de son sens des responsabilités.En 1970, elle obtient son diplôme d'études collégiales au collège de Sainte-Anne de la Po-catière.Elle est sensible au désengagement de l'État, aux frais de scolarité que les étudiants devront assumer: «S'il n'y avait pas eu l'accès gratuit au cégep, je n'aurais pas pu poursuivre mes études.» Consciente de sa chance, consciente qu'il faut maintenir cette chance pour tout le monde.Elle termine sa maîtrise en travail social à l'Université de Montréal en 1992.Louise Leboeuf ne méprise pas, au contraire, la force de la politique, de l'engagement des femmes sur ce terrain, m L'important est de faire la lutte à l'oppression.» Cependant elle n'imagine pas encore que lé rôle politique soit pour die.c|e me sens bien dans mon action actuelle.|e me sens à l'aise au sein des milieux populaires, des femmes et des militantes.» Et plus encore, le message du prix qu'elle a reçu est clair: celui de « poursuivre cet engagement-là.» Médaillés d'or à Prague ¦ Isabelle Brasseur et Lloyd Eis-ler ont gravi ensemble la plus haute marche du podium des Championnats du monde du patinage artistique, mercredi dernier à Prague.Couronnement de plusieurs années d'effort, cette victoire illustre de façon éclatante que le courage et la ténacité permettent de triompher de bien des difficultés.La petite Québécoise a surmonté le chagrin du décès de son père en novembre dernier.Le couple de patineurs a cherché ensemble à retrouver lé plaisir de patiner au-delà de la nécessité de gagner à tout prix.La Presse avait souligné l'an dernier, en les nommant Personnalités de la semaine, leur médaille de bronze à Albertville.Aujourd'hui ils sont les meilleurs au monde.Leur gloire rejaillit sur nous tous.Mille fois bravo! Bravo aussi à Kurt Browning, médaillé d'or chez les hommes.1 i ¦ \u2022H \u2022 \u2022 fi * « » ù Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de l'effort a Hydro-Québec Le meilleur de nous-mêmes des gens de parole II ALCAN I, I le plaisir de découvrir LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE * i V il à CBF 690, l'émission EN DIRECT La.1 I .4 Christiane Charette Demain matin dès 9h30 Réalisation: Louise Carrière CBF 690 - ( labriclleRov d'ocvasion .LOUIS HÉMON maria CHAPDELAINE BQ PHOTO PIERRE McCANN, La Presso De retour à l'édition à la tête de la collection de poche TYPO, Gaston Miron veut conclure un pacte de non-agression avec les maisons concurrentes.- Gaston Miron prêche la solidarité entre les éditeurs de collections de poche menas vennat ¦ Gaston Miron, Marie-Andrée Lamontagne, Victor-Lévy Beau-lieu.Dans le petit monde de l'édition québécoise, qui trop souvent ressemble à un groupe de pèlerins devant le Mur des lamentations, voici que ces trois têtes d'affiche de notre littérature reprennent du service à la direction des principales collections de livres de poche de chez nous.Et ce, au moment même où, en France, le Livre de poche, la célèbre collection de Hachette qui a réussi à s'emparer du nom pour en faire une marque de commerce, célèbre avec faste son quarantième anniversaire.Bien sûr, aucune comparaison n'ebt possible entre notre Bibliothèque québécoise, la collection TYPO ou encore Québec 10 \u2022 10, et ce qui se fait en France.Depuis la parution de Koenigsmark de Pierre Benoît, en février 1953, la collection Livre de poche a publié, en France, plus de 2000 titres, lesquels se sont vendus à 700 millions d'exemplaires.Ic , nen de semblable.N'empêche que le livre de poche québécois se porte plutôt bien.condition, bien sûr, que les différentes maisons ne se tirent pas dans les jambes, notre marché étant trop petit pour cela.C'est pourquoi, en entrevue il y a quelques jours, Gaston Miron \u2014dont Sogides annonçait le retour à l'édition pour prendre la direction de la collection de poche TYPO\u2014 nous disait qu'il avait l'intention de rencontrer ses confrères des maisons concurrentes pour tâcher de conclure, en quelque sorte, des pactes de non-agression ! De tout pour tous L'année 1993 a débuté par Tan-nonce que la Bibliothèque Québécoise, prestigieuse collection de livres de poche appartenant à trois éditeurs québécois (Leméac éditeur, les Éditions Fides et les Éditions Hurtubise HMH ), s'était donné une nouvelle directrice générale en la personne de Marie-Andrée Lamontagne, directrice de la revue Liberté quelques semaines après avoir été pendant un bon bout de temps secrétaire de rédaction de la revue Études françaises.Le catalogue de la Bibliothèque Québécoise, créée en 1988, compte maintenant 73 titres, à raison d'un tirage moyen de 2000 à 3000 exemplaires par titre.Le best-seller de la collection, bien sûr, ce sont les Poésies complètes d'Emile Nelligan, qui se seraient vendues à 160 000 exemplaires.Québec 10 #10, la collection créée par les Éditions internationales Alain Stanké en 1977, a quant à elle publié 115 titres avec des tirages moyens de 3000 à 10 000 exemplaires, selon l'oeuvre.Bonheur d'occasion, de Ga-brielle Roy, s'y est vendu à 145 000 exemplaires.Depuis peu, la collection est dirigée par le romancier Victor-Lévy Beaulieu.Il ne faut pas oublier Boréal Compact, qui a publié 41 titres, dont le principal best-seller est sans doute L'Histoire du Québec contemporain de Linteau, Duro-cher et Robert.À ces collections, il faut mentionner au Québec: la Courte Échelle qui ne publie qu'en format de poche ses oeuvres pour la jeunesse; Québec-Amérique; les Éditions Pauline ; certaines maisons du Nouvel âge comme Mortagne.En France: en plus de Livre de poche, Folio, la Série noire, Gallimard et, bien sûr, Que Sais-je, les Presses universitaires de France publient des ouvrages destinées à un public à la recherche de livres de référence de haute tenue.Gaston Miron, qui, avec Alain Horic, avait fondé en 1983 la collection TYPO chez l'Hexagone, n'a rien jusqu'ici qui puisse approcher les chiffres de vente des autres.Mais, dit-il, c'est qu'il aime prendre des risques, qu'il publie des oeuvres qu'il sait n'être pas des best-sellers, mais qu'il croit néanmoins nécessaire d'immortaliser.Comme Le Mariage blanc d'Ar-mandine ou Les Hypocrites de Berthelot Brunet.Ou encore La mort au verger de Gilbert Cho-quette.Ou le premier titre à voir le jour depuis son retour à la tête de la collection, le 74e depuis les débuts.Les demi-civilisés, le roman de Jean-Charles Harvey qui fit scandale dans les salons de ia Vieille capitale dans les années 30.Le best-seller de TYPO, ce fut l'anthologie La poésie québécoise de Laurent Mailhot et de Pierre Nepveu, qui, en livre de poche, se vendit à 20 000 exemplaires.Lettres d'une autre de Lise Gauvin et La Question du Québec de Marcel Rioux se sont vendus tous deux à 8000 exemplaires dans cette collection.Bref, pas de chiffres faramineux.Mais il en faut davantage pour décourager l'intarrissable Miron, qui prend autant de plaisir à la direction d'une collection que Michel Bergeron à la tête d'une équipe de hockey! C'est qu'il est plein de projets, Miron, et se fait fort d'en convaincre la direction de Sogides.Il est ouvert à tous les genres littéraires: romans et récits, poésie, essais, histoire.Mais son grand projet serait de s'asseoir avec ses concurrents et de s'entendre afin d'éviter que toutes les maisons se lancent sur le même auteur ou la même oeuvre en même temps! Par exemple, fait-il remarquer, les oeuvres de Saint-Denys Gar-neau deviennent cette année du domaine public, comme le furent il y a quelques mois celles de Nelligan : a-t-on les moyens que chaque maison se lance dans une édition de son Journal ou de ses poèmes?Cela serait, croit-il, se tirer dans les jambes.Mais amener nos maisons à se concerter sur une formule de «repêchage» de tels auteurs, supposerait un changement des moeurs dans notre petit monde de l'édition.LES BONNES LECTURES CHEZ VLB EDITEUR E Christian André Séguin UNE ENFANCE TRAHIE La collection «Des hommes en changement» propose le récit hallucinant d'un enfant au destin troublant.Abandonné par ses parents, placé et déplacé dans des familles d'accueil ou des centres d'hébergement plus de trente fois par les services sociaux, il a subi des violences physiques et sexuelles qui n'ont pas été sans laisser de traces.C'est ce témoignage unique que l'auteur, qui a aujourd'hui 21 ans, nous livre.146 pages \u2014 16,95 S » a \u2022 L'H AGONE n > l'HEXAGONE Lieu dîstînctif de l'édition littéraire québécoise Andréanne Foucault LES QUATRE CAVALIERS DE L'APOCALYPSE Ce documentaire, que quelque 700000 téléspectateurs ont pu voir il y a plus d'un an à la télé de Radio-Canada, est maintenant un livre, abondamment illustré.Un ouvrage qui pose les vraies questions, qui s'adresse au grand public et à tous ceux et celles qui ont è coeur de sauver notre planète.Collection «Science et conscience».164 pages \u201416,95 $ Emile Martel LE DICTIONNAIRE DE CRISTAL Coll.Fictions 164 pages \u201419,95$ Nouveauté.Les proses-méditations d'un styliste inoubliable.Il y a des dictionnaires pour savoir ou pour décrire, pour traduire ou pour comprendre.Celui-ci est pour sentir, s'éloigner et être moins seul avec soi-même et avec tous les autres humains.André-G.Bourassa et Jean-Marc Larme LES NUITS DE LA «MAIN» Cent ait do sitotaolts air la boulevard Saint-Laurent Cet ouvrage, abondamment illustré, propose le tableau saisissant de 100 ans de spectacles dans cette rue remarquable.C'est là qu'est né notre cinéma, que le burlesque s'est épanoui, que l'opéra chinois et le théâtre yiddish ont atteint leur apogée, que les night-clubs ont connu leur heure de gloire et qu'est apparue la modernité du théâtre québécois.Un «must» dans la collection «Études québécoises».368 pages \u2014 24,95 $ Rober Racine LE MAL DE VIENNE Coll.Fictions 208 pages \u201419,95 $ En rappel.Un premier roman incomparable d'imagination.«Le mal de Vienne est une oeuvre aénéreuse où s'ordonne, en spirale, dans le condensé de plusieurs siècles de culture musicale /littéraire, une authentique fête du langage.» \u2014 Réjean Bonenfant, Le Sabord.Linda Trudel et Fhsttoit canadien d'éducation des adultes LA POPULATION FACE AUX MÉDIAS Un ouvrage, extrêmement bien .documenté, qui fait le point sur les médias écrits et électroniques, et qui permet de mieux comprendre leur rôle et leur fonctionnement.Un ouvrage indispensable pour les professeurs et les étudiants en communication.224 pages \u201419,95 $ Patricia Lamontagne RUSH PAPIER CISEAU Coll.Poésie 96 pages \u201412,95 $ Finaliste du Prix Nelligan 92.l'J.ie énergie rythmique tout à fait stimulante.une espèce de déferlement.C'est une tentative ultime, un déchirement entre dire les choses et les donner comme elles sont.» \u2014 Hugues Corriveau, Lettres Québécoises.