La presse, 1 mai 1992, B. Économie
[" Economie LA PRESSE, MONTRÉAL.VENDREDI 1er MA11992 MONTRÉAL 1759,23 (-4.26) (-0.24%) TORONTO 3355,56 (-1.46) (-0.04%) NEW YORK 3359,12 (?25.94) (+0,78%) DOLLAR CANADIEN 83,95* (+0,25») OR (N.-Y.) 337,60$ (+1.50») Air Canada élimine 350 autres postes, surtout des cadres ans l'espoir de faire oublier des pertes de 218 millions Tan dernier.Air Canada procédera à de nouvelles compressions en éliminant d'ici à l'automne 350 postes, dont 250 parmi les cadres de l'entreprise.Le transporteur \u2014 qui a déjà retranché 3500 emplois dans les dix-huit derniers mois \u2014 n'élimine pas.en plus, la possibilité de faire de nouvelles mises à pied parmi son personnel syndiqué, a déclaré le nouveau président et chef de la direction d'Air Canada, M.Mollis Harris, lors de l'assemblée annuelle hier.M.Harris, anciennement de Delta Airlines recruté il y a quelques semaines, dévoilait un ambitieux programme de redressement, dont le but est de permettre à Air Canada de retrouver le seuil de rentabilité d'ici un an.De même, la société espère augmenter de 300 millions son bénéfice d'exploitation d'ici la fin de 1993, ou l'équivalant de 10 p.cent de ses coûts.L'industrie aérienne internationale n'arrive pas à se sortir de la crise provoquée par la guerre du Golfe, il v a plus d'un an, et aggravée par la récession mondiale.Récemment, l'Association internationale du transport aérien estimait que les pertes des transporteurs s'élèveraient à «plusieurs milliards» en 1991.Des pertes Pour leur part, Air Canada et Canadien International ont déclaré des pertes de 218 millions et de 168 millions respectivement Nombre record de faillites Presse Canadienne OTTAWA La série noire des faillites s'est poursuivie en mars, alors qu'un nouveau record a été établi avec la faillite de 7057 entreprises et particuliers incapables de payer leurs dettes.Le ministère des Consommateurs et Sociétés a indiqué hier que ce bilan, qui concerne 5766 consommateurs et 1291 commerçants, est supérieur de cinq pour cent au total des faillites enregistrées en février.Le précèdent record \u2014 6896 faillites\u2014 remonte à octobre 91.Au cours des trois premiers mois de 1992, 20357 faillites ont été enregistrées.C'est neuf pour cent de plus que les 18604 surve- nues pendant la même période en 1991.Les commerces de détail ont été parmi les plus durement touchés par la récession qui a débuté en avril 1990.Pour l'année 91 tout entière, 75773 faillites ont été recensées, alors que la réorganisation du secteur de la vente au détail et le fardeau de la dette des consommateurs ont obligé les Canadiens à se placer sous la protection fédérale, à l'abri de leurs créanciers.Le député libéral Ronald Mac-Donald s'est dit choqué par ces statistiques, et a déclaré que les faillites semblaient désormais être considérées comme une partie intégrante de l'économie.«On dirait que le gouvernement accepte ça.» l'an dernier.Hier PWA Corp, le holding de Canadien, a annoncé une perte de 74,9 millions pour le premier trimestre de 1992, comparativement à 63,8 millions Kur la période correspondante n dernier.Outre les 3500 licenciements effectués par Air Canada, qui compte aujourd'hui 20500 employés, Canadien a éliminé plus de 3000 emplois depuis deux ans pour ramener le total à 16000.Quant aux compressions annoncées hier, ce ne sont là qu'une «première étape» visant à sortir Air Canada de son marasme financier, précise M.Harris.Le transporteur éliminera quelque 250 de ses cadres d'ici le 1er juillet, par attrition ou par des licenciements, et 100 postes de soutien administratif et technique d'ici le 1er novembre.Air Canada est confiante que ces mesures, qui se traduiront par des économies annuelles de 20 millions, n'affecteront pas ses activités régulières.Selon M.Harris, les résultats d'Air Canada au premier trimestre, qui seront connus la semaine prochaine, montrent une certaine amélioration, notamment au chapitre du coefficient d'occupation.«Mais on ne fait toujours pas de profit.Et c'est à cause de nos coûts trop élevés», a-t-il expliqué devant les journalistes.La compagnie ne sait pas comment les compressions seront réparties dans les régions.Air Canada compte quelque 2500 employés parmi son personnel-cadre, dont la majorité sont à son siège social de Dorval.SUITE À LA PACE B9 Faillites Très faUMe hausse du PIB PageB4 Les citoyens et enterprises canadienne* déclarent faillite MAMJJASONDJFM 1991 1992 Mars '91 Fév.v92 Mars '92 6 258 6 699 7 057 (PC) «Les pourris et les dangereux» miville H y a quelques jours, Bernard Lemaire en a sur- ™ P\"s P'us d un cn affirmant qu'il ne voulait pas, pour relancer une usine de Produits forestiers Canadien Pacifique, réengager les «pourris et les dangereux» qui sévissent parmi ses travailleurs.Était-ce bien ce même Lemaire, fondateur de Cascades, qui a la réputation d'avoir une gestion particulièrement éclairée et humaine envers ses employés?Ces mots publiés en manchette de La Presse ont peut-être fait avorter de difficiles négociations avec le syndicat, et anéanti la possibilité déjà mince de sauver 300 emplois sur les 800 que compte la papeterie de Trois-Rivières.Le président do conseil de Cascades, avec sa franchise parfois brutale, a transgressé un tabou, et mis le doigt sur un problème réel.«|e ne renie pas mes paroles, mais elles ne concernent que quelques employés.Ce n'est pas le cas de l'ensemble des travaiHcuîs, syndiqués ou non», précise-t-il en entrevue.Dans les entreprises Cascades, surtout les syndiquées, explique-t-il, on a développé à l'égard des individus improductifs une tolérance qui s'est transformée en protection.Certes, les syndicats ne sont pas les seuls à blâmer, estime M.Lemaire.Le Tribunal du travail force aussi les entreprises à porter le bois mort, un poids devenu insupportable dans un contexte de concurrence mondiale.Des pourris, «tout le monde sait qu'il y en a, mais personne n'ose le dire aussi directement.» Plus nocif, dit-il, est l'effet d'entraînement de tes moutons noirs.«Pourquoi travailler dur?Pourquoi être attentif à la qualité?Pourquoi être productif quand d'autres ne le font pas, s'en foutent, et que d'aucune manière, on ne peut enlever ces gens du système?» C'est un homme échaudé 3ui parle.Il cite le cas flagrant 'un travailleur de son usine \u2014 non syndiquée \u2014 de Cabano, Que le Tribunal du travail a forcé à reprendre avec pleine compensation.Ses compagnons de travail, outrés par son retour, l'ont ostracise et forcé à démissionner.Dans une entreprise telle Cascades, qui possède une forte culture axée sur la collaboration et l'engagement de tous, les déviants sont ressentis avec autant de douleur qu'une épine dans le pied.À East-Angus, Lemaire rappelle cet autre cas si lourd que même le syndicat a refusé de le défendre.Mal lui en a pris, car le syndicat fut poursuivi et condamné.«Cest le système qui fait défaut.On est allé d'un Le président du conseil de Cascades, Bernard Lemaire, avec sa franchise parfois brutale, a transgressé un tabou, et mis le doigt sur un problème réel.photo ««tmaiooux.upt^ extrême à l'autre.Je me rappelle de mon père, qui était un syndicaliste.Dans son temps on abusait vraiment des employés», raconte Bernard Lemaire.Le pied dans la tombe Les travailleurs de Trois-Ri vières avaient le pied dans la tombe, mais cela n'a pas suffi pour qu'ils réalisent l'ampleur des changements nécessaires.Mais à lonquière, une usine à problèmes pour Cascades, le virage a enfin été pris.En septembre dernier, M.Lemaire déclarait à La Presse: « L'usine de lonquière perd de l'argent, et ça n'a rien à voir avec la technologie ou le marché.C'est un problème de gestion au niveau des cadres- m et des employés qui n'ont pas appris à travailler en équipe.Us vont devoir comprendre.» Quelques jours plus tard, il rencontrait les employés pour leur annoncer de vive voix la fermeture de la moitié des installations \u2014 l'usine de pâte kraft \u2014 et dénoncer, en les regardant droit dans les yeux, «les vicieux» qui empêchent le groupe de fonctionner.SUITE A LA PACE B4 Claude Deux fleurs et beaucoup de pots pour Floyd Laughren allait voir l'ampleur du cirque politico-médiatique déclenché à Toronto autour d'une