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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1992-03-14, Collections de BAnQ.

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[" : D D LA PRESSE.MONTREAL.SAMED114 MARS 1992 COLLOQU6 U Q fl M Thérèse Cosgroin UNC KMMC CH\u20acZ L\u20acS HOMMCS I i L'Université du Québec à Montréal tient la semaine prochaine son sixième Colloque sur les leaders politiques du Québec contemporain.Fort bien organisés, attirant autant les politiciens que les chercheurs et les journalistes, ces colloques sont devenus de formidables occasions de mieux faire connaître leur histoire aux Québécois.Apres Ceorges-Émile Lapalme, Jean Lesage, André Laurendeau, Daniel Johnson et René Lévesque, cinq hommes.l'UQAM fait place à une femme.Il allait presque de soi que cette première femme soit Thérèse Casgrain, qui a été toute sa vie, comme l'indique le titre de son autobiogra- phie, «Une Femme chez les hommes».Comme elle l'a fait en 1991 par un cahier remarqué sur René Lévesque, La Presse s'associe avec plaisir à l'oeuvre de recherche et d'éducation populaire lancée par l'UQAM en consacrant son cahier Plus à Thérèse Casgrain, grande dame de la politique canadienne.Qui avait peur de Thérèse Casgrain 1 La grande aristocrate qui a ébranlé la vision traditionnelle de la femme au Québec MARYSE DARSIGNY collaboration spéciale ce à Montreal le 10 juillet 1896, Thérèse Forget-Casgrain est la fille de Sir Rodolphe Forget et de Blanche MacDonald (Lady Forget).Son père est un homme d'affaires et politique important dans le Québec du tournant du XXe siècle.Surnommé «le Napoléon de la finance au Canada», il est reconnu comme étant un des plus riches Montréalais de l'époque.Thérèse Forget-Casgrain passe ainsi une jeunesse dorée dans de luxueuses maisons, rue Sherbrooke et plus tard rue Ontario à Montréal, de même qu'au «château» de ses parents à Saint-Irénée durant ses vacances d'été.Dans cette villa, lieu de rencontre des sommités du milieu politique et des magnats de la haute finance, Thérèse-Casgrain côtoie, dès son enfance, les grands de ce monde: ministres, ambassadeurs, artistes et intellectuels du Québec de l'époque.La jeune Thérèse Forget fait ses études chez les Dames du Sacré-Coeur, au Sault-aux-Récollets, où elle est pensionnaire de huit à 16 ans.Ses études secondaires terminées, elle souhaite faire son entrée au collège classique, mais son père, en vrai conservateur, lui suggère d'aller plutôt retrouver les domestiques (ils en avaient dix) pour apprendre la cuisine et la tenue de maison.De cette façon, elle pourra remplir son rôle d'épouse, de mère et de maîtresse de maison, rôle prescrit à toutes les femmes de cette époque.Premiers pas en politique Én janvier 1916, Thérèse Forget épouse Pierre Casgrain, avocat de formation, député libéral fédéral du comté de Charlevoix à compter de 1917, successivement whip en chef du Parti libéral en 1936, orateur à la Chambre des communes a Ottawa, Secrétaire d'État dans le gouvernement de Mackenzie King, membre du Conseil privé et, enfin, juge de la Cour supérieure de Montréal en 1941.Thérèse et Pierre Casgrain s'établissent à Montréal, dans le quartier de Wcstmount, et louent un studio au Château Laurier, à Ottawa.Dans sa nouvelle vie d'épouse, Thérèse Casgrain ne se sent pas trop dépaysée, compte tenu du milieu dont elle provient.Toutefois, elle ne se contente pas d'être la femme d'un homme politique important et de pa^iciper aux mondanités propres à la classe dirigeante: elle s'installe régulièrement à la tribune de la Chambre des communes, emmagasine des impressions et se forge ainsi une pensée politique.Elle devient une collaboratrice précieuse et enthousiaste de son mari lors des campagnes électorales.C'est en 1921 que Mmc Casgrain prononce son premier discours politique à Baie Saint-Paul, Pierre Casgrain ayant été frappé par une pleurésie en pleine campagne électorale.Elle raconte qu'elle en claquait des dents! Ses premières expériences sur la scène publique lui font prendre conscience de l'existence des inégalités sociales, et plus particulièrement de la discrimination dont sont victimes les femmes.Cela marquera le début d'un activisme féministe à toute épreuve; sa persévérance et son courage en la matière seront dès lors légendaires.La militante féministe Après son aventure dans Charlevoix, Thérèse Casgrain revient à Montréal convaincue de la nécessité de regrouper les forces féminines afin de lutter pour l'amélioration des conditions de vie des femmes dans la famille et dans la société.Elle se joint donc aux militantes féministes montréalaises, dont Marie Gérin-Lajoie, Idola Saint-)ean, Grace Ritchie-England et Isabella Scott, pour fonder le Comité provincial pour le suffrage féminin en 1922.L'objectif premier de cette association est l'obtention du droit de vote pour les femmes du Québec.Que ce soit comme présidente du Comité (qu'elle rebaptise la Ligue des droits de la Femme en 1928), ou quand elle organise les délégations de femmes qui se rendent à Québec pour demander aux premiers ministres, Louis-Alexandre Taschereau et Maurice Duplessis, d'adopter un projet de loi accordant le suffrage aux femmes du Québec (en 1922 et à chaque année de 1928 à 1940), ou encore lorsqu'elle crée et anime une émission radiopho-nique ( « Fémina » ) sur les ondes de Radio-Canada, dans l'espoir de convaincre la population du bien-fondé des revendications féministes, Thérèse Casgrain consolide sa réputation d'ardente activiste féministe.Dès le début de son implication féministe, elle croit que les femmes du Québec doivent s'intéresser à la vie publique et y participer activement.Aussi, après l'obtention du droit de vote des Québécoises en 1940, elle se présente comme candidate libérale indépendante à l'élection complémentaire de 1942 dans le comté de Charlevoix-Saguenay.Rebelle contre le Code civil de 1866 qui faisait des femmes mariées d'éternelles mineures, Mmc Casgrain se bat en outre pour la réforme des régimes matrimoniaux et du statut juridique de la femme mariée ; ce ne sera cependant que dans les années 1960-70 qu'elle verra l'aboutissement de cette lutte par l'adoption de lois reconnaissant enfin un statut juridique aux femmes mariées et sanctionnant l'égalité des époux.En 1945, outrée par la décision du gouvernement fédéral de verser les allocations familiales aux pères «chefs et administrateurs de la communauté» plutôt qu'aux mères du Québec \u2014contrairement à ce qui se faisait dans les autres provinces \u2014, elle organise aussitôt une campagne pour que les Québécoises ne subissent pas cet outrage.Malgré l'opposition massive des dirigeants politiques et religieux, elle poursuit sa lutte et obtient gain de cause.La militante socialiste En 1946, son expérience de militante pour la justice et l'égalité entre les sexes et entre les individus dans la société pousse Thérèse Casgrain à prendre ses distances des partis traditionnels ( libéral et conservateur) trop éloignés, à son avis, des véritables intérêts du peuple.Elle se tourne vers le Cooperative Commonwealth Federation (CCF) \u2014l'ancêtre du Nouveau parti PHOTO JEAN-YVES LETOURNEAU.U Presse démocratique\u2014, considérant que ce parti est le seul à proposer des solutions aux problèmes de la sécurité sociale.Convaincue de l'importance de sa nouvelle cause socialiste, qui a germé en elle «par étapes», expliquera-t-elle plus tard, son engagement sera encore une fois total: de 1948 à 63, elle occupe le poste de vice-présidente nationale du CCF; de 1951 à 57, elle dirige l'aile québécoise du CCF, appelée le Parti social démocrate (PSD).Ainsi, Thérèse Casgrain est la première femme au Canada à diriger un parti politique important.Cependant, ces deux identités, féministe et socialiste, lui nuisent dans le Québec traditionnaliste et conservateur, surtout sous le régime de Duplessis ( 1944-1959).C'est ce qui explique ses nombreuses défaites électorales: de 1952 à 1963, elle se présente huit fois au fédéral ou au provincial, sous la bannière du PSD, sans jamais l'emporter.La militante pacifiste Animée par un temperament actif, (elle se décrit elle-même comme une La gauchiste au collier de perles L'auteur.MARYSE DARSIGNY, est étudiante en maîtrise en histoire a I Université du Ouebec a Montreal.Elle prepare une these sur le droit de vote des femmes.n ne peut passer sous silence une ambiguïté propre à Thérèse Casgrain.Dès le début de son implication sociale, elle se distingue par son élégance et son charme.Mais si les épi-thètes «féministe tout sourire», «suffragette à talons hauts» peuvent lui convenir à certains égards, il ne faudrait pas oublier que Thérèse Casgrain a surtout été une batailleuse infatigable.Elle s'est taillée la réputation de femme d'esprit car elle avait la riposte vive.Aussi, les quotidiens de l'époque, notamment ceux des années 1920-40, soulignaient cette réplique facile dont elle semblait douée.Même dans le milieu politique de son mari, il parait que «cette charmante hôtesse» n'hésitait jamais à dire son opinion aux hommes du Parti libéral qui faisaient montre d'étroitesse d'esprit.À cause de ses interventions, on la considérait à Ottawa comme un peu encombrante.Il faut aussi rappeler la femme frondeuse, enfreignant les conventions imposées à son sexe lorsqu'elle menait ses campagnes électorales pendant les années 1950-60.À titre d'exemple, souli- gnons celle de juin 1962 où elle est candidate de la paix dans le comté d'Outremont-Saint-Jean.Cette campagne prend une tournure assez originale: alors qu'elle se promène dans les rues d'Outremont avec un haut-parleur, un médecin de ce comté lui suggère de s'asseoir sur le capot de sa voiture pour défiler et saluer ses électeurs.Une file d'autos la suit et klaxonne! Combien de Québécoises étaient prêles à jouer ce jeu à l'époque?Mais comment cette dame, dont les origines, les manières et le savoir-vivre aristocrates n'ont jamais été répudiées, pouvait-elle s'adresser à une assemblée de mineurs d'Abitibi, ou de grévistes à Asbestos, parée de ses perles et du bracelet à pendentifs en or dont elle ne se séparait jamais?Si elle avoue volontiers le fait que d'avoir été une «affreuse bourgeoise» l'a souvent rendue timide devant un pareil auditoire, il semble qu'on l'acceptait sans jamais souligner l'ironie de la situation.Il faut dire que la simplicité et la sincérité avec lesquelles elle approchait les gens mettaient ceux-ci en confiance.D'ailleurs, plusieurs personnes lui écrivaient et la tenaient au courant des moindres injustices dont elles étaient témoins.Elle racontera qu'un jour, une Montréalaise lui a écrit pour lui dire que si elle voulait voir la misère, elle n'avait qu'à se rendre chez elle.Thérèse Casgrain s'y est rendue et a rencontré une femme vêtue d'une poche de pomme de terre, et cinq enfants nus jouant dans une pièce.Thérèse Casgrain aura passé sa vie à lutter pour améliorer les conditions de vie des gens, hommes, femmes et enfants compris.Ayant été touchée par tant de cas d'injustice et de discrimination, ayant répondu à ces réalités en formant des associations et des comités de toutes sortes, cette femme aura contribué à mettre son pays, le Canada, et sa province, le Québec, sur le chemin du progrès.Un progrès qu'elle souhaitait toutefois tranquille, réformiste et fédéraliste, plutôt que révolutionnaire et nationaliste.«incurable busybody*), Thérèse Cas~ grain se lance au début des années 60 dans une autre lutte, celle pour la paix et le désarmement.En plus de participer à la fondation de la Ligue des droits de l'homme, elle met sur pied la section québécoise de la Voix des femmes.Le but de cette organisation pacifiste, qui regroupe des femmes des États-Unis et d'Europe, est d'assurer la paix dans le monde par la négociation.Sa devise: Construction, not destruction.C'est dans le cadre de cette implication qu'en avril 1963, elle fait trois heures de prison à Paris après avoir tenté, en compagnie de militantes pacifistes, de se rendre à l'OTAN pour déposer une pétition contre la prolifération des armes nucléaires.Des contradictions En octobre 1970, alors que le Québec traverse une période de contestation sociale intense avec l'enlèvement d'un diplomate britannique en poste à Montréal et l'assassinat d'un ministre du gouvernement de Bourassa, Pierre Lapone, par le Front de libération du Québec (FLQ), Pierre Elliott Trudeau propose à Thérèse Casgrain de siéger au Sénat.Elle accepte a condition de siéger comme indépendante, libre de toute attache politique.Au cours de son discours inaugural, elle félicite le gouvernement fédéral de promulguer la Loi des mesures de guerre pour faire face à la crise.Thérèse Casgrain, la démocrate-réformiste et fédéraliste, explique que les méthodes terroristes utilisées par le FLQ ne peuvent en rien résoudre les problèmes sociaux et nationaux du Québec.Elle croit en outre que la jeunesse québécoise fait preuve d'intransigeance et d'intolérance, démontrant concrètement et «une fois de plus le manque d'esprit démocratique existant dans le Québec».En approuvant cette Loi, la nouvelle sénatrice va à rencontre de la position du NPD au sein duquel elle a si long: temps travaillé.Comment expliquer cette position qui semble entrer en contradiction avec les idées pacifistes, de respect des droits et libertés de la personne, de démocratisation, de justice sociale, etc., qu'elle a défendues toute sa vie?Même si on peut comprendre qu'elle ait été choquée par les actes terroristes du FLQ, on peut se demander comment Thérèse Casgrain, la pacifiste, pouvait être contre l'armement nucléaire mais favorable à l'utilisation de la violence pour répondre à la violence.On peut souligner une autre contra-dition du personnage, à savoir sa rogne contre les féministes du Mouvement de libération des femmes du Québec à la fin des années 60.L'ex-suffragette a tenu à ce chapitre des propos qui étonnent à prime abord, compte tenu de son passé de militante féministe.