«Écriture débridée, tout à fait fin de siècle, qui se veut à la fois apocalyptique et amorce d'un renouveau.\u2014 Hélène Marcotte.Québec Français.la petite maison vlb éditeur de la grande littérature Paul Chanel Malenfant LE VERBE ÊTRE Coll.Poésie 128 pages \u201416,95$ Nouveauté.Un livre qui marque le sommet d'une démarche exemplaire.Le verbe être se porte simultanément à l'affût de la pensée et des saveurs, à la rencontre des objets et des souffles coupés par l'émotion des vivants.i m q Albert Jacquard rêve d'un monde sans prison pierre vennat ¦ Tout le monde a le droit de rêver.D'un monde d'amour, de plein emploi, de prospérité et de santé, où guerre, maladie, pauvreté, chômage, violence, seraient des réalités et même des mots inconnus.Mais personne ne pourra lire le dernier livre du généticien Albert Jacquard, Un monde sans prisons?, son vingtième, sans éprouver un profond malaise.Non pas que Jacquard, bien connu au Québec où il a d'ailleurs séjourné à nouveau ce mois-ci, invité de l'Association québécoise des troubles d'apprentissage, n'ait pas fondamentalement raison.Bien sûr qu'un monde sans prison serait l'idéal.Tout comme un monde sans hôpital, sans orphelinat et, pourquoi pas, sans policier ni militaire.Albert Jacquard a déjà construit des scénarios réalisables dans ses précédents ouvrages.Mais cette fois-ci, force est de dire que c'est tout comme s'il s'était laissé aller à écrire que vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade! Bref, Un monde sans prisons?se lit comme un trait d'utopie, une encyclique du pape qui lancerait un appel aux hommes en faveur de la vertu et de la répudiation du péché.Personne ne peut être contre, mais dans le fond, personne n'y croit trop.D'ailleurs, Jacquard en est conscient.«Proposer une société sans prison, c'est s'exposer aux quolibets ou à l'insulte, écrit-il.Vous êtes perçu dans le camp des assassins ou bien, des rêveurs, vous n'avez jamais été aux prises avec la violence, vous ne savez rien de la méchanceté des hommes.Si beaucoup sont d'accord pour améliorer le fonctionnement des prisons, les supprimer relèverait d'une utopie irresponsable».C'est pourtant bien ce que propose Jacquard, non sans être conscient de la tâche à accomplir.Car, admet-il, «une société sans prison est un bel objectif, mais ce n'est qu'un voeu pieux si les voies pour y parvenir ne sont pas sinon tracées, du moins esquissées.À la question: par quoi remplacer la prison?, les réponses sont bien insuffisantes et imparfaites; pis, certaines des propositions parfois avancées peuvent faire le lit d'une société totalitaire, conduisant à des excès dramatiques quand le désir d'ordre efface le besoin de liberté et la conscience de la responsabilité.» m ESSAIS C'est pourquoi pour le généticien-philosophe-pédagogue, « une société sans prison ne peut qu'être une société qui n'a pas besoin de prison».Ambitieux programme, contre lequel personne ne saurait s'opposer, mais qui, jusqu'ici, ne semble avoir été réalisable nulle part.Probablement parce que la prison, admet Albert Jacquard lui-même, est un miroir.Ce n'est pas en le brisant qu'on brisera ce qu'il reflète.Bref, conclut-il, «la disparition des prisons ne peut être que l'aboutissement d'une profonde transformation impliquant notre conception de la faute, de la peine, de la sanction, et surtout de la place que nous attribuons à chacun dans le fonctionnement d'une collectivité humaine».C'est pas demain la veille! UN MONDE SANS PRISONS?, Albert Jacquard, avec la contribution d'Hélène Am-blard.Éditions du Seuil, Collection Point virgule.Paris, 1993.215 pages.10,95 $.Best- Editions québécoises Fiction (romans) 1 Ces enfants d'ailleurs Ariette Cousture Libre Expression (16) 2 Agaguk Yves Thériault Quinze (5) 3 Quelques adieux Marie Laberge Boréal (16) 1 Les dessous du palais .H.Steinberg Pierre Tisseyre (4) 2 Ma vie comme une rivière S.Monet-Chartrand Remue-ménage (7) 3 Retrouver l'enfant en soi J.Bradshaw Le Jour (D Editions étrangères Fiction (romans) 1 Le secret P.Sollers Gallimard (D 2 Nous n'irons plus au bois Mary Higgins Clark Albin Michel (20) 3 La firme John Grisham Robert Laffont (D 1 Marlene Dietrich Maria Riva Flammarion (6) 2 Jamais sans ma fille 2 Betty Mahmoody Fixot (16) 3 Sarah Story Chris Hutchins Belfond (D 1 Le petit Jean Livres pratiques Jean Cournoyer Stankè (3) 2 L'art de conjuguer Bescherelle HurtubiseHMH (2) 3 Horoscope '93 Anne-Marie Chalifoux 7 Jours (3) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Champigny, Demarc, Ducharme, Le Fureteur (St-Lambert), Gallimard, Gameau (Québec), Guérin, Hermès, René Martin (Joliette), Monet, Le Parchemin, Les Bouquinistes (Chicoutimi), Maison de la Presse Internationale, Payette (Sherbrooke), Guy Poirier (Trois-Rivières).Raffln, Re-naud-Bray, Sons et Lettres, W.H.Smith & Classic.FleuveJVoir 3 E.L E C #.« TA BLE.Les Soupers DU TV Prince \u2022 SX*-.?.¦ WJil s Souper4 du \"Prince\": ^u.KOM.A;I DE SaN-ANIONIO LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 14 MARS 1993 B5 ' En quelques lignes geance.Trois hommes consacrent une partie de leur existence à venger un événement survenu à un moment de leur vie.Mais ici, cet état d'esprit qui exige la réparation est davantage un moyen de retrouver la paix avec soi-même qu'une fin.Carole-Andrée Laniel LEGENDES D'AUTOMNE, Jim Harrison, traduit de l'américain par Serge Lentz.Éditions Robert laffont, Paris.1992.33.45$.L'Europe toujours à créer L inversion psychologique xtérieurement, les personnes atteintes du syndrome d'autosabotage semblent décidées à atteindre leurs objectifs.Mais intérieurement, elles s'y refusent.Appelé aussi inversion psychologique, ce phénomène apparaît lorsqu'un individu ne s'accepte pas et refuse d'accepter la réalité telle qu'elle est.Michel Kuc, psychothérapeute à Granby qui anime également des ateliers de croissance personnelle, s'est penché sur la découverte du phénomène et sur l'utilisation de tests musculaires pour détecter s'il y a ou non inversion psychologique.Par le biais de la kinésiologie, il indique comment les deux polarités des êtres humains peuvent être inversées au point de dicter les actions les plus nuisibles.Il explique les causes probables du syndrome, ses caractéristiques, ses manifestations et les façons de le traiter et de le prévenir.Selon lui, les personnes en état d'inversion psychologique confondent leur valeur intrinsèque avec leurs actions.L'image qu'elles ont d'elles-mêmes dépend du regard et des opinions des autres.Comme leur estime de soi repose sur le succès ou l'échec de leurs actions, elles finissent par mettre fin à toute activité et à provoquer leurs propres échecs.Danielle Bonneau L'AUTOSABOTAGE, COMMENT NE PAS DEVENIR SON PIRE ENNEMI.Michel Kuc.Editions Le Jour, Montréal, 1993.114 pages.12.95$ Jim Harrisorï LEGENDES D'AUTOMNE f« Mknt.MM/ l'Wll i.ONS robert Iafiont 992 devait être l'année de l'Europe.Mais la naissance d'un super-État dont Robert Bourassa, avide de «superstructure», parlait comme d'un exemple à suivre pour le Québec, se fait toujours attendre.«L'Europe, peut-on lire dans l'avant-propos de L'État de l'Europe, vaste projet collectif des Éditions la Découverte, a été un bloc d'empires rivalisant pur la conquête du monde.Elle accouchera peut-être un jour d'États-Unis.En attendant, elle n'est rien d'autre qu'un objet politique non identifié.» Cela dit, le bilan de cette Europe de l'entre-deux, réalisé sous la direction de François Féron et Arme lie Thoraval, est un ouvrage collectif des plus intéressants, selon la formule à laquelle nous ont déjà habitués les Éditions la Découverte dans leurs états du monde annuels.Une centaine de collaborateurs aussi illustres les uns que les autres y ont contribué et en font un ouvrage de référence précieux, sinon nécessaire, à quiconque s'intérese à l'Europe en devenir.Pierre Vennat L'ÉTAT DE L'EUROPE, sous la direction de François Feron et Armelle Thoraval.Éditions La Découverte, Paris.1992.651 pages, 54.95$.Trois récits de vengeance Les rééditions permettent deux choses fort appréciables: ou bien elles font découvrir un livre d'un auteur dont l'oeuvre commence à être justement reconnue ou alors elles font revivre l'émotion d'une lecture passée.Légendes d'automne est paru une première fois en 1981.Ensuite il y a eu l'admirable Dalva et autres romans inspirés par la violence de l'homme et le silence de sa nature.Mais ce qui étonne dans le cas de cette réédition, c'est que le livre est déjà paru en 1991 en format poche dans la collection 10/18 (13,50$).La réimpression de l'original se vend presque trois fois plus cher» soit 33,45$! Évidemment, Robert Laffont a pensé à ceux qui ne lisent pas ça, des livres de poche.|im Harrison raconte brutalement l'itinéraire de ces Américains solitaires et cruellement blessés par leur destin.Parfois, c'est leur âme qui porte les cicatrices les plus visibles, mais d'autres fois, c'est le corps qui est brisé, arraché et saigné.Tout est violent chez Harrison, tout est mesuré pourtant.Les esprits qui ont habité le nord-ouest des États-Unis et les habitants du Montana hantent son oeuvre de leurs vies guidées par la vengeance, la dureté, l'odeur des bêtes, la sauvagerie du paysage et le trouble des sentiments.Légendes d'automne se compose de trois récits de ven- j_i_ Oui est Jane?n a dit de Joy Fielding qu'elle était la reine du suspense domestique.L'écri-vaine prolifique et populaire a un talent spécial pour écrire des histoires tendues, pleines de suspenses \u2014et éminemment crédibles\u2014 sur des femmes en crise.Après Kiss Mom-my Goodbye et The Deep End, Qu'est-ce qui fait courir fane?en donne la preuve éclatante.«Une après-midi de printemps, Jane Whittaker sortit pour acheter des oeufs et du lait et oublia qui elle était.» Jane se retrouve dans le centre-ville de Boston, sa robe couverte de sang, avec près de 10000 dollars dans ses poches et aucune idée de son identité.Même si elle est perturbée et terrifiée, elle procède logiquement.Après 24 heures de calculs intelligents, qui lui vaudront l'admiration et la sympathie de tous les lecteurs, elle se rend au poste de police d'où elle est amenée à 1 hôpital de Boston pour une batterie de tests.Par chance elle rencontre son mari, le beau Michael Whittaker, un célèbre chirurgien pour enfants.Michael semble être le mari parfait et à mesure que Jane apprend les détails de leur vie commune, elle est incapable de comprendre pourquoi elle se méfie de lui.Michael a de curieux points de suture sur le front; Jane a l'impression qu'on la drogue constamment.De plus en plus mal à l'aise, Jane panique, se sauve mais elle est retrouvée par son mari toujours compatissant.Puis la terreur reprend.