La presse, 15 avril 1992, B. Informations nationales
[" LA PF ESSE, MONTREAL, MERCRED115 AVRIL 1992 Villes bilingues: Ryan veut amender la loi 101 Le ministre compte préciser les conditions de retrait d'un statut de ville bilingue CILLES NORMAND du bureau de I .i Presse Claude Ryan QULUEC Le ministre Claude Ryan proposera un amendement à la Charte de la langue française, de sorte que l'article 113-F prévoyant qu'un statut bilingue puisse exceptionnellement être accordé à un organisme municipal, scolaire ou hospitalier, comporte également des dispositions à respecter advenant la pertinence de retirer un tel statut.C'est ce qu'a clairement indiqué le ministre responsable de la Charte, hier, en faisant part de ses commentaires à la suite du référendum par lequel une majorité de citoyens de Rosemère demandent que soit maintenu le statut de ville bilingue obtenu par cette municipalité du Nord de Montréal.« En attendant que le gouvernement ait statué sur ce point, j'invite l'Office de la langue française à faire preuve de discernement et de prudence dans l'exercice du pouvoir que lui accorde la Charte, concernant le retrait d'une reconnaissance déjà accordée à un organisme en vertu de l'article 113-F», a déclaré le ministre en Chambre.M.Ryan s'est refusé à endosser la dialectique du député de D'Arcy-McGee, Robert Libman, qui lui demandait s'il ne croyait pas qu'il y avait lieu d'interpréter ce vote comme illustrant le sentiment de plus en plus répandue qu'une majorité de Québécois souhaitaient un statut bilingue pour plusieurs autres municipalités.«Nous examinons les implications du vote de dimanche, fe ne suis pas prêt à tirer une conclusion aussi générale que celle que suggère le député de D'Arcy-McGee, mais nous l'étudions avec respect et attention.Nous verrons quelle est la portée exacte de ce vote en l'examinant de plus près, mais je ne pense pas que nous devrions nous précipiter vers des conclusions aujourd'hui», a répondu M.Ryan.Le ministre souligne l'absence de critères devant présider au retrait d'une reconnaissance déjà accordée.Même si le juge Paul Reeves, de la Cour supérieure, a conclu dans un jugement antérieur que l'Office de la langue française avait le pouvoir de retirer une reconnaissance tout comme elle avait celui d'en accorder une, le ministre estime qu'«il tombe sous le sens que l'acte consistant à retirer une reconnaissance n'est pas comparable en tous points à l'acte qui consiste à accorder une reconnaissance».Le ministre des Affaires internationales, John Ciaccia, a quant à lui indiqué que le moment n'était pas opportun pour braquer les projecteurs sur cet aspect de la Charte de la langue française: «Commençons par régler d'abord la question constitutionnelle.C'est cela l'important», a-t-il soutenu.Mulroney fourbit ses armes pour une campagne sur l'unité canadienne SUZANNE DANSEREAU de la Presse Canadienne TORONTO Les Canadiens devront faire preuve de «maturité, de générosité, de leadership», et faire primer l'intérêt national dans le dossier constitutionnel, car «l'unité canadienne est la base obligatoire de notre prospérité».Voilà le message qu'a livré hier le premier ministre du Canada, Brian Mulroney, en terminant sa mini-tournée dans la région de Toronto.Un message qui, s'il n'est pas nouveau dans son contenu, l'est dans le ton et le style.Un style qui porte à croire que le premier ministre se prépare à une campagne \u2014 qu'elle soit référendaire, électorale ou simplement publique \u2014 sur l'unité canadienne.M.Mulroney veut faire comprendre aux Canadiens la relation entre l'intérêt national et la relance économique, expliquait hier Hugh Segal, son chef de cabinet.( En soi, le fait que M.Segal participe à cette mini-tournée est un signe révélateur, signale-t-on dans le milieu journalistique).Le dernier sondage d'Angus Rcid indique que 81 pour cent des Canadiens croient que le succès de la réforme constitutionnelle est indispensable à la relance économique.«M.Mulroney veut montrer qu'il est là et qu'il travaille à ces dossiers», a-t-il ajouté, expliquant que c'était une bonne chose que M.Mulroney quitte la colline parlementaire à Ottawa et voyage un peu dans le pays pour rencontrer du «vrai monde» et pour mieux faire passer son message en cette période de «turbulence politique».Le premier ministre du Canada se prépare donc à d'autres mini-tournées, dont la prochaine aura lieu en Colom-bie-Britannique vers la fin avril.Si les futures tournées doivent ressembler à celle de Toronto, on y verra les ingrédients suivants: exploitation du côté «humain» du premier ministre (la visite avec son épouse Mila d'un hôpital pour cancéreux); exploitation de la fibre patriotique des Canadiens (on entend l'hymne du Canada partout où il va); et discours vibrants axés sur le Brian Mulroney lien entre la relance économique, les emplois, la prospérité et l'unité du pays.Ainsi, hier matin, le premier ministre inaugurait devant 2000 personnes le nouveau siège social de la compagnie pharmaceutique Glaxo à Mis-sissauga.Dans son discours, il a lié le succès de l'entreprise au succès du Canada, disant que le président de Glaxo avait «donné un vote de confiance envers l'unité canadienne» en s'installant ici.Et si le secteur privé est toujours disposé à proposer de «magnifiques» projets pour stimuler l'économie et créer des emplois, il appartient aux Canadiens «d'avoir la maturité et la sagesse de comprendre la magnificence de ce pays et de le garder uni», a ajouté le premier ministre, qui croit que même les Québécois francophones, appelés à choisir entre la «brisure du pays» et «l'unité et la force», opteront pour la deuxième option.Quant aux politiciens, le message de M.Mulroney est clair: en cette période difficile, il faut «faire passer les principes avant la popularité».Cette popularité, dans le cas de M.Mulroney, est au bord du désastre ( 12 pour cent selon le dernier sondage).On espère que les mini-tournées, où le premier ministre est flanqué de sa lumineuse épouse et toujours prêt à rire de lui-même («je suis tellement impopulaire que lorsque je téléphone à ma mère, elle me met en attente»), auront pour effet de redresser la situation.Dans le cas particulier de l'Ontario, le gouvernement Mulroney semble également préoccupé par les rapports tumultueux qui existent entre Ottawa et Queen's Park.Hier, M.Mulroney a voulu corriger le tir et a parlé de «partenariat» entre le gouvernement fédéral et les provinces.Il est même allé jusqu'à féliciter le gouvernement Rae pour ses efforts en vue de stimuler l'esprit d'entreprise ontarien.En matinée, le premier ministre rencontrait des hommes d'affaires lors d'uri déjeuner organisé par le président de la Banque royale, Allan Taylor.11 leur aurait demandé de s'impliquer davantage dans le dossier de l'unité nationale.PHOTC REJTE* Le vice-président de la réunion d'Ottawa sur le renouvellement de la constitution, Benoit Bouchard (à droite), discute avec le premier ministre de l'Ontario, Bob Rae, avant le début de la rencontre.Sénat : les discussions piétinent L'absence du Québec inquiète ie «reste du Canada» MARIE-CLAUDE LORTIE du bureau de La Presse OTTA WA Les négociateurs constitutionnels du «reste du Canada» n'arrivent pas à franchir de nouveaux pas concrets vers une position unie sur la réforme du Sénat.