À cette époque, une nouvelle génération de féministes remet en question les institutions et les valeurs sociales qu'elle a toujours voulu réformer, sans pour autant remettre en cause leurs fondements, notamment le mariage et la famille traditionnelle.En réaction contre cette nouvelle tendance féministe, Mrac Casgrain fait valoir le rôle d'épouse et de mère qu'elle n'a jamais cessé de jouer, malgré les mille et une causes sociales et politiques auxquelles elle a été associée.Elle souligne que son autorité et sa notoriété publiques n'empruntent en rien à une virilité déplacée; qu'elle n'a jamais voulu ressembler à une virago.C'est d'ailleurs à ce moment qu'elle affirme que l'oeuvre de sa vie se caractérise davantage par son aspect humaniste que féministe.Elle ajoute qu'il ne peut pas y avoir de véritable libération des femmes sans libération de l'homme.De toute évidence, les années 1960-70, années d'effervescence sociale, nationale et féministe au Québec, correspondent à une période de rupture dans la vie active de Thérèse Casgrain : pas question pour elle de prendre le train de la radicalisation socio-politique et de la poussée indépendantiste qui passe au Québec.Ainsi, elle devient non seulement une fédéraliste convaincue mais aussi une réformiste très tranquille.Soulignons à cet égard son passage dans le camp des «Yvette» regroupant les Québécoises qui soutiennent la thèse fédéraliste lors de la campagne référendaire au printemps 1980. B2 LA PRESSE, MONTREAL, SAMED114 MARS 1992 Éditorial Paul Desmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef-I Taxe sur les spectacles : rideau ! Le milieu québécois du spectacle est aux abois.Déjà confronte aux effets combinés de la TPS et de la recession, c'est avec frayeur qu'il voit poindre la nouvelle taxe québécoise de 8%, qui doit s'appliquer des juillet.Si elle devait s'ajouter aux ponctions faites par Ottawa et par les villes, la TVQ porterait à 26% le niveau de taxation des billets de théâtre, de concert et des autres arts dits «vivants».En raison de l'etroitesse de son marche et de la déprime économique actuefle, l'industrie culturelle québécoise vit sur la corde rai-de.On estime que le niveau de fréquentation des salles de spectacles a chuté de 30 à 50% depuis un an.Exemple: une compagnie com-w&Mm me jean-Duceppe ne réussit à faire ses frais qu'avec des salles remplies à 92%.La marge de manoeuvre est quasi nulle, et les prix des billets ont déjà été majorés à la limite du seuil de tolerance du public.En fait, à un taux de 17%, les arts de la scène sont déjà surtaxes.Dans une société qui se définit d'abord et avant tout par sa spécificité culturelle, tout siphonnage fiscal additionnel équivaudrait a un geste dautodestruction.La France ne connaît pas l'insécurité culturelle du Québec.Pourtant, les arts de la scène y ont droit à une taxation allégée: moins de 4%, dont près de la moitié en forme de taxe dédiée, réinvestie dans la production de spectacles.Ce à quoi s'ajoute un montant fixe perçu sur chaque billet (1,50 dollar) servant à l'entretien des salles.À New York, où Ion n'angoisse pas trop sur la perspective d'un déclin culturel, les spectacles ne sont pas taxés du tout.Ailleurs au Canada, l'industrie du spectacle a bien dû absorber la TPS, mais n'a pas à craindre l'imposition d'une taxe provinciale supplémentaire.En fait, si le gouvernement québécois maintient son intention d'appliquer sa médecine fiscale aux «arts vivants», le Québec deviendra la seule province canadienne où l'industrie du spectacle est sujette à une triple taxation.La seule, aussi, où une pièce de théâtre est taxée plus qu'une auto ou un sofa.Curieuse façon d'afficher sa différence culturelle.Théoriquement, l'entrée en vigueur de la TVQ doit s'accompagner d'une abolition de la taxe d'amusement de 10% perçue par les villes.Mais il y a loin de la coupe aux lèvres: les municipalités exigent une compensation pour les pertes de revenus qu'elles subiraient en laissant tomber leurs droits sur les «divertissements».En principe, à compter de juillet prochain, les villes pourront abolir la taxe d'amusement.Mais à Montréal, la position est claire: si Québec ne donne rien en retour, pas question de lâcher le mamelon culturel.Au lieu de se renvoyer ainsi la balle, la Ville et le gouvernement québécois devraient plutôt se poser la question de fond : le Québec a-t-il les moyens de taxer lourdement la culture?La réponse est non.En acceptant de soustraire le livre à sa future taxe de vente, le gouvernement québécois a déjà reconnu qu'il lui appartient de soutenir la production culturelle, et non de l'assommer.Le même argument vaut dans le domaine du spectacle: les compagnies de théâtre ou de danse n'ont rien a envier aux maisons d'édition, question fragilité.Quant à la taxe d'amusement, il s'agit d'une relique héritée d'une époque où aller voir un spectacle constituait une activité à la limite du péché.Aujourd'hui, Montréal se targue de sa vitalité culturelle dans tous ses prospectus.Ses festivals et son dynamisme artistique constituent ses principaux arguments de vente à l'étranger, tout en faisant rouler son économie.La taxe d'amusement ne répond plus à aucune logique, sauf à la logique comptable: elle fait tomber 16 millions dans les coffres.C'est moins de 1% du budget municipal: n'y a-t-il pas moyen de trouver ailleurs une source de revenus équivalente?Reste à régler une autre question : â partir de quel moment un spectacle constitue-t-il un événement culturel?Un show de Dire Straits doit-il être encourage au même titre qu'une prestation de Marjo?Au ministère des Affaires culturelles, on a déjà entrepris une réflexion à ce sujet.Quel que soit le résultat de cette cogitation, elle laissera certainement quelques zones floues ou des incongruités.Ce n'est pas grave.L'essentiel, c'est que l'on reconnaisse que pour survivre, l'industrie Agnès CRUDA De la fumée sans feu Les feux de circulation font fuir les elephants.À preuve on n'en voit jamais, rue Sherbrooke.C'est par une aussi convaincante démonstration d'efficacité qu'un patrouilleur tentait, mercredi, de montrer l'utilité de la «police du tabac».A l'en croire, l'effet psychologique de cette initiative est tel que des nuits entières de surveillance de petites routes trans-frontalières n'ont pas permis de déceler la présence d'un seul contrebandier! Au vu de résultats aussi probants, on peut se demander pourquoi perdre son temps sur des chemins secondaires.Plutôt que d'utiliser cette force éminemment dissuasive sur les grands axes routiers.Ou à la sortie des réserves autochtones par où les mauvaises langues affirment que transite le plus grande partie du commerce illégal de cigarettes.Heureusement pour ces ex-policiers \u2014 qui améliorent sensiblement une retraite déjà plus que confortable par ce recyclage en douaniers honoraires \u2014, leur patron, le ministre québécois du Revenu, se dit satisfait de leur rendement.Même si, depuis janvier, ils n'ont saisi aucune cartouche de cigarettes.Et que, pendant la même période, leurs collègue de la SQ en interceptaient 50000 d'une valeur totale de 2 millions.Exactement le coût de cette brigade spéciale.C'est toujours ça! En principe, le mandat de cette police parallèle sans réel pouvoir d'intervention est double: identifier les réseaux de distribution de ces cigarettes et avoir l'oeil sur les routes qui, la nuit, échappent à la surveillance des douaniers.En somme, là ou il ne passe à peu près jamais personne.Pas étonnant qu'on n'y voit pas l'ombre du profil d'un seul contrebandier! On nous promet néanmoins pour bientôt un bilan détaillé de toute cette opération.Déjà, le ministre parle d'une notable régression de ce trafic illicite dont il attribuera sans doute le crédit à ce corps d'élite.À défaut d'arrestation, on devra au moins y apprendre combien de réseaux auront été démantelés qui ne l'auraient pas été grâce à la seule police officielle.Ce sera la seule façon de démontrer que le salaire de ces vaillantes vigiles des sentiers déserts n'est pas de l'argent qui s'envole en fumée.En l'occurrence, de la fumée sans feu.Pierre GRAVEL LETTRE DE MONTRÉAL L'éditorialiste en chef de La Presse, Alain Dubuc, et l'éditeur du Toronto Star, John Honderich, poursuivent leur correspondance.car |ohn.Aujourd'hui, je voudrais vous parler de Montréal.Pas du Montréal de Mordecai Richler, ni celui de Lucien Bouchard.Mais de celui qui est, je l'espère, la vraie ville.Pour ce faire, je vais me servir d'une nouvelle qui a fait la une des quotidiens montréalais cette semaine.Elle est sans doute trop locale pour se retrouver dans un journal to-rontois, mais elle donne une bonne idée de ce qu'est la vie à Montréal.Il y a deux regroupements de gens d'affaires à Montréal, en raison de notre dualité linguistique.La Chambre de commerce du Montréal métropolitain est francophone et le Montreal Board of Trade, anglophone.Les deux groupes ont annoncé leur fusion, une décision qui a été approuvée par leurs conseils respectifs et qui a été saluée tant dans les milieux économiques que politiques.Voilà mon histoire.Au premier abord, il n'y a rien là.Mais si on va au delà des communiqués de presse, on assiste à l'heureux dénouement d'un important chapitre dans l'histoire de nos deux solitudes.Cet événement est riche en symboles et en messages qui pourraient être fort utiles dans le grand débat canadien.Il décrit ce que le Canada pourrait être s'il fonctionnait bien.Ces deux organismes sont des symboles en eux-mêmes.Le Board of Trade était un bastion wasp dans une ville dont l'éco- nomie était contrôlée par la communauté anglo-saxonne.Un organisme aux honorables traditions mais dont les francophones se sentaient, et étaient, exclus.Après quelques décennies, les francophones, qui ne se sentaient pas chez eux dans ce club sélect, ont fondé leur propre Chambre pour s'entrai-der et se protéger.Mais les deux groupes ont changé.La Chambre francophone, parce que les déséquilibres du passé ont été corrigés, a un membership agressif, qui n'a plus besoin d'être protégé.Le Board anglophone n'est plus fermé comme autrefois et a ouvert ses portes aux francophones et aux autres communautés pour devenir multiculturel, avec son président italo-québé-cois.Ces changements reflètent bien la profonde évolution de la société.En outre, les frontières entre les deux groupes sont devenues floues: le Board a de plus en plus des membres francophones, la Chambre, des membres anglophones.Les deux organismes sont à peu près de la même taille, se portent fort bien et n'ont pas besoin de cette fusion pour survivre ou résoudre une crise financière.Pourquoi ont-ils fusionné?Parce qu'ils disaient les mêmes choses aux mêmes tribunes, qu'ils menaient les mêmes batailles.Ils en ont conclu qu'avec une voix commune, ils seraient plus puissants et plus utile au développement de Montréal.Qu'est ce que cela montre?D'abord, il y a là un message politique évident.En plein coeur de la crise, des gens des deux groupes linguistiques mais aussi des deux cotes du champ de bataille constitutionnel \u2014 car il y a de nombreux souverainistes dans le monde des affaires \u2014 peuvent s'entendre sur quelque chose, travailler ensemble et avoir des objectifs communs.J Pù4VS> de Befecnov dbs ém # ¦ v y\\ '*% Le deuxième message, c'est qu'on peut vivre ensemble si on respecte les différences et l'héritage de l'autre.Le nouvel organisme, sera bilingue mais conservera aussi les traditions des deux organismes fondateurs.Le troisième message porte sur Montréal.Ce n'est pas un gros village à la mentalité paroissiale, où la vie quotidienne est régie par la loi 178.C'est la seule ville au Canada où l'on trouve les deux grandes communautés linguistiques et toutes les autres.La seule ville à la fois authentiquement bilingue et complètement multiculturel-le.Pour cette raison, Montréal est probablement la seule ville vraiment canadienne, car elle regroupe en un seul lieu toutes les facettes de l'identité canadienne.Et, la plupart du temps, ça marche.Le quatrième message est pour vous, John.Vous n'aimez pas l'idée que les Québécois puissent décider de rester au sein du Canada pour des raisons économiques.Le comportement de ces Chambres de commerce montre que les préoccupations économiques ne sont pas nécessairement triviales.Elles portent sur la stabilité et le bien-être de tous.Les priorités économiques peuvent forcer les gens à penser au long terme, à surmonter les sursauts d'orgueil ou de colère.Mais tout cela n'est pas fini.Le monde des affaires montréalais n'a pas seulement réussi à s'unir.Il a aussi établi des liens avec le Board of Trade de Toronto.Les deux organismes ont même présenté un mémoire commun au comité Bcaudoin-Dobbic, avec une position commune, le Canada des régions.Comme vous voyez, John, nous ne somme pas les seuls.