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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Informations nationales
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1992-01-13, Collections de BAnQ.

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[" $ pour les comtés f LA PRESSE, MONTRÉAL, LUND113 JANVIER 19S2 Total dos prêts accordés par la Ministère do l'Industrie on guise d'akie financière dans les comtés dos chefs des partis fédéraux depuis 1988.Malenfant a obtenu un des dix millions versés par Ottawa au comté de Charlevoix Charlevoix ottawa BRIAN MULRONEY Presse Canadienne AUDREY MCLAUGHLIN \u2022 Projets: 163 \u2022 Aide financière autorisée: 15 760 146 ^Beauséj JEAN CHRETIEN k.\\ \u2022Projets:3* \u2022 Aide financière ^ autorisée: 4 238 456 Source Access tor Information (PC) Sous-marins nucléaires américains dans les eaux canadiennes Presse Canadienne OTTA WA Des sous-marins nucléaires américains sillonneront ce printemps des eaux côtières situées au large de la Colombie-Britannique et dont la propriété est contestée.Mais les Canadiens ne sauront pas quand cela se produira.Pas même les militaires.L'automne dernier, le gouvernement annonçait discrètement qu'il permettra aux submersibles américains de naviguer dans les eaux de Dixon Entrance, un détroit qui s'étend de la pointe nord des Iles de la Reine-Charlotte au sud de l'Alaska, qui appartient aux États-Unis.De 10 à 15 sous-marins par an emprunteront les eaux du détroit vers l'est, en direction de la base secrète SEAfAC, de la marine américaine, située dans le Behm Canal, en Alaska.«Dans le présent cas.les déplacements vers ou en partance de Behm Canal se feront sous l'eau», a signalé en octobre le ministère des Affaires extérieures.«Cependant, les États-Unis fourniront au Canada des informations concernant le début et la durée de chaque opération.» Des officiers militaires ont affirmé que les États-Unis avertiraient les autorités canadiennes 72 heures à l'avance.Mais de quoi les avertiront-elles?Du passage d'un sous-marin?Non, bien que cela ait pu être l'impression qui s'est dégagée des propos des militaires et des conférences de presse, mais ce n'est pas du tout ce que les autorités ont voulu dire.Denis Laliberté, porte-parole du ministère des Affaires extérieures, affirme que personne n'a eu l'intention de tromper le public lors des conférences de presse.« Pour nous, c'est clair, a-t-il dit, cet avis de 72 heures s'applique au début et à la durée des opérations aux installations de Behm Canal.Ils nous avisent pour que nous sachions à l'avance quand chaque sous-marin se rendra aux installations et le laps de temps général pendant lequel il sera présent dans la région», a expliqué Laliberté.Quand l'annonce a été faite, l'automne dernier, plusieurs journalistes ont rapporté que chaque passage d'un sous-marin serait précédé d'un avis.«Personne n'a demandé cette question» lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce, a-t-il ajoute.«Nous nous attendions à ce que quelqu'un nous la pose mais personne ne l'a fait», a déclaré un officier militaire oui a requis l'anonymat.«Il n'était pas question de mentir, mais on n'allait pas non plus provoquer quoi que ce soit.» n ministère fédéral a versé à lui seul 10 millions dans la circonscription du premier ministre Brian Mulroney depuis 1988 \u2014 dont 1,05 million à l'empire hôtelier chancelant de Raymond Malenfant.Tandis que le premier ministre Mulroney incitait les citoyens à se serrer la ceinture, le ministère de l'Industrie a accordé dans Charlevoix des subventions et des prêts a une foule de projets qui vont des pentes de ski aux festivals de theatre en passant par les scieries et les hôtels.Seulement six de ces 69 projets ont reçu une aide financière inférieure à 10000$, selon des documents obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information.Deux d'entre eux se sont vu accorder plus de I million chacun, soit Tulinor, une entreprise de fa- brication de tuiles de Grandes-Bcrgeronnes et un particulier, Roger Foster de Forestville.Le Comte, l'hôtel où les journalistes séjournent lorsque M.Mulroney visite Baie-Comeau, a obtenu 633 750$ au chapitre du tourisme.Au palier fédéral, les projets touristiques relèvent du ministère de l'Industrie.À titre de comparaison, depuis 1988, le ministère a versé 4,2 millions dans la circonscription de Beauséjour que représente, depuis l'élection partielle de décembre 1990, le chef libéral Jean Chrétien.Cette somme inclut toutefois 2,9 millions versés dans le cadre d'une entente avec le ministère du Tourisme du Nouveau-Bruns-wick, ce qui signifie que l'aide accordée aux entreprises de Beauséjour, qui présente un profil démographique similaire à Charlevoix, s'élève à à peine un peu plus de 1 million.Le ministère affirme que de- puis 1988, la circonscription de Yukon représentée par la leader néo-démocrate Audrey McLaughlin a reçu une aide totalisant 15,7 millions.La majeure partie était toutefois destinée au gouvernement du Yukon et aux bandes amérindiennes.À peine 800 000$ ont été versés au secteur privé.Les 10,7 millions distribués dans Charlevoix étaient presque exclusivement destinés aux entreprises privées.Les critiques des deux partis d'opposition en matière de dépenses des fonds publics ont affirmé que la générosité du ministère constituait un bon exemple de la pire forme de favoritisme qui soit.«le ne me souviens pas d'une seule subvention qui ait été accordée dans ma circonscription depuis 1988», a lancé le député libéral Boudria de Glengarry-Pres-cott-Russell de l'Est ontarien très affectée par la récession.Le néo-démocrate Nelson Riis a déclaré que «les gens considèrent le premier ministre comme un politicien de la rue qui a recours au favoritisme et au truc de l'assiette a beurre comme on l'a rarement vu».M.Mulroney a défendu le traitement accordé à sa circonscription en soutenant que la région n'avait enfin reçu que ce qui lui revenait.L'empire hôtelier de M.Malenfant, placé sous la tutelle d'un syndic depuis juin, a reçu à deux reprises depuis 1988 de l'aide financière dans la circonscription de M.Mulroney.Le ministère a versé 250 000$ au Manoir Richelieu de Pointe-au-Pic et 800 000$ au centre de ski de Mont Grand Fonds de La Malbaie.M.Malenfant, qui s'est vu imposer une amende de 100 825$ pour évasion fiscale en 1988, tentera cette semaine d'éviter la faillite à l'occasion d'une réunion cruciale de ses créanciers.Le gouvernement fédéral tient sa première conférence constitutionnelle à Halifax À l'ordre du jour, le partage des pouvoirs entre Ottawa et les provinces MANON CORN CELLIER de la Presse Canadienne OTTAWA resque un an, jour pour * jour, après le dépôt du rapport Allaire qui demandait un nouveau partage des pouvoirs entre Ottawa et les provinces, le gouvernement fédéral tiendra à Halifax la fin de semaine prochaine une conférence constitutionnelle régionale portant sur ce sujet.¦ ^ ' Première d'une série de quatre conférences thématiques, cette rencontre est, selon le sénateur Gérald Beaudoin, la plus importante pour le Québec car elle touche les revendications traditionnelles de la province.