«Rien n'a été accepté, mais rien n'a été rejeté», a résumé le premier ministre ontarien Bob Rae, à l'issue de la rencontre réunissant les ministres et premiers ministres ainsi que les leaders autochtones qui tentent de forger, avant le 31 mai, des offres constitutionnelles unifiées pour le Québec.M.Rae a cependant précisé qu'il était difficile de traiter un tel dossier en l'absence de l'une des provinces les plus importantes, le Québec, qui refuse toujours de se joindre à ces discussions.Le Québec est, avec l'Ontario, la province qui a le plus de pouvoir au Sénat, sous sa forme actuelle.Logiquement, si elle était à la table, elle partagerait les intérêts de l'Ontario dans ces discussions, où les petites provinces qui demandent une nouvelle distribution des pouvoirs au sein de la Chambre haute sont majoritaires.|oe Clark, ministre fédéral des Affaires constitutionnelles, a lui aussi déploré de nouveau l'absence du Québec à la table.11 trouve difficile de discuter de la réforme du Sénat sans connaître la position de cette province sur ce sujet qui n'avait pas été abordé au moment des ententes du lac Meech.Selon la logique de M.Clark, si le Québec refuse de participer à ces discussions c'est qu'il estime qu'il n'a pas à répéter ses positions connues sur un certain nombre de sujets.Au bureau du premier ministre québécois, on répétait encore la semaine dernière que ce qu'on rejette, c'est bien la mécanique de ces discussions réunissant toutes les provinces, où le Québec a souvent été isolé et où il risque encore d'être isolé.Selon M.Rae, l'importance d'accroître les discussions avec le Québec «a été soulignée à plusieurs reprises» par les participants.Le premier ministre ontarien a suggéré qu'on prenne tous les moyens possibles pour encourager la communication avec cette province, et même qu'on utilise « tous les moyens que nous offre la technologie moderne» pour reprendre le dialogue.Toutefois, quoi que le Québec pense de la réforme du Sénat, il n'en demeure pas moins que le reste du Canada ne s'est toujours pas entendu sur la question.L*Alberta a de nouveau fait savoir hier, par la voix de son ministre des Affaires intergouverne-mentales, lames Horseman, qu'elle faisait tout son possible pour faire avancer son sénat tri-ple-E: égal (l'île du Prince-Édduard aurait le même nombre de sénateurs que l'Ontario), élu et efficace.Pourtant, on sait que l'Ontario rejette l'idée si le E de efficacité rend la Chambre haute trop efficace.Elle craint que cela permette au Sénat de paralyser la Chambre des communes.\u2014 Avez-vous été encouragé par M.Rae à ce sujet, a-t-on demandé au ministre albertain, qui affir- mait avoir fait «avancer sa cause».\u2014 Disons que je n'ai pas été découragé, a-t-il répondu.M.Clark a dit quant à lui qu'il est maintenant prêt à considérer la possibilité d'avoir un sénat égal, s'il n'est pas trop efficace.Sauf que pour le Manitoba, si le Sénat n'est pas efficace, ça ne sert à rien qu'il soit égal, a précisé lames McCrae, ministre de la Justice dans cette province.Une opinion que semble partager Clyde Wells, premier ministre de Terre-Neuve, qui croit que la Chambre des communes ne devrait pas avoir de pouvoirs supérieurs au nouveau Sénat.Selon M.McCrae, «il y a des moyens d'être efficace, sans tuer des projets de loi».Moe Sihota, ministre responsable des Affaires constitutionnelles de la Colombie-Britannique, s'est quant à lui contenté de répéter que «toutes les options» étaient sur la table, dont celle d'une abolition pure et simple et que les discussions avaient été très «positives», même si on n'a rien conclu de précis.Les négociateurs se sont toutefois entendus pour confier à deux groupes de fonctionnaires l'étude de deux scénarios: quels pourraient être les pouvoirs d'un Sénat parfaitement égal, et quels pourraient être les pouvoirs d'un Sénat où la représentation des provinces moins populeuses n'est pas parfaitement égale, mais mieux équilibrée.Les négociaeurs en reparleront à leur prochaine rencontre du 29 avril, à Edmonton.GRC: Rémillard veut tous les documents Presse Canadienne OUÉUEC Les documents fournis lundi au Québec par le Solliciteur général du Canada, Doug Lewis, sur les activités illégales de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sont incomplets, a avoué hier à l'Assemblée nationale le ministre québécois de la justice.Gil Rémillard.«On a dépouillé ces rapports de certaines informations.Donc, hier, j'ai pris contact avec le bureau du Solliciteur général et je lui ai demandé de nous fournir tous les renseignements nécessaires pour qu'on puisse faire une étude complète», a déclaré M.Rémillard.Le ministre de la Justice était interrogé à l'Assemblée nationale par la député péquiste de Hochelaga-Mai-sonneuve, Louise Harel.M.Rémillard a même signalé que les documents qui lui ont été fournis étaient moins complets que ceux remis en 1981 à son prédécesseur, Marc-André Bédard.La député Harel a rappelé que ces documents établissent la volonté du gouvernement fédéral, alors dirigé par Pierre Elliott Trudeau, d'être informé des activités et des sympathies des citoyens du Québec soupçonnés d'appuyer la souveraineté du Quebec.Mises à pied en Alberta Presse Canadienne EDMONTON n jour après avoir promis, dans son budget, de sabrer 1000 emplois dans la fonction publique, le gouvernement de l'Ai-berta a mis à pied mardi 157 employés à temps plein, et 130 employés temporaires.La ministre du Travail de l'Al-berta Elaine McCoy a indiqué qu'il n'y aurait plus d'autres mises à pied cette année.Les 843 autres postes à temps plein éliminés étaient de toutes façons vacants.Le gouvernement compte économiser ainsi 5,8 millions.Certains employés remerciés pourront se voir offrir un emploi dans un autre secteur de la fonction publique, tandis que les autres auront droit à une retraite anticipée ou à une indemnité de départ.Depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre Don Getty, en 1985, 4400 postes ont ainsi été éliminés de la fonction publique albertaine, a souligné la ministre McCoy.(' «Il y aura toujours de l'anglais à Montréal, comme du sable dans le désert», selon une sociologue NORMAN DELISLE de la Presse Canadienne OULllLC mpm romouvoir l'anglais au Quebec, m* comme le fait le president d'Alliance Québec, Reed Scowen, «équivaut à promouvoir le sable au Sahara».«De la même façon qu'il y aura toujours du sable, beaucoup de sable dans le désert, il y aura toujours de l'anglais à Montréal», estime la sociologue Josée Legault dans un livre qui sera lancé au début de mai.Ce livre, intitulé «L'invention d'une minorité: les Anglo-Québécois» et publié chez Boréal, heurte de front les prétentions véhiculées au Canada anglais selon lesquelles le Québec francophone replié sur lui-même serait xénophobe, intolérant et haineux face aux Anglo-Québécois, selon certains.La Presse Canadienne a obtenu copie d'extraits de l'ouvrage de Josée Legault, 31 ans, étudiante au doctorat et chargée de cours à l'Université du Québec à Montréal.Parfaitement bilingue, elle a grandi dans un quartier ethnique de Montréal.Elle a appris le français et l'anglais dès son plus jeune âge.«L'invention d'une minorité» se veut une réponse à un discours anglo-québécois tel que prononcé par Reed Scowen dans «The English in Quebec in the I990*s» ou encore véhiculé dans le monde anglo-saxon par Mordecai Richler.