La presse, 16 février 1992, C. Livres - Arts et spectacles - Galerie d'art
[" Arts et spectacles Galeries d'art Cilles Marcotte souffre de l'écriture.Gilles Marcotte a été photographie chez Archambault Musique à l'occasion de la sortie chez Boréal de L'Amateur de musique, un recueil de ses chroniques rédigées pour la revue Liberté.PHOTO JEAN GOUP!l.Li Presse LUCIE CÔTE collaboration spéciale Hi aigre une pratique de l'écriture longue de 50 JH ans.maigre ses nombreuses publications, 'ff H souvent primées, Gilles Marcotte cloute toujours de son travail.Depuis, en fait, ses études au séminaire de Sherbrooke, alors qu'il demandait à son professeur de philosophie si Ton pouvait être un intellectuel sans écrire.«j'avais eu une angoisse, écrire réapparaissait alors impossible.Et encore aujourd'hui d'ailleurs, confie-t-il, alors que parait L'Amateur de musique, publié dans la collection Papiers collés chez Boréal, qui rassemble ses chroniques rédigées pour la revue Liberté.« Pour moi publier un livre c'est une merveille.Un éditeur qui me publie me fait un cadeau extraordinaire.Quand je tiens dans mes mains un livre nouveau, je suis tellement fier.Parce que pour moi ça tient toujours de l'impossibilité.l'ai toujours conservé de ma jeunesse cette impression que je ne pourrais jamais écrire un livre.» Mais ne sait-il pas maintenant qu'il est un écrivain?«Non, je ne le sais pas.J'ai des doutes, j'aimerais», avoue sans rire Gilles Marcotte, qui est tout à la fois romancier, critique, essayiste et directeur de projets d'envergure comme son Anthologie de la littérature québécoise.«C'est vrai que j'ai pratiqué tous les genres sauf la poésie, jamais! Sauf un poème écrit en rhétorique, concède-t-il.C'était affreux.La poésie pour moi c'est l'impossibilité absolue.«Le titre que je convoiterais, c'est celui de prosateur, j'aime beaucoup par exemple les essais du poète Yves Bonnefoy, Montaigne, et Bossuet que j'ai pratiqué récemment, un très grand prosateur qui a été ma première admiration littéraire.Ma première extase littéraire a été son Sermon sur la mort.» Comment Gilles Marcotte arrive-t-il à écrire, avec ce.doute qui ne le quitte pas?«Ce sont les circonstances, toujours, qui ont joué un rôle énorme dans ma vie.Et c'est la fuite en avant, je suis très peureux, alors je me sauve dans cette direction.L'écriture c'est affreux, il faut souffrir, c'est ce que je dis à mes étudiants.Vous vous mettez devant ça et vous faites ce que vous pouvez.«Pour moi il faut que ça se distribue sur du temps, je commence un jour, j'y pense, j'y reviens un autre jour.Écrire c'est un mélange de passivité et d'activité.Quand ça vient de très creux, l'important est de laisser tomber les barrières et de laisser venir les choses.» Gilles Marcotte a donc encore la joie, ces jours-ci, de palper un autre livre tout neuf.«Quand vous faites un livre comme L'Amateur de musique, indique-i-il, expliquant sa méthode de travail, ça change à peu près tout, même quand vous écoutez un ^.disque.11 y a quelque chose dans votre subconscient qui vous dit qu'il y aurait peut-être une idée quelque part, mentionne celui qui a gardé ses réflexes de journaliste.SUITE A LA PACE C 2 Pierre de IVIIc-friiillr L'ennemi intime vùi \\m.'>\\:.Denis Monière INDEPENDANCE » 11 ii Quthtc'Amérique * \u2022\u2022\u2022\u2022 ¦ - *f *% -4 ê s.Hélène Monette ét rhatouillemencï r -\u2014Jeanne se rendit au Parc LaFontame écouter * rjT Ti\"7 A NT DïCDDC WlIT uni MV Un roman inoubliable dans le Montréal d'autrefois avec ses guehilloux, ses marchands de glace, Dupuis & Frères, le Palais des Modes.ai \u2014» Iihvç|\\F>q)i^sKHï C2 LIVRES LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 16 FEVRIER 1992 Courrier des arts Ubu puéril ¦ Nous nous demandons bien vers quoi se dirige le théâtre au Québec.Le 22 janvier dernier, nous assistions, dans le cadre des matinées réservées aux élèves du cours secondaire, à la représentation de la pièce Ubu Roi d'Alfred Jarry.Nous tenons à vous exprimer notre grande déception: nous avons très nettement ' éprouvé le sentiment d'avoir été trompées.Trompées, tout d'abord, par l'approche puérile du metteur en scène, monsieur Daniel Roussel qui n'a, voulant peut-être profiter d'un jeune auditoire, qu'effleuré le sens tragique de la pièce.Que penser, par exemple, du fait que les rôles ,des comédiens secondaires étaient mieux rendus que les rôles des comédiens principaux?Nous n'avons que très peu retrouvé dans le personnage dé- .fendu par monsieur Marc Fa-vreau, la tyrannie, le despotisme, la bêtise lourde de sens, en un mot, le monstre UBU, tel que \"défini dans les Cahiers de la ;nct.trompées, également, par ^'esprit tordu du metteur en scè^ ne et nous voulons signaler ici la gratuité éhontée et «hénaur-rHé» des gags à caractère sexuel.'\"\"/.'J Y£ de ^obsession quelque part et ce n'est peut-être pas du côté \"dés'adolescents.Certes, quelques aspects positifs ont surgi çà et là, côté musique, notamment.Mais quand \"oï'Tsait que la vocation de la ~~NCT est de promouvoir le caractère éducatif du théâtre, s'impose alors le constat suivant: nous n'avons rien appris sinon que bien souvent les metteurs en scène québécois se servent des textes pour séduire complaisam-ment le public, plutôt que de ¦ servir le texte.Et c'est bien dommage.Corinne BOSSÇ Marie-Claude CÔTE Isabelle LÉTOURNEAU Marie-Claude NADEAU Élèves de la 5e secondaire au Collège Regina Assumpta Montréal Êxit Studio Libre ES Studio Libre va quitter l'antenne au printemps.Faut-il vraiment s'en étonner?Voilà une émission qui faisait l'effort \u2014et qui réussissait la '.plupart du temps\u2014 de dire des Choses, d'aborder des questions diversifiées de façon intelligente et posée, de présenter des artistes de qualité dans toute la gamme de l'expression artistique et qui n'étaient pas systématiquement des plugs bebêtes.Mais le ton, madame Chose, le ton ! Qu'est-ce que c'était que cet animateur qui laissait parler ses invités, ne «criaillait» jamais et ne faisait même pas de grimaces pour nous faire rire?Quel emmerdeur! Allez, vivement, remplacez-moi ça par Les Anges Détecteurs de Détectives et allez me chercher Coallicr pour animer, vous allez péter les cotes d'écoute.(Puisque tout le monde paie pour Radio-Canada, ne devrait-il pas y en avoir un peu pour tout le monde dans la foutue programmation, non?) André MAILHOT St-Étienne de Bolton Marci Mario ¦ Suite à un article paru le vendredi 31 janvier 1992 dans le quotidien La Presse, article signé par M.Mario Roy, je ne pouvais laisser passer sous silence ce texte d'un goût très amer.Ce texte était une critique de spectacle dont la «cible» était la formation Marci Gerry.Après avoir fait une tournée dans plusieurs régions du Québec, applaudie par plus de 100 000 spectateurs et où tous les résultats furent explosifs, la formation Marci Gerry fit son entrée à Montréal et ce, au club Metropolis, le 29 janvier dernier.La critique fait partie du domaine des artistes, c'est connu, correct et nécessaire.Mais de là à faire non pas une critique mais la destruction totale d'un spectacle, il y a anguille sous roche.11 y a beaucoup d'affirmations dans votre texte M.Roy qui sont fausses.Nous avons des preuves visuelles et sonores, en plus de milliers de spectateurs qui peuvent contrer vos écrits.Je n'ai pas à justifier la qualité du spectacle de Marci Gerry.Ce que je veux, c'est que les lecteurs sachent que vous avez écrit un article de salissagc (.) dans le but unique de détruire ce spectacle honnête.Au sujet de l'article comme tel, lorsque vous dites que le batteur s'enfarge dans le contretemps de Deux aut' 6/éres, (.), la bande sonore est plus honnête que vous.Retrouver le vrai son de la Hammond dans les disquettes d'un échangeur numérique s'avérait aussi très difficile pour le claviériste parce que c'est impossible M.Roy.Lorsque vous mentionnez que le chanteur est bâti comme une armoire normande, cela n'a rien à voir avec la qualité d'un spectacle.(.) Vous êtes sûrement sorti après le spectacle avec une mine lugubre, comme vous le dites.(.) Laissez juger les meilleurs critiques, soit les spectateurs qui ont vu ou qui auront l'opportunité d'assister à un spectacle de la formation Marci Gerry.Les preuves sont faites M.Roy.Si vous avez encore une mine lugubre, gardez le lit et buvez beaucoup de liquide.Sylvain LÉVESGUE, .impresario, formation Marci Gerry Il n'y a pas que Rémi Duval.H Depuis septembre, notre chère Louise Cousineau fait la promotion du téleroman Jamais deux sans toi et de son maître à penser, notre gourou national, M.Guy Fouinier.Chaque semaine, dans sa chronique, nous sommes invités à ne pas rater cette émission, la trouvaille du siècle, le summum de l'excellence.Elle nous prévient même que février va être long, sans Rémi Duval! C'est tout dire.Mme Cousineau veut imposer ses goûts à la Belle Province.Elle feint d'ignorer ce qui se fait ailleurs ou ne le signale que pour formuler des critiques négatives.Mais là où ça devient intolérable, c'est quand elle consacre une demi-page de La Presse à «Rémi Duval et compagnie», avec comme titre, «Les dessous de la féministe».C'est l'extase pour Mme Cousineau! Elle nous raconte une émission au complet et en détail, au cas où on l'aurait manquée.Elle nous fait partager son adoration pour Guy et ses personnages, écoutez-bien: «personnages délicieux, ce malin de Fournier, subtil, extraordinaire, magique, génial, raffinement unique».Par trois fois, elle avoue avoir pleuré.Quand on est aveuglé par les larmes, comment peut-on avoir du discernement ?Tout le monde comprendra que madame est devenue hystérique.Séchez vos yeux, et reprenez le contrôle de vous-même chère Louise, les larmes ne sont pas bonnes conseillères.Je reconnais que les comédiens de lama is deux sans toi sont excellents et que Monsieur Fournier sait être amusant, mais par bonheur, le talent fleurit aussi ailleurs.Prenons Cormoran de C.Gauvreau, ce téléroman à saveur historique, rempli d'humour, qui est joué magnifiquement par des acteurs chevronnés et qui nous révèle par des images saisissantes la belle région de Kamouraska.11 y a aussi Marilyn de Mme Payette qui a du piquant et de l'audace dans ses intrigues et qui nous accroche par la justesse de ses propos.Et ce, pour ne mentionner que ceux-là.Madame Cousineau, à trop en mettre, vous nuisez à ceux-là même que vous voulez élever au temple de la renommée.Vous perdez toute crédibilité auprès de vos fidèles lecteurs.|e crie donc à l'injustice pour les auteurs et les comédiens des autres léléromans, et pour les lecteurs de La Presse qui ont droit à une information objective.Pauline DRAPEAU Brossard À la défense de l'OM ¦ Lundi, le 3 février, j'ai eu le plaisir d'assister au concert présenté par l'Orchestre Métropolitain.|'ai aimé ce concert donné sans ostentation et avec autorité par le chef Jacques Bcaudry.À mon avis, ce fut une performance de grande classe.J'ai particulièrement apprécié l'unité et l'application des musiciens dans l'exécution brillante d'oeuvres qui ne sont pas faciles à interpréter.Quelle ne fut pas ma surprise de lire dans le journal La Presse du 4 février, une critique très négative présentée par le dénommé Claude Gingras.Son appréciation m'a rendu perplexe car elle n'est pas conforme aux faits.La salle a répondu avec enthousiasme et sans hésitation, l'admets que cette salle n'était pas remplie que par des critiques musicaux mais elle a quand même manifesté une réponse instinctive à ce qui est beau et bien.Sans vouloir passer un jugement ex cathedra sur le compte- Une première au Québec dans le milieu médical! Denis Goulet et André Paradis Trois siècles d'histoire médicale au Québec Cette chronologie des institutions et des pratiques médicales, de 1639 à 1939, nous apprend comment les générations qui nous ont précédés se soignaient et faisaient face aux grandes épidémies.Pour la première fois, initiés et profanes trouveront rassemblées dans un même ouvrage \u2014 fruit de plusieurs années de recherche \u2014 des données, jusqu'ici éparses, sur trois siècles de pratique médicale.Marie-Andrée Beaudet Langue et littérature au Québec 1895-1914 Un essai fondamental qui éclaire le présent «J'ai compris à travers ce livre qu'au Québec la langue dévore la littérature.»» Jean Larose En toutes lettres, Radio-Canada i -530 pages/23.95$ ; Une adaptation théâtrale d'un des plus beaux 'S romans de la littérature québécoise VNDRl BROCHU Le singulier pluriel i ».>: lin .\\ihin Il MUftl'.JeanSalvy Beauté baroque \u2022 m i » * S'inspirant de la thématique surréaliste, Jean Salvy vient de réussir une merveilleuse adaptation du roman de Claude Gauvreau, Beauté baroque.Trois personnages incarnent tour à tour toutes les nuances de l'amour, allant du béguin adolescent à la passion sensuelle la plus fougueuse.Une œuvre théâtrale à la hauteur du talent de Claude Gauvreau.J«.il .>4l*V nBBHBBBBDRB 232 pages/19,95$ 1 224 pages 122,95 $ André Brochu Le singulier pluriel Une analyse de «l'écrire québécois»» Des études rigoureuses sur des œuvres de Rina Lasnier.Claude Gauvreau.Paul Chamberland.Claude Beausoleil.Anne Hébert, André Major, Gabrielle Roy et d'autres.rendu de Claude Gingras, il me semble être explicable par une mentalité de chapelle qui ne veut pas accepter qu'il peut y avoir excellence ailleurs que dans celle à laquelle on est inféodé.Paul DOUCET Richelieu Vive la critique! ¦ Madame Louise Cousineau, Quelques mots pour vous dire combien mon épouse et moi-même apprécions vos chroniques régulières dont le contenu rejoint souvent l'opinion que l'on s'est faite de tel ou tel programme, fe pense tout particulièrement à vos articles récents sur Scoop et Montréal Ville Ouverte qui étaient très à propos.Vous avez critiqué, et ce avec raison, la mollesse du language de Roy Dupuis (marmonne que vous dites).À ce propos, étant absent le soir du 22 janvier j'ai enregistré l'émission sur magnétoscope et, lors du visionnement subséquent, j'ai dû à plusieurs reprises reculer la cassette pour essayer de comprendre ce que cet acteur (fort capable d'ailleurs) disait, assez que mon épouse et moi-même nous demandions si on avait des problèmes d'ouie.Nous sommes heureux de constater que vos critiques ont été prises en considération et que le son sera amélioré à compter du.7e épisode.Continuez votre bon travail et merci d'être notre lien avec les gens du métier.J.André MORE AU , - \u201e_ Montréal ¦ Les lettres destinées au Courrier des arts doivent être claires, concises et signées du nom complet de leur auteur.LA PRESSE se réserve le droit de les abréger.Adresser toute correspondance comme suit: La boite aux lettres, LA PRESSE, 7 rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9.Beauté baroque MÊâ afl 126 pages/14,95$ Pierre de Bellefeuille L'ennemi intime Les Québécois contre eux-même Le franc-tireur à la verve intraitable analyse le destin d'un Québec ««entre deux rêves» et dans son combat pour la langue.Il reste fidèle à l'idée de l'indépendance et s'en prend au Parti québécois comme à la SSJB de Montréal qui prennent des engagements «mous» ou «hésitants».Un livre polémique, militant, intelligent.»*M*'r .!< ft t.ii ii.ll.L'ennemi intime s4» ¦ 194 pages/19,95$ vlb éditeur La petite maison de la grande littérature i ne hwloin* de I a Koldui 1^r,.(.«.(.'I.lilt Paroles de chansons Richard Desjardins 14.95$ Une histoire de La Bolduc Pierre Day 14.95$ I ml /min lui» La traversée Hotuan v - Gilles Marcotte et ses bonheurs de mélomane.SUITE DE LA PACE C1 «Contrairement à un critique musical, je ne suis pas commandé par l'événement, mais il me faut trouver une idée qui à la fois touche la musique et plus que la musique, qui ait un rapport avec la vie en général.» Le chroniqueur raconte donc ses soirées au concert, à Topera, rend compte de ses lectures, évoque ses goûts, sa naïveté parfois, fait partager ses bonheurs de mélomane, avec, souvent, beaucoup d'humour.Un humour dont il fait aussi profiter ses interlocuteurs dans la conversation, avec des phrases terribles lancées à brûle-pourpoint, par exemple: «Chaque fois qu'on écrit que la critique, unanime, est enthousiaste, ça m'exclut».Des formules réjouissantes, qui frappent l'imagination, une habitude qui lui vient de l'enseignement, souligne-t-il.On l'imagine pourtant très sérieux.«Oui, je sais, j'ai une terrible réputation, soupire-t-il, faussement désolé.C'est fondé en par-tic.)'ai toujours l'impression qu'il y a deux homme, en moi, comme dirait saint Paul.l'aime beaucoup l'humour.l'aime en lire et j'ajme en faire, mais c'est délicat, l'humour.Ça implique aussi une certaine déception devant l'existence.L'humour est une façon de célébrer ce qui est perdu.» Une façon, aussi, de mettre de l'animation dans les cours, ce dont ne se prive pas Gilles Marcotte qui est venu tardivement ù renseignement, à 40 ans.11 enseigne la littérature depuis plus de 25 ans, au département d'études françaises de l'Université de Montréal, après avoir été un temps réalisateur, à l'ONF et à Radio-Canada, mais surtout journaliste.«Tout m'est arrivé par hasard.(filles Miiivoiir I.AMATI-l \\\\ m.MUSIQUE lit uval je laisse faire les choses, observe-t-il pour expliquer son changement de carrière.Mais j'aurais voulu rester toute ma vie à La Presse.J'aimais ça, j'étais très heureux dans le journalisme.C'est un métier auquel je reste profondément attaché.On me dirait de redevenir journaliste culturel pendant un an et j'irais», assure Gilles Marcotte qui a démissionné de La Presse par principe, au congédiement de Gérard Pelletier.Depuis dix ans, environ, il tient tout de même une chronique consacrée au roman québécois dans L'actualité.