«À mon avis, pour ce qui est du Québec, le partage des pouvoirs est la pièce maîtresse», a ajouté le co-président du comité mixte sur la constitution.Sujet dominant du rapport Allaire du Parti libéral du Québec et de la commission Bélanger-Cam-peau, le réaménagement des pouvoirs ne fait pas l'unanimité au Canada.Deux thèses s'affrontent: celle de la décentralisation des pouvoirs vers les provinces, une position qu'appuie le Quebec, et celle en faveur d'un gouvernement central fort.Ces deux tendances devraient ressortir à Halifax, croit le sénateur Beaudoin.Conscient de ces divergences de vues, le Conseil économique des provinces de l'Atlantique, l'organisateur de la rencontre, a préparé un document de réflexion et regroupé un ensemble de textes pour aider les participants.On y retrouve, parmi les textes d'experts, des extraits du rapport Allaire et du Livre beige de l'ancien chef libéral Claude Ryan.Le sénateur Gérald Beaudoin Le sénateur Beaudoin croit qu'il existe assez de solutions de rechange dans tout ça pour que les participants en arrivent à un consensus sur plusieurs points.Le projet de conférences régionales est né en novembre dernier lorsque le gouvernement cherchait désespérément une solution à la paralysie qui frappait le comité constitutionnel après une tournée ratée au Manitoba.Début décembre, le ministre des Affaires constitutionnelles Joe Clark confirmait la tenue de quatre conférences régionales et d'une conférence nationale.Après celle de Halifax le week-end prochain, une conférence aura lieu à Calgary la semaine suivante.Organisée par la Canada West Fondation, elle portera Yves Fortler présidera les débats.sur la réforme des institutions fédérales, en particulier le Sénat.Du 31 janvier au 2 février, Montréal accueillera la conférence sur l'union économique, organisée par l'Institut CD.Howe et l'Institut de recherches politiques.La fin de semaine suivante, la conférence sur la société distincte, la clause Canada et la Charte canadienne des droits aura lieu à Toronto et sera orchestrée par l'Institut Niagara.La conférence de clôture aura lieu à Ottawa à la mi-février et sera la responsabilité conjointe d'Ottawa et des cinq organismes.Elle servira à regrouper les conclusions des quatre premières conférences et, selon le ministre Clark, «à dégager un consensus général et réaliste qui permettra aux gouvernements de prendre les mesures nécessaires.» Substituts à l'assemblée constituante revendiquée depuis longtemps par le NPD.les conférences doivent, selon le voeu du gou-vernement, faciliter la consultation des élus, des experts et du grand public sur les 28 propositions fédérales déposées à la fin septembre.Les membres du comité mixte sur la constitution sont invités à chaque conférence ainsi que deux représentants de chaque assemblée législative provinciale et territoriale, un porte-parole de chacun des quatre groupes autochtones nationaux et deux personnes de chaque parti fédéral, dont le Bloc Québécois et le Reform Party.Ces deux partis se sont dits intéressés et espèrent pouvoir y envoyer quelqu'un.De plus, les entreprises, les syndicats, les organismes non gouvernementaux doivent être sur la liste d'invités.À ces participants traditionnels se joindront des citoyens choisis parmi une liste de 1 550 Canadiens qui se sont portés volontaires pour assister à une ou plusieurs conférences.En tout, on attend entre 200 et 225 personnes à chaque conférence.À Halifax, les débats seront présidés par l'ex-ambassadeur aux Nations Unies Yves Fortier.On discutera en plénière et en ateliers des «questions critiques» entourant le partage des pouvoirs, des choix possibles dans ce dossier et de leurs répercussions.Finalement, on tentera de faire des recommandations.Le ministre loe Clark assistera à la conférence et y prononcera un discours.En fait, M.Clark prévoit s'adresser à toutes les conférences.De nombreux députés libéraux ne croient pas le moment opportun de modifier la lo i 178 FRÉDÉRIC TREMBLAY de la Presse Canadienne QUÉBEC u'ils estiment nécessaire ou ^Èir non tie modifier les règlements sur l'affichage commercial découlant de la loi 178, il semble que la plupart des députés libéraux du gouvernement Bourassa croit inopportun à ce moment-ci d'effectuer de tels changements.Des sept députes libéraux joints par La Presse Canadienne, un seul, lean-Claude Gobé ( Lafontai-ne) a soutenu que le temps était venu de revoir la réglementation sur l'affichage afin d'y apporter des assouplissements.Le ministre responsable de la Charte de la langue française, Claude Ryan, doit rencontrer cette semaine ses fonctionnaires, notamment du Conseil de la langue française et du Secrétariat à la politique linguistique, afin de faire le point sur cette délicate question.La semaine dernière, le ministre avait précisé qu'il serait en mesure de prendre une décision rapidement dans ce dossier.«Il est temps qu'on adapte nos législations linguistiques à la réalite», a indiqué d'une part, le député Gobé, jugeant qu'en cette période constitutionnelle difficile, «il faut envoyer un message très clair à nos compatriotes anglophones qu'ils sont chez eux ici, au Québec».L'opinion de M.Gobé va cependant directement à rencontre de points de vue exprimés par quelques uns de ses collègues.De la dynamite «C'est de la dynamite.Ce n'est jamais le bon temps pour jouer là-dedans», fait valoir le député Guy Bélanger ( Laval-des Rapides).«C'est une loi qui a coûté cher au Parti libéral.Maintenant, elle est appliquée et ça va bien.Pourquoi rcveillez-ça?».Avant de retoucher la réglementation sur l'affichage, selon M.Bélanger, il faudrait d'abord démontrer qu'elle cause des préjudices réels.«Pas question qu'il y ait un marchandage entre la loi 178 et le dossier constitutionnel», a pour sa part affirmé le député Benoit Fradet (Vimont), considérant prématuré d'entreprendre maintenant le débat sur cette question.De l'avis de M.Fradet, il serait préférable d'attendre l'échéance de 1993, moment où le gouvernement devra décider s'il se prévaut de nouveau de la clause dérogatoire lui permettant de se soustraire à la Charte canadienne des droits et libertés, avant d'amorcer ce débat.«le ne pense pas que la loi 101 et la loi 178 sont des erreurs», a ajouté M.Fradet.«Dans le cadre des négociations constitutionnelles, on n'a pas intérêt à toucher à la langue », a opiné, de son côte, le député Jean-Guy Lemieux ( Vanier).«On n'a pas à avoir honte, à être scandalisé d'utiliser la clause nonobstant.Si le législateur Ta placée là, c'est pour l'utiliser», a repris M.Lemieux, ajoutant qu'il est temps que tous se rendent compte qu'il existe une dualité linguistique et culturelle au pays.Une étude sérieuse Le député Henri-François Gautrin ( Verdun ) croit, pour sa part, qu'une étude sérieuse est préalablement nécessaire avant d'envisager des changements à la loi 178.M.Gautrin explique qu'il faut d'abord déterminer si l'objectif de la Loi 178, la sauvegarde du visage français du Québec, particulièrement celui de la ville de Montréal, a été atteint.Personnellement, le députe Gautrin a l'impression que les les choses ont beaucoup évolue depuis cinq ans, et qu'il y a donc lieu de penser à des assouplissements à la loi, sous reserve, cependant, des résultats de l'étude à laquelle il songe.L'expiration en 1993 de la période de derogation à la Charte canadienne des droits et libertés pourrait représenter le meilleur moment pour apporter de tels changements, suggère M.Gautrin.Quant au député Jacques Cha-gnon (Saint-Louis), qui n'a jamais cherché à cacher que des assouplissements à la réglementation sur la languc*Taffichage lui semblent nécessaires, est d'avis néanmoins qu'il est trop tôt pour relancer le débat.Le député Robert Therien (Rousseau) pense, pour sa part, que d'éventuelles adaptations de la loi à la réalité pourraient être mises de l'avant, notamment dans les endroits où la securitepu-blique est en cause.M.Thérien croit cependant qu'il faut agir dans un climat de concertation, et non de confrontation, soulignant que les lois n'ont pas pour objectif «d'opposer les citoyens les uns aux autres».Au nombre des propositions soumises au ministre Ryan, l'une, provenant du Conseil de la langue française, suggère un assouplissement de la réglementation sur l'affichage dans le domaine culturel (cinemas, livres et spectacles).Le