couple de fuites mineures dans le budget de Floyd Laughren.Scandalisée, l'Opposition a voulu forcer le ministre à devancer le dépôt du document.Des voix indignées ont réclamé sa démission.C'était en tête de tous les bulletins de nouvelles, c'était la manchette de tous les journaux.Floyd Laughren, qui faisait face à ce carnaval pour la première fois de sa vie, ne s'est pas laissé impressionner, et a déposé son budget comme prévu, sans changements.D'autres ont cédé à la pression pour moins que cela.Ne serait-ce que pour son comportement à travers cette tempête aussi grotesque qu'inutile, le ministre mérite une médaille.Les journalistes enfermés dans le huis clos aussi! L'obsession de la fuite, hier, atteignait une telle intensité qu'il était impossible d'aller au petit coin sans se faire escorter et observer tout au long de la manoeuve par quelque taupin de l'Ontario Provincial Police.Et je ne parle pas de mes pauvres collègues fumeurs, à qui il était strictement interdit d'en griller une.Pendant huit heures, et soumis au stress intense de la couverture d'un budget, faut le faire.Une fleur, aussi, pour souligner la qualité remarquable, cette année, des documents budgétaires ontariens.La précision du texte, la clarté des explications, la pertinence des supports graphiques, pourraient facilement servir d'exemple à plusieurs autres gouvernements, à commencer par le fédéral.L'effort de Floyd Laughren et de ses fonctionnaires mérite d'autant plus d'être souligné que l'Ontario, sur ce point, avait un sérieux rattrap-page à faire (notamment par rapport au Québec ).I Bon, voilà pour les fleurs.Maintenant, les pots.On serait spontané porté à se réjouir en voyant que le budget ontarien maintienne le déficit sous la barre des 10 milliards.C'est beaucoup moins que les chiffres terrifiants qui circulaient depuis quelques semaines.Le gouvernement lui-même avait parlé de 14 milliards et plus.Tous les Canadiens, et pas seulement les Ontariens, avaient de bonnes raisons de s'inquiéter.Gardons-nous bien de célébrer trop vite.D'abord, parce que le déficit annoncé hier est de 9,9 milliards.Évidemment, c'est mieux que quinze, mais c'est quand même énorme.Rappelons-nous le tollé provoqué l'an dernier par un déficit de 9,7 milliards.Quelqu'un peut-il alors m \"expliquer pourquoi il faudrait se ré- Suir devant un déficit de 9,9 milliards innée suivante?Ou sommes-nous béatement en train de nous habituer à voir l'Ontario accuser de tels déficits comme si c'était simple routine?La campagne de peur du gouvernment, qui brandissait la menace d'un déficit beaucoup plus élevé, aurait-elle été à ce point efficace?Ensuite, rien ne nous assure que le gouvernenent sera capable de respecter ses prévisions.Les 9,7 milliards de l'an dernier sont devenus, dans la vraie vie, 10,9 milliards.Pour réaliser son objectif, en 1992-93, M.Laughren mise sur une hausse des revenus de 8,6 p.cent, et promet de limiter la croissance de ses dépenses à 4,9 p.cent.S'il y parvient, c'est tant mieux.Mais nous avons trop vu de prévisions erronées, ces dernières années pour ne pas être échaudés (et le mot est poli ).Quant à moi, j'y croirai quand je le verrai, c'est-à-dire dans un an ; en attendant.je ne miserais pas ma veille chemise là-dessus.Pour, entre autres, une raison qu'on ne trouvera jamais dans un document budgétaire.Prétextant vouloir faire payer les riches, Floyd Laughren fesse la classe moyenne de plein fouet.Non seulement augmente-il les impôts pour tout le monde, mais il donne aussi une portée considérable à sa surtaxe (en Ontario, comme au fédéral, les contribuables doivent payer, géniale idée de Michael Wilson, une taxe sur leur impôt).Au nom d'un «partage équitable du fardeau fiscal», tous les particuliers gagnant 53000$ (bruts) ou plus, et que le gouvernement néo-démocrate considère visiblement comme des «riches», sei«.ht assujettis à une surtaxe de 14 p.cent à compter de juillet prochain.Or, à ce niveau revenus, on n'est certes pas dans la misère, mais on conviendra que c'est encore bien loin de l'EI Dorado! Le Canada couve une véritable révolte des contribuables.Ceux qui connaissent le moindrement l'Ontario savent que le mouvement de grogne est déjà fort avancé dans cette province, beaucoup plus Ïi'au Québec, en tout cas.La plaie du opping outre-frontière est plus vive que n'importe où ailleurs (sauf peut-être en Colombie-Britannique), et le travail au noir se développe rapidement.En Ontario seulement, la taille de l'économie souterraine est évaluée à 42 milliards au moins (le PIB de la province joue dans les 280 milliards).Pour le contribuable écrasé et sans voix, c'est le meilleure façon de protester.En augmentant maintenant les impôts des Ontariens, M.Laughren prend une décision aux effets psychologiques «levas- f T tateurs.Le ministre, en sous-estimant manifestement le degré d'écœurement des contribuables, commet un erreur.Il les encourage littéralement à se tourner vers l'économie souterraine.Qu'il ne se surprenne pas, après cela, si ses revenus sont moins élevés que prévus.Le pire, c'est qu'il s'abrite derrière un grossier stratagème pour faire accroire à ses commettants que leurs impôts n'augmenteront pas.Dans son budget de février, le ministre fédéral Don Mazan-kowski, on s'en souvient, a quelque peu réduit la surtaxe fédérale sur l'impôt des particuliers.Le budget de M.Laughren augmente les impôts de tout le monde, dans la même proportion.Autrement dit, ce qu'Ottawa donne, l'Ontario le reprend.M.Laughren prétend que les contribuables qui échappent à sa surtaxe ne paieront finalement pas plus d'impôts.Mais, bon sang, qu'est-ce que c'est que ce genre de raisonnement?Ce dont les contribuables ont le plus besoin, c'est de souffler un peu.Lorsque Ottawa leur donne enfin un tout petit répit ( le montant en cause, pour quelqu'un qui gagne 40000$, joue dans les 125$), l'Ontario se précipite dessus avec la rapacité d'un vautour et l'élégance d'une hyène.Ce que M.Laughren a annoncé, hier, quoi qu'il en dise, c'est une authentique hausse de l'impôt sur le revenu, et personne ne sera dupe de ses tours de passe-passe.Oh, certes! On pourra toujours dire que les hausses d'impôt, après tout, ne seront pas si terribles.Pour quelqu'un qui gagne 60000 $.l'effet combiné de la surtaxe et de la hausse d'impôt signifie que Toronto viendra chercher 350 $ de plus dans ses poches.Ce n'est pas ce montant qui est important.Ce qui compte, en plus de l'effet démobilisateur, c'est que l'on consacre maintenant le dangereux et malsain principe qu'à partir de : 53000 $ de revenus bruts, un contribuable est un riche qu'il s'agit de faire cracher.Sur un autre plan, enfin, le budget de Floyd Laughren déçoit par la maigreur du contenu, comme l'explique mon collègue Philippe Dubuison.L Ontario traverse une période noire; son secteur manufacturier est essouflé, ses grands constructeurs automobiles sont en crise, ses usines ferment, elle compte un million.de chômeurs et d'assistés sociaux.¦ ¦ * % \u2022 ' +- \u2022 Dans les circonstances, on se serait attendu à ce que Queen's Park fasse preuve d'imagination, annonce des initiatives originales et stimulantes.L'Ontario n'a ni Caisse de dépôt, ni SD1, ni REA, ni SPEQ, ni SGF, ni Fonds de solidarité, tous des instruments de relance dont le Québec s'est amplement servi.L'occasion aurait été belle, pour un gouvernement néo-démocrate, de doter la province de tels outils ou d'en concevoir d'autres.Mais non.On mise pratiquement tout sur la reprise de l'an prochain.Difficile d'être plus passif.La seule initiative digne de mention concerne la création d'un fonds d'investissement dans la formation de la main-d'oeuvre et la création d'emplois.Pour le reste, le budget annonce des investissements dans l'équi- -té salariale et la construction de logements sociaux ; il soulage légèrement Tes entreprises du secteur manufacturier (mais, pureté néo-démocrate oblige, assène une taloche aux banques).Tout cela est très « politically correct», mais on conviendra que c'est bien mince pour sortir la province du trou. B2 LA PRESSE, «MONTRÉAL, VENDREDI 1er MA11992 Editorial Paul Desmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardlns Alain Dubuc éditeur adjoint directeur de l