«Ce qui a du succès actuellement, résume-t-il sans y mettre de méchanceté, ce sont des romans écrits avec exagération, flyés, pour parler comme à la télé française, où il y a beaucoup de mots, qui donnent une espèce de fausse impression d'être bien écrits.Mais quand vous allez voir dans le détail, vous découvrez des choses effrayantes.» Best-sellers de Editions québécois* Fiction (romans) 1 Soleil noir Paul Ohl\tÎS Québec-Amérique\t(14) 2 L'Ogre de grand remous Robert Lalonde\tSeuil\t(2) 3 L'Obéissance Suzanne Jacob\tSeuil\t(8) Essais 1 Mes premiers ministres Claude Morin\tBoreal\t(13) 2 Une femme Alice Parizeau\tLeméac\t(5) 3 Les ailes de l'amour Johanne Warren\tMortagne\t(1) Editions étrangères Fiction (romans) 1 Tous les matins du monde Pascal Quignard Gallimard\t\t(2) 2 Long dimanche do fiançailles Sébastien Japrisot\tDenoei\t(6) 3 La séparation D.Franck\tSeuil\t(D Essais 1 Les Jésuites J.Lacouture\tSeuil\t(7) 2 Jamais sans ma fille Betty Mahmoody\tPresse Pocket\t(22) 3 État du monde '92 En collaboration\tBoréal\t(13) Livres pratiques 1 Guide de l'auto '92 Duquet/Lachapelle\tL'Homme\t(9) 2 Guide du vin '92 Michel Ptianeuf\tL'Homme\t(8) 3 Petit Larousse Illustré En collaboration\tLarousse\t(2) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Champigny, Demarc, Ducharme, Le Fureteur (St-Lambert), Gallimard.Garneau (Québec).Guérin, Hermès, René Martin (Joliette).Monet.Le Parchemin, Payette (Sherbrooke).Guy Poirier (Trois-Riviéres).Raffin, Renaud-Bray, Sons et Lettres, Village-Cartier (Hull).W.H.Smith & Classic.\t\t \t\t La traversée Paul Zumthor 24.95 $ Nelligan revisité Gérald Godin 9.95$ LIVRES LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 16 FÉVRIER 1992 C3 En quelques lignes AGATHA CHRISTIE 3 I320ttm warn* Aj-.iU.tC-UUAffi: i .I/JJ ;f flAMSlÀy giqucs, les chiens a la taverne déçus parce qu'ils n'ont pas le droit de faire danser un facteur à leur table.Mais l'ensemble manque un peu de finesse.Et les quelques fautes d'orthographe sont définitivement en trop.Sonia Sarfati Le milieu littéraire et le droit d'auteur N \\ '.'3 Agatha fantastique ¦ # élégante intégrale b d'Agatha Christie, que Le Masque édite dans une nouvelle traduction enfin complète et dotée d'un appareil critique judicieux, aborde les années 1930 qui, à tous égards, furent une période faste pour la célèbre «Duchesse de la mort».Tout en accompagnant régulièrement son archéologue de mari, Max Mallowan, sur des sites de fouilles en Irak, Syrie et Palestine, elle trouva le temps d'écrire 17 romans et sept recueils de nouvelles.Y figurent la majorité de ses chefs-d'oeuvre : Le crime de l'Orient-Express, ABC contre Poirot, Cartes sur table, Dix petits nègres.Mort sur le Nil, etc, rassemblés dans les tomes 4, 5 et 6 qu'on attend avec impatience.En plus de deux honnêtes Poirot (La Maison du péril et Le couteau sur la nuque), le tome 3 offre, quant à lui, un aspect méconnu d'Agatha Christie: son attirance pour le fantastique, le surnaturel, les phénomènes psychiques.Ces éléments servent de moteur au roman Cinq heures vingt-cinq, ainsi qu'à deux recueils de nouvelles parmi les préférés de l'auteur: Le mystérieux Mr Quinn et Le Flambeau.Les treize nouvelles de Miss Mar-ple au Club du Mardi montrent enfin la perspicace tricoteuse au sommet de son art.Gilbert Grand INTEGRALE AGATHA CHRISTIE TOME }.1248 pages.Le Masque, Librairie des Champs Elysées.009 WONIANORY Safarir en photobédévision ylvain Bolduc, éditeur de la revue Safarir, en parlait depuis longtemps.C'est maintenant fait.Devenu «producteur» pour l'occasion, M.Bolduc vient de lancer le premier volume de ses Contes épais et bizarres.En photobédévision.Pour les non-initiés, expliquons que si, au premier coup d'oeil, une revue en photobédévision ressemble à un photoroman, il n'en est rien.Ainsi, des croquis sont réalisés pour chaque page avant qu'une photo soit prise, ce qui produit une présentation graphique semblable à une BD, explique M.Bolduc.Voilà pour la théorie.En pratique, Contes épais et bizarres contient deux récits: «Le puits aux 1000 souhaits» et «Baignade interdite».Tous deux mettant en vedette Yvon Landry, alias Jacques St-Jac-ques.Réussi, ce premier album du genre?Disons que l'idée a du potentiel.Certains flashes sont très drôles \u2014la visite d'une plantation.d'arbres généalo- Par et pour les jeunes ¦1 faut cesser de torturer des animaux en laboratoire.Il ne faut pas craindre de pleurer \u2014 ça fait du bien.Il faut installer des distributrices à condoms dans les écoles.Il faut que cesse la violence télévisée.Il faut protéger l'environnement.Ce sont quelques-uns des thèmes abordés dans je premier numéro du Magazine jeunesse, édité par le Salon international de la jeunesse, en collaboration avec le ministère de l'Éducation, Desjardins, le cégep de Jonquièrc et l'Université Laval.Ces thèmes, ils ressemblent à nos jeunes.ou du moins, à ceux de nos jeunes qui aiment prendre la parole.Ou la plume.Ce sont eux \u2014c'est-à-dire des étudiants de 4e et 5e secondaire qui ont choisi l'option journalisme pour approfondir leur connaissance du français\u2014 qui choisissent les sujets, et eux qui les traitent.À leur manière.Ainsi, concernant la cruauté envers les bêtes, Kathy Denon-court indique que «nos frustrations et nos maladies ne sont pas la faute des animaux mais bien notre irresponsabilité.Pourquoi se venger sur eux, alors que tout est de notre faute?Laissez en paix ces bêtes qui ne demandent qu'à être aimées et respectées».Tiré à 50 000 exemplaires.Le Magazine jeunesse est envoyé à tous les professeurs de français de la province.Les intéressés peuvent également s'y abonner.Sonia Sarfati Alain Peyrefitte .'fiA'tt V.At.-i^w UN CHOC DE CULTURES * La vision des Chinois Fayard L'expédition Macartney éprenant le sujet de L'Empire immobile, gros récit publié il y a trois ans, qui racontait l'échec de l'expédition de Lord Macartney, dont la mission, historique, est de tenter d'établir la première ambassade occidentale en Chine, au dix-huitième siècle, Alain Peyrefitte amorce la publication d'une trilogie.Un Choc de cultures.Les trois livres rendront disponibles les documents d'archives ayant servi à la rédaction de L'Empire immobile.Commençant par La Vision des Chinois, la trilogie comprendra aussi Le Regard des Anglais et L'Oeil des missionnaires.Trois versions d'une même histoire.Il s'agit, précédés d'une imposante préface de l'auteur, de textes rassemblés par Alain Peyrefitte et traduits par ses collaborateurs.La Vision des Chinois propose les 275 textes de la correspondance entre l'empereur Qianlong et ses hauts fonctionnaires, au sujet de l'expédition Macartney.Cette trilogie extrêmement spécialisée ne conviendra sans doute qu'aux historiens, aux étudiants ou aux lecteurs vraiment passionnés par cette expédition qui dura trois ans et qui témoigne d'une profonde incompréhension entre deux cultures.Lucie Côté LA VISION DES CHINOIS.Alain PeYrefitte, Fayard.Livres et Galeries d'art 2 to OC GU 3 Adjoint au directeur de l'Information: MICHEL C.TREMBLAY Chef de division : MARIO ROY Chef de section Evénements spéciaux: ALAIN DE REPENTIGNY Secrétaire de rédaction: FLEURETTE BÉLANGER Pupitre: NICOLE BEAUCHAMP.YVES DE REPENTIGNY.MONIOUE PRINCE Galeries d'art: RAYMOND BERNATCHEZ Littérature québécoise: Reginald MARTEL information générale: PIERRE vennat Collaborateurs réguliers: Essais: MARC ffRNAND ARCHAMBAULT Information gonérale: LUCIE CÔTE Littérature française: JACOUES foich ridas Ruman policier: GILBERT GRAND Littérature étrangère: CAROLE-ANDREE LANIEL Périodiques MARIE-FRANCE LEGER Bande dessinée : JOCELYNfc LEPAGE En traduction : CLAUDE MARCIL Livres pratiques : HUGUETTE ROBERGE Littérature, jeunesse : SONIA SARFATI Poésie GILLES TOUPIN REGINALD MARTEL ¦ Le plagiat n'est pas une jolie chose, tout le monde en conviendra, encore que ceux qui usent de ce raccourci soient généralement plus naïfs que méchants.Et il a, comme la plupart des péchés, des formes vénielle et mortelle.Vénielle pour le petit plagiat invisible, mortelle pour le plagiat reconnu et dénoncé.Le Petit Robert donne de la chose un exemple assez plaisant: «Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté la premiere, qui d'ailleurs est inconnue.» C'est de lean Giraudoux.Eh oui! Les idées neuves sont rares et les mots, en nombre limité.Quelques faits récents obligent le milieu littéraire québécois à se faire attentif aux atteintes au droit d'auteur.Aux éditions du Septentrion, un auteur s'est inspiré très largement d'une oeuvre de Georges Simenon pour rédiger son roman sur les Événements d'octobre 1970.Il y a quelques jours, l'éditeur de QuébecA-mérique se trouvait a son tour dans l'eau bouillante: l'auteur d'un best-seller de la maison avait involontairement confondu, au moment de la rédaction de son livre, notes personnelles et citations d'oeuvres lues.C'est bien possible.Le cas le plus grave, pour les conséquences qu'il peut avoir, concerne les jeunes éditions JCL de Chicoutimi.L'affaire remonte à quelques années déjà.Un auteur de cette maison avait fait à deux oeuvres de Mme Marcelyne Claudais des emprunts assez évidents pour que celle-ci s'en aperçût.Le livre des éditions JCL a été retiré du marché et les choses auraient pu en rester là.Certes, il y a eu violation du droit d'auteur, mais l'éditeur n'y était pour rien.Aujourd'hui, un jugement de cour menace l'existence de son entreprise, unique au Saguenay-Lac Saint-Jean.Petite parenthèse ici, pour ceux qui ne sont pas familiers avec le monde de l'édition: les auteurs et éditeurs sont liés par contrat.Un contrat qui assure l'éditeur que l'oeuvre soumise par l'auteur est originale.C'est la moindre des choses.Mais, dira-t-on, comment un professionnel de l'édition peut-il ne pas s'apercevoir qu'une oeuvre est un plagiat plus ou moins poussé?Que ceux qui ont tout lu et tout retenu jettent la premiere pierre.Tenez: on a lu récemment qu'un loustic français, qui avait soumis à des éditeurs des textes de Rimbaud, a vu ses textes refusés.Lt ce n'était pas pour cause de plagiat.|e reviens a l'exemple des éditions du Septentrion.Oui n'a pas lu un, dix ou cinquante romans de Georges Simenon?Pourtant, je n'ai rien remarqué! Un écrivain, qui venait peut-être de lire le roman plagié, a eu plus de flair ou de chance.C'est dire que la seule personne qui sache à coup sûr qu'il y a plagiat quelque part, c'est le plagiaire.Pris pas pris, il trahit la confiance de son éditeur et il méprise son public.Il y a une justice des hommes, elle n'est pas toujours humaine.Le président-directeur général des éditions JCL, M.Jean-Claude Larou-che, le sait désormais.Il a été condamné par le juge Yvon Pinard, de la Cour fédérale, à verser des dizaines de milliers de dollars à la maison de Mortagne, éditrice des oeuvres dont s'est inspiré la plagiaire.'1 ' Cette dernière étant insolvable, la responsabilité de son geste incombe donc tout entière, sur le plan juridique en tout cas, à l'éditeur qu'elle a abusé.C'est du moins ce que je comprends, et sans mettre en cause la science et la sagesse du juge.Devant la loi, la bonne foi ne constitue pas une défense suffisante.Parmi les redressements exigés de la partie défenderesse, il en est un qui non seulement menace la survie des éditions JCL, mais auss: celle de toute maison qui commettrait involontairement (ou sciemment) le même délit.Lisons attentivement ce passage du jugement: «Il importe de rappeler que les exemplaires contrefaits sont devenus la propriété de la demanderesse des leur confection ; cette dernière a donc le droit maintenant de se re- trouver financièrement dans la même situation que celle où elle se trouverait si ces exemplaires contrefaits n'avaient pas été détruits, mais lui avaient été délivrés ou remis.» Détruits.M.Larouche, comme tout éditeur responsable, a retiré du marché les exemplaires non vendus du plagiat.Et que fait-on de milliers de bouquins invendables?On les garde en souvenir ou on les détruit.«l'estime, écrit M.Pinard, que la demanderesse a droit au montant requis de 51 929,50$, soit le montant correspondant au prix de detail admis de 12,95 $ pour chacun des 4 010 exemplaires contrefaits imprimes et non vendus.» Si M.Larouche, confiant dans le succès de son livre, avait décidé d'en imprimer dix fois plus et d'en détruire tout autant, il devrait donc aux editions de Mortagne quelque chose comme un demi-million de dollars; et si, porté par le même enthousiasme, il avait fixé le prix de détail a 24,95 $?Il est difficile d'autre part d'imaginer que la valeur du droit d'auteur puisse représenter la totalité du prix de vente au detail d'un ouvrage, prix qui tient compte pourtant d'éléments tout autres, dont les coûts de fabrication et de distribution et la commission du libraire.Habituellement, la partie des droits d'auteur qui appartient a l'auteur représente dix pour cent du prix de vente au détail.La cause est portée en appel.Ce sera peut-être l'occasion, si le juge qui présidera le procès interprète autrement les lois existantes, d'un jugement différent, qui pourrait devenir jurisprudence.Il faut souhaiter cette heureuse issue à toutes les maisons d'édition, même les éditions de Mortagne.Sinon, il sera urgent que le législateur protège les éditeurs (qui paient leur TPS comme tout le monde, et leurs impôts) contre les auteurs irresponsables et contre l'appétit de collègues, lésés il est vrai, mais dont on comprend mal l'acharnement.(1): Je crois nécessaire de signaler ici que j'ai témoigne a ce procès a la demande des editions JCL.R.M.La parole abondante d'André Brochu LUCIE collaboration spéciale ¦ Dans l'une de ses dernières nouvelles, Le Divin âge, André Brochu a créé un personnage, Fabrice, qui, la cinquantaine venue, publie six gros recueils de poèmes en quatre ans.LITTÉRATURE QUEBECOISE L'auteur n'est pas vraiment en reste, lui qui, devenant aussi quinquagénaire cette année, a fait paraître, depuis 1990, deux recueils de poèmes, une novella, La Croix du Nord, prix du gouverneur général 1991, un recueil d'essais critiques et ce nouveau recueil de nouvelles, L'Esprit ailleurs.Ce sont des nouvelles assez longues, au développement plutôt lent, à l'atmosphère fantastique teintée d'humour.André Brochu écrit souvent en se moquant de ses personnages.Dans la nouvelle éponyme qui ouvre le recueil, il reproduit, avec une virtuosité confondante, le discours universitaire, ridicule et très technique: «Le savoir éminemment capitalisable dès que ses éléments ont pris place dans une configuration épistémologique, connaît au préalable quelques moments d'extrême volatilité, d'autant plus grande du reste qu'il s'applique à des objets concrets et, pour ainsi dire, observables, alors que les êtres mathématiques bénéficient d'une période limbaire beaucoup plus courte et souvent proche de zéro».Rien que ça.Une chute farfelue Dans cette nouvelle consacrée au comportement amoureux des kangourous femelles, la très grande importance que prennent des événements insignifiants et la chute, pour le moins farfelue, sont amusantes.Dans La Berlue et L'Homme qui entendait «toc!», les deux autres nouvelles les plus réussies \u2014 le recueil en compte sept \u2014 les rapports amoureux ont inspiré l'auteur, jamais à court d'imagination.Par exemple, dans La Berlue, une femme retrouve Sébastien, son mari fantôme, mort depuis deux ans et qui est aux prises avec la « berlue» qui le prive de la moitié de lui-même.André Brochu semble s'être bien diverti en écrivant, intervenant souvent dans ses textes, soulignant par exemple avec entrain : «Et c'est ici que le réalisme, pen-sera-t-on, en prend pour son rhume!» On peut toutefois un peu s'interroger sur quelques remarques qui font un peu sursauter, même s'i! s'agit de textes de fiction, surtout comme ici, où ce n'est pas le personnage qui parle: « La vie conjugale comporte une menace d'encroûtement.Les règles, a dit un juge, c'est comme les femmes; elles sont faites pour être violées.» Si on n'a pas une prédilection pour l'au-delà ou le futur, les nouvelles très bavardes L'Entretemps \u2014 dont la narratrice est déjà morte \u2014 et Le Divin âge \u2014 dont les personnages, mesurant 40 centimètres, sont bicentenaires et vivent au vingt-deuxième siècle \u2014 sembleront sans doute beaucoup moins intéressantes que les autres.Mais les lecteurs qui aiment la parole abondante seront sans doute ravis par ce recueil._ L'ESPRIT AILLEURS.Andre Brochu.Montreal.XYZ.collection L'Ere nouvelle.1992.134 pages.André Brochu vient de publier un recueil de nouvelles, L'Esprit ailleurs.