«Scowen alimente les perceptions erronées de plusieurs anglophones quand il dépeint la communauté anglo-québécoise comme menacée, rejetée, seule au monde face à des nationalistes francophones», écrit Mme Legault.Elle rappelle que Scowen invite les V; 1 Anglo-Québécois, dont 75 pour cent résident à Montréal, «à se livrer à la guérilla linguistique» en utilisant leur lan-.gue partout et tout le temps, chaque fois qu'ils sont en contact avec des francophones et des immigrants.Français menacé Pourtant, c'est le français et non l'anglais qui est menacé à Montréal, estime M-^e Legault: «Le moindre emploi au r uire minimum requiert souvent la jnnaissanec de l'anglais et il faut faire des efforts herculéens pour ne pas être servis dans cette langue» dans les commerces.Mme Legault juge farfelue la théorie du président d'Alliance Québec selon laquelle il y aurait déclin de la communauté anglophone au Québec.Le réseau scolaire anglophone a perdu une partie importante de sa clientèle, 1 mais ce réseau compte encore 360 écoles primaires et secondaires, sept campus collégiaux et trois universités, note-telle.Le recensement de 1986, le dernier disponible, montrait que 17 pour cent de la population montréalaise était de langue maternelle anglaise mais que 20,8 pour cent déclarait l'anglais comme principale langue d'usage.Chez les francophones, le pourcentage de ceux qui déclaraient le français comme langue maternelle et comme langue d'usage était identique, à 69,7 pour cent.Mme Legault fait remarquer que cet écart de 3 pour cent entre la langue maternelle et la langue d'usage «a fait bondir au Québec le nombre d'anglophones de 678 785 à 796 695», soit un gain démographique de 118 000.«En d'autres mots, les 100 000 anglo- phones que Scowen propose de récupérer via l'immigration d'ici dix ans sont déjà là», poursuit Mme Legault, qui constate qu'on «est loin de la situation des Franco-Manitobains.qui sont passés de la majorité numérique en 1870 à moins de 5 pour cent de la population aujourd'hui».Le type de discours tenu par M.Scowen a pour effet de rendre «tout dialogue impossible».«Une autre retombée dommageable, c'est la radicalisation d'Alliance Que-bec» et son «alignement sur le Parti égalité».Bref, «l'effet le plus pervers de Scowen aura été de convaincre une partie des anglophones et Alliance Québec qu'ils n'ont pas besoin de développer un quelconque sentiment d'appartenance à la société québécoise», conclut l'aute.\\ B2 LA PRESSE.MONTREAL.MERCREDI 15 AVRIL 1992 .V ».\u2022 n* .-.\u2022 Éditorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adiomt directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en cru f Civiliser le divorce ne famille sur cinq au Quebec est une famille monoparentale.Par ailleurs, dans deux familles avec enfants sur trois, la mere est au travail.Ces deux réalités sont là pour nous rappeler à quel point une politique familiale doit également être une politique du travail, une politique du divorce ou une politique qui s'adresse au bien-être des enfants déjà là plutôt qu'au nombre de ceux a venir.Ces nouvelles priorités, qui correspondent aux changements profonds qu'a connus la famille, on les retrouve dans le deuxième plan d'action en politique familiale, intitulé Famille en tête, déposé cette semaine par la ministre responsable de la Famille, Mme Violette Trépanier.Ce plan d'action se propose ainsi de s'attaquer a un problème dramatique, les crises financières provoquées par le divorce et le non-paiement des pensions alimentaires.Il était temps.Il y a plusieurs formes de pauvreté.Mais la plus préoccupante est sans doute celle qui frappe les familles monoparentales dirigées par des femmes.Dune part, parce qu'elle fait des victimes sans défense, les enfants, et, d'autre part, parce qu'elle est en pleine explosion, à mesure qu'augmente le taux de divorces ainsi que le phénomène des naissances dans des unions précaires ou hors de toute union.'.IJMil Mm M.» On peut ainsi aligner statistique accablante sur statistique accablante pour illustrer l'ampleur du gouffre.Les familles bi-parentales ont, en moyenne, un revenu annuel de 50000 $; les familles monoparentales, à peine 20000.Résultat: 40 p.cent des familles monoparentales vivent sous le seuil de la pauvreté.Une proportion qui passe a 50 p.cent si elles sont dirigées par des femmes.Et c'est ainsi que les familles monoparentales représentent 70 p.cent de toutes les familles avec enfants qui sont sur l'aide sociale.Ces familles monoparentales ne sont pas seulement pauvres, elles sont souvent perturbées, entre autres parce que ces femmes chefs de famille ne trouvent pas leur place sur le marché du travail et s'enfoncent dans la marginalisation.Des multiples facteurs qui mènent à cette situation, la ministre Trépanier promet de s'attaquer à la secousse terrible que peut provoquer le divorce en plongeant soudainement ce qui reste de la famille dans le monde de la pauvreté quand elle est privée du revenu du père.Parce que c'est là une source importante de traumatisme, il est important pour une société de limiter les dégâts que peut provoquer un divorce.Dans son plan d'action, Québec propose ainsi de mettre sur pied un mécanisme de pension alimentaire anticipée, par lequel c'est l'État qui assurerait le paiement dune pension alimentaire à la famille en attendant que le père et la mère en arrivent à une entente.C'est en effet dans cette période qui précède le règlement du divorce, et qui dure en moyenne dix-huit mois, que les familles, dirigées le plus souvent par la mère, se retrouvent sans revenus.Avec un tel mécanisme, c'est le gouvernement qui se chargerait par la suite de se faire rembourser auprès de celui qui paie la pension alimentaire, le plus souvent le père.Par cette proposition, le gouvernement comblerait un vide important.Mais la démarche serait incomplète si l'État n'assurait pas un suivi et n'acceptait pas de jouer le même rôle pour les familles qui ne réussissent pas à obtenir leur pension alimentaire après le règlement du divorce et qui doivent à l'heure actuelle passer par un lourd processus judiciaire.Et c'est ainsi que Mme Trépanier propose de mettre en branle un mécanisme de perception qui permettrait à l'État de récupérer les sommes que les pères auraient dû verser, y compris par des saisies de salaire ou de chèque d'aide sociale.Cette disoosition, prévue dans la loi de 1988, n'avait toujours pas été mise en application.Ces deux mesures restent toutefois encore vagues et il faut souhaiter qu'elles soient rapidement implantées.Mais il n'en reste pas moins que ces préoccupations montrent que, contrairement aux caricatures que l'on en fait trop souvent, la politique familiale ne se réduit pas à une politique nataliste.Alain DUBUC Une erreur olympique Cette fois, le verdict est clair: le toit du stade est atteint d'un mal congénital et incurable.Au mieux peut-on espérer que, rafistolée et traitée aux petits oignons, la toile de la décapotable olympique tiendra encore deux ou trois ans.Le diagnostic posé par les experts internationaux appelés au chevet du stade a le mérite de forcer la RIO et le gouvernement québécois à faire face à la réalité.Le problème, c'est qu'à partir de là, de toutes les solutions envisageables pour l'avenir, il n'y en a aucune qui soit satisfaisante.La RIO a convaincu Québec d'opter pour un nouveau toit, fixe ou rétractable.Ces deux options exigent qu'en attendant de coiffer le stade d'un nouveau chapeau, on continue a entretenir l'ancien à coups de millions.On prévoit qu'il en coûtera 1,6 million