La presse, 30 septembre 1990, C. Livres - Arts et spectacles - Galeries d'art
[" Y Arts et spectacles 'art LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 1990 Le drame d'un visionnair nyope Sam Steinberg disparu, sa famille et son empire ont éclaté ¦RUDY LE COURS La famille Steinberg à une époque heureuse.De gauche à droite, derrière: Mel Dobrin, Evelyn Steinberg Alexander, Marilyn Steinberg Pedvis, Len Pedvis, Leo Goldfarb.Devant: Mitzi Steinberg Dobrin, Lewis Dobrin, Helen Steinberg, Terry Dobrin, Sam, Steinberg, Billy Pedvis (sur les genoux de Sam, à gauche), Robert Coldfarb (sur les genoux de Sam, a droite), Rita Steinberg Coldfarb, Eileen Coldfarb.\u2022gag am il le modèle du mois! C'est le titre que fir\" s'étaient vus décerner quelque part dans les années soixante les Steinberg: Sam, Helen et leurs quatre filles Mitzi, Rita, Marilyn et Evelyn, leurs maris et enfants faisaient la une du magazine MeCalVs.Oui eût pu prévoir qu'une vingtaine d'années plus tard et Sam disparu, ses filles et leur mère sentredéchireraient d'abord en privé puis, sans pudeur aucune, sur la place publique par le biais des tribunaux?La chaîne de supermarchés était considérée à l'époque comme un modèle d'innovation de par toute l'Amérique du Nord.Au Quebec, elle était si entrée dans les moeurs, rappelez-vous, qu'on ne faisait pas l'épicerie mais son Steinberg! L'an dernier quand, en désespoir de cause, les filles de Sam ont vendu l'empire a Michel Gaucher et à la Caisse de dépôt et placement, Steinberg avait perdu la tète du peloton en alimentation et était encore en pleine restructuration.« Steinberg est sans doute l'exemple typique d'une entreprise familiale dont la transmission des pouvoirs à la deuxième génération a été mal planifiée.Avec pour résultat que la société a éclaté», expliquent en entrevue Ann Gibbon et Peter Hadekel.Ensemble, ils ont rédige un ouvrage, a la fois etude de cas fort révélatrice et passionnant récit analytique, intitulé Le Démantèlement de l'empire familial Steinberg qu'on pourra SUITE A LA PACE C 2 J J£Jj.H k - Lis tmmtmmm Ys^^m ri v^v^V 1 lir V Plus instruits, moins cultivés ¦ Pas facile de se faire le point sur l'éducation au Québec 25 ans après la création du ministère.L'institut québécois de recherche sur la culture s'y est essayé et ses conclusions ne sont pas toutes encourageantes.En page C6 Les bobos de la médecine ¦ Après son best-seller Ces malades qui nous gouvernent, Pierre Accoce s'attaque aux «progrès» de la médecine.et constate son incapacité de soulager les maux les plus ordinaires.En page C6 Les récifs d'acier, de verre, En page C7 Humour, érotisme et fantastique te dessinateur Milo Manara explore l'univers de Fellini 12 Milo Manara est un des plus grands dessinateurs européens de B.D.Mais ses petiis bon hommes sont plutôt de grandes et jolies jeunes femmes qui s'adonnent à des plaisirs autrefois interdits.L'Italien Manara esi un virtuose de la plume et de lu courbe capable de faire du neuf avec de vieilles recettes erotiques en y ajoutant divers ingrédients: un brin de fantastique, un zesi d'onirisme, une pincée de cruauté, un peu de critique sociale et beaucoup d'humour.Deux albums de Manara viennent d'arriver dans les li- brairies montréalaises: Candide Caméra, en noir et blanc, et Voyage ù Tulum, en couleurs.Si le premier nous entraîne dans une aventure typiquement manarien-ne, mélangeant allègrement humour, érotisme et télévision, le deuxième, lui, constitue une sorte de voyage initiatique dans l'univers fantasque et tortueux de Federico Fellini, qui en a d'ailleurs écrit le scénario.Un scénario destiné à un film qui ne fut jamais réalisé, pour le plus grand malheur du cinéma italien.En page C5 LES SM*EQ« u«Jvétais assis entre X 1 Marilyn et Tït-Coq.\" Au Valais.de la Civilisation de l'île Notre-Dame jusqu'au 21 octobre.«s» \u2022 \u2022 4 ***** fuites | .- C2 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 50 SEPTEMBRE 1990 LIVRES Le drame d'un visionnaire myope SUITE DE LA PAGE C1 s'arracher en librairie dès le 8 oc-lobre en français ou en anglais.( :ir, à la différence des nom* hreux portraits d'entreprises québécoises publiés ces dernières années, celui-ci n'a rien de l'ode à lu gloire du chef fondateur ou de ses valeureux successeurs.On y sent une saine distance critique parce que l'ouvrage n'est pas commandite par la société vedette.Les auteurs se sont abreuvés à de nombreuses sources dont la famille.Par leur enquête, ils sont parvenus à reconstituer un tableau fort plausible d'une entreprise familiale qui a grandi selon la plus belle illustration du rêve nuêricain et péri au coeur d'un cauchemar mélodramatique digne des feuilletons à la fois sombres et grotesques qui meublent le p'tit écran.L'idée du livre est venue à Ann alors qu'elle travaillait avec Peter à la section économique de The Uu/ettc.(Elle écrit aujourd'hui pour The Glolye and Mail.) « Ann couv rait Steinberg mais elle a vite réalisé qu'il y avait là assez de matière pour un livre.Elle m'a proposé de l'écrire avec elle, jl'ai d'abord refusé.Puis je me suis ra-\\ise».explique Peter.Plusieurs publics Le livre a de quoi contenter plusieurs publies.Ceux qui suivent l'actualité économique y trouveront, l'autopsie d'une gestion familiale en plus d'y découvrir les ficelles .secrètes de la bataille financière qui a opposé Michel Gaucher et la Caisse de dépôt au groupe to-rontoisOxdon l'an dernier.Ceux-là savent déjà que Gau-i her avait réussi à persuader les soeurs a lui céder leurs actions plutôt qu'à Oxdon.Gibbon et Ha-dekel dévoilent le charme qu'a dû exercer Jean Campeau sur elles et leur mère pour obtenir le consentement; comment aussi Campeau avait misé initialement sur Arnold Steinberg, frère de Sam, pour mettre la main sur le joyau immobilier Ivanhoc avant de s'associer à Gaucher, ils révèlent l'intervention majeure de John Ciaccia à un moment crucial.Le ministre, faut-il le rappeler, est un ancien cadre d'Ivanhoe.Ceux qui adorent connaître le caractère des acteurs d'un drame familial seront aussi servis à souhait.Les portraits esquissés de Sam, de Helen et de leurs enfants ne manquent ni de couleurs ni de profondeur.On apprend leurs rivalités, leurs haines, leurs intrigues et manipulations de plusieurs points de vue.Ceux qui s'intéressent à la petite histoire y trouveront celle de l'épicerie au Québec, depuis les timbres Pinky jusqu'à la désastreuse guerre de prix initiée par Peter McGoldrick en 1983 qui a consacré le triomphe de Provigo et le déclin de Steinberg.Celle aussi de l'immigrant juif type, à la fois combatif, astucieux et fort naïf pour ce qui touche le délicat mariage des affaires et de la famille.Hors de la famille, point de salut «Pour Sam, ce qui comptait par-dessus tout, c'était la famille», dit de lui Irving Ludmer, dernier président de l'empire avant son démantèlement par Gaucher et par la Caisse.Sam pratiquait donc le népotisme à grande échelle au point où il préférait un neveu ou un gendre simplement parce qu'il était de son sang ou de te H .V- X û*\\* Ann Gibbon et Peter Hadekel son clan à un gestionnaire professionnel compétent.Lorsque Ludmer a voulu mettre fin à cette politique néfaste en congédiant un des fils de Marilyn, il a précipité et sa chute, et la vente de Steinberg.Homme aux idées sociales fort conservatrices, Sam Steinberg a vécu comme un grand drame le fait d'avoir engendré quatre filles et aucun fils.À qui léguer l'entreprise?Il n'a jamais su trancher correctement.11 a jeté son dévolu sur Mel Do-brin, son gendre et mari de sa fille Mitzi, non pas parce qu'il était le plus apte ù assumer la présidence et la direction, mais parce que Mitzi était l'aînée! Les rivalités entre les soeurs n'ont pas mis bien longtemps à éclater au point où, à l'occasion du banquet marquant le quatre-vingtième anniversaire de Helen, Marilyn a fait faux bond.Les auteurs initient aussi leurs lecteurs aux arcanes de la haute finance et de la fiscalité.Chaque épisode de la crise de succession s'articule autour d'une restructuration du portefeuille ou d'une filiale, de nominations au conseil d'administration, du partage d'éléments d'actif, etc.Les Steinberg ont consenti il y a un an à vendre l'empire familial à Gaucher et à la Caisse pour régler leur différend et dans l'espoir secret que la société reste intacte.Toutefois, «en quelques mois seulement, l'empire était dé- pmoto jean-yves lctourneau U Pnn%C -,-3-_ JËÈhh il ML ' \\ \" \" ¦ ri .- rraf.cotf Met \u2022 » > L'illusion pédagogique n livre bien de saison, dont le titre promet de joyeuses réflexions pédagogiques.Et c'est en effet sous couvert d'humour \u2014 parfois grinçant\u2014 que lean François, un enseignant du secondaire qui a manifestement encore la «vocation», mais la sent menacée par le système scolaire français, se vide le coeur.Ce livre-catharsis aurait pu, il me semble, être signé par de nombreux enseignants québécois.L'auteur, dont un premier ouvrage publié en 1983 sous le titre A moi! Pour une écoute des adolescents, avait connu un certain retentissement en France, traite cette fois de ce qu'il appelle.l'illusion pédagogique.Son livre arrive un peu comme un plaidoyer à la defense des enseignants d'aujourd'hui, placés devant la «mission impossible» de dispenser un enseignement de qualité, adapté au rythme et aux capacités de chaque élève, en dépit des multiples contraintes du métier, de la disparité de leur formation et de l'arbitraire qui préside le plus souvent à l'évaluation et au contrôle de leur pratique.Un petit manifeste bien frappé, qui fera sans doute grincer bien des dents, mais qui mérite bien une soirée de lecture.Un miroir pour les profs.Une révélation peut- être, pour certains parents au jugement rapide.Hugueue Roberge T'AIMES MIEUX TA MÈRE OU TON PROF?, Jean Francois, Editions Ramsay.Le bonheur du lieu Wézelay, c'est un lieu inspiré.C'est en Morvan, au mitan de la France, au sommet d'une colline, et c'est de là que partit le deuxième Croisade ( 1146), c'est dire la spiritualité et l'histoire.Mais Vézelay est aussi un paysage, une architecture célèbre, une forme de concevoir la vie, et une forme d'amour pour une femme, Marie-Madeleine dont nul ne vous garantira que les reliques soient vraies.Surtout pas Iules Roy, qui a intitulé ce petit livre: Vézelay ou l'amour fou.Or, il s'agit dans ces pages heureuses, de reconnaître ce lieu.D'aller à Vézelay et de le découvrir avec l'enchantement qui est celui d'un guide inspiré.D'apprivoiser le paysage et l'histoire, de pierre en pierre, de crypte en place de village, de maison en maison, et de s'y laisser vivre quelque temps, un