À la prochaine, Alain L État n 'a pas à se mettre le nez dans la publication des sondages MARCEL ADAM Le rapport de la Commission sur la réforme électorale et le financement des partis (présidée par Pierre Lortie) aurait dû normalement susciter un grand débat à travers le pays parce qu'il traite d'une question éminemment importante pour la santé de notre démocratie.Mais sa publication ne pouvait plus mal tomber: en pleine récession et au coeur d'une crise constitutionnelle dans laquelle le pays joue son existence.Et par-dessus le marché, au moment où se tenaient les conférences constitutionnelles régionales qui mobilisaient les médias et monopolisaient l'attention de la classe politique.le commenterai aujourd'hui deux recommandations, celles relatives à la publication des sondages et à la durée de la période électorale.La commission propose d'interdire l'annonce, la publication et la diffusion de sondages les deux derniers jours de la période électorale et de réglementer les modalités de leur publication.Quoi qu'on pense des sondages ou de l'usage qu'en font les médias, il s'agit d'informations que ceux-ci doivent demeurer libres de traiter comme toutes autres informations, politiques ou autres.Il est souhaitable que les organes de presse ne fassent affai- re qu'avec des maisons de sondages sérieuses et utilisent ces informations de manière responsable, afin que les gens ne soient pas induits en erreur sur leur signification réelle.Mais ce n'est pas l'affaire des gouvernements de contraindre en quoi que ce soit la liberté de presse en cette matière.II serait pour le moins incongru que l'accès du public aux sondages soit conditionné et limité en période électorale, alors que les politiciens auraient toute liberté d'en user comme ils l'entendent pour manipuler les électeurs à leur insu.La commission Lortie a vérifié qu'à peu près tout le monde souhaite que soit écourtéc la durée des campagnes électorales \u2014 que la loi actuelle établit à 50 jours minimum, sans fixer de maximum.Pour elle, des campagnes électorales moins longues auraient l'avantage non négligeable de soutenir l'intérêt des électeurs, et en conséquence d'accroitre leur participation au scrutin.'Pour obtenir ce résultat, beaucoup proposent la tenue d'élections à date fixe, par exemple tous les quatre ans.Présentement les élections peuvent être déclenchées n'importe quand, à l'intérieur d'un mandat constitutionnel de 5 ans.Outre d'enlever au parti gouvernemental l'avantage inéquitable de pouvoir déclencher un scrutin à la date qui lui convient, un scrutin à date fixe donnerait plus de temps pour !c préparer.Actuellement la durée des campagnes dépend en partie du fait que la préparation des listes électorales ne peut être entreprise qu'après la pu- blication du décret d'élection.Mais dans notre régime parlementaire à responsabilité ministérielle, un scrutin à date fixe poserait de sérieux problèmes.Par exemple, un vote de censure obligerait le gouvernement à démissionner et donc à avancer la date des élections \u2014 une situation que le parti gouvernemental pourrait lui-même provoquer pour fins électoralis-tes.Il est vrai que cela pourrait être évité par une modification constitutionnelle.Mais il n'est pas sûr que le gouvernement serait alors aussi sensible aux humeurs de la population qu'il est forcé de l'être quand il n'existe pas de garantie absolue contre un accident de parcours, particulièrement en situation minoritaire.Autre inconvient possible des élections à date fixe: les campagnes électorales pourraient s'en trouver allongées plutôt qu'écourtées, et les dépenses des candidats échapper à toute limitation.C'est ce qui se passe aux États-Unis où la fixité des appels au peuple permet à ceux qui en ont les moyens de faire campagne pendant des mois voire même tout le temps, et de dépenser autant d'argent qu'ils le jugent nécessaire.Alors qu'ici la période au cours de laquelle les dépenses sont permises à certaines conditions ne dure que le temps de la campagne électorale officielle.Aussi la commission recom-mande-t-clle que la durée de la période électorale soit dorénavant de 40 jours au minimum et de 47 jours aux maximum.Ce qui serait possible, croit-elle, si le recensement était plus efficace et durait moins longtemps. ê Lysiane Gagnon LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 14 MARS 1992 Plus Opinions Le sens d un questionnaire JACOUES DUFRESNE collaboration spéciale elon le Conseil supérieur de l'éducation, la culture générale est Tune des quatre compétences que doit posséder un enseignant.Mais qu'est-ce précisément que la culture générale?Depuis le début de la réforme scolaire, on répond à cette question par des théories si hésitantes que l'incertitude, quant aux connaissances fondamentales, s'est emparée des meilleurs esprits.« Je suis comme une truie qui doute», disait Claude Duneton, un enseignant français.La truie qui doute est celle qui se demande s'il y a vraiment une truffe à l'endroit indiqué sur le programme de son maître.L'heure est venue de sortir de cette trufficulture improductive.|e n'ai pour ma part aucun doute sur ce qu'il importe de savoir.Je l'ai dit samedi dernier au moyen d'un questionnaire paru dans ce cahier PLUS, un questionnaire, dois-je le préciser, qui n'engage que moi.Voici toutefois une vérité qui engage tout le monde: il faut donner un contenu précis à l'idée vague de culture générale.Or, à l'école, un contenu ne peut être considéré comme précis que s'il est une condition de la réussite.Cela suppose un consensus.À défaut d'un consensus à l'échelle nationale, rien n'empêche telle ou telle institution de se donner un programme enrichi en ce qui a trait à la culture générale.C'est ce que font déjà les écoles internationales.La sélection naturelle ferait le reste.La variété des modèles serait elle-même un enrichissement pour la société.Dans le modèle que j'ai choisi, l'histoire des sciences a une grande importance.Cette importance pourrait être réduite dans un autre modèle.Etc.Le premier docimologue venu pourra améliorer mon questionnaire, le l'en remercie à l'avance.Il le dénaturerait cependant s'il remplaçait les questions qui appellent un développement par des questions à choix multiples.On ne saurait confier aux ordinateurs le soin de juger de la maturité intellectuelle d'une personne humaine.L'objet de la connaissance c'est le réel, et non les disciplines qui permettent de l'appréhender une fois qu'il a été coupé en tranches.D'où les divisions de mon questionnaire: le cosmos, la vie.Pascal est le premier nom qui apparaît.|'ai voulu, par ce choix, illustrer les quatre composantes de la culture: la pensée, l'art, la science et la technique.Pascal a excellé en tant que penseur, en tant qu'écrivain, en tant que savant et même en tant que technicien ; nous lui devons en effet la première machine à calculer.De toutes les grands maîtres du passé, c'est sans doute celui qui nous est le moins étranger, ne serait-ce qu'en raison de l'angoisse qu'il éprouvait devant un univers dont les limites commençaient à éclater à son époque.«Le silence éternel des espaces infinis m'effraie.» l'aurais pu choisir Leibniz à la place Pascal.Qu'importe! On ne saurait s'intéresser à l'un sans découvrir l'autre, ne serait-ce que parce que le second a perfectionné la machine à calculer du premier.Soit dit en passant, aucune de mes questions ne faisait appel à une mémoire de perroquet.Pour peu qu'on s'intéresse à l'astronomie contemporaine, par exemple, on retient au passage le nom de Hubble, comme on retient le nom des joueurs de hockey quand on est un amateur de ce sport.Les grandes questions, les grandes oeuvres et les grands personnages forment un réseau.Les «Mémoires d'Hadrien» de Marguerite Yourcenar donnent accès à l'histoire de Rome et à celle de la médecine en même temps qu'à la philosophie et à la science des stoïciens et des épicuriens.Quand on a lu ce livre avec un minimum d'attention, on n'a aucun effort à faire pour retenir le nom de Marc-Aurèle et pour situer ce dernier dans l'histoire du monde comme dans celle des idées.Notre première obligation est de concilier dans nos vies et dans nos actes l'absolu de la sagesse et de l'art avec le relatif de la science et de la technique.Dans ces conditions, mon questionnaire reflète bien les conditions de l'épanouissement intellectuel au seuil de l'an 2000.On m'a dit que la partie scientifique de mon questionnaire correspondait à la culture des jeunes et la partie littéraire à la culture des vieux et que je perpétuais ainsi le conflit des générations.le ne retiens qu'une partie de ce reproche.Certes une génération ne devrait pas imposer ses préjugés et ses goûts passagers à la suivante.Les gens de ma génération ont idolâtré Albert Camus.Pour ma part, je suis de moins en moins certain qu'il s'agit là d'un écrivain de premier ordre.|e ne le mettrais donc pas à mon programme.Les plus grands se situent toutefois par-delà les préjugés et les goûts passagers d'une génération.Les jeunes de 15 à 18 ans sont sans doute plus près de Pascal que ne le sont les «vieux» de 50 ans et plus.Pascal, Shakespeare, Hugo! Imposer de tels génies c'est proposer l'universel, ce qui est le but même de l'éducation.Mais pourquoi ne pas accorder plus de place aux écrivains contemporains?Parce qu'on les savoure d'autant mieux qu'on connaît davantage leurs prédécesseurs.Or si on n'étudie pas ces derniers à l'école, il y a de fortes chances qu'on ne les découvre jamais.Et si je cours le risque de tromper les jeunes en leur imposant les idoles de ma propre jeunesse, est-ce que je n'abuse pas encore davantage de leur naïveté quand je m'abandonne à la mode du jour.Le temps est le meilleur critique littéraire.Allons-y donc avec les réponses au questionnaire de la semaine dernière.On comprendra que je ne peux donner ici que les réponses qui ne comportent pas de développements.LANGUE ET LITTÉRATURE I.La faute est une amphibologie.3.Pascal a écrit \u2014 : «L'homme n'est qu'un roseau, mais c'est un roseau pensant.» 4.«Le Bateau ivre», d'Arthur Rimbaud.MATHEMATIQUES 1.Il s'agit d'une courbe normale, aussi appelée courbe de Gauss ou courbe en cloche.Elle rend compte, par exemple, de la répartition de la taille dans une population ou de la ponte annuelle des poules à l'état naturel.2.L'adjectif cartésien vient du nom d'un célèbre mathématicien et philosophe: René Descartes.3.Le système binaire est le langage des ordinateurs.4.Le nombre choyé des artistes est le nombre d'or.L'ESPACE 1.La Méditerranée.2.La boussole, dont les Chinois ont eu la première intuition.3.Mercator.Sur sa carte, les pays, de l'hémisphère Nord sont proportionnellement plus grands qu'ils ne le sont en réalité par rapport à ceux de l'hémisphère Sud.4.Les capitales des sept pays les plus industrialisés sont Tokyo, Ottawa, Washington, Londres, Paris, Rome et Berlin/Bonn.LE TEMPS 1.Confucius et fuies César ont vécu dans l'Anti.quité, Jeanne d'Arc au Moyen Âge, Vinci à la Renaissance, Victor Hugo dans les Temps modernes.(Le siècle de chacun est une bonne réponse.) 2.La syphilis.3.Les Incas.4.Lord Durham.LE COSMOS 1.L'étoile polaire indique toujours le Nord.Elle est fixe pour nous parce qu'elle se situe dans le prolongement de l'axe de rotation de la terre.2.Copernic.3.La loi de l'attraction universelle, formulée par Newton, dit que deux corps sont attirés l'un vers l'autre par une force proportionnelle au produit de leurs masse et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare.4.Hubble.Le Big Bang.'% LA VIE 1.Le porc-épic ! 