> > Choeur de Sainte-Cécile Directeur artistique: Paul Jabara CONCERT A CAPPELLA de musique religieuse d'Europe de l'Est CE SOIR à 20 h Bfllets 20$ (en vente à U porte le soir du concert) m LE GRAND SÉMINAIRE g 2065, rue Sherbrooke Ouest £ ¦ H, ¦ COURSE DESTINATIOM MONDE J'oi regarde l'émission du .rai préfère le Mr^ionse a Ici qi*ï ¦ 'Wfî' uuvision : ULYSSE LA IIBRAIRII DM VOYAGE AIR FRANCE ¦ ¦ » Société Radio-Canada \u201e LA COURSE DESTINATION MONDE CP.9080, bucc.A \u2022 Montréal (Quebec) ¦ M3C3P3 r^IClub Aventure ¦ J I « C4 IA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 16 FÉVRIER 1992 LIVRES Tout en lisant.JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale Théâtre et littérature Il y a un problème, avec le théâtre.Les récents événements du TNM mettent bien le doigt dessus, et je ne mettrai pas le mien, de doigt, entre l'excellent Reichenbach et les putehistes qui veulent être califes à la place du calife.l'évoque cela, qui n'est pas ici de mon ressort et dont mes excellents confrères vous parlent et vous parleront sans doute encore ( lean Beaunoyer, par exemple), simplement parce qu'il s'agit d'une illustration locale de l'éternel problème du théâtre-divertissement et du théâtre-littérature.Un homme, une femme, disons de 50 ans (nés vers 1960) ont-ils le droit d'avoir pu voir et entendre, au moins une fois, Sophocle.Shakespeare, Racine, Pinter.Kleist, dans leurs pays, dans leur langue?Ou si le théâtre d'amusement, celui qui rapporte des sous, a pris toute In place et laisse notre femme et notre homme dans l'ignorance la plus crasse des oeuvres classiques, littéraires, du théâtre mondial?Telle est ma question.Elle est ancienne.Déjà Copeau, Dullin, Vilar (pour la France veille) se la sont posée.Et d'autres en d'autres pays, Angleterre.Allemagne, Italie.Espagne, tant que vous en voudrez.Vilar, au Théâtre National Populaire (j'insiste sur Populaire) a donné à tous la possibilité de voir et entendre les chefs-d'oeuvre littéraires du théâtre mondial.C'est cela la culture, et la civilisation.La littérature, c'est aussi du théâtre.Ce n'est parfois que cela.C'était ma rubrique très spéciale et très rare, (heureusement) intitulée «Je me mêle de ce qui me regarde aussi ».6 Si vous aimez le théâtre, vous ne serez sans doute pas indifférents à la lecture de cette énorme brique \u2014 et double, ! de plus \u2014 que constitue le Journal de Jacques Copeau.Deux tomes, allant de 1901 à 1915 et de 191b à 1948 (Copeau est mort en 1949 ).Comme tous les journaux lit-! téraires, celui-ci ouvre une vie ; et ouvre une époque.Le lec-.teur pénètre dans un conte ; exotique, dans des situations que le meilleur romancier aurait du mal à inventer \u2014 la réalité dépasse souvent la fie-i tion \u2014 et s'engraisse de lieux, ; de personnages, d'aventures qui, au fil des années, le font vivre «hors de lui-même», tel que la vérité enfin le transforme.Voyeurisme, mais plus encore: plongée dans la fiction du vrai.On comprendra que j'aime les journaux d'écrivains.Celui-ci est passionnant.O .Théâtre?Littérature?Tenez, parlons de Tennesse Williams.Que l'on me pardonne d'y revenir, mais puisque j'y suis revenu!.Autant en faire profiter les autres.Apres les Nouvelles, puis les Mémoires, voici un livre de lettres adressées à sa grande amie de toujours.Maria St-Just.Avec les commentaires et notes de celle qu'il appelait « mon ange».Tennesse Williams! Probablement le plus grand écrivain de théâtre que l'Amérique ait produit.Chacune de ses pièces a été célèbre, chacun de ses titres sonne dans l'esprit de gens qui ne les ont peut-être jamais vues.Été et fumées.Une chatte sur un toit brûlant.Soudain l'été dernier.La ménagerie de verre.Un tramway nommé désir.Et Baby Doll (mais c'est un scénario de film).D'autres, que j'oublie sans doute.Williams, c'est le Sud massacré par l'affairisme du Nord.C'est le Sud malade, obsédé de sexe, qui se sent coupable sans savoir de quoi.C'est le monde des interdits, du puritanisme, des tabous, et du désir par-dessus tout.Tennesse Williams était fou, parfois interné et continuellement en psychanalyse.11 était alcoolique (encore que, dit Maria St-Just: «Tennessee était moins souvent ivre que ce qu'on croit parfois.Il n'était pas rare qu'il fasse semblant de l'être, ce qui lui épargnait de devoir faire la conversation»).Il était fermé comme une huître, drogué, refoulé, pédé (il utilisait ce mot lui-même, avec naturellement le sourire agressif).Mais pourtant, il savait aussi s'amuser, vivre, rire, en compagnie de ses amis sincères, qui ne furent pas nombreux.Sauvé par la littérature.Sauvé par le théâtre.Sauvé pour nous.Écoutez le policier qui remit à un ami.Mike, la valise de l'écrivain mort: \u2014 Je suis fier de porter sa valise.Alors Mike: «C'est vraiment triste, n'est-ce pas?» Et le policier: \u2014 Pas vraiment.Pensez à ce qu'il nous laisse.Ils ont des bons flics, parfois, à New-York.J'en suis a me demander si un tel livre n'en dit pas plus, beaucoup plus, que les propres mémoires de l'écrivain.C'est le récit d'une vie, enveloppée de l'amitié de cette femme.Maria, qui fut la seule personne à l'enterrement (!), et enveloppée aussi des très grands artistes qui surent, durant des années, aimer Tennessee.On aimerait avoir été de ceux-là.JOURNAL, par Jacques Copeau Deux tomes de 760 et 790 pages, dans un coffret, avec deux cahiers photographiques, editions Seghers.Pans.1992.A CINO HEURES.MON ANCE lettres a Maria St-Just (1948-1982) par Tennessee Williams, commentées par Maria St-Just.480 pages, relie toile, avec quelques photographies, editions Robert Laffont.Paris.1992.Mine de rien.LUCIE CÔTE collaboration spéciale M On s'amuse follement en lisant Leçon de chant, le second recueil de nouvelles de Constance Delaunay.LITTÉRATURE FRANÇAISE .Ses phrases sont le plus souvent extrêmement longues, mais jamais embrouillées.Chacun de leurs details a d'ailleurs son importance.Constance Delaunay a un sens de l'observation remarquable et elle rend admirablement la bi-/arrèté des gens, souvent atteints d'une logorrhée au stade terminal.Leur invraisemblable candeur, les énormités proférées imperturbablement, les vacheries débitées mine de rien ( moi, vous comprenez, ce n'est pas pareil), leur façon de s'interrompre tout à coup et de ne jamais finir leur phrase pour s'adresser à leur chat ou à leur voisine de table donnent à penser que si ces pauvres gens ne se taisent pas bientôt, ils risquent la camisole de force.C'est sans doute ce qui fait aussi la force de ces textes; ce déluge verbal n'est pas qu'un pur divertissement, bien au contraire.Comme si elle donnait du courage, un élan, l'espoir Insensé que certaines choses \u2014impossibles tant a taire qu'a dire\u2014 passeront inaperçues, ou tentait désespérément de masquer des failles, cette manière de parler trahit immanquablement un malaise, finit toujours par faire evcnier un secret, fourmi chaque fois des détails inti- mes sur les personnages qui sont parfois de dangereux désaxés.Ainsi la mort est-elle souvent présente dans ces réjouissantes nouvelles.Des fantômes reviennent sur les lieux qui leur sont familiers, un homme perd sa femme au cours d'une promenade, un autre convie une petite fille (il adore les petites filles) à ce qui sera son dernier goûter, la ca-marde apparaît à une femme au cours d'une cérémonie religieuse.11 y a dans ces 16 textes plutôt courts \u2014une dizaine de pages en général \u2014 une allégresse, une vigueur, un sens de la dérision qui ne se démentent jamais.Par exemple cette première phrase du recueil, dans Lettre à une amie d'enfance: Chère Emma, tu seras peut-être étonnée de recevoir une lettre de moi, bien qu'avec toi on ne sache jamais très bien, tu as toujours l'air de t'attendre à tout, mais quand il arrive vraiment quelque chose, c'est chaque fois comme si tu tombais des nues, bref il se passe quelque chose dans ma vie.Quelques-uns des textes sont donc des lettres (qu'on s'adresse à soi-même) ou des monologues, d'autres des dialogues (de sourds), très bien maîtrisés (l'auteur a déjà publié quatre pièces de théâtre).Il y a une unité de ton évidente et très agréable dans cet excellent recueii de nuuvciïcs; Une certaine recherche, aussi, qui peut faire penser au travail de Nathalie Sarraute, par exemple dans disent les imbéciles ou L'Usage de la parole, par cette façon de traquer les conversations, anodines seulement qu'en apparence, et d'en révéler tout le sens.LEÇON DE CHANT.Constance Delaunay.Pa ris Gallimard 1991 160 pages Le cauchemar de l'erreur judiciaire CLAUDE MARCIL collaboration spéciale ¦S l'avais vu le documentaire sur l'affaire Adams il y a quelques années.Comme tous les spectateurs, j'avais usé mon linge par en-dedans et j'étais sorti du cinéma avec un boulon, deux rondelles et quelques autres parties variées de mon siège.Le livre est enfin disponible.TRADUCTION 22 novembre 1976.une voiture de police texane se gare à quelques mètres d'une Mercury Cornet dont les phares sont éteints.Un des policiers sort, se dirige vers la voiture.Quand il arrive à la hauteur de la fenêtre, le conducteur l'abat à bout portant.Le policier Robert Wood meurt sur le coup.Sa collègue ne néussit pas à relever le numéro d'immatriculation de la Mercury qui démarre en trombe.La chasse à l'homme \u2014 intensive \u2014 qui s'en suit, conduit à l'arrestation de David Harris, seize ans, un long dossier judiciaire derrière lui, qui déclare à la police que le tueur est son compagnon Randall Adams, un journalier de 28 ans.Adams n'y comprend rien; il a rencontré Harris alors qu'il faisait du stop pour rentrer chez lui et.à la demande de celui-ci.ils ont passé la journée ensemble avant d'aller sagement se coucher.Le cauchemar commence.La justice n'a pas d'autres suspects, refuse de considérer le passé douteux d'Harris qui a l'avantage d'être texan alors qu'Adams est un étranger que personne ne connaît dans la région.Qui plus est.les psychiatres affirment qu'il est sociopathe.Le district attorney, un carriériste de la plus belle eau.manipule les témoins devant un juge indifférent et les policiers satisfaits.Adams est condamné à mort en 1977 par une sentence confirmée à l'unanimité par la Cour suprême.L'exécution qui doit avoir lieu le 5 avril 1979, est annulée trois jours plus tôt pour défaut technique dans la sélection des jurés, puis commuée en détention à perpétuité.Il se retrouve dans un pénitencier à sécurité maximale.Comme il l'écrit sobrement: «C'était là un environnement dangereux et nouveau pour moi, et il me fallait l'observer de très près.Ma plus grande crainte c'était que des problèmes me tombent dessus par inadvertance, ('allais être forcé de côtoyer des hommes à l'intelligence réduite, manquant pour la plupart du moindre sens moral, et dans certains cas fous à lier.Tout autour de moi.je le savais, grouillait un invisible arsenal de couteaux et d'armes diverses.» «On affronte plus facilement la peine de mort que la perpétuité.Au quartier de la mort, avec les grandes questions de l'existence à portée de conscience, on garde une certaine sensibilité à l'écoulement du temps.Pas ici.Dans la population générale, chaque morne journée ressemble à la suivante.Il faut un effort pour faire attention au calendrier, pour se rappeler le passage des semaines et des mois.Face à un nombre illimité d'années, en compagnie de brutes humaines, les sens s'émoussent, l'âme stagne.C'est tellement plus facile ainsi.Je ne pouvais rien faire pour recouvrer ma liberté, l'avais besoin d'aide, et je priais pour qu'elle vienne.» Elle arrive sous la forme d'Er-rol Morris qui préparc un film sur le docteur « Death » le psychologue des tueurs.Morris se passionne pour l'histoire d'Adams, étudie le dossier et est rapidement convaincu de son innocence.Son documentaire.The Thin Blue Line soulève l'indignation de millions d'Américains.Surtout que Morris a retrouvé la trace de David Marris.Depuis son témoignage, qui lui a permis d'être relâché sans problème, Harris a été arrêté plusieurs fois pour vols, cambriolages et condamné pour meurtre.Dans le documentaire.Harris avoue qu'Adams n'a rien à voir avec le meurtre du policier.Non seulement le film attire l'attention du public sur cette erreur judiciaire mais sert de pièce à conviction pour la revision du procès.Après avoir traversé un labyrinthe légal qui est un pur cauchemar et où les bonnes nouvelles suivent les mauvaises.Adams est libéré en 1988.après 12 ans de réclusion et comme il dit, après avoir passé vingt pour cent de son existence en prison.Au dos du livre qu'il n'a manifestement pas lu, un harlecoquin a écrit: «11 aura fallu aussi la rencontre d'une femme convaincue de son innocence pour que Randall Adams trouve l'amour et la force de se battre.» On donne la fausse impression d'une idylle, d'un amour né en prison et quoi encore, sans doute pour racoler quelques lecteurs.Les deux co-auteurs.dont William Hofcr qui a déjà écrit: Midnight Express et Jamais sans ma fille n'ont pas trahi les sentiments d'Adams.En effet, on ne lit rien de mesquin ou d'amer dans ces pages car, et c'est une surprise pour le lecteur, Adams n'est pas sorti aigri ou rancunier du pénitencier.Une pensée va hanter les lecteurs pendant longtemps; celle que les démunis, les mal-orientés, ceux qui ne peuvent se payer un bon avocat, peuvent être pris dans l'engrenage d'une justice qui, en plus d'être aveugle, peut aussi être sourde et muette.Le district Attorney qui a fait condamner Adams est toujours membre du Barreau.RANDALL ADAMS: L'ALLEE DE LA MORT ou Le Dossier Randall Adams, oar William et Marilyn Hofer, Presses de la Renaissance.1991.Le documentaire THE THIN BLUE LINE, de Er-rol Morrrs.est disponible a la Boite noire, rue Saint-Denis.Loin, très loin du monde de Maria Chapdelaine REGINALD MARTEL ¦ On aura appris, en lisant les nouvelles de la Belle que voilà., que tout Louis Hémon n'est pas dans Maria Chapdelaine.Certes, les quelques universitaires familiers de l'oeuvre savaient cela déjà: le célèbre roman a servi en quelque sorte de bannière aux partisans d'un Canada français ancré dans le passé et la résignation.Les deux romans réédités dans le tome premier des Oeuvres complètes, par les bons soins de l'universitaire M.Aurélien Boi-vin et des éditions Guérin.confirment la distance que pouvait prendre l'auteur par rapport aux attitudes conservatrices célébrées dans Maria Chapdelaine.Leur action est située, il est vrai, dans un tout autre monde.Tandis que Péribonka, au début du siècle, est un village relativement pauvre, vivant presqiie en autarcie et selon une organisation sociale qui ne favorise pas l'émergence de classes sociales bien marquées, l'Angleterre est encore une immense puissance commerciale, susceptible donc d'attirer dans sa capitale des paumés de l'intérieur et des autres pays, en quête d'une situation économique moins pénible.Leur rêve est vain, bien sûr, puisque les rigidités de la société anglaise interdisent tout à fait que soient en contact les riches et les pauvres, sauf dans l'étroit territoire où les seconds servent les premiers.Dans Colin-Maillard surtout, Louis Hémon a su décrire avec autant de passion que de précision la situation dramatique des'gagne-petit et des gagne-rien du tout que la solitude, la faim et le froid menacent sans cesse.Vaste faune que ceux-là, parlant toutes les langues du monde, mal résignés à un destin minable mais incapables, tant ils sont démunis, de seulement imaginer les contours de leurs rêves de promotion sociale.Le protagoniste Mike O'Brady est de ceux-là.Il a dû fuir Dublin, à cause dVun petit malentendu avec la police».C'est un être simple, plutôt costaud; il trouve un emploi, ce qui un temps lui suffit pour se sentir libre.Enchanté par sa nouvelle vie Iqn-donnienne, car il aime cette ville, il est vite déçu: d'une part, la mentalité anglo-saxonne lui échappe largement; d'autre part, ses espoirs amoureux sont contrés.La description de la ville et de ses habitants, le East Side surtout où le héros s'installe tout naturellement, est particulièrement réussie.Là comme à Péribonka, le regard du romancier paraît neuf et aigu, exempt pourtant de naïveté.En ce sens, la ville est elle-même un personnage de Colin-Maillard, le premier peut-être, puisque rien des gestes et attitudes des autres personnages ne serait probable en un autre lieu.On est séduit par cette dimension quasi documentaire, et absolument nécessaire, d'une oeuvre qui appartient tout de même, pour ce qu'elle a d'essentiel, au registre de l'imagination.Mais il n'y a pas que le décor physique, il y a aussi la réalité sociale qui n'échappe pas à un bér*s que ses origines irlandaises rendent assez ucide pour comprendre que la société ca taliste de l'époque est faite d'une masse d'opprimés et d'une minorité d'oppresseurs.Irlandais encore, et 6 combien! ce Mike O'Brady qui se laissera un moment séduire par l'éloquence de leaders socialistes, mais pas au point d'accepter que la révolution doive être pacifique et démocratique, empêchant ainsi de châtier au moins quelques méchants, juste récompense pour les hérauts d'un temps meilleur.Irlandais toujours, et porteur exemplaire de l'histoire de son peuple, cet homme qui sera embrigadé un peu maigre lui \u2014 il esi amoureux sans le savoir d'une riche zélatrice! \u2014 dans un mouvement religieux qui prêche la résignation sur cette terre en échange d'un vaste bonheur céleste.Se croyant converti, Mike ira écouter aussi les prédicateurs de la rue, dont la savante dramaturgie et les discours démagogiques sont assez semblables à ceux des preachers dé la télévision.Des gens plus éclairés que lui \u2014 et on devine que ceux-là disent la pensée vraie du romancier \u2014 ramèneront Mike h \\i\\ réalité.Hydleman par exemple, petit boutiquier chez qui fréquente O'Brady \u2014 il est amoureux de sa fille.