La presse, 1 juin 1991, B. La Presse Plus
[" D D f ' LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1er JUIN 1991 trous dans la Loi ¦ Inc. PORTATIF PT6C0 à ACTIVATION AVEC BATTBttE.CHARGEUR ET ÉTUI 497-2999 ¦ Kl/** F1US1© LOUIS F A LA II DE AU Plusieurs soupçonnent lés â \u2022 ¦ a \u2022 m.a \u2022 entreprises de contribuer aux caisses mais personne ne peut apporter de preuves uand le Directeur général des élections du Québec, Pierre-F.Côté, est allé à Ottawa témoigner devant la commission Lortie qui est chargée de réviser la loi électorale fédérale, il n'avait pas honte de donner en exemple la loi qu'il administre depuis 1978.N'en dit-on pas que du bien de par le monde, surtout depuis que René Lévesque l'a complétée, en 1977, en faisant adopter la Loi sur le financement des partis politiques, qui est restée jusqu'à sa mort celle dont il était le plus fier.M.Côté a donc assez mal pris d'entendre des intervenants affirmer comme une évidence qu'elle souffrait d'un défaut majeur, à savoir que les personnes morales contournaient régulièrement l'interdiction qui leur est faite de contribuer aux caisses électorales des partis, en remboursant les contributions que font à leur demande leurs employés.(La loi prévoit que seuls les électeurs peuvent contribuer aux caisses des partis, ce qui exclut les entreprises, les bureaux de professionnels, les associations et les syndicats.) « l'ai pris la parole, raconte M.Côté, et je leur ai dit que ce qu'on affirme sans preuve peut être nié sans autre forme de procès.J'ai le pouvoir de faire enquête et d'intenter des poursuites, dit-il au cours d'une interview accordée à La Presse, mais qu'on me donne des preuves ou tout au moins un début de commencement de preuve.» Or des preuves, il n'y en a pas eu beaucoup depuis 13 ans.Peut-être quelques dizaines d'enquêtes et un grand total de sept condamnations.Un fabricant d'asphalte, un marché d'alimentation, une association de propriétaires et quatre municipalités qui avaient acheté pour leur maire le billet lui permettant de participer à un dîner-bénéfice du Parti libéral.Des soupçons Il n'y a pas de preuve, mais les intervenants à la commission Lortie ne sont pas les seuls à avoir des soupçons.Les pé-quistes sont généralement convaincus que les dirigeants de compagnies èt les professionnels qui paient 1000$ pour avoir le privilège de dîner en tête à tête avec quelques ministres du gouvernement Bourassa le font avec les deniers de leur entreprise.Certains avouent même, sous le couvert de l'anonymat, que cela Plerra-F.côté Directeur général des élections du Québec « J'ai le pouvoir de faire enquête et d'intenter des poursuites, mais qu'on me donne des preuves ou tout au moins un début de commencement de preuve.» peut probablement se produire danc leur propre parti ! Un ancien ministre du gouvernement Bourassa reconnaît candidement, mais après avoir requis lui aussi l'anonymat, que «plusieurs présidents de compagnies doivent se faire rembourser par leurs compagnies».Et lorsqu'on lui demande s'il croit qu'il s'agit d'une pratique généralisée, il répond: «le souçonne que oui».Pierre Boileau, directeur général du Parti québécois, dit qu'«on peut supposer que les gens qui paient 1000$ pour participer aux activités-bénéfice (des libéraux) se font rembourser, mais on n'en a pas la preuve*.Pour ce qui est des activités à 100$ que son parti commence à organiser, il répond prudemment: «le ne pense pas ».Jean Gauthier, responsable du financement au PLQ, dit que «si ça se fait, on ne le sait pas.Quand on le sait, on retourne le chèque à la compagnie».Trois contributions (sur 31 783) ont été retournées pour cette raison en 90.Et il s'agissait dans chaque cas de montants modestes versés par des petites entreprises qui ne connaissaient manifestement pas la loi.Car si les gens trichent, ils ne le font certes pas ouvertement.Les partis publient la liste de ceux qui ont donné plus de 100$ et on n'y trouve aucun nom de personne morale.On soupçonne cependant que, par exemple, l'architecte qui accepte de représenter son bureau à un dîner-bénéfice se fait rembourser au moyen d'un boni spécial ou d'un compte de dépenses bidon.Et on reconnaît que si les contrevenants sont le moindrement habiles, la preuve de l'infraction n'est pas facile à faire.Pierre-F.Côté explique Qu'il ne peut quand même pas aller fouiller dans la comptabilité des compagnies saps pai -tir au moins d'une dénonciation bien do- cumentée, .porté.plus de 80 p.cen> des 5,4 raillk récoltés.Il y s fcU 27vdc c» ^i»rs Son bureau enquête présentement sur .récoltes, il y l'«aveu» du président de Donohue, ffiHSPr-Charles-Albert Poissant, qui disait publiquement récemment que sa compagnie avait contribué à la caisse électorale des deux grands partis.Mais on peut parier qu'il devra conclure que M.Poissant s'était mal exprimé et voulait dire que des cadres de son entreprise avaient fait des dons.Le rapport du PLQ pour 1990 nous apprend que M.Poissant a fait deux dons à ce parti totalisant 225$.\u2022 Surtout le PLQ Si les soupçons pèsent surtout sur le Parti libéral, c'est que cette formation reçoit beaucoup plus de dons importants.En 1990, par exemple, 47 p.\" cent ( 14 970) de ses 31 783 souscripteurs ont versé plus de 100$, alors que le Parti québécois n'a reçu que 2507 dons de cet ordre, soit 5 p.cent des 50 483 contributions qui lui ont été versées.C'est aussi parce que ce parti se finance surtout en organisant des activités-bénéfice dont plusieurs ne sont pas à la portée de toutes-les bourses.En 90; les 251 activités de cette sorte lui ont rap- millions m deux ou trois ministres, on donne pour le moins l'impression de vendre à ce prix un accès privilégié au gouvernement/ lit S le couvert, et deux à 1500$.La façon dont ces activités sont organisées amène certaines personnes à se de-mander si le PLQ respecte toujours l'esprit de la loi, qui était notamment de favoriser le financement populaire.Quand, contre 1000$, on permet à 15 ou 30 personnes dr dîner en compagnie de «C'est évident que quand tuas dîné avec lui deux semaines plus tôt; tu ;es plus porté à prendre l'appel d'un électeur, reconnaît l'ancien ministre eîté plus haut.Mais ce n'est pas tant à cause de l'argent, que du fait que tu le connais maintenant.C'est vrai que ça ressemble au prix d'entrée à payer pour avoir accès au gouvernement.