pour renforcer la toile, mais rien ne garantit que de nouvelles déchirures ne viendront pas gonfler la facture.D'autre part, dans l'hypothèse d'un toit fixe, il faudra revoir tout le système de ventilation du stade.Autres déboursés en perspective, qui s'ajouteront à ceux qu'ont deja occasionnes la construction et les réfections du toit (62 millions), ainsi qu'à ceux, indéterminés, qu'entraînera la nouvelle toiture.La RIO a décidé de rejeter les deux autres voies possibles: laisser le stade à découvert ou en construire un nouveau.Faut dire que ces hypothèses se défendent mal sur le plan financier.La premiere, parce qu'elle ferait perdre à la Régie les revenus provenant d'événements et salons divers.La seconde, parce qu'on voit mal comment on pourrait construire un nouveau stade quand on n'a même pas fini de payer l'ancien.Reste que tant qu'à faire l'examen du stade, aussi bien le faire au complet, en scrutant toutes les avenues de façon à retenir.la moins mauvaise.Car c'est bien là le drame: l'erreur que nous a léguée Jean Drapeau ne peut être corrigée qu'en appliquant le principe du moindre mal.Les Québécois sont piégés.Dune manière ou de l'autre, ils devront payer.Quelle que soit la solution que l'on retienne en bout de ligne, il faudra bien un jour se demander qui est le responsable de cette sinistre farce.Taillibert?Lavalin?Les deux?Peu importe.Ce qui compte, c'est que quelqu'un s'est royalement fourvoyé.Et qu'actuellement, la facture de cet olympique égarement est refilée aux contribuables.Agnès cruda «s* - t > DROITS RÉSERVÉS reprise La bÔîte aux lettres fi Hôtel-Dieu: grave erreur B H n'est pas nécessaire d'être spécialiste en administration d'hôpitaux pour s'apercevoir que le projet de déménager l'Hôtel-Dieu de Montréal n'a pas de bon sens.l'ai lu des tas de documents d'intervenants divers là-dessus et je suis convaincu que le débat dépasse largement l'aspect médical.Il s'agît en fait d'un véritable problème de société.Comment se fait-il qu'à peu près tout le monde est contre cela et que ça risque de se faire quand même?Il doit y avoir des irresponsabales parmi les responsables de ce projet insensé.Combien faudra-t-il de protestations pour empêcher que celte erreur soit consommée?i n tout cas.voici la mienne.Doris LUSSIER Télétémoignage contourné ?¦ Dernièrement, la région de l'Ou-taouais a été le témoin d'une bizarrerie du système judiciaire.En effet, les journaux locaux de Hull annonçaient, en décembre dernier, que le tribunal avait eu recours à l'utilisation du télétémoignage dans une cause d'agression sexuelle sur un jeune de 13 ans.Notons que le système du télétémoignage a pour principe premier de permettre à la victime de témoigner à la cour sans avoir à subir de contact avec l'accusé et ainsi livrer son témoignage sans aucune intimidation.Quand est respecté le principe du télétémoignage, dans une situation normale, l'enfant qui témoigne ne voit, ni n'entend l'accusé.Mais ce que la cause de Hull a de particulier, c'est que l'accusé, ayant décidé d'assurer sa défense sans l'intermédiaire d'un avocat, a interrogé lui-même la victime.Vous comprendrez, bien sûr, que même si l'enfant ne pouvait voir l'accusé, il entendait son présumé agresseur le questionner et lui demander de livrer témoignage, comme l'aurait fait normalement l'avocat de la défense.Imaginez un peu ce qui s'est passé dans la tête de cet enfant en entendant cette voix lui poser des questions en rapport avec une affaire qui le rejoint dans les moindres recoins de son intimité et de plus, imaginez encore sa confusion en reconnaissant cette voix; la voix même de la personne qu'il accuse d'être son agresseur.Peut-on se surprendre que, suite a tout cela, l'enfant n'ait pu livrer un témoignage crédible?Ces conditions particulières ont vraisemblablement joué en défaveur de la victime! Cette voix! Quel impact, elle a dû avoir sur le témoignage de cette jeune victime.Cette voix! comme elle a dû être investie d'un pouvoir psychologique sur cet enfant! Vous comprendrez que, si le lélété-moignage a été créé, c'est justement pour que ces situations intimidantes pour la victime soient enlevées et permettre ainsi de faciliter le télétémoignage des jeunes victimes.Dans ce cas-ci.tout ce mécanisme n'a rien changé.Entendons nous bien! Nous sommes tout à fait en accord avec ce nouveau service, utilisé dans des causes impliquant des enfants, mais nous tenons à ce que soient analysés les objectifs de base de l'utilisation de l'outil précieux qu'est le télétémoignage.Claire lance vin, Jenny CRUSTIN et Francine GACNON pour le Regroupement des équipes Espace Des cours de bicyclette ¦ La réforme constitutionnelle que le Canada a entreprise depuis quelque temps ne peut se faire que par ceux et celles qui font partie de cette constitution.Cela va de soi.Si une province du Canada anglais travaillait sur un projet visant les francophones hors Québec, malgré tout l'intérêt que le Québec aurait de collaborer, il serait hors de question qu'il s'implique.Ce serait inadmissible, puisque les gens du Québec ne font pas partie de cette province.Alors il serait temps que le Canada anglais comprenne que la présence du Québec à la réforme constitutionnelle n'est pas de mise non plus, car en 1982 le Canada anglais a rapatrié la Constitution sans que le Québec en fasse partie.L'exclusion du Québec ne leur causa pas de problème en 1982, ni en 1990, lorsqu'ils ont tout fait pour bloquer l'entrée du Québec dans la Constitution.Si aujourd'hui ils ont besoin du Québec pour la réformer, qu'ils y fassent entrer le Québec d'abord.Il me semble que le Canada anglais essaie de faire passer la charrue avant les boeufs.On dit au Québec: Viens négocier la réforme constitutionnelle avec nous et on te trouvera une place dans la Constitution.Le Québec a deux raisons de refuser.La première est sa devise: « |e me souviens » qu'on ne peut faire confiance au Canada anglais (1982 et 1990 ont marqué les Québécois).La deuxième est le gros bon sens décrit ci-haut.Quel rapport avec faire de la bicyclette?C'est pourtant bien simple.La première chose qu'on apprend lorsqu'on commence a aller a bicyclette, c'est que pour mettre la bicyclette en mouvement, il faut pousser très fort de l'avant, sur la pédale qui se trouve en haut.Ce mouvement fera entrer le Québec dans la Constitution canadienne et amènera l'autre pédale qui se trouve présentement en bas, à une position de force sur laquelle on appuiera tous ensemble pour réformer la Constitution.Le Canada anglais essaie présentement de faire avancer la bicyclette constitutionnelle en poussant vers l'arrière la pédale qui se trouve en bas.Mon père, mon oncle, mon frère me disaient tous, lorsque j'ai appris à aller à bicyclette que cette façon de faire peut toujours faire avancer la bicyclette, mais que le risque de se casser le nez est très grand.Jean-Pierre BOISVERT Les gens se font mentir ¦ |e me questionne sérieusement sur l'intelligence des propos de M.Serge Demers, président de Mouvement Québec, qui dit «que le Québec se retrouve dans son actuel marasme économique en dépit et même à cause de son appartenance au fédéralisme canadien».Il n'existe aucun lien entre l'appartenance du Québec ou non au Canada et la présente récession.La récession actuelle est mondiale et affecte même les très puissants (aponais.|e ne sais pas où M.Demers a acquis ses connaissances économiques mais il démontre d'importantes lacunes à ce niveau.