\u2014 lui expliquera ce qu'on attend des petites gens dans la bonne société: qu'ils se débrouillent et qu'ils se taisent.Mike n'aura pas besoin de tels discours pour comprendre que les gens qui ont voulu le convertir à la foi sont des menteurs, des hypocrites ou des lâches.Puisque rien ne peut changer, ni dans la société des paumés avec qui il sympathise, ni surtout dans sa vie personnelle, Mike agira finalement selon sa vraie nature, où se rencontrent la violence et le pessimisme.Il assassinera le propriétaire du bar où travaille Winnie, une jeune femme exploitée matériellement et physiquement qu'il avait naïvement et généreusement promis de libérer un jour.C'est l'apothéose du désespoir et c'est la fin de l'histoire de Mike O'Brady que les policiers emmènent et qui hurle crânement: «On va bien rire!» L'autre Louis Hémon \u201e n e noble lord a donne à son audi-\" Hhb toire une idée de ce que serait le prolétariat selon son coeur.Le bon prolétaire passe à la caisse le samedi, touche ses vingt-cinq shillings et revient en courant les remettre à sa ménagère.Elle en place une bonne partie h la caisse d'épargne et, avec ce qui reste, elle se fait un jeu de payer le loyer, d'acheter le charbon, le pain, la viande, le thé, les légumes, les vêtements et les souliers pour cinq personnes.Elle s'en fait un jeu parce que naturellement le bon prolétaire est convcnablcment^humblc, et n'aspire pas aux mets,'\\au$yêterhents, aux plaisir réservés à ccifltiqu'une Providence intelligente placé-'au-dessus de lui.Le bon prolétaire et sa femme bouclent leur budget et font des économies parce qu'ils sont soigneux et serrés, qu'ils surveillent impitoyablement les fournisseurs, et que chaque fois qu'ils dépensent un penny, ils s'arrangent pour en obtenir toute la valeur, ou même un peu plus.Ils sont plein de respect pour les choses établies, pour la constitution, la Chambre des Lords, les portiques à colonnes et les gens plus riches qu'eux.Le dimanche, ils font leur toilette avec soin et s'en vont à l'église, où on leur prêche une religion qui leur recommande de retirer leurs économies de la caisse d'épargne et de les distribuer en aumônes; d'aimer leurs fournisseurs comme eux-mêmes et d'adorer la vertu en haillons.Sur quoi j'imagine que le bon prolétaire se prend la tête entre ses mains et cherche vainement à comprendre.Il se donne bien du mal pour rien: il lui suffirait de retenir cette maxime, que ceux qui ont le moins d'argent sont ceux qui ont le plus de devoirs, et qu'ils n'ont qu'un droit, celui d'aider à maintenir les choses comme elles sont.» Colin-Maillard, pages 231 et 232.Monsieur Ripois Monsieur Ripois et la Némêsis est un roman de plus de trois cents pages.Il a peu en commun avec les nouvelles ou avec Colin-Maillard, sinon que l'action se passe à Londres encore (dans le West End cette fois), ville où Louis Hémon a vécu, disent les spécialistes, pour affirmer son indépendance vis-à-vis de sa famille.Le protagoniste, M.Ripois.est un jeune Français qui gagne tout juste, dans les bureaux d'une société commerciale anglaise, de quoi subsister.On l'occupe à la traduction de la correspondance et a de menus travaux de comptabilité.Le personnage n'y fait pas carrière ni ne l'espère.Il veut seulement, niais sans en avoir les moyens matériels, et intellectuels encore moins, devenir riche cl changer de terrain de chasse.Ce qu'il chasse pour l'instant, ce sont les filles des milieux populaires, qu'il abandonne dès que sa liberté parait menacée.Grâce à une ascension sociale relative, fondée sur le mensonge, il tentera sa chance auprès de jeunes femmes de milieu plus aisé mais il sera démasqué.Mike O'Brady était une victime authentique.M.Ripois est un authentique salaud.Il l'est à ce point que je parviens mal à comprendre l'intention de Louis Hémon.Éloge des amours simples et honnêtes, peut-être?Mais il aurait fallu pour cela que la tardive conversion du protagoniste fût plus plausible.Au moment où il est démasqué par la famille d'une fille riche qu'il voulait épouser pour cela même.M.Ripois se souvient tout à coup qu'Ella, celle qu'il avait séduite précédemment, et abandonnée en apprenant qu'elle attendait un enfant, lui apportait l'amour vrai auquel il aspirait confusément (chez Louis Hémon.les personnages ont souvent des aspirations confuses).11 est trop tard: la fille s'est suicidée.Conversion est un mot fort et Louis Hémon ne va pas si loin, qui décrit ainsi les sentiments de M.Ripois: «Ce qu'il éprouve ne ressemble en rien à ce qu'on appelle le remords.Les règles imposées, le bien et le mal, il n'a pas de respect pour ces choses-là; mais son regret est plus poignant qu'aucun remords quand, après avoir plaint Ella, il en vient à se plaindre lui-même et qu'il songe à ce qu'il a perdu.» Un peu plus loin, l'écrivain résume le chemin parcouru parson personnage: «.car il a enfin compris.Il a compris que la vie est incompréhensible et pleine de subtilités cruelles, et qu'un être chez qui une âme s'éveille ne peut plus être heureux.» On reconnaît ici le profond pessimisme de Louis Hémon, et aussi qu'il s'attache avec conviction, hors de toute intention moralisatrice, à l'exploration de l'âme humaine \u2014 de toute âme humaine.En ce sens, Monsieur Ripois et la Némêsis s'inscrit tout naturellement dans la tradition du roman psychologique français.Selon M.Aurélien Boivin, qui a écrty la présentation de l'ouvrage, le personnage de M.Ripois aurait été inspiré à l'auteur par sa propre aventure amoureuse à Londres, qui a mal fini: «C'est un peu comme si Hémon, désarmé, plein de remords, s'était peint sous les traits délibérément exagérés de M.Ripois pour revivre son aventure sentimentale avec Lydia O'Kelly qu'il a aussi abandonnée, après la naissance d'une fille et l'internement de la mère, pour cause d'aliénation mentale.» Peut-être, mais c'est pousser le remords un peu loin, car il n'était pas nécessaire de multiplier à ce point \u2014 sinon comme prétexte pour décrire Londres et la vie de la capitale, ce qui est fait magistralement \u2014 les épisodes de séduction et d'abandon de victimes qui finissent par se ressembler toutes.Il faut signaler ici encore le grand intérêt de la publication de l'oeuvre complet de Louis Hémon.Le deuxième tome réunira les Récits sportifs, parus dans des journaux parisiens, «un des premiers grands romans de la littérature sportive en France, Battling Malo-ne, pugiliste» et les Lettres à sa famille déjà rassemblées en volume par Mme Nicole Deschamps; le troisième et dernier, un récit de voyage, Itinéraire, Maria Chapdelaine, évidemment, et des nouvelles et lettres encore inédites.Les Oeuvres complètes ne sont pas éditées ou rééditées selon les normes de l'édition critique.On trouve cependant dans le premier tome des notes nombreuses et pas toujours utiles, surtout quand il s'agit de signaler des modifications très mineures par rapport à des éditions antérieures; d'autres notes m'ont semblé nettement superflues, celles par exemple» qui nous disent qui furent Théophile Gautier, Paul Verlaine, Guy de Maupassant, Anatole France ou Gustave Flaubert! Enfin, en raison de la qualité autrement excellente de l'édition en cours, espérons que l'éditeur portera plus d'attention à la correction d'épreuves._ ipuH Hémon, oeuvres computes n tjoei/eoue voit*.co nn-Mêilford.MonsieurRipois et/.# Nemesis), edition prepares.presentee et annotée par Aurélien Ocivin introduction générale de Gilbert levesque.Ivi et 728 pages.Cuenn littérature Montreal.1990 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 16 FEVRIER 1992 C5 LIVRES Gaston Miron prend la parole en musique LUCIE CÔTÉ collaboration spéciale ¦ «J'ai toujours aime dire ma poésie, même que je peux affirmer que j'ai beaucoup plus propagé ma poésie par la parole, comme diseur sur la placé publique, que par l'écrit», clame Gaston Miron.POESIE Visité à son local de répétition, le poète préparc la prochaine série du spectacle qu'il donne avec ses «Valets de coeur», les musiciens Pierre St-Jak et Bernard Buisson.Cette fois.La Marche à l'amour ( titre d'un poème de Miron ), créé au Théâtre de la Chapelle, en décembre dernier, se retrouve dans une ancienne taverne reconvertie en club de nuit.Le Lion d'or, rue Ontario est, du 21 au 23 février.«C'est un spectacle d'une conception nouvelle, prévient Gaston.Il faut s'attendre à être surpris, à souhaiter même qu'on soit étonné.» Puis, pour définir le spectacle, l'auteur de L'Homme rapaillé se lance dans une grande énuméra- tion avec son impétuosité habituelle: «Ce n'est pas un récital de poèmes, ni une lecture de type classique.Ce ne sont pas non plus des poèmes mis en musique.Les Valets de coeur ne font pas une musique de fond ni une musique d'accompagnement pour mes textes et je n'ai pas écrit de poèmes pour leur musique.» Qu'est donc, alors, La Marche a l'amour?«Un spectacle dont les éléments, poèmes et musique, sont mis en relation, explique Gaston Miron.Une espèce de lieu où la musique et la poésie se relancent l'un l'autre comme dans un tournoi.Il arrive alors des choses.Les éléments s'éloignent ou se rap- prochent, il s'installe une symbiose.Il y a parfois des plages parallèles de textes et de musique; à d'autres moments le poème et la musique se chevauchent.Avec un poème des années soixante-dix, on met une phrase musicale qui touche presque à l'an 2000.Parfois il y a seulement la parole nue.Le spectacle est comme un collage, un montage des textes et de la musique.Les deux sont mis en rapport, c'est un surmontage», s'esclaiïe-t-il.Gaston Miron a commencé à travailler avec Pierre St-Jak et Bernard Buisson en 1990.C'est Pierre St-Jak, qui avait déjà travaillé avec une vingtaine de poètes, qui a proposé une collaboration à Gaston Miron, au Festival international de poésie de Trois-Riviercs.«Je suis très intéressé par la parole, le chant.La poésie me donne ce que je cherche sans que je sois obligé d'aller vers des chansons commerciales», souligne Pierre St-Jak dont le duo travaille sur des synthétiseurs auxquels se joignent des percussions.Les « Valets de coeur» jouent surtout des compositions originales, un « répertoire de cabaret », spécifie Pierre St-Jak, mais également d'autres pièces comme Méphisto de Franz Liszt et des pièces rappelant la musique grégorienne.Gaston Miron parle avec beaucoup d'enthousiasme de ce spectacle dont les trois acolytes comptent faire un enregistrement.Ils doivent aussi le présenter au prochain Festival de Trois-Rivières, à l'automne, aux Francofolies de Vancouver et dans les Maisons de la culture à Montréal.«Le spectacle donne un nouvel éclairage à ma poésie.Les poèmes sont mis en exposition et ça les fait voir d'une façon nouvelle, apprécie Gaston Miron.Je n'ai jamais cessé de dire mes poèmes, pendant toutes ces années», spécifie celui qui a, depuis une douzaine d'années, participé à des lectures notamment à Paris et à Grenoble, à New York et â Pittsburgh, et qui assiste à toutes les soirées organisées ici.«Je suis la nouvelle poésie partout où elle se manifeste, dans les livres ou dans les représentations publiques.» Activement.L'indépendantisme rationnel de l'un.PIERRE VENN AT ¦ « Lorsqu'on me demande pourquoi je suis indépendantiste, ma réaction spontanée est de répondre «parce que je ne suis pas Canadien».Que le directeur du Département de science politique de l'Université de Montréal, Denis Monière, soit indépendantiste, il n'y pas grand monde qui l'ignore.N'est-il pas l'ancien chef du Parti nationaliste, cet ancêtre pas si lointain du Bloc québécois, alors qu'à peu près personne à l'époque, surtout pas le Parti québécois qui l'a torpillé, ne voulait en entendre parler?N'étaît-il pas également l'un des trois ' leaders du Parti indépendantiste formé au moment où le Parti québécois semblait s'éloigner de l'option indépendantiste?Que Denis Monière, donc, public L'indépendance, cela n'est pas une surprise.Ce qui l'est davantage, ce sont les raisons qu'il invoque pour justifier son engagement.L'homme n'essaie pas de cacher qu'il est militant.Par ailleurs, son livre n'aurait sans doute pas été possible, du moins de cette façon, sans une vive connaissance de la science politique, discipline qu'il maîtrise à fond.Bref, un amalgame de ses deux chapeaux.Mais le directeur du Département de science politique de l'Université de Montréal n'essaie pas, non plus, de se retrancher derrière l'objectivité dont tiennent absolument à se parer certains de ses confrères universitaires.Par ailleurs, Monière ne tente pas non plus d'en remettre.Pas question pour lui de jouer à l'opprimé, de nier qu'il a obtenu le Prix du gouverneur généra! pour son ouvrage sur le Développement des idéologies au Québec, ou de prétendre que sa valeur n'est pas reconnue au Canada anglais.S'il a été victime de discrimination, c'est à cause de son engagement politique, qui lui a valu d'être privé de tribunes qu'il aurait obtenues autrement, et non le fait qu'il soit Québécois francophone.«Mon engagement politique n'est pas fondé sur un sentiment personnel d'oppression ou d'exploitation.Je ne peux soutenir que j'ai été maltraité et que la situation de subordination politi- POLITIQUE que du Québec m'a causé des préjudices ou a entravé mon épanouissement personnel.Je dois même dire que sur le plan professionnel, je n'ai pas eu conscience d'avoir été objet d'ostracisme dans les institutions canadiennes puisque j'ai enseigné plusieurs années à l'Université d'Ottawa et que j'ai occupé des fonctions de responsabilité à la Revue canadienne de science politique.Comme d'autres nationalistes québécois, j'ai aussi obtenu un prix du Gouverneur général du Canada».Le nous canadien Bref, l'indépendantisme que prône Denis Monière se veut rationnel.Comme il l'écrit lui-même, «mon désir d'indépendance pour le Québec relève fondamentalement du problème de l'appartenance que me pose le Canada.Je ne peux intellectuellement et émotivement me reconnaître et me situer dans le nous canadien.Je ressens plutôt l'identité canadienne comme une dépossession d'être, c'est-à-dire que la citoyenneté n'est qu'une abstraction dans l'ensemble canadien et que mon identité n'a de sens qu'au Québec.«Le Canada est pour moi un pays étranger et je l'apprécie comme tel, c'est-à-dire que je PHOTO JEAN-WFC LcfOURNEAU.U Presse Denis Monière, politicologue et militant indépendantiste.n'éprouve aucune agressivité envers cette région du monde où j'ai séjourné à de très nombreuses reprises et pour de longues périodes; j'y ai connu intimement des familles et j'y ai encore plusieurs amis.Mais je ne me sens pas plus d'atomes crochus avec les Canadiens qu'avec les Allemands, les Français, les Latino-Américains que je connais».Bref, pour Monière, l'indépendance est davantage une question de mentalité qu'une réaction contre l'oppression et, à plus forte raison, une question de rentabilité économique.«Le changement de statut politique du Québec ne modifiera pas substantiellement ma situation sociale.J'en tirerai bien sur des avantages symboliques, mais je ne sais pas ce que je pourrai y gagner sur le plan matériel.On me dit que mon niveau de vie pour- rait baisser, que je perdrai l'accès aux subventions de recherche, offertes aux universitaires par l'État fédéral, que je serai obligé de payer encore plus d'impôt, etc.«Même si cela était, cela ne changerait rien à mon choix politique.On ne choisit pas un pays uniquement pour en retirer des avantages matériels ou financiers.Si j'étais plus riche, je ne me sentirais pas pour autant plus canadien, alors l'inverse est aussi vrai: si je suis moins riche, je ne me sentirai pas moins québécois.Une loyauté fondée sur des critères de coût-bénéfice serait bien aléatoire car elle oscillerait selon la conjoncture économique».Pas politicien pour deux sous, l'ancien chef du Parti indépendantiste et du Parti nationaliste.En tout cas plus aujourd'hui.L'INDEPENDANCE.Denis Monière Quebec-Ameriaue.et les convictions intimes de l'autre PHOTOTHEQUE La Presse PIERRE VENN AT ¦ Pierre de Bellefeuille, ex-journaliste, ex-candidat néo-démocrate au fédéral, ex-député péquiste et ex-président du Parti indépendantiste, n'aime pas le «nationalisme hésitant».Ni «l'indépendantisme mou».Le «nationalisme hésitant» serait celui de la Société Saint-Jean-Baptîstc de Montréal.«L'indépendantisme mou», c'est celui du Parti québécois, auquel il est revenu en 1989 mais au sein duquel il rue toujours dans les brancards.À preuve ce petit livre qu'il vient de publier à l'Hexagone, L'Ennemi intime, dans lequel il égratigne Robert Bourassa, Pierre-Marc Johnson, Jacques Pari-zeau et même René Lévesque.Et, surtout, dans lequel il élabore avec franchise, sinon toujours avec diplomatie, ses convictions indépendantistes.Le problème, selon de Belle-feuille, c'est que «l'ennemi intime», ce sont «les Québécois contre eux-mêmes».Car les Québécois ont toujours été partagés entre deux rêves, le vieux rêve du partenariat d'un océan à l'autre et le nouveau rêve d'un pays qui nous appartiendrait vraiment.«Yvon Deschamps avait tout à fait raison de dire que nous voulions un Québec libre dans un Canada uni.» Et de Bellefeuille d'écrire que cela correspond aujourd'hui aux positions du Parti libéral émanant du rapport Allaire.Pierre de Bellefeuille fustige tous les «mous» et les «hésitants».De Bellefeuille qui n'a pas la langue dans sa poche, écrit donc que le Parti libéral n'a pas d'idéologie, sauf un conservatisme mou et que «non seulement il n'a pas d'idéologie, mais sa capacité d'analyse politique (sauf à l'époque exceptionnelle de Georges-Emile Lapalme) atteint à peine le modeste niveau des travaux de collégien ».Et le PO?Il n'est guère plus tendre pour le Parti québécois d'aujourd'hui qui, selon lui, ne ressemble plus guère à celui des années 70.«En faisant cette comparaison, j'ai bien sûr à l'esprit le fait peu cons-testé que Jacques Parizeau \u2014je le répète, un homme remarquable qui a l'envergure intellectuelle des plus grands hommes d'État \u2014 n'a pas le magnétisme de René Lévesque, avec qui il partage cependant le péché mignon de presque tous les chefs politiques et qui consiste à s'entourer d'inconditionnels incapables, par loyauté ou par flatterie, de lui parler vrai.Parizeau ne possède tout simplement pas la facilité teintée d'une timidité sympathique avec laquelle Lévesque abordait les gens simples.» De René Lévesque.Pierre de Bellefeuille écrit qu'il le croyait indépendantiste mais qu'il s'était trompé.«Comment avais-je pu conserver pareille illusion?Que n'ai-je pas cru les Pierre Bour-gault, les Louis O'Neill et les autres qui soutenaient que Lévesque n'était pas indépendantiste?» Voilà donc, d'après de Bellefeuille.où nous en sommes: «L'indépendance progresse dans l'opinion, mais le mouvement agit peu et le Parti québécois semble se contenter du train-train quotidien».Le référendum sur la souveraineté promis par Robert Bourassa, à la suite du rapport de la Commission Bélanger-Campeau, et que plusieurs prévoient ou espèrent pour l'automne, Pierre de Bellefeuille n'y croit pas.«Robert Bourassa, qui est encore le maître de jeu, n'a nullement l'intention de tenir un référendum sur la souveraineté».Et de Bellefeuille de conclure: «Beaucoup d'indépendantistes croient que l'indépendance est inéluctable.Le mouvement, disent-ils, est irréversible.Ce déterminisme est puéril.Dans notre histoire.1867 et 1980 sont de grands rendez-vous manques.Il peut y en avoir d'autres.