temps court, celui de la lecture, mais qui s'allonge et s'emplit à notre grand bonheur.Voici un livre heureux, qui rend heureux.C'est une lettre d'amour à la beauté, à la joie de vivre en communion avec un lieu privilégié, un livre que nous aimerions avoir écrit et dont nous pensons soudain être l'auteur.C'est cela aussi la beauté, cette osmose d'amitié.Jacques Folch-Ribas VÉZELAY OU L'AMOUR FOU.Jules Roy.Editions Albin Michel.1990.S É H I E N O I R-E THQMAS CHASTAIN retour de Perry Mason Un retour apprécié gméf\\ bjection.Votre Hon-neur».C'est par cette formule désormais classique que, depuis plus de cinquante ans \u2014et pas moins de 82 romans\u2014, Perry Mason interrompt le procureur général pour se livrer ensuite à une défense virtuose d'un client que tout semble irrémédiablement accuser.Le célèbre avocat créé par Erie Stanley Gardner possède, en effet, un esprit d'observation et de déduction proprement infaillible, tels ses illustres confrères: Dupin, Holmes.Nero Wolfe et autres Colombo.Pour vous en convaincre, et découvrir par le fait même les arcanes de la procédure judiciaire anglo-saxonne, ne ratez pas le fort volume omnibus que les Presses de la Cité ont consacré ce printemps a Erie Stanley Gardner.Heureusement, Thomas Chastain a entrepris, depuis deux ans, de donner une seconde vie au célèbre avocat.Le pari est tenu, non sans brio; les trucs et tics du maître sont là mais adaptés à notre époque.Dans Le retour de Perry Mason, tous les indices compromettants ont beau s'accumuler, on sait bien que la veuve pas trop éplorée, qui laisse derrière elle cadavre sur cadavre, n'est pas coupable.Sinon, Mason n'aurait pas accepté de la défendre et l'on salive à l'approche du coup de théâtre final.Gilbert Grand LE RETOUR DE PERRY MASON, par Thomas Chastain.Série noire/Gallimard.Livres et Galeries d'art U ai to m CL S Chef de division: MARIO ROY Chef de section Événements spéciaux: ALAIN DE retention y Secrétaire de rédaction: FLEURETTE BÉLANGER Pupitre: NICOLE BEAUCHAMP.JEAN-CLAUDE dussault, YVON LABERGE, Littérature québécoise: REGINALD MARTEL Collaborateurs réguliers: Essais: MARC-FERNAND ARCHAMBAULT Galeries d'art: RAYMOND BERNATCHEZ information générale: LUCIE CÔTÉ Le monde: CHARLES DAVID Littérature française: JACQUES FOLCH-RIBAS Roman policier: GILBERT GRAND Littérature étrangère: CAROLE-ANDRÉE LANIEL Economie : RUDY LE COURS Périodiques : MARIE-FRANCE LÉGER Bande dessinée : JOCELYNE LEPAGE En traduction : CLAUDE MARCfL Livres pratiques: H U GUETTE ROBERGE Littérature jeunesse : SONIA SARFAT1 Poésie : GILLES TOUPIN Société: PIERRE VENNAT LIVRES La corde au ventre: la femme d'après la fin du monde MJC8E CÔTÉ collaboration spéciale ¦ La corde au ventre, le deuxième roman de Lise Laçasse, fait dans la vision post-apocalyptique et restreint sans doute ainsi, par ce seul choix périlleux, le nombre de ses lecteurs potentiels.Si l'on n'est pas amateur de ce genre bien particulier d'écriture, le livre peut sembler rébarbatif et prévisible, avec ses scènes de désolation et la mission, pour les rescapés, de repeupler le monde.L'écriture seule pourrait parvenir à renouveler cet austère sujet, mais ce n'est pas suffisant.Le thème de La corde au ventre rappelle un peu celui de La servante écarlate de Margaret At-wood.Dans ce livre, un groupe de femmes avait pour unique fonction de procréer.Ici, Solange, née après un cataclysme qui a provoqué des changements atmosphériques, est l'élue qui pourra porter un enfant.Enfermée dans un placard à sa naissance par sa grand-mère, une des cinq littérature QUEBECOISE www survivantes, puis séquestrée dans un appartement sans lumière, Solange sera la seule femme à ne pas mourir d'avoir perdu tout son sang, au temps des menstruations ou à l'accouchement.Elle aura donc la tache de sauver la race humaine.«Un an avant ta naissance, lui raconte son grand-père, des bombes se sont écrasées sur l'Amérique et Sylver Bud est reste tout fin seul sur la terre.Au debut, les hommes ont attendu des secours des autres pays mais ils n'en ont pas reçu.Depuis, ils ensemencent la terre pour nourrir les femmes et les enfants, mais Sylver Butl a changé.Tous les beaux arbres ont été arrachés le soir du massacre et l'herbe commence a peine a repousser.Mais la mer n'est jamais revenue.À sa place, il n'y a qu'une grande étendue de sable noirci ou pourrissent les poissons sèches et les épaves de bateau, niais ce qu'il faut surtout que tu saches c'est qu'après ce désastre, les mamans mouraient d'une maladie que personne n'étft:i capable de soigner.Depuis, le., jnfants ont été réunis dans la même maison et ils apprennent a lire et à compter, quatre grands-mamans prennent soin d'eux.» Après la naissance de sa fille, Solange écrit son histoire pour ne pas mourir, affirme-t-elle.Toute cette histoire passe par son corps, comme s'il ne lui appartenait pas.Dans sa petite enfance, elle se mutile sans arrêt, puis elle est envahie par les vers.À douze ans, lorsqu'elle survit à ses premières menstruations, tout le village est euphorique.Puis, alors qu'elle rêve d'amour, elle a l'impression de n'être qu'un ventre pour ses compagnons: «|e savais que quoi qu'il arrive, je ne quitterais jamais la prison qui était enfouie dans mon ventre.» Tout le village suit également avec attention sa grossesse juqu'à 2 \u2022 .c LOCI \u2022.¦ LÀ COkl.iL AU VENTRE l'accouchement, l'accomplissement de sa mission, alors qu'elle rejette son enfant comme «un poison ».LA CORDE AU VENTRE, de Lise Laçasse, Editions TROIS.Laval.1990.125 pages.Une collection de nouvelles à .l'Instant même! LUCIE collaboration spéciale ¦ L'Instant même, la maison d'édition de Québec spécialiste de la nouvelle, publie ses recueils comme les volumes d'une collection qui compte maintenant quatorze titres.La belle couverture ornée de deux photographies noir et blanc abrite deux nouvelles parutions.La première serait le livre du frôlement.De ce qui disparait aussitôt qu'on l'effleure.La beauté des Mémoires du demi-jour de Rotand Bourneuf vient peut-être de cette impossibilité de les raconter, de cette envie de lire tous les petits récits qui font entrer dans l'intimité du narrateur comme dans les pages de son journal, de cette atmosphere douce et étrange qui s'installe, chaque fois que les repères se dérobent.Souvent, le lecteur, comme s'il commettait réellement une indiscrétion, se trouve plonge dans un récit déjà amorcé.Quelquefois, le texte s'étale comme un paysage dans une simple description, très courte.Ailleurs, des histoires s'échafaudent pour basculer rapidement, un peu troubles, irréelles, fantastiques.Derrière ces récits-là se profile brièvement l'ombre d'un maître du genre, Marcel Béalu.Les Mémoires du demi-jour consignent aussi les choses de l'ordre de l'infime, du discret et de l'inaperçu.Des ombres s'agitent, des signes se tracent, sur un parchemin, une carte, une photo.Parmi ces dizaines de textes brefs, plusieurs laisseront une impression.Deux en particulier, de très belles histoires qui se ressemblent un peu: celle du collectionneur de mots (pp.26-27) et celle du collectionneur de poussière ( pp.42-44 ).Les douze nouvelles qui composent le recueil de Louis |oli-coeur sont annoncées, dans le préambule, comme des «virages», Les virages d'Émir, «limir vire.Voilà l'essentiel de sa vie.Il prend ses tournants un peu vite, il glisse, et quand il cherche un lieu où s'arrêter, il passe généralement à côté, ou un peu en dessous, ou juste au-dessus.Si enfin il trouve, il voit mai, il transforme tout, à jamais déphasé, avec MEMOIRES DU DEMI-JOUR \"et,.cet air de celui qui est toujours flou sur les photos.» Ce que Louis lolicoeur propose ici, c'est le regard d'Émir, ce sont ses ailleurs, ses promenades, ses arrêts, sa mémoire, ses images, ses voyages, comme ce très beau Bleu de Perse au rythme lent : « La solitude me frappe et m'apparaît aussi douloureuse que la souffrance et en tout cas bien loin du doux néant des jours précédents.De ces senti men ts-la je ne sais que faire, je ne veux que retrouver le sable gris et l'odeur de nos traces qui filent a toute vitesse sous le caoutchouc noir des pneus du car.» LES MEMOIRES OU DEMI-JOUR de Roland Bourneuf et LES VIRAGES D'EMIR do Louis Jo-hcoeur.L instant même.1990.Les Murs \u2022 ».« mm de brique J.GAGNON - Avez-vous lu?- Non, il n'était pas sur la liste des best-sellers et mes amis ne m'en ont pas parlé! - Non! Pourtant.«Gagnon surprend et émerveille.Son roman est une enclave d'originalité qui en fait le coup de cœur de la rentrée.» GENEVIEVE PICARD ELUE QUÉBEC C'est une «histoire étonnante, fascinante, quasi-documentaire!»» MARIE-FRANCE BAZZO RADIO-CANADA «Des phrases.terribles et fortes.amusantes, désinvoltes, moqueuses, qui font sourire.»» LUCIE CÔTÉ LA PRESSE QUÉBEC/AMÉRIQUE «Un roman qui nous tient en haleine jusqu'à la fin.» ANNE-MARIE VOISARD LE SOLEIL I9I PAGES 18,955 C4 ¦41 -\u2022;rf'-iiîvirfimw des arts Ces étoiles que l'on cache.¦ Dans un article de La Presse 2dix.S septembre, relatif à l'opéra de Montréal, on nous présente Madame Soviero, épouse de Monsieur Uzan, qui est privilégiée et invitée à maintes reprises à chanter à Montréal.Nous nous réjouissons de sa présence, mais il est superflu «Taïfirmer gratuitement qu'il tfy a pas d'artistes québécois pour camper les grands rôles tels que cités: Adriana, Hoffmann, Maréchale et Canio.Raoul Jobln Ce n'est pas parce que le ciel est sombre qu'il n'y a pas d'étoiles au Québec.Si vous ne les voyez pas et ne soupçonnez pas leur existence, c'est parce qu'elles sont cachées au public montréalais, mais heureusement, nos chanteurs parviennent à se faire entendre à l'étranger.Nous ressentons la nostalgie du temps de Wilfrid Pelletier qui encourageait nos chanteurs; il savait reconnaître leur talent en leur accordant sa confiance.Il les faisait grandir en les conduisant au sommet parmi les stars internationales, comme Richard Verreau et Raoul |obin.Louise MARTIN Roscmont Haro sur le jury! ¦ l'écoute la Course depuis le début.Depuis Alain Stanké en fait.Globe-trotter invétéré, je revois les contrées visitées.Et je salive à la vue de celles que ma carte.Visa m'offrira peut-être un jour.Canicule, tourista, criminalité, solitude, horaire serré, dollar dévalué, la route est dure, tn 1982, à Alger, j'ai aidé un concurrent à faire son film ce qui m'a permis de jauger les difficultés rencontrées pour quatre minutes de ciné.Au fil des ans, les p'tits débrouillards sont devenus de redoutables pros dont certains en auraient beaucoup à montrer aux dinos du Téléjournal qui ont raté un sacré bel été indien.