information éditorialiste en chef éducation en faillite omme chant du cygne, le Conseil économique du Canada ne pouvait trouver mieux.Dans le dernier rapport qu'il ait signé avant d'etre emporté par la vague de compressions, il dresse un tableau alarmant de l'état du système d education Et de la catastrophe vers laquelle on se dirige à toute allure si on ne change pas de cap.Le grand mérite de ce rapport est de poser le diagnostic en termes clairs, concrets, évitant tout jargon et faisant revoler au passage des nuées de clichés et de tabous.On y apprend, par exemple, que contrairement à ce que professent les divers «intervenants», la qualité de l'instruction est loin de s'améliorer automatiquement quand on y investit plus d'argent.Au contraire.C est ainsi qu'au Canada, les dépenses par élève calculées en dollars constants \u2014 c'est-à-dire en tenant compte de l'inflation \u2014 ont doublé depuis 25 ans.Or, une étude démontre que durant la même période, les compétences de base (lecture, écriture, calcul) d'un enfant au terme de huit années de scolarité ont connu une abrupte glissade.Aujourd'hui, le tiers des diplômés du secondaire sont incapables de lire un simple article de journal, et la moitié ignorent comment calculer la TPS sur une facture de restaurant.C'est ce que l'on appelle des analphabètes fonctionnels.Il y en aura un million d'autres d'ici la fin du siècle si on ne fait rien.Voilà pour la comparaison avec nous mêmes.La comparaison avec d'autres pays industrialisés au chapitre du rapport qualité/prix dans l'éducation a peu pour nous consoler.Ainsi, nous avons beau consacrer une plus large part de notre PIB à l'enseignement que des pays tels que l'Allemagne ou le Japon, ces derniers ont des réseaux d'enseignement autrement plus efficaces.Pourquoi?Le mal dont souffrent nos écoles est loin de reposer sur les seules épaules du réseau scolaire lui-même.Il s'agit, selon le conseil, d'une responsabilité collective.Celle des directeurs d'écoles et des enseignants qui n'osent pas imposer des objectifs trop ambitieux aux enfants.Celle de l'État, qui n'ose pas remettre en question l'idéologie qui a marqué nos politiques scolaires même si elle a conduit à des résultats désastreux.Un exemple: au nom de l'égalité des chances, on a mis de côté tout un pan de l'enseignement, celui de l'éducation professionnelle.Or, plus celle-ci est dévalorisée, plus elle est inadéquate, et plus elle est inadéquate, plus elle se dévalorise.Résultats: les jeunes qui pourraient exceller dans des disciplines techniques sont poussés vers l'enseignement général qui devient, par la force des choses, pas assez exigeant pour les plus forts et trop exigeant pour les décrocheurs potentiels.Ce refus de séparer les élèves en fonction de leurs aptitudes aboutit sur un paradoxe: l'enseignement secondaire est pensé en fonction des 30 p.cent d'élèves qui poursuivront des études supérieures, et laisse de côté les 70 p.cent d'autres.Elle débouche aussi sur une double médiocrité: l'enseignement professionnel est mauvais, et l'enseignement général itou.En passant, aux critiques qui lui diraient que la ségrégation des jeunes selon leurs aptitudes conduit tout droit à la ghéttol-sation des moins doués et à l'élitisme, le Conseil rétorque par l'exemple allemand: les deux tiers des ingénieurs germaniques sont formés dans des écoles techniques, puis «sur le tas», leur travail en entreprise étant accompagné d'une formation académique à temps partiel.Eh oui, l'entreprise privée a un rôle à jouer en matière d'éducation.Au Canada, elle a tendance à s'en laver joyeusement les mains.Elle porte elle aussi la responsabilité de nos échecs.Responsabilité partagée, finalement, avec l'ensemble de la société qui valorise peu l'éducation et n'envoie pat» à ses écoliers les signaux qu'il faut.Ce manque général d'intérêt explique sans doute pourquoi la majorité des Canadiens se dit béatement satisfaite de la qualité de l'enseignement public.Le réseau scolaire représente une immense machine bureaucratique qui ne bougera que si elle y est poussée par des pressions puissantes et claires.Comme société, nous avons donc intérêt à faire un sérieux examen de conscience.Et vite.Agnès cruda Bingo à Bordeaux | émeute de mercredi à Bordeaux est à peu près aussi surprenante que l'explosion d'un bâton de dynamite dont on aurait regardé brûler la mèche.Il fallait en effet être sourd \u2014 ou ministre enfermé dans un bureau à Québec \u2014 pour ne pas entendre les nombreux signaux d'alarme prévenant du danger d'une prochaine manifestation de violence dans cette prison surpeuplée.Le plus distrait des amateurs d'émissions de ligne ouverte avait entendu plusieurs témoignages de détenus, d'avocats ou de gardiens décrivant la rapide détérioration des conditions de détention à Bordeaux.Et à défaut d'écouter la radio, même le plus désabusé des fonctionnaires du ministère de la Sécurité publique devrait avoir vaguement entendu parier, depuis deux ans, du rapport de la Fédération internationale des droits de la Personne assimilant cette institution carcérale à une prison du Moyen-Âge.Assez, en tout cas, pour attirer l'attention des autorités sur une situation devenant de jour en jour plus explosive.I a preuve, depuis 1985, les médias ont fait état d'au moins sept mini-émeutes à Bordeaux, toutes reliées au problème de la surpopulation.Sans compter, sans doute, d'autres crises qu'on a réussi à cacher au public mais dont les autorités ont sûrement eu vent.Au cours de la même période, on y a enregistré vingt suicidés, un taux que les experts considèrent anormalement élevé dans une institution réservée aux condamnés à des sentences de moins de deux ans.Le gouvernement ne pouvait pas ignorer non plus le lien direct entre le vieux problème, toujours pas réglé, du centre Parthenais et celui de Bordeaux où, depuis 1989, on a pris l'habitude de transférer le surplus de pensionnaires de la rue Fullum \u2022 \u2022 \u2022.- - -Mais il faut reconnaître que le ministre Claude Ryan n'est pas homme à s'émouvoir facilement.Ce qui est en principe une qualité.Surtout en période d'austérité budgétaire où l'on a érigé en vertu cardinale l'art de repousser à demain des choses qui auraient dû être faites hier.Avant de prêter foi à toutes les nouvelles inquiétantes véhiculées par les médias, il demande toujours à voir.On doit espérer que, cette fois, il a vu.Et que ce qu'il a observe l'aura convaincu de l'urgence de s'attaquer sérieusement à un problème qui pourrit depuis trop longtemps.S'il est vrai, comme il vient de le déclarer, qu'«on ne peut pas construire des prisons du jour au lendemain», on peut au moins lui demander pourquoi il ne s'en est pas préoccupé avant que n'éclate le récent bingo à Bordeaux.Pas de loi à L.A.R endus furieux par un jugement injuste, des centaines de Noirs ont mis une partie de Los Angeles à feu et à sang depuis deux jours.Les États-Unis n'avaient rien vu de semblable depuis les émeutes qui avaient ponctué les revendications noires des années 60.À l'origine, il y a eu un fait divers: un noir se fait traîner hors de sa voiture par quatre policiers qui le rouent de coups.L'événement prend de l'importance parce qu'un témoin enregistre toute la scène sur vidéo et que le mon- K, 7 de entier devient ainsi témoin.L'opinion publi-mf^SLr Que juge d'ailleurs aussitôt que les quatre poli-ciers sont coupables.Mais un jury de la banlieue .^fcfc^ de Los Angeles vient de les acquitter.* Les jures pourront sans doute justifier leur décision, soit sur la base des semaines de témoignages qu'ils ont vus et entendus, soit sur celle des plaidoyers très habiles faits en .faveur des policiers accusés.Il peut cependant arriver à un jury de se tromper sans que cela déclenche de telles émeutes.Comment expliquer?Depuis l'incident, rien de très concret n'a été fait pour rétablir la confiance entre la police de Los Angeles et les Noirs.Ce n'est pas 1a bonne volonté qui manque, mais rien ne permet aux Noirs de croire qu'ils ne seront pas à leur tour victimes de brutalité policière.