À quand le Qu é bec I i bre » ?Pierre de Bellefeuille n'en sait rien.Nous, non plus! L'ENNEMI INTIME, Pierre de Bellefeuille L'Hexagone.La vie des livres PIERRE VENNAT r I Les Québécois et les «autres».La revue Liberté publie, dans son numéro de février, la premiere anthologie en français de la littérature arménienne.De Nersès le Gracieux à William Saroyan, ce 199e numéro de Liberté présente le panorama d'une littérature trois fois millénaire, mais souvent menacée de disparaître en raison de ses liens étroits avec le destin mouvementé du peuple québécois.C'est le co-auteur du best-seller québécois Un été sans aube, Agop Hacikyan, écrit en collaboration avec jean-Yves Sou-cy.qui assume la préparation de ce numéro, conjointement avec Gabriel Basmajian.Plus de 35 écrivains y ont participé et produit 46 texte:.Le numéro veut établir des parallèles entre le destin québécois et arménien.Les Arméniens, qui furent victimes d'une tentative systématique d'extermination au XXe siècle, établissent dans l'écriture les fondements mêmes de leur identité.Par-delà les différences de genres et d'idées, la littérature arménienne reflète la conscience collective d'un peuple à qui on a tout enlevé: ses monuments, son État, son territoire même.Pour les Québécois, l'exemple arménien prend un sens particulier.Selon les auteurs du dossier de Liberté, il doit inspirer courage et espoir, mais inciter aussi à modérer notre vocabulaire.Obsédées toutes deux par l'idée de survivre \u2014 proprement physique pour les Arméniens et culturelle pour les Québécois, les littératures québécoises et arméniennes ont sans doute plus en commun qu'il n'y paraît.Toujours dans cette veine de faire connaître aux Québécois francophones de souche l'apport des «autres».Lettres Québécoises, l'excellente revue littéraire dirigée par André Va-nasse, entend publier, en avril, sous la responsabilité de lean lonassaint, un dossier sur la contribution des Néo-Canadiens (Québécois ou Canadiens qui ne sont pas nés au Canada), au développement de la littérature québécoise.Cette enquête, nous dit-on.concerne les écrivains néo-canadiens (incluant les critiques et les essayistes) qui ont publié au moins trois livres originalement en langue française entre 1981 et 1991, dont au moins un au Québec.Les traductions sont donc exclues.Lettres québécoises a monté son dossier en faisant appel à tous les éditeurs connus et à tous les auteurs membres de l'Union des écrivaines et écri- vains québécois.Mais comme la direction de la revue désire monter un dossier le plus complet possible, elle lance un appel aux écrivains qui se considèrent éligibles et qui ne seraient pas membres de l'UNEQ ou dont l'éditeur ne serait pas membre de l'Association des éditeurs a communiquer avec la rédaction de la revue, de façon à ce qu'on ne les oublie pas.Cela dit, la publiciste de Lettres québécoises, An ne-M a rie Brunelle, promet que le dossier sur les auteurs néo-canadiens et leur apport à la littérature d'ici sera un événement marquant de notre année littéraire.Permettons-nous de signaler l'existence d'un écrivain malien.Lanciné Diawara.qui.dimanche dernier à Montréal, lançait son livre qui a pour titre Jeunesse inquiète.L'amour donne le goût de la lecture Les intellectuels ne de:, vraient pas bouder les romans Harlequin.Au contraire, c'est par ce genre de littérature que les adolescents d'âge scolaire prendront goût à la lecture.En tous les cas, c'est la thèse soutenue par Clémence Préfontaine, professeure de littérature à 1VUQAM, qui vient de lancer un livre sur ce thème.Le roman d'amour à l'école*, aux Éditions Logiques.Mme: Préfontaine offre des pistes pédagogiques qui permettront à l'enseignant d'exploiter ce type de littérature en classe.Les élèves seront ainsi encouragés à lire davantage, à partir d'histoires qui leur collent à la peau, jusqu'à ce qu'ils soient en mesure d'apprécier une littérature plus sérieuse.Selon Mme Préfontaine, donc, le roman d'amour est une mine à exploiter pour permettre aux adolescents et adolescentes d'aujourd'hui d'apprivoiser la littérature.Voilà certes une thèse intéressante! Â noter que la même maison d'édition lance également Le dictionnaire pratique des expressions québécoises, oeuvre de deux autres chercheurs de l'UQAM, André Dugas et Bernard Soucy.Un rappel de l'Académie L'Académie canadienne-française rappelle que les auteurs ou leurs éditeurs n'ont que jusqu'à la fin du mois porr soumettre leurs recueils de poèmes au Prix Alain-Grand-bois et leurs essais au Prix Victor-Barbeau, qui seront décernés au printemps par l'Académie.La prose désinvolte d'Hélène Monette » LUCIE collaboration spéciale étendu, qui étonnent et charment et amusent.S Composé de toutes petites proses.Crimes et chatouillements d'Hélène Monette.allie, comme le titre l'indique, le léger et le grave.«mit LITTÉRATURE QUEBECOISE Il y a dans ces textes, et c'est peut-être ce qu'on remarquera d'abord, une grande simplicité et une certaine naïveté de ton très réussie.Une belle aisance d'écriture, de la désinvolture, de la folie.Et puis il y a de l'humour, par exemple dans ce texte qui fait la liste des différences entre un gars et une fille: «Une fille triste est psychopathe ou tout au moins alcoolique et paranoïaque.Un gars a du chagrin, il en a gros sur le coeur.Le ruisseau de ses larmes conduit à la mer de ses naufrages.C'est de toute beauté tellement c'est maritime, mais c'est bien triste.Un gars consolé vaut mieux qu'un gars qui pleure.Une fille qui pleure va voir ailleurs.» Une écriture pleine d'énergie et d'inattendu qui n'utilise les expressions connues (comme dans le titre) ou toutes faites que pour les modifier, les bousculer, les rafraîchir, les détourner de leur sens.Pour faire des clins d'oeil au lecteur.Mine de rien parfois: «Ils font l'amour debout dans le couloir de l'appartement pour sauver les meubles.».Mais il n'y a jamais que ça, même si on peut sans doute choisir de ne pas aller plus loin.Il y a toujours un petit morceau de vérité, un instant de rare justesse, une bribe de grand sérieux, dans ces textes très maîtrises au registre extrêmement Qui racontent de petits moments d'existence.Des scènes, des histoires d'amour, beaucoup, qui ratent, souvent, des personnages paumés qui cherchent à dissimuler leur désarroi.Des êtres amochés qui se débrouillent comme ils peuvent, plutôt bravement.Des person-' nages qui s'appellent parfois Triste Mine.Paniquard.Princesse Plastique.Laterreur.Qui souvent disent je et interpellent .l'autre.Et il y a bien sûr de la poésie \u2014 Hélène Monette a déjà publié deux ouvrages, bientôt trois, aux Écrits des Forges \u2014 des images, souvent très belles et fraîches et dans lesquelles se., voit aussi autre chose: «Tu me prenais noyée et je t'aimais au fond.» Un des très beaux textes \u2014 mais ils sont nombreux comme ça \u2014.fort, bien rythmé s'appelle Less ennemis jures.Il montre assez bien le ton que prennent les proses d'Hélène Monette JC «Les ennemis jurés ne sont faits ni de bois ni de pierre, mais de chair à canon, boue aux bottines, coups de feu sacré.Ils célébreront bientôt dix mois de vie commune réduite à néant.» Même si on peut l'oublier assez facilement, parce qu'ils peuvent être lus individuellement, les textes de Crimes et chatouillements, le premier livre d'une nouvelle collection.Les Vilains, dirigée par Hélène Girard chez XYZ, forment un ensemble.Du moins ont-ils été organisés avec des titres pour les trois grandes parties \u2014 Présomption, Préméditation, L'audience est levée \u2014 et les nombreuses sous-sections \u2014 Circonstances atténuantes.Alibis, Defense, Ajournement.Délibération \u2014 qui rappellent l'accomplissement d'un acte criminel et le déroulement d'un procès.Celui de la vie à deux,.peut-être.CR MES ET CHATOUILLEMENTS Hélène Monette Montreal.XYZ.collection Les Vilains.1992.155 pages., f C6 GALERIES D'ART LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 FÉVRIER 1992 Loken, panneau de droite d'un triptyque, 1990-1991.Hurler avec les loups, 1990.Arnaud Gosselin sort du bois pour solliciter le verdict du public RAYMOND BERNATCHEZ_ ¦ En entrevue avec Arnaud Gosselin.qui a grandi à Montréal, qui étudiait en sciences pures lorsqu'il a bifurqué vers les beaux-arts, qui peint depuis 15 ans, qui.au moment où il expose à Montréal, habite comme par hasard à Québec, il fut question de peinture, de forêt, de villes, de mouvances et de déménagements, puis de la place de l'art dans notre société.De la place des arts visuels dans notre société nous avons convenu qu'elle n'eiait guère reluisante.Comment expliquer le fait que.au cours des 20 dernières années, notre société a accouché d'une dramaturgie québécoise vivante, d'un théâtre qui a effectué une percée dans toutes les couches de population?Comment expliquer le fait que le même phénomène s'est produit pour la chanson d'ici, le cinéma d'ici, la télévision d'ici, alors que les arts visuels ne sont pas parvenus à s'imposer, à attirer du monde en masse pour ne pas dire des masses de monde dans les musées et les galeries?Comment expliquer le fait que le inonde ignore qu'il y a chez nous des artistes à la poignée qui sont bourrés de talent; qui mériteraient d'être connus et reconnus de nos institutions et du public?Comment expliquer le fait que les arts plastiques ne soient pas encore sortis du bois, que la télévision s'ingénie télégi-quement à ignorer jusqu'à son existence, sauf dans quelques topos de Toutant aux nouvelles et une passe à 23hl5 dans l'émission de Desautels, elle-même en voie de disparition?Ayant demandé à Arnaud Gosselin qui a dû lui-même sortir du bois pour produire les oeuvres qui seront exposées à la Maison de la culture Côte-des-Neiges jusqu'au 14 mars, lui ayant demandé donc comment il expliquait cela, l'artiste a dit tout simplement que le monde ne s'intéressait pas aux arts visuels parce que les artistes ont trop longtemps nié aux gens ordinaires le droit de dire ce qu'ils pensaient de leurs oeuvres.Si nous avons bien saisi l'explication, les artistes, pas tous mais un trop grand PHOTO PIERRE McCANN.L3 Presse Arnaud Gosselin expose à la Maison de la culture Côte-des-Neiges.nombre, ne permettraient qu'à des doctes personnes bardées de diplômes de poser un jugement critique sur leurs z'oeu-vres.Le grand public, le monde ordinaire, les journalistes de la presse écrite et télécommunicatcurs dont c'est le métier de communiquer en termes suffisamment clairs pour que le monde comprenne, ne seraient surtout pas invités à donner leur avis.Ce privilège n'étant accordé qu'aux contorsionnisies verbaux logeant dans une nébuleuse localisée à des années lumières du plancher des vaches, il en découle que le courant ne passe pas entre les artistes, leurs oeuvres et le grand public.Simple, mais efficace.D'autres phénomènes pourraient compléter le tableau mais c'est déjà un bon début d'explication.Une invitation Et pour être logique avec lui-même, Arnaud Gosselin invite tout le monde, les enfants y compris, à voir son exposition Pense-bête et à lui communiquer leurs réactions.«Je ne demande pas aux gens d'aimer ce que je fais, a-t-il ajouté, le leur demande de me dire s'ils aiment cela ou pas, s'ils comprennent ou pas.S'ils n'aiment pas cela je voudrais savoir pourquoi.Parce toute personne peut émettre un commentaire intelligent sur la peinture et un commentaire intelligent, cela peut toujours être profitable pour l'artiste.» Arnaud Gosselin a pourtant horreur de la foule.11 aime les personnes une à une.En groupe, elles lui font peur.C'est l'une des raisons qui l'ont incité à fuir la ville, à se réfugier en forêt le plus souvent possible pour y puiser, dans le silence absolu et parmi les bêtes, les éléments qui inspirent ses oeuvres.Au point de départ son approche est automatiste, il peint sur la toile sans idée préconçue puis une image se forme dans son esprit, tirée le plus souvent d'un univers de faune et de flore, et cette image est incorporée à l'oeuvre.La Maison de la culture Côte-des-Neiges est située au 5290 de la Côte-des-Neiges et les portes sont gratuitement ouvertes au public tous les jours de la semaine.EXPOSITIONS MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTREAL «Pavillon Jean-Noel Desmarais.1380.Sherbrooke o ) \u2022 Expositions «Snoopy entre au Musée», «i architecture de Edward et WS Maxwell».\u2022Paysages d hiver au Ouebec: 1850-1950».«Rafraîchissement de l'esprit: recipients a vin et a the d Orient» et «Chefs-d oeuvre du Musée Guggenheim*.Du mar au dim., de 11 h a 18 h; mere, sam de 11 h a 21 h.MUSEE DES ARTS DÉCORATIFS (angle Sherbrooke et Pie IX) - Exposition «Le monde de Babar: dessins et aquarelles de Jean et Laurent Brunhoff Du mere, au dim .de 11 h â 17 h.Jus-gu au 8 mars.MUSEE MARC-AURELE FORTIN (118.Saint-Pierre) \u2022 Oeuvres de Marc-Aurele Fortin.Du mar au dim .de 11 h a 17 h.MUSEE DAVID M.STEWART (Le Vieux Fort île Sainte-Helene) \u2022 Exposition «Gaspesie: une histoire de mer».Tous les jours, de 10 h a 17 h.sauf mar.Jusqu'au 1er mars.ARTICULE (15.Mont-Royal o ) \u2022 Denise Hawry-sio Mere, au dim.de 12 h a 17 h.Jusqu'au 15 mars ATELIER-GALERIE DU ROI CHARLES 0UINT (1850 D.boul des Sources.Pointe-Claire) - Gravures de Paul Ooutier.Charlotte Fauteux.PLUS DE 3 000 POINTS OFFERTS.CETTE SEMAINE.DANS lu PRESSE Si vous êtes membre du CLUB, entrez le-code suivunt; Sinon, compose; à Montréal, le 75,1 -8688 ou, sans frais, le ,1 800 563-8688.' a* * * y-___ il est OridMNftî tatoriH h OUI ttUW-fOUTS.O Iff IU %tmm iJNt » hte.tlm èite 96,9 FM prosento «SALE\tE N\tD R 1\tI EE R \t\t«J E IVI JE\t \u2022 Exposition \u2022Stade depuration synthétique*, de.Massimo Cuerrera.Du mar.au dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 23 février.HORS MONTREAL AU BOUT DE LA 20 (126 A.Lafontaine.Rivie-rp-du loup) \u2022 Oeuvres de Jocelyne Caudreau.Du mere, au dim., de 13 h 30 a 16 h 30.Jusqu'au 1er mars.LE BALCON D'ARIS (650.Notre-Dame.Saint-Lambert) \u2022 Oeuvres de L.Ayotte.A.Bertounes-que.R.Clark.A.M.Cost.S.Brunoni.C.Claudais.S.Cosgrove.L.Del Signore.J.Der.J.Hammond.V.Horik.N.Hudon.L.Kirouac.C.Langevin.P.Tex Lccor.M Mercier.R.Palmaerts.P.Paquin.C.Pi-cher.P.Pivet.D.Plante, C.Poisson.C.Rebry.L.Tiengo.C.Tigner.L.Tremblay.H.B.Bonet.N.Taillon et Richard Viau.BIBLIOTHEQUE DE CHAMBLY (1691.Bourgogne) \u2022 Peintures de Manelle Lapointe.peintures, sculptures et gravures de Sylvain Beaulieu.Lun.mar.jeu., de 14 h à 21 h; ven., de 14 h a 18 h; dim., de 15 h a 16 h.Jusqu'au 23 février.CAISSE POPULAIRE DE GRANBY (30.St-Antoine sud) \u2022 Oeuvres de Francine Brodeur Roy.Jusqu'au 28 février.CAISSE POPULIARE DE SAINTE-THÉRÉ- SE-DE-BLAINVILLE (37.Turoeon) \u2022 Oeuvres de Cuechard Jusqu'au 4 mars.CENTRE D'ART CHIC CHOC (155.St Andre.Terrebonne) \u2022 Exposition «Coeur rouge».Jusqu'au 28 février.CENTRE D'EXPOSITION DES GOUVERNEURS (90.Chemin des Patriotes.Sorel) \u2022 Tapisseries de Micheline Beaucl.emin.Jusqu au 23 février.CENTRE D'EXPOSITION DU VIAUX PALAIS (185.du Palais.St-Jerôme) \u2022 Exposition \u2022Laurentides.panorama pictural de 1899 a nos jours» Dim.de 13 h a 17 h.mar mere, jeu., ven.de 12 h a 17 h Jusau'au 23 février CENTRE COMMUNAUTAIRE ELGAR (260, Elgar.Ile des Soeurs) \u2022 Celine Belec.Lun .au dim .de 9 h a 21 h.Jusqu au 1er mars.GALERIE ACTION (190.Laurier.St-Jean-sur-Ri-chelieu) - Sculptures de Jean-Guy Robert.Du lun.au ven .de 13 h a 21 h.sam .dim., de 13 h a 17 h.Jusqu'au 1er mars.GALERIE PIERRE BERNARD (141.Chanv plain.Hull) \u2022 Peintures de Jean Baucnesne.Leon Bellefleur.Umberto Bruni.Roger Cantin.S.Cosgrove.Arist Cagnon.F.lacurto.Albert Rousseau.Antoine Prévost et Andrée Vezina.Lun.mar., de 11 h a 15 h; mere .jeu., ven.de 11 h a 17 h 30; sam.dim., de 13 h a 17 h.Jusqu'au 29 février.GALERIE D ART DES AMIS DE LA CULTURE DE RIGAUD (Édifice de i Motel de Ville de Rigault) \u2022 Peintures de Tony Neville.Jeu., ven.de 12 h d 21 h.sam.dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 29 mars GALERIE D'ART DU COLLÈGE ÉDOUARD-MONTPETIT (100.de Centilly est.local O 0620) Des mardi.Jacky Lafargue.Multi media.Mar., au sam .12 h a 17 h.mere.18 h 30 a 21 h.dim.14 h a 17 h.Jusqu'au 7 mars.GALERIE DU CENTRE (250.St-Laurent.Saint-Lambert) - Exposition «L'authentique présent».Auj.de 13 ha 17 h.GALERIE CLAUDE BROCARD (2691.boul.Cure Labelle.Prévost) - Exposition - peintres québécois.Vend., sam.dim., de 10 h a 18 h.GALERIE D'ART MARIELLE GAGNÉ (34.a,-gyle.St-Lambert) - Oeuvres de Vincent Ousek.Florent Comtois.Monique Bedard.Denise Lalon-de.Zero Zoo.Hélène Dube et Denise David.GALERIE HORACE (74.Albert.Sherbrooke) -Oeuvres de Mario Pouliot et Denis Blanchet.Mere.jeu., de 12 h a 17 h; ven.de 12 h a 20 h; sam .dim .de 13 h a 17 h.Jusqu'au 1er mars.GALERIE JEAN-PAUL LADOUCEUR (3995.boul.Levesque.Laval) \u2022 Exposition «Tramsudations».GALERIE MONTCALM (25.Laurier.Hull) \u2022 Exposition «Les hauts cris de l'affiche».Du mar.au ven.de 10 h a 17 h; jeu., de 10 h a 20 h; sam., dim., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 1er mars.GALERIE MYRKA BÉGIS (211.Woodstock.St-Lambert) \u2022 Oeuvres de J M Berubé.H Brunet, N Beliveau.L.Calve.G Castonguay.G Dedoyard.M.Delorme.MJ.Essertaize.F.Faucher.L.Four-nier.C.Hébert.N.Lauzon, S.Marinier, S.Ouimet.Lea Riviere.B.Roberts.A.Van Mierlo.M.Versailles et B.Volkoff.GALERIE D'ART PARALLÈLE LINDA THI- BODEAU (297.rue Principale.Saint-Sauveur-des-Monts) \u2022 Oeuvres de Vittorio.Daniele Rochon.Michel Pellus.Renée Durocher et Mimie Langlois Ven., sam.de 13 h a 22 h; dim., lun., de 10 h a 17 h.GALERIE JOSETTE TILMANT (400.rue Prin-cipale.St-Sauveur-des-Monts) \u2022 Oeuvres de Marcel Fecteau.Missakian, Albert Rousseau, Joseph Giunta.Gérard Castonguay et Georges Dedoyard.GALERIE VERTICALE (1897.boul Dagenais o.Laval) \u2022 Exposition «Problèmes* de Louise Prescott.Mere, au dim., de 12 h a 18 h.Jusqu'au 15 mars.HAUT 3e IMPÉRIAL (164.Cowie.Granby) -Sculptures de John Lindsay Gouws.Du mere au dim .de 13 h a 17 h.Jusqu'au 8 mars.LA GALERIE (75.St-Antoine.Trois-Riviéres ouest) \u2022 Oeuvres de Guy Baillargeon.Du lun.au dim .de 14 h â 17 h; jeu., ven.de 19 h d 21 h.Jusqu'au 1er mars.MAISON DES ARTS DE LAVAL (Salle Alfred Pellan.1395.boul.de la Concorde o., Laval).Sculptures d'André Becot et peintures de Wolf Mendritzki.Du mar au dim., de 13 h 30 a 17 h et de 19 h a 22 h Jusqu au 1er mars.MAISON LOUIS-HIPPOLYTE-LAFONTAI- NE (314.Mane Vic tor m, Bouc hervi Ile) \u2022 Exposition «Tenues de baignade d'antan».Du jeu.au dim .de 14 h a 16 h 30 et de 19 h a 21 h.Jusqu'au 1er mars.MAISON PRATT (410.St-Alexandre.ton-gueuil).Exposition des oeuvres de Claudette Le-pine Viger.Du lun.au vend., de 10 h a 19 h.sam., 10 h i 17 h dim.13 h a 18 h.Jusqu'au 23 février.MUSÉE PIERRE BOUCHER (858.Laviolette.Trois-Rivieres) \u2022 Expositions «Graham Cantieni: peintures* et *Michael Rubbo.artiste-peintre*.Auj de 13 h 30 a 16 h 30 et de 19 h a 21 h.MUSEE CANADIEN DES CIVILISATIONS (100.Laurier.Hull) \u2022 Les Amérindiens de A a Z*.