-Hélas, côté jury, ça va de mal en pis.Déjà l'an dernier on avait dû subir, en se fatiguant, les bouffonneries insignifiantes du savant créole.Cette année, on l'a remplacé par Simon Dupoint, bien évaché dans son fauteuil.Mais on nous revient avec le même animateur, qui ne sait pas compter jusqu'à oO, le même prof de cinochc, sans col roulé cette fois, et la Voix-chaude-du-Midi, femme de l'animateur dans la vraie vie (oh nespotisme radio-canadien!).Les trois juges donc avaient 50 films à noter, à 20 points chacun.Et bien, 24 films ont obtenu au moins deux notes égales, cinq suscitant même l'unanimité des trois grands esprits! L'écart entre le plus haut pointage et le plus faible a été de un ou deux points.2b fois sur 30! Je ne sais pas ce que ça fait sur l'ordinateur de M.Bit.comme probabilité mathématiques, mais sur le mien ça donne: ARRANGÉ AVEC LE GARS DES VUES.Jacques NOËL Charlesbourg NOTE: Les notes de Masbou-rian, Goma et Boulianne ont été nettement soufflées; Bage et Nadeau n'ont rien prouvé; Thibault, et surtout Parenteau, se sont littéralement fait voler.Dix ans plus tard Monsieur Guy Cougcon, vice-président.Télévision française, Radio-Canada.¦ À propos de «jamais deux sans toi».C'est un pâle reflet de ce que nous avions vu il y a dix ans.|e ne recommanderai cette émission à personne tant le vocabulaire et les images utilisés ne feront pas honneur à notre statut de Québécois et de francophones.C'est dommage! La TPS doit exclure le livre M.Gérard D.Lévesque, ministre des Finances ¦ «C'est avec consternation que nous avons appris votre intention d'inclure le livre dans votre projet de TPS.Nous nous permettons de vous souligner les faits suivants qui tous militent en faveur d'une exemption : \u2014 jusqu'à maintenant, le livre était exempt de taxe, non seulement à la vente mais même à la fabrication.Avec la proposition de votre homologue fédéral (8 p.cent) et la vôtre (7 p.cent), c'est un coût additionnel de 15 p.cent pour le lecteur; \u2014 cette augmentation du prix d'achat viendra contrer gravement la politique de la lecture mise de l'avant depuis quelques années par le ministre des Affaires culturelles; nos bibliothèques, déjà très pauvres comparativement au reste du Canada (cf.Rapport Sauvageau ) verront encore leur budget d'acquisition lourdement grève par cette taxe de 15 p.cent; -\u2014 le taux d'analphabétisa-tion du Québec est dramatique; cette taxe rendra le livre encore plus inaccessible pour des centaines de milliers de Québécois.Nous espérons bien que votre gouvernement réexaminera cette question et en arrivera à exclure le livre de cette forme de taxation comme c'est le cas dans de nombreux pays.Célync e£ René BONENFANT Saint-Lambert Obscurantismes ¦ Le ministre de la propagande d'Hitler disait: «Quand j'entends le mot «culture», je sors mon revolver.» Nos gouvernants actuels préfèrent la TPS: il faut les remercier.il faut aussi les comprendre: moins on lira, plus on les élira.Comme disait un ministre de Duplessis: «L'éducation, d'accord, mais pas trop.» Jacques BROSSARD Montréal ¦ Les lettres destinées au Courrier des arts doivent être envoyées à: Arts, lettres et Spectacles, LA PRESSE, a/s de Fleu-rette Bélanger, 7 rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9.Best-sellers j Editions québécoises (romans) 1 Les Filles de Caleb Ariette Cousture Québec Amérique (1) 2 Bonheur fou François Gravel Boréal (5) 3 Le Rage L.Hamelin QuebeCAmèrique (4) 1 Lq Chasse é l'éléphant Essais Richard Martineau Boreal (1) 2 Maintenant ou jamais Pierre Bourgault Stanké (1) 3 , Ecoute ton corps L.Bourbeau ETC (4) Editions étrangères Fiction (romans) 1 Le FAntôme de Lady Margeret Mary Higgins-Clark Albin Michel (2) 2' Danger immédiat Tom Clancy Albin Michel (5) 3 Là Petite marchande de prose 0.Ponnac Gallimard (17) 1.Innocence perdue Essais N.Sheehan Seuil (14) 2 Les Vrais penseurs de notre temps G.Sorman Fayard (2) 3 Plus grands que l'amour Dominique Lapierre Robert Larfont (2) Livres pratiques 1 Le Chemin le moins fréquenté Scott Peck J'Ai Lu (8) 2 Petite Larousse illustré En collaboration Larousse (7) 3 Menus et recettes du défi alimentaire de la femme L.L.Lagace L'Homme (17) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Les Bouquinistes (Chicoutimi).Champigny, Demarc, Ducharme, Le Fureteur (Saint-Lambert).Gameau (Québec), Guérin, Hennés, René Martin (Joliette), Le Parchemin, Payette (Sherbrooke).Guy Poirier (Trois-Rivieres).flatfin, Renaud-Bray, Sons et Lettres, Village-Cartier (Hull) LA PRESSÉ, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 1990 LIVRES Foi de libraire, la TPS, c'est les clous dans le cercueil du livre BRUNO DOSTIE ¦ « Les nouvelles TPS \u2014 15,5b p.cent si la fédérale et la provinciale s'appliquent toutes deux comme prévu à compter du 1er janvier \u2014 c'est les clous dans le cercueil du livre.» Jean-Claude Lapierre, qui parle ainsi, est le patron de la librairie Sons et Lettres.Établie depuis 21 ans à Verdun, elle a abandonné les disques, mais conservé ce nom assez connu dans le sud-ouest de Montréal pour la mettre à l'abri du danger de fermeture qui menacerait 30 p.cent des commerces spécialisés dans le livre.Réticent à donner un chiffre d'affaires, M.Lapierre dont le livre représente aujourd'hui 80 p.cent des ventes (et la papeterie le reste), n'en trouve pas moins la vie dure.«Le livre n'est pas isolé, dit-il.On fait partie du monde de la consommation.Le logement, le transport, la nourriture, passent avant.Ainsi pour moi, la baisse de l'aide sociale qui s'est faite cet été, je l'ai sentie à la rentrée des classes.» La vraie question, pour M.Lapierre, c'est donc de savoir combien d'argent il va rester dans la poche du consommateur une fois que le reste est payé.«Pas besoin d'être statisticien pour se rendre compte que nous sommes en récession.Il suffit de se promener sur une rue commerciale ou dans un centre commercial pour voir plein de vitrines qui affichent à louer.Nos ventes sont déjà affectées.Et là, ce sont toutes sortes de nouvelles choses qui vont être taxées en même temps, les vêtements et les chaussures qui vont le redevenir.Si le coût de l'essence et du chauffage augmente en plus, à cause de la crise iraquienne, ce sera encore ça de moins pour nous.Sans parler de tout ce que les gouvernements prennent déjà dans la poche des consommateurs surtaxés, en impôts, taxes, loteries, dividendes d'Hydro-Québee et contraventions de toutes sortes! Qu'est-ce qui va rester pour le livre?» Six mois feraient toute la différence lean-Claude Lapierre voit l'avènement de ces TPS du point de vue concret et quotidien d'un commerçant comme les autres, déjà affecté par les conséquences de la nouvelle loi sur les heures d'ouverture des magasins, et gagnant son pain dans le tourbillon et la dure concurrence d'une artère commerciale, pas dans les conversations de salon sur l'importance de la lecture.Bien sûr, pour lui qui reçoit environ mille factures par mois de tous ses fournisseurs, et qui n'est pas «informatisé», les TPS veulent dire un cauchemar de paperasserie.Mais si les tirages devait baisser comme on le craint à la suite de cette hausse des prix d'au moins 15 p.cent, c'est tout le marketing, les affiches, les présentoirs, les vi- ! 3in l !r» ueur liiCBISSiii ne mtîà I PR / i K \\ \u2022 wm Jean-Claude Lapierre, propriétaire de la librairie Sons et Lettres.trines qui ont permis a l'édition merce qui n'est déjà pas plus flo- québécoise d'augmenter sa part rissant qu'il faut, c'est du côté du du marché, et qu'il faut bien commerce, justement, que M.La- payer, qui risquent d'en souffrir, pierre voit les solutions.Ces considérations, ça ne compte pas beaucoup dans les débats in «Les libraires ne sont pas sub- tellectuels non plus, mais c'est vent ion nés, et moi de toute fa-aussi avec toutes ces petites cho- çon, je suis plutôt contre les sub-ses que le commerce du livre se ventions.Au lieu de ça, les biblio- fait, insiste-t-il.Que faut-il faire, alors?thèques pourraient commencer pur payer les droits d'auteur sur Et TPS ou pas, dans un coin- chaque prêt.Ou ne pas nous faire PHOTO JEAN-YVES LETOURNEAU, LaPrèiic concurrence avec des best- sellers dans les stations de métro, comme ça se fait maintenant.« Et sur tout, il faudrait donner au livre le temps de faire sa vie en librairie avant d'en permettre l'achat par les bibliothèques.Comme c'est déjà le cas pour les films, qur'nte passent pas à la télévision et qui ne sortent pas en cassette avant un certain délai.Six mois pourraient taire toute la différence.» A la recherche dfun éditeur?ous avez écrit un roman, un guide pratique, un conte pour enfants, une biographie ou encore un ouvrage hautement spécialisé?Mais vous êtes toujours à la recherche d'un éditeur?Les Presses d'Amérique, une division de l'Agence littéraire d'Amérique inc., sont heureuses de vous offrir leur nouveau programme Édition à coup sûr! En effet, que vous soyez romancier, professeur, membre d'une association, président de corporation, journaliste, que votre manuscrit soit complété ou à l'état de projet, vous découvrirez avec intérêt un programme d'édition différent.Pour plus de renseignements, demandez notre document d'informations, en nous téléphonant ou en nous écrivant.