Ça Test, on peut passe le cacher.» - * lean Gauthier se contente de dire qiue ce mode de financement respectera loi et qu'une association de circonscription n'a pas besoin de faire payer les gens pour obtenir qu'un ministre accepté son invitation.Il ajoute que si le parti est revenu à ce mode de financement avec'le retour aux affaires de M.Bourassa, c'est simplement qu'il est plus efficace que la sollicitation de porte en porte.Pierre Boileau, du PQ, répliqué, que c'est plutôt parce qu'une campagne populaire «nécessite une structure militante forte que n'a pas le PLQ».Son parti n'a organisé que trois activités-bénéfice en 90, dont la plus chère coûtait 50$.Mais il a l'intention d'en organiser un plus grand nombre, et à 100$,' cette, année.; Cette pratique ne le scandalise pas, même s'il souligne la modestie des prix demandés par son parti.«Les gens contribuent pour être écoutés, mais rien ne leur garantit qu'ils seront entendus.Il faut sans doute qu'ils contribuent s'îlè veulent bénéficier des largesses du gouvernement, mais le fait de contribuer ne leur garantit rien.» L'esprit de la loi Pierre-F.Côté reconnaît que la pratique est légale.Mais respecte-t-elle l'esprit de la loi?«l'espère bien», se conten-te-t-il de répondre.Plus tôt au cours de l'interview, après avoir dit que la loi était bonne et exportable, mais certainement perfectible, il ajoutait: «11 faut être constamment aux aguets, ne pas-prendre la démocratie pour acquis.Si' on n'est pas vigilants, tout peut arriver.Un changement d'attitude peut faire dévier la loi.» Un dirigeant du PQ, qui a requis l'anonymat, \"explique que si\" son parti aevait des preuves que les libéraux trichent, il les dàtumoçrait.Mab les tricheries sou-tfohhé&he l'empêcheat pas de dormir.Z'esï qtioi l'esprit' de la loi?On voulait mettre fin aux caisses occultes et éviter que des souscripteurs en donnant des dizaines de milliers de dollars aient une véritable emprise sur le gouvernement.Or ça c'est acquis.On connaît les donateurs.Ce n'est plus l'argent, mais les réseaux d'amitié, par exemple, qui donnent accès à ceux qui sont au pouvoir.» L'édifice risque CHARLES DAVID vec la bénédiction américaine, l'Ethiopie, toujours gravement marquée par la famine, tente, depuis l'effondrement des forces de l'ex-dictateur marxiste Men-gistu Haïlé Mariam, de refermer sans trop de casse une parenthèse tragique de guerre civilo-internationale vieille de trente ans.Pourtant la prise du pouvoir, à Addis-Abeba, par le Front Démocratique Révo-lutionnaire du Peuple Éthiopien (FDRPE) et l'instauration d'un gouvernement provisoire en Erythrée par le Front Populaire de Libération de l'Erythrée (FPLE) dissimulent mal déjà un certain nombre de contradictions qui, à moins d'être surmontées à brève échéance, risquent de rallumer plus sauvagement le plus vieux conflit de l'Afrique.Ce n'est pas le moindre des paradoxes de la débâcle éthiopienne que de retrouver les Etats-Unis en commissaire liquidateur d'une guerre de libération menée par des groupes rebelles d'obédience Un rebelle éthiopien monte la garde sur les armes de soldats de Carotte éthiopienne faits prisonniers cette semaine.TÉLÉPHOTO R tut Of marxiste-léniniste contre un régime : de démocratie-populaire, naguère allié \"de l'URSS, de Cuba et de la RDA.Paradoxe, en fait, apparent puisqu'il découle directement de trois facteurs réels qui conditionnent la démarche américaine: vy'A \u2022 La détente Est-Ouest, avec la remiseçn cause de l'ordre international, et l'émergence des États-Unis comme la seule véritable super-puissance.\u2022 La confirmation de la marginalisation de l'Afrique comme continent stratégique et d'une manière plus globale, l'affaissement du rôle politique du Tiers-monde.\u2022 La constatation par tous les acteurs de la crise éthiopienne du rôle majeur, voire incontournable, de Washington dans la survie physique et quotidienne du pays devenu, au fil de sa descente aux enfers, le pays le plus pauvre du monde.Moscou laisse tomber ses pions À partir du moment où la fin de la Guerre froide consacrait l'essoufflement économique de l'URSS,\u2014 reconnaissant qu'elle ne pouvait plus se payer les moyens de sa politique de zone d'influence destinée à nourrir les feux de mini-Vietnam et à gruger les Etats-Unis par tiers-monde interposé,\u2014 la détente ne pouvait que réduire à néant les champs de rivalité géo-politique dans le Tiers-monde.De plus, en prônant désormais une gestion concertée des crises pour résoudre les conflits régionaux et éteindre les foyers de tension existants, la nouvelle approche des relations Est-Ouest, en privilégiant le poids politique américain, laissait désormais désarticulés les pions longtemps manipulés par Moscou.À preuve, le cas de l'Ethiopie n'est pas singulier.Les mêmes causes ont produit les mêmes effets au Nicaragua, en Angola, en Afghanistan et, d'une façon plus radicale, en Irak.Aussi, au bout d'une guerre de 30 ans avec les «indépendantistes érythréens» et d'un affrontement de 15 ans avec les autres factions rebelles qui auront coûté à l'Ethiopie des deux par les USA -Tîjrer Négus (!* Roi des I\\Ol5 Malle Séîassié, l'allié des Américains, et le Négus rouge, Mengistu Halle Mariam, l'allié du bloc socialiste) plus d'un demi-million de soldats et l'appauvrissement total du pays, la cause était entendue.Elle le fut plu^jjtécisément quand, mettant en pratique sa nouvelle doctrine, Mikhaïl-Gorbatchev refusa de continuer à assurer les besoins militaires de Mengistu.EUèjievint irréversible quand Washington, Taisant peu de cas de la nouvelle conversion du Négus rouge aux bienfaits de l'économie mixte, de son apostasie de la foi socialiste, de sa découverte des mérites de la démocratie pluraliste et de son soutien inconditionnel au Conseil de Sécurité lors de la crise du Golfe, laissa le régime partir à la dérive.«MM \">f \u2014 éXoH iop %'.$ i a a a o Èt È I E 11 est vrai que par le bLis d'Israël, préoccupé du sort des Juifs éthiopiens (les Fa 1 ash as) et par le maintien de la façade stratégique de 1 Erythrée (seule portion non-arabe de la Mer rouge), Washington a toujours gardé des canaux ouverts avec le régime de Mengistu, même au plus fort de son alliance avec Moscou.De plus, le blé américain, constituant une excellente monnaie d'échange, a forcément ménagé aux États-Unis de précieuses intelligences à Addis-Abeba et, on le voit maintenant, la prérogative presque automatique de la médiation entre les parties en conflit.Une architecture fragile Mais les contradictions des intérêts des trnîs organisations rebelles risquent de fracturer la fragile architecture politique que M/ashington s'efforce de mettre en place.Déjà, selon des représentants du Comité international de la Croix rouge (CICR), les affrontements, depuis l'arrivée des rebelles dans la capitale éthiopienne pour y faire régner l'ordre à la ¦ demande expresse de Washington; ont fait plus de 200 morts et près de 409 blessés.On sait que l'ethnie Amhara, prédominante à Addis-Abeba, accepte difficilement sa sujétion aux bandes venues des marches de l'Empire ( l'Erythrée et le Tigré) et accuse les États-Unis d'avoir soldé l'Ethiopie à Londres.Pourtant, quels que soient les remous qui agitent la capitale éthiopienne, la menace sérieuse à l'ordre actuel se profile surtout du côté de l'Erythrée.