Secrétariat à la politique linguistique aurait, de son cote, présenté une proposition plus prudente.Un Québec indépendant en 1996, prédit la World Future Society MARIE TISON de la Presse Canadienne WASHINGTON Le Québec se séparera du reste du Canada en 1996, et les provinces restantes se joindront une a une aux États-Unis d'ici 2010.Il s'agit la d'une prédiction de deux membres de la World Future Society, une organisation scientifique à but non lucratif, basée dans la région de Washington, qui sonde l'avenir dans différents domaines comme l'économie, la politique et l'environnement.Dans un livre intitulé « Crystal Globe», deux des membres de la société, MM.Marvin Cetron et Owen Da-vies, ont traité entre autres du Québec et du Canada dans un chapitre intitulé: «< 55 United States, and Que-bec».Ils ont prédit que le Québec se séparera, probablement en 1996, et que le Canada cessera d'exister, lis ont expliqué qu'après le départ du Québec, les quatre provinces de l'Atlantique se joindront aux États-Unis pour former un État.Plus tard, ce sera au tour de l'Ontario, qui deviendra un État à lui seul, et les provinces de l'Ouest, qui constitueront deux États distincts.Départ inévitable Les auteurs ont affirmé que le départ du Québec est inévitable, que le concept même du Canada, une nation avec deux cultures, deux langues et deux systèmes juridiques, est peu réaliste, et qu'il y a finalement peu de choses qui lient les deux peuples.Ils ont ajouté que le ressentiment des provinces de l'Ouest et de l'Atlantique face au Canada central contribuait à exacerber les forces centrifuges de la fédération canadienne.Les auteurs croient que le statu quo est peu probable.Ils se demandent également comment le Québec pourrait réussir à obtenir davantage de pouvoirs d'Ottawa, alors que le Canada anglais a rejeté les conditions minimales de l'Accord du lac Meech.Ils ne croient pas plus possible la division du Canada en quatre ou cinq regions semi-autonomes, parce que l'Ontario et le Québec continueraient à dominer la fédération.Le pays pourrait toujours se séparer en deux, le Québec et le reste du pays, dans une fédération moins serrée ou une confederation.Mais «c'est un privilège que 20 millions de Canadiens ne seront pas prêts à donner», ont-ils écrit.Séparation Reste la séparation du Québec.Les auteurs croient que les Québécois, en \\oyant s'étirer interminablement les chasses-croise^ constitutionnels de l'apres Meech, seront de plus en plus nombreux à favoriser la souveraineté.Vers I99b.la pression politique sera telle qu'un referendum sera nécessaire, ont affirme les auteurs.Mais une fois le Québec parti, le Canada perdra le quart de son produit national brut, une bonne partie de la base fiscale qui lui permettait d'offrir des programmes sociaux, et le concept de multiculturalisme qui le caractérisait.En fait, les diverses regions qui resteront auront peu en commun, ont écrit MM.Cetron et Davies.Les provinces de l'Atlantique ont plus daffinito avec le Maine qu'avec l'Ontario, et les provinces de l'Ouest sont très semblables au Wyoming, aux Dakotas et au Montana, ont-ils expliqué, «En faisant partie des États-Unis, ces provinces pourraient faire cause commune avec les Étals \\oisms et avoir plus d'influence a Washington quelles n'en ont présentement a Ottawa», ont suggère les auteurs.Quant au Québec, il serait aussi populeux et prospère que la Suisse, tout en étant trois fois plus grand, ont-ils ajoute. B2 LA PRESSE, MONTREAL, LUNDI 13 JANVIER 1992 Editorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Don Getty voudrait revenir au Canada d'avant Trudeau a nouvelle a eu l'effet d'une bombe.Mais on aurait dû s'y I attendre.Dès lors que le premier ministre conservateur im de l'Alberta, Don Getty, endossait publiquement le Reform Party, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne dénonce le bilinguisme officiel au Canada.H l'a fait, jeudi dernier, dans un important discours à Edmonton.En y mettant évidem-Mm j- ment les formes.Selon lui, le bilinguisme est UgjKi4 une vertu éminemment respectable que tous les Canadiens devraient être invités a prati-^JL- quer.Un élément majeur de l'identité cana-I^H^PNb dienne auquel chacun devrait souscrire.Librement.Par choix.Mais pas au point d'en faire 1 ^HHEMfe une règle obligatoire dans la fonction publi-¦ xiHHi que fédérale et dans les institutions officielles.L'imposition légale du bilinguisme, a-t-il expliqué, est un irritant inutile auquel il convient de renoncer.Afin de favoriser l'adhésion volontaire à un principe reflétant la volonté des Canadiens de respecter les Québécois.Il ne faut donc souscrire à aucune politique qui leur donnerait l'impression de n'être pas les bienvenus.Au contraire, ajoute-t-il, «mon Canada contient le Québec».Encore un peu et on en redemanderait! Sur le plan strictement albertain, les propos de M.Getty n'ont rien détonnant.Tous les sondages indiquent qu'ils traduisent fidèlement un sentiment général qui a déjà catapulté le Reform Party au sommet des sondages de popularité dans cette province.Et qui risque de balayer de la carte électorale tous les actuels députés conservateurs à Ottawa.Y compris Joe Clark, le seul ministre anglophone qui jouit encore d'une certaine crédibilité au Québec.Il s'agit en fait, en plus d'un profond ressentiment à l'endroit du gouvernement fédéral et de son déficit, d'un immense ras-le-bol contre l'obligation d'accorder au français un statut spécial au Canada par rapport à la langue de toutes les autres minorités culturelles.En somme, un désir de revenir au bon vieux temps d'avant Pierre Trudeau alors que la géographie linguistique correspondait assez à la réalité: un Québec généralement bilingue au sein d'un pays essentiellement anglophone.Si elle s'explique par une stratégie du sauve-qui-peut chez un leader conservateur en Alberta, cette déclaration prend cependant l'allure dune catastrophe pour tous les partisans d'un nouveau fédéralisme basé sur le concept de deux peuples fondateurs.Deux collectivités historiquement égales en droit auxquelles on associe maintenant, fort heureusement, les premiers habitants de ce territoire.C'est d'ailleurs sur le principe même de cette dualité canadienne qu'a reposé, depuis une trentaine d'année, une large part de l'argumentation fédéraliste contre les velléités d'indépendance du Québec.Or, c'est précisément ce «statut particulier» du Québec et de sa culture, par rapport aux autres minorités ethniques au Canada, que Don Getty remet aujourd'hui en question.Malgré ses déclarations vertueuses sur la reconnaissance dune «société distincte» qui ne disposerait cependant pas de pouvoirs spéciaux pour protéger et promouvoir cette distinction.En dénonçant le bilinguisme officiel, il fait plus que confier à de nombreux Canadiens qui s'en fichent éperdument un des attributs essentiels du pays qu'a tenté d'édifier Pierre Trudeau.Il place en réalité le français, en dehors du Québec, exactement sur le même pied que l'ukrainien, le polonais ou la langue de toute autre communauté.Bon nombre de Canadiens, pour qui la cause est entendue depuis longtemps, hausseront les épaules en se disant que Don Getty a eu le mérite de la franchise.Mais pour ceux qui ont choisi de tout faire pour empêcher l'éclatement du Canada, il s'agit d'un énorme pavé dans la mare constitutionnelle.Et pour plusieurs Québécois qui se rangeaient jusqu'à maintenant dans la catégorie des indécis, ce sera probablement la fin des dernières illusions.Pierre gravel M, Mauriciens, courage! ¦ e Coeur du Québec a mal.Le centre-ville de Shawinigan I n'est plus que ruines fumantes à la suite d'un troisième mm incendie majeur en deux ans.Et la fermeture des Produits forestiers Canadien Pacifique, compagnie communément appelée la CIP, annoncée pour juin prochain, mettra 1 500 personnes au chômage.