\u2022Jimmie Durham*.«Art et Ethnicite*.«Le Tournant*.«Signes des vents*.«Les douceurs du foyer*.Du mar.au dim., de 9 h a 17 h; jeu., de 19 h a 20 h MUSEE DE LA CIVILISATION (Ouebec) \u2022 Expositions «Voyages et voyageurs*.«La donation des Jésuites*.«Entre terre et eau* et «Skier en ville*.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA (380.Promenade Sussex.Ottawa) \u2022 Une décennie de production videographique 1980-1990*.Exposition «La peinture au Ouebec 1820-18S0*.Ou sam.au mar.de 10 h a 18 h; du mere, au ven., de 10 h a 20 h.MUSÉE DU OUEBEC (1, Ave Wolfe-Mont-calm, Parc des Champs-de-bataille.Québec) -Exposition «La décennie de la metamorphose*.MUSEE MARSIL (349.Riverside Drive.Saint-Lambert) \u2022 Peintures de Robert Harris.Auj.de 13 h a 16 h.PAVILLON DES ARTS DE STE-ADELE (1364.chemin s te-Marquent*) - Oeuvres de Marcel Barbeau Du jeu au dim., de 11 h a 17 h.Jusqu au 8 mars.RIVERIN-ARLOGOS (197.ch.lac d'Argent.Eastman) \u2022 Jean-Louis Delbes.peintures.Jeu., au dim.de 13 h 30 a 17 h 30.VIEUX PRESBYTÈRE (15.des Peupliers.St-Bruno de-Montarvill) \u2022 Oeuvres de Micheline Ramos Tous les jours de* 13 h a 16 h 30, ven.de 19 h a 22 h Jusqu'au 23 tavrier.» C7 LIVRES LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 16 FÉVRIER 1992 L'Histoire de Montréal depuis la Confédération (//jetite ville commerciale ]ifétait le Montréal des années 1820-1830, l'économie était do-ninée par une poignée de grands marchands.Mais la \u2022roissance de la population et la nultiplication des possibilités le nouvelles activités économiques amènent graduellement jin grand nombre de nouveaux entrepreneurs à se lancer en affaires, à mettre sur pied des commerces, des manufactures, iles entreprises de service, dans lin nombre plus étendu de sec-leurs.Certes, la bourgeoisie ancienne est toujours présente: de grandes familles comme des jforrance ou les Molson, qui en .ont à leur troisième génération a l'époque de la Confédération, occupent une place de choix lans le contrôle de l'économie le la ville et dans la bonne so-iété.Mais depuis le milieu du siè-le, plusieurs nouveaux venus e sont joints à eux.Un examen, ncme sommaire, des biogra->hies d'hommes d'affaires qui paraissent dans les nombreux , épertoires de la fin du siècle montre qu'un grand nombre l'entre eux ne sont pas origi-laires de Montréal.Chez les anglophones, ils viennent surtout l'Angleterre et d'Ecosse, quel-luefois des États-Unis, alors jue chez les francophones, «ombreux sont les individus >riginaircs du milieu rural québécois.Montréal leur offre la possibilité de faire une carrière Intéressante et d'accumuler une fortune appréciable.Il ne faut «>as se leurrer cependant, ni omber dans le piège de l'enri-hissement facile et rapide, du ags to riches myth, car pour un louvel homme d'affaires qui éussit, un grand nombre i'autres échouent.Les faillites ommerciales sont nombreuses l'époque et même les réputa-ions les plus solides ne sont pas l'abri de l'échec.De sorte que a mobilité sociale descendante st certainement tout aussi importante que la mobilité ascen-lante.Mais il est plus difficile le connaître les contours de eue dernière, l'histoire ayant urtout retenu les faits et gestes le ceux qui ont réussi.Celui que Ton surnomme le oi du coton, Andrew Frederic iault, est né en Irlande en 1833 t a émigré assez jeune au Cana-la.Il fait son apprentissage en ffaires comme commis chez un narchand de tissus et c'est en 853 qu'il se lance à son compel il met sur pied une impor-ante entreprise de «marchandes sèches», c'est-à-dire d'importation de tissus.Ce qui amené, dans les années 1870, investir en amont, dans la production textile.En 1874, il st l'âme dirigeante de la filatu-e de Montreal Cotton à Vallcy-ield et participera à un grand lombre d'entreprises de filatu-e qui seront lancées au cours les années suivantes.Dans le même secteur, on rc-rouve David Morrice, né en [cosse en 1829, qui fait lui aussi on apprentissage comme cornais dans des magasins de tissus, nais en Grande-Bretagne, d'où I emigre au Canada en 1855.'est en 1863 qu'il fonde à Montréal une maison de commerce de gros et d'agent manu-acturier.Lui aussi investit formulent dans l'industrie textile u début des années 1880.Trop îème.au point de compromet-re sa situation financière et de e devoir son salut qu'à l'inter-ention de la Banque de Montrai qui le soutient dans une période difficile.Morrice et Gault feront les chevilles ouvrières de il concertation et du regroupement des entreprises textiles près la période de surinvestissement qui a marque ce secteur u debut des années 1880.William McDonald est le ronton d'une grande famille de lle-du-Prince-Édouard, où son ere a été conseiller législatif.Il rrive à Montreal en 1864 et se ince dans le commerce.Bien-> i tôt, il se spécialise dans les tabacs et met sur pied une manufacture qui devient la plus importante de ce secteur, faisant de lui l'un des plus riches bourgeois montréalais et le plus important actionnaire individuel de la Banque de Montréal.Robert Mackay, né en Ecosse en 1840 et qui émigré au Canada en 1852, profite du patronage de ses oncles, commerçants de gros, doni il est d'abord l'employé pour ensuite devenir leur associé.Il accumule, lui aussi, une fortune considérable.Ces exemples s'ajoutent à ceux des frères Allan, de Donald Smith, de George Stephen dont nous avons déjà parlé.Évidemment, tous ne connaissent pas le même succès et n'ont pas la même importance.Ces individus forment la couche supérieure, dominante, de la bourgeoisie montréalaise et le noyau principal de la grande bourgeoisie canadienne.Ce groupe, somme toute assez restreint, contrôle des grandes institutions d'envergure canadienne, celles qui sont en mesure d'orienter le développement du pays, comme la Banque de Montréal, le Canadien Pacifique, la Compagnie de la Baie d'Hudson et quelques autres.Ses membres investissent dans de nombreux secteurs et se retrouvent à la tète de véritables empires financiers, commerciaux et industriels.Leur voix pèse parfois très lourd auprès des dirigeants politiques et ils déterminent les grandes orientations de l'économie canadienne.Les hommes nouveaux Mais la bourgeoisie montréalaise ne s'arrête pas là.Le plus gros de ses effectifs se trouve en réalite à un autre niveau, intermédiaire: celui des entrepreneurs spécialisés dans une activité particulière et dont l'action se limite à l'échelle régionale.C'est sans doute à ce niveau que l'expansion de l'économie montréalaise permet le plus la montée d'hommes nouveaux, de ces self-made men encore nombreux à l'époque.C'est là aussi que se trouvent la plupart des grands entrepreneurs canadiens-français qui émergent durant la seconde moitié du 19e siècle.Certains sont originaires de Montréal, comme Olivier Faucher qui y est né en 1844.Fils d'un marchand de quincaillerie, il commence sa carrière comme employé dans le commerce de son père, dont il devient l'associé en 1867 et auquel il succède en 1876.Il fait des placements fonciers considérables dans l'ouest de Montréal.Un autre Montréalais de naissance, Charles-Séraphin Rodicr Jr, ne profite pas des mêmes antécédents.Né en 1818, fils de boulanger, il débute comme menuisier et devient graduellement entrepreneur en construction dans les années 1830.C'est vers 1850 qu'il entreprend une deuxième carrière, en mettant sur pied une manufacture de machines agricoles dans l'ouest de Montréal et en se lançant dans l'acquisition de propriétés foncières sur une grande échelle, aussi bien dans la ville que dans les paroisses rurales environnantes.À sa mort, en 1890, il est considéré comme l'un des plus riches Canadiens français de Montréal et les journaux évaluent sa fortune à deux millions de dollars.De la campagne.Mais la plupart de ces bourgeois canadiens-français sont originaires de l'extérieur de la ville et viennent à Montréal pour y faire fortune.Joseph-Octave Villeneuve est né à Sainte-Anne-des-Plaines en 1837.Il fait son apprentissage comme commis dans un magasin.Il lui faut plusieurs années avant de se lancer en affaires à son propre compte.Il débute comme épicier en 1868 puis met sur pied un commerce d'épicerie en gros.Il étend ensuite ses activités à d'autres secteurs, lançant une ligne d'omnibus, organisant une entreprise de commerce de bois.On le retrouve plus tard au conseil de sociétés comme la Banque lac- Histoire de Montreal depuis la Confôdcmtion ques-Cartier, la Banque Nationale et Dominion Cottons.Il mène par ailleurs une carrière politique aux niveaux municipal et fédéral.C'est également le commerce d'épicerie qui permet l'ascension d'Hormisdas Laporte, né à Lachine en 1850 et fils de meunier.Lancé très jeune sur le marché du travail, on le retrouve d'abord dans une manufacture de clous puis comme commis dans une épicerie.Il débute à son compte vers 1870 et fonde, onze ans plus tard, l'épicerie en gros qui assurera sa fortune.11 sera l'un des leaders du groupe réformiste au conseil municipal de Montréal et deviendra plus tard président de la Banque Provinciale.|can-Baptiste Rolland présente un autre type de ce nouvel entrepreneur canadien-français.Fils de cultivateur, il arrive à Montréal en 1832, n'ayant à peu près pas un sou en poche.U fait d'abord son apprentissage comme typographe puis, après quelques années, devient imprimeur.En 1842, il fonde un commerce de librairie et de papeterie qui se révèle un succès.Il amasse une fortune dont il investit également une partie dans la construction immobilière et la propriété foncière.Parce que son commerce rencontre des difficultés d'approvisionnement, il décide, en 1882, de créer une manufacture de papier qu'il installe à Saint-Jérôme.Jean-Baptiste Rolland, qui meurt en 1890, fonde une véritable dynastie, plusieurs générations de Rolland devant se succéder à la tête de l'entreprise papetière.Ces incursions du côté de la production industrielle ne sont cependant pas le cas de la majorité des entrepreneurs canadiens-français, qui réalisent surtout leur fortune dans le commerce de gros, les entreprises de construction et la promotion foncière.Les Canadiens français restent d'ailleurs minoritaires au sein de la bourgeoisie montréalaise même si, globalement, ils améliorent leurs positions durant cette période.La montée de la bourgeoisie devient particulièrement visible dans l'espace montréalais de cette période.(.) La nécessité de quitter le centre-ville, à compter du milieu du siècle, pour faire place aux espaces commerciaux et aux entrepôts, leur en fournit l'occasion.L'un après l'autre, ils font construire, sur les pentes du mont Royal, dans le quartier Saint-Antoine, de somptueuses résidences, à l'allure de petits châteaux, comme le célèbre Ravenscrag de Hugh Allan.Ils deviennent collectionneurs.La collection de peintures de William Van Hor-ne est particulièrement réputée.Ils encouragent les artistes canadiens par le mécénat.Ils possèdent de somptueux attelages.Ils sont membres de cercles célèbres, au recrutement très sélectif, comme le St.James Club et le Mont-Royal Club.Ils appartiennent à des sociétés récréatives et sportives recrutant leurs membres dans la haute bourgeoisie, comme le Montreal Hunt Club ou certains clubs de raquetteurs.Cette mentalité «nouveau riche» se manifeste chez les bourgeois tant anglophones que francophones.Les hommes d'affaires montréalais mettent aussi sur pied d'importants organismes ayant La vie de la classe ouvrière Paul-André Linteau pour but de faire valoir leur point de vue auprès des gouvernements et, plus généralement, de promouvoir les intérêts économiques de Montréal.La plus importante et la plus ancienne de ces organisations est le Montreal Board of Trade, qui représente les intérêts de l'ensemble de la moyenne et de la grande bourgeoisie de Montréal.Il publie annuellement des rapports qui fournissent de nombreux renseignements statistiques sur l'évolution économique de la vile.Son domaine privilégié d'intervention est, sans contredit, la lutte pour l'amélioration et le progrès du port de Montréal et de la navigation sur le Saint-Laurent.Solidement représenté parmi les commissaires du Havre de Montréal, le Board of Trade fait continuellement campagne pour obtenir du gouvernement canadien une participation financière beaucoup plus substantielle aux dépenses liées à la navigation et aux installations portuaires.U s'intéresse également de près à tout ce qui touche l'administration municipale: ouverture de rues, éclairage, services publics et autres travaux du même genre.U manifeste déjà son opposition aux dépenses inconsidérées et au patronage et, vers la fin du siècle, commence à militer pour une réforme de l'administration municipale.Ce dernier type d'intervention deviendra beaucoup plus important au début du 20e siècle.Globalement, le Board of Trade vise à promouvoir les intérêts économiques de Montréal et le maintien de sa domination sur l'économie canadienne.Le Board of Trade est massivement dominé par les hommes d'affaires canadiens-anglais et les quelques Canadiens français qui en sont membres s'y sentent nettement minoritaires.C'est pourquoi un certain nombre d'entre eux, dans les années 1880, proposent la mise sur pied d'une organisation distincte pour les francophones.Le projet suscite des oppositions: certains, comme Louis-Edouard Morin, suggèrent plutôt une participation plus active des Canadiens français au Board of fTrade pour faire entendre la fvoix des francophones.Mais une telle opposition reste minoritaire et la majorité des hommes d'affaires canadiens-français décide, en 1887, de créer la Chambre de commerce du district de Montréal.Les promoteurs de la nouvelle organisation déclarent bien haut qu'ils ne veulent pas concurrencer le Board of Trade mais plutôt rejoindre une autre clientèle et promouvoir les intérêts spécifiques des Canadiens français.Effectivement, les plus importants hommes d'affaires francophones seront membres des deux organismes et il arrivera parfois que l'un d'entre eux siège au conseil des deux sociétés.En de nombreuses occasions, la Chambre de commerce et le Board of Trade mèneront des actions conjointes car ils ont de nombreux intérêts en commun.Il y aura aussi des oppositions puisqu'en défendant les intérêts des francophones, la Chambre se trouvera parfois à remettre en question ceux des anglophones.(.) La présence de ces deux organismes montre les problèmes à la fois d'intégration et de différenciation que les clivages ethniques et sociaux peuvent créer.our le Montréalais ordinaire, il n'est guère possible de changer quoi que ce soit à ces conditions de vie.L'un des facteurs importants de celte situation est l'insuffisance du revenu ouvrier.Les salaires sont généralement assez bas et n'évoluent guère.Dans les années 1880.un journalier reçoit entre 6 S et 9 $ par semaine et un ouvrier qualifié peut obtenir, dans de bonnes conditions, le double de cette somme.Le salaire des femmes est cependant bien inférieur.Quand elles travaillent dans une filature, elles obtiennent de 5 $ à 7,50 S par semaine et, si elles occupent un emploi de modiste, elles gagnent moins de 4 $.Les employeurs peuvent maintenir les salaires à un bas niveau, car la main-d'oeuvre est abondante et on trouve toujours quelqu'un pour remplacer un employé mécontent, surtout s'il occupe un emploi n'exigeant pas de qualifications.De plus, dans plusieurs secteurs, les entrepreneurs peuvent, grâce à la mécanisation, remplacer des artisans qualifiés par du personnel sans qualification et, parfois, par des enfants a qui ils versent un salaire bien inférieur.Et, situation aggravante, rares sont les travailleurs qui peuvent compter sur un revenu régulier 52 semaines par année.11 existe à Montréal un important chômage saisonnier, qui frappe surtout en hiver, quand le port est fermé et que les activités de construction sont presque arrêtées.Débardeurs, charretiers, menuisiers et journaliers sont alors condamnés au chômage.S'ajoutent à cela, dans le secteur industriel, les arrêts de production par les entrepreneurs, qui ont tendance à fermer leurs usines pour une période plus ou moins longue quand la demande baisse.Dans les années 1880, l'ouvrier moyen consacre de 55 p.cent à 65 p.cent de son budget à ïa nourriture et de 15 p.cent à 25 p.cent au loyer.11 lui reste donc bien peu pour vêtements, les meubles et les autres besoins de la vie courante.Ainsi, l'ouvrier montréalais est coincé.Son salaire est si bas et si irrégulier qu'il doit trouver d'autres solutions pour boucler son budget.Le principal moyen est évidemment de mettre à contribution les autres membres de la famille.Tous ceux qui sont en mesure de le faire doivent contribuer au revenu familial en travaillant, qui comme apprenti dans une usine, qui comme domestique, qui comme couturière à domicile.Les femmes et les enfants sont enrôlés dans cette quête d'un revenu familial minimum.Enfants en usine Il n'est pas rare de voir dans les usines des enfants de 8 ou 10 ans.Ils y ont un statut d'apprenti, ce qui justifie les patrons de leur verser un salaire très bas, ne représentant guère plus que le quart du montant versé à un adulte de sexe masculin.Ce sont souvent les parents travaillant en usine qui y amènent leurs enfants dans l'espoir de les voir embauches.La Commission royale d'enquête sur les relations entre le Capital et le Travail reçoit plusieurs témoignages en ce sens.