-Certes, les États-Unis ont toujours défendu l'unité de l'Ethiopie et leur choix de la carte tigréenne avec le FDRPE confirme cet intérêt.Toutefois, il serait étonnant que les Érythréens, parvenus au bout de leur peine, acceptent de mettre sous' le boisseau l'exigence fondamentale qui les a conduit à prendre les armes: la ténue d'un référendum devant déboucher, dans leur esprit, au mieux sur l'indépendance, au pire sur l'autonomie.* La quadrature du cercle La question cruciale, à l'heure actuelle, est de savoir comment les alliés d'hier (le FDRPE et le FPLE) vont résoudre.^ quadrature du cercle.En dépit du satisfecit de Washington qui a félicité le-FPLE pour s'être abstenu de proclamer fminé-diatement l'indépendance de l'Erythrée et pour avoir manifesté l'intention de maintenir les liens économiquesavec les autres provinces de l'Ethiopie, la crise demeure latente.À preuve le FPLE a refusé de participer au gouvernement central, pour se garder les mains libres, et a, en revanche, instauré un gouvernement Ïprovisoire sur soi: territoire, déniant par à au gouvernement central tout .droit d'ingérence dans les affaires de l'Erythrée.Le cas érythréen est d'autant plus dangereux que, par un rythme d'enchaînement, il pourrait allumer d'autres brasiers chez les autres minorités (Afers, Oromos, Somalis.) qui n'ont jamais caché leur désir de secouer le joug d'Addis-Abeba.: Par contre, Washington dispose d'une arme redoutable \u2014 l'aide alimentaire \u2014 pour contraindre les plus récalcitrants à épouser d'éventuels compromis afin d enrayer le démembrement de.l'Ethiopie.Le tout est de savoir si les Erythréens qui ont déclenché !a plus longue guerre d'Afrique pour affirmer leur identité ne seraient pas tentés de les assimiler à compromissions. B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1er JUIN 1991 t; v ( v >- \u2022 : .1 Paul Desmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Pour que justice soit faite est scandaleux.C'est épouvantable.Il y a une justice pour les riches et une justice pour les pauvres.La système est malade.» Depuis 24 heures, vous aurez tout entendu sur les lignes ouvertes des ondes radiophoniques, dans les bureaux ou sur la rue relativement à la libération sans procès d'un courtier d'immeubles de Repentigny, âgé de 40 ans, qui avait été accusé d'agression sexuelle avec violence contre une jeune fille, alors âgée de 16 ans.Même le ministre de la Justice, M.Gil Rémillard, se déclare «choqué» et juge la situation inacceptable.Raison du rejet de la cause par le juge Bernard Grenier, de la Cour du Québec?Des délais ¦ déraisonnables ¦ entre la comparution de l'accusé et son procès, soit environ un an et demi.Depuis que la Cour suprême du Canada a conclu, l'automne dernier, qu'un accusé pouvait être libéré par le tribunal si les délais entre l'enquête préliminaire et le procès étaient trop longs, les libérations avant procès se multiplient.Y a-t-il abus delà part des juges?Les magistrats appelés à juger les causes criminelles doivent éviter de passer d'un extrême à l'autre.Jusqu'à i'arrèt Askov du plus haut tribunal du pays, il y avait parfois des délais de 12 à 16 et même 18 mois entre la comparution et le procès d'un accusé, dans certains districts judiciaires du Québec.Aux Palais de justice de Joliette, Granby et Saint-Jérôme notamment.Grâce à des mesures administratives prises par le ministère de la Justice, les délais ont été quelque peu raccourcis.Ce n'est pas encore l'idéal.L'amélioration se poursuivra dans les prochains mois.Certains juges auraient-ils décidé d'utiliser de façon restrictive et à la lettre l'avis de la Cour suprême dans le but d'exercer une pression constante sur le ministère de la Justice afin qu'il nomme de nouveaux juges et allège les conditions de travail des magistrats?Ceux-ci ne doivent nullement se servir du tribunal pour améliorer leur propre sort.Les juges doivent également faire preuve de discernement dans la gravité apparente des causes criminelles qui leur sont soumises.Toutes les causes ne sont pas d'égale importance.Qu'il y ait libération de procès pour des causes mineures reliées, par exemple, au non-respect du Code de la route, ce n'est pas aussi grave qu'un viol avec violence ou que des agressions sexuelles répétées.Lorsqu'il y a des victimes en cause, il faut tout faire pour que le procès ait lieu.Là où les juges peuvent agir encore plus directement, c'est en refusant de nombreuses remises réclamées par les avocats de la défense ou de la Couronne.Il y a abus de ces demandes de remises pour des raisons qui ne sont pas toujours pleinement justifiées.Si une remise a été demandée parce que la victime était partie en voyage de ski, comme dans le cas présent, est-ce une raison valable pour accorder une remise de procès?Les avocats ont beaucoup de travail à faire pour s'autodisci-pliner en cette matière.Le Barreau pourrait y jouer un rôle de sensibilisation sinon de surveillance plus étroite auprès des procureurs lorsqu'il y a laxisme.La profession d'avocat y gagnerait en crédibilité.Tout accusé a droit a un procès juste et équitable: c'est la base de notre système judiciaire dans une société démocratique.Tout accusé a aussi droit d'être jugé dans un délai raisonnable, en vertu de la Charte canadienne des droits et libérés, en vigueur depuis 1982.- \u2022Justice delayed is Justice denied.