|e me ferais écarteler si j'en révélais plus.Disons simplement que les personnages sont convaincants, l'allure preste, l'action manipulée avec doigté par une auteure qui nous tait dévaler avec plaisir la pente d'un suspense psychologique exceptionnel.Claude M arc il OU EST-CE OW FAIT COURIR JANE?.JOV Fielding.traduit par Elisabeth Gallov.JClattès.1992.473 pages.34.95 $ L'écrivain Paul Toupin, photographié en 1960.D'autres souvenirs de Paul Toupin ¦ «le ne suis [.] nullement triste et honteux parce que je suis peu lu.Le public est une corporation à laquelle je n'ai jamais tenu.Écrire, c'est ne compter que sur soi-même.» On reconnaîtra peut-être dans ces mots l'indépendance et la hauteur de Paul Toupin, qui vient de disparaître.Compter sur soi-même, parler de soi-même.Le temps dira si on a raison de retenir de l'oeuvre de Toupin son versant autobiographique ou si la critique ou le théâtre valent mieux.Pour l'instant, les recueils de souvenirs paraissent s'imposer davantage.Paul Toupin n'avait pas épuisé cette veine.De nouveaux souvenirs, qui évoquent les figures de Teilhard de Chardin, de M.François Rozet, de Marcel Valois, de Willie Chevalier et de Montherlant lui-même \u2014 que l'écrivain admirait\u2014, avaient été soumis à son éditeur de toujours, M.Pierre Tisseyre.Grâce à l'amabilité de M.Robert Soulières, directeur littéraire au Cercle du livre de France, La Presse publie ici le premier texte de ce recueil encore inédit.Le titre est celui qu'a choisi l'auteur; «Naissance d'un misanthrope» conviendrait tout aussi bien.R.M.De l'école au collège asser d'un Jardin d'enfants où les Soeurs de la Providence parlaient du bon Dieu comme de leur père, de la sainte Vierge comme de leur mère, et des anges gardiens comme des meilleurs amis, passer de cette école à un collège de Jésuites, c'était tomber sous une tutelle implacable.Aux visages souriants des religieuses succédaient des visages de bois.En prenant place, le collège se donnait un air de supériorité autoritaire.J'arrivai à Brébeuf en enfant soumis, respectueux.Parce que prêtres et réputés savants, les Jésuites m'intimidaient.Je les croyais parfaits.Mais peu à peu, d'une année à l'autre, ma timidité s'émoussa, mon respect se dégrada.Ils ne parvinrent pas à m'inté-resser à ce qu'ils enseignaient.Était-ce mal enseigné?La question ne se posait pas, et me l eût-on posée que j'étais trop jeune pour y répondre.Plus tard, je compris pourquoi j'étais réfrac-taire à leur pédagogie.Pourquoi me serais-je intéressé au latin quand le professeur me disait: «Comme punition, vous traduirez 100 lignes de Cicéron.» N'était-ce pas dévaloriser une langue dont le français est l'enfant que de l'utiliser comme sanction scolaire?Brébeuf, sans être un petit séminaire, en avait la mentalité.La pratique de la religion y était obligatoire.Chaque mois, on devait remettre à un confesseur de son choix un certificat de confession dûment signé.Je cédais involontairement à ce que l'Ancien Testament nomme onanisme, Stendhal vice de collège, la médecine masturbation, et les confesseurs de l'époque: péchés d'impureté.Offensais-je réellement Dieu?Par quelle aberration mentale, des prêtres éducateurs associaient-ils la chasteté du corps à la pureté de l'amour divin! Pourquoi troublaient-ils la conscience d'un adolescent en y implantant un complexe de culpabilité?Vatican II a levé, paraît-il, certains interdits relatifs au péché mortel de la chair.C'est insoumis, méprisant, frondeur et anticlérical que je sortis de Brébeuf.Une plus forte influence que celle des lé-suites m'avait transformé: l'adolescence.De 14 à 17 ans, je fus criblé de furoncles, d'anthrax.S'ils ne se résorbaient, j'allais à Saint-Luc où les perçait et nettoyait un chirurgien, ami de mon père.L'opération à froid m'arrachait des larmes que je m'efforçais de refouler.Un pansement au cou, un autre sous un bras, tremblant de fièvre, je rentrais à la maison; épuisé, je m'étendais tout habillé sur mon lit et dormais.Des cauchemars me réveillaient, l'étais malheureux et j'avais honte de l'être, m'imaginant que tout le monde était heureux.Ces courtes et fréquentes visites à l'hôpital préludaient à celles, plus lonques et inquiétantes, qui ponctueraient mes 55 ans.La vie collégiale m'ennuyait et j'y participais peu.Dieu merci! j'étais externe, rêveur, paresseux.Les autorités promouvaient les mêmes valeurs que celles de l'establishment qui leur servait de cadre: domination du plus fort sur le plus faible, du plus grand sur le plus petit.Le premier de classe incarnait le succès, l'intelligence surtout s'il répétait, mot à mot, ce que disaient ses professeurs.La jalousie, la délation, l'hypocrisie germaient.On adulait déjà les sportifs.Les passe-droits étaient courants.Les élèves richards méritaient plus de considération que les moins riches qu'eux.Le snobisme pointait: il était plus honorable de résider à Westmount, à Outremont qu'à Saint-Henri, quartier pauvre de Montréal.Un incident faillit me faire expulser du collège: avec \u2022des camarades, on avait mis le feu à un drapeau britannique.Le recteur écuma, et pour réparer cet affront au symbole de notre colonialisme, me traita de «tête brûlée», lapsus qui me fit sourire.En résumé, la lecture (je n'ai jamais tant lu), la musique et surtout l'amitié me protégèrent de cette ambiance collégiale si anémiante.Un who's who de la «collaboration» recense 700 auteurs français compromis avec le fasc Agence France Presse PARIS ¦ De Pierre Drieu La Rochelle à Marcel Aymé, en passant par Claude Roy et François Chalais, ils furent 700 à collaborer à Je suis partout, «Grand hebdomadaire de la vie mondiale», devenu sous l'Occupation le principal organe du fascisme français.Pierre-Marie Dioudonnat (Se-dopols) publie, sous forme d'un Dictionnaire des écrivains et journalistes, la nomenclature biographique des 700 rédacteurs de le suis partout : 1950à 1944.Robert Brasillach, Lucien Reba-tet, Pierre-Antoine Cousteau (frère de l'académicien et océanographe) et Alain Laubreaux furent les porte-parole de ce magazine qui publia 677 numéros, du 29 novembre 1930 au 16 août 1944, avec une interruption (juin 40-fé-vrier41 ).Ces têtes d'affiche, tout comme la présence de Drieu La Rochelle (22 articles et une pièce), n'étonnent guère.Mais celle de Claude Roy, critique au Nouvel Observateur, Vési plus.Il signe dans Je suis partout, de février 1938 à la défaite, une quarantaine de textes littéraires.Il entre ensuite dans la Résistance et rejoint le Parti communiste à la fin 1943.Il collabore ensuite à la presse de gauche.On relève également les noms d'Henri Troyat (deux articles, 1937 et 1938), Jean Anouilh (deux articles et pièces de théâtre), Marcel Aymé (textes, roman, nouvelles), Jacques Perret ( 10 articles 37-40), René Barjavel, Georges Blond, André Fraigneau, Kleber Haedens, Marcel Jouhan-deau.Trois autres signataires prestigieux, Pierre Gaxottc, animateur et éditorialiste ( 1930-1940), Thierry Maulnier ( 10 articles 1937-1940), Michel Mohrt (10 articles en 1943), entrèrent tous trois, après-guerre, à l'Académie française.Parmi les journalistes: Jean de Baroncelli (un article et une nouvelle, 1941 ), qui fut ensuite critique au Monde; Morvan-Lebesque (trois articles, 40-41 ), journaliste au Canard enchaîné après la guerre; François Chalais, sous le nom de François-Charles Bauer, en fut le critique littéraire (1944); Sennep.le dessinateur (de 1937 à \\943); et Emile Vuil-lermoz, le critique musical ( 1943-1944).Enfin, le cruciverbiste Max Favalelli y collabora de 1937 à 1939.Pierre-Marie Dioudonnat, l'auteur de ce Dictionnaire qui dirige également sa petite maison d'édition (Sedopols), a publié entre autres un ouvrage sur le suis partout (La Table ronde, réédition en 1987) et L'Argent nazi à la conquête de la presse française : 1940-1944 (1981).Nouveau Roman Le rade escalier Jeanne Voidy d'Amérique Dans les librairies et les bibliothèques Distribué ^ar Québec-Livres _ ^^^^ LES LIVRES CHANGENT MONDE Simone fc«f rrf *m UJ*H'-:.\\ \u2022.\u2022»'\u2022 *\u2022 m m r WH illitS.uo ' |K*SK s v\\ OIMN I : -.ur.: N.i i SAYOt» L'AIMEX et le i i.hiim tWm ' Le uttor ù i» «r;;j 1.1 u-ii-i h «nkm: ls \\.> l \u2022 « »:r.\\ W i; \\sr\\ V* Le ohm fe* l'aumentatio* L'Allé : V:jn\\ | '.\\:J\\f»_*: vi.-vV !.:\u2022> \u2022 o:ît \u2022: :> Il \\ l^^.^H.t> Lt» tXtftl'tCtB Les maladies ei pakasites Us -uado» (t LiU M»IN> Pi L*.\\i LES SOINS oe la KAV 1.1» PEI.in El UltOS PROMLCMT.S L;% \\- :u\\ *T 1 .-sixs m>i\\a les rftftiiEfts sotxt Le cakkf.i ue s\\*î* î» *aknft i>» iy:'vi.Ils xjv»»;.f.s m :-*v.fkS | h'vji.i \\ $r nAtf.rft» Lt lOlUIIAM u :. \u2022 OC S'ADttESSER ek CAS d'tMffttCX Drs *»oms Pt«v \\,«\\ts DfS 1>K smc\\ P.:i ^ I.V-.|-: m m m r s m m Mon chien, mode d'emploi Éric Pier Sperandio LX-125 - ISBN 2-89381-111-6 252 pages - reliure rigide - 24,95 f Vous n'aurez jamais un meilleur ami: apprenez tout sur lui» de A à Z, en un seul livre.m Mi \\J L: t: \\*.