À leurs débuts, les enfants sont généralement employes à des tâches simples, de type auxiliaire, et ce n'est que peu à peu qu'ils sont initiés à l'usage des machines.L'emploi des enfants en usine se répand à Montréal dans les dernières décennies du 19e siècle.11 faut dire qu'un grand nombre de travailleurs montréalais sont d'origine rurale et qu'ils ont été habitués à faire travailler très tôt leurs enfants.En effet, la ferme familiale exigeait la participation de tous les membres de la famille dès qu'ils étaient en mesure d'apporter leur contribution aux travaux agricoles.Le même principe est donc appliqué par la famille après son installation à la ville, au detriment, forcément, de l'éducation des enfants.La question du travail des enfants provoque des reactions de plus en plus vives dans les pays industrialise^ au cours des dernières décennies du 19e siècle.A Montreal, les chroniqueurs ouvriers de la presse quotidienne ainsi que d'autres réformistes dénoncent cette pratique.Il semble toutefois qu'il faille nuancer le tableau souvent sombre qu'on en donne.Dans une étude portant sur les quartiers Sainte-Anne et Sainte-Marie en 1871, Bettina Bradbury constate vjii'il y a en moyenne 1,6 travailleur par famille et que ce chiffre es; plus élevé (1,8) dans le cas des travailleurs peu ou pas qualifies.Or.dans la tranche d'âge de II à 15 ans, 25 p.cent des garçons et 10 p.cent des filles ont un emploi, alors que ces pourcentages grimpent respectivement a 75 p.cent et 40 p.cent dans la tranche d'âge de 16 à 20 ans.On peut\" évidemment supposer qu'il y a,\"lui sous-enregistrement du travail des jeunes, en particulier pour les petits' emplois, tels ceux de garçon de causses ou de crieur de journaux.11 semble néanmoins évident que les contributions les plus substantielles au revenu familial viennent non pas du travail des tout jeunes enfants, mais plutôt de celui des adolescents et des jeunes adultes.Le phénomène est bien connu pour les jeunes filles qui, jusqu'à l'âge du mariage, sont souvent appelées à travailler tout en résidant avec leurs parents, contribuant par leurs maigres salaires à l'accroissement du revenu familial.Pour elles, il y a peu de variété.Ne leur sont généralement accessibles que les emplois très mal payés de domestiques ou d'ouvrières dans les filatures de -jr coton, les fabriques de chaussures ou de cigares et les autres usines pouvant faire appel à une main-d'oeuvre à bon marché.On retrouve aussi un certain nombre d'entre elles dans les services: vendeuses ou employées de bureau, mais ce sont là des secteurs où l'emploi féminin n'est pas encore développé.Ce type de travail féminin touche surtout les jeunes filles et les jeunes femmes, et le mariage y met très souvent fin.En effet, les femmes mariées ne représentent qu'une faible proportion de la main-d'oeuvre féminine.Certes, un certain nombre d'entre elles doivent, par nécessite, travailler au support du foyer, et c'est pour elles que sont créées, à partir des années 1860, ces garderies que sont les salles d'asile.Il s'agit d'institutions inspirées d'un modèle français, que mettent sur pied en milieu ouvrier les communautés religieuses de femmes.On y garde des enfants pour la journée, pendant que les parents sont au travail.La première salle d'asile (Saint-loseph ) a ouvert ses portes en 1858 et est dirigée par les Soeurs Grises, qui en créent quatre autres dans les décennies suivante: Nazareth ( 1861 ).Bethléem ( 1868), Saint-Henri ( 1885 ) et Sainte-Cunégonde ( 1889).De leur côté, les Soeurs de* hr' Providence administrent depuis I860 la salle d'asile Saint-Vincent-de-Pâul.Ces garderies répondent à un besoin réel, accueillant plusieurs milliers d'enfants de la classe ouvrière pendant les dernières décennies du siècle.Les femmes mariées qui ont un em- ¦ ploi à l'extérieur du foyer semblent\" toutefois l'exception.Plusieurs con^ tribuent cependant au revenu fami-»~ liai en travaillant à la maison comme couturières.L'industrie du vêtement, en effet, s'appuie en grande partie sur le travail à domicile.Les vêtements sont taillés à l'atelier de l'entreprise .pour être ensuite distribués à des femmes qui.chez elles, seules ou avec leurs filles, font l'assemblage et la.couture.Elles sont payées à la pièce, a des tarifs extrêmement bas.et doi;-.vent ainsi travailler de très longues\", heures pour gagner un maigre re?-venu.C'est le sweating system, un ré*\" ; gime d'exploitation des travailleuses; \u2022 particulièrement dur.Combien de mères de familles montréalaises sont embrigadées dans ce système, on ne peut pas le savoir précisément.Chose certaine, ce tvpe Je travaiK ; permet aux mères de rester au foyer et de surveiller leurs jeunes enfants tout en contribuant au revenu familial.Une autre façon pour elles d'y parvenir est d'accepter de loger et de nourrir des chambreurs qui apportj-ront une modeste pension.Dans l'échantillon de Ames, en 1897, envi- ' ron le tiers des familles ont un chambre ur.U ne faut pas exclure non plus la possibilité que des femmes mariées accomplissent du travail occasionne) rémunéré \u2014blanchisserie, menage, etc.Mais il faut surtout tenir compte de l'importance pour l'économie fay,\",\" miliale du travail non rémunère ef\u2014\u2014 fectué à la maison par la mère et ses', filles: cuisine, couture, entretien.Cette contribution est essentielle a l'équilibre du budget ouvrier.En recourant à de telles strategies de survie et en mettant au travail un certain nombre de ses membres, la famille ouvrière réussit quelque peu a améliorer sa position.Mais il ne faut pas se faire d'illusions.Le revenu fa mi liai global reste modeste, car les enfants et les femmes sont systématiquement sous-payés.Ils sont eux aus si sujets au chômage et a l'irrégularité de l'emploi qui touchent un grand nombre des ouvriers et des ouvrière^ L'insuffisance du revenu affecte Pense mble des eondit'h^s de vie, 1 r Les uns et les autres, _i_J.la presse, montreal, dimanche 16 fevrier 1992 Parlez-moi d'amour.Ile collectionne les couteaux et les rôles (neuf en trois ans).Iiulith Godrèche a fait le point pour le magazine Elle.\u2014 A dix ans.vous débutez dans le cinéma.À 15.vous quittez vos parents pour vivre avec un homme de vingt ans votre aîné.A 16 ans.vous achetez un appartement.À 17, vous tournez votre neuvième film.Aujourd'hui, à 18 ans.vous devez, vous sentir vieille?\u2014 Vraiment pas! D'abord, on me tutoie facilement.dans les boutiques, on m'appelle mademoiselle, pas madame.De toute façon, je ne me sens pas du même monde que les adultes! ( Elle regarde une femme, d'environ 40 ans qui se repoudre.) Alors ça, faire des trucs comme ça, \\ raiment, ça me fascine, je me dis que ça doit être ça la féminité, se repoudrer en public.Moi.je trouve ca obscene.\u2014 Avez-vous des amis de votre âge?\u2014 Pas beaucoup.Mais l'âge, ça ne veut rien dire.Ma meilleure amie a IS ans et mon meilleur ami 50.\u2014 Avez-vous des amis dans le milieu du cinéma ?\u2014 l'aimerais bien avoir une amie actrice Quelqu'un avec qui je serais en rivalité, avec qui on pourrait parler de projets, de boulot.En coulisses m ~\u2014- ; Jeremy irons n pense souvent que je suis m^KUp très classique, presque conventionnel.Sans doute à cause de mua physique, le me souviens d'un de mes premiers cours de théâtre.Quand le professe m'a vu débarquer, il a eu l'ai vraiment ennuyé.«Ah! si vous étiez né trente ans plus tôt!», m'a-t-il dit.Il trouvait mon physique démode.Mais, pour quelqu'un qui a Pair d'un Anglais des années 50.je ne me %% suis pas trop mal débrouillé, non?» Max LES MOTS IL Y A ANGUILLE SOUS ROCHE \u2014 Il y a quelque chose de caché.L'anguille étant au Moyen Age un des poissons les plus recherches, le dictionnaire Robert trouve curieux que l'expression ne signifie pas «il y a un profit caché».L'idée de manoeuvre souterraine viendrait de l'influence de l'ancien verbe guiller.H y a mémo deux verbes gui lier.Le premier, qui vient du néerlandais et signifie «fermenter» en parlant de la bière, était employé au sens de «couler, glisser, éviter le combat, se faufiler», tous sens qui s'intègrent facilement dans les connotations du mot anguille; le second, du francique wigila «ruse, astuce», signifie « tromper» et le jeu de mois entre guile, guildeei anguille est très \\ raisemblable.|e donnerais tout ce que j'ai pour redevenir anonyme.Kevin Costner 0 Lorsque je pense a ce que je serai devenu a 35 ans.je ne me demande pas «Quels films aurai-je tournes?» mais plutôt «Serai-je un bon pere?» Michael J.fox Les maris sont comme les incendies, il leur arrive de s'éteindre bêtement, comme ca ! Zsa Zsa Cabor Comment ai-je pu garder une telle forme?C'est simple, j'ai mené une VÎC exemplaire jusqu'à l'âge de six ans.Red Skelton Inutile de me plaindre, parce que si je devais mourir demain, j'aurai quand même eu la plus belle des vies.Magic Johnson m Judith Godrèche \u2014 Oui, par exemple?\u2014 |e ne sais pas précisément, mais j'adorerais connaître luliette Binoche ou Sandrine Honnaire.\u2014 Qu'est-ce qui est sexy pour vous?\u2014 Difficile à dire.En tout cas, je déteste le mot sensuel.Ça a un côté vieux, genre mégot de cigarette avec trace de rouge à lèvres.\u2014 Vous vous trouvez sexy ?\u2014 |'ai un corps avec des formes, une taille marquee, des hanches, des seins, assez Hollywood (elle dessine dans l'air avec ses mains deux courbes évocatrices).Alors que mon ideal de beauté, ce sont plutôt les hommes.Tas de seins, pas de fesses.l'aurais bien aime avoir «un truc».Enfin, ça n'est pas toujours pratique; un garçon, ça se voit tout de suite quand il a envie.\u2014 Quel genre de rôle rêvez-vous de jouer ?r\u2014 Une athlète, et que le metteur en scène me demande de m'entrainer pendant un an.l'aime courir, danser, tout ce qui va vite.\u2014 Vous trouvez In chair gaie?\u2014 Ça peut être très romantique, le cul.l'ai besoin de vivre des choses grandes, uniques.Deja.à dix ans, lorsque j'ai embrasse un garçon pour la premiere fois, je me suis dit que c'était l'homme de ma vie.\u2014 Quel mot employez-vous pour dire « faire l'amour » ?\u2014 |e dis «truquer».«Baiser», c'est juste sexuel.|e n'aime pas dire «faire l'amour».Les gens le disent à tout bout de champ, c'est glauque.Un mini James Bond.¦ Dustin Hoffman aimerait beaucoup incarner lames /fond dans un film, mais il avoue qu'il existe un petit problème: «Il me manque environ 10 pouces, expli-que-t-il.puisque tous les lames Bond ont toujours mesure au moins six pieds.» L'acteur ne perd toutefois pas espoir: «S'ils sont intéressés, ils pourront toujours me faire paraître plus grand en ayant recours à des effets spéciaux».¦ Sam Shepard va porter la triple casquette de réalisateur-acteur-scenariste popr son prochain film.Silent tongue for alive, l'histoire a la fin du siècle dernier d'un médecin ambulant.Q luliette Binoche devait interpreter le role de Nadine Vaujour, cette femme qui a fail evader son mari en hélicoptère il y a quelques années, dans La fille de l'air, mais elle a finalement préféré tourner avec le rem y Irons dans le prochai n film d e Louis Malle.¦ P ri née vient d'entamer une collection d'aspirateurs des années 50.o Paul Newman a acquis les droits de La v isite de la vieille dame, une des pieces les plus connues de l'écrivain suisse Friedrich Durren-matt.Il signera la realisation de ce film dont la vedette sera sa femme, loan ne Woodward.¦ Kyle Maela-ehlan, le héros de Twin Peaks, peut chanter et a fait savoir qu'il amerait bien avoir un rôle dans Les miserable* que Bruce Beresford réalisera au printemps, avec un budget de 40 millions de dollars.¦ Alain Corneau s'attaque a l'adaptation de Le beau rôle, un roman de Louis Gardel, l'auteur de Fort Saganne qu'il a realise en 1980.¦ Dernier chic a Tokyo: se marier en kilt dans une chapelle écossaise, avec-char a bancs, binious \"t fantômes.Voeux prononces en gaélique et traduits en japonais.Le tout pour deux mille dollars.¦ Whoopi Goldberg a accepté d'aller tourner à Sovveto, le township noir de Johannesburg, la version cinema de Sarafi-na.réalisée par le Sud-Africain Ananth Singh.Apres un triomphe a Broadway, la comédie musicale anti-apartheid de Mbongeni Ngema's, qui raconte le soulèvement des étudiants de Soweto en juin 1976.avait fait le tour dun monde, et une version filmée du spectacle avait été distribuée en salles.¦ Avec les millions que lui ont rapportes ses films, Clint liastwood pourrait employer des douzaines de serviteurs.Ll pourtant, il fait son lit lui-même et lave son linge chez lui.« l'aime que toutes mes affaires soient en ordre, explique-t-il.et quand je fais les choses moi-même, je sais qu'elles sont bien faites.» ¦ Cent trente collégiens de Nanchang Woody Allen en Chariot vu par Irving Penn.Photo tirée d'un ouvrage de Penn, En passant chez Nathan, comprenant 500 images.(Chine) ont du être hospitalises après avoir croque des pilules contraceptives, vendues comme des bonbons.Les enfants risquent des maladies du foie et une puberté précoce.¦ Do I lie Part on a subi une nouvelle opération de chirurgie plastique.Mais pas pour ce qu'on pourrait penser.Cette fois-ci, la reine du country a payé 15 000 dollars pour se faire enlever les taches de rousseur qu'elle portait au visage et dans le cou.b Les vendeurs d'un magasin de motos ont eu toute une surprise lorsque Candi-ee Bergen s'est présentée pour faire l'essai d'une fougueuse Harley-Davidson qu'elle paya rubis sur l'ongle, 14 500$, pour l'offrir a son mari, Louis Malle.Mais, ils n'étaient pas au bout de leur etonnement; elle revint le lendemain et en acheta une deuxième, cette fois pour elle-même.¦ Bouleverse par l'annonce de la séropositivité de Magie lohnson, lack Nicholson a verse tout son cachet pour A few gold men, son dernier film, à des associations qui se consacrent à la recherche contre le sida.b Robert Red-ford l'a échappé belle lorsque son ballon d'air chaud se dégonfla à 400 pieds d'altitude dans le ciel de la Vallée de Napa en Californie; il s'écrasa dans un bosquet d'eucalyptus.Bilan: un pouce fracture, plein de bleus, deux côtes fêlées et une dent ébréchée.II resta accroché à l'arbre trois quarts d'heure avant que les pompiers ne viennent a sa rescousse.n Le rappeur Hammer ne s'est pas fait d'amis lors d'une partie de balle-molle a laquelle participaient des vedettes rock pour une levée de fonds à des fins charitables.Des avant son arrivée, son gérant fit savoir aux organisateurs de l'événement que son nom n'est pas M.C.Hammer, mais Hammer tout court.Comme Madonna.11 refusa ensuite de s'alimenter au buffet de circonstance et commanda des plats cuisinés au restaurant.Contrairement aux autres vedettes, il exigea d'avoir une loge personnelle et après la soirée il exigea qu'on s'assure que le stationnement arrière par où il devait passer soit desert, de telle sorte qu'il puisse partir en paix.Peut-être qu'au prochain match, on oubliera de l'inviter.B Le président xte la République autrichienne.Kurt \\\\'aldheim.veut changer les armoiries de l'Autriche (un aigle portant dans ses griffes un marteau et une faucille).Le président des Verts à la Diète.Peter PU/., a proposé, soit un poulet rôti avec un couteau et une fourchette, soit une saucisse et un livret d'épargne.Sources AFP.Elle.Star.Examiner.Globe Les gaietés du country.our confondre les spectateurs.Dolly Part on s'est deja in cri te, à Los Angeles, a un concours de sosies.de Dolly Parton.Mais c'est elle qui fut confondue.Non seulement est-elle arrivée deuxième, mais c'est un travesti qui remporta la palme.( e n'est la qu'une des anecdotes sur les vedettes de la musique country rapportées par Alanna Nash, dans Dolly a Behind I loscd Doors I diking With the Legends of ( ounlry Music.En voici quelques autres \u2022 Crystal Gayle tient son nom d'un hamburger.La soeur de Loretta Lynn s'appelait Brenda Gail, mais elle a decide de ristalliscr» son prénom en voyant 1 annonce de la chaîne de restaurants Krystal, spécialisée clans les hamburgers.\u2022 Merle Haggard a passe près de trois ans a la prison de San Ouentin pour avoir cambriolé un bar qu'il avait cru ferme pour la nuit.C'est le gouverneur de Californie du temps.Ronald Reagan, qui lui accorda le pardon, et il devait plus tard donner un spectacle a la Maison-HIanche pour Reagan, justement.\u2022 Un Texas Ranger qui avait mis la main au i collet de lohnny Rodriguez, pour vol de chèvres, l'entendit chanter et lui suggéra de changer de carrière.\u2022 Lorvquc que, encore adolescente, Brenda I ee donna un spectacle en Allemagne, elle était précédée, en vedette américaine, par un groupe britannique a peu près inconnu.les Beatles*.m Way Ion lennings jouait de la basse dans le groupe de Buddy Holly et devait l'accompagner pour le voyage où ce dernier peril it la vie.en 1959, dans un accident 1 d'avion.A la dernière minute, il avait cédé sa place à /.R.Richardson, qui péril lui aussi dans l'accident.\u2022 Webb Pierce avait sur son ranch deux piscines en forme de guitare, sa voiture était «plaquée» de 4000 dollars en argent, d'authentiques pistolets servaient de poignées pour les portieres de son auto dont le klaxon avait été trafique pour rappeler un hennissement.\u2022 lohnny Cash a eu deux côtes fracturées par une ruade de son autruche domestique.