* Cette expression bien connue dans les milieux judiciaires est suffisamment explicite pour inciter les magistrats, les avocats, le ministère de la Justice, le Barreau et les divers responsables de l'administration de la Justice à tout faire pour réduire les délais au bénéfice tant des malheureuses victimes de ces crimes que des accusés présumés innocents mais trop souvent déjà condamnés par l'opinion publique.M \u2022 Claude MASSON r La bataille des accouchements ¦ a «guerre des quotas» qui a cours à la Cité de la Santé do I Laval montre comment un simple problème de gestion et de lo fric peut se transformer en une absurde et interminable bataille juridique.Car même si la Cour supérieure vient de donner raison à un médecin qui refuse de respecter les plafonds d'accouchements fixés par l'hôpital lavallois, le débat ne fait que commencer.En fait, la décision du juge Derek Guthrie est ponctuelle et ne touche pas le fond du problème: la légalité des fameux quotas.C'est à la Commission des Affaires sociales qu'il appartiendra, la semaine prochaine, de juger du fond de la question.Dans sa décision, le juge Guthrie s'est basé sur un article de la loi garantissant aux pa-, tients le droit de choisir leur médecin et leur hôpital.Mais la loi qui régit les services de santé prévoit aussi que les hôpitaux peuvent dispenser leurs services en fonction de leurs ressources.Et la Commission pourrait éventuellement invoquer cet article pour approuver la malheureuse politique des «plafonds».Ce qu'il y a de malheureux dans tout ça, c'est que pendant que les juristes coupent les cheveux en quatre, on oublie que les véritables problèmes de la Cité sont des problèmes d'argent et de planification.Et qu'ils ne pourront jamais être réglés devant les tribunaux.Pour justifier sa politique des quotas, la direction de la Cité invoque trois arguments.D'une part, si elle accepte de pratiquer trop d'accouchements, ce sont les femmes qui en souffriront les premières; déjà, il arrive qu'après la naissance, des patientes doivent se contenter d'une civière dans un couloir.D'autre part, quand les vagues d'accouchements sont trop intenses, on doit ; retarder d'autres interventions.Enfin, l'idée des quotas a été suggérée par les médecins eux-mêmes, pour régler le problème de surpopulation en obstétrique.Et les docteurs rebelles ne font que contrevenir à une décision prise par leurs pairs.Tous ces arguments se tiennent.Sauf que dans une société qui veut promouvoir la nataiiîé, l'idée même de limiter le nombre d'accouchements envoie, c'est le moins qu'on puisse dire, un drôle de message.Si la Cité de la Santé est si populaire, c'est qu'elle dessert une population jeune et en pleine fièvre procréatrice.C'est aussi qu'elle offre un service de qualité que les autres hôpitaux de la banlieue nord, d'où vient 40 p.cent de sa clientèle, peuvent difficilement concurrencer.Il suffirait de dix lits supplémentaires à la Cité de la Santé pour répondre entièrement à la demande des Lavalloises et des femmes venant des villes voisines! Des travaux d'agrandissement ont actuellement cours mais personne n'a pensé d'en profiter pour agrandir le département d'obstétrique! Pourquoi?Mystère.Pour soulager l'hôpital lavallois, on pourrait aussi aller voir du côté des hôpitaux de banlieue, question de les rendre plus « concurrentiels».Cela vaudrait mieux que de soumettre les naissances à des limites mathématiques.Il s'agit toutefois de solutions à moyen terme.En attendant, les médecins devraient collaborer avec la direction de l'hôpital et cesser de se servir de leurs patientes pour gagner leur bataille.AgnèsGRUDA Une facture épicée M.Keith Spicer a déclaré que le Forum des citoyens qu'il a présidé, présentera un rapport qui ne contiendra probablement pas de recommandation.Pour plus de 20 millions de dollars, les contribuables auront droit à quelques « méditations » de la part de la Commission.Dès le début, il était clair que le Forum serait d'une utilité limitée et qu'il servirait surtout d'exutoire à un Canada anglais désemparé par la crise constitutionnelle.Mais pour une pareille somme, nous sommes en droit de nous attendre à plus qu'à un reportage «honnête et objectif» d'une centaine de pages, augmenté de quelques «méditations».Comme point de comparaison, nous pourrions prendre la Commission Macdonald d il y a six ans.Avec un budget identique, sinon inférieur, cette commission avait produit un rapport détaillé de 2 000 pages : sur le Canada.Parmi les 80 pages de recommandations, on retrouvait notamment la création d'une zone de libre-échange avec les États-Unis et la reconnaissance, dans la constitution, de «la spécificité du Québec» et de «la dualité fondamentale de la fédération canadienne».La valeur du rapport Macdonald vient surtout de l'imagination et du travail des commissaires.On se souvient du rapport inter-: imaire si décevant parce qu'il ne faisait que répéter ce que tout le monde savait déjà.A partir de cette sagesse populaire, Donald Macdonald et ses collègues ont cherché à bâtir le Canada de demain.Et leur rapport a effectivement transformé le Canada.Si le rapport Spicer coûtera en fin de compte autant que le rapport Macdonald, c'est parce que le manque de substance sera compensé par une très large diffusion, y compris des versions audio et video.Plus de 20 millions de dollars pour une opération de relations publiques au nom don ne sait trop quoi, c'est trop.Frédéric HMGNlkM t* justice src4 mwe ^:^mm-m^^mi- \u2022\u2022\u2022\u2022 (Droits réservés) // faut démolir la théorie du pacte fédératif ( Trudeau ) MARCEL ADAM ierre Trudeau voudrait que Ton trouve in moyen de démolir la théorie du pacte fédératif qui est au coeur de la crise existentielle du Canada.Pour cela i! faut d'abord que Ton en parle.Or c'est justement pour cette raison qu'il dit avoir accepté l'invitation des or-ganisateurs du symposium sur le fé-déralisme nord* américain, tenu cette semaine à l'université McOill.(Invitation qui résulte de son intervention de Toronto de mars dernier, où il avait attaché le grelot.) (La théorie du pacte fait dépendre les pouvoirs du gouvernement fédéral de la volonté des provinces du fait que le premier est né de la volonté des secondes de s'unir et de partager les pouvoirs avec le gouvernement central issu de l'union.) Les premiers ministres provinciaux ont toujours épousé cette doctrine et l'ex-premier ministre ne pense pas que les choses soient ni meilleures ni pire que dans le passé à cet égard.Ce qui a changé cependant c'est que la Cour suprême a contribué à accréditer cette doctrine avec sa décision de ! 