«r Urgence chien De Bellefeuille, Dr Bovle et Blood LX-119 - ISBN 2-89381-096-9 157 pages -12,95 $ Au secours! Mon chien s'est cassé la patte! Il s'est fait frapper par une auto! Il s'est fait morare! Que faire?.1 \u2022m LOGIQUES Dist.excl.: LOGIDISQUB Tél.: (514) 933-2Ç25 FAX: (614) 933-U182 » Il \" - LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 MARS 1993 ¦hmmhihmi mm RM I RRMMMMHI Le martyre des premiers Irlandais du Québec VINNAT ¦ «Avec la parution de la version française du livre Crosse Ile, Gateway to Canada 9 je présente plusieurs parcelles d'une grande histoire, celle de l'Immigration au Canada.Comme le Québec fut la première région du Canada à faire face aux plus grandes vagues d'immigrants, celles du XIXe siècle, il est nécessaire que l'histoire de la première terre sur laquelle les nouveaux arrivés posèrent leurs pieds, soit présentée».Les Québécois savent de leur histoire ee qu'on a bien voulu leur enseigner.Si donc, du moins du côté francophone, on sait tout ou à peu près sur les aléas de la Nouvelle-France, des Patriotes de 1837» du Rapport Durham et les causes de la Confédération, que sait-on des autres habitants de notre territoire?Lm origines des Irlandais Si la majorité des Québécois sait que le 17 mars est le jour de la Saint-Patrick, fête des Irlandais, on ignore à peu près tout de leurs origines.Même si ceux-ci sont omniprésents depuis le plus célèbre de tous les Irlando-Québécois, le premier ministre Brian Mulroney, sans compter ceux qui sont complètement francisés comme les Claude Ryan, Daniel et Pierre-Marc Johnson ou Robert Burns.Combien de Québécois savent que du 10 mai au 24 juillet 1847, 4572 Irlandais sont morts au Québec dans la région de la Vieille capitale?Que le 30 septembre de ,la même année, les journaux de Québec rapportaient que 3292 enterrements d'immigrants irlan- dais avaient eu lieu cette année-là dans les cimetières de la ville?Et que dans la Grosse Ile, où on tentait de maintenir les immigrants malades en quarantaine, il y en avait eu un nombre encore plus élevé?Personne ou à peu près.Les Irlandais du Québec, eux, le savent.Des ouvrages publiés en anglais comme The Voyage ofthe Nampira, par le Frère lames Mangan ou encore Crosse Ile Ga-teway to Canada, leur ont raconté la tragique odyssée de leurs ancêtres.Du pourquoi de leur entreprise suicidaire pour franchir l'Atlantique: la famine sévissait en 1847 en Irlande et d'une mort landais qui ont essaimé partout par la suite, grâce notamment à l'adoption, par de bons Québé- cois francophones, des nombreux orphelins abandonnés par suite du décès de leurs parents.Il IM SOCIETE certaine, ils préféraient courir le risque d'une mort probable, mais peut-être évitable.Une initiative de Marianna O'Gallagher Ces ouvrages circulaient peu en français.C'est pourquoi Marianna O'Gallagher, née à Québec de parents irlandais, historienne diplômée de diverses universités dont l'Université Laval, et profes-seure d'histoire à l'école secondaire Saint-Patrick de Québec, a décidé d'y voir.Elle a donc fondé Carraig Books, petite maison d'édition de la Vieille capitale, laquelle a traduit en français la saga de ces Ir- Les milliers d'Irlandais qui arpenteront aujourd'hui la rue Ste-Catherine pour la traditionnelle parade de la Saint-Patrick sont les descendants des survivants des drames de La traver' sée du Naparima ou de ceux qui ont survécu à un séjour à Crosse Ile: Porte d'entrée du Canada.AURORE L'ENFANT MARTYRE Répertoire québécois.De René Richard Cyr d'après le texte de Léon Petitjean et de Henri Rollin.Production du THÉÂTRE DE L'ÎLE.Mise en scène de Chrystiane Drolet.Distribution : Patricia Bouchard, Sylvie Breton.Jean-Paul Cossette, Claude Henri.Alexandre Houde, Serge Lafrenière, Nathalie Nadon, Jean-Pierre Paradis, Stéphane Quinn, Robert W.Waddle et Maryse Prévost.Jusqu'au dimanche 21 mars.Maison du Citoyen, Hull Réservations : (819) 595-7455 LES BELLES-SOEURS Répertoire québécois.De Michel Tremblay.Production de LA COMPAGNIE JEAN DUCEPPE.Mise en scène de Denise Filiatrault assistée de Monique Duceppe.Distribution : Denyse Charrier.Renée Cossette.Jasmine Dubé.Sylvie Dubé.Monique Jory.Nicole Leblanc.Danielle Lecourtois.Danièle Lorain.Sophie Lorain, Pauline Martin, Béatrice Picard.Adèle Reinhardt, Pierrette Robitaille.Francine Ruel et Sonia Vachon.Jusqu'au samedi 27 mars.Théâtre Jean-Duceppe, Place des Arts, Montréal Réservations: (514) 842-2112 C'est ainsi que Ton trouve maintenant une excellente traduction de La traversée du Naparima, un roman basé sur l'authentique journal de bord d'un enseignant irlandais sur un des bateaux maudits ou à peu près tout le monde mourut de la peste, oeuvre du frère lames Mangan.Ou encore Crosse Ile: Porte d'entrée du Canada 1832-1937, de Marianna O'Gallagher elle* même.Les Irlandais du Québec sont maintenant parfaitement intégrés.Et ils ne craignent pas, tout en respectant leurs ancêtres irlandais, de dire merci aux Québécois et à leurs ancêtres tricotés serrés: «Ces ancêtres, conclut Marianna O'Gallagher, ont reçu dans leurs foyers les centaines de petits orphelins et orphelines irlandais et ils ont entretenu dans ces en* fants, la pieuse mémoire de leurs parents morts d'une injuste famine.Les Québécois d'aujourd'hui sont les héritiers de ces ancêtres.» Les milliers d'Irlandais qui arpenteront aujourd'hui la rue Ste-Catherine pour la traditionnelle parade de la Saint-Patrick sont les descendants des survivants des drames de La traversée du Naparima ou de ceux qui ont survécu à un séjour à Crosse Ile: Porte d'en\" trée du Canada.LA TRAVERSÉE DU NAPARIMA.James Mangan.Traduction par Rita Rotoicnaud et Rose Qompierre.Carraig Books, Québec.146 pages.GROSSE HE: PORTE D ENTRÉE DU CANADA.Marianna O'CaMagher.Traduction par Micbeie Bourbeau.Carraig Books.Québec.148 pages.ObéUx lubrfqiM, oeuvre ou ptogtert?Agence France Presse KARLSRUHE.Allemagne ¦ La cour de cassation fédérale de Karlsruhe a donné partiellement raison à un éditeur de Mu* nich attaqué en justice par Albert Uderzo, co-créateur d'Astérix.Un tribunal munichois avait interdit la vente de parodies des aventures du petit guerrier gaulois, retenant parmi d'autres motifs la publication d'une image d'Obélix complètement nu feuil* letant un magazine pornographique.La cour de cassation oblige ainsi les juges de première instance à se prononcer sur le fond : s'agit-il d'une création artistique, comme le prétend l'éditeur, ou d'un vulgaire plagiat, comme le dit Uderzo?LE DÉSIR SOUS LES ORMES Répertoire contemporain.D'Eugène 0Neill.Traduction d'Yves Sauvageau et de Robert Ripps.Production du THÉÂTRE POPULAIRE DU QUÉBEC.Mise en scène de Martine Beauine assistée de Claire L'Heureux.Distribution : Clément Cazelais, Philippe Cousineau, Michel Daigle.Nathalie Gascon.Patrick Goyette et Aubert Pallascio.Jusqu'au samedi 20 mars.Maison de la culture Frontenac, Montréal «Ht rotions: (514) 59 8-5810 AU CARRÉ ST-LOUIS 3453, St-Denis, Montréal H2X 3L1 845-7617 m A L'hypocrisie suprême suite de la page 81 nous avons pour le «paraître», dont est directement issue la nouvelle mode du politically correct.«Ça m'agace suprêmement.C'est l'hypocrisie suprême: même si le mépris est deux fois plus grand envers les handicapés, par exemple, il faut faire semblant dans le langage», lance l'g meure.«Avec de tels personnages, le paraître est obligé de disparaître.Parce qu'ils subissent la condamnation ou l'indifférence quotidiennement, ça en fait des êtres extrêmement intéressants, face à une société modelée par son désir de manipuler les apparences», explique-t-elle.Car les personnages secondaires qui gravitent autour de Max sont tous, à divers degrés, victimes de leur apparence: d'une trop belle Maggie à un lulius Einhorne obèse, d'une Pauline se trouvant désespérément ordinaire à un Laurel obsédé du sport, que Max dessine tous infatigablement.L'auteur a dû entrer dans ce monde coloré de la peinture pour achever son récit.«D'ailleurs, la plupart des écrivains rêvent de devenir peintres un jour, pour avoir enfin ce geste qui vient des tripes, sans avoir besoin de triturer indéfiniment les phrases».En attendant la peinture, elle dont la scénarisation est le deuxième métier se console au cinéma en participant à temps partiel à la réalisation du film que Paule Baillargeon a tiré de son premier roman, qui en est à l'étape du montage.«C'est toujours un choc de voir son oeuvre adaptée en images, mais cette fois-ci, disons que c'est le choc le plus agréable», conclut-elle en riant.ne invitation uiiverle a Ions 1rs iitualws île ilieaire.Composez le 1800 668-BELL pour connaître le montant que vous pourriez épargner sur vos frais d'interurbain grâce aux plans d'économie de L'interurbain Bell.Par la même occasion, inscrivez-vous au tirage de 2 prix de 500$ en billets de théâtre, applicables aux spectacles de votre choix et de 10 appareils téléphoniques «Jazz»*, d'une valeur de 50$.Aucun achat requis.Le tirage aura lieu le 22 juin 1993 à 16n00.à l'agence Allard Direct.555 boiH.René-Lévesque Ouest.Montréal QC H2Z1B1 où les règlements du concours sont disponibles sur demande.Composez le 1800 668-BELL et demandez l'opérateur 222.Tcléboutique Bell I 'mti/riirb.un Bell LE FAUCON Répertoire québécois.De Marie Laberge.Production du THÉÂTRE DE L'ÎLE.Mise en scène de Gilles Provost assisté de Danielle Grégoire.Dtttribulion : Denis Archambault, Hedwige Herbiet et Claude Marquis.Jusqu'au samedi 20 mars.Théâtre de l'Ile, Hull Réservations : (819) 595-7455 METAMORPHOSES Un monde sans fin.Création québécoise.Texte, mise en scène et musique de Mario Boivin.Production de TESS IMAGINAIRE.Distribution : Benoît Dagenais, Robert Lavoie.Michel Leroux, Heather Mah, Renée Montesinos, Ndjouga Sarr et Anne-Marie Provencher.Jtsqu'au dimanche 21 mars.Salle Multimédia, Musée d'art contemporain, Montréal lions .(514)847-6212 LE PAIN DE LA BOUCHE Création québécoise.De Joél da Sitva.Production du THÉÂTRE DE QUARTIER.Mise en scène de Joél da Sirva et de Lise Gionet.Distribution : Marie-Hélène da Silva, Joël da Silva et Louis-Dominique Lavigne.POUR LES 6 ANS ET PLUS Jusqu'au dimanche 21 mars.Maison Théâtre, Tritorium, Cégep du Vieux-Montréal Réservations: (514)288-7211 Four plus d information, veuillez consulter le dépliant THÉÂTRE À L'AFFICHE.SunLife JANE SWIGART LE MYTHE DE LA MAUVAISE MERE Les réalités affectives de la maternité \\ 4 RfTOfOM / ¦OtMT IAPVONT Le mythe de la mauvaise mère par Jane Swigart Un livre qui fera du bien à toutes les mères.19,95$ Autres titres de la Collection Réponses: Le défi de reniant Ma mère, mon miroir Tout se joue avant 6 ans Aime-toi, la vie t'aimera En vente chez les libraires suivants: Renaud Bray, Champigny, Dcmarc, Sons et lettres, Payette, G.G.C., Archambault, Galeries de Granby, Richelieu, Eaton centre-ville, Nova, St-Sauveur, Orfbrd, Odyssée, Monic, Au boulon d'ancrage, L'Essentiel, Coop U.QAH., Coop U.QAT., Embarcadère Le Conseil québécois du théâtre i,.0 yg| ROBERT LA F FONT LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 MARS 1995 B7 Pour la saveur et le plaisir de lire MARIO nov ¦ Le journal et le livre sont deux choses distinctes qui visent des buts essentiellement différents en empruntant des voies qui sont rarement les mêmes.Le passage des choses écrites d'un média à loutre s'effectue en générât assez mal, vu le risque \u2014entre autres dangereux écueils\u2014 de voir en chemin s'évanouir dans la nature la finalité, le prétexte, le sens, du texte à l'origine conçu et publié.De façon assez surprenante, ce n'est pas le cas des Chroniques de l'air du temps, de Jean Barbe, un recueil de textes d'humeur publiés depuis 1984 dans La Presse, puis dans Voir (dont il fut le rédacteur en chef), dans Le Soleil et livrés à la radio de Radio-Canada.On connaît Barbe pour sa présence à La Bande des six.Pour ses images douteuses qui l'ont mené devant un Pierre Bourgault scandalisé et rageur.Pour son roman, Les Soupers de fête, un cent millionième roman introspectif du Plateau Mont-Royal qui ne passera pas à l'histoire.Pour ses chroniques dans Voir, surtout, où il a semblé pendant quelques années tester des idées au petit bonheur la chance, accouchant indistinctement et sans repentir de bons flashes et de nombreux errements que l'on recevait avec force haussements d'épaules en se disant que, comme les crises d'adolescence, ça allait finir par lui passer.Le fond cachait souvent la forme: la prose de Jean Barbe est fort joliment tournée, elle est un heureux mélange de classicisme et de savoureuses hardiesses, bref, elle se laisse lire pour elle-même, pour la joie de voir un habile artisan des mots travailler le matériau brut pour en faire de belles constructions bien solides, bien assises, bien droites.Avec quelque chose à l'intérieur.Car l'éditeur a lui aussi fait là-dessus un beau travail \u2014 sauf pour la faute sur la quatrième de couverture, comme le «bébé à six doigts» de ce malheureux Etienne Caradet dans Le Parcours du premier roman.Le choix (hormis deux ou trois papelards vraiment trop collés sur une actualité envolée), l'enchaînement et le système de présentation des textes (des Histoires d'amour aux Histoires de bêtes) sont irréprochables.Et on a flushé les emportements brouillons de Barbe peur ne garder, dans la plupart des cas, que ses textes tendant à l'intemporalité et à une certaine universalité.Le plus beau, peut-être, le plus candide, le plus franc et, peut-être encore, le plus courageux, est cette Lettre à mon frère, cette peine d'amour \u2014 quoi de plus banal?