- c.4 : \\%t\\ M m\t\tM \u2014 \t\t \t\t \t\t Les Presses d'Amérique 4329, rue Oxford Montréal, Qc H4A 2Y7 tél.: 489-3614 fax: 489-5109 \u2022 .ft m 3* m s C L'OUVRAGE N'EST PAS UN AUTRE DE CES TROP NOMBREUX OPUSCULES BCBG.NON! C'EST UNE VÉRITABLE SOMME EN LA MATIÈRE OÙ MÊME LES PLUS FÉRUS DE SAVOIR-VIVRE Y APPRENDRONT QUELQUE CHOSE.I v .11 » j; .ri m m 3 m \\ m RUDY LE COURS LA PRESSE 29 MA11990 Spécialiste réputée de l'étiquette et du protocole, Marguerite du Coffre a conçu le guide qui répond aux besoins des gens d'affaires d'aujourd'hui.On y trouve des explications détaillées, précises et professionnelles pour toutes les circonstances de la vie des affaires.Voici quelques exemples: ¦ -A i l'organisation des réunions, des conférences.des colloques i les réceptions d'affaires à l'hôtel, au restaurant.au bureau, à la maison i les invitations, les menus, la tenue vestimentaire, les places à table i les voyages d'affaires et le protocole à l'étranger: en Europe, aux Etats-Unis, au .lapon.i l'étiquette particulière à la femme cadre i les relations entre collègues i l'étiquette des communications écrites ou verbales1 les cadeaux d'entreprises 335 pages 27.95S ' y.: 9.' ut « libre LA Pr\\c Manche 30 septembre 1990 C 5 LIVRES ¦ Au plaisir de lire JACQUES FOLCM-R1BAS Une nuit blanche avec le Dragon Rouge collaboration spéciale jr Superbe, ce roman ! Ah, quo j aime ces romans véritables qui commencent si bien, si clair, livrés dés les premières lignes, sûrs de leur sujet, de leur verbe et de leur complément! Vous savez lout de suite que ce sera bon parce que ce Test déjà, vous ne voulez plus rien que lire, le plus longtemps qu'on vous laissera en paix, en joie \u2014 On : le sommeil, ou l'heure de faire autre chose qui vous parait corvée, soudain.Celui-ci s'intitule Le Miroir aux tiroirs et il est de Jacques Laurent, académicien non-conformiste (ceux-là existent mais se comptent sur les doigts d'une main ) \u2014 Bah, me disait-il, pourvu que j'y puisse fumer mes cigarettes, je suis satisfait et très heureux d'être: pour le jeu magnifique et indicible de la langue, surtout.Ce Jacques Laurent qui s'est toujours multiplié par une bonne quinzaine de pseudonymes, dont celui de Cécil Saint-Laurent, il le rendit célèbre ainsi que Caroline chérie, la célébrité étant une imbécile, preuve en fut faite, sauf celle qui vint sur le tard pour Jacques Laurent qui est l'un de nos plus grands écrivains.Voilà qui est dit, cochon qui s'en dédit.O Le sujet?La vie extrêmement gaie d'un individu que l'on dit triste.Un certain Jean Brusse, quarante ans.Il a cette qualité d'aimer écouter les confidences des autres, même quand on les lui impose.Si bien que son existence lui fait ouvrir des tiroirs variés dans quoi il découvre, et nous avec lui, d'autres «caractères».On dirait l'héritier d'une vieille tante qui fouille les commodes provinciales, les tables de nuit, les armoires naturellement bretonnes et le secrétaire à compartiments-gigogne.Il était venu pour régler au plus vite cette histoire de succession, il se passionne pour une lettre d'amour et pour un bout de ficelle, le voilà qui s'assied, il s'intrigue, il sourit, il oublie le billet de retour dans sa poche.Comme lui, nous nous Installons confortablement pour déchiffrer, déshabiller ou vêtir plusieurs sujets.Bien évidemment, nous découvrirons Jean Brusse lui-même, se regardant au miroir de ceux qui l'entourent.Le verbe?H fera envie a toute personne normale aimant écrire et lire \u2014 si tant est que l'on puisse la qualifier de normale, celle-là.Les académiciens n'écrivent pas tous bien, sauf ceux que je comptais sur la main tout à l'heure.Il y a des ampoulés ( les pires) et des insignifiants (sans intérêt), des faux profonds (creux) et des mondains (vides).Dire que Laurent écrit bien ne serait pas assez.Le lecteur s'aperçoit tout de suite ( page 13 ) que l'auteur ne cessera de donner lu main à chacun des récits, de mettre la main au fond des tiroirs.Il jubile, l'auteur, il brûle d'intervenir \u2014 au contraire de certains qui, disent-ils, laissent travailler le lecteur supposé trouver le mot chaise devant une «facilité de la conversation», version moderne de la Précieuse.Jacques Laurent est là.toujours là, c'est lui le patron, il mène son verbe comme il le veut, trivial s'il le faut, subjonctif imparfait s'il préfère, langue d'aujourd'hui avec canada-dry si quelqu'un en boit, trois anglicismes dans la même phrase parce que ça l'amuse (page 44) et une tournure vieillotte parce qu'elle est belle.Tous les bonheurs d'une langue superbe et vivante.Un régal, je vous dis.Même ce titre, n'est-ce pas, Le Miroir aux tiroirs, avec sa polysémie (fausse), qui va contre tous les décrets de l'édition et de la librairie.Laurent jubila, sans doute, lorsqu'il le mit exprès.Moi aussi.Les compléments?Mais tout ce roman est,fait de compléments.C'est étourdissant, c'est de la virtuosité.Comme Jean Brusse travaille, puis dirige, un Institut Sainte-Beuve plus vrai que vrai, sordide, niais, pompeux et inutile, Jacques Laurent nous régale d'une admiration taillée dans le marbre, celle que les Français ont toujours eue pour le plus couillon des critiques français, admiration qui joue à l'envers, nous rendant à l'insignifiance de l'homme du Cénacle, l'envieux, l'ampoulé, qui encombre les lettres françaises et les dictionnaires \u2014 mais jamais lean Brusse ne vous le dira.Jacques Laurent Comme Jean Brusse ouvre les tiroirs de ceux qui l'entourent, nous aurons une bonne dizaine de romans avec des personnages tordants.Le professeur Ollé-Serémaer par exemple (si.si, c'est son nom.il y a du génie dans les noms inventés par l'auteur) ou encore le baron Andive, ou Désiré La verdure, ou la concierge Madame Mauve, voisinent avec la belle Sibylle et l'entreprenante peureuse Madame Hallein.On se promène en Grèce, certes, (avec une certaine |e-hanne) mais surtout on se promène en littérature, chez les Trois Mousquetaires et chez Mallarmé, sans parler de Scribe et de Malraux, tant d'autres chéris ou détestés.Et tout cela s'attache et se lie admirablement, comme sans effort: on sait que c'est de la plus grande difficulté.À la fin, il y a une surprise.Nous avions eu tellement de plaisir durant la lecture, que nous ne la méritions pas.Jacques Laurent nous l'offre quand même.C'est par-dessus le marché.Comme pour nous dire que l'on pouvait lire ce roman d'une autre façon \u2014- qu'il y avait peut-être un piège.Le plus beau roman piège de cette reniée.LE miroir aux tiroirs, par Jacques Laurent, roman.332 pages, editions Grasset.Pans.1990.CLAUDE MARC IL collaboration spec iule ¦ Jack l'eventreur a etc le premier des psychopathes sexuels, ceux qui tuent au hasard de purs étrangers, sans motif apparent.Depuis, ces tueurs en série se sont multipliés.de sorte qu'il est intéressant de revenir sur ce thriller vieux de plusieurs années, peut-être, mais qui avait été plus ou moins ignoré lors de sa sortie en traduction et qui ne mérite pas ce sort.Bref, dans Dragon rouge, la technique de l'enquête classique est bien rodée.La police se rend sur les lieux du crime, les ratisse, relevé tous les indices physiques, puis fouille dans le passé de la victime, passant au crible la famille, les amis, les connaissances, cherchant un lien entre les deux.Mais avec les tueurs en série, rien de tout cela n'est utile.Ils ne connaissent pas leurs victimes, ou plutôt, ils n'ont fait leur connaissance que pour les tuer.Rien ne relie la victime à son assassin.Ce type de prédateur est le plus cliffi- cile a arrêter.Will Graham, le héros de Red Dragon, a déjà deux arrestations de psychopathes à son actif lorsque le FBI vient le sortir de sa retraite heureuse pour le lancer sur les traces de Red Dragon qui vient d'assassiner deux familles en l'espace d'un mois.Il est évident que l'auteur, Thomas Marris, ex-reporter judiciaire, connaît très bien l'escouade psychique du FBI, ce groupe très sélect mis sur pied il y a une vingtaine d'années à l'académie de Quantico pour étudier les tueurs en série.Will Graham est justement un de ces rares spécialistes capables de relever sur la scène d'un crime les indices psychiques laissés par un psychopathe.Mais il lui faut faire vite, trouver le tueur avant la prochaine pleine lune, sinon une autre famille sera massacrée.S'engage alors une palpitante course contre la montre entre Graham, capable de se mettre dans le cerveau d'un psychopathe, et l'assassin.L'auteur réussit le tour de force de rendre presque sympathique Francis Dolarhyde, veritable enfant d'un cauchemar.Handicapé, élevé par une grand-mere qui menaçait de lui couper le penis avec des ciseaux et entoure d'enfants qui le ridiculisent, bref tous les ingrédients d'un futur psychopathe.Lui même chasseur.Dolarhyde sait que Graham le cherche.Sauf au début, pas de descriptions sanglantes.L'auteur nous horrifie de façon beaucoup plus subtile.La rencontre à l'institut psychiatrique entre Graham et le \u2014 très intelligent \u2014 Hannibal Lecter, docteur psychopathe qu'il a réussi à arrêter, va vous propulser vers la vérification de toutes vos portes et fenêtres.Une amie a lu ce livre cramponnée à l'épaule de son conjoint qu'elle secouait régulièrement pour ne pas qu'il s'endorme et la Thomas Harris m.J*jêjU* ¦¦ m; i .mm S m \u2022> 4 \u2022 fck V^5- - ru»1 \\\\AltH**Jt* tVlt,'l|f1\"^\"1 \u2022 \u2022 u% \u2022¦\u2022 -uiiERtcnivrfiuouF v j \u2022viril Kftm il» laisse seule avec ce roman iiupuL sible a lâcher.DRAGON ROUGE.Thomas Marris.Ou Amérique, L'écran de fumée de.l'audiovisuel PIERRE VENN AT ¦ Jacques Godbout a plusieurs chapeaux.Romancier, il fut président fondateur de l'Union des écrivains québécois.Essayiste, il a dirigé la revue Liberté et il vient de publier l'Écran du bonheur.un recueil de ses réflexions sur la société québécoise.Mais Godbout est avant tout cinéaste.Or, il n'aime pas ce qu'on fait dans l'audiovisuel et ne se cache pas pour le dire.«Je gagne ma croûte dans l'audiovisuel et je beurre mes épi-nards avec la lettre.On pourrait croireque je suis un ingrat envers le merveilleux monde du spectacle qu'il nous est donné d'habiter, le ne suis pas un ingrat, le suis l'un des fous du roi; c'est ce qui me permet de dire la vérité puisque personne ne me prendra au sérieux.» On trouve de tout dans ces 34 essais réunis en volume.Mais on y sent surtout l'amertume du litterateur qui doit gagner sa vie ESSAIS non pas avec des mots, mais avec l'image.«L'audiovisuel électronique est un ogre.Les êtres deviennent, à son service, des bêtes du cirque télévisé.Les textes fie sont jamais, dans cet univers, que des prétextes.Un roman n'est plus qu'un objet à adapter, une bonne idée, un titre de propriété.Mais ce même lacques Godbout fut également, en tant que président du Mouvement laïque de langue française, un des hauts-parleurs de la Révolution tranquille.Sur laquelle il développe une théorie originale, en attribuant l'essor, sinon la naissance, a la pilule anticonceptionnelle.« La mise en marché d'une pilule anticonceptionnelle, en I960, au Québec, eut comme effet, dans les années qui suivirent, d'accélé- rer une profonde transformation des moeurs sexuelles, de libérer la femme de son travail de procreation pour la mettre au travail dans la société publique, d'encourager le divorce, le mariage à l'essai et même la fin du mariage.«En limitant la conception, ces hormones ont déséquilibre le système démographique, accru les coûts sociaux, augmente le poids de l'immigration étrangère, exacerbe les conflits linguistiques, encouragé le nationalisme et même donné naissance a la littérature féministe! La politique canadienne en a été bouleversée, les Canadiens français ont occupe lavant-scène pendant vingt ans et les discussions constitutionnelles d'aujourd'hui se déroulent avec, a l'arriere-plan, un recul de 29 a 20 p.cent du poids démographique québécois dans l'ensemble federal.