981 sur le rapatriement.Ses tenants ne sont pas hostiles au système fédéral, remarque-t-il, mais ils se fondent sur elle pour exiger une fédération plus décentralisée.Pour satisfaire au principe de subsidiarity qui veut que l'on ne délègue au gouvernement le plus éloigné du peuple que les pouvoirs que le gouvernement le plus rapproché ne pourrait exercer aussi bien.M.Trudeau considère que ce principe est bon dans une vieille nation où le sens de l'identité est fort, non dans un jeune pays où il est moins bien affermi.Le Canada ayant déjà le système fédéral le plus décentralisé au monde, aller plus loin dans ce sens produirait une fédération lâche.Quant à ceux qui sont hostiles au fédéralisme, la doctrine du pacte sert selon lui à légitimer l'accession à la souveraineté.Parce que cette théorie prend toute son importance dans la conjoncture actuelle, M.Trudeau souhaite que la question soit étudiée et discutée.Ce qui pourrait avoir pour effet de rehausser le calibre d'un débat dont M.Trudeau déplore la piètre qualité.Que pensc-t-il de l'idée, de plus en plus populaire dans ia classe politique anglo-canadienne, d'une assemblée constituante qui serait chargée de rédiger une nouvelle constitution, comme ce fut le cas aux États-Unis il y a deux siècles?M.Trudeau ne pense pas que l'expérience américaine soit utile pour le Canada.À l'époque les États-Unis sortaient d'une révolution et se retrouvaient sans gouvernement, alors que 2e Canada est un pays souverain où il existe un pouvoir politique.Cela dit, il rappelle que dans son temps, les gens étant fatigués des conférences fédérales-provinciales, on lui avait proposé de fai- re appel à un groupe de sages.La suggestion avait été rejetée parce qu'il croyait que cette responsabilité incombait aux élus et qu'ils étaient aussi aptes que n'importe qui d'autre à relever ce défi.Il suppose que les politiciens d'aujourd'hui réagiront à cette idée comme l'avait fait le politicien qu'il était alors.M.Trudeau a fait une étonnante révélation au sujet de la saga du rapatriement.Lorsque le gouvernement britannique a fait savoir qu'il ne donnerait pas suite à une requête du gouvernement canadien qui ne serait pas suffisamment appuyée par les provinces, M.Trudeau a décidé qu'il agirait sans Londres si besoin était.Advenant l'échec des ultimes négociations de novembre 1981 (rendues nécessaires par le jugement de la Cour suprême exigeant un appui provincial substantiel pour légitimer le rapatriement), et un refus de Londres de donner suite à la résolution d'Ottawa à cause d'une insuffisance d'appuis provinciaux, M.Trudeau était décidé à lancer un ultimatum à Mme Thatcher: vous nous accordez notre indépendance ou nous la dilatons unilatéralement.Londres s'obstinant, le Canada aurait fait comme la Rhodésie du Sud en 1965, qui a rompu motu proprio avec le Commonwealth.M.Trudeau n'est pas sûr s'il aurait gagné une élection sur ce thème.Mais il est convaincu que ça aurait fait une sacrée belle campagne (a hell of a nice campaign ).Et j'imagine que les souverainistes québécois en auraient tiré un enseignement utile pour le cas où.La boïfë aux lettres Enfin, une bonne nouvelle ! m La Ville de Montréal a l'intention de construire une centrale électrique qui produirait de l'énergie à partir des vapeurs provenant de la combustion des déchets de l'ancienne carrière Miron (La Presse, 12 avril).Enfin une bonne idée! Une usine qui produirait de l'énergie en détruisant plus de trente millions de tonnes de déchets, cela, sans méchantes odeurs.Intéressant ! Produire de l'énergie à partir de déchets sauvera sans doute des arbres et peut-être des rivières tout en ménageant l'environnement.Donc tout n'est pas que désespoir en cette décennie! Steve LELANNIC Laval La poutre dans l'oeil.¦ Depuis une dizaine d'année, certains crient contre les grandes industries, les petits pollueurs, le gouvernement, enfin contre n'importe quoi, pour sauver l'environnement.Les gens se croient des défenseurs de la faune et de la flore ; ils veulent que l'on ferme des industries pour purifier l'air quand eux prennent leur automobile pour aller au dépanneur du coin ; ils critiquent les papeteries qui polluent l'eau quand eux laissent couler cette même eau pour en avoir de la plus froide; ils reprochent au gouvernement de ne pas assez dépenser pour l'environnement quand eux ne veulent même pas acheter un savon sans phosphate, sous prétexte qu'il est trop cher.Bien sûr qu'il y a des industries polluantes au Canada, mais le respect de l'environnement, cela commence chez soi.Mathieu FORTIN LaSalle coIUborâàoa spéciale s of dbord it\" - «4 quelques enseignants dont 1 amour se dégrade en résignation e nombre des décrocheurs et la résignation en abdication.Et s'accroît dans nos écoles et les l'enfant finit par fuir le vide qu'il a vieilles querelles d'intendance lui-même créé, bien malgré lui.s'enveniment au-dessus de leurs Et bientôt, auprès de l'enfant de- occupent pour se rapprocher des aux enfants.Nous sommes obligés venu difficile, il ne reste plus que écoles et des enfants.dvhypothéquer l'avenir de nos en- G, Une réussite 3 - fants, via le déficit de nos gouver- québécoise au Japon ,131 tètes.Alors que les enfants ne par- zT^T viennent pas à s'enraciner dans les f On dit qu'il décroche.Quelle lieux qui leur sont destinés, les image à la fois affreuse et juste.On commissaires élus se décroche d'un hameçon comme une truite qui fait un dernier et su- gréme effort pour retrouver la li-erté.L'être vivant se décroche de la froide machine dont il a l'impression qu'elle ne sert qu'à le tuer ou l'asservir.* S'il avait pu prendre racine dans une maison vivante, (ayant une culture, une histoire, des valeurs Stropres), non seulement notre en-ant n'aurait pas été tenté de décrocher mais il aurait trouvé dans ses racines mêmes la force de résister aux influences extérieures qui l'éloignaicnt déjà des exigences de la connaissance.Et l'on revient par là à l'essentiel.Une école ce ne devrait pas être un chaînon dans une chaîne, un établissement dans un réseau, mais une maison autonome dans laquelle les enfants peuvent s'enraciner.nements, pour maintenir ces bureaucraties qui d'autre part font ïl faut plus d'êtres humains au- Sfeflf: mémC8 cnfants ,oin dc près des enfants dans les écoles, 1 ecoie* plus de surveillants, plus de per- et les bureaucrates par eux nommés s'enlisent dans leur inutilité ('ilouse et querel-euse.Je pense, bien entendu, aux querelles de la CECM.Et c'est le moment que choisit le ministre de l'Éducation pour relancer la querelle entre l'enseignement public et l'enseignement privé par le projet de loi 141.Il se trouve que le problème de la CECM et celui de la querelle entre le privé et le public s'éclairent l'un par l'autre.