À cet égard, il n'est pas étonnant qu'il ne semble nullement inquiet de tenir un référendum en période de récession en dépit des hésitations de M.Farizeau.Dans un discours semblable, je m'étonne que M.Demers n'ait pas dit que la souveraineté mettrait fin à la récession.La population se fait mentir en pleine face par des personnes qui s'improvisent économistes et qui n'ont aucune notion des fluctuations économiques, de la concurrence internationale et des valeurs qui font la force d'une nation.Il faut se méfier de ceux qui croient qu'une fois la souveraineté acquise, les cycles économiques, la fluctuation des devises, etc., ne seront plus des problèmes pour le Québec.Trop de gens pensent que l'indépendance, notre autonomie et notre pouvoir de décision sauront nous mettre à l'abri de tous ces lléaux.p.BOUCHER Boisbriand Où va l'argent que nous donnons ?¦ Mon Dieu que ça va bien! De l'ouvrage à plein?Des taxes peu élevées?Des impôts très bas?Des usines qui fonctionnent à plein régime?Le gouvernement qui arrive avec des surplus d'argent?Les taxes sont si basses que notre dollar est amputé de près de 16% chaque fois que nous achetons quelque chose, et ceci, en ne parlant pas de ce qui s'en vient.Notre bon gouvernement est si riche qu'il devra probablement renier sa signature envers ses fonctionnaires du public et du parapu-blic.Quel beau tableau! La question que je me pose ressemble un peu à ceci: «Où va tout l'argent que nous donnons un peu partout?» Comment se fait-il que nous donnions tant d'argent en taxes sur un litre d'essence et que nos routes soient dans un état si déplorable?Que font nos gouvernements avec les divers fonds de pension qu'il administre eux-mêmes?Je me demande encore comment il se fait que les gouvernements administrent des capitaux si importants quand ils présentent des budgets de plus en plus déficitaires d'année en année?Comment se fait-il que les gens confient de si importants montants d'argent à de si mauvais administrateurs?C'est à mon avis un comble.Peut-être que le peuple n'a pas voix au chapitre, peut-être que le gouvernement s'est approprié des droits qui lui permettent d'enfoncer de plus en plus les gens du peuple dans une espèce de fange d'où ils ne pourront sortir que difficilement.Peut-on demander que d'autres gens les remplacent?Dans le secteur privé, je ne crois pas qu'une seule entreprise puisse se permettre de tels déficits d'année en année.|e crois plutôt quel'on forcerait cette entreprise à faire faillite et à fermer ses portes.Quand des gouvernements sont en faillite comme c'est le cas actuellement, ne pourrions-nous pas demander au moins que l'on change ces hommes qui nous abaissent d'année en année?Joseph b le AU .______ LA PRESSE, MONTREAL, MERCRED115 AVRIL 1992 B3 Opinions f S Reed Scowen Scowen défend l'utilisation de l'anglais comme langue de travail à Montréal RFED SCOWEN Le fexfe qui suif esf un extrait d'un discours prononcé récemment par M.Scowen devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.i vous êtes d'accord avec le fait que l'économie de Montréal est présentement et doit rester bilingue, la tâche de parler du rôle des anglophones dans celle-ci serait assez facile car, dans une économie bilingue, les anglophones parleraient anglais au travail et seraient les bienvenus.C'est tout.Mais malheureusement, ce n'est pas aussi simple que cela.Que ce soit justifié ou non, nous ne sommes pas encore arrivés à un tel stade de compréhension mutuelle.En effet, je vous soumet qu'il existe aujourd'hui un important malaise au sein de la communauté anglophone, qui a déjà eu des effets négatifs sur l'économie du Québec et qui risque de se perpétuer, faute de correctifs.' Ce problème se résume très bien, dans une déclaration que l'on retrouve dans le rapport de la Commission sur l'éducation en anglais, commission présidée par Mme Gretta Chambers, un de nos porte-parole les plus respectés, (e cite: « There is a wide spread conviction among English speaking Quebecers that their community is considered expendable by Quebec's French speaking majority ».Cette impression de ne pas être acceptés par la majorité, se manifeste entre autres, à mon sens, dans deux phénomènes que j'aimerais porter à votre attention.Premièrement, un nombre très inquiétant de jeunes Québécois et Québécoises anglophones quittent ou se préparent à quitter le Québec pour poursuivre leur carrière ailleurs.Dans la grande majorité de ces cas, ils ont été très bien éduqués dans le réseau québécois, à un coût considérable pour la société dans son ensemble.Un sondage publié par le journal La Presse, en juillet 1991, révélait qu'au-delà de 50% des jeunes anglophones interrogés avaient l'intention de partir.Alliance Québec a récemment mis sur pied une Commission d'enquête, sous la présidence de M.Donald Wells, de la Banque Royale du Canada, afin d'étudier l'ampleur et la nature de ce phénomène.Nous attendons le rapport de ce comité dans les semaines qui viennent.11 existe une deuxième manifestation aussi inquiétante que je veux porter à votre attention.Au cours de mon travail au ministère des Affaires internationales, dans la négociation des projets d'investissements avec les investisseurs étrangers, j'ai eu l'occasion de rencontrer un nombre important de chefs d'entreprise des filiales de sociétés établies au Québec.Ces entreprises figurent parmi les plus importants employeurs de notre économie, sou-mu t dans les secteurs de pointe.Ces chefs d'entreprise et les cadres qui les entourent sont souvent des anglophones québécois.11 y a ceux qui sont nés ici et il y en a d'autres qui, à cause de la nature de l'entreprise, sont des résidents seulement depuis quelques années, parfois juste depuis quelques mois.Mais ils sont tous des Québécois.Je ne suis pas mandaté pour parler en leur nom, mais je ne peux pas m'empècher de constater qu'il y en a qui sont parfois gênés, mal à l'aise, d'admettre qu'ils travaillent essentiellement en anglais.En conséquence, ils ne jouent pas pleinement leur rôle de leadership dans l'économie québécoise dans le sens le plus large du terme, à la mesure de leurs énormes compétences, parce qu'ils croient qu'ils ne sont pas acceptés par la majorité, en anglais.Qui sont-ils?Vous n'avez qu'à examiner la liste des plus grandes entreprises du Québec pour les identifier.Pour en savoir plus long, je vous demande d'examiner aussi la liste des membres des conseils d'administration de nos institutions sociales et culturelles, de nos organismes para-gouvernementaux, et d'identifier les hauts cadres des entreprises de propriété étrangère, qui sont présents sur ces listes.II n'y en a pas beaucoup.Il y a une trentaine d'années, c'étaient les francophones qui ne participaient pas pleinement à la vie économique du Québec.Aujourd'hui, c'est notre tour à nous.Dans mon esprit, ces deux phénomènes \u2014 le découragement des jeunes anglophones et la réticence des cadres anglophones \u2014 sont deux manifestations concrètes et malheureuses du phénomène qui a été porté à notre attention par le rapport Chambers.Je vais vous offrir une suggestion qui pourrait rectifier une situation qui ne doit pas se perpétuer si nous voulons vraiment profiter au maximum de toutes les ressources humaines qui sont à notre disposition pour le développement de l'économie du Québec.