¦g De rudes épreuves pour les Mauriciens qui L v- jusqu'à maintenant avaient été modérément épargnés par la récession.La fermeture de la CIP n'est pas sans rappeler celles de chez Phillips et Wabasso survenues au début des années 80.Des fermetures qui ont laissé des cicatrices profondes dans la population.1 Dans une grande ville, la fermeture d'une Wi usine, toute importante soit-elle, fait la man-«ife chette un jour ou deux.Et puis on passe à autre chose.Mais en région, c'est un drame.Qui affecte directement l'économie.Où pourront se «replacer» ces travailleurs?Devront-ils obligatoirement se retrouver dans un premier temps au chômage et.plus tard, devenir des clients potentiels du BS?Pour les décideurs, c'est un défi de taille a relever.Le maire de Trois-Rivières, Guy Leblanc, a invité les forces vives à se rassembler.Leur mission servira à tout le moins à mettre du baume sur le moral affaissé de ses citoyens.Heureusement que le grand Trois-Rivières peut toujours compter sur le parc industriel de Bécancour, un important bassin d'emplois pour les Mauriciens.Toutefois, la fermeture de la CIP laissera -et avec raison-beaucoup d'amertume dans le coeur des Trifluviens.Cette usine, située au tournant de la rivière et du fleuve, faisait partie du patrimoine local et régional.D'une génération à l'autre, des familles entières ont gagné leur pain à cette usine qui a tiré pendant soixante-quinze ans des profits substantiels à partir des ressources de bois et d'eau de la région, avec les conséquences polluantes que Ion connaît.Le rude jeu de la concurrence au sujet du type de papier fabriqué à l'usine, la vétusté de ses machines et le manque d investissements sont les principales raisons de cette fermeture.Sans creuser profondément dans la problématique actuelle de l'industrie du papier, il est normal de s'interroger.Cette fermeture aurait-elle pu être évitée?Peut-être.Mais à quel prix?Claudette toucas OFFîCj&L (Qu'en \\ / DROITS RÉSERVÉS La boîte aux lettrés Magic Johnson Aidez les jeunes à se protéger! Monsieur le Directeur de la CECM ¦ En avril dernier, le dossier «distributrice de condoms » dans les écoles secondaires au Québec avait suscité de nombreux émois.À la suite des récents événements touchant «Magic lohnson» et les joueurs de la LNH, les discussions sur le danger des MTS et du sida, ont été réanimées dans le milieu étudiant.Certains directeurs soutiennent que l'installation des distributrices de condoms n'est pas une «urgence nationale».Devrons-nous attendre qu'il y ait des statistiques plus que dramatiques avant de décider de passer à l'action?|e vous dirai d'abord que, étant moi-même élève au secondaire, je suis préoccupée et sensible aux fléaux des MTS et des grossesses chez les jeunes, je suis aussi profondément choquée de voir la façon insouciante avec laquelle notre immission scolaire traite le sujet.Où t t son travail de prévention en relation avec la réalité des jeunes?De expériences antérieures prouvent que prôner « l'abstinence» est sans doute le moyen le plus inutile qui soit.Les jeunes continuent quand même d'avoir des relations sexuelles.Par ailleurs, des cours adéquats sur la sexualité, et surtout de la prévention «à portée de la main », seraient plus efficaces.En plus, il est faux de prétendre que les distributrices de condoms incitent les jeunes à avoir des relations sexuelles.Au contraire, cela les porte à réfléchir sur leurs actes.La CECM prouverait, en s'assu-rant que les cours de formation personnelle et sociale en sexualité soient bien ordonnés et en installant des distributrices de condoms dans ses écoles de niveau secondaire, qu'elle est sensible aux bien-être et au sort de ses élèves.Monsieur le Directeur de la CECM, nous revendiquons de votre commission scolaire un peu de considération pour ses élèves: aidez-les à se protéger.Nathalie BIER Montréal Un certain espoir.Mme Claudette Tougas, ¦ C'est déjà appréciable que malgré les 2500000 morts d'enfants chaque semaine dans le monde, vous disiez qu'un «certain espoir est permis», (éditorial du 20 décembre « Les enfants d'abord » ) Imaginons maintenant que vous rédigez l'éditorial du 20 décembre 1999 et que la situation des enfants s'est radicalement transformée: \u2014 la poliomyélite, le tétanos néonatal et les carences en vitamine A et en iode sont complètement éliminés; la rougeole l'est presque.\u2014 les morts par la diarrhée et les infections respiratoires sont en nette régression vu l'accès universel à l'eau potable, à la thérapie de réhydratation orale et aux antibiotiques.\u2014 tous les enfants vont à l'école.\u2014 la majorité des couples recourent aux services de planification familiale car ils sont confiants que leurs enfants survivront.\u2014 la santé et l'éducation des femmes se sont sensiblement amélioré, etc.Bref la date d'échéance pour la réalisation des promesses faites lors du Sommet mondial pour les enfants est arrivée et nous pouvons célébrer la plus grande victoire de l'humanité.En y regardant de près, ce n'est pas tant l'espoir qui a causé cette révolution, mais l'engagement des citoyens à soutenir leurs leaders dans le respect de leurs promesses.Au Canada, par exemple, des milliers de citoyens sont intervenus auprès de leurs députés à l'automne 1991 au cours de la campagne « Tenir promesse».C'est ainsi que le 11 décembre 1991, une motion passa à rUNANIMITÉ en Chambre des Communes afin que: \u2014 le Canada finance adéquatement la réalisation des promesses faites lors du Sommet mondial pour les enfants, et que \u2014 la Déclaration et le Plan d'Action du Sommet fassent partie de la politique canadienne de l'Aide Publique au Développement.Pamela WALDEN LANDRY porte-parole de RESULTATS RESULTATS est un groupe de citoyens (lobby) oeuvrant a l'échelle internationale et dont un des objectifs est de promouvoir la realisation des promesses faites lors du Sommet mondial pour les enfants.Décision aberrante et injustifiée ¦ «Bonification du régime de retraite des élus de l'Assemblée nato-nale.» Pourquoi le gouvernement s'acharne-t-il à miner le peu de crédibilité qu'il lui reste en prenant une décision aussi aberrante qu'injustifiée?N'aurait-il pas pu attendre un peu?Le temps qu'une reprise de l'économie soit amorcée?C'est ce genre de décision irréfléchie qui aigrit le contribuable et qui contribue à son écoeurement.S'il s'agissait d'un cas d'exception, cela passerait peut-être.Mais lorsqu'on est témoin, à peu près à chaque jour, de situations où les fonds publics sont dépensés sans discernement, on a de quoi se poser de sérieuses questions sur la compétence et le jugement de nos gouvernants.Comme il est choquant de s'apercevoir après avoir donné de l'argent à quelqu'un dans le besoin qu'il l'a dépensé à la taverne; le même sentiment est ressenti envers nos dirigeants qui se comportent de la même façon avec l'argent de nos taxes.Jean-Paul DUCAS Laval Châteauguay: assez, c'est Monsieur Ryan, ¦ À la suite des incidents des 2 et 3 décembre, qui ont vu des individus bloquer la circulation à la sortie du pont Mercier en roulant à très basse vitesse, je me permets de venir vous transmettre le pouls de la population, du moins d'une bonne partie de celle-ci: ASSEZ, C'EST ASSEZ.