À la CECM, il y a environ 1000 fonctionnaires, cadres inclus pour 100 000 enfants environ.Au secteur privé on parvient à subvenir aux besoins de 70 000 enfants avec une équipe de moins de dix ; La force des personnes.C'est l'ordre de g ran- écoles privées deur qui importe ici, on l'aura C'est justement ce qui fait la for-compris.Si la proportion entre élèves et bureaucrates était la même à la CECM que dans le secteur privé, des écoles secondaires de 1500 élè- ves disposeraient d'environ 1,5 million de dollars supplémentaires pour mieux servir leurs élèves.Le problème est là.Voyez l'enfant, seul au milieu d'un désert de béton.Tel un mendiant dans un beau quartier, il fait le vide sur son passage.Devant lui le salut est dans Ta fuite.Et c'est la migration vers les postes administratifs et vers les fonctions pédagogiques que l'on peut remplir loin des enfants.Bien entendu, à ce régime l'enfant devient de plus en plus difficile.Ceux qui auraient eu la force de lui imposer une salutaire discipline ont été les premiers à le fuir et maintenant ils brûlent leurs dernières forces dans des querelles d'intendance.ce des écoles privées.Leur valeur ne tient pas tant au fait qu'elles sont privées qu'au fait qu'elles sont autonomes, comme pourraient l'être les écoles publiques, comme l'école Louis-Riel de Montréal l'est encore dans une large mesure.Or voici que par le projet de loi 141, le ministre de l'Éducation entend réduire l'autonomie de l'enseignement privé, en le subordonnant au bon vouloir des commissions scolaires, en lui imposant des quotas de même qu'un système d'inspection dont l'équivalent n'existe pas dans le secteur public.Étrange politique qui consiste à s'attaquer à la solution plutôt qu'au problème, qui pourtant crève les yeux.À la CÊCM et dans toutes les commissions scolaires ou le ratio bureaucrates élèves est aussi scandaleux, il faudrait supprimer 95 p.cent des postes et donner deux mois à ceux qui les sonnes qui seraient là, disponibles, uniquement pour tendre une oreille bienveillante.l'ai entendu récemment la délicieuse anecdote que voici.Quand René Lévcsque et Bernard Landry ont visité le Japon il y a une dizaine d'années, on les a conduits, à leur demande, dans une école modèle, une de ces écoles tellement en demande là-bas qu'au lieu /l'en décrocher après y être entré, on se suicide par désespoir de ne pas y avoir été admis.Il se trouve que ladite école avait été fondée par des Clercs de Saint-Viateur venus du lointain Québec.Quand René Léveste a demandé au directeur l'explication de la réussite de leur maison, il a reçu cette réponse: nous faisons ici ce que nous faisions au Québec il y a quarante ans.< le ne veux pas ajouter la querelle des anciens et des modernes à celles qui ne nous divisent déjà que trop.Mais il me semble qu'il y a au moins une leçon à tirer de cette anecdote : dans les maisons d'enseignement que le lapon s'est empressé d'imiter il y avait de la discipline et des surveillants pour l'assurer, ce qui permettait aux enseignants d'avoir une marge de manoeuvre un peu plus grande pour accomplir leur tâche plus directement intellectuelle.¦ \u201e Nos propres traditions Quand je constate qu'il y a mille personnes dans les bureaux de la CECM et quelques surveillants à peine pour des milliers d'enfants turbulents appartenant à diverses cultures, j'en conclus que nous sommes trop lâches pour tirer profit de nos propres traditions.Et il y a une autre bureaucratie, à Québec, qui n'entre pas dans le ratio scandaleux déjà évoqué.Il y en a même une troisième, à Sain-te-Foy : la CEQ.\\ Chacune de ces bureaucraties tire sa raison d'être de ses rapports le courage serait suicidaire pour tendus avec les deux autres beau- eux, ils se gardent bien de le prati-coup plus que des services à rendre quer.Tout est clair il me semble.Trop clair peut-être?Au lieu de limiter d'autonomie des écoles privées, il faut au contraire accroître celle de écoles publiques avec l'espoir qu'il devienne un jour impossible de les distinguer Is unes des autres.Au fur et â mesure que l'évolution se ferait dans ce sens, les écoles privées auraient à partager une plus grandes part des obligations des écoles publiques à l'égard des clientèles difficiles.Elles perdraient alors une partie de leur autonomie, mais cette perte aurait un sens.Les commissions scolaires ont sans doute correspondu à une nécessité à l'époque où, à défaut de ministère de 1 éducation les autorités gouvernementales devaient absolument miser sur des responsables de l'éducation dans les populations locales.À cette époque il n'y a avait pas de bureaucratie dans les commissions scolaires.Il est quand même étonnant que lesdites bureaucraties soient apparues au moment précis où la création du ministère de l'Education aurait dû nous en dispenser.- Quatre choses Aujourd'hui il nous suffirait d'un ministère de l'Éducation allégé dont la responsabilité se limiterait à quatre choses: la péréquation entre les régions, les examens nationaux, l'inspection et la protection des clientèles difficiles.Ces propos paraîtront aux uns tout-à-fait réalistes et aux autres tout-à-fait irréalistes.Ils sont l'un et l'autre à la fois et cette contradiction donne la mesure de l'im- tuissance de nos gouvernants, lus pour de courts termes, avec mandat de résoudre des problèmes qui engagent un avenir de plus en plus lointain, il leur est bien difficile de faire triompher la démocratie contre la démagogie.Et comme ils sont persuadés que - .«.\u2022 » \\ - > CECM: un abcès qui n'en finit plus de crever FRANGINE PELLETIER collaboration spéciale gfo près les factures frauduleu-M ses de Mme la présidente, les règlements de comptes de M.le directeur général, et les menaces de congédiement de tout ce beau monde, voici qu'une nouvelle ombre se dessine au tableau de la CECM: le népotisme.C'est du moins le sujet qui sera débattu à la prochaine assemblée des commissaires d'écoles, mercredi prochain, par le biais d'une résolution anti-népotisme déposée il y a quelques semaines par deux membres du MEMO, Robert Cadotte et Marc-André Ladouceur.«Ça n'a pus de bon sens qu'une grosse institution comme la CECM n'ait pas de critères justifiant l'emploi d'un tel par rapport à un autre», explique M.Cadotte.Le népotisme, au cas où vous l'ignoriez, consiste à «abuser de -son influence pour procurer des avantages ou des emplois à sa famille ou à ses amis».Dixit le Petit Robert.Et tout indique que ce genre d'abus est pratique courante au sein de la CECM.