\u2022 «Cette pilule fut a l'origine de mouvements syndicaux, la fonction publique étant fonction de la démographie.Une pilule, donc sans toui expliquer, eut plus d'im- JACQUES GODBOUT L'ECRAN DU BONHEUR \u2022 I r l.Mlu fiai lu?.b mvfUtatftfM) appâtera* , L'ccnttitf tciécM * ;.\u2022\u2022:!(m »|r |ft)ijtrtri \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 ' < etuerainemeni |«(t y ; ««\u2022::: \u2022 portance que de nombreux di* cours».J ' L ECRAN DU BONHEUR.Jacques CÔdboÛt Editions du Uoreai Qu'est-ce qui les fait courir, ces Japonais ?CHARLES DAVID ¦ La crise du Golfe a fait grincer des dents de chaque côté de l'Atlantique sur l'apparente lenteur du lapon a assumer ses responsabilités de grande puissance.Distanciation d'un égoisme calculé ou élargissement d'un fossé d'incompréhension entre l'Occident et l'Empire du Soleil levant?Qu'importe, le problème japonais demeure.Il s'est même accentue avec les critiques qui ont fusé ci et là et, derrière les reproches de Washington et d'une grande partie de l'Europe, on sent sourdre une hostilité de plus en plus précise à l'égard de la démarche perçue comme impénétrable, enig-matique de Tokyo.En fait, affirme Karel Van Wol-feren, «le monde entier s'interroge sur le lapon.Devenu l'une des premieres puissances mondiales, il surprend les autres puissances par des comportements inattendus et parfois même donne l'impression de ne pas vouloir être de ce monde.En même temps, sa redoutable omniprésence économique inquiète tant l'Occident que certains de ses voisins asiatiques.En ce début des années 90, l'Occident commence à douter que le lapon puisse être un partenaire responsable sur le plan politique comme économique».Mais alors, qu'est-ce qui fait courir les laponais, motive leur détermination implacable?Surtout sur quelle hypothèse peut-on POLITIQUE fonder l'espérance d'un déchiffrement et percer la nature de cet objectif mystérieux?Délaissant les pistes classiques \u2014 le caractère spécifique de la culture japonaise, l'intérêt collectif, l'art de vivre régi par les entreprises, l'absence d'individualisme.\u2014 Van Wolferen tente de cerner l'eesen-ce du problème japonais en cherchant à comprendre comment le lapon est gouverné.Cette manière dont s'exerce le pouvoir, c'est la la clef de I énigme de la puissance japonaise.La logique du système Pour une raison bien simple \u2014 et explique, en partie, cette apparente impossibilité occidentale d'appréhender la réalité japonaise \u2014 que le japon échappe à la notion de gouvernement central responsable.«Depuis des siècles, précise Van Wolferen, le pouvoir repose sur un équilibre entre les groupes semi-autonomes qui se partagent le pouvoir.Personne n'assume la responsabilité finale.Ces composantes semi-autonomes possèdent chacune des pouvoirs discrétionnaires qui sapent l'autorité de l'État, mais elles ne sont aucunement representees par une instance supérieure qui les régirait toutes.» Bref, nous avons affaire a un ensemble de hierarchies non coiffe par une instance supreme vouée, de par son existence, a trancher, à faire respecter les engagements pris.C'est la logique du Système, distincte de la notion d'État.Logique qui permet de mettre a nu.voire de démystifier, cette image d'un lapon régi, depuis 1945, par une démocratie parlementaire, alors que ce paravent masque un regime de parti unique et entretient un lapon illusoire.«Si certains pays, commente Van Wolferen \u2014 qui sait de quoi il parle puisqu'il vit depuis vingt-cinq ans au lapon ou il a enseigné et travaillé \u2014 estiment qu'il esl impossible de travailler avec le lapon, c'est que.maigre l'immense faculté d'adaptation dont ils sont capables a l'égard des gouverne* ments avec lesquels ils traitent, hauts fonctionnaires et diplomates du monde entier n'accepteront jamais l'idée qu'ils puissent traiter avec un absent.Lt e'esl un sérieux problème conceptuel \u2014- pour ne pas dire pratique \u2014 dont l'ampleur se mesure au fail que, dans les rapports internationaux, les termes de reference usuels et parfaitement normaux entraînent automatiquement des méprises.L'habitude que l'on a a parler d'un pays en termes anthropomorphiqu.es presuppose certaines données fondamentales: que ce pays est doté d'un cen- L ENIGME DE LA PUISSANCE JAPONAISE, par Karcl V.in Wolferen.Collection Notre Epoque, editions Robert Laffont.1990.53b pages Milo Manara : érotisme à l'Italienne » JOCELVNE LEPAGE ¦ Deux bandes dessinées de Manara qui arrivent coup sur coup à Montréal, c'est un véritable cadeau du diable pour les amateurs d'érotisme et/ou d'imaginaire débridé.Le premier, Candide Caméra (éditions Écho des Savanes), n'a rien qui rappelle les blagues candides d'un Stanké ou d'un Bé-liveau, la caméra étant surtout cachée dans les armoires des chambres à coucher.Le deuxième.Voyage à Tulum ( Casterman ), est du genre de voyage qu'aucune agence légitime ne peut offrir, un voyage halluciné inspiré de la pensée de Carlos Castaneda, pensée trafiquée, sinon trahie, par un homme qui n'a rien de mexicain mais beaucoup du sorcier, Federico Fellini lui-même, auteur du scénario.Milo Manara, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est, à 45 ans, l'un des deux ou trois plus grands dessinateurs de l'école italienne de bande dessinée.Sa spécialité: l'érotisme, pour lequel il a la plume idéalement virtuose.Son génie: faire du neuf avec de vieilles recettes de cul.Son secret: la* sauce qui relie les ingré- BANDE DESSINEE ^!w^w«^!¦!^7^^!:«^^!^:¦!«¦^HW^!\u2022!^¦,^M^!\u2022!«\u2022!« clients ensemble, une sauce dans laquelle on retrouve un brin de fantastique, un brin d'onirisme, une pincée de critique sociale, un peu de cruauté, et beaucoup d'humour.Le contexte dans lequel se déroulent la plupart des aventures signées Manara est celui du milieu du cinéma et de la télévision, milieu exhubérant et extravagant, servi à l'italienne.Dans Candide Camera, un réalisateur et son équipe font des folies, avec l'aide de Miel, (l'héroïne de Courts Métrages, un album précèdent), pour arriver a vendre quelques émissions corsées à un producteur, vicieux dans tous les sens du terme.Le principe de ces emissions est le même que pour toutes les Candides Caméras du monde: caméra cachée et gens pris au piège.Mais voila, lout est dans la caciietle ou ira la camera et dans le genre de gens que l'on prendra au piège.Délicieuse curiosité Le deuxième album.Voyage a Tulum, s'adresse plus spécifiquement aux fans de Manara et/ou de Fellini plutôt qu'aux amateurs de B.D.proprement dite.C'est le genre de livre fait en collaboration où chaque collaborateur encense l'autre dans un long préambule, truffe de dessins et de petites histoires, avant de passer a l'action du récit annoncé.Heureusement, il s'agit ici de Fellini, dessinateur a ses heures et grand amateur de bande dessinée.On dit même dans le livre \u2014 en se reportant à la légende a laquelle Fellini lui-même fait allusion \u2014 que le grand cinéaste aurait écrit quelques scenarios de Flash Gordon après que l'Italie fasciste de Mussolini en eût interdit l'importation des États-Unis.Heureusement aussi, Manara est un dessinateur de génie.Le Voyage a Tulum, dont le ressort tient du rêve ou de l'effet magique de la pelite fumée, CSl moins «tripant» qu'un vrai film de Fellini ou qu'une vraie IU).de Manara.Majs c'est une délicieuse «curiosité».L'histoire est inspi- rée d'un scenario que Fellini conçu il y a plusieurs années,\" u\\ une époque où il rêvait de rencontrer Carlos Castaneda.scénario qui ne fut jamais réalisé.Dans-la B.D., l'histoire se transforme, en celle de Fellini qui demande a Mastroiani de jouer le rôle d'un-meneur en scene a la recherche de Castaneda.Plus lellinien que ça, lu meurs.Wiur apprécier le tout, il faiu\" connaître un peu Castaneda, cet anthropologue américain, qui.parii à la recherche des sorcier*^, yaquis au Mexique a fini par être lui-même initie a la pensée et a la magie des sorciers.Les livres de-Castaneda, qui ont fait la joie dos hippies dans les années soixante-dix ont aussi soulevé une grande controverse quant a leur authenticité, l.t Castaneda.comme notre-Réjean Ducharme, a toujours fui les journalistes, ce qui en fail un homme encore plus mystérieux: ; Le Voyage a Tulum a donc tm look années soixante-dix qui pourrait bien revenir a la mode dans les années quatre-vingt-dix si l'on se fie au retour actuel du psychédélisme dans les navales L'histoire qui est un éternel iv-commeneemo.nl n'a pas plus de I IN que les f» tns de I ellini tre.que celui-ci lui permet d'envi: sager son avenir, de prendre cleg decisions et d'agir en consequence; qu'enfin il peut être tenu pou* responsable par l'intermédiaire de ce centre.» L'essor de la puissance japonaise fail toujours miroiter, à intor-«* val les répètes, l'idée que.toi ou lard.l'Occident est condamne a devenir une colonie, voire une banlieue du lapon.L'image de celle société vouée au rite, a la hiérarchie, réfléchie par Van Wolferen \u2014 et les consequences en découlant \u2014 nous fait crajiv dre le pire.Y-a-l-il cependant des raisons d'espérer, pour les |apo-, nais en premier lieu.et.conipjc tenu du poids du lapon sur l'échiquier international, pour le resm du monde?Aucun fait politique, n'est irreversible, toutefois « la solution miraculeuse qui changeraii le Système en un veritable Liai constitutionnel moderne et ses.sujets en citoyens nécessiterait une restructuration du pouvoir, comparable a une authentique révolution ».Livre dur, lourd de schémas renverses, de mythes abolis.JJifc un sens, sonnette d'alarme, puisqu'elle nous précise sans fard les dangers du Système, totalement incontrôlable parce qu'insaisissable et diffus, appelé a entrer en collision, dans cette course d'une croissance économique illimitée, avec les autïes puissances.783235 C6 LIVRES LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 1990 S \u2022 ALBERTO MORAVIA 1907-1990 la mort d'un rebelle, d'un voyeur.CAROLE-ANDRÉE LANIEL collaboration spéciale_ «/¦Ml » S Un des grands de la littérature italienne n'est plus.Alberto Moravia, mort au bout de ses 83 ans, laisse derrière lui une oeuvre colossale traduite en 35 langues et une vie ébouriffante.Moravia le rebelle, Moravia le voyeur ausculte page après page l'instisfaction de l'homme moderne, le désoeuvrement du bourgeois, l'Italie fasciste.Tout n'a pas bien été dans la vie de Moravia.Enfant, il est immobilisé par une tuberculose osseuse.Contraint d'abandonner ses études, il lit avec avidité Shakespeare, Proust, Rimbaud et Dostoïevski.A 22 ans, enfin libéré de l'immobilité et libre comme l'air, il publie un premier roman, Les Indifférents, qui le rend célèbre sur-le-champ.Le ton est donné, Moravia peint sans complaisance la bourgeoisie