(e suis commerçant à Châteauguay et depuis plus d'un an, mon associé et moi essayons tant bien que mal de sauver notre commerce, parce que nous y avons toujours cru et que nous l'aimons comme notre enfant.Notre commerce a besoin de la clientèle de l'extérieur et ces événements continuent à saper tous nos efforts en ce sens.C'est un peu comme lorsqu'un un bateau coule tranquillement, qu'on enlève l'eau du fond avec un seau de cinq litres et que, de l'autre coté, la mer fait rentrer six litres d'eau.Nons avons beau être motivés, la patience a ses limites.Là-dessus, les médias se font un plaisir de se rendre aux moindres désirs de vedettariat d'une minorité, pour continuer à nous nuire.Comment pouvez-vous permettre que la vie de dizaines de milliers de personnes soit brimée par une minorité de personnes?Vous avouez vous-même qu'il s'agit d'une minorité de «voyous», pourquoi ne réglez-vous pas, une fois pour toutes, ce problème?Aujourd'hui j'ai réellement peur de perdre un commerce qui est ma raison de vivre et où j'ai investi plus de cent heures par semaine depuis plus de quinze ans; mon associé, lui, l'a ouvert il y aura vingt et un ans en janvier prochain et il y a mis encore plus que moi.Pensez-vous réellement que nous méritons ce sort?Maurice VINOLO Châteauguay Photos sur la carte-soleil Monsieur le ministre Marc-Yvan Côté ¦ |e vous écoutais, l'autre soir, au Point de Radio-Canada alors que Made- leine Poulin vous questionnait sur vos intentions, et celles de votre gouvernement, concernant des frais que vous voulez appliquer à certains actes ou services de nature médicale.je vous avoue que je fus quelque peu choqué, non par votre désir sûrement fort légitime de vouloir renflouer les coffres du Fonds consolidé, mais bien par l'absence de mesures visant à couper certaines dépenses découlant d'abus, voire de fraudes.le n'arrive pas à comprendre pourquoi votre gouvernement n'a pas encore instauré la carte-soleil porteuse de la photo de son détenteur.Je ne vous dévoilerai pas la nature de mon travail mais sachez que j'assiste, très impuissant et depuis bon nombre d'années, à l'arrivée massive de résidents et citoyens américains qui viennent se faire soigner et traiter à nos frais.Le manège est fort simple: des résidents canadiens détenteurs de cartes-soleil les prêtent à leurs amis ou parents vivant aux Etats-Unis.Dans d'autres cas, ces cartes sont louées! Ces gens peuvent alors venir profiter de nos services.Les risques de détection sont infimes pour ne pas dire inexistants.À preuve, dites-moi quand est-ce qu'un ou une préposé(e) de bureau, de clinique ou même d'hôpital vérifie la carte-soleil qui lui est présentée ?Absolument jamais et même si elle était vérifiée, le faux détenteur n'aurait qu'à débiter les informations présentes sur la carte.Ce joli stratagème représente quelques dizaines de millions de dollars.Certains de vos fonctionnaires ont déjà parlé de 40 millions par année.|e vous concède que ce chiffre est aléatoire dans la mesure où il est habituellement difficile de quantifier une activité illégale.Vous avez quand même un ordre de grandeur assez révélateur de la facilité avec laquelle on fraude le système.Les Québécois n'étaient pas disposés, il y a quelques années, à voir leur propre identité affichée de la sorte.On criait alors, à tort, à l'invasion de la vie privée par les gouvernements.Le contexte a beaucoup changé depuis, surtout parce que les contrôles de toutes sortes sont maintenant pratique courante.Jacques GIRARD Aylmer Opinions Guy Bouthillier invite William Cosgrove à se ranger du côté de David contre Goliath Philippe Deane Cigantes Sénat : une solution se dessine PHILIPPE DEANE CIGANTES L'auteur est sénateur à Ottawa.aniel Johnson nous Ta dit \u2014 l'incertitude constitutionnelle, c'est mortel pour la reprise économique.Hélas, la réforme du Sénat pourrait être la pierre d'achoppement constitutionnelle car les gens ne savent pas comment concilier ce qui ne serait qu'apparemment inconciliable.M.Bourassa veut un Canada très décentralisé dans lequel des premiers ministres provinciaux puissants auraient un grand mot à dire sur la coordination au niveau national.Par contre, la majorité dans les petites provinces veut plutôt des Sénateurs puissants à l'américaine qui serviraient les intérêts de leurs électeurs mais en agissant à l'intérieur d'un gouvernement fédéral fort, au sein duquel ils développeraient une mentalité nationale.Notons qu'au fil des ans, les sénateurs américains sont devenus beaucoup plus puissants que les gouverneurs ou les législatures de leurs Etats.Donc deux visions inconciliables: (1) des provinces dominées par des premiers ministres provinciaux forts, versus (2) des provinces dominées par des sénateurs fédéraux forts.Aucun premier ministre du Québec n'accepterait la deuxième vision.Et les intellectuels des petites provinces du Canada anglais rejettent la première parce qu'ils trouvent que leurs premiers ministres pro-cinciaux sont trop provinciaux pour bien gouverner le pays.Impasse totale?Pas nécessairement.Plusieurs premiers ministres provinciaux préfèrent la vision Bourassa, quoiqu'ils n'osent pas l'avouer.Donc il leur faut trouver le moyen de moyen-ner.Le tout se joue sur une échelle mesurant les pouvoirs d'un Sénat élu.Si ce Sénat n'avait aucun pouvoir, les premiers ministres de l'Ontario et du Québec n'auraient aucune objection, à n'y pas avoir plus de sièges que l'île-du-Prince-Édouard.Si le Sénat élu avait tous les pouvoirs, pas question pour l'Ontario ou le Québec de ne pas exiger une part de sièges correspondante à leurs populations.Y aurait-il un point sur cette échelle entre pas de pouvoirs et pleins pouvoirs, où on pourrait s'entendre?Une solution se dessine.Elle comprend: une liste répartissent les pouvoirs à l'avantage des provinces aux dépens du fédéral; un Sénat élu avec un nombre égal de sénateurs par région ou par province avec des pouvoirs variant selon le sujet : Ce Sénat pourrait débattre mais ne pourrait pas rejeter les projets de loi touchant les crédits, les mesures de financement, et les emprunts du gouvernement.Pour un groupe défini de domaines dits d'importance nationale, ce Sénat pourrait retarder de six niois seulement la mise en vigueur de lois votées par les Communes.Pour tout domaine qui fait partie de la liste des juridictions exclusivement provinciales ainsi que la répartition des pouvoirs et les institutions de l'État canadien, une loi ou résolution votée par la Chambre ds Communes ne passerait que si elle obtenait une majorité des Sénateurs de chaque province.Dans tout autre domaine, le Sénat élu pourrait bloquer la Chambre des Communes par simple majorité.Un tel Sénat ne passerait pas le test d'un référendum dans les petites provinces mais serait probablement accepté par les premiers ministres et leurs législatures.N'oublions pas que la constitution actuelle ne peut être changée que par les législatures d'Ottawa et de sept provinces représentant cinquante pour cent de la population du Canada.Si les petites provinces demandaient plus, M.Bourassa ne pourrait céder qu'au risque de perdre le contrôle de la situation chez lui et le Québec pourrait partir.Si M.Bourassa demandait plus, c'est-à-dire la possibilité de délégation législative par Ottawa au profit du Québec, les autres provinces ne marcheraient pas.Elles veulent un deal défini qui va durer, pas un mariage open.Une majorité au Canada anglais dirait au Québec: «Nous voulons beaucoup que vous restiez mais nous ne pouvons plus vivre dans une union imprévisible.Donc, nous supposons que vous allez nous quitter, et nous nous appliquerons dorénavant à bâtir un Canada sans vous.Quant à l'association économique avec vous, on la fera plus tard mais seulement si nous ne trouvons pas d'autres partenaires moins imprévisibles.» CUV BOUTHILLIER M.Bouthillier est portc-parlc du Mouvement Québec Français on, M.Cosgrove, et vous le savez fort bien : le français est menacé, et il l'est parce que pèse sur lui un continent qui lui est fermé et même hostile, et que le système politique actuel l'empêche de se défendre efficacement.Et il le restera tant qu'il ne trouvera pas, pour le servir, un plein appareil politique.