\u2014 qui remue tout de même, après cent mille autres peines d'amour, parce que l'homme l'a écrit tout nu, «.au bout LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE :W::>A!A*>w:W de ce désert dont nous enrageons de savoir qu'on y survit, viendra un jour l'indifférence, cet effroyable désaveu de nous-mêmes, cruel et nécessaire», en se repassant, sans doute, l'hymne, le monument du vieux Ferré, «.tout seul, peut-être, mais peinard .avec le temps, on n'aime plus».Il y a aussi les petits et grands faits divers, le couple Anglehart/Fréchette, le Mur, l'Irak, qui constituent de fabuleux prétextes à littérature que Barbe ne rate pas.Il y a les jeunes \u2014ah! les jeunes!\u2014 dont on soupçonne qu'ils ne feront ni mieux, ni pire que nous, et dont Barbe surveille malicieusement les premiers embrigadements en raillant les cyniques séducteurs de ces «cons sommés de consommer».Barbe veut que l'on bouffe ses Chroniques «comme on grignote des muffins, par petites bouchées distraites».C'est un objectif réaliste, une digne et bonne entreprise, l'aime bien l'idée de lire comme on bouffe, pour la saveur et le plaisir, rien de plus, mais rien de moins.Le plat est réussi.chroniques de L'AIR du temps.Jean Barbe.Boréal.Montréal.1993.218 pages.19.95$.La Femme seule.et les autres REGIHALD MARTEL M «Un homme la quitte et la revoici seule.» Ainsi commence le roman de Mme Paule Noyart, Vigie, dont la parution dans la collection Romanichels d'XYZ éditeur serait presque un label de qualité, d'originalité en tout cas, si le directeur littéraire M.André Vanasse s'était retenu d'y faire figurer son propre roman, Avenue De Lorimier, le désolant bâclage qu'est Soigne ta chute, de Mme Flora Balzano, ou l'insupportable salmigondis de M.André Brochu, la Vie aux trousses.Malheureusement, Vigie ne va pas rétablir la solidité déjà gravement compromise de ladite collection.Quelqu'un nous quitte et le poète a bien raison: tout est dépeuplé.Le romancier a le choix de raconter ce qui fut, et pourquoi on en est arrivé là, ou de tourner la page et d'inventer ce qui sera.Mme Noyart a choisi la deuxième voie.La protagoniste sans nom \u2014elle n'aura droit qu'au pronom\u2014, rompra dans une même foulée avec ce qui, à part l'homme qui l'a quittée, occupait ses jours: son travail, qui n'était qu'une manière de tuer le temps sous l'assaut de la routine, et le lieu même où elle vivait.Souffre-t-elle, cette femme dévastée, et comment?Mme Noyart ne va pas y voir.Comme l'ont fait déjà tant d'auteurs, elle entraîne son personnage au delà d'elle-même, dans une errance qui n'est pas exempte de folie bien vendable, même si les gens qu'elle fréquente sont manifestement plus fous qu'elle, tels cette vieille femme délirante ou ce vieil homme Paule Noyart : son roman Vigie est paru dans la collection Romanichels d'XYZ.que l'usure des ans aura privé de sa mémoire et peut-être de sa conscience.L'héroïne, dirait-on, est en quête de contacts et d'expériences dont la somme finira par lui refaire une vie qui sera l'envers de la précédente et son désaveu définitif.Cette entreprise thérapeutique, si c'est est une, ne peut avoir de sens que dans la mesure où, entre celle que j'appellerai la Femme seule et les autres, surgira un échange, hors des codes de communication conventionnels puisqu'il le faut, qui permettra à cette femme de définir à nouveau son identité, de transcender en quelque sorte sa solitude, pour qu'elle ne l'habite pas tout entière.Rien de tel n'a lieu : les gens rencontrés ont l'air de fantômes, tels ils pas- sent et puis s'en vont, vers leurs propres solitudes, celle de la mort cérébrale ou celle de la mort tout court.La Femme seule, il est vrai, s'intéresse aussi à des êtres qui ne sont pas des morts-vivants.Une chienne, celle qui donne son nom au roman, un éboueur, un adolescent un peu frileux d'âme qu'elle comblera de plaisir presque malgré lui.Voilà au moins un trio avec qui il est possible pour elle de s'enfuir, même de façon temporaire, de sa prison de solitude.Il n'est pas sûr qu'elle y parvienne, si on songe qu'on ne parle de la tendresse des chiens que par rapport a celle des humains, comme d'un ersatz donc.Avec l'eboueur, que la romancière a fait gentil mais fruste de maniè- res et de langage rudimentaire (je me demande bien pourquoi), la Femme seule éprouvera au moins le délicieux plaisir d'hésiter entre la peur physique qu'il lui inspire et le désir, tout aussi physique, qui l'atteint dans ces replis de son être, et de tout être, où la culture n'a aucune chance de triompher de la nature.Personne, directeur littéraire excepté, ne croira à cette histoire à dormir debout.Pour favoriser la rencontre du texte et d'un lecteur, il aurait fallu, au minimum, que le narrateur (ou la narratrice) n'endossât pas d'emblée les états d'âme de la Femme seule et qu'il en fît au contraire une sorte de critique interne, pour démontrer la vacuité presque totale d'un discours tellement ténu qu'il tourne à vide, sans portée parce que sans support dramatique.Comment peut-il, ce narrateur, sinon par imprudente identification à la Femme seule, écrire: «Elle qui n 'a ni présent ni avenir /.] », quand c'est son rôle justement de dénouer le fil du temps?Tant de maladresse, ou de naïveté peut-être, aura empêché que l'émotion n'imprègne ce petit roman trop bien écrit où elle aurait apporté, sinon l'espace du rêve ou du désir, au moins celui du quotidien.Sans relation dynamique avec les autres, même nocive et même funeste, la Femme seule n'exprime jamais la totalité du peu qu'elle croit être au moment où «un homme la quitte et la revoici seule »\\ la componction du narrateur l'interdit tout autant, irrémédiablement.VICIE, roman de Paule Noyart.124 pages.Collection Romanichels.XYX, éditeur, Montréal.1993.17.95$.m ¦ Tout en lisant.JACQUES FOICM-RIBAS I collaboration spéciale - i ¦ Les voyages intimes ervé Guibert s'en va-t-en voyage, au plein soleil du Pacifique sud.Il aboutira en Afrique où vivent des animaux rampants, crapauds et lézards, et surtout un monstre que depuis plusieurs livres Guibert cherche à apprivoiser: la maladie.Course vers la mort, tel est le symbole de ce livre, si vous voulez bien le croire.En tout cas, c'est l'impression que l'on a, lorsqu'on referme ce court roman, le dernier d'Hervé Guibert mort du sida l'année passée.Et comme on connaît tous, je veux dire la mafia des lecteurs, l'histoire de l'auteur par le menu, la difficulté sera de croire ce que ce livre raconte: un couple de jeunes amants voyage en Polynésie.Lui, c'est l'héritier d'une grosse fortune suisse, qu'il essaie de dépenser au plus vite.Elle, c'est l'héritière Heinz y le ketchup, oui.Amours qui veulent être dangereuses et utilisent le canon d'un pistolet.Étreintes marines et Hervé Guibert sous-marines (layne Heinz est championne de natation).Amours de vacances telles que n'en rêvent plus, me dit-on, que les femmes de ménage grecques de Westmount.Notez que je n'ai rien contre les femmes de ménage grecques.C'est tellement gros, ce bonheur hétéro-richard au soleil de Bora Bora, que cela porte à rire.Mais on tient bon, car on aime le sucre fondu.On se régale de scènes amoureuses qui semblent tirées d'un Harlequin.Notez que je n'ai rien contre les Harlequin.Le couple mène la grande vie, se baise et se rebaise sur la grande vitre qui, au beau milieu du parquet du bungalow, fait voir les poissons fluorescents.Le pied.Le lagon, en-dessous, est parfois visité par un petit garçon qui prend des clichés des amants.Clichés est le mot.On prend des bains de soleil en lisant Strindberg et en écoutant les Cocteau Twins.La classe.Bref, à partir d'un certain degré de cucuterie, un roman devient une oeuvre d'art.C'est ce qui se produit ici, par cette sorte de miracle dont Hervé Guibert est familier.le dis miracle parce que je ne sais pas comment il s'y prend, le constate un plaisir de lecture, presque une jubilation, je me laisse emporter, voilà tout.Et puis, il y a la fin du livre, ces dernières pages dans lesquelles Guibert tient une sorte de journal d'urgence, puisqu'il sait qu'il va mourir.Ah oui, j'ai oublié de vous dire que layne était morte, dès le début du récit.Il y a donc disais-je, la fin du livre, qui n'est pas une explication mais plusieurs, en même temps, et contradictoires.Quelque chose de fort, soudain.De la littérature.|e n'ai rien contre la littérature.Un autre voyage, mais vers les sources celui-là, vers l'arrière, vers l'adolescence, de ce jeune crucifié que fut Michel del Castillo.Moitié Français, moitié Espagnol, abandonné par ses parents, exilé de tous les pays, devenu un écrivain considérable.r il Michel del Castillo chargé d'honneurs, et qui vient de faire publier Le crime des pères.Michel retourne en Espagne, donc, à Huesca, où il a vécu lorsqu'il était jeune, dans une famille d'accueil.11 raconte, à la fois son retour dans une Espagne d'aujourd'hui et ses réminiscences d'hier, sous la dictature de Franco, dans un pays que, dit-il, il hait.On le comprend, tant l'évocation est saisissante.Pitar la phalangiste, Bernardo le curé, Anton le père de ses filles, Nieves la mère, sont des personnages de chair et de sang, chauds et froids, terribles, taillés d'une pièce comme on dit.Vous aurez du mal à les oublier, et tant d'autres qui se clouent aux pages de ce livre.C'est un roman grave.Très J espagnol, dramatique, tragique.Tempéré sans doute par la douceur française que Michel del Castillo porte en lui.Guibert, c'était le paradis.Castillo, on dirait l'enfer.Mais un enfer de tendresse.LE PARADIS, par Hervé Guibert.roman.141 pages, éditions Gallimard.Paris.1993.LE CRIME DES PERES, par Michel oei Castillo.roman, 295 pages, éditions du Seuil.Paris.1993.Anne Hébert : être deux fois au monde Le dernier recueil d'Anne Hébert, Le Jour n'a d'égal que la nuit se divise entre les poèmes anciens inédits, écrits de 1961 à 1980, et les poèmes nouveaux, écrits de 1987 à 1989.en ¦ Écrire un poème?