(.) Une solution Ma proposition est que votre nouvelle organisation bilingue pose un geste très utile en préparant, le plus rapidement possible, une déclaration sur l'utilisation de la langue anglaise au travail.Ce faisant, votre grande crédibilité pourrait être mise immédiatement au service de la même collaboration linguistique que vous avez manifestée à l'intérieur de votre propre organisation, mais cette fois dans l'ensemble de l'économie de Montréal.Il y a ceux qui vont vous dire que dans le présent contexte constitutionnel, il est peut-être mieux de laisser cette question en suspens et de vivre avec une certaine ambiguïté.Ce sera la réponse de ceux qui croient que les débats constitutionnels sont plus importants que le développement et la prospérité économique.Qui peut nous dire quand le débat constitutionnel sera réglé une fois pour toutes?Le projet dont je vous parle s'applique, quel que soit le statut constitutionnel du Québec, et il est urgent.Comme préambule d'une telle déclaration, nous serons tous d'accord pour déclarer que pour participer pleinement à la vie économique du Québec, une connaissance à un niveau approprié de la langue française est souhaitable, même essentielle.Une telle déclaration serait facilement acceptée par la communauté anglophone, dont plus de la moitié est déjà bilingue.Cela étant dit, il faut exprimer le voeu que les décisions linguistiques quotidiennes, dans la vie économique de notre ville, soient prises sur une base pragmatique plutôt qu'idéologique.On peut imaginer que ces décisions soient prises en fonction de la relation client-fournisseur, ou par rapport à la langue du patron, ou de l'employé, ou par rapport à la nature des textes ou des informations qui sont à l'ordre du jour, ou tout simplement en fonction de la capacité linguistique de la personne à qui on adresse la parole.Autrement dit, vous diriez aux membres de la communauté anglophone, y compris les jeunes qui s'interrogent sur leur avenir ici, que la langue anglaise au travail est la bienvenue à Montréal à tous les niveaux.Parlons la langue qui nous permettra de réaliser le projet le plus efficacement et le plus rapidement possible.Vous pouvez même faire l'illustration de votre message en déclarant que nous ne cherchons pas à réaliser un Montréal aussi français que Toronto est anglais mais quelque chose qui est infiniment plus stimulant - une ville et une économie vraiment bilingues.Vous pouvez peut-être vous inspirer dans cette démarche d'un document de votre propre organisation qui a été porté à mon attention par votre Directeur général, M.Luc Lacharité, préparé en septembre 1985 et intitulé «Montréal Demain: Ville internationale».Je cite: «La Chambre doit prendre le pari d'un Montréal bilingue et cosmopolite.Cette conception s'oppose à une autre, celle d'un Montréal unilingue francophone.Les deux visions sont incompatibles.Il importe donc de diffuser à Montréal, plus particulièrement, au sein du monde des affaires, l'idée d'un partnership entre les deux communautés linguistiques.Dans la mesure où Montréal aspire à un rôle international, elle doit favoriser l'épanouissement dans son milieu d'une communauté anglophone qui s'y sentira cul tu relit1 ment à l'aise».En ce qui concerne les obligations légales d'utiliser la langue française, par rapport à la Loi 101, vous ne pouvez faire mieux que de citer une récente déclaration du Directeur du programme de francisation de l'Office de la Langue Française, M.Pierre Mercier, dans The Gazette du 7 mars 1992.Et je cite: «Vous devez vous adresser à vos employés francophones en français mais tout le reste pourrait être bilingue.En effet, avec la mondialisation des marchés et l'entente de libre-échange, nous nous attendons à ce que de plus en plus de gens utilisent l'anglais et, en conséquence, de plus en plus de gens auront besoin de l'anglais et nous n'avons rien contre cette situation pourvu que le minimum obligatoire du français soit respecté».Est-ce que vous trouvez que je suis allé trop loin dans ce que je viens de vous dire?Si oui, libre à vous de nuancer ou même de contredire mes propos.Il ne reste qu'à exprimer clairement votre volonté, et il me semble qu'à l'occasion de l'heureuse fusion de vos deux organisations, le moment soit arrivé.Notre minorité anglophone écoutera vos propos avec beaucoup d'intérêt.Légitime défense ou défense de provocation ?JACQUES GAGNÉ L'auteur est professeur de droit pénal à l'Université Laval.ans la nuit du 10 avril 1991, dans le quartier Roscmont à Montréal, deux cambrioleurs pénètrent par effraction dans le commerce de madame Suzanne Lacérte.Elle exploite, à cet endroit, un dépanneur avec l'aide de son mari, François Guérin.Les intrus réussissent à s'emparer de quelques cartouches de cigarettes.L'accusé, dans l'intervalle, sort de son appartement muni d'une arme à feu pour emprunter le balcon qui surplombe le magasin.Il tire à quatre reprises sur les fuyards.II atteint au dos une de ses victimes, Claude Dugas, âgé de 29 ans, et le blesse mortellement.Il inflige en plus des blessures à son complice, Sylvain Couture.La poursuite porte deux accusations criminelles contre François Guérin, soit d'avoir causé la mort de Claude Dugas par négligence criminelle et d'avoir infligé des lésions corporelles à son compagnon.Le procès dure trois jours et les délibérations du jury prennent un temps identique pour se solder par un verdict d'acquittement sur les deux chefs d'accusation.L'avocat de la défense soulève, pour son client, la légitime défense.Ce dernier témoigne avoir ouvert le feu sur les deux cambrioleurs pour se protéger et non pour récupérer le butin qu'ils venaient de lui subtiliser.Le verdict est déraisonnable, n'est pas supporté par la preuve et doit faire l'objet d'un appel par la poursuite.Un citoyen a le droit d'arrêter sans mandat une personne prise en flagrant délit d'infraction, mais il doit utiliser une force raisonnablement nécessaire.Tout recours à une force excessive l'empêche d'opposer, à une poursuite ultérieure, le moyen de la légitime défense.Le plaidoyer de légitime défense L'ensemble de la preuve déposée au procès ne coïncide pas avec les conditions énumérées dans le Code criminel pour la recevabilité d'une telle défense.Ce moyen de défense s'assimile à un état de nécessité.Le fait de causer des lésions corporelles graves ou la mort à autrui se justifie lorsque la personne illégalement attaquée possède des motifs raisonnables d'appréhender la mort ou d'être blessée sérieusement par son agresseur.Les faits plus haut relatés sont aux antipodes de cette exigence imposée par le Code.Guérin n'était pas en danger lorsqu'il a fait feu sur les deux délinquants qui ne semblaient pas armés lors de leur fuite.Il s'est arrogé le droit de se faire justice à lui-même, figurant désormais sur la liste peu honorable des justiciers connus tels que Bernhard Goetz et Serge Kesler.Ce verdict discutable peut s'expliquer par les considérations suivantes.La Couronne a choisi la négligence criminelle pour incriminer l'accusé.Même si le fait pour l'accusé de tirer dans la pénombre pouvait permettre de conclure à une certaine insouciance de sa part, les autres éléments de preuve étaient plus compatibles avec des accusations de meurtre au second degré et de tentative de meurtre.Ces accusations auraient donné, par surcroît, la possibilité au jury de rendre des verdicts subsidiaires.Nous déduisons du déroulement du procès que le président