\u2022 \u2022 \u2022 Non, M.Cosgrove! Surtout, n'essayez pas de transformer cette affaire d'affichage commercial en une affaire de liberté fondamentale.Tout ce que la langue du Québec demande des commerçants et des boutiquiers du Québec, c'est qu'ils reviennent de leurs habitudes \u2014 profondément ancrées il est vrai, mais ô combien mal acquises \u2014 et qu'ils fassent une petite place à l'unilinguisme français dans leurs activités.Tout ce que dérangent ici le civisme québécois et la loi 101, c'est une petite partie du discours commercial, ces messieurs dames restant par ailleurs parfaitement libres de s'exprimer comme ils le veulent à la radio, ù la télé et dans la presse de langue anglaise.Non M.Cosgrove n'en faites pas une affaire de liberté fondamentale: vous ne rendriez ni hommage à votre sens des nuances, ni surtout service à la cause des libertés, car à mettre celles-ci à toutes les sauces, on ne peut qu'en altérer la saveur et la valeur.C'est du reste ce qu'a parfaitement compris Charles Taylor qui, tout professeur de McGill qu'il est n'en a pas moins eu ce sobering comment: «IL N'Y A PAS ICI DE DROITS FONDAMENTAUX EN JEU, COMME LE PRÉTEND LA COUR SUPRÊME» (Liberté, juin 1989,p.13.) Non, ne mêlez pas les libertés publiques à ça : vous risqueriez de vous faire reprocher de pratiquer l'indignation sélective.On ne vous a pas, en effet, entendu souvent dénoncer le recours à la clause nonobstant lorsque celle-ci fut mise à la défense du système scolaire protestant de Montréal, pas plus qu'on ne vous a entendu, vous et vos amis d'Alliance Québec, dénoncer les limitations imposées à la liberté d'expression culturelle et d'information politique, au nom du nationalisme d'Ottawa, par le CRTC.Non, M.Cosgrove, ne mêlez pas la liberté d'expression à ça: vous risqueriez d'éveiller notre attention à l'usage que certains font actuellement de cette liberté contre le Québec.\u2022 \u2022 \u2022 Non, M.Cosgrove, ce qui est en jeu ici, c'est notre volonté, notre capacité et notre droit de faire, au coeur de l'Amérique du Nord, un pays de langue française.Or, cette volonté heurte les habitudes, les intérêts et les ambitions du Canada anglais.Non, M.Cosgrove, ce qui se passe aujourd'hui, c'est un nième épisode de l'affrontement séculaire de deux nationalismes: celui du Québec et celui du Canada.On se doutait un peu que l'acharnement d'Ottawa et du Canada anglais contre la loi 101 devait bien prendre sa source dans le nationalisme Canadian, plus Guy Bouthillier précisément dans le refus obstiné du Canada anglais de nous accepter pour ce que nous sommes: un peuple.Mais aujourd'hui nous n'en doutons plus: nous en sommes convaincus.Voyez tous ces ténors qui se sont illustrés contre la loi 101, tous ces Julius Grey, ces Stephen Scott, ces Robert Libman et autres gazetiers, qui s'emploient activement à rétrécir notre langue et notre loi 101 : ils vont maintenant par monts et par vaux réclamer le rétrécissement du territoire du Québec.Oui, ce sont les mêmes! Cette hargne, ce déchaînement d'hostilité contre le Québec nous fait vivre des moments difficiles, à nous du MQF et sans doute aussi à vous, M.Cosgrove.Mais, du moins, cela a le mérite de faire tomber les masques.Certains des nôtres, en effet, auraient pu succomber aux apparences et voir dans ces personnages les champions des grands principes et des nobles causes.Mais nous savons maintenant que ce qu'ils sont, ce sont d'obtus adversaires du Québec, d'acharnés défenseurs du nationalisme Canadian.Nous les voyions, tous ces beaux esprits, toucher les grandes orgues, entonner les plus beaux hymnes, chanter la plus fraternelle des harmonies: mais dès que nous piquons leur orgueil nationaliste, nous les voyons courir les fanfares, emboucher les trompettes et espérer les bruits des bottes.Liberté, que ne fait-on pas derrière ton masque! William Cosgrove Nous savons aussi, comme vous M.Cosgrove, que quand ils ne font pas les fiers-à-bras du Law and Order Canadian, ces personnes adoptent la posture de persécutés et de mal-aimés et que le ton geignard et plaignard qu'ils prennent alors aboutit immanquablement à nous demander mielleusement de bien vouloir consentir à laisser aller de nouveaux morceaux de la loi 101.Permettez-nous de nous méfier d'une amitié qui paraît bien exigeante, car la réclamation qui nous est présentée aujourd'hui n'est pas la première, et elle ne serait pas la dernière si d'aventure nous devions céder.Permettez-nous aussi de vous renvoyer à un autre ténor, ce Reed Scowen, grand patron d'Alliance Québec qui, tout en restant, fier fils d'Albion qu'il est, nostalgique du temps pas si lointain où le lion britannique nous imposait jusqu'à ses caprices linguistiques, n'en conclut pas moins qu'en cette année de grâce la langue anglaise se porte fort bien au Québec: «If English Quebecers were to analyse the restrictions on the use of their chosen language, they would discover that those restrictions are really quite limited and that Quebec holds enormous potential for anyone who wants a full and satisfying life.Hundreds of thousands of Quebecers like living here in English, and do so (.).The picture that emerges of the situation today is one in which the English are essentially free to use their own language.(A Different Vision, The English in Quebec in the 1990's, Don Mills, 1991, p.67.) Ce que j'entends au fond de ce que vous dites, M.Cosgrove, c'est un appel à la convivialité.Cet appel ne peut nous laisser insensibles.Mais la voie que vous proposez n'est pas la bonne, car c'est celle qu'ont tracée tous ces ténors qui refusent le Québec français.Cette voie, ce n'est pas la bonne, car c'est celle qui, de chicane en chicane, de victoire des vôtres en recul des nôtres, mène tout droit à la rebilinguisa-tion du Québec, c'est-à-dire au repli sur soi, à la méfiance et même à l'hostilité de «deux solitudes» dressées l'une contre l'autre.Non, il y a une autre façon de se sentir «at home» au Québec.Demandez-le à ces anglophones qui commencent à se ranger avec nous du côté du Québec.Bien loin de s'en prendre à la loi 101, ils ont compris ce qu'il y avait de normal, de juste et de noble à se ranger du côté de David contre Goliath.Ils ont compris aussi que la meilleure façon pour eux de prendre leur place parmi les hommes et les femmes du Québec, c'était encore de nous aider à prendre la nôtre parmi les peuples de la terre.Je vous concède que la route qu'ils ont choisie n'est pas la plus facile.Mais c'est pourtant la bonne.Empruntez-la avec nous, M.Cosgrove.Nous nous en porterons mieux, vous et nous.Et avec nous, tous les peuples qui nous entourent.Tête à queue : vague de censure simili-catho?BENOÎT DUTRIZAC j Tète à queue a le mérite d'avoir déjà accompli beaucoup plus que tous ceux et celles qui la dénoncent: elle a rejoint la clientèle visée.e suis le scénariste de la bédé Tête à queue et membre du comité de rédaction, je ne peux m'empêcher de dénoncer cette vague de censure simili-catho qui sévit présentement dans les médias, l'en ai marre de tous les lean-V.Dufresne et Jean-L.Mongrain (.) qui croient que les jeunes sont aussi frustrés qu'eux.Mais vous n'avez rien compris mes pauvres vieux.riches! Car lorsque vous parlez d'obscénité et de langage ordurier, vous reprochez en fait à ces jeunes de ne pas avoir de décents papas tels que vous pour les ramener dans le droit chemin.D'ailleurs, à ce propos, je ne peux que contester les références culturelles sur lesquelles vous vous basez pour faire telle accusation.Ouais, je ne peux que m'excuscr de ne pas faire partie de votre progéniture éduquée ù distance au pensionnat Saint-fean de la Censure Béatifiée.