«C'est tenter de faire venir au grand jour quelque chose qui est caché.Un peu comme une source souterraine qu'il s'agirait d'appréhender dans le silence de la terre.» Encore une fois, comme elle l'avait fait en 1953 dans Le Tombeau des Rois avec Poésie, solitude rompue, Anne Hébert revient nous parler de l'expérience «profonde et mystérieuse» de la poésie dans un magistral texte d'ouverture à son nouveau recueil intitule Le lour n'a d'égal que la nuit.Il y avait trente-deux ans que Mme Hébert n'avait pas publié de recueil de poésie.Pourtant, elle n'avait jamais cessé de s'adonner à l'écriture poétique, ce qu'elle appelle elle-même le travail d'un sourcier.«Le poète est au monde deux fois plutôt qu'une, écrit-elle.Une première fois il s'incarne fortement dans le monde, adhérant au monde le plus étroitement possible, par tous les pores de sa peau vivante.Une seconde fois il dit le monde qui est autour de lui et en lui et c'est une seconde vie aussi intense que la première.» Une célébration de la parole Le Jour n 'a d'égal que la nuit se divise entre les poèmes anciens inédits, écrits de 1961 à 1980, et les poèmes nouveaux, écrits de 1987 à 1989.Dans les deux parties deJ'ouvrage, j'ai retrouvé cette célébration de la parole qui Anne Hébert\t LE JOUR N'A D'ÉGAL\t QUE LA NUIT\t \t \t \t m'avait tant ébloui autrefois lors- Îue je lus pour la première fois Le 'ombeau des Rois.Mais cette fois cette parole a pris les colorations du thème de l'appartenance.Dans des textes comme Terre originelle, il y a l'affirmation du pays, «son nom à graver sur la neige», «notre droit devant nous à débarbouiller telle une monnaie enfouie sous la peur».Ailleurs, dans un texte intitulé Fin du monde, et écrit lors de la crise des missiles de Cuba, il y a aussi l'affirmation du monde à travers un grand cri contre la folie destructrice qui menace la planète.Dans les textes plus récents, le lecteur retrouvera aussi certains thèmes anciens et chers à Mme Hébert, dont ceux du songe, de «l'âme dormante», de la mort mais ils seront presque toujours contrés par de la lumière, par des jardins plus fleuris, par des matins radieux et par l'amour qui est source de rédemption.Ainsi Bel été célèbre à sa façon la splendeur du monde: Soleil à tue-tête Sur la mer à midi Flèches d'or Ardente déraison le file sous l'eau verte À la recherche de l'âme du feu Qui brille parmi les algues Les thématiques antinomiques Anne Hébert a toujours eu cet* te capacité de#faire jaillir des thématiques antinomiques, l'eau et le feu ici, le jour et la nuit ailleurs, avec une écriture fulgurante, c'est-à-dire avec une densité telle du sens qu'elle nous fait oublier avec quelle économie d'écriture elle élabore ses architectures poétiques.Ce nouveau recueil, publié à la fin de l'année dernière, enrichit l'ensemble de son oeuvre déjà impressionnant.Pour ceux qui ont Anne Hébert Œuvre poétique *1 V \u2022 i' pan à J * m déjà en bibliothèque les oeuvres poétiques antérieures de Anne Hébert, l'édition réalisée par Bo-réalSeuil de Le lour n'a d'égal que la nuit complétera à merveille votre collection.Pour les autres, je signale que 'es éditions du Boréal viennent de publier l'ensemble de l'oeuvre poétique de Mme Hébert, incluant Le lour n'a d'égal que la nuit, dans sa collection «Compact».LE JOUR N'A D'EGAL QUE LA NUIT.Anne Hébert Poèmes, coédition BorealSeuil.1992, 80 pages 18.95 $ ANNE HEBERT.OEUVRE POETIOUE 1950-1990 Les editiefîs du Boréal, collection Compact.Montréal.1993.168 pages.10.95 $ 38 LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 14 MARS 1993 s » va**: ¦\\.*.P: * * .¦ , I .Ml s ;%.I ^ ï La vie des v ¦ \u2022 -\u2014\u2014\u2014 Salon du livre de Trois-Rivières es amateurs de littérature Ha de la Mauricie ont une dernière chance, aujourd'hui, de fréquenter le Salon du livre de Trois-Rivières, qui a débuté '.mercredi et se termine ce soir.L'événement, qui s'annonce .réussi cette année comme ce fut d'ailleurs le cas l'an .dernier, se déroule au Centre des congrès de l'hôtel Delta, au centre-ville de Trois-Rivières.Que voulez-vous lire?Les lecteurs de TéléPlus ont sûrement pris connaissance, au début de 1993, de deux annonces inusitées dans notre petit monde de l'édition.Sogides demandait en effet aux lecteurs de notre guide de télévision: «Avez-vous des suggestions de livre?» et « Avez-vous un manuscrit à publier?» Dans la première, l'important consortium propriétaire des Editions du Jour, de l'Homme, de VLB, de l'Hexagone, des Quinze et des Éditions La Presse, demandait aux lecteurs de La Presse et des autres quotidiens recevant notre téléguide du samedi: «Y a-t-il un sujet qui vous .intéresse ou vous préoccupe et sur lequel vous souhaiteriez .qu'un livre soit publié?Faites-nous part de vos suggestions en nous écrivant».; Dans la deuxième, on demandait aux auteurs dans onze catégories: vie pratique, 'psychologie populaire* sciences humaines, \u2022documents, essais, loisirs, sports, tourisme, musique, ; beaux livres et biographies, et 'qui se cherchent un éditeur, de faire parvenir leurs, manuscrits pour étude.1 Selon lames de Gaspé Bonar, c'est parce que sa maison est à ; l'affût de nouvelles tendances ( qu'un tel appel a été lancé.À > la suite de la parution de ces annonces pendant quatre ; semaines, Sogides a reçu plus de 100 manuscrits et quelque :70 lettres de suggestions de 'livres, dont plusieurs sont dignes d'intérêt.Il faudra toutefois attendre les prochains mois pour constater les résultats concrets de cette expérience, ici, hors - des sentiers battus.: Le Marathon d'écriture C'est jeudi de cette semaine, au Cégep André-Laurendeau, de LaSalle, en banlieue de Montréal, au Cégep de Chicoutimi et à l'Institut maritime du Québec, à Rimouski, que se tiendra l'édition 1993 du Marathon national d'écriture.À André-Laurendeau, plus d'une cinquantaine d'étudiants de partout au Québec se sont donné rendez-vous.Pendant 24 heures, ces écrivains en herbe écriront, sur le thème On n 'arrête pas le '.printemps.Le marathon, placé sous la .présidence d'honneur de Bruno Roy, président de l'Union des écrivaines et écrivains du Québec, attirera également, comme invités de marque, le romancier Emmanuel Aquin; la directrice d'Arcade et spécialiste de l'écriture au féminin, Claudine Bertrand ; la journaliste du Devoir, (osée Boileau; et les romanciers Louis Caron et Marie Laberge.L'idée est non seulement de faire rédiger les auteurs en herbe mais également de les : familiariser pendant ces 24 heures aux différents genres d'écriture: le récit, l'opinion, l'humour et la poésie.Cette année, le marathon favorisera davantage l'échange, notamment par la lecture des textes des étudiants, la participation des écrivains invités et par les échanges des écrits entre les trois institutions où sé déroule l'événement.Le public peut assister à cette activité hors du commun, visant à démontrer, notamment, que les jeunes ne sont pas indifférents au pouvoir d'expression écrite et qu'ils ne forment pas qu'une génération passionnée exclusivement des jeux Nintendo et de télévision.On parle de Renaud-Bray à Paris L'initiative de Renaud-Bray de créer, en 1990, une librairie-jeunesse parallèlement à sa librairie régulière, chemin de la Côte-des-Neiges, à grands renforts de cassettes, jeux, jouets et objets divers, fait parler d'elle jusqu'à Paris où l'hebdomadaire Livres-Hebdo, considéré comme la bible de l'industrie de l'édition en France, lui a consacré un article avec photo dans un numéro récent.Dix mille titres en rayons, 700 références de cassettes et livres-cassettes, 300 vidéos et 3000 références de jeux et jouets, Renaud-Bray sert ainsi d'exemple aux librairies de la francophonie tout entière.Deux ans et demi après le lancement de leur nouveau concept, les libraires de Renaud-Bray se frottent les mains.Le livre représente 55 p.cent du chiffre d'affaires contre 45 p.cent pour les jeux et autres produits.On reconnaît que nombreux sont ceux qui, surtout parmi lés bibliothécaires de jeunesse, critiquent le magasin, mais sans la peluche ou l'épée en plastique, Renaud-Bray ne pourrait se permettre un tel assortiment de livres de jeunesse.Et chaque fois qu'on agrandit, c'est le livre qui est prioritaire.Cette année, Renaud-Bray «adulte» tout à côté, recevait Mi Ile feuille et Gaston L'Heureux.Cela lui fit une belle vitrine tout l'hiver.La lutte féroce avec Champigny continue toujours, mais de faire parler de soi jusqu'à Paris a de quoi flatter l'ego.\u2022 Si votre bat de carrière l'aile.MARIE LECOMTB collaboration spéciale H La récession vous a-t-elle fait perdre votre emploi, mis à la retraite avant terme ou détérioré vos conditions de travail à tout jamais?Qu'à cela ne tienne! Choisir sans tout subir, le deuxième livre de Suzane Proulx, spécialiste en transition de carrière chez l'adulte, propose des outils pour réfléchir à la réorientation de votre vie professionnelle.F LIVRES PRATIQUES t \u2022 1 « Choisir sans tout subir aide les personnes en transition de carrière à faire des choix et à les réussir», explique Suzane Proulx.Il s'adresse aux adultes d âge moyen qui ont déjà été sur le marché du travail et qui cherchent à se réorienter: les chômeurs ou les jeunes retraités par exemple.Il leur fait prendre conscience de leurs acquis et des options réelles dont ils disposent.; Avec la récession, les structurel du marché du travail ont changé de fond en comble.Le nombre d'emplois permanents a diminué, les secteurs protégés (les emplois gouvernementaux par exemple) n'existent plus, le chômage n'épargne personne et ia société nourriciere>est en voie de disparition.