2.C'est la seconde hypothèse qui est la bonne.C'est aussi celle que Darwin a défendue.3.Le code génétique est la formule qui établit la correspondance entre les bases qui constituent les gènes et les acides aminés qui constituent les protéines.11 est le pont logique vers la vie.Il est universel.Il n'a pas changé depuis l'apparition de la vie sur terre.4.Michel Sarrazin.L'ESPRIT 1.La religion chrétienne.2.Connaître la mythologie.3.Le Nouvel Âge.4.lean-Sébastien Bach.L'HOMME 1.Freud.2.Keynes.3.Le contrat social.4.Le Jazz Ashuapmushuan: là où guettent l'orignal et.Hydro FRANCINE PELLETIER collaboration spéciale M est une des dernières grandes rivières sauvages du Québec, dit-on, un de ces cours d'eau faits de grandes nappes noires et de gros bouillons blancs, qui remontent loin dans le bois et loin dans l'histoire.Située au pays de Maria Chap-delaine, l'As-huapmushuan \u2014 qui veut dire «là où l'on guette l'orignal» en montagnais\u2014 a été pendant 200 ans un des principaux axes de ;la «grande route des fourrures» ; reliant Tadoussac à la baie James.Aujourd'hui, elle demeure un territoire privilégié pour les activités traditionnelles des 2000 Montagnais de Mashteuiatsh ( Pointe-Bleue) ainsi que pour les chasseurs, les pêcheurs et les écologistes de tout acabit.L'Ashuapmushuan est également une des trois grandes rivières tributaires du lac Saint-Iean et constitue 20 p.cent de son apport d'eau.Mais c'est aussi une rivière surveillée de près, et depuis longtemps, par Hydro-Québec.Incluse dans les projets de la société d'État dès 1970, Hydro proposait l'érection de quatre barrages en 1980 mais dut abandonner son projet pour cause de récession, ainsi que d'une forte opposition régionale.En 1989, par contre, Hydro revenait à la charge avec un projet remanié, de deux barrages seulement, qui éliminerait, disait-on, les inconvénients majeurs.Mieux, Hydro s'engageait à abandonner son projet advenant une opposition populaire «claire et nette».Cette promesse inédite, jamais faite nulle part ailleurs au Québec en 30 ans de développement hydroélectrique, a d'ailleurs été réitérée le printemps dernier.Vingt-trois études, 70 rencontres, 1000 rapports-synthèses et 117 000 dépliants-couleur plus tard ( Hydro a dépensé 3 mil-lions$ en «exercices de communi- cations» au Saguenay-Lac-Saint-)ean depuis trois ans) qu'en disent les Bleuets?Un non «clair et net ».C'est en tout cas le message que le Regroupement pour la protection de l'Ashuapmushuan (RPA) est venu livrer à Montréal cette semaine, sondage en main.Sur 500 personnes interviewées, 64 p.cent s'opposent au projet d'Hydro-Québec.«Jamais la société d'État n'a eu à faire face à une aussi forte opposition populaire», dit un des porte-parole du Regroupement, lean Paradis, soulignant qu'avec ses 12 000 membres cotisants, le RPA constitue le «plus important mouvement de protection de territoire au Canada».Et pour cause.D'abord, l'Ashuapmushuan constitue le seul projet hydroélectrique en «territoire occupé».Massivement occupé, en tout cas, la population environnante étant de 300 000 habitants.Ensuite, Hydro-Québec a beau minimiser l'impact d'un tel projet, les dégâts sont quand même impressionnants: 15 rivières, 164 rapides, 206 lacs, 259 iles, 445 ruisseaux, 785 marais et au-delà de 600 km carrés de forêt disparaîtront, suite à l'inondation du territoire.Bye-bye les bleuets aussi et surtout, la ouananichc, ce fameux saumon d'eau douce qui, avec les bleuets, a fait la renommée du Saguenay-Lac-Saint-Jean.< L'Ashuapmushuan renferme 83 p.cent du potentiel de reproduction de ce poisson.) Harnacher l'Ashuapmushuan, dit Jean Paradis, «c'est comme si on vous proposait, à vous.Montréalais, d'installer 2000 éoliennes sur votre site le plus cher, le mont Royal ».Et en vue de quels résultats?Voilà un autre aspect du projet qui dérange.Après tout, le projet d'Hydro ne vise qu'à produire 770 kilowatts/heures d'électricité, à un facteur d'utilisation de 53 p.cent seulement (400 kw / h, donc).11 s'agit, en fait, d'une production «de pointe» pour palier aux grosses demandes d'énergie entre 7 h et 9 h et entre 17 h et 19h.Tout ce qu'il y a de plus évi-tablc, en d'autres mots, moyennant une consommation domestique mieux gérée, ce qu'Hydro refuse d'entreprendre sérieusement.« Hydro nous dit de conserver l'énergie mais elle ne nous dit pas pourquoi, dit )ean Paradis.S'ils nous montraient la rivière que nous nous apprêtons à détruire, c'est sûr qu'on en conserverait de l'énergie!».Il faut savoir aussi que, malgré le nouveau mandat d'Hydro \u2014 promue, au retour de Robert Bourassa au pouvoir, au rang de «développeur économique» de la province plutôt que de simple fournisseur d'électricité\u2014 il n'y a guère de développement prévu pour la région concernée.C'est plutôt le contraire.À cause des plans d'Hydro, par exemple, aucun décret de reboisement pour la région de l'Ashuapmushuan n'a été émis par le ministère de l'Énergie et des Ressources depuis 1982.Et ceci, dans une région dont la principale ressource est le bois! De plus, en échange de 76 nouveaux emplois créés, le projet en éliminera environ 500 dans les domaines de la foresterie et de la pêche.Ainsi, « Hydro contribue au sous-développement de la région», dit le RPA, avertissant la société d'État du «calvaire» qui l'attend si par malheur elle n'honorait pas sa promesse.Hydro rcculera-t-elle devant les «Gaulois du Québec»?Parions que oui.Les appuis en faveur de la protection de l'Ashuapmushuan, d'abord, sont imposants: de Lucien Bouchard au PQ, en passant par la CSN et jusqu'aux syndiqués régionaux d'Hydro-Québec de la FTQ! Bref, une bonne part des alliés traditionnels d'Hydro, no-tammment en ce qui concerne le projet Grande-Baleine, se retrouvent ici de l'autre côté de la clôture.(On se demande d'ailleurs pourquoi : les activités amérindiennes vaudraient-elles moins la peine d'être défendues que les nôtres?.) Ensuite, et c'est ce qu'il faut souligner.Hydro a probablement 'oujours eu l'intention de reculer.Sa belle promesse de respecter les voeux populaires ne s'explique pas autrement.11 s'agit moins d'une promesse, en fait, que d'une bonne vieille stratégie, bien familière a Hydro, qui consiste à «diviser pour régner».N'avez-vous pas remarqué comment, subissant les foudres de l'opinion publique concernant Grande-Baleine récemment, la société d'État a laissé entendre qu'elle pourrait abandonner ce projet en faveur de d'autres plus petits, dont l'Ashuapmushuan?Confrontée à une levée de boucliers sans précédent au Saguenay-Lac-Saint-Jean.que pensez-vous, maintenant, qu'Hydro va répondre?Qu'elle s'incline respectueusement devant l'opinion publique mais que là, Grande-Baleine devient plus nécessaire que jamais! Étant donné que nous ne savons toujours pas quelles pourraient être les alternatives à la construction de nouveaux barrages, le débat public sur l'énergie se faisant toujours attendre dans cette province, qui alors pourra dire le contraire?Il faut dire aussi qu'Hydro a très habilement exploité les tensions entre Blancs et Autochtones: en finançant les Inuit et les Cris dans le dossier Grande-Baleine mais pas les mouvements environnementaux blancs, en exonérant des Mohawks de Kahnawake de leur dette, mais personne d'autre.Ça aussi, ça s'appelle diviser pour régner.Tout ça pour dire qu'il nous faut de toute urgence, non seulement de véritables programmes de conservation d'énergie mais, comme le préconise un rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) publié cette semaine, une Commission d'énergie, neutre et ouverte au public, pour faire la lumière sur l'ensemble du dossier énergétique.Le projet Ashuapmushuan le montre clairement: nous ne pouvons plus procéder de la sorte, à coups «d'exercices de communications» dispendieux et inutiles, en jouant un projet contre l'autre et ne sachant pas où, exactement, nous nous en allons.Pour terminer, c'est cette semaine que se tiendra à l'Hôtel Rama-da à Montréal, la dernière tranche d'audiences publiques sur Grande-Baleine.Une occasion en or pour dire ce que vous, vous pensez de tout ça.J' m Les pouvoirs ?Mais pourquoi ?n a souvent tendance à évaluer comme autant de gains nets les pouvoirs qui pourraient être cédés au Québec dans le cadre de cette ronde constitutionnelle.Il faudrait plutôt s'habituer à l'idée qu'il y aura un prix à payer pour cela, et que ce prix sera bien plus élevé que ne le croient ceux qui s'imaginent qu'on peut avoir à la fois les avantages de la souveraineté et les avantages du fédéralisme.Il y a toute une différence, en effet, entre le rapatriement des pouvoirs dans le cadre de la souveraineté complète, et une dévolution partielle dans un cadre fédéral.Dans ce dernier cas, le Québec risque de perdre les principaux avantages du fédéralisme sans même bénéficier en échange des avantages de la souveraineté.En se repliant sur lui-même, en se plaçant en marge d'une fédération dont il reste membre, le Québec perdra une grande partie de l'influence qu'il exerce sur la scène fédérale.Il risque aussi de se retrouver, dans chacun des domaines «rapatriés», avec beaucoup moins d'argent à dépenser qu'aujourd'hui.* * * il est bien évident que l'autre partie du Canada, si jamais elle se résigne au « fédéralisme asymétrique» qui ferait du Québec une province à moitié sortie du pays, verra à ce que le Québec ne récupère pas davantage que la part qui correspond à sa population -\u2014 autour de 25 p.cent.(Dans le contexte de l'indépendance, le rapport de force pourrait être différent, et il- s'agirait d'une négociation globale où d'autres facteurs entreraient en ligne de compte.Dans le contexte de transferts «à la pièce», c'est la norme logique et légitime de la démographie qui prévaudra.) Le premier ministre ontarien, Bob Rae, qui est, notons-le, l'un des politiciens canadiens le plus sympathiques au Québec, vient d'attacher le grelot en s'en prenant au fait que l'entente dans l'Immigration accorde au Québec 30 p.cent du budget alors qu'il ne reçoit que 20 p.cent des immigrants.Le secret le mieux gardé \u2014 ce dont aucun politicien fédéral n'ose parler de peur de provoquer un backlash dans l'Ouest, ce dont les chercheurs et les artistes québécois ne parlent qu'à mots couverts \u2014, c'est que dans la plupart des domaines dont le rapport Allaire réclame le «rapatriement», le Québec reçoit davantage que ce que son poids démographique ou sa contribution au PNB lui allouerait.La culture: c'est le domaine que les ténors du «fédéralisme renouvelé» réclament avec le plus d'emphase, mais c'est l'un de ceux où les Québécois sont le mieux servis par le régime actuel.Le secteur français de Radio-Canada hérite de 40 p.cent du budget \u2014 pour desservir surtout le Québec.Téléfilm octroie 60 p.cent de son budget à des cinéastes québécois.Au Conseil des Arts, 40 p.cent des fonds vont à des créateurs francophones.Rien d'étonnant à ce que la plupart des associations du milieu culturel se soient dissociées des velléités de «rapatriement» de la ministre Frulla-Hébert.Idem dans la recherche universitaire.Selon les statistiques officielles utilisées par le gouvernement québécois, les chercheurs québécois en sciences bio-médicales, qui ne forment que 20,9 p.cent du corps professoral canadien, reçoivent 33,7 p.cent des subventions versées par le Conseil de recherches médicales du Canada.Les professeurs en sciences sociales et humaines, qui ne comptent que pour 22,5 p.cent de l'ensemble canadien, reçoivent 37,6 p.cent des subventions du Conseil de recherche en sciences sociales et humaines.En sciences naturelles et en génie, la part du Québec est moins élevée (22,8 p.cent), mais à peine moins que son poids au sein du corps professoral canadien (23,5 p.cent ).Quant à l'aide à la recherche et au développement, de même que les contrats et subventions émanant du fédéral au chapitre de la science et de la technologie, les statistiques montrent que le Québec s'en tire fort bien \u2014 souvent mieux que l'Ontario, sauf dans l'administration publique fédérale, où l'Ontario est nettement avantagée parce qu'elle englobe les laboratoires et agences de la capitale fédérale.Sans Ottawa, la part de l'Ontario, y compris Toronto et ses zones industrialisées du sud, est comparable et parfois inférieure à celle du Québec.Idem pour l'assurance-chômage: quel peut bien être l'intérêt du Québec à récupérer un secteur où il reçoit davantage qu'il n'y contribue?* * * « Plus le débat constitutionel avance, écrit le politologue Stéphane Dion, moins la question du partage des pouvoirs est envisagée du point de vue de la qualité des services offerts aux citoyens.» Comme c'est vrai! Dans un autre quotidien, un éditorialiste consacrait récemment une demi-page à la nécessité brûlante de «rapatrier» les communications.Pas une fois il n'explique en quoi cela serait avantageux pour les consommateurs.Qu'est-ce qui cloche avec le téléphone?C'est même à peu près le seul service public dont personne ne se plaint! Même dans la formation de la main-d'oeuvre, on se demande pourquoi le Québec devrait échapper à toute norme pan-canadienne: les travailleurs québécois n'ont-ils pas au contraire intérêt à être aussi mobiles que possible, à se qualifier pour les meilleurs emplois là où ils sont ?L'un des avantages du fédéralisme, c'est précisément de donner aux citoyens accès à un marché du travail plus étendu.Rester en régime fédéral tout en se privant des avantages de ce régime, c'est vraiment du masochisme.Rendons grâce au ministre Côté.Au moins dans son secteur de la santé, on sait pourquoi il veut les pleins pouvoirs: pour imposer les frais modérateurs qu'interdit la loi fédérale et abolir la gratuité dans certains services.Mais je connais peu de gens qui verront là un progrès.