(.) Résultat?Les fonctionnaires des DSC craignent de subir des pressions ou même perdre leur emploi! Quelle farce! Quels mollusques! Et quel culot! Car malgré leur sécurité d'emploi, bénéfices marginaux et avantages sociaux, ils demandent aux contractuels de défendre la revue publiquement.Tout ça, plutôt que de faire front commun en guise de protestation contre le veto de censure du ministre Côté.(.) Mais toute cette controverse est menée au nom de qui?Partout, les bien-ruminants parlent au nom des jeunes Où sont ces jeunes?La Presse a donné la parole à France Doyon.Mats qui est cette France Doyon?Bedeau à l'Ora- toire St-joseph?Demandez donc aux jeunes décrocheurs si, d'abord, ils lisent cette bédé.Demandez-leur s'ils s'identifient aux personnages.S'ils en retiennent quelque chose.Comme par exemple, se mettre un condom avant d'avoir des relations sexuelles!!! Voilà justement le but visé de cette revue.Pas leur apprendre à parler comme Denise Bombardier, ni leur faire lire le rapport Hite.Simplement utiliser la capote.D'ailleurs, cette bédé aurait pû servir à quelques joueurs de hockey.Tète à queue n'est pas destinée aux fonctionnaires de 60 ans, ni aux vedettes semi-millionnaires qui roulent dans leur bagnole de luxe, reprochant «à ces p'tits crottés de traîner dans les parcs», ni aux madames culturelle-ment correctes, ni aux gérontologues qui s'occupent tellement de la vieillesse qu'ils en oublient la jeunesse.Tête à queue s'adresse aux jeunes décrocheurs.Allez donc leur demander s'ils ont déjà lu les brochures gouvernementales comme celle de la campagne mollasse «LVXmour, ça se protc ge».Selon les intervenants immédiats \u2014 pas ceux qui se moisissent le cul dans leur bureau, mais ceux qui sont en contact direct avec les jeunes \u2014, Tète à queue a le mérite d'avoir déjà accompli beaucoup plus que tous ceux et celles qui la dénoncent: elle a rejoint la clientèle visée Alors avant de condamner Tête à queue, les jeunes décrocheur> et leur culture, informez-vous! Demande/ votre copie au bureau de Marc-Yvan Côté.(418) 543-3160, ou au Centre Québécois de Coordination sur le sida, (514) 873-9890.1 i I < es misérables (3) HUGO.Victor (Besançon 1802 \u2014 Paris 1885).La première partie du roman Les Misérables, qui à l'origine devait s'appeler Les Misères, a été publiée à Bruxelles le 30 mars 1862: «Ce livre., c'est le siècle; c'est un vaste miroir reflétant le genre humain pris sur le fait à un Jour donné de sa vie immense.» \u2014 15 \u2014 LIVRE DIXIÈME LE 5 JUIN 1832 I LA SURFACE DE LA QUESTION De quoi se compose l'émeute?de rien et de tout.D'une électricité dégagée peu à peu.d'une flamme subitement jaillie, d'une force qui erre, l'un souffle qui passe.Ce souffle rencontre des êtes qui parlent, des cerveaux qui rêvent, des mies qui souffrent, des passions qui brûlent, des uisères qui hurlent, et les emporte.Où?Au hasard.À travers l'État, à travers les lois, à tnvers la prospérité et l'insolence des autres.les convictions irritées, les enthousiasmes aigri», les indignations émues, les instincts de guère comprimés, les jeunes courages exaltés, les tveuglements généreux; la curiosité, le goût du changement, la soif de l'inattendu, le senti-ment qui fait qu'on se plaît à lire l'affiche d'un nouveau spectacle et qu'on aime au théâtre le coup de sifflet du machiniste; les haines vagues, les rancunes, les désappointements, toute vanité qui crdt que la destinée lui a fait faillite; les malaises, Its songes creux, les ambitions entourées d'escarpements, quiconque espère d'un écroulement utte issue, enfin, au plus bas, la tourbe, cette boue qui prend feu, tels sont les éléments de l'émeute.Ce qu'il y a de plus grand et ce qu'il y a de plus infime; les êtres qui rôdent en dehors de tout, attendant une occasion, bohèmes, gens sans aveu, vagabonds de carrefours, ceux qui dorment la nuit dans un désert de maisons sans autre toit que les froides nuées du ciel, ceux qui demandent chaque jour leur pain au hasard et non au travail, les inconnus de la misère et du néant, les bras nus, les pieds nus, appartiennent à l'émeute.Quiconque a dans l'âme une révolte secrète contre un fait quelconque de l'État, de la vie ou du sort, confine à l'émeute, et dès qu'elle parait, commence à frissonner, et à se sentir soulevé par le tourbillon.L'émeute est une sorte de trombe de l'atmosphère sociale qui se forme brusquement dans certaines conditions de température, et qui, dans son tournoiement, monte, court, tonne, arrache, rase, écrase, démolit, déracine, entraînant avec elle les grandes natures et les chétives, l'homme fort et l'esprit faible, le tronc d'arbre et le brin de paille.Malheur à celui qu'elle emporte comme à celui qu'elle vient heurter! Elle les brise l'un contre l'autre.Elle communique à ceux qu'elle saisit on ne sait quelle puissance extraordinaire.Elle emplit le premier venu de la force des événements; elle fait de tout des projectiles.Elle fait d'un moellon un boulet et d'un portefaix un général.Si l'on en croit de certains oracles de la politique sournoise, au point de vue du pouvoir, un peu d'émeute est souhaitable.Système: l'émeute raffermit les gouvernements qu'elle ne renverse pas.Elle éprouve l'armée; elle concentre la bourgeoisie; elle étire les muscles de la police; elle constate la force de l'ossature sociale.C'est une gymnastique; c'est presque de l'hygiène.Le pouvoir se porte mieux après une émeute comme l'homme après une friction.L'émeute, il y a trente ans, était envisagée à d'autres points de vue encore.Il y a pour toute chose une théorie qui se proclame elle-même «le bon sens*; Philinte contre Alceste; médiation offerte entre le vrai et le faux; explication, admonition, atténuation un peu hautaine, qui, parce qu'elle est mélangée de blâme et d'excuse, se croit la sagesse et n'est souvent que la pédanterie.Toute une école politique, appelée juste-milieu, est sortie de là.Entre I eau froide et l'eau chaude, c'est le parti de l'eau tiède.Cette école, avec sa fausse profondeur toute de surface qui dissèque les effets sans remonter aux causes, gourmande, du haut d'une demi-science, les agitations de la place publique.À entendre cette école: « Les émeutes qui compliquèrent le fait de 1830 ôtèrent à ce grand événement une partie de sa pureté.La révolution de luillet avait été un beau coup de vent populaire, brusquement suivi du ciel bleu.Elles firent reparaître le ciel nébuleux.Elles firent dégénérer en querelle cette révolution d'abord si remarquable par l'unanimité.Dans la révolution de luillet, comme dans tout progrès par saccade, il y avait eu des fractures secrètes; l'émeute les rendit sensibles.On put dire: Ah! ceci est cassé.Après la révolution de luillet, on ne sentait que la délivrance; après les émeutes, on sentit la catastrophe.«Toute émeute ferme les boutiques, déprime les fonds, consterne la bourse, suspend le commerce, entrave les affaires, précipite les faillites; plus d'argent, les fortunes privées inquiètes, le crédit public ébranlé, l'industrie déconcertée, les capitaux reculant, le travail au rabais, partout la peur; des contrecoups dans toutes les villes.De là des gouffres.On a calculé que le premier jour d'émeute coûte à la France vingt mil- lions, le deuxième quarante, le troisième soixante.Une émeute de trois jours coûte cent vingt millions, c'est-à-dire, à ne voir que le résultat financier, équivaut à un désastre, naufrage ou bataille perdue, qui anéantirait une flotte de soixante vaisseaux de ligne.