«Pour s'adapter à tous ces changements et se réorienter avec succès, il faut faire une démarche contraire à celle que les gens font habituellement, poursuit Suzane Proulx.Avant de tenir compte des limites du marché du travail, il faut se regarder vivre et bien identifier ses valeurs et ses intérêts.C'est de cette façon qu'on trouve un nouvel emploi ou que Ton crée son propre emploi.Bien que ce soit plus difficile en période de récession, ça reste possible; j'ai plusieurs clients qui pourraient en témoigner.» Mais une transition de carrière ça se planifie! Choisir sans tout subir identifie les différents facteurs auxquels doit réfléchir une personne en transition de carrière avant de partir à la recherche d'un emploi et fait également l'inventaire des peurs 3ui peuvent l'affecter.Au cours e ses quinze ans de pratique professionnelle, Suzanne Proulx a remarqué l'existence de peurs spécifiques \u2014dont la peur de l'inconnu, de l'échec et du ridicule\u2014 qui se manifestent en début de transition, et disparaissent graduellement, avec la résolution de celle-ci.«Ces peurs apparaissent et disparaissent dans un ordre très précis; elles ne sont pas pathologiques et s'évanouissent dès que la personne agit.» Choisir sans tout subir, un livre à lire un soir de tempête, avec un crayon, beaucoup de papier et toute sa tête à soi.CHOISIR SAKS TOUT SUBIR.Sufene Proulx.Éditions du Méridien.Dans la grande tragédie.avec Tardi JOCELVME LIMGE ¦ La belle histoire triste! À vrai dire, leux pour mourir n'est pas une belle histoire; c'est même une histoire horrible.Mais elle est tellement tordue, tellement entortillée dans la boue de la vraie vie, comme l'aurait aimée Louis-Ferdinand Céline, qu'elle en est belle.C'est une tragédie d'enfants perdus (comme ceux de Liverpool qui ont tué un bébé) et de parents délinquants de la «zone», comme on appelle les banlieues pauvres en France.Seul Jacques Tardi, lui-même célinien, pouvait rendre avec autant de grâce ce polar des années cinquante emprunté à Géo-Charles Véran, un illustre inconnu dont on n'aurait peut-être jamais entendu reparler si le dessinateur ne s'en était pas mêlé.Jacques Tardi fait partie des quelques grands de la bande dessinée française avec Fred, par exemple, Bretécher, Moebius, F'Munr, Lauzier, Bilal, et plus récemment Boucq.Pour certains, il est même le plus grand.Ce n'est pas la première fois que Tardi adapte un roman populaire à la bande dessinée.Il l'a fait avec deux Léo Malet: Brouillard au pont de Tolbiac et 120, rue de la Gare.Et il a illustré, comme cela se faisait autrefois, trois romans de Céline.Mais pour ces ouvrages «adaptés» autant que pour d'autres dont il était l'unique auteur ( Ici Même, Le démon des glaces, etc.) dont l'action se déroule à l'époque de la Première Guerre mondiale, Tardi nous avait habitués au noir et blanc qu'il maîtrisait comme un vieux graveur du XIXe siècle.feux pour mourir dont l'action se passe dans les années cinquante, se déroule en couleurs, des couleurs Technicolor, rappelant celle des films américains de la même époque.Le noir et blanc ne sert qu'une fois, sur deux pages, à évoquer les souvenirs d'un flic qui remontent aux années trente.11 y a comme ça plusieurs références au cinéma.Mais Tardi y joue avec la couleur rouge comme s'il s'agissait du noir et blanc, avec des rouges sur fond rouge comme on n'en a jamais vu dans la B.D.Il y a des petites images dans cette histoire qui sont sûrement des clins d'oeil amusés à Matisse.Comme il l'a toujours fait, peu importe l'époque où il situe ses actions, le dessinateur a soigné l'authenticité des décors, des environnements et des détails mobiliers ou autres.Ça fait partie du charme de Tardi.Une autre partie de son charme vient du fait que ses héros n'en sont pas.Même la célèbre >4dé/e Blanc Sec est une belle rebelle qui fume le cigare, boit son petit verre et haït les flics.Et ses méchants sont plus souvent qu'autrement des gens de pouvoir, en particulier les plus élevés dans la hiérarchie policière, politique et scientifique.Seul Jacques Tardi pouvait rendre avec autant de grâce ce polar des années cinquante emprunté à un illustre inconnu.Avec le Jacques Tardi des Malet, Céline et Véran.nous ne sommes pas dans la bande dessinée pour enfants ni dans les histoires divertissantes.Nous sommes dans la grande tragédie.Et les albums ne sont plus limités à 48 pages comme c'est traditionnellement le cas.leux pour mourir est un gros album de 240 pages.JEUX POUR MOURIR, Tardi.Casterman, 240 pages.31.95$.Du polar anglais noir et au masculin GILBERT GRAND ¦ Complètement obnubilés par les « reines du crime » ( P.D.lames et Ruth Rendell) et leurs innombrables prétendantes, éditeurs et lecteurs francophones en oublient presque qu'en Grande-Bretagne le roman policier se conjugue également au masculin.ROMAN POLICIER \"m WÊÏÊÊÊW Sans trop fouiller, on parvient à rassembler une bonne vingtaine d'auteurs actuellement en vogue outre-Manche, et dont les trois quarts ont été traduits au moins une fois en français.Mais qu'ils plantent leurs intrigues dans les milieux du théâtre (Simon Brett ), des courses (Dick Francis), des tribunaux (John Mortimer), des antiquaires (Jonathan Gash), en Inde (H.R.F.Keating), à l'époque victorienne (Peter Lovesey), qu'ils soient polyvalents (julian Symons, Peter Dickinson, Mi-chael Gilbert, Reginald Hill), «ils parlent toujours du crime comme d'une partie de cricket» (Patrick Ray n al dixit).Le grand négligé demeure le roman noir, dont l'unique défenseur était, croyait-on, Robin Cook avec des récits aussi incontournables que On ne meurt que deux fois ou Les mois d'été sont meurtriers (Série Noire).Mais voilà qu'on découvre les Dan Kava-nagh et Michael Dibdin à l'humour noir ravageur, ou les Timo-thy Williams et James McClure aux enquêtes policières sur fond de crise politique (Italie et Afrique du sud ).À l'origine de cette renaissance, Robin Cook place Ted Lewis, mort en 1976, et dont Rivages Noir a publié fin 1991 Le retour de lack.Dans ce récit datant de 1971 et marqué au sceau du désespoir et de la fatalité, un homme retourne au pays pour venger la mort d'un frère pourtant ennemi.Que le premier soit devenu gangster et le second ait tenté de demeurer honnête, n'est qu'apparence: tous deux étaient condamnés d'avance dans cette bourgade sinistrée par le chômage entre ses terrils et les murs d'usines désaffectées où se fracassèrent leurs rêves d'enfance.Un même sombre constat social Vingt ans plus tard, William Mcllvaney dresse, dans le boule- versant Étranges loyautés, le même sombre constat social à partir d'une réalité et d'une thématique assez proche.Là aussi, un homme cherche à élucider la mort suspecte d'un frère renversé par une voiture.Non pour se venger mais pour comprendre et trouver la vérité, sa vérité en fait, quoi qu'il en coûte.Car cet homme qui doute et souffre est Jack Laidlaw, cet inspecteur de Glasgow qui lit Camus et Unamuno et qui est le héros inoubliable d'une tétralogie comprenant également Laidlaw, Les papiers de Tony Veitch et Big Man (tous chez Rivages Noir).Dans sa douloureuse quête, Laidlaw se heurte à la méfiance autant de ses proches que de ceux qui ont connu son frère mieux que lui et partagé son terrible secret.Remontant la filière d'un passé commun marqué d'espoirs déçus, d'amours perdus, il n'a que son sens moral aigu pour échapper à ces «étranges loyautés» personnelles qui poussent les êtres à trahir leurs idéaux.Décor réaliste, intrigue aux lents méandres, personnages ambigus, tout sonne juste dans ce polar hors normes dont l'écho vous poursuivra longtemps.L'Angleterre thatchérienne Cette empathie pour les victimes sans défense d'une société toujours plus inhumaine, cette compréhension instinctive de leur misère \u2014pour avoir aussi passé par là \u2014, Laidlaw les partage désormais avec Charlie Res-nick, l'inspecteur vedette de quatre romans (Coeurs solitaires, Rough Treatment, Cutting Edge et Off Minor) de John Harvey.Ce dernier, également journaliste, poète et scénariste, réussit l'impossible: greffer le fameux procédural cher à Ed McBain à la dure réalité de l'Angleterre thatchérienne.Qu'il saigne littéralement pour des enfants battus ou qu'il traque l'assassin de femmes esseulées, Resnick nous touche.Avec ses yeux pochés, ses cravates tachées et son costume râpé, son goût immodéré pour la junk food, intimidé par les femmes depuis un divorce qui fait encore mal, il se console de la méchanceté de ce monde, en écoutant du jazz le soir entouré de ses quatre chats! Un coeur tendre dont on attend impatiemment le retour.ETRANGES LOYAUTÉS, William Mcllvaney.Traduit de l'anglais par Freddy Michalski, Rivages Noir no 139, Paris, 1992.393 pages, 19.95 $.COEURS SOLITAIRES, John Harvey.Traduit de l'anglais par Olivier Schwengler, Rivages Noir no 144.Paris, 1992.346 pages.19.95 $.De bateaux et de bordeaux RtfGIMALD MARTEL ¦ Tous ne suivront pas facilement le capitaine de l'Ansine dans ses voyages sur les lacs et rivières du Québec et des États-Unis.Ce n'est pas que le voyage soit sans intérêt.D'abord, le capitaine est une femme, et de compagnie agréable; ensuite, on y vit des situations amusantes ou inquiétantes et c'est de cela le plus souvent, à moins de vouloir inventer la littérature, qu'on fait un recueil de nouvelles agréable à lire.Le hic, c'est que pour décrire ce qui se passe sur un bateau \u2014 sauf la contemplation des paysages et les activités communes aux gens de mer et aux gens de terre: aimer, boire et chanter\u2014, il faut tout un lexique dont la plupart des gens ignorent le quart du tiers de la moitié.Attendez que je vous explique: «C'est pas absolument sorcier.le me mets en panne, j'affale à demi.Je fixe les bosses et les gar-cettes de ris, je rehisse ce que je peux, je remets en route au près bon tribord amure et je retourne au mât achever de hisser en contrôlant ma barre à distance avec un câble qui court sur tout le pont.qui va jusqu'au nez en fait.et des deux côtés, en continu.» Fallait le dire! Certes, Mme Francine Ouellette a eu la bonté de nous offrir un petit lexique; l'ennui, c'est que tous les mots qu'elle utilise n'y sont pas, il s'en faut de beaucoup.L'Ansine s'adresse donc surtout aux initiés de la navigation à LITTÉRATURE QUEBECOISE voile.Ce n'est pas sa seule originalité, puisque voici un recueil de nouvelles entièrement consacré à des promenades en voilier, auxquelles participent tantôt les mêmes personnages, tantôt des personnages différents, mais toujours le capitaine, Henrietta.Pour l'unité thématique, on ne peut pas faire mieux.D'une nouvelle à l'autre, quand même, les situations changent.En se ressemblant parfois.La première nous apprend que l'homme est menteur: il vous dit sa passion totale pour la voile et voiia-t-y pas frejrvclrve oviellette r se déplace en bande ?\u2014 Être connu, c'est un métier.Ça commence sur une scène et ça se termine sur une scène.Le reste du temps, je vis normalement.le ne me prends pas pour une star, l'aime ses copains, elle aime les miens.On sort, on va en boîte, au ciné, mais on est aussi très souvent tous les deux.D'ailleurs, les boîtes, ça se fait de moins en moins.On va surtout dîner chez les copains.