* * * On peut dire, et c'est là une option honorable et logique, que les francophones doivent sortir de leur condition minoritaire, et que le Québec, seul État où ils sont concentrés, doit pour cela avoir tous les pouvoirs.C'est l'indépendance.Mais si l'on opte pour le fédéralisme, alors il faut choisir la forme de fédéralisme qui avantage le plus les citoyens.En ce sens, le statu quo est infiniment préférable aux formules bâtardes que réclament ces partisans du «fédéralisme renouvelé» qui n'ont même pas le courage de leurs convictions.MARDI :L'influence du Québec sur la scène fédérale. B 4 LA PRESSE.MO NTRÉAl, AME TH\u20acR\u20acS\u20ac CRSGRRIN grande dame proche des petites gens Une snob?Non, disent ses amies.Plutôt un sens singulier de la dignité JULES BELIVEAU i m a incontestable* ment.Thérèse Casgrain était une grande dame.Fille d'un des plus riches Montréalais de son époque, ancienne couventine chez les Dames du Sacré-Coeur, épouse d'un avocat à qui la politique et la magistrature ont souri, elle aurait pu se contenter de la vie de château à laquelle tout la destinait, avec ce que cela suppose de toilettes somptueuses, de sorties mondaines et de voyages en première classe.Mais cette grande dame \u2014parce qu'elle est toujours demeurée une grande dame\u2014 a plutôt choisi de mettre ses talents, son incroyable énergie et une partie de sa richesse au service de diverses causes sociales et politiques auxquelles elle croyait.Michel Chartrand lui a déjà lancé, et probablement plusieurs fois plutôt qu'une seule: «Vous, avec vos trois rangs de collier de perles, ça fait loin des ouvriers!» Mais Thérèse Casgrain était là.grimpée sur la boîte d'un camion, chaussée de ses délicats souliers à talons hauts, parée de ses bijoux et de son manteau de vison noir, s'adressant à des mineurs en grève, à des travailleurs du textile en chômage, à des ouvriers qui l'écou-taient et la comprenaient.Une «snobh?«Mmc Casgrain n'était pas snob pour cinq sous ! » affirme avec force une femme qui fut une de ses grandes amies.Mmc le sénateur Solange Chaput-Roland.C'est la même amie qui souligne comment Mme Casgrain pouvait tout aussi bien s'entretenir avec le premier ministre qu'avec des hommes et des femmes ordinaires.Et elle raconte ces «incidents» dont elle a été témoin à plusieurs reprises: «Lorsque nous revenions ensemble d'Ottawa à Montréal, eh bien, j'ai vu des autobus faire un détour pour déposer Mmc Casgrain au coin de sa rue.le ne connais pas une Québécoise ou une Canadienne qui aurait cet honneur!» Selon Mmc Chaput-Ro-landj il est aussi pour le moins inhabituel que des chauffeurs d'autobus, se rendant compte qu'une de leurs passagères vient de s'assoupir, décident de rouler moins vite afin de ne pas la réveiller.«Je n'ai encore pas vu beaucoup de monde, sauf Mmc Casgrain, mériter cela!» s'ex-.clame le sénateur.Une autre femme.Mmc Alice Desjardins, juge à la Cour d'appel fédérale, raconte aussi avec une pointe d'émotion dans la voix comment elle a été impressionnée par la facilité avec laquelle des simples gens se sentaient à l'aise en présence de M™ Casgrain: «Il m'est arrivé une fois ou deux de marcher avec elle dans la rue lorsque nous nous rendions à une réunion.Des hommes la saluaient, des femmes s'arrêtaient pour lui parler.Elle était admirée et les gens la reconnaissaient.» Mmc Simonne Monet-Chartrand, qui a compté comme les deux premières parmi les amies de Mme Casgrain.souligne de son côté: «Ce n'est pas vrai que Thérèse Casgrain était snob.)e ne l'ai jamais vue faire un geste snob, jamais.Elle avait sa dignité, puis moi aussi j'ai la mienne.Mais cela ne veut pas dire qu'on a un mauvais caractère pour ça!» Un événement a particulièrement frappé MnK Monet-Chartrand: un jour, alors que Mmc Casgrain était vice-présidente du CCF (l'éventuel Nouveau Parti démocratique) et que Michel Chartrand avait dit que cela n'avait pas de bon sens pour les électeurs québécois qu'une formation politique s'appelle le «Coopérative Commonwealth Fédération», la «grande dame» décida d'inviter deux leaders du parti, dont le chef Tommy Douglas, à la résidence de l'animatrice sociale et de son syndicaliste de mari, à Boucherville.«Nous avions sept enfants puis c'était l'été, raconte Mn,c Monet-Chartrand.Nous ne pouvions pas faire de repas copieux: nous Thérèse Casgrain, en robe de mariée n'avions pas d'argent, pas le temps, rien.Mmc Casgrain a dit: «luste du blé d'inde, qui goûte notre blé d'inde.» Nous avons fait des chaudrons de blé d'inde sur notre poêle à bois.Puis à un certain moment, je me suis mise à parler sérieusement de politique avec nos visiteurs.Mmc Casgrain est disparue.Elle est allée voir mes filles et leur a demandé: «Où est-ce qu'elles sont les poubelles, ici?» Mes filles ont répondu: « En arrière de la galerie, Mmc Casgrain.» Bien.Mmc Casgrain a ramassé nos cotons de blé d'inde puis, avec mes filles, est allée jeterça aux poubelles ! Ça, c'est pas snob ! » Les incessants \u2014et souvent humiliants\u2014 «pèlerinages» à Québec auxquels a participé Mmc Casgrain avant que les Québécoises finissent par obtenir le droit de vote, ses huit défaites électorales consécutives, ses luttes acharnées pour que les allocations familiales soient adressées aux mères du Québec plutôt qu'aux pères, ses combats en faveur des femmes et des hommes défavorisés, contre l'arme nucléaire, pour la paix, contre la guerre du Vietnam, pour la reconnaissance des droits des femmes autochtones et pour bien d'autres choses encore ne semblent, étrangement, jamais avoir brisé la détermination de Mmc Casgrain.Pour Mmc Chaput-Roland.cette femme de courage et de ténacité mérite qu'on lui décerne le titre de «Mère Courage», du nom de la pièce de Bertolt Brecht.«Après une défaite, souligne Mmt Chaput-Roland, Mmc Casgrain était plus déçue qu'amère, et plus triste que révoltée.Elle était une femme qui ne se laissait pas abattre très longtemps.Moi, une seule défaite électorale m'a suffi! Et je sais bien que je ne me serais pas représentée quatre fois! Alors j'ai une admiration sans nom pour un courage comme celui de Mmc Casgrain, parce qu'une défaite politique, ça fait très mal et ça a dû lui faire beaucoup plus mal que je ne l'ai réalisé lorsque cela lui est arrivé.» Mmc Monet-Chartrand semble estimer pour sa part que les défaites électorales de M™ Casgrain ne devaient pas lui apparaître trop douloureuses.«Elle savait d'avance qu'elle serait battue», sou-ligne-t-elle.Et elle ajoute: «Mme Casgrain se présentait aux élections surtout pour avoir l'occasion de parler d'un programme politique.» Cette façon de voir les choses peut rejoindre celle de Mmc Desjardins, gui dit n'avoir jamais vu Mme Casgrain triste ou découragée.«Je l'ai plutôt toujours vue tout à fait décidée et d'une très grande ténacité», dit-elle.5 Famille d'argent Un billet de 5 $ tiré à l'effigie père de Thérèse Casgrain, en 19 m ¦mu riu Une enfance il'Mont \u2014 mon frère ainé 2 no les\u2014 était bâtie face au fcuve de la falaise couverte d'érables, a m divers pavillons et communs, rciés p nues ou des escaliers, se trouvaist à < différents.L'architcctc-paysagis! ave su tirer partie des accidents deerra construction de certains éléme-s, p ment la terrasse qu'il fallut érif r de ces, exigea un dur labeur de la art < d'oeuvre locale.La famille hat ait maison» nommée pompeuscm villas d'alors.Seize chambres saient à peine à la famille et 1 principale salle à manger rece^ de vingt-quatre convives.Haut étages, le living-room ouvrait si occupait presque tout le rcz-cl galerie en faisait le tour au pJmic balcon pour nos représentation héâ de là-haut que parfois le soir, ta s da nous les enfants qu'on croyait gen mis, écoutions la musique ou ; co animées des grandes personne So parents et leurs amis, réunis au ur c se chem inée, discutaient les séLuse politiques et sociales de l'époqi Qui nés, ils préféraient l'intimité d icti pour leurs graves conversation ou 1 ries plus joyeuses.(.) À l'instar de nos parents, notiavic pendant les vacances plusieunmvit âge, et la gaieté régnait en m|rc.L'adhésion ans la province du Qu*c, beaucoup de difficulté à Itabl de partie à cause de l'emprise cl'Êg que qui.pourtant, critiquailévè structures sociales existantes Imai ardent désir d'y apporter des rJède mes préconisées par le CCF rlaiei pas d'inspiration catholique, lis e taient un programme contera t d lions pratiques dont plusieurs Jsor rement à des principes chréticICei autorités religieuses considérait ce me suspect et, en 1934, M*r C|>rge archevêque de Montréal, publilne raie intitulée La doctrine socivkdc l Cooperative CommonwcaltiwOon dans laquelle il condamna trcïpoi gramme: «La suppression ou llioii excessif de la propriété privée.Butt et une conception materials cial.» Cette lettre constituait garde qu'un ordre formel de ti.(.) Mgr Georges Gauthier, arch jqu real, en 1934: une mise en de contre certains points de do Ine UN\u20ac F\u20acMM\u20ac CHCZ L\u20acS HOMMCS LR Vit D ÎS t i ut si )n: ta it u inq se LOI [avions toujours ivités de notre rc Maman ai- \u2022\u2022\u2022\u2022 '4 ^\u2014Jfy^ ¦ ¦ 1 ||1 f ¦ V.» ir * * > ¦ « Le «chalet d'été» des Casgrain, à Saint-lrénée en Charlevoix, dominant le Saint-Laurent.Avec plein de serviteurs.Et plein d'invités triés sur le volet parmi les élites de l'époque.mait remplir la maison de lilas, de pivoines et de pois de senteur; aussi, étais-je souvent chargée du soin des nombreux bouquets, travail agréable mais parfois fastidieux quand d'autres distractions me sollicitaient.Musique, jeux, balades de toutes sortes se succédaient.Ah! ces pique-niques où l'on se rendait en chantant dans une cahotante charette à foin décorée de branches d'aulnes! Et les belles promenades dans le yatch.le Margota \u2014du nom de ma soeur ainéc Marguerite\u2014 jusqu'à la pittoresque île-aux-Cou-dres! On se disputait aussi d'interminables parties de tennis, on nageait, soit dans le fleuve, soit dans la piscine intérieure, remplie d'une eau de mer glacée où les moins braves pouvaient se promener sur une sorte de petit chaland.Puis, les uns jouaient au billard, les plus sportifs aux quilles, tandis que les bridgeurs invétérés occupaient le salon japonais du pavillon.(.) Un hôtel particulier Au cours de leurs voyages en Europe, mes parents avaient apprécié la beauté de Paris et ils voulurent faire construire à Montréal un hôtel particulier reflétant le goût français.Là encore se révèle le nationalisme de mon père qui souhaitait une maison vraiment différente des somptueuses résidences de l'ouest de la ville, de style anglais pour la plupart.Il choisit les architectes Marchand & Haskell et un terrain dans le haut de l'avenue Ontario, au pied de l'avenue des Pins.M.Marchand, qui avait fait de longues études à Paris, était éminemment qualifié pour réaliser ce projet.Cette demeure commencée en 1912 ne put être complétée qu'après la guerre de 1914-18 parce que certains meubles et matériaux commandés en Europe ne furent jamais livrés.La rampe d'escalier en fer forgé, enterrée prés de Paris pour la soustraire aux Allemands, nous arriva seulement après l'armistice.Le piano, un Steinway où l'artiste américain Blackmore avait peint des vues de Gil'Mont et des miniatures des enfants, occupait un coin du salon et une grande place dans notre vie, car nous aimions beaucoup la musique.À la maison, nous logions presque tous nos serviteurs parmi lesquels se trouvaient Marc Gauthier, natif de Saint-lrénée, et sa femme qui furent pendant plus de quarante ans à notre service.(.) Dés les premiers jours des vacances, nous nous rendions à Saint-lrénée où des amis venaient bientôt nous rejoindre.Parmi les visiteurs de Gil'Mont, je me rappelle Lord Grey, alors gouverneur-général du Canada, et Lady Grey dont l'intérêt manifeste pour tous les aspects de ta vie canadienne nous laissa un excellent souvenir; le juge Charles Archer, sa femme et leur fille Pauline, devenue Mmc Georges Vanier, des amis de toujours.(.) D'autres invités furent l'honorable Arthur Meighen, alors solliciteur-général dans le gouvernement Borden, homme jeune et brillant dont mon père prédisait qu'il deviendrait un jour premier ministre du Canada; René du Rou-re, professeur à l'Université McGill, bien connu dans les milieux intellectuels montréalais, grand ami de Stephen Lea cock, fameux humoriste canadien.u CCF.ancêtre du NPD: «Mon entourage me croyait communiste» 1 5C, le CCF eut jtablir, en gran-'Églisc catholi-lévèrcment les manifestait un èdes.Les réforaient peut-être is elles présen-t des proposi-tsortissaient sû-Cependant.les Jt ce parti coinages Gauthier, ne lettre pasto-Ide l'Eglise et la %on federation, points du pro-hoindrissement lutte des classes de l'ordre so-:ôt une mise en [issocicr du par- 9\\ m* m xh jque de Mont-m de aux fidèles do ïne du CCF.l'observai avec un intérêt grandissant l'évolution de ce parti de réformes par excellence, et me trouvai absolument d'accord avec les mesures sociales qu'il préconisait a Ottawa, par exemple les pensions de vieillesse, l'assurance-chôma-gc et les allocations familiales.Une question me venait souvent à l'esprit: «Pourquoi les propositions en faveur des mesures sociales venaient-elles toujours du CCF et jamais des libéraux?» La réponse était évidente.Ces derniers, plutôt capitalistes, étaient aussi des opportunistes, et conscients de la poussée populaire vers une législation sociale, ils finissaient toujours par épouser les propositions inspirées par les représentants du CCF.Je me suis aussi interrogée sur la nature du socialisme et j'ai vite constaté qu'il existait une distinction importante entre celui qui présuppose la dictature absolue pratiquée dans les pays communistes et, d'autre part, le socialisme démocratique, conçu par le Fabian Society en Angleterre, l'ai pu voir ce deuxième type de socialisme mis en pratique par le Parti travailliste en Angleterre, ainsi qu'en Suède et en Norvège.C'est ce genre de doctrine qui m'a attirée vers le CCF où l'on a toujours soutenu que «l'argent devait être mis au service des hommes et non pas les hommes au service de l'argent».