romaine.Tandis que son oeuvre perce plus profondément cette Italie et en dévoile la mesquinerie, la censure faciste ennuie l'écrivain jusqu'à le mettre à l'Index.En plein dans ses plus belles années littéraires avec Agostino, La Désobéissance, Le Mépris ou ses Nouvelles romaines.Tout n'a pas bien été non plus pour ce fils de juif durant la montée du facisme.Londres, Paris, New York sont autant d'échappatoires pour ne pas étouffer dans cette Italie mussolinienne.Poète âpre et amère au style sans élégance et souvent monotone, Moravia s'explique: «On peut bien dire que je suis un écrivain monotone: je répète en effet les mêmes thèmes comme certains oiseaux répètent le même piaillement, mais, d'année en année, ma façon de voir ces thèmes change.» Quels sont ces thèmes?Lisez les titres de ses romans et vous les connaitrez: Les Indifférents, Les Fausses ambitions, La Romaine, Le Conformiste, Le Mépris, L'Ennui et le voyeurisme de L'Homme qui regarde.Ses héros, souvent réunis sous le sceau du triangle amoureux, se cherchent dans un inonde d'ennui, de peur et de cruauté.Un monde tel que l'a connu Moravia.On a surtout retenu l'érotisme et le voyeurisme de ses derniers romans parce que ça nous plaisait bien.Pourtant, le destin des protagonistes de Moravia est plus que jamais marqué par cette impossibilité de changer la vie, et par la confrontation sans issue entre l'homme et le réel.Moravia romancier certes mais aussi philosophe, essayiste, journaliste et fondateur d'une des plus importantes revues littérai- res de l'après-guerre, Nuovi Argo-menti à laquelle s'est associé son ami Pier Paolo Pasolini.L'Italie n'a pas perdu qu'un de ses plus grands romanciers, elle est aussi en deuil d'un intellectuel engagé, d'un homme reconnu pour sa générosité, son courage et son intelligence vive.À quelques rares occasions, il nous a été donné de voir Moravia au petit écran.Que nous racontait-il?Que ses livres le rendent triste, qu'il est vrai qu'il parle de tout en passant par le sexe, mais pas seulement cela, précise-t-il.Il confiait aussi, qu'il a toujours cru que la mort viendrait le chercher par l'extérieur, du dehors.Mais elle est venue le chercher par en-dedans, sournoisement, comme peut l'être une maladie.Les livres de Moravia traduits en français sont publies chez Flammarion et en format poche dans la collection CF.Plus instruits mais moins cultivés PIERRE VENNAT ¦ Une nouvelle année scolaire est enclenchée depuis maintenant quelques semaines.Le ministère de l'Education, lui, débute allègrement son deuxième quart de siècle; Tout le monde se réjouit des progrès réalisés par rapport uurç années de la «grande noirceur», bref de l'ère d'avant Paul Qérin-Lajoie, de l'éducation gratuite et de l'école pour tous.Et pourtant, on n'arrive pas à former vraiment une opinion publique éclairée quant a la situation de notre système d'éducation.Il en ressort une confusion et un malaise partout répandus.L'Institut de recherche sur la culture, qui s'y est essayé à l'occasion du 25e anniversaire de la création du ministère, n'y est pas arrivé lui non plus.Ce n'est pourtant pas pour n'avoir pas pris les grands moyens.Pas moins de 24 collaborateurs ont participé au colloque qui devait donner laissant à un livre-bilan, sous la di- 7-7 SOCIETE rection de Fernand Dumont et de Yves Martin.Dumont lui-même avoue qu'on éprouve énormément de difficulté à faire le point.Sans doute à cause de la lourdeur de l'appareil.L'institution scolaire s'embourbe quelque peu.Il ne s'agit toutefois pas de mener le procès de telle ou telle instance.C'est la prolifération des instances qu'il faut plutôt mettre en cause, avec les bureaucraties et les corporatismes qui s'ensuivent.Comment, dans un pareil maquis, pourrait-il émerger des diagnostics un peu nets et des décisions qui emportent l'adhésion?Pourtant, certains s'y essaient.Mais Claude Ryan n'hésite pas à dire qu'on ne peut répondre avec précision à la question pourtant importante de savoir si la «qualité» de l'éducation a progressé ou diminué au cours du dernier quart de siècle.L'ancien directeur du Devoir, maintenant ministre de l'Éducation, écrit dans son texte qu'il serait tentant de nous enfermer à ce sujet dans des certitudes tranquilles comme celles dont se nourrissent volontiers les appareils.Mais trop de questions ont surgi, trop de signes sont apparus ces dernières années pour que nous nous laissions entraîner à ce sujet dans des jugements mal vérifiés.Un des survivants de la fameus-se Commmission Parent, qui a donné naissance au ministère, le sociologue Guy Rocher devait presque avouer que lui et ses collègues du temps se sont trompés.«Beaucoup d'étudiants, la majorité sans doute, quittent l'université avec un diplôme qui atteste des connaissances acquises dans un domaine.Ils savent des choses dans un génie ou dans une science ou dans un art.Mais ils n'ont pas de culture.Leur esprit porte un réflecteur qui jette un rayon de lumière sur un coin du monde, mais ils n'ont pas l'esprit illuminé.Ils ne prendront pas plus de plaisir à la culture qu'offre la société moderne que s'ils n'avaient fait que des études primaires.Ce sont des handicapés culturels.» Voilà qui est franc, mais guère réjouissant.D'autant plus que le sous-ministre associé à l'Éducation, Paul Tremblay, constatant que le colloque n'a pas permis de dégager de véritables voies d'avenir en vue de l'an 2000, s'est demandé s'il ne s'agissait pas là du «signe de notre incapacité à traduire dans les faits quelque orientation que ce soit, en raison de l'épuisement des ressources et de ce qu'il faut bien appeler l'essoufflement de beaucoupo d'agents?» L EDUCATION 25 ANS PLUS.TARD! ET APRES?sous la directiom de Fernand Dumnt et de Yves Martin.Institut québécois de recherche sur la culture.1990.MARC-FERr AWD ARCHAMBAUIT collaboration spéciale Cette médecine mangeuse d'hommes ¦ Bien connu du grand public pour son ouvrage Ces malades qui nous- gouvernent qui fut en son ternps un best-sellers, Pierre Ac-coce nous présente une sorte de panorama des «progrès» de la médecine depuis une centaine d'années et surtout depuis ce qu'il désigne comme le grand tournant des \"années soixante.Tout d'abord il constate l'état Je délabrement effarant des hôpitaux, le manque de moyens et i'indifférence grandissante des praticiens envers le malade.La Sécurité sociale est un empire qui semble avoir perdu de vue ses objectifs premiers et qui est devenu un véritable cauchemar pour tous les hommes politiques.Depuis une vingtaine d'années, le nombre de médecins augmente et ils sont de plus en plus dépendants des nouvelles technologies.Ils commencent aussi ù subir comme ce fut le cas des professeurs et des enseignants une dévalorisation de leur profession.D'où l'augmentation de la grogne et de l'insatisfaction.Chapitre par chapitre, l'auteur nous raconte l'invention des nouveaux médicaments comme les sulfamides, les antibiotiques, les eorticoides; puis les principales découvertes depuis la première tranfusion sanguine en 1914; les immenses progrès de i'anesthésie.Des découvertes qui wndent possibles alors les transplantations, la chirurgie cardio-vasculaire et l'espoir un jour de vaincre cette horrible douleur si inutile.Mais ce qui est presque apocalyptique, c'est l'incapacité où se trouve la médecine aujourd'hui de soulager les maux les plus ordinaires comme les allergies, les grippes, cl le risque de mourir sur le billard lors d'une intervention tout à fait bénigne est de plus en plus élevé, cela tient au nombre de cas à traiter, à l'indifférence grandissante du personnel ainsi que des risques d'infection.Les restrictions budgétaires pour l'entretien et la buanderie font de certains hôpitaux des endroits à risques.Il est nécessaire de garder les patients de plus en plus longtemps sous surveillance afin d'éviter toute infection post-opératoire.La malpropreté des lieux ainsi que l'ignorance de plus en plus fréquente des médecins et des infirmières quant aux règles élémentaires d'hygiène et d'asepsie provoquent plus d'un millier de décès par année en France.Il y a trop de priorités et peu de ressources.Les maladies entre elles forment un système.La circulation des individus et des animaux ainsi que l'immigration provoqueront sans nul doute des déséquilibres graves et catastrophiques dans les systèmes.Ce fut le cas lorsque le choléra quitta sa niche écologique dans le Bas-Bengale pour atteindre l'Europe vers I832.Et c'est ce qui s'est sans doute produit avec le sida.LA MEDECINE MANGEUSE D HOMMES, par Pierre Accoce.Paris, Caiman-Levy.1990.REGINALD MARTIL Contes pour auteurs os lecteurs ont vu sans doute dans leur journal une annonce des Presses d'Amérique» qui sollicitent des manuscrits en tous genres.Mme Liette Beaulieu, au nom de Mme Élaine Caire» de l'Agence littéraire d'Amérique (qui loge à la même adresse), nous a aimablement transmis le document d'information qui décrit les services de la maison.Comme il fallait s'y attendre, il s'agit d'édition à compte d'auteur.Le document s'intitule «Programme Édition à coup sûr !».Il y est question de la difficulté de se faire publier, «parce que la plupart des éditeurs sont littéralement débordes » et parce que les risques commerciaux de l'édition conventionnelle tes rendraient plus prudents.Ils «préfèrent se rabattre sur des valeurs sûres».Cela n'est pas faux.D'une part, les délais de publication sont parfois longs» même pour des auteurs connus; mais on ne rejette pas un manuscrit pour la seule raison que le programme d'édition est complet pour plusieurs mois à venir.D'autre part, certains éditeurs» en effet» ne prennent aucun risque sur des ouvrages, même de haute qualité, dont la rentabilité est peu prometteuse; mais d'autres éditeurs \u2014 citons VLB a tout hasard \u2014 ne font que de l'édition risquée, en assumant la totalité des risques et dans une perspective de développement à long terme d'un vrai fonds d'édition.Ce qu'il faut dire courageusement aux centaines et aux milliers d'auteurs dont les manuscrits sont refusés par un, deux ou dix éditeurs, c est que leur travail» selon toute probabilité \u2014 des erreurs sont toujours possibles \u2014, ne peut intéresser personne.Les Presses d'Amérique ont beau nous rappeler que Hemingway, Proust ou Poe ont dû payer pour faire éditer leurs premières oeuvres, il reste que des auteurs d'une telle envergure sont rarissimes.Combien d'auteurs, dont les manuscrits ne survivent pas au sas de la machine éditoriale, persisteront à croire qu'ils ont un immense talent?Beaucoup! Une leçon d'hier Un groupe d'auteurs québécois a tenté il y a quelques