\u2022 * \u2022 Le ministre de la Justice des États-Unis a donné ordre d'étudier les plaintes pour brutalité contre la police de Los Angeles.L'étude a été par la suite élargie à l'ensemble des États-Unis.Quatorze mois plus tard, elle n'est toujours pas terminée.Le maire Tom Bradley de Los Angeles, le premier Noir élu à Cette fonction, a nommé une commission dont une des recommandations était la démission du chef de la police, Daryl Gates.Celui-ci est toujours à la tête de la police.La commission de police avait suspendu M.Gates pour soixante jours, mais un juge a cassé cette décision après cinq jours.M.Bradley a annoncé la nomination de M.Willie L.Williams, un Noir, chef de la police de Philadelphie, pour lui succéder.Mais M.Gates est toujours là.il ne faut pas beaucoup plus pour faire croire aux Noirs que .personne ne se soucie de la violence policière.Ce petit peu qui manquait, ce sont les experts en technique policière qui l'ont fourni quand ils ont témoigné à la décharge des policiers en affirmant qu'un certain niveau de brutalité est nécessaire.Ce n'est pas la bonne volonté qui manque, mais après un incident si malheureux, il fa** surtout montrer beaucoup de poigne et de courage politique pour rassurer les Noirs.DROITS RESERVES \\k\\ boîte aux lettres Éditorial courageux m Roger D.Landry, ¦ l'ai bien lu votre éditorial dans La Presse du mercredi 22 avril.Vous vous en preniez aux «marchands d'illusions qui, au Québec, faussent les perspectives et sèment la confusion.» Vous avez raison 100 fois quand vous suggérez au ministre de la Santé, Marc-Yvan Côté, de reconsidérer le déménagement au coût de 260 millions de dollars, de l'Hôtel-Dieu de Montréal du centre-ville vers le quartier Ri- X,*,r?;dy* Marc-Yvan Prairies.Du Côté même coup vous avez bien fait d'égratigner le prcînier ministre de l'Alber-ta, Don Getty.|e vous trouve bien courageux d'avoir écrit un tel éditorial.Bernard caquette Témiscamingue « Notre fleuron : notre armée » M.Claude Masson, ¦ |e n'ai pas aimé le ton persifleur avec lequel vous avez traité du sujet en titre.Si M.Jacques Parizeau n'avait pas voulu répondre à la demande des policiers, vous auriez glosé sur cet aspect en laissant entendre qu'il ne veut pas élaborer sur une telle éventualité après l'indépendance.Vous moquer comme vous l'avez fait, c'est vous faire le haut-parleur de M.Roger Landry et c'est mépriser le peuple québécois.Combien de pays dont la population est semblable au Québec ont leur police et leur armée et ne s'en portent pas plus mal?C'est la première fois que je vois une telle diatribe de votre part et j'en suis affligé en tant que Québécois et en tant qu'abonné à La Presse.Raymond CACNIER Anjou Rosemère: une seule communauté ¦ |e ne me suis pas trompée, il existe des citoyens conscients de leur chance: celle de vivre à Rosemère, petite ville de banlieue où il fait bon vivre.Les Rosemèrois se sont prononcés en faveur du maintien du statut bilingue de leur ville.Ici nous ne pratiquons qu'un seul langage: celui du respect mutuel.Avec deux cultures nous ne fermons qu'une seule communauté.Francophones et anglophones sont heureux de partager le même idéal, de vivre en harmonie.Rosemère n'est pas tout à fait la ville, pas tout à fait la campagne.Elle n'est pas tout à fait francophone, pas tout à fait anglophone.Rosemère c'est la campagne à la ville, c'est deux cultures solidaires.Peu importe ce que peuvent en penser les gens d'ailleurs, seuls les Rosemèrois sont en mesure de décider pour eux.Respectons ce choix car il est démocratique.m Où j'ai planté des rosiers, toujours t'ai moissonné des roses.» \u2014 A.Nerva Franclne CHARTIER Une Roscmèroisc Honteux d'être Québécois ¦ Après le référendum de Rosemère, on se sent un peu honteux d'être Québécois.Du coup, le Québec redevient une municipalité d'avant la Révolution tranquille où l'on ne se définit plus comme français mais comme «bilingue», quelque chose entre les deux qui est l'indice de notre disparition comme peuple.Il y a dans ce référendum la manifestation d'une hésitation sur nous-mêmes, fruit d'une longue histoire de compromis qui a fini par nous coûter une bonne partie de notre âme.Existons-nous encore comme peuple quand on choisit d'être à moitié français, et que la moitié qui reste est elle-même devenue inconsciente de soi au point de s'applaudir ou de se justifier sous des prétextes de démocratie, d'opportunité politique?Rien n'est plus significatif que le discours et la conduite du ministre Ryan, l'un des plus grands fossoyeurs de notre peuple.Quand les anglo- Claude phones dés- Ryan obéissaient à la loi en accueillant dans leurs écoles qui voulait s'y présenter, M.Ryan absolvait la désobéissance à la loi.Quand la Cour suprême du Canada a décrété que le Québec ne pouvait être français, M.Ryan s'est empressé de lui donner raison et de mijoter la loi 178 oui, en réalité, invalide la loi 101.Aujourd'hui, M.Ryan, par ses filandreux conseils de prudence, invite le Conseil de la langue française à ne pas appliquer la loi 101, et il nous indi- 8ue encore qui est le maître du tuébec.La moindre réticence à la présence de l'anglais au Québec, et voilà un crime de racisme et d'intolérance; mais que l'on propose d'étendre la présence et l'affirmation du français dans une ville majoritairement francophone, alors il faut bafouer les lois, se renier soi-même et s'aplatir devant le maître anglo-saxon.On le voit clairement: les lois sont invalides quand il s'agit du français, parce que la loi zéro, celle qui est sous-entendue et qui l'emporte sur toutes les autres, est celle de la prépondérance de l'anglais au Québec.L'attitude de M.Ryan pourrait n'être qu'un cas d'indignité personnelle, mais ce qu'il y a de plus grave, c'est qu'il y a en chaque Québécois une partie assimilée à l'anglais qui, en toutes nos démarches, réduit notre part française à n'être qu'un caractère secondaire.Hubert LAROCOUE Hull v // faut calquer le modèle belge ¦ |'ai été surpris à la lecture de l'éditorial de Pierre Gravel à l'effet que Rosemère soit une leçon pour les souverainistes.Beaucoup de minorités qui refusent l'intégration politique ont toujours constitué un facteur de discorde et un ferment de révolte dans l'histoire des peuples.Il y a eu les Allemands des Sudètes, les Rhodésiens, les Hongrois de Roumanie.U y a les minorités Serbes et il y aura les minorités anglophones du Québec.La paix linguistique peut être obtenue par une frontière linguistique calquée sur le modèle belge, où seront Québécois ceux qui parlent français sans tenir compte de l'origine, de la race ou des conceptions métaphysiques.Jean-Yves MORIN Opinions L'équilibre linguistique du Québec est-il menacé par l'immigration ?ROBERT BOURREAU.NORBERT ROBITAILLE.CHANTAL GIRARD Les auteurs sont des démographes de l'équipe de recherche sur la démographie des groupes ethniques et linguistiques du Groupe de recherche sur la démographie québécoise (GRDQ) de l'Université de Montréal.e maintien pendant une période de 35 ans d'une immigration interna* tionale élevée, de l'ordre de 45 000 à 50 000 immigrants par année, pourrait menacer l'équilibre linguistique du Québec, en entraînant une baisse importante de la proportion de francophones ('): de 82,5% en 1981, cette proportion pourrait passer à environ 76% dans 35 ans.Voila les résultats de l'un des scénarios plausibles que nous avons examinés dans notre recherche concernant l'avenir des groupes linguistiques du Québec.