du tribunal a du erronément laisser au jury l'appréciation du plaidoyer de la légitime défense au lieu de le soustraire à sa considération.En toute déférence pour le savant juge, sa directive inexacte portant sur une question de droit, la Couronne se trouve ainsi autorisée à se pourvoir en appel de ce verdict d'acquittement.Défense de provocation Nous comprenons que l'accusé, ayant subi dans le passé plusieurs effractions, ait succombé à la tentation d'acquérir une arme à feu et se soit trouvé dans un état de panique et de désarroi dans la nuit du 10 avril 1991, mais rien ne justifiait qu'il dispose de la vie d'autrui de la façon dont il l'a \u2022y \"m François Guérin fait.Si une accusation de meurtre avait été originairement portée, le juge aurait pu demander au jury de considérer la défense de provocation comme un verdict alternatif.La preuve a révélé que d, 1988 à 1991, l'accusé et sa femme avaient été .victimes de treize vols à main armée et de quatre introductions par effraction.L'accumulation de ces faits antérieurs * pouvait constituer « de la provocation continue » et être suffisante pour équivaloir a '< de la provocation soudaine » au sens du Code.Le jury aurait pu entériner ce plaidoyer de provocation et condamner l'accusé sur une infraction réduite d'homicide involontaire coupable.Le juge, au stade de la sentence, aurait eu alors toute la latitude pour faire bénéficier l'accusé des circonstances atténuantes.Un tel verdict aurait eu l'avantage de tenir compte du contexte provocateur des infractions et de rappeler, tout à la fois, le caractère sacré et inestimable de toute vie humaine, qu'elle soit marginale ou délinquante.Le règne des justiciers Les justiciers ont réussi souvent, dans le passé, à être acquittés d'accusations très graves en utilisant la légitime défense comme une arme additionnelle.Ces verdicts de complaisance sont dus à plusieurs raisons et minent la crédibilité du système judiciaire.Les juges oublient de mettre en garde les jurés de ne pas compatir, d'une façon exagérée, avec l'accusé et de leur rappeler que la sentence est de son ressort.Les jurés s'identifient trop avec la situation de l'accusé au nom de la valeur mercantile de la propriété et ou- ,t% blient de tenir compte que des vies hu- ~ maines ont été sacrifiées ou mises en danger.À la décharge du jury, les dispositions actuelles du Code criminel sont sibyllines et mériteraient d'être simplr-fiées.La Commission de réforme dû droit du Canada a adressé des recommandations, en ce sens, en 1982 au ministre fédéral de la Justice et les a réitérées en 1987 dans son Rapport sur la nouvelle codification du droit pénal.Il s'avère urgent de créer une concertation de tous les éléments du système judiciaire pour freiner cette épidémie sanglante à laquelle se livrent les justiciers et les dissuader de constituer, de cette façon, un corps policier parallèle.La perpétuation de ces verdicts pusillanimes, fruits d'un laxisme judiciaire, risque de créer des disciples et des imitateurs.Personne ne peut s'approprier la loi entre ses mains et la détourner, même en lui donnant les apparences d'une exécution de sang-froid.Par ailleurs, les personnes qui exercent leurs fonctions de commerçant, en pleine nuit, à leurs risques et périls, ont le droit de recevoir une aide financière de l'État dans la mise sur pied d'un système légal de sécurité, apte à faire échec à une criminalité urbaine sans cesse croissante.Triste diminution de la présence culturelle canado-québécoise à Paris JACQUES PORTES ttr L'auteur est directeur de l'ÉLAN (Études lilloises sur l'Amérique du Nord), à l'Université Charles de Gaulle, à Lille.Le Québec et le Canada se sont distingués depuis une trentaine d'années par une politique culturelle internationale particulièrement active.En raison de leur concurrence, la France a beaucoup bénéficié de cette volonté et les Français ont beaucoup appris sur le dynamisme de leurs «cousins» d'outre-Atlantique.Chacun des deux pays a un centre culturel à Paris, offrant un excellent accueil et des services remarquables en matière de bibliothèque, d'informations diverses ou de cinéma; de plus, les universitaires ont pu profiter en nombre des programmes conçus à leur endroit afin d'orienter les étudiants vers l'ensemble canadien.Or, de façon concomitante, le Québec et le Canada décident de fermer leurs centres culturels et d'en rapatrier l'essentiel dans les locaux de la Délégation générale et de l'ambassade.Dans les deux cas, la justification est économique et aussi, sans doute, démagogique, dans la mesure où l'électeur moyen de Chibougamau ou de Saskatoon ne se souciant guère du centre culturel de Paris peut approuver cette apparente rigueur budgétaire.Ces décisions sont absurdes, dangereuses et ironiques à bien des égards.Absurde, car une politique culturelle ne peut se bâtir que sur la longue durée, qu'elle n'obtient des résultats qu'au bout d'une dizaine d'années; il ne faut pas oublier que Michel Tremblay, Antonine Maillet et bien d'autres ont commencé leur carrière française dans ces centres aujourd'hui décriés par des technocrates à courte vue.Absurde, sur un plan strictement immobilier en raison des particularités du marché parisien.La délégation du Québec a vendu, il y a une quinzaine d'années un bâtiment qu'elle avait rue Barbet-de-|ouy, pour le remplacer ensuite par les locaux loués de la rue du Bac, aménagés à grands frais; en dépit du besoin on se réfugie dans l'hôtel exigu de la rue Pcrgolèsc.Le Canada, après avoir refusé dans l'après-guerre un hôtel particulier offert par le gouvernement français car il le jugeait trop beau, a bien fait d'acquérir, dans de bonnes conditions au début des années 1970, le beau bâtiment de la rue Constantinc.Aujourd'hui, cet immeuble vaut plusieurs centaines de millions de francs; est-ce une raison pour le vendre alors que le marché parisien reste terriblement spéculatif et qu'un remplacement ultérieur coûtera certainement plus cher?Dangereuse, car la culture s'accommode mal des contraintes de sécurité et des besoins administratifs propres à une représentation diplomatique.L'exemple des pays qui, pour le même genre de raisons, ont effectué ce choix en montre la nocivité; il faut prendre rendez-vous pour pouvoir aller au Centre de documentation Benjamin-Franklin de l'ambassade des États-Unis.Dangereuse, car personne ne peut croire que tous les services des centres culturels disparus pourront trouver leur place dans les locaux diplomatiques nullement conçus pour les accueillir.Où trouvera-t-on la place des bibliothèques, totalement irremplaçables, où trouvera-t-on la place des salles de projection, des salles de réunion?Un tel déménagement aboutit sans aucun doute ù un amoindrissement de la présence culturelle canado- québécoise sur la place de Paris.Dans la foulée, il ne serait pas étonnant, si ce n'est pas déjà décidé, que les programmes de bourses d'étudiants ou les crédits scientifiques soient également diminués.Ironiques, au moment où l'indépendance du Québec est à l'ordre du jour.Dans une telle éventualité, le Québec devra se tourner plus qu'avant vers la France et c'est bien la culture qui constitue le noyau centrai de relations entre les deux pays; comment se passer alors d'un centre culturel digne de ce nom?De la même façon, un Canada nouvelle manière devra chercher à confirmer sa place sur la scène internationale et la dimension