¦ / grande hypocrisie.Et c'est pourquoi il faut s'y attarder.Il faut s'y attarder, d'abord, parce que c'est toute la question de la moralité publique qui est ici remise en cause.Et pas seulement à la CECM mais au Québec en général.Après tout, si une institution de l'importance de la Commission des écoles catholiques de Montréal peut à ce point faire les coins ronds, il n'y a pas de raison de croire que le favoritisme, le lais-sez-faire et les petits mensonges ne prolifèrent pas, eux aussi, dans d'autres grandes institutions.r 1 PHOTO LUC SMON P6MEAULT, Il PrtSM Robert Cadotte et Yves Poulin, du MEMO.L'histoire du carré d'agneau arrosé de champagne de .Mme Sou-cy-Brousseau \u2014 servi, aux frais du contribuable, le 4 janvier dernier \u2014 en est d'ailleurs un croustillant exemple.Mais, cette fois, ce sont les emplois d'été à la CECM qui sont la cible de la foudre des commissaires de l'opposition.Selon des informations obtenues par Robert Cadotte, au moins le tiers des 60 emplois disponibles chaque été à la CECM seraient occupés par les enfants des employés.Or, «un employé de l'Etat n'a pas à placer son flot avant tout le monde», dit le commissaire.D'autant plus que «tout le monde» n'a pas les avantages dont bénéficient fonctionnaires et élus du peuple.D'autant plus, aussi, que ces emplois pourraient être d'un apport salutaire aux jeunes décrocheurs, un des grands problèmes, justement, de la Commission des écoles catholiques de Montréal.«La CECM appartient à tout le monde, poursuit M.Cadotte.Tout le monde devrait avoir les mêmes possibilités d'emploi.» Selon le directeur des ressources humaines à la CECM, Claude Papi-neau, par contre, une telle situation est «normale».Dans une entrevue accordée à Sophie Thibault de Télémétropole, M.Papineau a d'ailleurs confirmé le favoritisme qui prévaut à la CECM, en ajoutant que «tout le monde a besoin de contacts pour se trouver un emploi».Voici donc une autre illustration que la CECM \u2014 malgré son budget de 570 millions par annè-j et ses 16 000 employés, malgré le-fait qu'il s'agit ici d'un des employeurs les plus importants du Québec \u2014 se conduit comme «une grande famille».C'est-à-dire, en broche à foin.Bien sûr, après tous les problèmes, pour ne pas dire scandales, qui ont récemment éclatés en ce qui concerne la CECM, il est difficile de s'émouvoir de ce dernier bouton de fièvre.Après touc, il y a pire dans la vie que le trafic d'influences.Il y a la guerre, la torture, la famine.Et de ce côté-ci de l'Atlantique, la pauvreté, la violence conjugale, le désastre écologique.Bref, il y a des choses qui vraiment détruisent la vie des gens et devant lesquelles on a encore à peine levé le petit doigt.Alors, le favoritisme dans tout ça?.fia Petits mensonges, grande hypocrisie J'ai toujours pensé, d'ailleurs, que les médias ont beaucoup trop tendance à s'emparer de ces petits scandales à cinq cennes, des carrés d'agneau à la Denise Soucy-Brous-seau et des rapports de forces à la \u2022Laurent Portugais, plutôt que des véritables plaies qui nous affligent.Beaucoup trop tendance à foncer à fond de train sur quelques petits personnages pas très sympathiques, c'est sûr, tout en laissant le système \u2014 qui après tout encourage de tels comportements \u2014 indemne.?Personnellement, je trouve bien plus scandaleux le refus des condoms dans les écoles que le dîner à 390$ de Mme la présidente.Le problème c'est que l'un ne va pas sans l'autre.Le problème c'est que se sont les petits mensonges, très souvent, qui sont à la base de la Et la Révolution tranquille?Et puis, comment oublier que la moralité publique a été le premier jalon de la Révolution tranquille?Toute l'histoire du Québec moderne commence là: avec le grand ménage dans les moeurs politiques.Avec la mise au ban des politiciens véreux et l'établissement de règles de conduite.C'est sur cette base-là que tout le reste a pu se faire.Et c'esc sur cette base-là, aussi, que la confiance en «nos élus» existe, ou pas.Or, avec tout ce qui passe à la CECM ces temps-ci, On peut se demander si le grand ménage a réellement été bien fait.Ou du moins, s'il ne serait pas, après 30 ans* un peu à refaire.Il faut s'attarder au népotisme à la CECM pour une autre raison.Parce que la justice sociale dont nous nous réclamons ne se construit pas dans les airs.Parce que l'écart entre les riches et les pauvres \u2014 dont le Canada, nous dit un rapport des Nations unies, est étonnament coupable \u2014 découle d'un système où Von privilégie les uns au détriment des autres.En d'autres mots, le* «cercle vicieux de la pauvreté » existe parce qu'existe, aussi, le cercle vicieux des privilèges.À l'heure où nous nous émouvons tous des ravages de la pauvreté dans la métropole, il y a mieux à faire encore que la distribution de muffins aux écoliers, ou de paniers de provisions aux démunis.Quoique bienvenus, ces gestes ne changeront pas grand-chose au problème de la pauvreté.Plus encore que des gestes magnanimes, c*3 sont des mesures véritablement tquitables qu'il nous faut.En commençant par des règles anti-favoritisme dont les hommes et les femmes en place ne sauraient déroger.Comme dit Robert Cadotte: «Les politiciens la main dans le tiroir-caisse, ça va faire!».Une réfoiWB contre Montréal B ans l'énoncé de politique qui allait engendrer ma* le projet de loi 120 sur la réforme des services de santé, on trouve un lapsus bien révélatea?; Au chapitre concernant la représentation des élus âHfhi-cipaux aux régies régionales, on ne parle que dès «élus représentant chaque MRC de la région ».que des municipalités régionales de comté, comme n'y avait pas de communautés urbaines au Québec! C'est dire à quel point cette réforme a été Conçue en fonction des régions semi-rurales, à! quel point elle ignore les réalités urbaines \u2014 celles, en particulier, dc Montréal, oui n'est toujours, potji |o ministère, que «la région 06» \u2014 une région comme les autres.* * * Le modèle même de la régie régionale, qui est la clé de voûte de la réforme et sera le vrai «patron » du système de santé et de services sociaux (nous en avons parlé dans notre chronique de jeudi dernier)/ ne convient pas à la réalité urbaine.[j ?Li L'idée de remettre la direction de services a'u6& complexes et diversifiés à des représentants de.iiJ «communauté» totalement dépourvus d'expertise en la matière, est peut-être, à défaut d'être fonctionnelle, à tout le moins imaginable dans de petits milieux homogènes, mais ce modèle, transplanté à;, Montréal, a toujours des effets catastrophiques?le > gouvernement du Québec devrait le savoir, drail*-leurs, après l'échec des «conseils régionaux de la culture ».qui, apparemment du moins, fonctionnâienf \u2022 assez bien dans les régions périphériques, mais n uont* jamais été viables à Montréal.L'absentéisme chronique aux élections scolaires montréalaises aurait éga^ lement dû servir de signal d'alarme.Dans un milieu aussi hétérogène que Montréal; non seulement les gens ne se connaissent pas, non seulement les activités institutionnelles passent inaperçues, même les élites et les leaders naturels ne se côtoient pas ; il n'y a pas, il ne peut y avoir d'esprit communautaire susceptible de transcender les différences économiques, culturelles, linguistiques, soc&£ les et idéologiques de ces vastes creusets anonymes^ que sont les villes modernes.Dans un contexte uH \u2022 bain, tout organisme fondé sur le concept de la parti*' cipation populaire est voué à devenir une foire d'empoigne entre groupes de militants.