À l'aide d'un modèle de projection adapté aux populations linguistiques (2), nous nous sommes demandé quels sont les phénomènes les plus susceptibles d'entraîner une modification - une rupture d'équilibre - de l'importance relative des francophones au Québec.Nous avons aussi exploré quelques combinaisons de phénomènes susceptibles d'assurer le maintien du pourcentage de ces derniers.Le rôle déterminant de la migration À partir des informations récentes sur le renouvellement des groupes linguistiques du Québec, nous avons projeté sur un horizon de 35 ans des situations observées (période 1981-1986) ou estimées (période 1986-1991).La situation démolinguistique de la période 1981-1986 est assez bien connue grâce aux informations fournies par les recensements canadiens de 1981 et de 1986 et par les statistiques d'état civil: cette période se caractérise, du point de vue de la migration qui, comme on le verra, est le phénomène le plus déterminant, par une immigration totale (internationale et interprovinciale) plutôt faible et composée d'à peu rtrès 40% de francophones; quant à 'émigration totale du Québec, elle a été plutôt élevée.La projection sur 35 ans de la situation démolinguistique de la période 1981-1986 conduit à un scénario (SI dans le tableau publié ci-bas) où la proportion de francophones augmenterait de 1,9% par comparaison à celle observée en 1981 (de 82,5% à 84,4%); cependant, selon cette hypothèse où les phénomènes démolinguistiques (mortalité, fécondité, mobilité linguistique et migration) demeureraient constants au niveau de la période 1981-1986, l'effectif total de la population du Québec se chiffrerait, dans 35 ans, à environ 6,8 millions et serait déjà en léger déclin.La situation démolinguistique de la période 1986-1991, bien qu'imparfaitement connue encore, semble se caractériser par une immigration totale plus forte que durant le lustre précédent mais moins francophone quant à sa composition linguistique (entre 27 et 34%).Pour ce qui est de l'émigration totale, elle aurait été plus faible que durant la période 1981-1986.La projection sur 35 ans de la population du Québec par groupe linguistique sur la base des estimations faites pour la période 1986-1991 (scénarios S2a et 2b), laisse entrevoir une diminution de la proportion des francophones de l'ordre de 2 à 4,5%, mais assure la poursuite de la croissance de l'effectif total de la population du Québec: cet effectif serait de 7,5 millions au bout de 35 ans.La mise en oeuvre de l'énoncé de politique du Ministère des Communautés Culturelles et de l'Immigration (MCCI) du Québec ('), qui suggère d'accueillir environ 50 000 immigrants internationaux chaque année (scénario S3), aboutirait après 35 ans, à un effectif total de près de 8 millions de Québécois dont seulement 76% seraient francophones.Le dilemme: croissance de l'effectif total ou du pourcentage de francophones TABLEAU Scénarios décrivant la sensibilité du pourcentage de francophones aux modifications des phénomènes démolinguistiques au Québec.HYPOTHESES RÉSULTATS >0PULATI0 TOTALE (millions) m 6.806 7,518 7.545 8.000 7.528 6.800 6.338 8.027 6.794 (1) ISF: indice synthétique de fécondité (nombre moyen d'enfants par femme sur la base des taux de fécondité du moment).(2) Mobilité linguistique: Le chiffre 1 indique que l'on conserve l'intensité de la mobilité linguistique au niveau estimé entre 1981 et 1986 ; le chiffre 2 indique un doublement de l'intensité.(3) TF% : pourcentage des transferts linguistiques des allophones qui vont vers le français.(4) Effectif (en milliers) des immigrants internationaux et interprovinciaux durant une période de cinq ans.(5) IF% : pourcentage des immigrants francophones parmi les immigrants totaux.(6) Effectif (en milliers) des emigrants internationaux et internationaux durant une période de cinq ans.(7) FRANCOPHONES: pourcentage des francophones au sein de la population après 35 ans.(8) POPULATION TOTALE: effectif total (en millions) de la population du Québec après 35 ans.\tFécondité\tMob.ling.\t\tImmigration\t\tEmigration\tFRANCO- \t(ISF)\tNombre\tTF%\tNombre\tIF%\tNombre\tPHONES \t\t\t\tfOOO) m\t\t('000)\t% SCENARIO\t(D\t(2)\t(3)\t\t(5)\t1 w / m\t S1 (1981-86)\t1.51\t1\t33\t139\t39\t165\t84,4 S2a (1986-91)\t1.51\t1\t33\t216\t27\t141\t78.0 S2b (1986-91)\t1.51\t1\t33\t216\t34\t141\t80.5 S3\t1.51\t1\t33\t280\t28\t141\t75.6 S4\t1.51\t1\t33\t216\t47\t141\t82.5 88\t1.51\t1\t33\t139\t27\t165\t82.5 86\t1.51\t1\t33\t216\t21\t373\t82.5 S7\t2.12\t1\t33\t139\t39\t165\t85.1 88\t1.51\t2\t67\t139\t39\t165\t85,1 INDICES:\t\t\t\t\t\t\t Ainsi, le Québec semble être confronté au dilemme entre une croissance de l'effectif total de sa population ou une croissance de la proportion des francophones au sein de celle-ci.Doit-on opter pour une politique démographique qui assurerait le maintien de la croissance de l'effectif total mais qui conduirait à une baisse de la proportion des francophones (des Québécois de plus en plus nombreux mais de moins en moins francophones) ou ;>our une politique démographique qu.assurerait !a croissance de la proportion des francophones mais qui conduirait à un arrêt de la croissance et au début du déclin de l'effectif total de la population (des Québécois de plus en plus francophones mais de moins en moins nombreux)?Quelques options Il est évidemment difficile de répondre à cette question de manière simple.On peut par contre se demander si l'on peut éviter ce dilemme, en examinant des options qui auraient pour objectif de maintenir l'équilibre linguistique actuel, c'est-à-dire préserver la proportion de francophones à son niveau de départ, soit en 1981, tout en assurant la poursuite de la croissance de la population totale du Québec.Une telle stratégie laisse surtout place à des choix touchant la migration et en particulier, l'immigration (son niveau et sa composition linguistique).En effet, on verrait mal une politique favorisant la fécondité d'un groupe particulier; de plus, la diminution de l'émigration demeure en général un voeu pieux et les transferts linguistiques ont un impact très limité.Le maintien de l'équilibre linguistique Les scénarios 4, 5 et 6 illustrent des cheminements qui aboutissent après 35 ans à un maintien du pourcentage des francophones.Pour conserver l'immigration et l'émigration à leur niveau estimé pour la période 1986-1991 (scénario S4), il faudrait qu'au minimum 47% des immigrants soient francophones; la population du Québec atteindrait alors plus de 7,5 millions après 35 ans.Par contre, si on conserve plutôt le niveau d'immigrants et d'émigrants observé durant la période 1981-1986 (scénario S5), le pourcentage d'immigrants francophones nécessaire au maintien de la proportion des francophones n'est que de 27% mais la population n'est que de 6,8 millions après 35 années.Par ailleurs, si Ton suppose que le maintien d'une immigration élevée, comme celle de la période 1986-1991, risque de modifier sa composition et faire diminuer la proportion d'immigrants francophones à 21% par exemple (scénario S6), il faudrait alors que l'émigration totale augmente de façon très marquée (à près de 373 000 par période quinquennale) pour assurer le maintien du pourcentage de francophones.Dans ce cas, la population totale serait en déclin au bout de 35 ans et atteindrait alors 6,3 millions.Proportion des francophones Plusieurs autres combinaisons de niveaux d'immigration, d'émigration, de pourcentage d'immigrants francophones peuvent maintenir la proportion des francophones; nous n'en avons suggéré que quelques-unes.De plus, nous avons maintenu la mobilité linguistique et la fécondité à leur niveau de la MENONS Le Ouébec semble être confronté au dilemme entre une croissance de l'effectif total de sa population ou une croissance de la proportion des francophones au sein de celle-ci.période 1981-1986; bien sûr, ces deux derniers phénomènes peuvent varier mais il ne faut pas se faire d'illusion sur l'impact de leurs modifications: à moins de changements importants et peu vraisemblables, comme l'illustrent les scénarios S7 et S8, on peut considérer que ces phénomènes ont un impact très limité sur la composition linguistique du Québec.Ainsi, avec un indice synthétique de fécondité de 2,1 enfants par femme (au lieu de 1,51), on obtiendrait une croissance à peine plus élevée (2,5% plutôt que 1,9%) de la proportion de francophones au bout de 35 ans, en maintenant constants les autres phénomènes à leur niveau de la période 1981-1986 (scénario S7).Pour obtenir le même résultat (légère croissance de la proportion des francophones), il faudrait que les transferts linguistiques doublent en nombres et que les deux-tiers des transferts se fassent en faveur des francophones (scénario S8) plutôt que le tiers comme dans la situation actuelle.Nos résultats présentent quelques combinaisons de phénomèmes et illustrent leur impact démolinguistique global.On voit que les politiques de population concernant les groupes linguistiques ne peuvent guère agir efficacement que sur l'immigration (en modifiant son intensité et sa composition linguistique) et dans une moindre mesure, sur la mobilité linguistique.En dépit de l'imprécision des données disponibles en avril 1992, il semble que le maintien de la migration à son niveau de 1986-1991 aboutit après 35 ans à une diminution de la proportion des francophones.De plus, cette diminution serait plus forte si le gouvernement appliquait sa politique d'immigration qui prévoit une augmentation de l'immigration par rapport à la période récente.Que des considérations humanitaires, économiques ou autres puissent justifier des politiques migratoires les plus diverses peut se comprendre, mais il est important à notre avis d'en voir les conséquences démolinguistiques.H ne faut pas par ailleurs se faire trop d'illusion sur l'effet compensatoire de mesures concernant les autres phénomènes.Nous croyons qu'une meilleure compréhension de la dynamique des groupes linguistiques permettra une action la plus rationnelle possible dans un domaine où l'émotivité n'est pas bonne conseillère.Notes: (1) Les francophones sont définis* ici comme les personnes dont la langue d'usage (habituellement parlée à la maison) est le français.