années l'expérience de «I édition autonome».Ses réalisations, autant sur le plan matériel que sur celui du contenu, étaient pour la plupart condamnées à devenir ce qu'on appelle dans le métier de l'édition des rossignols, c'est-à-dire des livres invendables.Quelques auteurs ont fini par trouver de vrais éditeurs et le regroupement est disparu.Rien n'empêche quiconque, si par exemple il veut distribuer parmi ses proches la chronique de la famille, d'en faire un livre; de même, une entreprise peut vouloir faire éditer, pour circulation interne, des documents sous forme de livre.Les Presses d'Amérique offrent ce service et la présentation de leur document donne à penser 3u'ils peuvent faire un travail e qualité professionnelle.Les Presses d'Amérique proposent deux programmes.Le second ne comporte pas de distribution en librairie et s'adresse surtout aux entreprises.Le premie «permet à un ouvrage d'être acheminé a travers notre réseau de distribution, un des plus performants au Québec.Grâce ù ce réseau, vos livres seront distribués aux quatre coins de la province, de Gaspé à Hull, en passant par le Lac-Saint-Jean et la Beauce».Cette promesse est fondamentale.Sans distribution en librairie, un livre ne va littéralement nulle part.Si le réseau dont on parle est un des plus performants au Québec, c'est qu'il existe déjà.J'ai téléphoné à la directrice générale de l'Association des libraires du Québec, Mme Louise Rochon, qui m'a dit n'avoir jamais entendu parler des Presses d'Amérique.Les quatre coins Mais l'Association des libraires n'est pas une librairie.Vérifions plutôt la performance du réseau de distribution des Presses d'Amérique aux quatre coins de la province.À Gaspé M.Béland, de la librairie Alpha, n'a jamais entendu parler des Presses d'Amérique.À Hull Mme Lepage, de la librairie Au point, vérifie longuement ses listes et dit qu'elle ne connaît pas les P.d'A.Au Lac-Saint-|ean Mme Bouchard, de la librairie Régionale, n'en a jamais entendu parler.Reste la Beauce où M.Ge-nest, de la librairie Sélect de Saint* Georges, apporte la même réponse que tout le monde.Cette petite enquête, dont les résultats sont éloquents, m'a appris aussi à quel point les libraires, patrons ou employés, sont serviahles et charmants.On lit aussi dans le document: «Nous envoyons aux principaux médias, en accord avec l'auteur, des communiqués de presse et un exemplaire de l'ouvrage.» Envoyons ou enverrons?Avant de voir l'annonce des Presses d'Amérique dans La Presse, je ne connaissais pas leur existence.L'édition à compte d'auteur, en littérature du moins, n'a d'intérêt que pour celui qui veut flatter son ego au risque d'y engloutir des milliers de dollars.Les auteurs dont la foi survit aux refus des éditeurs doivent chercher ailleurs, et hors du cercle de leurs intimes, les conseils qui les encourageront à continuer ou à abandonner.Éditer n'est pas tout.Ceux qui trouvent du plaisir à écrire peuvent toujours continuer à le faire, privément, sans risquer de se couvrir de ridicule et d'y perdre leur chemise.Coupures budgétaires et autres maux font de certains hôpitaux des endroits a risques.'H0T0 u Chez HMH et Guérin ¦ Les Éditions Hurtubise HMH annoncent à leur tour leur programme d'édition de l'automne.Signalons, dans la collection «Cahiers du Québec», Le Québec pittoresque, de George Monro Grant, un ouvrage qui restitue l'image du pays à la fin du XIXe siècle; Pour les jeunes, des romans de aul de Grosbois et Alain Ma-ri 1 lac ; dans la collection «Constantes», un essai de Naïm Kattan, Le Père; une nouvelle édition du Gourmet de quartier, de Victor Levant, et un ouvrage intitulé Montréal, photographies de Michael Drummond et textes de Michel Tremblay; et Québec 1850-1939\u2014 Bibliogaphic thématique, de Robert Lahaise.Chez Guérin littérature, le p.-d.g.Marc-Aimé Guérin nous dit seulement, pour l'instant, que la rentrée littéraire se fera «sous le signe de l'histoire, de l'actualité et de la littérature».Parler du Journalisme ¦ M.lean Éthier-Blais, qui fut pendant 28 ans critique littéraire au Devoir, Mme Lysiane Gagnon, chroniqueur à La Presse, et M.Jacques Renaud» poète et romancier, sont les invités de la soirée «À livre ouvert» de la Société des écrivains canadiens, section de Montréal, qui aura lieu le mardi 16 octobre au restaurant Palace Duluth, 9 est, rue Duluth.Le thème de la rencontre: le journalisme.Mme Ariette Cousture, auteur des célèbres Filles Je Ca- leb, a été la première invitée d'honneur des diners-causeries de ladite société.Mme Marie Laberge et MM.Yves Navarre, Roch Carrier et Michel Gar-neau figurent sur la liste des invités des moisprochains.Quant aux rencontres auteur-lecteurs, elles ne commenceront qu'en janvier.De tout en bref ¦ L'éditeur et romancier M.Michel Luneau, auteur de La Légende du corps et, tout récemment, de L'A ut red i, parus aux Éditions François Bourin, lira des extraits de ce dernier ouvrage à la librairie Gallimard, 3700, bd Saint-Laurent, le jeudi 4 octobre de 17 à 19 h.Vive versa, la très grande revue transculturelle du Québec, a consacré son plus récent dossier à l'écologie, en collaboration avec Environnement 2000.On y trouve les signatures prestigieuses de MM.Pierre Dansereau, Edgar Morin et Paul Chamberland.M.Chamberland sera l'invité mardi des Gens du livre, dont la réunion mensuelle aura lieu au bistro Chez Ba-bou, 3814, rue Saint-Denis.II s'interrogera sur la place de l'écrivain dans la société québécoise.Bonne question.Le 6e Festival international de la poésie de Trois-Rivières commence aujourd'hui; il se Kursuivra jusqu'au 7 octobre, s poètes d'ici et de partout participent à d'innombrables activités et la plupart sont gratuites.On s'informe au (819) 579-9813.i R.M. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE ÎO SEPTEMBRE 1990____ ç y Le monde de fer du sculpteur André Fournelle RAYMOND BERNATCHEZ PHOTOS PIERRE McCANN Li Presse André Fournelle sur sa machine à voyager sur la côte de New Castlc.B Les récifs d'acier, de verre, de terre et de feu du sculpteur André Fournelle sont bien visibles sur le sol du Centre cTexjKJsition Circa, au 4e étage du 372 ouest, rue Sainte-Catherine.Des sculptures, trois en fait.À l'entrée, une structure métallique de 10 mètres par 16 mètres et trois mètres de hauteur.Elle supporte des plaques d'acier suspendues verticalement aux traverses par des filins d'acier également.Six plaques, lourdes, qui deviennent six balançoires de 400 livres chacune lorsqu'on s'aventure à leur marcher dessus.Des plaques qui représentent des fragments côtiers d'une berge anglaise, quelque part près de New Castle.Fournelle est né là, en 1939.Il a donc 51 ans aujourd'hui.Arrivé ici durant la guerre, adopté en pays d'adoption, il s'est créé son monde, un monde de fer aidé en cela par Armand Vaillancourt, artiste, citoyen du monde ancré au Québec, quelque part au sud de Mirabel, bâtisseur également de rêves tridimensionnels.Artiste, Fournelle jette des bouteilles à la mer depuis une bonne vingtaine d'années.Nous disposons habituellement du temps d'une exposition pour lire le message.Il coule ensuite au fond de l'abime entraîné par son propre poids.il en reste toutefois des traces et en fait l'exposition Resccarede EXPOSITIONS MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN (Cité du Havre) \u2022 Exposition «l'art conceptuel, une perspective!.Jusqu'au 21 octobre.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL (1379 o., Sherbrooke) \u2022 Exposition -Un regard passionné: chefs-d'oeuvre de l'impressionnisme et autre toiles de maitres de la collection Emil.G.Bûhiie*.Du lun.au jeu., de 10 h a 19 h; ven.sam., dim., de 10 h a 21 h.Jusqu'au 14 octobre.MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS OE MONTRÉAL (Pie IX et Sherbrooke) \u2022 Exposition «La narration dans la tapisserie» et bijoux de Lois Et he-rington Betteridge.Du mere, au dim., de 11 h à 17 h.Jusqu'au 11 novembre.MUSÉE MARC-AURELE FORTIN (118.Saint-Pierre) \u2022 Peintures de John F.Marok et Marc-Aurete Fortin.Du mar.au dim., de 11 h à 17 h.MUSÉE DART DE SAINT-LAURENT (615.boul.Sainte-Croix, Saint-Laurent) \u2022 Exposition *Ca-saubon: papiers-reliefs 1980-1990*.Du mar.au ven.et dim., de 12 h à 17 h.Jusqu'au 21 octobre.MU5ÉE DE LACHINE (110.Chemin LaSalle) \u2022 Sculptures et dessins de Pierre Leblanc, ins-tallatiorvfeeinture de Céline Goudreau.Du mere au dim: de 11 h 30 â 16 h 30.BOA OBJET D'ART (4859.Saint-Laurent) \u2022 Oeuvres de Paul Bourgault.André Boucher.Bruce McNeil et Linda Farguhar Watson.Mar., mere., de 11 h à 18 h; jeu., ven.de 10 h à 21 h; sam., de 11 h à 17 h.Jusqu'au 6 octobre.CENTRE SAIBYE BRONFMAN (5170, Chemin de la Côte Sainte-Catherine) \u2022 Oeuvres de Richard Purdy.Ou lun.au jeu., de 9 h à 21 h; ven., de 9 h à 16 h; dim., de 10 h a 17 h.Jusqu'au 3 octobre.CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE (1920 Baileï - Expositions «Ernest Cormier et l Université de Montréal» et «Passages à l'Université de Montréal», photographies de Cabor Szi-lasi.Merc., ven.de 11 h a 18 h; jeu., de 11 h a 20 h; sam.dim., de 11 h a 17 h.CENTRE D'EXPOSITION CIRCA (372.Sainte-Catherine o.) \u2022 Oeuvres d'André Fournelle.Du mere, au ven., de 12 h à 17 h 30; sam., de 12 h a 17 h.Jusqu'au 20 octobre.CINTRE DE DESIGN DE L'UOAM (200, Sherbrooke o.) \u2022 Exposition «100 ans d'affiches d'automobiles».Du mere, au dim., de 12 h a 18 h.Jusqu'au 21 octobre.CINTRE DES ARTS VISUELS (350.Ave.Victoria) \u2022 Portraits en tissu de Jeannie Kamins et céramiques de Susan Meindl.Du mar.au ven., de 10 h a 18 h; sam., de 10 h a 17 h.Jusqu'au 27 octobre.CENTRE INTERNATIONAL D'ART CONTEMPO-.RAIN DE MONTRÉAL (Place du Parc.3576.Ave.du Parc) \u2022 Oeuvres de Liliana Berezowski.Jean-François Cantin.Petah Coyne, Rose-Marie Goulet, Micah Lexier.Mediavox.Roberto Pellegrinuzzi.Suranné Roux et Claude Si-nnard.Du mere, au dim., de 12 h a 19 h.GALERIE AMRAD ART AFRICAIN (1522.Sherbrooke o.) \u2022 Poupées.Jusqu'au 15 novembre.GALERIE ANTIDOTE (5588.Sherbrooke o.) \u2022 Peintures de Mary Hayes.Jusqu'au 20 octobre.GALERIE ARTES (102.Ave.Laurier o.) \u2022 Oeuvres de Johanne Cullen.Jusqu'au 12 octobre.GALERIE ARTICULE (4050.Saint-Laurent.Suite 106) \u2022 Installation de Lani Maestro.Jusqu'au 14 octobre.GALERIE CHANTAL BOULANGER (372, Sainte-Catherine o.local 502) \u2022 Oeuvres de Roland Poulin.GALERIE CHRISTIANS CHASSAY (20 ouest, rue Marie-Anne)- Oeuvres de Dominique Blain.Eva Brandi et Sylvie Biocher.Jusqu'au 6 cet GALERIE CLARK (1591.Clark.2ieme étage) \u2022 Oeuvres de Judith Berry et Suzanne Grise.Du jeu.au dim., de 12 h a 18 h.Jusqu'au 14 octobre.GALERIE