(.) Le 11 décembre 1946, j'adhérais officiellement au parti CCF.Dans mon milieu, cette nouvelle causa une vive surprise; pour agir de la sorte, mon entourage me croyait sûrement communiste à tout le moins.Pourtant, avant d'entrer dans les rangs du CCF, j'en avais longuement discuté avec mon mari qui m'avait encouragée en ces termes: «J'ai fait carrière dans le Parti libéral mais je comprends très bien que tu puisses prendre une route différente.» II me laissa ainsi libre d'agir à ma guise et suivit mes activités avec un intérêt profond.(.) Le bien commun À partir de 1946, je militais donc dans un groupe dont l'objectif principal était de faire comprendre aux Québécois la nécessité d'adopter des mesures favorisant le bien commun.Dans ce milieu, je me sentais tout de suite très à l'aise, d'autant plus que j'y retrouvais plusieurs connaissances dont les pères avaient joué un rôle important dans l'histoire de notre pays.À Québec, par exemple, il y avait l'avocat (acques Casgrain, petit-fils de |.-A.Mousseau, ancien premier ministre du Québec et frère de Perrault Casgrain, ministre dans le gouvernement God-bout.Cousin éloigné de mon mari et poursui- L'avocat syndicaliste ^ y Jacques Casgrain, \u2022 v* (en 1947,1e visage 8L* lacéré après un affrontement avec des scabs.vant ses études de droit, il était venu dans Charlevoix lui prêter main-forte lors d'une élection.Beau garçon, bilingue, brillant orateur, cultivé, d'un abord accueillant et sympathique, son adhésion au CCF avait été hautement appréciée par le parti.Les raisons qui avaient motivé ce geste sont révélatrices de l'ambiance de l'époque.À ses débuts, au moment de la crise économique, Jacques Casgrain avait pratiqué dans un quartier ouvrier où il habitait lui-même avec sa femme un très modeste logis sans baignoire ni chauffage central.Ses honoraires professionnels s'élevaient à cinquante sous par client, somme fabuleuse pour celui qui se voyait poursuivi en justice à cause de son incapacité de payer le loyer ou privé d'électricité pour n'avoir pu en régler le compte.Ce climat de misère avait révolté le jeune avocat contre un système qui permettait à la majorité des citoyens de vivre dans l'insécurité, l'indigence et surtout l'humiliation de recevoir un «secours direct» de l'assistance publique.Plus tard, quand la guerre de 1939 éclata, il avait été frappé des efforts fantastiques déployés par les gouvernements pour construire des usines, loger une armée, diriger l'économie, fabriquer des armements, etc., initiatives qui faisaient contraste avec les années de paix, alors qu'il semblait impossible de construire des logements salubres et de procurer du travail à la population.» (.) Une femme libre Pendant mon absence du Canada, mes camarades m'élirent leader du parti CCF au Québec.Mon engagement dans la politique était donc devenu total.Dans les années qui suivirent, je participai à toutes les élections fédérales ou provinciales.Au niveau provincial, mon travail consistait à présider les réunions du conseil, a adresser la parole à la radio et à m'occuper activement de l'organisation de différentes régions.Mes fonctions étaient sensiblement les mêmes au palier national et, comme nos membres de langue française étaient peu nombreux, je fus appelée maintes fois à parler, soit en Ontario, soit aux Maritimes, ainsi que dans le reste du pays.Huit fois, je me portai candidat sous la bannière de mon-parti.Le fait d'être une femme, dirigeant un parti de gauche par surcroit, m'enlevait toute chance de succès.Cependant, mon but était atteint puisque mon désir était avant tout de faire connaître la philosophie du CCF et de lui assurer une large publicité.D'ailleurs, la poursuite d'un idéal social m'avait fait renoncer depuis longtemps aux avantages que pourrait m'offrir une carrière politique dans le Parti libéral.(.) Mes efforts dans Verdun, en 1952, me valurent 2857 votes, témoignage encourageant mais insuffisant pour emporter le morceau.La même année, je reçus 1135 votes lors d'une élection complémentaire dans Outremont-Saint-Jean.En 1953, les électeurs de Jacques-Cartier-Lasalle m'en accordèrent 2879 votes aux élections fédérales.Si j'avais pu les accumuler, j'aurais eu un siège quelque part! Malgré ces défaites successives, j'avais l'impression de servir non seulement la cause du parti, mais surtout celle de mon pays Comme chef provincial du CCF, mes responsabilités absorbaient toute mon énergie et donnaient libre cours à mes préoccupations sociales.S'il est vrai que le travail satisfaisant libère, j'étais donc devenue une femme vraiment libre.(.) VO TÏZ m SOCIAL nru«™ Thérèse Casgrain fut huit fois candidate à des élections à tous les niveaux sans jamais avoir réussi à se faire élire.Ci-haut, lors d'une campagne où elle portait les couleurs du Parti social démocratique, formation née du CCF et qui devint plus tard le NPD.Te )n nps t » en rix lits inds Opposée a ta conscription, T.Casgrain se présente comme libérale indépendante dans le comté Charlevoix-Saguenay, à l'élection complémentaire.Elle arrivera deuxième dans la course.T.Casgrain mené une campagne de presse pour que les allocations familiales que le gouvernement fédéral s'apprête à verser aux familles canadiennes soient données aux femmes du Québec plutôt qu'aux hommes \u2022 chefs de famille», tel que le souhaitent les juristes, les prêtres et les nationalistes de la province.Elle gagnera cette lutte.Elle dirige l'aile québécoise du CCF.Durant cette période, elle se présente huit fois aux élections fédérales et provinciales comme candidate CCF, sans être jamais élue.V Elle organise et fonde la section québécoise des Voix des femmes.Cette organisation pacifiste, qui regroupe des femmes des pays occidentaux, s'oppose à l'armement nucléaire.V Le Gouvernement canadien reconnaît l'apport de T.Casgrain dans la société en lui décernant la médaille de l'Ordre du Canada.Lors du référendum sur la souveraineté du Québec, T.Casgrain se retrouve dans le camp des « Yvette ».regroupant les femmes qui soutiennent la thèse fédéraliste.V :cor is éc s 9\t5 M\t\t\tm\t5 /\t1946 1951-\t.57 1950\tt9Si 196\t1967\t19SO 19TO |ooi \t1\t\t\t\t\t\t\t> ¦ w\t\t droit de vote aux femmes, aboutisse-de i histoire des femmes au Québec.A Elle se joint, en 1946, au Cooperative Commonwealth Federation (CCF), ancêtre de l'actuel NPD.Elle devient en 1948 vice-présidente de ce parti.Le 28 août, son mari, Pierre Casgrain, meurt.A En avril, elle représente le Canada à Rome dans le cadre d'un pèlerinage mondial de diverses associations féminines en faveur de la paix.Ces femmes veulent remercier le Pape Jean xxm pour son encyclique Pacem in terris, qui fait la promotion de la paix sur la terre.Elle est nommée au Sénat le 7 octobre.Mais elle ne peut y rester que neuf mois, après quoi elle prend sa retraite obligatoire le 30 juin 1971.à l'âge de 75 ans.C'est dans la maison natale de Mme Casgrain, qui était devenue la salle des banquets du Cercle universitaire de Montréal, qu'a lieu le 29 mai le congrès de fondation de la Ligue des droits de l'homme.Elle figure parmi les membres-fondateurs de cette organisation, où elle occupera divers postes de direction jusqu a 1970.Le 3 novembre.Thérèse Casgrain s éteint a I age de 85 ans.Des centaines de personnes assistent a ses funérailles.Jeanne Sauvé, présidente de la Chambre des communes, prononce l'oraison funèbre devant les caméras de télévision.1 Source: Maryse Dasigny.UGAM B6 * LA PRESSE.MONTREAL.SAMED114 MARS 1992 TH\u20acR\u20acS\u20ac CflSGRfilN Au-delà l'engagement social, un sens aigu de la famille Les enfants de Thérèse Casgrain se rappellent d'une «mère qui était comme les autres mamans» JULES BÉLIVEAU lie disait d'elle-même qu'elle était une busy body.Des femmes et aussi des hommes qui l'ont accompagnée dans l'un ou l'autre de ses nombreuses luttes, même s'ils étaient parfois beaucoup plus jeunes qu'elle, arrivaient difficilement à la suivre.Pourtant, l'infatigable militante que fut Mme Thérèse Casgrain fut aussi, scion ses enfants, une «très bonne mère de famille».«Notre mère, souligne Mmc Renée Nadeau, était une mère comme toutes les mamans.Même si elle était très occupée à l'extérieur, elle était toujours présente près de nous quand nous avions besoin d'elle.Et nous comptions beaucoup pour elle.» S'ils ont accepté de bonne grâce de rencontrer un représentant de La Presse, c'est avec une infinie prudence que les deux plus jeunes enfants de Mmc Casgrain, Renée et Paul, qui sont âgés aujourd'hui de 67 et 69 ans, ont parlé de leur mère.Ils ont tenu fermement à ne rien dire au sujet des engagements sociaux et politiques de celle-ci et se sont refusés à toute séance de photo.C'est en 1916 que la fille de Sir Rodolphe Forget et de Lady Blanche Forget a uni sa destinée avec l'avocat montréalais Pierre-F.Gasgrain, qui deviendra plus tard député fédéral, puis orateur et ministre et à la Chambre des communes d'Ottawa avant d'être nommé juge de la Cour supérieure à Montréal.Le couple aura quatre enfants: Rodolphe, Hélène (décédée en 1988), Paul et Renée.Seulement deux de ces enfants étaient nés lorsque Mmc Casgrain à entrepris ce que d'aucuns ont appelé «sa vie publique».C'est en effet en 1921 que, au cours d'une campagne électorale, elle fut invitée à remplacer son mari tombé malade et à prendre la parole devant une foule réunie à Baie Saint-Paul.Très rapidement, la jeune mère de famille allait se hisser sur d'autres tribunes, cherchant notamment à obtenir le droit de vote pour les femmes du Québec.Une locomotive Véritable locomotive humaine, Mmc Casgrain trouvait le moyen d'entraîner à sa suite une quantité presque incroyable de personnes qui, toutes, appuyaient du mieux qu'elles le pouvaient les causes qui lui tenaient à coeur.C'est ainsi que dès sept heures ou huit heures du matin, des gens de toutes les conditions \u2014et même des ministres\u2014 ont dû s'habituer à recevoir des appels téléphoniques de Mrac Casgrain, qui leur demandait un coup de main dans l'un ou l'autre dossier ou qui réclamait leur participation à une prochaine réunion.Et c'est ainsi, également, que la maison familiale de Westmount est devenue un endroit où étaient invités aussi bien d'importantes personnalités politiques que des militantes et des militants des milieux populaires.Les enfants Casgrain ont ainsi côtoyé chez eux plusieurs personnages québécois, canadiens et même étran- gers dont l'histoire retient les noms, Et ils ont aussi appris l'importance de l'engagement social.« Lors de la dépression et alors que je n'étais âgé que de 10 ans, se souvient M.Paul Casgrain, avocat à la retraite, ma mère me disait: «Viens, nous allons distribuer des paquets de nourriture aux pauvres.» La maison de la famille Casgrain, rappelle Mmc Nadeau, était aussi grande ouverte aux amis des enfants.«Notre mère, précise-t-clle, accueillait nos amis, qui étaient toujours les bienvenus.Elle s'intéressait à ce que tout le monde faisait.Et même si elle avait beaucoup d'occupations, tous les anniversaires et bien d'autres événements étaient l'occasion d'une belle fête.» Enfants libres Selon les enfants Casgrain, leur mère n'a jamais cherché à leur imposer ses propres choix sociaux ou politiques.«Nous pouvions discuter avec elle, souligne Mmc Nadeau, puis surtout la taquiner.» Les années passant, Mmc Casgrain a fini par trouver dans son entourage immédiat d'autres interlocuteurs avec lesquels elle a été amenée à échanger sur ses convictions: ses 17 petits-enfants.«Eux aussi, note Mmc Nadeau, ont beaucoup taquiné notre mère.Et lorsqu'ils divergeaient d'opinions avec leur grand-mère, ils savaient lui faire remarquer en riant qu'elle leur avait toujours prêché l'importance de ne pas avoir peur d'exprimer librement ses propres idées!» Selon son fils Paul et sa fille Renée, Mmc Casgrain adorait ses petits-enfants autant qu'elle a adoré ses enfants.Et lorsque des gens lui demandaient, dans la dernière partie de sa vie, si elle était grand-mère, elle levait fièremcr.