(2) Ce modèle a été développé dans le cadre du mémoire de maîtrise en démographie de Chantai Girard (1992).Développement d'un modèle de projection et analyse de la sensibilité de la composition linguistique de la population du Québec, Montréal, Département dè démographie, université de Mon treat.93 p.+ annexes.(3) Ministère des Communautés Culturelles et de l'Immigration -MCCI (1990).Au Québec pour bâtir ensemble.Enoncé de politique en matière d'immigration et d'intégration, Québec, Direction des Communications du MCCI, 88 p.uiimiÈ m & m9 sa Robert Obadia Le président de Notionalr s'explique ROBERT OBADIA L'auteur est président de Nationals es chiffres cités récemment par un chroniqueur de La Piesse sur les salaires des agents de bord de Natio-nair ne correspondent pas aux montants réels.Nous souhaitons les rectifier en vous demandant de publier la présente.Selon leurs formules 1-4 de déclaration de revenus pour la période du 1er janvier au 19 novembre 1991, les agents de bord mis en lock-out le 19 novembre dernier ont obtenu un revenu moyen de 18 728,59$.Sur un an, ce revenu représente un salaire moyen de 21 150$, soit 7 150$ de plus que le montant publié par le chroniqueur de La Presse.De plus, en appliquant la convention collective échue en décembre 1990, la masse salariale annuelle versée aux agents de bord de Nationair (sur la base de 300 agents et de 74 heures de travail par mois) était de 3 632 000$, comparativement à la masse salariale actuelle du plus proche concurrent de Nationair qui, sur la même base, est de 5 338 000$.Toute l'industrie admet que les salaires horaires de Nationair ne peuvent être comparés à ceux d'Air Canada et de Canadien, qui ne sont pas des transporteurs aériens par charter, mais plutôt à ceux des transporteurs de sa catégorie.La méthode employée par le chroniqueur de La Presse équivaut à comparer des pommes avec des oranges.Il faut noter, en outre, que la masse salariale des agents de bord établie sur la base des propositions patronales déposées en novembre 1991 (et retirées depuis) aurait atteint 6 269 000$.Enfin, les agents de bord de Nationair reçoivent 69$ par jour pour leurs repas et menus frais, quand ils sont assignés à l'extérieur du pays.C'est donc 23$ de plus quotidiennement que le montant publié dans la même chronique.En 1991, les per diem versés aux agents de bord ont totalisé 1.2 million de dollars.En juillet 1991, par exemple, 316 agents de bord ont reçu chacun des per diem (non taxables) totalisant plus de 400$ pour le mois.i 1 L'hydre à mille têtes ou le poids des maladresses MOHAMMED ZITOUNI L'auteur est d'origine algérienne.ichéle Ouimet, journaliste à La Presse, a été littéralement crucifiée dans vos colonnes du vendredi 10 avril par un «Comité provisoire du Collectif femmes-Algérie», à la suite d'une série d'articles, parus au mois de mars, qu'elle avait consacrés à l'Algérie.Scrutés à la loupe, il ressort qu'en effet, un des articles incriminés, remonte à la surface un air connu et fort désobligeant associant la femme algérienne au voile, à la soumission et à l'ignorance.En tout état de cause et quels que soient le volume et la teneur des questions suscitées par cette maladresse \u2014 erreur de jugement, responsabilité, contexte.\u2014 rien ne justifiait l'acidité d'une telle réplique, violente et démesurée, où l'on prétait à la journaliste en question «des propos racistes, caricaturaux et ethnocentriques, une super-ficialité marquée, le mépris d'une culture autre, I ignorance intellectuelle, la vision réductrice, l'incapacité à saisir l'essentiel.» bref, la panoplie habituelle du gâchis avec une forte densité de l'insulte en plus.Pour le lecteur, l'avalanche des mots employés à l'égard de Michèle Ouimet a drainé sur son passage dureté et incompréhension, ne laissant à aucun moment le moindre bénéfice du doute ou une ultime porte de sortie à ce journaliste, femme de surcroit, qui aurait pu plaider le malentendu, la mécon- e» naissance du sujet ou tout simplement le dérapage de sa propre perception sur un tel sujet.Qui sait?Devant la gravité des blessures occasionnées par la force exorbitante des mots, il sera difficile, aujourd'hui, d'affirmer avec certitude que son prochain élan pour les femmes algériennes aura l'influence nécessaire et le poids vital que l'on met habituellement à la disposition des grandes causes.Hélas, il n'est jamais suffisant de répéter que la maladresse et la fougue d'une réplique guerrière n'ont jamais oeuvré à réduire ce fameux fossé de la différence, ni couronné de victoire le moindre combat, fut-il légitime et noble comme celui des femmes.Il suffit de s'interroger sur les luttes de toutes sortes à travers l'histoire récente \u2014 montée inquiétante de l'ex-tréme-droite en Europe, dérive totale du continent africain livré à la famine, rupture du dialogue Nord-Sud, substitution de l'ONU par les États forts, nouvel ordre mondial.\u2014 pour s'en mordre les doigts et finir par considérer qu'il est loin le temps où, face à la téte de l'hydre, quiconque te tambourinait la poitrine avec comme seuls armements la foi, deux sarbacanes, un canon et une mule.Ceux-là, on le sait, ont été vaincus.~ Aujourd'hui, devant l'hydre à mille têtes, l'abbutissement d'une cause avec la certitude du succès rend inévitable le troc de cet armement désuet pour le sourire, l'image et le verbe.Il faut commencer par compter l'opinion dans ses rangs plutôt que de commencer par l'en exclure. B4 i t I LA PRESSE, MONTREAL, VENDREDI 1«r MM 1992 .\\-.-.\\- v.w V.N L'économie stagne toujours JACQUES BENOIT S?¦ I : - : .N D J F M avril92 Sourer Banque du Canada hhgrmahmL* Létaux d'escompte remonte à 6,97 % VALtfRIE BEAUREGARD ¦ te taux d'escompte a gagné 12 centièmes hier après-midi pour s'établir à 6,97 p.cent.C'est un léger revirement de tendance pour le taux directeur de la Banque -du Canada qui dégringolait depuis six semaines.\u2022 \u2022 M Entre le 12 mars et le 23 avril, le taux d'escompte est passé de 7,82 p.cent à 6,85 p.cent.La remontée d'hier n'inquiète pas l'économiste Robert Normand du Mouvement des caisses Desjardins, à Lévis.«Le taux d'escompte était en réalité descendu plus loin que prévu.Alors, qu'il remonte un peu, ça ne me dérange pas beaucoup.» Le budget ontarien est, bien sûr, largement responsable de cette hausse du taux d'escompte mais M.Normand rappelle que la semaine avait bien mal commencé avec la déclaration du ministre des Finances, Don Mazankowski, à la réunion des sept plus grands pays industrialisés, le week-end dernier.M.Mazankowski a affirmé lors de cette rencontre qu'il y avait encore de la place pour d'autres baisses des taux d'intérêt au Canada.Cette déclaration n'a ¦ Le produit intérieur brut (PIB) canadien n'a pour ainsi dire pas bougé en février par rapport au mois précédent, la hausse ayant atteint.0,1 p.cent, comparativement à 0,2 p.cent en janvier, a fait savoir hier Statistique Canada.Marquant le pas, ou tout comme, la masse de services produits a augmenté de 0,2 p.cent, alors qu'il y a eu recul ( -0,2 p.cent ) du côté des biens.Rien de surprenant là-dedans, il fallait s'y attendre, jugent les économistes Richard Beaulieu, vice-président et trésorier de la Banque Laurentienne, et George Saba, économiste en chef du Montréal Trust.