- > À Montréal plus encore qu'ailleurs, les régies régionales seront noyautées par les apôtres des mév: decines douces et par les missionnaires de causes, aussi nobles qu'unidimensionneiles, parce que les ci-\" toyens ordinaires n'ont ni le temps ni le goût d'aller \" siéger sur des conseils d'administration d'insfitû* tions de santé et de services sociaux.(Vous, lecteur-de la région métropolitaine, connaissez-vous beaucoup de gens qui vont aux assemblées pubiiques.des., hôpitaux et des CLSC pour y représenter les «usa-; gers»?Exception faite des malades chroniques qui vivent en institution, ce sont là des invitations dont seuls se prévalent les militants engagés dans la promotion d'une cause particulière, les gens qui ont des comptes à régler avec le système ou ceux qui repré-, sentent des organisations \u2014 centrales syndicales, chambres de commerce ou autres corps intermédiaires qui veulent être représentés partout pour accroître leur influence dans la société.) Dans ce contexte, il va de soi qu'à Montréal,' encore plus qu'ailleurs, l'intérêt de la population en général ne pèsera pas lourd au sein de ces régies où,' en l'absence de consensus et parce qu'ils seront les -seuls à avoir une connaissance minimale des dos- * siers, les technocrates décideront de tout : des priorités sociales et médicales de la région, des budgets des.hôpitaux, du nombre de médecins dans telle ou telle ] spécialité, des équipements médicaux à acquérir, du nombre de cliniques médicales et du genre de médecine qu'on y pratique, etc \u2014 sans même que les me-' decins aient voix autohapitre et puissent faire enten- î dre un autre son de cloche que l'argumentation pu-, rement comptable qui est, par définition, celle des administrateurs du système.Chacun son métier: il est normal que des gçs-.tionnaires soient surtout préoccupés par les questions budgétaires.C'est pourquoi i! faut un contre-\" poids: l'opinion de professionnels animés par d'autres préoccupations.Cela d'ailleurs se fait partout, dans les journaux aussi bien que dans les corps policiers, les compagnies de théâtre ou les écoles.sauf dans le domaine crucial de la santé ! * * * 'A ! «tel i t t Montréal souffrira à un autre titre: tout l'esprit de la réforme vise à limiter le nombre de médecins spécialistes dans les grandes villes où se concentre, comme c'est d'ailleurs parfaitement normal, l'essentiel de la médecine de pointe, et à y limiter les interventions médicales par le moyen de quotas établis à.l'avance en fonction d'un budget pré-déterminé ;et: des «prévisions» des technocrates \u2014 et tant pis pour* les nouveaux patients ou les urgences non planifiées.L'entrée en spécialité sera encore davantage, contingentée, et les jeunes médecins lourdement pér; nalisés s'ils refusent de s'expatrier dans une région* périphérique.Tout l'esprit de la réforme vise'.non'' seulement à éloigner les médecins des centrés urbains mais à décourager les jeunes diplômés de pour suivre leur formation et d'aller se perfectionner à l'étranger.( Nous reviendrons sur ce sujet la semaine prochaine.) Dans la réalité, pourtant, tous les facteurs milK tent en faveur non pas d'une réduction mais d'une augmentation des effectifs médicaux.Il faut actuellement, à Montréal, de trois à quatre mois pour obtenir un rendez-vous chez la plupart des spécialistes.Nombre de spécialistes refusent de ' nouveaux clients.La moyenne d'âge des spécialistes^ tourne autour de 50 ans.Les femmes forment la mp»-> tiè des diplômés en médecine (la productivité moyenne va donc décliner car les femmes médecin travaillent moins d'heures que les hommes).> , Les besoins de la région métropolitaine, qui re- v cueille les immigrés dè l'intérieur aussi bien q^e de* l'extérieur et plus que sa part de défavorisés, sont en.constante croissance.Les prochaines années verront arriver sur le marché de la maladie l'énorme cohrih-w gent des « baby boomers ».L'espérance de vie s'allonge, donc les besoins vont augmenter ( c'est là l'un des \\ effets pervers de la prévention: les gens sont moins,, malades jeunes, mais ils vivent plus vieux.).C'est également Montréal qui est le grand centre de la médecine avancée pour tout le Québec, >.(Québec et Sherbrooke en sont aussi mais leur bassin est plus limité.) En étranglant les ressources montréalaises (soi-disant au profit des régions), en» démotivant les médecins et en décourageant la re-\" cherche de l'excellence chez la relève, la réforme Côté annonce une baisse de la qualité de la médecine ; spécialisée dont souffriront non seulement les Montréalais mais tous les Québécois.Nous en reparlerons dans nos prochaines chroniques.4 : » t » i ¦ » I » .i * ^îSl^^^^*^^^^^^^'*^^\"™'\"\"^\"BB*\"\"'^\"\"^\"^^^^^\"^*\"\"* BBSBHBSB^B9^BlB^i^HftB^»^BBBB^^B^B^9»BB^-B^^»Ba0^B^BiSBK Le métissage @st plus lent au Québec SS«tS| i i a, i\\ i ft A r A Ml Mi&Èt H ¦ B Hll fflHi flUi ._ ~ .y a eu 33089 mariages en 1989, EX i/ij 3 W flf B i B V-\\ / S, â S 1 .&1 C|ù ©o Ofitsfio ©t aux tc2tS\"0nis deu^sssqi^tprè8d! jv jf§ ê\\ \\ 11 § i J 1 i son?raariés^entre eux, tendis que II B g «' B 1 \\*^^Ë'< ' fi ¦ « || 8 ' flaHM ^fi^.wÊÊBÊt.^¦k.C*«AU> Amérique du Nord, le paradis de tions confirmant la règle d'une avant le régime de la loi 101, a- phones ou des allophones.ftes I M f | I B ' ^î I tVI If» ™î!ïïutllliT^ll^!.M I'-.; | Gilles Vigneault offert mes services.Elles cher- Bouchard:Best compte un garçon Dans le cabinet péquiste, bn J tion de Vac^n sur la Rive-Sud, - ::;£KuS5eïa' - Ça t'embête que ton père .j ^ \u2022 B|[ ¦ devant un groupe chaientune boîte téléphonique et de 15 mois, Alexandre et attend trouvait aussi JaccmwParitea , David est président de l'Associa- «SE«»«Ïd5 soit président d'Allïance^uébec I AC rûnnrC laT ftm,S' r?f,élalt i« »e suis organisé pour en trou- un second enfant en juillet.) marié à feu l'écrivaS polbnai ^^S^H^ pour un \" ^-O^^«BHHR^B^H Fo^rt qui ne parfaVt ate«qùe alors que ta mère a déià été candi- LSI Iwl S ^BW 1 ét
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