«Sans doute, historiquement, les émeutes eurent leur beauté; la guerre des pavés n'est pas moins grandiose et pas moins pathétique que la guerre des buissons; dans l'une il y a l'âme des forêts, dans l'autre le coeur des villes; l'une a [ean Chouan, l'autre a Jeanne.Les émeutes éclairèrent en rouge, mais splendidement, toutes les saillies les plus originales du caractère parisien, la générosité, le dévouement, la gaieté orageuse, les étudiants prouvant que la bravoure fait partie de l'intelligence, la garde nationale inébranlable, des bivouacs de boutiquiers, des forteresses de gamins, le mépris de la mort chez les passants.Ecoles et légions se heurtaient.Après tout, entre les combattants, il n'y avait qu'une différence d'âge; c'est la même race; ce sont les mêmes hommes stoiques qui meurent à vingt ans pour leurs idées, à quarante ans pour leurs familles.L'armée, toujours triste dans les guerres civiles, opposait la prudence à l'audace.Les émeutes, en même temps qu'elles manifestèrent l'intrépidité populaire, firent l'éducation du courage bourgeois.«C'est bien.Mais tout cela vaut-il le sang versé?Et au sang versé ajoutez l'avenir assom-bir, le progrès compromis, l'inquiétude parmi les meilleurs, les libéraux honnêtes désespérant, l'absolutisme étranger heureux de ces blessures faites à la révolution par elle-même, les vaincus de 1830 triomphant, et disant: Nous l'avions bien dit ! Ajoutez Paris grandi peut-être, mais à coup sûr la France diminuée.Ajoutez, car il faut tout dire, les massacres qui déshonoraient trop souvent la victoire de l'ordre devenu féroce sur la liberté devenue folle.Somme toute, les émeutes ont été funestes.» Ainsi parle cet à-peu-près de sagesse dont la bourgeoisie, cet à-peu-près de peuple, se contente si volontiers.Quant à nous, nous rejetons ce mot trop large et par conséquent trop commode: les émeutes.Entre un mouvement populaire et un mouvement populaire, nous distinguons.Nous ne nous demandons pas si une émeute coûte autant qu'une bataille.D'abord pourquoi une bataille?Ici la question de la guerre surgit.La guerre est-elle moins fléau que l'émeute n'est calamité?Et puis, toutes les émeutes sont-elles calamités?Et quand le 14 juillet coûterait cent vingt millions?L'établissement de Philippe V en Espagne a coûté à la France deux milliards.Même à prix égal, nous préférerions le 14 juillet.D'ailleurs nous repoussons ces chiffres, qui semblent des raisons et qui ne sont que des mots.Une émeute étant donnée, nous l'examinons en elle-même.Dans tout ce que dit l'objection doctrinaire exposée plus haut, il n'est question que de l'effet, nous cherchons la cause.Nous précisons.II LE FOND DE LA QUESTION Il y a l'émeute et il y a l'insurrection; ce sont deux colères; l'une a tort, l'autre a droit.Dans les Etats démocratiques, les seuls fondés en justi- ce, il arrive quelquefois que la fraction usurpe; alors le tout se lève, et la nécessaire revendication de son droit peut aller jusqu'à la prise d'armes.Dans toutes les questions qui ressortissent à la souveraineté collective, la guerre du tout contre la fraction est insurrection; l'attaque de la fraction contre le tout est émeute; selon que les Tuileries contiennent le roi ou contiennent la convention, elles sont justement ou injustement attaquées.Le même canon braqué contre la foule a tort le 10 août et raison le 14 vendémiaire.Apparence semblable, fond différent; les suisses défendent le faux, Bonaparte défend le vrai.Ce que le suffrage universel a fait dans sa liberté et dans sa souveraineté, ne peut être défait par la rue.De même dans les choses de pure civilisation ; l'instinct des masses, hier clairvoyant, peut demain être trouble.La même furie est légitime contre Terray et absurde contre Turgot.Les bris des machines, les pillages d'entrepôts, les ruptures de rails, les démolitions de docks, les fausses routes des multitudes, les dénis de justice du peuple au progrès, Ram us assassiné par les écoliers, Rousseau chassé de Suisse à coups de pierres, c'est l'émeute.Israël contre Moïse, Athènes contre Phocion, Rome contre Scipion, c'est l'émeute; Paris contre la Bastille, cest l'insurrection.Les soldats contre Alexandre, les matelots contre Christophe Colomb, c'est la même ré-volte; révolte impie; pourquoi?C'est qu'Alexandre fait pour l'Asie avec l'épée ce que Christophe Colomb fait pour l'Amérique avec la boussole; Alexandre, comme Colomb, trouve un monde.Ces dons d'un monde à la civilisation sont de tels accroissements de lumière que toute résistance, là, est coupable.Quelquefois le peuple se fausse fidélité à lui-même.La foule est traître au peuple.Est-il, par exemple, rien de plus étrange que cette longue et sanglante protestation de faux-Saulniers, légitime révolte chronique, qui, au moment décisif, au jour du salut, à l'heure de la victoire populaire, épouse le trône, tourne chouannerie, et d'insurrection contre se fait émeute pour! Sombres chefs-d'oeuvre de l'ignorance! Le faux-Saulnier échappe aux potences royales, et, un reste de corde au cou, arbore la cocarde blanche.Mort aux Gabelles accouche de Vive le roi.Tueurs de la Saint-Bathélemy, égorgeurs de Septembre, massacreurs d'Avignon, assassins de Coligny, assassins de madame de Lamballe, assassins de Brune, Mi-quelets, Verdets, Cadenettes, compagnons de léhu, chevaliers du Brassard, voilà l'émeute.La Vendée est une grande émeute catholique.Le bruit du droit en mouvement se reconnaît, et il ne sort pas toujours du tremblement des masses bouleversées; il y a des rages folles, il y a des cloches fêlées; tous les tocsins ne sonnent pas le son du bronze.Le branle des passions et des ignorances est autre que la secousse du progrés.Levez-vous, soit, mais pour grandir.Montrez-moi de quel côté vous allez.11 n'y a d'insurrection qu'en avant.Toute autre levée est mauvaise; tout pas violent en arrière est émeute; reculer est une voie de fait contre le genre humain.L'insurrection est l'accès de fureur de la vérité; les pavés que l'insurrection remue jettent l'étincelle du droit.Ces pavés ne laissent à l'émeute que leur boue.Danton contre Louis XVI, c'esl l'insurrection; Hébert contre Danton, c'est l'émeute.à suivre LA PRESSE.MONTREAL, LUND113 JANVIER 1992 B7 OFFRES D'EMPLOI (Tous l»*s poslp* annoncé* %an\\ ouverts t'V,jli vènoVCdii four loi.contocte* Denis.847-0688 COMMIS pour rayon de photo et électronique, o Lo Place Versoll-es.M.Clermont.352-1320.ETUDIANT(E)S pour Agence de publicité: sondoges, ventes promotionnelle-,, etudes de morche, d'str ibutlon d'échantillons.Payant, hovjil 0> |nur, 187-170^ ÏOTËSSË privée ovec esprit ouvert, de 18 o 40 ons 662-7557 Pftt'POSC(E) o lo lingerie, sur oppel, experience pertinente, ho-piietes en couture et tenue de registre d'inventaire.Solaire selon convention collective (ll.84Sheu-re) Poste* c.v.ou complete* olfre de service- Poste RM-2501 R, Residence Berthionme du Trem-blov 1635 boul.Gduln est, Montr eoi M2C 1C2, avant le 24 jonvier 92 346 PREPARATION DE CURRICULUM VITAE \u2022 C.V.AU LASER 19.95 S SrPVICL 1 HEURE, 722-6052 AA C.V.bilingue informatise, tu*, imprimonte laser.323-7731 C.V.trancoi'.onglols.Service rapide.Agence l'Entrevue 493-3901 CENTRE-VILLE) CONSEILPRO C.V.professionnel.499-9414 348 RECHERCHE D'EMPLOIS A DOMICILE \u2022 gagne* 270Ssem.pour assembler NOS BIJOUX MODE; lusou'a 3525.sem.pour assembler d'outrés produits.Aucune vente.Infooostel Inc., 1er ou Quebec.Messoge enregistre 1-413-836-5051 poste: 104 AGENT(E), dont beaucoup de contacts ovec les compagnies, cour trouver des offres a emploi.Bonne remuneration, 871-8479 AIDE a terr.os pertiel reauise pour service d'oquoriums, reg'on Montreal, experience ovec les poissons tropicaux et rouges de preference, auto nécessaire, 604-572-2596 ou après 20 h: 604-941-8758 CAISSIER(E) avec ou SORS experience.3 irs, sem.belles heures.Se presenter 7740 rue St-Hubert, CHAUFFEUR(EUSE) de remor-aueuse (plate-forme).5 ons d'expérience, minimum 25 ons, bilingue, 85 l heure.45 h se moine.Se presenter: 9495 Boul.St-Lourent.MIL RECHERCHE choufféurs
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