«Le secteur des.services, surtout l'immobilier, semble assez bien reprendre à cause des taux, fait observer M.Beaulieu.Celui des biens semble à la remorque de ce qui se passe aux États-Unis, ce qui augure bien pour le Canada.» Car, rappelle-t-il, si la croissance a été de 2 p.cent au premier trimestre chez nos voisins du sud, «la demande finale», elle \u2014 c'est-à-dire en ajoutant à la production pendant ce trimestre ce qui a été puisé dans les stocks existants\u2014 a été beaucoup plus forte, soit 4,8 p.cent.«C'est vigoureux.» M.Saba est du même avis: la vigueur de la reprise au Canada dépendra de la performance des États-Unis.«La croissance pourrait être ici de 0,3 à 0,5 p.cent en juin.En rythme annuel, elle pourrait être de 2-3 p.cent au deuxième trimestre, par rapport à très peu de changement au premier.» En ce qui regarde les services, la hausse est due principalement à la remontée enregistrée dans les services financiers, les assurances et le secteur immobilier (+ 1 p.cent), signale Statistique Canada.Pour l'ensemble des services, la croissance avait été la même ( + 0,2 p.cent ) en janvier.Biens: la situation reste à peu près échangée, puisqu'on avait as- sisté en janvier à une très légère croissance ( ?0,1 p.cent ), le bâtiment ayant poursuivi son recul ( -1,4 p.cent) pour le sixième mois d'affilée, contre une hausse minime (moins d'un vingtième d'un p.cent!) des activités dans l'industrie manufacturière.La donnée rendue publique hier, avec une foule d'autres données \u2014 toutes dessaisonalisées \u2014 porte le nom officiel de.produit intérieur brut réel au coût des facteurs par industrie aux prix de 1986 par mois.Traduction: alors que les données trimestrielles habituelles touchant le PIB prennent en compte les Utxes, les importations et les exportations, les investissements, les revenus de placements, etc., la donnée mensuelle est établie en mesurant uniquement la valeur des biens et des services produits.Et rien d'autre.Dans les deux cas, les données sont «nettoyées de l'inflation», selon l'expression de l'économiste Denis Boudreau, de Statistique Canada, et donc exprimées en dollars constants.Le Québec connaîtra une croissance légèrement supérieure à la moyenne nationale, dit la Royale MICHEL VAN DE WALLE de la Presse Canadienne ¦ Les économistes de la Banque Royale prévoient que la croissance économique au Québec devrait être « légèrement » supérieure à la moyenne canadienne en 1992 et 1993.Dans la plus récente livraison des prévisions économiques de la Royale qui fait le «tour d'horizon » des provinces, les analystes de la banque estiment que le produit intérieur brut québécois devrait augmenter de 1,5 p.cent cette année et de 4,4 p.cent en 1993 alors que la moyenne canadienne serait respectivement de 1,4 et de 4,3 p.cent pour ces deux années.« Mais ce pronostic est sérieusement menacé par les négociations constitutionnelles en cours», ajoutent-ils aussitôt.«L'incertitude entourant l'issue des pourparlers pourrait en effet inquiéter entreprises et particuliers, dont la Comparaison des prévisions provinciale Variations d.; îaur annuel du produit intérieur brut réel.¦1992 1993 T.-N.L-P.-E.N.-E.N.-B.ONT.SASK.ALTA.I C.B.pas plu aux investisseurs étran- confiance est deja précaire, et gers qui se sont empressés de ven- considérablement nuire aux eco-dre leurs dollars canadiens sur les ™>™es du Québec et du Cana- marches des changes.Néanmoins le huart a repris des plumes hier, clôturant à 83,95 cents US, en hausse de 25 centièmes.I.Hier, Don Mazankowski a repris les mêmes propos.Il a fait remarquer que les taux canadiens avaient perdu sept pour cent depuis mai 1990 et que les données sur l'inflation et la fiscalité laissaient prévoir d'autres diminutions des taux d'intérêt.\u2022 «Tout le monde est attentiste», a déclaré Robert Normand juste avant la déclaration du premier ministre Bob Rae.Si le budget du gouvernement ontarien est accueilli favorablement par les marchés financiers, il s'attend à ce que le taux d'escompte reprenne sa descente.da.» De toutes les provinces canadiennes, les économistes de la Royale estiment que c'est la Colombie-Britannique qui tirera le mieux son épingle du jeu, sur le plan économique, grâce aux investissements étrangers et à un regain de vigueur dans les produits forestiers.La croissance moyenne prévue sur 1992-1993 est de 3,7 p.cent, contre une moyenne nationale de 2,8 p.cent.À l'autre bout du spectre, Terre-Neuve ne connaîtrait qu'une croissance de 1,2 p.cent par année, en raison des perspectives peu réjouissantes entourant le projet Hibernia et les problèmes de la pêche en haute mer.Pour revenir au Québec, les Source: Banque Royale économistes de la Royale estiment q ue le taux de chômage sera de 11,9 p.cent en 1992, pour décliner à 11 p.cent l'an prochain.L'inflation devrait être un peu plus élevée, soit 2,2 p.cent en 1992 et 3,0 p.cent en 1993, en raison de l'extension de la taxe provinciale au secteur des services.Dans leur analyse du Québec, les économistes s'attardent au projet Grande-Baleine, se demandant s'il ne pourrait pas y «avoir avantage à l'annulation du projet».Us font valoir que les coûts de production d'électricité s'élèveraient alors moins rapidement, «ce qui rendrait plus compétitives les entreprises implantées dans la province».Ils tirent cette conclusion du fait que trois autres complexes hydro-électriques (Ste-Margueri-te, Ashuapmushuan et Haut-St-Maurice) pourraient être construits à un coût moindre, quoiqu'ils ne procureraient pas autant d'énergie que le Complexe Grande-Baleine.«Ces autres projets pourraient procurer une solution de remplacement économique et écologique», écrivent-ils, sans compter que 750 mégawatts (PC) d'énergie pourraient être produits d'ici 1995 par des producteurs indépendants dans le cadre du programme de co-génération.Les économistes de la Royale pensent aussi que la demande québécoise d'énergie augmentera moins vite que prévu lorsque Grande-Baleine a été désignée comme étape suivante de développement.Aluminium et papier Par ailleurs, les économistes prévoient que les prix de l'aluminium devraient demeurer bas cette année.Ils devraient commencer à se raffermir au cours de 1993.Signalons que deux usines de production d aluminium de première fusion devraient démarrer leur production d'ici un an au Québec.Du côté des pâtes et papier, qui fut le secteur le plus malmené l'an dernier, on prévoit une récupération au cours des deux prochaines années mais qui demeurera «pénible».Dans le secteur du papier journal, l'excédent de capacité maintiendra les prix bas, ce qui devrait entraîner d'autres fermetures d'usines.«Les pourris et les dangereux» : I r Sinon, compot* /, u Montreal, k- 75 1 -8688 ou.sons frais, le 1 800 563-8688.CLUB/tfuÙM SUITE DE LA PACE B1 Par la suite, beaucoup de choses ont changé.Pour remplacer la toile de la machine à carton, il fallait plus de quatre heures.En permettant à tous les ouvriers de participer a l'opération, jadis réservée aux mécaniciens, le changement s'est déroulé en une heure et quart.«Les gars m'ont dit que, si c'était mieux planifié, ils pourraient le refaire en moins d'une heure.Des machines de ce prix-là, arrêter trois heures pour rien, ça coûte une fortune.» C'est bien, mais Bernard Le-maire en voulait plus.Il y a deux semaines, il leur a demandé de porter leur semaine de 37 heures '¦ Forand, avant de répondre avec r; un sourire narquois qu'il ne peut \u2022' pas voter pour lacques Parizeau- < «parce qu'il demeure en Ontario».Les titres québécois ont bien fait en Bourse l'an dernier PAUL DURIVAGE ¦ Malgré l'incertitude quant à l'avenir politique de la province, les titres québécois ont mieux fait que la moyenne des compagnies canadiennes en Bourse l'an dernier.