î son poignet orné d'un magnifique bracelet auquel étaient attachées 17 mé- dailles en or; chacune de ces médailles était gravée d'un prénom.Les bons souvenirs ne manquent pas pour les enfants de Mmc Casgrain: ceux-ci conservent encore de leur enfance passée auprès de leur mère, puis de toutes les années qui ont suivi, des enseignements divers où la grandeur d'âme, le dévouement, la ténacité et aussi le sens de l'humour occupent une grande place.Et au sujet de la ténacité, c'est M.Paul Casgrain qui y va de cette observation : « Parfois je me demande de qui je tiens lorsque je suis tenace.Il y a alors des gens qui me disent: «Nous savons bien, nous, de qui ça te vient!» Mme Casgrain s'explique endant plus de quatorze ans, je dirigeai les destinées de la Ligue (des droits de la femme) avec le concours de personnes dévouées et renseignées avec qui il me fut toujours agréable de travailler, souvent au milieu de grandes difficultés.Le fait d'être l'épouse d'un député fédéral qui fut président de la Chambre des communes de 1936 à 1940, me permit d'aider à la cause en établissant des contacts importants sur le plan politique.Mère de quatre enfants, je privais également certains anti-féministes d'un de leurs arguments favoris, à savoir que celles qui réclamaient le droit de vote étaient presque toutes de vieilles harpies sans enfants et dépourvues de féminité.À ce sujet, je me souviens d'une conversation avec le premier ministre, M.Taschereau, qui me dit en souriant: «Évidemment, maintenant que vous faites campagne pour le vote des femmes, il ne sera plus question pour vous d'avoir d'autres enfants.Si, par hasard, un événement de ce genre se produisait, j'aimerais être le parrain de ce nouveau-né.Si c'est un garçon, nous en ferons un évêque.» « Et si c'est une fille, ai-je rétorqué, ce sera une suffragette.» Or, à ce moment, j'étais enceinte d'un quatrième bébé et lorsqu'il naquit, mon mari, alors député fédéral du comté de Montmorency que M.Taschereau représentait à l'Assemblée législative, demanda au premier ministre s'il voulait toujours tenir sa promesse.C'est ainsi que ma fille cadette.Renée, devint la filleule de M.et Mmc Alexandre Taschereau.Grâce au travail de la Ligue des droits de la femme, elle n'eut pas à devenir suffragette, mais elle est aujourd'hui l'heureuse mère de sept enfants.Extrait de UNE FEMME CHEZ LES HOMMES, Thérèse F.Casgrain, Éditions du jour.1971, pp.85-86 Thérèse Casgrain, son mari Pierre F., et, dans l'ordre habituel leurs enfants, Renée, Paul, Hélène et Rodolphe.Photo prise à l'époque de la prestation de serment du mari comme ministre, en mai 1940.« La femme a besoin d'armes pour défen mille» Extraits d'un discours prononcé par Thérèse Casgrain le 25 avril 1941, à l'ouverture d'un congrès de la Ligue pour les droits de la femme.Avec tous les sociologues.et, mon Dieu! même sans eux.nous savons que le rôle primordial de la femme est la garde du foyer.Hélas, une conception arbitraire et artificielle du foyer s'est accréditée dans plusieurs esprits, si bien que pour eux le foyer évoque tout de suite, non pas une réalité vivante, non pas une institution humaine, mais l'image puérile de quatre murs et d'un toit.|e ne sais pas d'équivoque plus répandue ni plus dangereuse, car elle substitue un symbole, qui est la maison, à la seule chose essentielle, qui est la famille même.Rien de moins neuf que d'assimiler la famille à une cellule du corps social: la sociologie chrétienne a introduit depuis longtemps cette figure dans son lexique.Cellule, oui, et cellule première, mais d'où émanent toutes les autres; cellule autour de laquelle se groupent une infinité d'institutions dont elle est à la fois l'origine et la partie; cellule qui, par des voies nombreuses, est reliée à la société toute entière qu'elle alimente et d'où elle tire en retour sa propre vie.Et si nous remplaçons la famille dans son cadre véritable (Barrés ne disait-il pas que la nation est une grande famille de familles), ne voyons-nous pas que la femme doit participer à l'activité de tout le corps social pour défendre la cellule familiale dont elle a la responsabilité?(.) Je ne parle pas ici de l'évolution des moeurs sociales et politiques qui, aux yeux de plusieurs personnes, justifierait à elle seule l'émancipation de la femme.Je me borne à décrire l'interdépendance inévitable qui existe, qui a toujours existé entre le foyer et la société.Une loi inique, votée par une assemblée parlementaire à une très grande distance du foyer, atteint aussi directement la famille qu'une injustice particulière perpétrée contre l'un de ses membres.Voilà pourquoi, mesdames, la femme qui garde bien son foyer le protège aussi contre les ennemis du dehors.Ces ennemis de la famille, ils revêtent aujourd'hui les visages les plus divers: les uns se glissent dans l'école pour atteindre l'enfant; les autres s'introduisent dans l'activité économique pour atteindre le chef de famille et lui enlever son droit au travail, son droit à un juste salaire, son droit à la propriété.Et c'est exercer son rôle primordial avec intelligence et courage, surtout avec utilité, que de combattre ces forces de dissolution où elles se trouvent.Les armes des femmes Lorsque la femme insiste pour faire reconnaître ses droits les plus élémentaires, elle songe infailliblement qu'il faut des armes pour garder le foyer contre ce qui le menace; l'une de ces armes, et la non moins nécessaire, c'est le droit de suffrage.Nous l'avons obtenu il y a un an aujourd'hui, après une lutte infructueuse pendant plusieurs années.Au moment de cette victoire, on nous dit en plusieurs milieux: «Maintenant que vous avez obtenu ce que \u2022 - ' Thérèse Casgrain: le mariage de l'engagement social et de la famille.vous demandiez, vous pouvez oublier votre labeur, vous reposer.» Ces paroles me font penser à la conclusion des romans à l'eau de rose, où le héros finit toujours par épouser l'héroine.Ce qu'on oublie, c'est que la véritable histoire commence seulement après le mariage.N'est-ce pas, mesdames?Cette invitation au repos part sans doute d'un bon naturel; mais elle montre, hélas! comme certaines gens ont mal compris la raison et le but de notre labeur.Le droit de suffrage n'est pas une fin en soi, ne saurait être une fin en soi: c'est un moyen et, je viens de le dire, une arme défensive.Aujourd'hui que nous possédons quelques-uns des moyens d'action dont nous étions privés autrefois, notre tâche véritable se dessine, nos responsabilités prennent corps, nos devoirs se précisent.(.) À travail égal, salaire égal La vie moderne a pour ainsi dire consacré le travail de la femme hors de la maison, à l'atelier, au bureau, au magasin, dans le commerce aussi bien que dans l'industrie.Quelles sont les conditions de travail auxquelles la femme est assujettie dans notre société?L'exploitation du travail féminin n'est pas une hypothèse: c'est une triste réalité trop de fois établie par les faits.Nous devons nous préoccuper de ce problème.À travail égal, salaire égal.Car rien au monde ne justifie de traiter différemment, toutes choses égales d'ailleurs, la main-d'oeuvre féminine et la main-d'ocuvre masculine.Au reste, n'cst-il pas prouve, notamment par le rapport de l'enquête sur l'industrie du textile.que l'avilissement du salaire féminin entraine l'avilissement proportionnel du salaire payé à la main-d'oeuvre masculine?Réclamer la juste rétribution du travail féminin, c'est donc sauvegarder un droit sacré, mais c'est aussi protéger la sécurité de la famille.Quant aux conditions de travail, il suffit, pour en saisir l'importance, d'avoir l'esprit chrétien ou le simple respect de la dignité humaine.Le souci de sauvegarder la dignité humaine inspirera également nos débats sur le bien-être social.Nous examinerons trois aspects de ce vaste problème: l'urbanisme, l'hospitalisation et la protection de l'enfance.Que de maux, par exemple, engendre dans une grande ville l'existence honteuse du taudis! Quels foyers de contagion physique et morale naissent tous les jours dans ces abris sombres, malpropres, où jamais n'entre un rayon de soleil ou une bouffée d'air pur! Est-il besoin de répéter que le taudis est la plus grande cause de la criminalité juvénile et que la plupart des hommes et des femmes qui peuplent aujourd'hui les prisons ont vécu, enfants, dans ces trous sans lumière?Comment la femme, gardienne du foyer, se désintéresserait-elle du problème des taudis, d'un cancer qui ronge de plus en plus le tissu social et s'attaque à la vie même de la famille?Nous constatons aujourd'hui plus que jamais dans le passé l'étendue de notre tâche collective.Ce premier Congrès marque pour nous un anniversaire: il sera par la même occasion un point de départ, s'il est vrai que notre labeur commence véritablement aujourd'hui.(.) LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED114 MARS 1992 Plus TH\u20acR\u20acS\u20ac CfiSGRRIN «La démocratie ne doit pas être exclusivement du domaine masculin» Texte d'une allocution préparée par Mmc Thérèse Casgrain en vue d'une émission de radio à CKAC diffusée dans les années 50 onsoir Mesdames et Messieurs.Plusieurs nous ont reproché de ne pas assez insister sur les raisons pour lesquelles nous désirons tellement obtenir le droit de vote dans le domaine provincial et c'est pourquoi j'ai l'intention d'en parler ce soir.Nous envisagerons donc le droit de vote comme un puissant moyen d'action sociale.11 y en a parmi vous qui vont probablement sourire en m'en-tendant dire cela et c'est pourtant la vérité; c'est là notre but immédiat.Nous savons tous que la femme surtout est appelée à se dépenser dans le domaine du dévouement et de la charité.Nous sommes forcées de soulager des quantités de maux et nous prétendons ceci : c'est qu'avec le vote, nous pourrons certainement arriver à supprimer les causes de plusieurs misères humaines.Noeis n'avons certes pas la prétention de soutenir que le vote sera une panacée à toutes les souffrances, mais par lui, nous en soulagerons certainement plusieurs.Voici ce que pense à ce sujet un sociologue catholique.«La femme, plus sensible que l'homme à la souffrance d'autrui, plus accessible que lui au désir de soulager, plus avide que lui de sécurité tranquille, saura mettre dans la recherche des mesures à prendre pour adoucir et vaincre les rigueurs de la vie qui oppriment si durement les Quelques participants au débat sur le vote des femmes Québec, 26 avril 1940.Par un vote de treize voix contre cinq, le Conseil législatif (le Sénat québécois de l'époque) a voté le projet de loi accordant aux femmes de la province le droit de vote et d'éligibilité.Une nombreuse délégation feminine s'était rendue à Québec pour l'occasion.Le débat fut calme et dénué de tout incident, raconte la Presse du 26 avril 1940.Voici quelques extraits du débat, tels que rapportés par le journal.La femme n'en veut pas \u2014 L'honorable JEAN-LOUIS BARIBEAU, conservateur ¦ Les hommes d'État, les journalistes, les observateurs, chaque fois que l'on demande si les femmes doivent voter, sont unanimes à répondre qu'ils ne voient pas en quoi le suffrage féminin pourrait être compté comme une amélioration.Les femmes elles-mêmes se soucient fort peu d'avoir ce privilège.Elles protestent même avec un merveilleux ensemble.(.) La femme n'a pas besoin des privilèges électoraux de l'homme pour l'égaler en influence politique.Il est incontestable que la femme administre pour une très large part le budget familial et qu'elle peut avoir de ce fait une compensation, celle de pouvoir s'immiscer dans les affaires de la L'écriture de Thérèse Casgrain petits et les faibles ce bel enthousiasme généreux, cette obstination d'un coeur vibrant de sympathie profonde, et cet irrésistible élan de volonté qui trop souvent manque à l'homme.« Ennemie personnelle de tout ce qui est destructif et.avilissant, inclinée d'instinct à l'ordre et à l'harmonie débordante de bonté, la femme est parfaitement capable de faire passer dans la vie publique elle-même et pour le plus grand bien de tous cette préoccupation constante d'accord et d*entente et de paix qui rendrait la maison commune plus agréable d'abord à habiter, mais qui la rendrait aussi plus solide et plus prospère.