culturelle est, dans ce but, tout à fait essentielle; comme se passer alors d'un centre culturel digne de ce nom?Au nom d'une vision économique à courte vue, en raison d'une préoccupation exclusive du court terme \u2014 sans doute empruntée aux État-Unis si proches \u2014, les gouvernements québécois et canadien, par petitesse, obèrent l'avenir.11 faut que les citoyens prennent conscience d'un enjeu qui les concerne plus qu'ils ne le pensent, afin de faire revenir les responsables sur leurs décisions avant qu'il ne soit trop tard. B 4 LA PRESSE, MONTREAL.MERCREDI 15 AVRIL 1992 Québec mise sur des mesures incitatives pour réduire la consommation d'énergie FREDERIC TREMBLAY de lu Presse Canadienne OUI HIC ¦ La ministre de l'Énergie et des Ressources, Lise Bacon, mise sur des mesures incitatives, tournées vers les consommateurs, pour réduire le niveau de consommation d'énergie au Quebec C'est ce qu'elle a fait savoir, hier, en déposant à l'Assemblée nationale la Stratégie québécoise d'efficacité énergétique qui doit engendrer, d'ici dix ans.des investissements totaux d'environ 500 millions.De cette somme.100 millions proviendront des fonds publics.La ministre Bacon a expliqué à la presse que le temps des mesures coercitives pour diminuer le bilan énergétique du Quebec n'était pas encore venu.«Nous ne voulons pas prendre maintenant des mesures coercitives.Il y a encore beaucoup à faire avant de prendre de telles mesures», a-t-ellc fait valoir.La ministre s'en est même prise à la perception voulant que les Québécois soient parmi les grands consommateurs d'énergie du monde.En 1990, a-t-elle souligné, les Québécois ont consommé la même quantité d'énergie qu'en 1976.faisant mieux en cela que la Suéde ou les pays de la CEE, qui ont vu leur consommation énergétique augmenter durant cette période.Néanmoins, peut-on lire dans l'édition 1991 de «L'énergie au Québec», les Québécois consomment encore plus d'énergie que {a Suède ou la CEE, que ce soit par habitant, ou par milliers de dollars de production.Objectif Lise Bacon estime que le potentiel d'économie d'énergie équivaut à 22,b pour cent de la consommation actuelle.L'objectif est d'utiliser le tiers de ce potentiel d'ici à l'an 2001.La ministre estime qu'il s'agit là d'une prévision réaliste.«C'est facile d'être idéaliste dans ces dossiers et viser des objectifs qui ne sont pas attei-gnables.Nous essayons d'être pragmatiques.Ce fut notre marque de commerce, et on continue à l'être», a-t-elle affirmé, pour justifier les objectifs fixés.La ministre croit que son programme d'efficacité énergétique, s'il ne peut permettre de mettre de côté le projet Grande-Baleine, évitera au moins que le gouvernement soit obligé de recourir à un second Grande-Baleine.Pour atteindre ces objectifs, la ministre doit favoriser différentes mesures dans les secteurs résidentiel, industriel, institutionnel, commercial et des transports.À lui seul, le domaine des transports représentera 60 pour cent de l'impact de l'ensemble de l'intervention du gouvernement, prévoit-on.La ministre Bacon a indiqué qu'on souhaitait notamment inciter les consommateurs à utiliser davantage le transport en commun.À un journaliste qui rappelait que le gouvernement du Québec vient pourtant, dans la foulée de la réforme Ryan, de sabrer des sommes considérables dans les subventions qu'il alloue au transport en commun, la ministre Bacon s'est contentée de répliquer qu'elle ne «partageait pas cette opinion».Dans le secteur industriel, la ministre propose, entre autres, de mettre sur pied un centre djexpertise qui fournirait de l'information aux PME en matière d'efficacité énergétique.Plus généralement, le gouvernement entend encourager prioritairement «les activités de recherche en efficacité énergétique qui s'appuieront sur des projets industriels».Dans le domaine résidentiel, on suggère l'installation graduelle d'appareils de mesurage individuel de la consommation d'électricité dans les immeubles multifamiliaux neufs.On songe aussi à un système de cotation énergétique, qui viserait à lier «la valeur d'une résidence et les facilités de financement de son acquisition à sa performance énergétique».¦ mm I La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Mme Diane Drouin, a rencontré hier le premier ministre Robert Bourassa afin de discuter du dossier de l'éducation à la veille de la présentation du budget.( PH0T0 PC Diane Drouin perçoit une ouverture de Bourassa en matière de crédits à l'éducation PIERRE APRIL de la Presse Canadienne QUÉBEC ¦ Le premier ministre Robert Bourassa a indiqué à la présidente de la Fédération des com- missions scolaires, Diane Drouin.au cours d'une rencontre privée à son bureau, hier, que les décisions budgétaires dans le secteur de l'Éducation n'étaient pas encore définitives et qu'il y avait là encore de la place pour du mouvement.mm Yen \"orts que M v 4 i /'te cré pas! 3652 3 ¦ ¦ ¦ Le concessionnaire Mazda réussit un autre tour de force avec la MPV.A partir de seulement * transmission automatique incluse! Avec la MPV à ce prix-là, pourquoi ne pas profiter de vos économies pour partir en voyage?Bientôt les vacances, l'été et les enfants.une vie de rêve pour une MPV! Passez vite chez votre ami le concessionnaire Mazda et offrez-vous donc une MPV, classée l'une des dix meilleures voitures de Vannée* deux ans de suite.Qui dit mieux, dit MPV, dit Mazda.*Piir Ij rt vue Car «jnJ l'tn.r Les con cessionnaires Association des concessionnaires Mazda du Grand Montréal Albi Automobiles Liée 3300, bout Ste-Mane Mascouchc.Québec 474-2481-2 J7K1P5 Ami Auto Inc.276.hou! d'Aniou Chàteauguay.Quebec 692-9600 J6K1C6 Armand Quérin Automobiles Ltée 1530.boul Chomedey Chomedey.Laval 688-4787 H7V3N8 Autonor Inc.2344.boul Labelle Lafontame.Québec 436-8211 J72 5T5 Avo Auto Inc.4815.rueBuchan Montréal.Québec 737-7373 H4P1S4 Blondin Automobiles Ltée 6464.boul Henri-Bourassa Est Montréal-Nord.Québec 324-9100 H1G5W9 Concept Mazda 1530.rue Ampère Boucherville.Québec 449-7929 J4B 7L4 Delisle Auto Ltée 2815.rue Sherbrooke Est Montréal.Québec 523-1122 H2K1H2 Fabreville Auto Inc.4010.boul Dagenais Fabreville.Québec 622-3434 H7R 1L2 Fort Chambly Automobiles 830.boul Périgny Chambly.Quebec 658-6623 J3L 1W3 Garage Blanchette Inc.900.rue Si-Laurent Ouest Longueuil.Québec 677-6347 J4K1C5 Gareau Mazda 10175.ruePapineau Montréal.Québec 381-3987 H2B2A1 Jac Auto Lavaltrie 651.rue Notre-Dame Lavaltrie.Québec 588-4141 J0K1H0 Jac Auto Ltée 3612.boul.St-Jean Oollard-des-Ormeaux.Qc 626-8120 H9G1X1 Lachine Mazda 2895.rue Notre-Dame Lachine.Québec 637-1153 H8S2H3 Lacroii Automobile Ltée 990.route 117 Case postale 1020 Val-David.Québec 32?-3937 Le Oomaine De l'Auto P.A.T.Ltée 12210.rue Sherbrooke Eat Pointe-aux-Tremblcs.Qc 645-1694 H1B1C/ Mazda de Blainville 738.boul Labelle Blainville.Quebec 437-8000 J7C2K2 Mazda 2 20 1.boul Don Quichotte île Perrot.Québec 453-7220 J7V7X4 Mazda Gabriel 5333.rue StJacques Ouest Montreal.Quebec 484-7777 H4A2C9 Mazda Casavant 3190.rue Cusson St-Hyacinthe.Québec 774-1345 J2S8N9 Quintin Automobile Inc.385 rue Laberge St-Jean sur Richelieu.Oc 349-6767/658-904?J3A 1S1 St-Constant Auto Ltéa 48.rue St-Pierre St-Constant.Quebec 032-0700 JOL 1X0 *I rixd< li MPV 2RM, 4 cylindre», 5 pa»*açcrs (légèrement différente de celle illustrée).Trun-pott.préparation et taxe» en au Offre climatiseur ou rabais
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