À preuve, le Fonds Croissance Québec a enregistré sa meilleure performance depuis sa fondation.Le président de la société de gestion de portefeuille Mon-truseteo, responsable du fonds fermé Croissance Québec, M.André Marsan, en a fait une claire démonstration hier à l'occasion de la réunion annuelle des actionnaires, hier: l'indice des valeurs québécoises a connu une progression de 21 p.cent l'an dernier, laquelle surpasse la performance de l'indice Burns Fry des titres canadiens à faible capitalisation ( + 18,5 p.cent) qui a dépassé l'indice général de la Bourse de Toronto, le TSE-300 (avec +12 p.cent).Pour sa part, le fonds constitué et géré par les experts de Mon-trusteo a vu sa valeur liquidative augmenter de 25 p.cent pour atteindre 6,90 $ par action, et sa valeur au marché de 59 p.cent.Au cours des huit dernières années, les titres du Québec ont gé- néralement enregistré une performance très semblable à celle du TSE-300.De sous-performants, ils sont devenus de plus en plus surperformants à partir de l'automne de 1990.Optimisme M.Marsan s'est dit très optimiste à l'égard du Québec et de ses titres de croissance, alors qu'il existe beaucoup d'incertitude quant à la reprise économique canadienne et à l'avenir politique du pays.Notamment, parce que le Québec compte plus de PME et d'entrepreneurs que l'Ontario et qu'il est plus diversifié, il serait en meilleure posture que son voi- sin pour tirer avantage de ta te*- ~; tructuration de l'économie nord- -américaine.- \u2022 \u2022 «Il est fort probable que d'ici ; deux ans, une grande parti» de.~ l'incertitude politique sera élimi- .née.Le statu quo constitutionnel nous semble être le pire scénario.Un Canada plus décentralisé, ou un Québec plus en contrôle de son destin nous semblent deux scénarios plus probables et plus souhaitables que le statu quo constitutionnel.» \u2022 fi «De toute façon, notre véritable révolution constitutionneller\" déjà eu lieu: il s'agit du traité dé libre-échange», a-t-il déclaré.r AU ROYAL BROMONT, LES ACCIDENTS DE PARCOURS ¦ .i 4- % SONT VOULUS ! .I L e concept est audacieux et génial ! Un complexe résidentiel prestigieux intégré à un superbe parcours de golf prive.et c'est à 40 minutes de Montréal ! Situés en bordure des eaux langoureuses de la Yam*cka, au pied des monts Bromont, Gale et Shefford, 185 terrains spacieux accueilleront bientôt des propriétés donnant de plein pied sur le golf et sur la forêt.Au Royal Bromont, la vie champêtre respire l'originalité et le dynamisme.Venez goûter aux attraits du projet Le Royal Bromont lors d'une visite et d'une séance d'information gratuites! 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nette de 31,2 millions en 1991, selon le rapport annuel dont La Presse a obtenu une copie.La décision récente de la direction de placer Henry Rirks Jewe-1ers et Birks International (deux sociétés américaines apparentées) sous la protection du Chapi- Ïe 11 de la loi sur les faillites aux tats-Unis n'a plus besoin d'éclaircissement.D'ailleurs, la directrice des relations publiques de Birks, Mme Johanne Hotte, reconnaît d'emblée que les activités américaines sont responsables de la piètre performance du groupe en 1991.En effet, la moitié de la perte de 312 millions représente une provision de 15,5 millions sur un prêt de Birks à Birks International qui a été prise au cours de l'exercice.La récession est aussi responsable des difficultés financières de !a grande dame de la bijouterie canadienne.Les résultats financiers du 1er octobre 1991 ont été envoyés aux actionnaires de la société le 23 mars.Birks, une société non cotée à la Bourse n'est pas tenue de dévoiler ses états financiers au public.La perte de 31,2 millions en 1991 se compare à des bénéfices de 2,1 millions en 1990 et 10,2 millions en 1989.Revenus en baissa Les revenus de 262,9 millions en 1991 accusent une baisse de 32 p.cent par rapport à ceux de 1990.A noter, les résultats d'exploitation de 1991 excluent pour la première fois sept divisions américaines.Il est donc difficile de comparer ces derniers résultats à ceux des années précédentes.Toutefois, le rapport annuel révèle que le chiffre d'affaires des magasins Birks a reculé de 16,2 p.cent tandis que celui de la division Lange ( Doucet, O.B.Allen et Osiranders ) perdait 103 P* cent Ce dur coup explique aussi pourquoi Birks prévoyait en décembre ne pas renouveler une douzaine de ses baux au cours de l'année.La société, encouragée par la hausse de son chiffre d affaires, a depuis abandonné cette stratégie.Mme Hotte rappelle que les ventes en 1992 sont légèrement en hausse ( +3 p.cent de mars 91 à mars 92).Sur le front américain, Birks entend avoir terminé la réorganisation de ses sociétés affiliées aux États-Unis le 1er septembre.Rappelons que Birks a eu recours à la protection du Chapitre 11 le 22 avril afin de faciliter la vente de certaines chaînes et la fermeture de magasins non rentables.Les activités canadiennes ne sont pas touchées par cette restructuration du capital.La dette à long terme de Henry Birks et Fils s'établissait le 1er octobre à 160,9 millions.Un an plus tôt, ce poste n'atteignait que 64 millions.Un montant de 10,5 millions doit être remboursé aux banques le 27 septembre prochain tandis qu'un gros ballon de 62 millions est dû en septembre 1993.Air Canada élimine 350 autres postes SUTTK D\u20ac LA PAC\u20ac 8 1 M.Harris rencontrera sous peu les dirigeants syndicaux afin de discuter de son plan d'austérité.«On va examiner toutes les solutions possibles (.) or s'il faut faire d'autres mises à pied, on le fera», a-t-il dit Or, les compressions de personnel font partie d'un ensemble de mesures à venir, qui incluent la réduction des dépenses en consultation et en installations, un contrôle resserré de la gestion des stocks et le report de certaines dépenses en capital.De plus, la vente de Carte en Route à Dîners Club et la cession-bail de trois Boeing 747-400 devrait permettre de rehausser l'encaisse de 700 millions d'ici la fin de 1992.Air Canada devra prendre une provision spéciale au cours de l'exercice pour refléter les dernières compressions, mais M.Harris a été incapable de fixer de montant.En outre, le pdg est revenu à la charfe contra le gouvernement fédéral qui continue à faire la sourde oreille aux demandes d'Air Canada, vieilles de trois ans, d'avoir accès au marché japonais.Actuellement, Canadien International est le seul transporteur canadien à desservir le lapon.La politique fédérale du «partage du monde» est «dépassée», «injuste» et favorise indûment Canadien International puisque le marché asiatique est celui qui connaît la plus forte croissance au monde, soutient M.Harris.De plus, elle rend Air Canada «un partenaire moins attrayant» pour d'autres transporteurs internationaux, après I échec des pourparlers avec Canadien, a-t-il dit.À ce sujet, M.Harris précise qu'Air Canada continue à rechercher des alliances stratégiques avec des transporteurs américains, européens et asiatiques.Il a Brécisé que les négociations avec fSAir se poursuivent mais une entente finale «n'est pas pour demain».Pour sa part, le président du conseil d'Air Canada, M.Claude Taylor, a prononcé, en anglais seulement, un long discours fédéraliste qui lui a valu une ovation de la part des actionnaires.Il a dit aue tous les Canadiens devront faire preuve de «largesse et de bon sens» dans les présentes négociations consti tuionnelles.Tout en soulignant que le Canada est le pays où on retrouve la meilleure Qualité de vie au monde, selon les Nations-Unies, M.Taylor a parlé des dangers de la séparation.«C'est un scénario où tout le monde sortira perdant», a-t-il prétendu. I Û!ilS-l',i:HY\\IU> HOBITAJI.UK l.i; i 1STAMIM DU »*g~ à Eft «««SU à fourau^ettoyan, Àlf'achat du lave-linge Beaumark, Jil90! ¦mm eqi 50% J /C de rabais Notre plu£ grand solde d'ustensiles de cuisson Batteries La Table au Gouverneur, Seleet et Trois plis de La Tableau Gouverneur, Le Cooks Ware, Lagostina et Cireulon.Ord.269,98 à 399.98.Jours la Baie I 54,99 à 199,99 l'eus.Les articles suivis sont ai ssi offerts a 50% de rabais.Articles met agers, rayon 6J7.50% O de rabais1 Braderie de serviettes Serviettes de bain, essuie-mains, débarbouillettes, draps de bain signés Caldwell, Cambridge, Cannon et autres Les serviettes de plage sont exclues.*Sur le prix ordinaire.Linge de maison, rayon 605.Aubaine! 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Voyez le règlement du concours pour plus de détails.la '/a r "]
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