«Soucieuse avant tout des réalités des choses, des personnes, douée d'une exceptionnelle puissance d'intuition pour aller immédiatement aux conséquences pratiques des mesures élaborées par l'homme dans l'ordre spéculatif et théorique, elle empêchera de sacrifier trop à une idéologie stérile ou néfaste.» Et c'est surtout dans le domaine provincial que la femme peut exercer cette salutaire influence.Car je l'ai déjà dit et je le répète, là où la femme vote, les partis politiques sont peut-être restés les mêmes, mais il est certain que l'orientation des lois a subi une amélioration marquée au point de vue social.Examinons si vous le voulez bien quelques-unes des lois passées dans les autres provinces du Dominion où les femmes ont toutes le droit de vote et puis nous jetterons un coup d'oeil rapide sur d'autres pays du monde où l'action politique de la femme a déjà produit d'excellents résultats.Dans l'Ontario, où les femmes votent depuis 1914, nous trouvons la loi de la pension aux mères en force depuis 1920.Cette loi est excellente comme résultat, puisqu'elle permet à la mère veuve ou nécessiteuse de garder ses enfants avec elle et de leur procurer l'immense avantage d'un foyer.La même loi existe aussi en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatche- wan, au Manitoba, et par une singulière coïncidence cette mesure existe aussi dans les provinces où les femmes votent.Nous trouvons en plus dans la Saskatchewan une loi de «Bénéfices maternels» depuis 1920.La Colombie-Britannique en a une autre depuis 1921 concernant le travail des femmes avant et après la naissance de l'enfant.Et je pourrais vous en citer encore des quantités.D'ailleurs qui peut mieux que la femme elle-même réclamer, exiger, définir ce qu'il faut à la mère, ce qu'il faut à l'enfant.En Nouvelle-Zélande, en Australie, en Suède, en Norvège, en Finlande, etc., où les femmes votent depuis bien des années, la législation indique clairement une collaboration féminine très active.Le temps ne me permet pas de vous énumérer toutes les lois sociales pour la protection de la femme, de l'enfant, tant moralement que physiquement, et qui se trouvent surtout dans les pays où les femmes exercent une influence politique.Une chose est évidente, c'est que les deux sexes doivent collaborer au gouvernement; l'État qui ne s'appuie que sur un sexe s'appauvrit.La démocratie ne doit pas être exclusivement du domaine masculin.(.) province afin de pouvoir exercer sur elle un contrôle.Mais ce serait déplacer la question.Si la femme de chez nous veut se préoccuper du sort et de l'avenir de la province, elle doit effecteur ses achats sur place, dans la province, de manière à donner plus de stabilité au commerce local, et ainsi favoriser un équilibre national.(.)» L'heure est venue.\u2014 L'honorable PHILIPPE BRAIS, libéral.leader du gouvernement au Conseil ¦ le sais bien qu'on prétend qu'il y a diverses considérations qui militent contre le suffrage féminin.Il s'agit de voir si la femme n'a pas assez de jugement et assez de puissance de raisonnement et assez de bon sens pour pouvoir obtenir le droit de vote et d'éligibilité.Jetons d'abord un coup d'oeil dans l'histoire.Ce sont les hommes qui l'ont écrite, et l'on sait qu'ils font la part assez généreuse aux hommes.Mais qu'y voyons-nous?C'est une femme, Jeanne d'Arc, qui, en France, à la tête des armées, remplace d'emblée les généraux incompétents et sauve son pays.(.) Pour rétablir d'une façon péremptoire que les femmes ont un sens au moins égal, sinon supérieur aux hommes, nous avons la remarquable administration de l'hospice Saint-Jean-de-Dieu, qui renferme 7228 personnes.Le tout tombe sous une même régie admirablement coordonnée.Il ne s'agit plus ici de question de «flottage de billots» mais plutôt de vastes institutions qui sont de véritables monuments de compétence féminine.Il n'est pas question que nos religieuses se mêlent de luttes politiques.Elles veulent seulement, en exerçant leur droit de vote, fournir leur concours à des oeuvres importantes.Pourquoi les femmes du côté civil n'auraient-elles pas la même compétence et le même talent que leurs soeurs en religion?Nous n'avons qu'à regarder autour de nous pour constater qu'il en est ainsi.Les femmes peuvent rendre les points à l'homme dans le domaine du commerce et des affaires.Je serais curieux de comparer l'instruction de nos femmes à celle des hommes de même classe et de même condition.Elles comprennent mieux même que nous une foule de questions économiques.Pourtant, on soutient que l'homme s'y connaît mieux que la femme en politique.» (.) On dit qu'il n'est pas à l'avantage de la femme de prendre part aux assemblées politiques.Moi je dirai qu'il est dans l'intérêt des assemlées politiques que la femme y prenne part, afin d'y voir plus de politesse et plus de réserve dans le langage des orateurs et dans la conduite de l'assistance.(.) L'heure est donc venue d'accorder aux femmes un droit que possèdent déjà les femmes dans les huit autres provinces.» La page de La Presse du vendredi 26 avril 1940 qui annonçait l'adoption par Québec d'une loi autorisant le vote des femmes Le droit de vote, un départ \u2014 L'honorable JACOB NICOL.libéral B Nous voulons que les femmes de cette province aient non seulement le droit de vote mais aussi celui de venir siéger dans nos assemblées.Qui peut mieux dire au trésorier de la province comment disposer de l'argent public si ce n'est la femme?Avons-nous raison d'être tellement fiers de ce que nous avons fait jusqu'ici, nous, les hommes, et pouvons-nous dire avec un semblant de raison que les choses iront plus mal lorsque les femmes s'occuperont des affaires publiques?Le budget provincial, depuis 1897, a sans cesse augmenté et cependant nous avons vu des institutrices continuer à recevoir, à cause de nous, des salaires de 80$ par année.Encore aujourd'hui, les institutrices reçoivent des salai- m.' res de famine.Et c'est peut-être pour cette raison que nous avons peur de voir les femmes dans la politique.Auparavant, à peine quelques femmes travaillaient dans les bureaux ou étaient commis dans les magasins.Et encore elles étaient mal vues de «gens de familles», comme on disait alors.Aujourd'hui, des milliers de femmes travaillent dans l'industrie et le commerce.Des milliers de femmes gagnent leur vie de façon honorable par un travail rémunérateur et font vivre leur famille.Et c'est maintenant que nous, du Conseil législatif, dirions non aux femmes qui viennent nous demander le droit de vote?(.) Depuis 1917 les femmes votent dans notre pays.(.) Nos réunions électorales sont plus sérieuses parce que, lorsqu'il y a des femmes, il faut être logiques, polis et sérieux.(.) Dans le domaine agricole, c'est la femme qui est à la base de tous les succès.Pas une ferme ne pourrait se maintenir sans les femmes.Si nos cultivateurs ont pu acquérir du bien, cela est dû au travail de la femme.On sait comment les hommes, dans le passé trop souvent, ont été paresseux, et que c'était les femmes qui voyaient aux travaux de la terre et soutenaient la famille.Ce sont ces femmes qui sont devant nous, et nous leur dirions non?(.) .Les femmes partiront heureuses.Mais tout ne sera pas fait.Elles devront s'organiser, diffuser les principes progressifs dans nos campagnes.Nous allons leur donner le droit de vote et celui de venir siéger dans cette chambre.Mais ce n'est pas tout.Après, il faudra que les femmes aient le droit de se défendre devant la loi, qu'elles soient admises au Barreau.Il faudra aussi qu'elles soient éligibles comme commissaires d'écoles.Et je vous le dis: lorsque les femmes seront commissaires d'écoles, nous verrons que nos institutions d'enseignement seront meilleures.Elles devront aussi avoir le droit de siéger dans les conseils municipaux, puisqu'elles ont des biens à défendre.Nous sommes dans la voie du progrès, nous ne devons pas en sortir.» Dire non, pour l'honneur \u2014 Sir THOMAS CHAPAIS, conservateur, leader de l'Opposition au Conseil ¦ La législation qui nous est soumise en ce moment est assurément l'une des plus graves sur lesquelles nous avons été appelés à délibérer depuis longtemps.Je tiens à dire immédiatement que la question qu'elle soulève n'est pas, à proprement parler, une question politique.L'introduction du suffrage féminin dans notre système gouvernemental ne saurait être une question de parti.C'est un premier ministre conservateur qui, en 1917, fit conférer aux femmes canadiennes, par le Parlement d'Ottawa, le droit de voter aux élections fédérales.Et ce fut l'une des nombreuses fautes commises à cette époque.» (.) Les hommes, de par leur constitution et leurs aptitudes, sont faits pour l'effort physique, pour l'action et la protection des plus faibles et pour les rudes labeurs du service public.Les femmes, de par leur nature et leurs aptitudes, sont plutôt faites pour la vie du foyer, pour les devoirs maternels, pour les oeuvres d'éducation familiale et de charité sociale.À chacun sa tâche et sa responsabilité.Et cette répartition de fonction n'est pas l'oeuvre de la fantaisie et du hasard.Elle relève de l'ordre providentiel qui a régi l'humanité à travers le monde.L'entrée de la femme dans la politique serait une infraction à l'ordre social et à l'ordre familial.Et cette infraction ne serait même pas atténuée par aucun avantage accidentel.En quoi le suffrage féminin a-t-il influé sur les programmes, sur les actes, sur la majorité électorale, sur la conduite des partis politiques depuis 1917?On a tout simplement grossi les flots troublés de ce suffrage universel dont nous sommes gratifiés.Gonfler démesurément les listes électorales, surcharger les scrutins, augmenter les dépenses, accroître les dangers de manoeuvres frauduleuses, voilà le seul résultat que l'on ait atteint.Les réformes sociales, économiques, hygiéniques, etc.que l'on avance pour préconiser le droit de suffrage chez les femmes peuvent aussi bien être obtenues grâce à l'influence des organisations féminines, en marge de la politique.J'oserais même ajouter que la femme a plus d'influence par la libre action extérieure que si elle était enrégimentée dans les cadres de nos partis ou stabilisée dans les fauteuils législatifs.(.) Il est incontestable que certaines évolutions sociales peuvent inviter la femme de nos jours à jouer un rôle extérieur.Mais en dehors de l'arène politique, un vaste champ ne s'ouvre-t-il pas à l'activité et aux dévouements féminins?Pour toutes les femmes que le devoir familial n'absorbe pas entièrement, il y a une multitude d'oeuvres qui sollicitent leur action et leur concours.Dans ce domaine elles peuvent faire, elles font un bien immense.Et en y consacrant leurs efforts, leur intelligence et leur coeur, elles acquièrent tous les droits à l'admiration et à la reconnaissance de notre société canadienne.Qu'importe après cela ce refrain qu'on nous répète en guise d'argument péremptoire: «La province de Québec n'a pas le suffrage féminin.» Ce refrain est assurément une vérité, mais cette vérité a été jusqu'ici tout à l'honneur de notre province.Pourquoi faudrait-il que cette dernière fut.en tout point, semblable aux provinces-soeurs?Il est très certain que notre chère province de Québec possède des traditions, des coutumes, des institutions que l'on ne retrouve pas dans les autres provinces canadiennes.Dieu merci, le Canada français n'a pas à rougir de ces disparités.(.) r I A B8 LA PRESSE, MONTREAL, SAMED114 MARS 1992 Ce policier australien, le visage peint en noir et une corde au cou, se moque d'un détenu aborigène retrouvé pendu dans sa cellule il y a quelques années.Limage provient d'un video tourné lors d'une fête de police.photo reuter Racisme à l'australienne: une «honte nationale» Rcutcr SYDNEY B Le premier ministre australien Paul Keating a qualifié hier de « honte nationale» un film vidéo amateur montrant deux policiers tourner en dérision la mort d'un aborigène en détention.Le film, diffusé jeudi soir par la chaîne de télévision ABC, a été tourné pendant une fête de la po-lice locale d'Eromanga, dans l'État du Queensland, en 1989.Le visage peint en noir, une corde passée autour du cou.les deux policiers se font appeler Lloyd Boney et David Gundy.Lloyd Boney, un aborigène de 28 ans, s'est pendu dans sa cellule en 1987.David Gundy, aborigène lui aussi, a été abattu lors d'un raid de la police à son domicile de Sydney en 1989.«|e demande aux Australiens comment ils peuvent être fiers d'eux-mêmes quand nos valeurs sont à ce points avilies» , a déclaré Paul Keating lors d'une conférence de presse consacrée au sujet.«Nous devons extirper le racisme de chaque recoin de ce pays.» «Ce n'est pas un incident isolé» , a de son côté estimé Charles Perkins, aborigène et ancien chef du département des Affaires aborigènes, estimant que le film reflétait un racisme profondément ancré dans la société australienne.Le chef de la police de Nouvelle Galles du Sud, à laguelle appartiennent les deux policiers, a présenté ses excuses aux parents dc^ victimes et ordonne de limiter les fonctions des deux agents dans l'attente des résultats d'une enquête.Une commission enquêtant sur la mort de 103 aborigènes en détention a récemment conclu que ces morts résultaient de l'inégalité sociale et de mauvais traitements de la police.TRAITEMENT FACIAL, SOINS DES MAINS ET MAQUILLAGE, AVEC PLUS DE 15 PRODUITS ADRIEN ARPEL ET UN EENSEMBLE DE PINCEAUX EN PRIME! ***** Fait à partir de produits à base naturelle, votre traitement facial comprend: Désmcrustation en douceur de la peau.à l'électrobrosse.Traitement exfoliant à base de végétaux.Électro-aspiration de la peau.\u2022 Massage ratferm.ssant du visage et du cou.\u2022 Masque chaud, pénétrant lepiderme.\u2022 Traitement en trois étapes pour les mains \u2022 Maquillage complémentaire Notre artiste-maquilleuse choisira les nouveaux colons de la saison qui vous conviennent le mieux, ensuite, vous n aurez qu à les emporter chez vous! 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