\u2014 Comment votre fille Laura prend-elle cette succession de femmes dans votre vie?\u2014 Avant d'être sûr de moi, j'évite de lui présenter quiconque.Laura adore Karine et c'est réciproque.Sa maman,;;; Nathalie Baye, m'a d'ailleurs dit: «Enfin, tu en as trouvé une qui est au-dessus du niveau.» ZOOM Ë s.Meryl Streep \u2014 Vous êtes une mère de famille plutôt sévère?HgQ évère?Dites plutôt que j'ai un tempérament de nazi! l'interdis.|e crie.|e tempête.Sans doute parce que je suis incurablement pessimiste et que la nature des enfants est d'être résolument optimistes.Néanmoins, je m'affole quand je les vois regarder les clips de Rock satanique à la télé.Trop d'enfants se sont suicidés après s'être laissé endoctriner par ces groupes.Malheureusement, les pulsions sexuelles qui les poussaient â vivre sont réduites â néant par le sida.Alors, que faire?Leur supprimer tout défoulement, toute joie de » vivre?Je ne sais vraiment plus?» Elle LES MOTS cet Agi bst sans pitié \u2014 L'heureux âge de l'enfance.L'enfant qui ne discerne pas encore ce qu'on peut dire et ce qu'on doit taire, parle avec franchise.Le Dictionnaire du gai parler rapporte l'anecdote de la charmante petite fille s'approchant d'une vieille dame dont le visage laid à faire peur s'adoucissait d'une sourire aimant, pour lui dire d'un ton égal et appréciateur: «Oh ! que t'es moche.Madame!» pop-corn 007 remet ça ¦ Nous auront droit cette année au retour de l'infroissable James Bond, incarné pour la troisième fois par Tirnothy Dalton.La saga de 007 est toujours produite par Cubby Brocoli.Il reste à trouver une histoire, maintenant que les romans du Britannique lan Fleming ont été usés jusqu'à la corde.¦ H ar ri son Ford est en tête de la liste des acteurs avec lesquels fulia Robert préfère jouer.Julia envisage de tourner une comédie romantique pour Disney, et elle peut choisir elle-même sa covedette.Si bien qu'elle s'est rendue récemment au Wyoming pour rencontrer Harrison.Mais celui-ci, qui est très heureux en ménage, aura besoin de se méfier, car Julia est connue pour tomber amoureuse de ses co-vedettes: Lia m Neeson, Dylan McDermott, Richard Gère, Kiefer Su-therland et plus récemment, Daniel Day-Lewis, en savent quelque chose.¦ Michael /.Fox fera ses débuts de metteur en scène avec 30 wishes.Il s'agit de l'histoire d'un jeune homme dont les souhaits se réalisent lorsqu'il atteint son trentième anniversaire.Il a déjà réalisé un épisode de la série Taies of the crypt, pour une chaîne câblée.¦ À l'occasion de son 37e anniversaire de naissance, les amis de Billy Idol lui ont offert un party auquel ils avaient invité 37 effeuilieuses.À la fin de la soirée, Billy invita les jeunes femmes qui l'avaient le plus impressionné à le suivre chez lui.¦ Sophia Loren a quitté un restaurant de Rome en claquant la porte, après avoir appris que son garçon de table favori, qui la servait depuis 40 ans, avait été congédié pour avoir pris quelques jours de congé afin de soigner sa femme, atteinte d'un cancer.L'actrice a trouvé un nouvel emploi pour le vieux serviteur de 71 ans et a engagé une infirmière pour demeurer en permanence au chevet de sa femme.¦ Meg Ryan sera la partenaire û'Andy Garcia dans The significatif other, réalisé par Luis Mandoki.L'histoire d'un homme qui s'aperçoit que sa femme est une alcoolique.À l'origine, Alan Pakula devait le mettre en scène avec Michelle Pfeiffer et Tom Hanks.¦ Les producteurs d'Evening Shade ont offert sans succès à Richard Chamberlain 50 000 dollars par épisode pour incarner l'ami d'Elizabcth Ashley.L'acteur a refusé parce qu'il doit se rendre sous peu en Australie pour tourner la suite de la minisérie The Thorn Birds.bien les amis \u2014 de celle-ci flirtaient constamment avec lui.Brooke insistait pour se faire suivre partout de sa meute d'amis homosexuels, et trouvait très amusantes les avances que ces derniers faisaient à lu-lian.Il semble que Julian, quant à lui, n'ait aucunement apprécié ce genre de comportement.¦ fackie Onassis, éditrice de Double-day, était si anxieuse d'obtenir l'autobiographie de Mia Farrow qu'elle l'a suivie sur plusieurs pâtés de maisons sur la Cin-' quième Avenue, à New York, allant jusqu'à lui offrir des arrhes de 1,3 million.Malheureusement, Mia avait déjà signé un contrat de trois millions avec une autre maison d'édition.-.V THnottiy b Mike Figgis (Affaires privées) dirige Sharon Stone dans Original sin.Elle incame une femme hantée par le souvenir d'un homme idéal qu'elle a aimé dans une vie antérieure.Un présentateur de talk-show l'aidera à le retrouver tout en tombant amoureux d'elle.Or, la recherche du passé révélera d'effroyables surprises.¦ Étant donné qu'il 8 composé lui-même la chanson thème de son talk show, Hall or Nothing, Arsenio Hall touche des royalties chaque fois que celle-ci est jouée, ce qui lui rapporte près d'un .million de dollars par an.Arsenio a eu cette idée après avoir appris que son idole, johnny Carson, avait touché des .ii droits d'auteur pendant des années parce' que son nom apparaissait dans la chanson thème du Tonight Show, composée ~ par Paul Anka.¦ lulian Lennon a laissé tomber Brooke Shields parce que les amis \u2014 nous disons ¦ Suzanne Somers, qui continue d'être tourmentée par un hurluberlu, a décidé de faire installer des vitres à l'épreuve des balles et des portes d'acier dans sa demeure de Malibu.Des gardes parcourent de plus la propriété 24 heures par jour.¦ Burt Reynolds a choqué au plus haut ^ point lay Leno et l'auditoire qui assistait à l'enregistrement du Tonight Show, en qualifiant Kathleen Turner de «va-nu-pieds».Burt, qui était l'invité de Leno, avait commencé par déclarer que dans l'un de ses films, sa covedette, «une va-nu-pieds», s'était efforcée tous les jours du tournage de le faire congédier.«Ce fut la pire expérience de ma vie!» Il s'était refusé à nommer l'actrice en question, mais durant une interruption publicitaire, il brandit une carte sur laquelle on pouvait lire: KATHLEEN TURNER, puis la déchira aux applaudissements de l'auditoire.Sources : AP.S \"3T Première.Gk)be Pouvez-vous relier les vedettes masculines suivantes ( ou vice versa ) à leur douce moitié (aux dernières nouvelles)?I.Burt Reynolds 2.Michael Tucker 3.Paul Ncwman 4.Gcraid McRaney 5.Don johnson 6.Steve Lawrence 7.Vie Damonc 8.Hume Cronyn 9.John Tesh 10.Haï Holbrook a.Melanie Griffith b.Connie Sellecca c.|essieu Tandy d.Diahann Carroll e.Loni Anderson f.1 iII Eikenberry g.Delta Burke h.Dixic Carter i.Eydie Gormc j.loanne Woodward RÉPONSES: 1.e; 2.f ; 3.j; 4.g; 5.a;6.i;7.d;8.c;9.b; 10.h Mickey Rourke : du punch tar rebelle et boxeur professionnel, Mickey Rourke ne manque pas de punch ni sur le ring ni dans la vie.La boxe est sa passion, sa thérapie.« Elle m'aide, dit-il, à canaliser mon agressivité et me fait oublier toutes mes frustrations.«|e ne serai jamais champion, j'ai commencé trop tard, à 36 ans.Mais j'aime la compétition, sentir monter l'adrénaline.|e monte encore une dizaine de fois sur le ring et je raccroche mes gants.J'ai pas envie de recevoir trop de coups sur la tète et de finir ma vie le cerveau en quenouille.» Et Hollywood: «Qu'est-ce qu'on veut de moi?Que je me transforme en bellâtre aux cheveux gominés comme Kevin Costner?Que, comme lui, je devienne un acteur sans la moindre imagination?» LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 MARS 1993 Musique fi t Rivest et son orchestre : une réussite CLAUDE GINGRAS ¦ On peut très certainement qualifier de réussis les débuts de l'Orchestre de chambre de l'Université de Montréal, vendredi soir, à la Cathédrale anglicane remplie à sa capacité.Créé et dirigé par Jean-François Rivest, le nouvel ensemble réunit 25 élèves de la Faculté de Musique de l'UdM auxquels s'ajoutent deux professionnels: Vladimir Landsman comme violon-sol o et Jean Fortin comme chef d'attaque d'une section d'altos encore assez maigre.Landsman, comme Rivest, est professeur à la Faculté; Fortin est altiste à l'OSM.Leur présence correspond à celle des «moniteurs» lors de certains concerts de l'Orchestre du Conservatoire, c'est-à-dire qu'elle est avant tout d'ordre «psychologique».Mozart \u2014 s'agit-il d'une simple coïncidence?\u2014 ouvrait et fermait le programme.Il est un peu dommage que l'extraordinaire Adagio et Fugue K.546 ait été réduit à un exercice de mise en place.Préoccupé avant tout d'exactitude, Rivest ne put se concentrer sur l'atmosphère troublante du prélude; plus tard, des flottements entre les groupes affectèrent transparence et justesse dans la fugue.Une petite erreur de programmation, bien pardonnable dans les circonstances.Disons simplement qu'il eût mieux valu sacrifier plutôt quelque petit baroque en «ci».Rivest et ses troupes se ressaisirent très vite et le reste du concert se déroula presque sans problèmes.Mieux encore: bien que ne possédant à peu près pas d'expérience comme chef (quoiqu'il bénéficie de celle d'avoir joué, comme violoniste, sous plusieurs, et de tout calibre), Rivest apporta à la première Suite de Bach et à la fameuse Eine klcinc Nachtmusik (l'autre Mozart du programme) une fraîcheur d'approche manifestement héritée de sa longue association avec la musique ancienne.Il imprima à ses cordes un vibrato sobre; il dota le Bach d'authentiques éléments d'accentuation baroque et y souligna les jeux polyphoniques entre cordes et bois; et il obtint une inhabituelle souplesse de jeu dans la Nachtmusik \u2014 toutes qualités que l'on put apprécier doublement lors des reprises, où d'ailleurs le second énoncé était parfois abordé différemment.Dans le Bach, on sentait que les musiciens avaient du plaisir à jouer; dans le Mozart, nous prenions encore du plaisir à écouter pour la nième fois cette musique.Jean-François Rivest Mes réserves sont minimes.Dans la Nachtmusik, les passages de la Romanze joués par les seuls premiers-violons découvrirent chez eux des problèmes d'intonation à corriger; le mouvement suivant, Menuetto, fut pris trop vite pour un «allegretto».Mais la surprise de la soirée fut le Mahler: l'incomparable Ada-gietto de la cinquième Symphonie (et du cinéma).L'acoustique de la Cathédrale anglicane, très acceptable lorsque le lieu est rempli à sa capacité, ce qui était le cas vendredi, conférait à la sonorité collective des cordes une opulence qui faisait oublier leur petii Spectacles SUITE DE LA PAGE B 10 21 h 50; sam.dim.: 13 h.15 h 30.19 h.21 h 30.StBtsMt (3): 19 h.21 h 30.sam.dim.: 14 h.16 h 30.19 h.21 h 30.Versailles
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