\u2022 Les/chansons country ont souvent des litres bien bizarres.Voici la traduction île quelques-uns d'entre eux: Vas-y, lesus, hottes-moi (À //avers le but de la vie), \u2014 Ta femme nous trompe encore, \u2014 Merei à Dieu et a la Greyhound, tu es partie \u2014 Mers tes biscuits au four et tes fesses dans le lit.Spectacles CINEMA ADDAMS FAMILY Eaton.12 h 35.14 h 45, 16 h 55, 19 h 05.71 h 25 AMERICAN TAIL 2.FIEVEL C0ES WEST Cinema Pointe-Claire (6): Sam .dim .13 h.15 h.17 h Plaia Cote des Neiges (4).Sam .dim 13 h 35.15 h 15 17 h ANALYSE FATALE Bern 13 h 30.16 h.19 h.21 h 25 Carrefou.Laval (S) 19 h 21 h 30.sam .dim 13 h 15.16 h.19 h.21 h 30 Cinema lannHler (51:19 h.21 h 25.sam dim 13 h 15.15 h 45.19 h.21 h 30 Dernier spectacle ven sam 73 h d5 Cinema Terre-bonne «3» 19 h.21 h 30.sam .dim.mar 13 h 15.15 h 45.19.21 h 25 Oermer spectacle ven .sam 23 n 45 Capitol ISt-Jean): 19 h.21 h 20.dim 13 h.15 h 20.19 h.21 h 20 Cinema Juliette t2l 19 h 21 h 30 dim 13 h 30.16 h.19 h.21 h 30 Carrefour du Nord (St Jerome).Pour horaire 436 5944 Cinema Capitol (41 19 h.21 h 30.sam .dim 13 h 30.19 h.21 h 30 L'AUTRE Cineplex Centre-Ville (31: 13 h 10.15 h 10 17 h 10 21 h 10 Longueuil 111: 19 h 21 h 30.sam .dim 14 h 16 h 30.19 h.21 h 30 AUX YEUX OU MONDE Parisien (7): 12 h 45 15 h.17 h 05.19 h 15.21 h 30.sam 12 h 45.15 h.17 h 05.21 h 45.mere.: 12 h 45.15 h 17 h 05.21 h 45 BEAUTY AND THE BEAST Cinema Oorval: 19 h.sam .dim 13 h.15 h.17 h.19 h Palace (6): 13 h 10 15 h 10.17 h 10.19 h 10 21 h 10 Dernier spectacle sam 23 h 10 BEINC AT HOME WITH CLAUDE Bern (11 13 h 15 15 h 15 17 h 15.19 h 15.21 h 15 Brossard 131 19 h 15.21 h 30 sam .dim 13 h 15 h 17 h.19 h 15 21 h 30 Carrefour Laval (6): 19 h 15 21 h 15 sam .dim 13 h 15 15 h.17 h.19 h 15 21 h 15 Cinema Langelier (21 19 h 15.21 h sam dim 13 h.14 h 40.16 h 20.14 h.19 h 45.21 h 30 Dernier spectacle ven .sam 23 h 15 Cinema Terrebonne (51: 19 h 15.21 h.sam .dim .mar 13 h 14 h 20 16 h.19 h 45 21 h 30 Dernier spectacle ven sam 23 h 15 Boite a films (11.19 h 15.21 h 15 dim 13 h 15 15 h 15 19 h 15.21 h 15 Cinema Jollette (1): 19 h 21 h 30.d.m 13 h 30 16 h 19 h.21 h 30 Carrefour du Nord (St-Jerome): Pour horaire 436-5944 LA BELLE ET LA BETE Cinema Terrebonne (7): 16 h 45, sam .dim .mar 13 h.18 h 45 Cinema Laval: sam.dim.: 13 h.15 h.17 h Eaton: 12 h 30.14 h 30.16 h 30 Versailles (6): sam.dim 13 h 15.15 h.17 h Du Plateau: 13 h 15 15 h 15.17 h 15 Chateauguay: sam .dim 13 h.14 h 45.16 h 30 Omega Longueur Sam .dim : 13 h.14 h 45.16 h 30 BEST OF THE BEST Cinema Laval 19 h 10 20 h 10 sam .dim 12 h 40 14 h 40 17 h 19 h 10 21 h 10 Dernier spectacle sam minuit Eaton 18 h 30 21 h ieu 21 h 10 Versailles (6»: 19 h 30.sam .dim 15 h 19 h 30 Dernier spectacle sam 23 h 50 Omega Longueuil 19 h 21 h BUCSY (FR.) Astre 11) 19 h 21 h 30 sam dim 13 his.16 h.sam dim 13 h 15 16 h 19 h 21 h 35 Oermer spectacle ven .sam .23 h 50 Cinema Terrebon-ne«8» 18 h 50 21 h 35 sam dim .mar 13h20.16 h 18 h 50 21 h 20 Boite a films 12» 19 h 21 h 30.dim 13 h 15 h 30.19 h.21 h 30 Cinema Capitol 121: 19 h 21 h 30 sam .dim 13 h 30.19 h 21 h 30 Cinema Laval: 18 h 25.21 h 15.sam.dim 12 h 35.15 h 30 18 h 25.21 h 15 sam .dim 12 h 35 15 h 30 18 h 25.21 h 15 Dernier spectacle sam 23 h 45 Versailles (6) 12 h 30 15 h 20 18 h 15 21 h Dernier spectacle sam 23 h 55 Chateauguay: 19 h.21 h 45.sam .dim 13 h 15 h 45 19 h 21 h 45 Omega Longueuil: 19 h.21 h 45 sam dim 13 h 15 h 45 19 h 20 h 45 BUCSY Palace 16) I?h30 15 h 20 18 h 10 21 h Dermer spectacle sam 23 h 30 CAPE FEAR P!a*aCote-de'.-Neigesl4l 19 h 05 21 h 30 Bona-venture 11) 19 h 71 h 25 CAPITAINE CROCHET Cinema Terrebonne 14) 16 h 45 sam dim .mar 13 h 15 h 45 16 h 45 Cinema Laval: 18 h 30 21 h 20 sam dim 12 h 40 15 h 20.18 h 30 21 h 20 Dernier spectacle, sam 23 h 45 Parisien 171: 12 h 30 15 h 25 18 h 15 21 h Versailles 16»: 18 h 30 21 n 15 sam d«m 13 h 15 h 50.18 h 30 21 h 15 Dernier spectacle sam 23 h 50 Du Plateau.19 n.21 h 30 Chateauguay: sam dim 13 h.15 h 45 Omega Longueuil: 19 h.21 h 35 sam .dim 13 h 15 h 35 19 h 21 h 35 CAUGHT FROM BEHIND Eve: 11 h 75 14 h 10 16 h 55 19 h 40 DELICATESSEN Cineplex Centre-Ville : 21 h 10.sam.dim .mar 15 h 05.21 h 15 Dernier spectacle: ven .sam.: 23 h 25 Cinema Laval.19 h.21 h 20.sam .dim.: 12 h 20.14 h 40.16 h 50.19 h.21 h 20 Dernier spectacle sam 73 h 40 Parisien (71: 1?h 15.14 h 25 16 h 45 19 h.71 h 25 Versailles (61: 18 h 50 21 h 10- sam dim 12 h 15.14 h 30.15 h 45.18 h 50 71 h 10 Dernier spectacle sam 73 h 30 Chateauquay 19 h 70 71 h 30 sam dim 13 h 15 h 05 17 h 10 19 h ?0.21 h 30 Dernier specta de ven sam 23 h 30 Omega Longueuil: 19 h 15 20 h 30 LA MAR0UE DE ZARA Biiou 11 h 30.14 h 70 17 h 10 70 n MEDECINE MAN Cinema V 19 h 20 71 h 30 sam dim 17 h 45 14 h 50 17 h 10.19 h 70 71 h 30 Cinema Greenfield 19 h 71 h 15 sam dim 17 h 15.14 h 30.16 h 45 19 h 71 h 15 Fairview: 19 h 15.71 h 30 vim dim 17 h 30 14 h 45.17 h.19 h 15.21 n 30 Cinema Laval.19 h 10 21 h 30 sam .dim 12 h 30 14 h 40 16 n 50.19 h 10.21 h 30 Oermer spectacle sam 23 h 50 Cinema Laval: 12 h.14 h 15 16 h 45.19 h.21 h 30 MON ONCLE D AMERIQUE Cinema Festival: 19 h.21 h 20.dim 14 h 10 h 30 19 h 71 h 70 MY GIRL Faubourg Ste-Cathcrine 14) 14 h 16 h 30.19 h 71 h 15 NAKED LUNCH Faubourg Ste-Cathenne 12».13 h 30 16 h 30.19 h 10 21 h 40 Plaza Cote-des-Neiges (3>: 19 h 10.?1 h 30.sam .dim 13 h 30 15 h 50.19 h 10.21 h 30 LE PERE DE LA MARIEE Cinema Terrebonne 12».19 h 05.sam .dim .mar 13 h 17 h 10.19 h 10 Cinema Capitol (3): 19 h.sam .dim 13 h 30 19 h Cinema Laval: 19 h 25 21 h 40 sam dim 12 h 35.14 h 50 17 h 10.19 h 25.21 h 40 Dernier spectacle sam minuit Versailles (6» 19 h.21 h 30 Oermer spectacle sam 23 h 40 Du Plateau 12 h 15.14 h 30.17 h iiJ h 10 21 h 20 LE PIANISTE Cineplex Centre-Ville 19» 13 h 13 16 h 10.19 h 21 h 30 LE PRINCE DES MAREES Dauphin 12): 19 h 15,21 h 3S.sam dim I3h20 16 h 19 h 15 21 h 35 Carrefour Laval 14): 19 h 05 21 h 35 sam .dim 13 h.15 h 50.19 h 05.21 h 35 Cinema Langelier (11: 19 h.21 h 30.sam dim 13 h 15 16 h.19 h 05.21 h 35 Cinema Commodore (Cartierville): 19 h 21 h 15.sam dtm 13 h 30.16 h.19 h 21 h 15 Chateauguay 19 h.21 h 30 PRINCE OF TIDES Cinema Egyptien (31:13 h 15 13 h 19 h 21 h 45 Cinema Pointe-Claire (11: Sam .Dim 13 h 15.16 h 15 19 h 21 h 40 Sem 19 h.21 h 40 Plaia Cote des Neiges (21:19 h 05.21 h 35.sam .dim 13 h 45.16 h 30.19 h 05 21 h 35 Bonaventure 12» 19 h.21 h 35 ROBE NOIRE Cineplex Centre-Ville (5» 19 h 20 21 h 30 RUSH V.F.Cinema Laval: sam dim 13 h 30 16 h 10 Eaton SUITE A LA PAGE C 9 Palmarès r.VIDÉOCLIPS PALMARÈS MUSIQUE PLUS CS SD NS\t\t\tARTISTE- TTTRE\t\t\t\t 1\t2\t8\t112\t16\t8\t9\tMICHAEL JACKSON BUck or «Me 2\t4\t8\tENYA\t17\t24\t3\tSIMPLY RED ton 3\t5\t7\t\u2022 KASHTIN stàgeu\t18\t9\t7\tSALT-N-PEPA Le! s tilt ibc.lsei 4\t6\t7\t'TOM COCHRANE No Regrets\t19\t25\t2\tRIGHT SAID FRED ImToo Sen; 5\t7\t9\t'KATHLEEN Hob\t20\t11\t8\t'JOE BOCAN Mart 6\t1\t11\t'CELINE DION D«i mots ;- ¦ wnnert\t21\t13\t7\tL'AFFAIRE LOUIS TRIO Chacun de son c6te 7\t10\t7\t'NICOLAS Oxce\t22\t26\t2\tMARIAH CAREY CmUelGo 8\t12\t4\tG.MICHAEL & E.JOHN DwtLetTneSvnGoOwnOft-\t23\t16\t14\t1M ITS OU Lettt i un cortoi 9\t3\t11\tNIRVANA Sn«*s Lie Teen Spmi\t24\t30\t1\tGENESIS I Cant Dance 10\t14\t5\tFRANCIS CABREL PetteMane\t25\t27\t2\t'PIERRE FLYNN 0j nous ova 11\t15\t5\tPRINCE bamondsAnd Pearls\t26\t28\t1\tPAULA ABDUL Vtteology 12\t17\t6\t-CLAUDE DUBOIS\t27 29\t\t1\tETIENNE DAH0 \t\t\tPai question datentxe\t\t\t\tSaudade 13\t18\t4\t'CE CE PENISTON\t28\t\u2014\t\u2014\tGUNS N' ROSES l*e and let Ce 14\t21\t3\tBRYAN ADAMS There v9 r*i« be k-JV.v.\t29\t\u2014\t\t'LES B.B.Dowe moi «M elwee 15\t20\t6\tDIRE STRAITS\t30\t\t\tMR.BIG To berth yon CS: Cette semaine.SD: Semaine dernière.NS: Nombre de semaines au palmarès.Les titres ènumèrès sont les disques compacts et videoclips qui se sont le mieux vendus cette semaine. LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 16 FEVRIER 1992 C9 SUITE DE LA PAGE C 8 13 h 50.18 h 30 Versailles (6): 21 h 30.sam.dim 12 h 30 17 h.21 h 30.RUSH Eaton 16 h.21 h 05 SCANNERS 3 Plice Alexis Nlhon 12): 13 h.15 h.17 h.19 h.21 h Cinema Pointe-Claire 13): 19 h 20.21 h 30.sam.dim 12 h 50.15 h.17 h 10.19 h 20.21 h 30 Plaza CotedesNelges (71: 19 h 15.21 h 20.sam .dim 13 h 40.16 h.19 h 15.21 h 15 Berri «5): 13 h 30.15 h 30.17 h 30.19 h 30.21 h 30.Carrefour Laval (1): 19 h 10.21 h 10.sam.dim.13 h 10.15 h 10.17 h 10.19 h 10.21 h 10.Cinema Terrebonne (4): 21 h 15.sam .dim., mar.21 h 15.Dernier spectacle 23 h 15 LE SECRET EST DANS LA SAUCE Complexe Desjardlns «11: 13 h 45.16 h 25.19 h.21 h 30 Brossard (1): 19 h.21 h 30.sam .dim : 13 h 15.16 h 15.19 h.21 h 30 Carrefour Uval 15).19 h 05.21 h 35.sam .dim 13 h 05.16 h 05.19 h 05.21 h 35 Cinema LangeUer (6): 19 h.21 h 30.sam .dim 13 h.15 h 30.19 h.21 h 30 Cinema Terrebonne (6): 16 h 50.21 h 20.sam .dim .mar 13 h.15 h 30.16 h 50.21 h 20 SHINING THROUGH Place Alexis Nlhon (1): 13 h.14 h.19 h.21 h 30 Cln«ma Égyptien (1): 13 h 20.16 h 05.19 h.21 h 45 Cinema Pointe-Claire (5): 19 h.21 h 35.sam.dim 13 h.16 h.19 h.21 h 35 Plaza Cotedes-Neiges 16): 19 h.21 h 35.sam.dim 14 h.16 h 30.19 h.21 h 35.Clneplex Centre-Ville (6): 13 h 05.16 h.19 h 05.21 h 35 Carrefour Uval (2): 19 h.21 h 30.sam dim 13 h 05.16 h.19 h.21 h 30 Aitre 13) 19 h.21 h 30.sam .dim 13 h.15 h 45.16 h 45.21 h 15 Dernier spectacle von .sam .23 h 45 STAR TREK VI Eaton 13 h ?5.15 h 50.19 h.21 h 25 TAKE IT OFF! Eve 10 h 10.12 h 55.15 h 40.18 h 25.20 h 10 TALONS AIGUILLES Cinema Lava! 19 h.21 h 40 Dernier spectacle: sam 23 h 50 Parisien 17) 13 h 30.16 h 15.18 h 50.21 h 20 TENTATION DE VENUS Clneplex Centre-Ville (4): 13 h 30.16 h 05.19 h.21 h 25 TOTO LE HEROS Cinema Festival: 19 h 30.21 h 15.dim : 13 h 30.15 h 30.17 h 30.19 h 30.21 h 15.TOUS LES MATINS DU MONDE Complexe Deslardlns (2): 13 h.15 h 10.17 h 20.19 h 30, 21 h 45 Dauphin (1) 19 h.21 h 30.sam.dim 14 h 16 h 30.19 h.21 h 30 VAN GOGH Parisien 17): 13 h.16 h 30.20 h VOLERE VOLARE (L'AMOUR AVEC DES GANTS) Complexe Desjardlns (4): 13 h.15 h.17 h.19 h.21 h WAYNE S WORLD Cinema V 19 h.21 h 10.sam dim 12 h 30.14 h 30.16 h 35.19 h.21 h 10 Cinema Dorval: 19 h 05.21 h 15.sam.dim : 12 h 35.14 h 45.16 h 55.19 h 05.21 h 15 Cinema Greenfield: 18 h 15.21 h 05.sam .dim 12 h 05.14 h 15.16 h 30.18 h 50.21 h 05 Cinema Laval: 19 h.21 h.sam .dim.: 12 h 30.14 h 40.16 h 50.19 h.21 h Dernier spectacle sam 23 h 40 Palace (6): 12 h.14 h 15.16 h 30.18 h 45.21 h Dernier spectacle sam.23 h 15 SAIJJIS DE KKPFRTOIRK THE ADJUSTER (L'EXPERT EN SINISTRE) Cinema Parallèle \u2022 19 h et 21 h BLACK ROBE Cinema de Paris: 19 h 15 BARTON FINK VF.Cremaile: 16 h 45 rt 21 h 30 THE BUTCHER'S WIFE Decarle: 13 h 45 et 18 h 45 CAPE FEAR Rialto: 19 h.CURLY SUE Cinema de Paris: 17 h.DELICATESSEN Riatto: 17 h EL DORADO Outmetoscopt: 19 h.LA FEMME PUBLI0UE Ouimetoscope: 21 h 30.THE FISHER KING Rialto: 14 h 30 FAUT PAS DIRE A MAMAN Cremane 15 h.19 h 15 FOR THE BOYS Decarie: 16 h et 21 h HENRY V Cinema de Paris: 14 h 30.LEGEND Ouimetoscope: 16 h 30.LITTLE MAN TATE Cinema de Paris: 21 h 30 (tCQAGO KKJOlB un Film oi PftOF HfUftl LA0ORIÎ \u2022 Toui let ii¦ \u2022 ¦ 7h, 9hJ0 Dln.i 2k, 4hJ0, 7b, 9h20 849-7277 3$, KILTOM (.»jli CloA/SkttkfMk») rs\"j^j5 ifM U HERos i i V fMii l»i t aim 7hl0.ft IS un rnj* oc JACO VAN Toe 3 l«i celrti 7k)0, ?H3 DORMAEL Mer.«I mm.! Sh)0, 7h30, this a I-i.i 1 h J0, 3 b 3 0, 5 k 30, 7 b 30, Çblî \tWsB\t\t\tGRAND m CANYON ?DgPSssT irai\t\t\t \t\t\tm «\u2022¦\u2014->!\t\tVER'\thon omiginai f angiais\tE \ttill tu« it! CâTMlM\t4 0\t[£\\ COTt-DIS-NEICt\t\tiu\\ riA-tCMUMM*\t'.MfPBPOOM\t FAMOUS PLAYERS 1 INFO-FILMv 866-0111 11h00 o 22hOO CES HORAIRES COUVRENT LA PERIODE DU 16 AU 20 FEVRIER INCL.?* CENTRE-VILLE ?* * CENTRE EATON 6 705o.Ste-Caihcrine ,985-5730 STAR TREK VI (O) 1:25-3:50-7:00-9.25 FREE JACK (14) 1 -.15-3.3^6:45-9:15 ADDAMS FAMILY (14) 12:35-2:45-4 55-7:05-9:25 RU8M V.F.(14) 1:306-30 RU8H (14) 4009:05 LA BELLE ET LA BETE (Q) 12 302 30-4:30 BEST OF THE BEST (14) 6:30900 joud.9:10 FATHER OF THE BRIDE (Q) 12:202:304:35-6.55-9 20 mardi 12 20-4:35-6:55-9 20 CINÉMA DU PARC 3575 Ave.du Parc 844-9470 FINAL ANALYSIS (14) Tous (es sors 6 30-9 05 d»m 1:304:006 309.05 JFK (14) Tous i*>s sc:'3 3 00 ri m 1:004 308:00 HAND THAT ROCKS THE CRADLE (14) Tous tes soirs 7 009 15 d*n 12:15-2:304 45-7 009*15 CINEMA DU PLATEAU , 1584e Mom-Royol 5^1^7870 PERE DE LA MARIEE (Q) 12 15-2:305.007:109-20 LA BELLE ET LA BETE (G) 1 15 3 15-5:15 CAPITAINE CROCHET (Q) 7 00-9 30 IMPERIAL THX 1430Bleury 288-7102 MEDICINE MAN (G) 12 00-2 15-4 45 7 0O9 30 LE PARISIEN 480 o Ste-CotHèrine 866-3856 DE HOLLYWOOD A TAMANRASSET (G) 3 107 20 LA DOUBLE VIE DE VERONIQUE (G) 12 50-5 15-9.25 CAPITAINE CROCHET (Q) 12 30-3 25-615-9 00 AUX YEUX DU MONDE (Q) 12:45-3 0O5.C5-7 15-9:30 mercredi 12 45-3 OO-b 05 9 45 VAN GOGH (Q) ' \" n 30-8 00 LA MAIN QUI BERCE L'ENFANT (14) 12:15-2 25-4.45-7 00-9.25 TALONS AIGUILLÉS (Q) 1 30 4 15-6 50-9 20 BUG8Y V.F.(14) 12 30-3 206 15-9 00 LOEWS 9540.516-001^10^61-7437 FINAL ANALYSIS (14) 12:45-3 306.15-9.00 J PK (14) 12 304 15-6 00 HEAR MY SONG (G) 12 202:405 0O7 15-9 30 HOOK (G) 12 35-3 206 109:00 lundi 12:35-3 20-9.15 HIGH HEELS (G) 1 15-3 45-6 209 15 lundi 1 15-3 45-9 15 PALACE 698 o.sVe-Coiherine 866-6991 WAYNE'S WORLD (Q) 12 0O2 15-» 30-6 45 g 00 HAND THAT ROCKS THE CRADLE (14) 12 15-2 304 507 1O9 30 JUICE (14) 12 05-2 204 35-6 50^15 LAST BOY SCOUT (18) 12 202 35-4 55-7 20-9 35 BUQSY (14) 12 303 206 109:00 BEAUTY AND THE BEAST (G) 1 10-3 10-5 10-7 10-9 10 ***** OUEST * * * * CINEMA V \" -.- / '\"\"A* V.:.5560 o.Sherbrooke\" 489-55S9 MEDICINE MAN (G) Tous Un soirs 7:209:30 dim 12:45-2:505-107:209:30 WAYNE'S WORLD (G) Tout Im toir* 7:009:10 dur 12:302:304:35-7 0O9-10 ***** EST * * * * * Place Versailles 353-7880 VERSAILLES LA MAIN QUI BERCE L'ENFANT (14) Tous tot sors 6 509:10 dim 12 15-2 30-4 45-6 509:10 FINAL ANALYSIS (14) Tous Its so** 6 309 00 dim 1:003:406:309:00 LA BELLE ET LA BETE (G) dim 1:15-3 005 00 PERE DE LA MARIEE (G) Tous les soirs 7 00-9 30 CAPITAINE CROCHET (G) Tous les soirs 6:309 15dim 1003:506:30-9:15| BUGSY V.F.(14) Tous les sers 6 309:20 dim 12:303:206 30-9 20 BEST OF THE BEST (14) Tous les soirs 7 30 dim 3 007:30 RUSH V.F.(14) Tous les soirs 9:30 dim 12:305009:30 ***** SUD***** GREENFIELD PARK 519 Soul.Taschercau -671 -6129 FINAL ANALYSIS (14) Tous les soirs 6209 00 drfn 1:003:406:209 00 MEDICINE MAN (G) Tous les sous 7 00-915 firm 12:15-2 3O4-45-7:0O9:15 WAYNE'S WORLD (G) Tous les so.rs 6 5O905 dim 12 05-2 15-4 30-6 50-9 05 __ Moil Moxi Centre 647-1122 OMEGA (Longueuil) CAPITAINE CROCHET (G) Tous les soirs 7.009.35 dim 1 0O3 35-7 0O9:35| BUGSY V.F.(14) Tous les sous 7:009:45 dim 1 0O3 45-70O9 45 LA BELLE ET LA BETE (G) d«m 1:002:45-4 30 LA MAIN QUI BERCE L'ENFANT (14) Tous lessors 7:15-^30 BEST OF THE BEST (14) Tous les soirs 7 00-9 00 L'ETE DE MES 11 ANS (G) d.m 1 003 005 00 CHÂTEAUGUAY 240 Boul.SHean Eoptiste 691-2463 BUGSY V.F.(14) Tous les soirs 7.009:45 dim 1:0O3 45-7.009:45 LA BELLE ET LA BETE (G) dim 1 0O2 45-4 30 PRINCE DES MAREES (14) Tous les soirs 7 009:30 FINAL ANALYSIS (14) Tousles soirs 7:009:30dim 1:15-3:45-7:009:30 FREE JACK V.F.(14) Tous les soirs 7:15-9:30 CAPITAINE CROCHET (G) dim 1:00-3:45 LA MAIN QUI BERCE L'ENFANT (14) Tous les soirs 7 209:30 d.m 1 00-3 05-5:1O7-2O9-30 * * * * * NORD *****! LAVAL Centre Lovol 688-7776 MEDICINE MAN (G) Tous les sort 7 10-9 30 dim 12:302:404:50-7:109 X FINAL ANALYSIS (14) Tousles soirs6 30-9 10OVn 1.-004:494] 309:10 BEST OF THE BEST (14) Tous les soirs 7.109:10 dim 12:40-2 405:007 109:10 BUGSY V.F.(14) Tous les soirs 6 25-9 15 dim 12 35-3 306 25-9 15 WAYNE'S WORLD (G) Tous les soirs 7:009 00 d.m 12:30-2 404 507 0O9 00 PERE DE LA MARIEE (G) Tous les soirs 7 25-9 40 dim 12:35-2 50-5:10-7 25-9:40 CAPITAINE CROCHET (G) Tous les soirs 6 309 20 dim 12 403 206 309:20 LA MAIN QUI BERCE L'ENFANT (14) Tous les so*s 7 009.20 d.m 12 20-2 404:507:009:20 HAND THAT ROCKS THE CRADLE (14) Tous les soirs 7:109:30 dim 12:30-2 505 007:109:30 JFK (14) Tous les cous 8:30 d.m 12.304:308:30 FREEJACK (14) Tous les soirs 7:209:30 dim 7:209:30 LA BELLE LT LA BETE (G) dim 1.003.005:00 RUSH V.F.(14) dim 1:304:10 TALONS AIGUILLES (G) Tous les soWs 7:009:40 260Avfc.Oorvol 631 -8586 DORVAL WAYNE'S WORLD (Q) Tous les soirs 7 05-9:15 chm 12:35-2:45-4 55-7 05-9:15 BEAUTY AND THE BEAST (Q) Tous les sors 700 dim 1:003.005 007:00 FREEJACK (14) Tous les soirs 9:00 HAND THAT ROCKS THE CRADLE (14) Tous les soirs 7 109 30 dim 12:25-2 304:507:109:30 HOOK (Q) Tous les soirs 6:30-930 g\t\tAm Fun.Home Videos\tAm.Fun.People\tMovie: \"Ghostbusters If.\t\t\t\tCTVNe.*j(23h1S)\tPuise |23h45) \t13\t\tLe Renouvellement du Canada\t\tAlbertville 92\t\t\t\t\t\tLe Telejoumal\tScuîry Sport (22h20)\t\u2022 Parlementaire |23n 15\t\u2022 Cire-chib(23h45) \t\t\tDegrassi\tLt Clap\tTraffik(2ede6)\t\tFous de la Pub\tDes histoires inventées\tCmemobons: \"Sudie et Simpson\".\t\t\tÙnem* \"Les plus beSes années de notre vie\" (22M0)\t\t \t\t\tABC News\tSkiers Magazine\tLife Goes On\t\tAm Fun, Home Videos\tAm.Fun People\tMovie: \"Ghostbusters IT.\t\t\t\tFirst Look (23M S)\tStar Tre* (23h45) S)\t\t\tBibi et Geneviève\tDusty\tLe Match d'impro\tImagine\tScience en images\tCarte blanche\t\tCine-ncstaJgie: te Caporal épingle\".\t\t\tAArtjste(23M5)\tViSiont3no(23M5) \t\t\tAll Creatures Great and Small\t\tWild America\tNature scene\tNature: Celebration of Birds.\t\tM.Theatre: Trtmuss Regained (2e de 3).\t\tThe Advocates (2e de 3)\t\tPotrot The Kidnapped Pnme Minister\t \t|\t1\t100 Limite\t\tCaméra 92\t\tCinema: \"Rien que pour vos yeui\".\t\t\t\t\tLe Journal (22h35)\tSports Plus (23h05)\tFlonde (23h35) \t\t\tThe Avengers (17h30)\tScholars for Dollars\tInnovation Special\t\tSoldiers of Music Rostropovich Returns to Russia.\t\t\tTolstoy: From Riches to Rags.\t\t\tGreat Performances The Orchestra.\t m\t\t\tL'Ecole des fans (18h05)\t\tLe Journal télévisé\tVision S (19h35)\t7 sur 7\t\tCaractères.Questions de démocratie?\t\tFaut pas rêver\t\tMusique classée\t GD\t\t\tDadatwz\t\tTransit\tMusique Vidéo\tMusique Video\t\tUnplugged\tMusique Video\tNu Musà\t\tMusique Video\t 03\t\t\tShe Oevd
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