CONCORDIA (1455.de Maison-neuve o.) \u2022 Peintures de Leopold Plotek.Du lun.au ven.de 10 h a 20 h; sam.de 10 h à 17 h.Jusqu'au 20 octobre.GALERIE CULTART (360, Roy e.) \u2022 Auj.de 12 h a 18 h.acryliaues de Philippe Valr»< GALERIE DE LA GARE toiles récentes des peintres de la Galerie.317.St-Denis St-Lambert 671-0078 Fournel chez Circa jusqu'au 20 octobre, retrace les principaux jalons ou fragments du parcours.Resccure charrie le sens de fragments, fragmenter, de risque, de naviguer, de récifs.Le sens de naviguer autour des récifs, une opération risquée et fascinante pour le créateur qui rupaillent les fragments du passé et pour le participant qui décide, à sa suite, de marcher sur ses eaux.André Fournelle et ses signes, ses messages sémîotiques.Des ailes et des cibles, rappel de Un cou de dés jamais n'abolira le hasard, exposition performance de 1987.Des ailes sur les plaques tectoniques d'acier suspendues par les càbles-filins-colonnes.La cible, la grande sculpture cible circulaire de fer, de terre, de verre et de feu, une cible manège, qui bouge en demeurant immobile.Des signes.Sur un bout de fragment côtier, une clôture tordue, clin d'oeil à l'état de choc, installation montée à Lachine en 1985.Pourquoi créer M.Fournelle, des oeuvres d'art qui pèsent des tonnes, qui n'entrent pas dans nos salon, qui ne séduiront pas un conservateur dans chaque musée franc de port?Parce qu'il faut créer tout simplement, comme on le ressent, avec ses moyens à soi, avec des grues et des palans puisqu'il le faut.Recréer les forces et les tensions, symboliser les cléments de la nature, et construire des machines pour reproduire tout cela; des installations en quête de voyageurs qui, comme Ulysse, devraient être heureux, au terme du voyage.GALERIE C.BROCARD (514)353-9386 DE TABLEAUX REDUCTION JUSQU'A SUR 150 TAbLEAUX DE PEINTRES CANADIENS a UCAldUNCiOUC R CAKT.S » CO'.iT*'.T.MA» S DALI o A DUMAS h DCO««Cf M (A.h£*j ma tQuriu Ain o-'GHOs Jt OMOfUS a » j* .:>.ô OIUSTA f lACt^O f .AOtllk A t AaCMfcVtOCt P TCKLtCO*! C USAUTEUR N ¥ERC'£ I M MASSON JP H.COUU a ncsscAu ma buzon-côrf t '«EMOI** a vauMua ên:c jb* ENTREE GRATUITE: DIMANCHE 30 SEPT.DE 9 H À 17 H HOTEL HOLIDAY INN RICHELIEU4 505.SHERBROOKE EST MONTREAL (COIN BERRIJ RT CONTEMPORAIN 1990 OÙ VONT-ILS?SIRÉGRAPHIES SIGNÉES LÉO FERRÉ GILLES TIBO Galerie Suzanne Remillard 1227, Amherst 526-8451 / 585-1399 «SAVOIR-VIVRE, SAVOIR-FAIRE, \\ SAVOIR-ÊTRE » \u2022 R.Fillioo- JUSQU'AU 28 OCTOBRE EXPOSITION INTERNATIONALE DE 26 ARTISTES SUR LE THÈME OE L'ÉCOLOGIE.ÉCOLOGIE MENTALE, ECOLOGIE SOCIALE, ÉCOLOGIE ENVIRONNEMENTALE.L'Heureux CIAC CENTRE INTERNATIONAL SABURO MURAOKA / OXYGEN 10,1990, (détail).Safauro Muraoka, représentant officiel du Japon à lo Biennale de Venise de 1990, fescine par son langage inattendu.Ses oeuvres nous plongent au coeur de l'objet comme s'il s'agissait de pure substance sans mémoire.L'emploi qu'il fait des matériaux de lo vie courante: eau, fer, sel, oxygène, brouille les pistes per leur familiarité.Ses interventions sur le métal brut ne renvoient pas a des copies d'objets usinés, rationnels.Elles relèvent plutôt d'une alchimie ou d'une expérimentation de tout temps.Elles sont bien reconnaissables per les traces de chaleur ou de composés chimiques que l'on peut lire sur leur surface.Cependant, elles fonctionnent à la façon d'une détresse, d'une angoisse, face ou savoir faire.«OXYGEN 10\", une de ses trois oeuvres exposées, nous montre des cylindres momifiés.Malgré l'humour, nous ne pouvons que ressentir la profondeur de son doute quent au savoir-faire contemporain.-Une exposition qui lance un cri à lo face du monde et dénonce lo dégradation de notre environnement.» / Marie-Michèle Cron, VOIR - Savoir-vivre, Scvoir-faire, Savoir-être; a le mérite d'être allô chercher des problématiques artistiques nourries d'écologie - du retour ô la nature ù »u \u2022j'jiKTiciGtion des nuisances industrielles et du néo-colonianisme.»' / Claire Grave!, LE DEVOIR «From what I hove seen, this will be one of the tautest, most provocative and compelling shows Gcsselin ho> ever staged.* / Ann Duncan.THE GAZETTE \u2022'Arr Contemporain 1990, le plus gros show d'art actuel nu Canada.» / Jocelyne Lepage, LA PRESSE «Une exposition ô voir D'ART CONTEMPORAI DE MONTRÉAL 3576, avenue du Parc /coin nord-ouest de Prince-Arthur (514) 288-0811 Du mercredi ou dimanche de 12 à 19 heure, / Radio ConoiJo, LA BANDE DES SIX CrownVie Devant la \u2022 cible-manege mobile-immobile, en signes de terre, de feu, d'air et d'eau.EXPRIMEZ- VOUS! Choisissez le pinceau.l'appareil photographique.ou familiarisiez vous avec les arts L'ÉCOLE D'ARTS PLASTIQUES DU CSB / école d'arts plastiques la plus moderne à Montrent \u2022 10 ateliers nouveaux ou rénoves \u2022 100 cours \u2022 50 artistes-professeurs Dessin et peinture Calligraphie .y N Sculpture Gravure Photographie Bijouterie Céramique Conception graphique Enfants et adolescents Histoire de l'art Inscrivez-vous en téléphonant au 739-2301 ou venez au: 5170, chemin de la Côte-Ste-Câtherine, Montréal, Québec H3W 1M7 C EN T R E SA I D Y E ' B R ON f M'A N Exposition Marc-Aurèle Fortin Oeuvres exceptionnelles de 1915 à 195U Jltsqu 'au 5 octobre 1990 ^^V^^N galerie d'art michel bigué 315, rue Principale, St-Sàuveur-des-Monts, Tél.: 227-5409 exposition André LEBLANC «À LA LUMIERE DU TEMPS» VERNISSAGE le dimanche 30 sept, de 13 h à 18 h l'oxposition se poursuivra jusqu'au 11 octobre 4, rue Saint-Paul est, Montréal (Quebec)h?y ?i Tél.:(514) 393 ^99 GALERIES D'ART Guide Cinjéma CinIpleX ÔpÉOfsi 9-PILM 11 M \u2022 tOom U RLM AVAFflCHE DEBUTE DIX MINUTES AM^SL'HEURE INDIQUÉE DANSLHORAIRE;*' DU 28 SEPT.AU 4 OCT.1990 LE FAUBOURG \" 16.15.ouosL fuc Sto-Cftlhortnt *\" POSTCARDS FROM THE EDGE (G) \u2022 Dolby Stereo THX 12:45-2:'1S-4:50-7 OQ.9:10'Coupons fctusc» I PACIFIC HtlGHTS (14 jns) Dolby SltTLO , 12:50-3:00.S;1Q-7:25-9-10 Couponsrelusca ¦ WILD AT HEART (IB Jns) Dolby Stereo ¦1:40.4:15- 7:00.9:25_ DAHKMAN (14 am,) Dolby Stereo 1:00- 3:00- 5:00 - 7:00- 9:00 .£ic.le 1 et 3 cet.: 1:00 \u2022 3 00 - 5:00 \u2022 9.30 .Eïc.le 4 oct.: 1:00- 3:00 - 5.00 \u2022 7:00 PLACE ALEXIS NIHON Metro AIwater I COME IN PEACE (14 ans) Dolby Stereo 1:15-3:15-5:1S.7:15.9:15_ PUMP UP THE VOLUME (14 jni) Dolby SttTCo 2;I5 - 4:30- 7:00- 9:30_ DIE HARD ¦\u2022¦2 (14 am) Dolby Stereo \u20221*30- 4:00- 7:00- 9:30 COMPLEXE DESJARDINS Baillsirti ¦ - ^ DADDY NOSTALGIE (G) 1 05 \u2022 3 10 - \u2022 7 30 ¦ 9:40 _ SOLLIL MEML LA NUIT (G) Dolby SIcrco 1.00- 3 0!) .'j 15 ¦ 7 25-9:35 Coupon!, i:l (Jibsvz-p.is&er fclusofc_ NUITt) [TEtN VILLU (14 Jtis) t.l!) - :n5 \u2022 i> 05 -710 - 9:20_ PUMP UP 1HU VOLUMt (14«in&)(v.française) 1:10-3 15 \u2022 5:15 ¦ 7 20 - 9 25 CRÉMAZIE B610.ru« St-OanlB G\" C0UP0N5 rr UlfUStS un Mm otHâiOul ' .p r ji.m a ///;;/ BERRI, BROSSARD, CARREFOUR LAVAL ÉGYPTIEN 1455 ruo Peoi FLATLINERS obl.Lt Carrtiour.' : LA FILLE DU MAQUIGNON (G) Sam.et Dim : 1 15 \u2022 3:15 - 5:15 - 7:15 ¦ 9 15 Sem : 7:15-9:15 Coupons el laisspj-passcr rctu'ii-s_ PUMP UP THE VOLUME (14 ans) Dolby Sk'reo (v.française) Sam.et Dim,.1:00 \u2022 5:10 - 7 15 - 9 20 Sem, 7 15 \u2022 9,20___ LES AFFRANCHIS (14 ans) Dolby SI' r«'0 Sam, et Dim.- 1 30 \u2022 5 00 - 0 00 Sem t) 00 PRESUME INNOCENT (G) Sam .!l Dim 1 30 \u2022 4 15 - 7 00 S^-m 7,00 FLATLINERS (14 .ms» Sam, cl Dim : 12.45 - 3:00 ¦ 5 OO - 7 20 - 9:30 Sem : 9 30__ LIGNES INTERDITES ( 14 an^) Dolby Stereo Sam.et Dim 12 30 - 2 45 - 7.20 - 9 40 Svm 7 20 - 9 40_ POSTCARDS FROM THE EDGE (G) Dolby Sten-o Sam, el Dim.: 3:10 - 515 - 9:35 Sem.: 7 20 - 9:35 Coupons relucts LAVAL 2000 C«n(ro 2000,3195 ouest, boul.Sl-Mftr1tn LE PETIT MONSTRE (G) Dolby Stereo Sam et Dim 1.45 - 3:30 - 5:15 ¦ 715 - 9.00 Sem 7 15 - 9 00_ 58 MINUTES POUR VIVRE (14 an;.! Sam.el Dim , 1 30 - 4.00 - 7:00 - 9.25 Sem.: 7 00- 9.25 NAI IIAÏ ii: UAVi: UN WEEK-END SUR DEUX 1)1 xk:( >I I.(i ak EN VERSIOM FRANÇAISB COMPLEXE DESJARDINS, CARREFOUR LAVAL.BROSSARD.C.-P.ST-EUSTACHE fllARCELLO MASTROIANNI lis VonT Tolls COUCON& tr LâissixMAssiR ntrLsE% AtiLAHrr: berrl commodore StSS MEN AT WORK (Cl 'Dim.: 1:15 - 3 15 ¦ 5 :S3m.et Sem 7 15 15 - 7:15 - 9.15 915 ASTRE 9480.BouL Lacordaire CENTRE-VILLE .2001.Unlvvrtit*.SUUon Metro McGlll L'HOMME QUI VOULAIT SAVOIR (G) ¦1:05- 3:30- 7 15- 9:30_ LIGNES INTERDITES (14 ans) .1:10 \u2022 3:45 \u2022710- 9:35_ FLATLINERS (14 an-,) 1:15 - 3:35 ¦ 7:20 \u2022 9:40 '_ .AMITYVILLE - 3 LA MALEDICTION (14 ans) .1:20 - 3:20 \u2022 5:20 - 7:20 - 9:20_ ¦RETOUR VERS LE FUTUR 3 (14 ans» 1:00-5:15-9:30 2cme film: LE DELATEUR 3 15 - 7 40 WITCHES (Cl 1 15 \u2022 3.15 \u2022 5:15_ REVES (G) / 15-9:35_ SQ MINUTES POUR VIVRE (14 ans) ¦1:30 \u2022 4:30 - 7:00 - 9 25_ CHASSEUR BLANC.COEUR NOIR (G) Uulby Stereo 1:25 - 3:45 - 7:05 ¦ 9 15_ PRESUME INNOCENT (G) ¦1:10 - 4.15 - 7:10 \u2022 9:35 DÉCARIE 6900.bout.Dftcarta^ PACIFIC HEIGHTS (14 ans) Dolby Steieo Sam.et Dim : 12:4b ¦ 3 00 - 5 15 - 7:30 \u2022 9.45 Sem ¦ 7:00 - 9:30 Coinons rclOses_ POSTCARDS FRJM THE EDGE (G) Sam.et Dim.: 1:30 - 4:00 - 7:05 - 9:25 Sent ¦ 7:05 - 9:25 ' Coupons refuses BERRI 1280.ru9 Sl-Danli ILS VONT TOUS BIEN (G) Dolby Slereo VJO -4:15 - 7 00 \u2022 9:30 puupona l-l laisse/'passer refuses LA fille DU MAQUIGNON (G) Dolby Stereo 1:30- 3:30 - 5:30 \u2022 7 30 - 9 30 Couponb et laisser-passer refuses_ Le PETIT MONSTRE (G) Dolby Storeo ;:15-3:15-5:15-7:15-9:15_ UN week-END SUR DEUX (G) 1:00 - 3:00-5:00 - 7:00- 9:00_ NIKirA(14nn.>} 1:00- 3:15 -5:30 - 7.45-9:45 PACIFIC HEIGHTS (14 ans) Dolby Sierco Sam el Dim 1 00 \u2022 3 10 - 5:20 - 7:30 - 9.45 Sem 7 10-9 20 Couche tard Ven el Sam 1200 Coupons iclubos I COME IN PEACE (M ans) Dolby Sltieo Sam et Uinj 110 ¦ 3.00- 5:00 \u2022 7 00 \u2022 9.00 Sem 7 00 \u2022 8:50 Couche lard Ven el Sani 11 UO_ PUMMUPTHt VOLUME (Mans) Uolby Storeo Sam L'I Uiru I UO - 3 10 - a Ib - 7 20 \u2022 9 JO Sem 7 10 ¦ 9.15 Couche tard: Ven et Sam, 11 30_ LES AFFRANCHIS ( U ans) Ven 7:15 - 10.00 Sam.el Dim.1:00 - 4.00 - 7 00 - tOOO Lun au Jeudi 7 30 LE PARADIS 8215.rut Hochalaga LE PETIT MONSTRE (G) Dolby Slereo Sam el Dim.1:00 - 2,45 - 4:30 - 6:15 \u2022 6 00 - 9:45 Sem 7 15 - 9 00_ 51) MINUTES POUR VIVRE (14 ans) Sam el Dtm 115 - 4 10 - 7:00 ¦ 9 15 Sem 7 00 -9 15 LES AI-HRANCHIS (M an.,) Sam.et Dtm 1:00 - 4:00 - 7.00 \u2022 9:50 Sem.: 7:00-9:45 COMMODORE 5780.boul QouIn ouosL Cartlervlllt ILS VONT TOUS BIEN (G) Sam v\\ Dim I 30 - 4.00 - 7 00 -9 15 Sem 7 00 - 9 15 Coupons & laisst.'Z-passer refuses JANE BIMKIN ODLTTE LAUHt UN FILM OE ocnTRAND TAVEHNIER,™ , 4LLt4MCE COMPLEXE DESJARDINS {aZZjI CHARLOTTE \u2022 NASTASSJA GAINSBOURG KINSKI PAOI-O KT VIT roRio.lAV liVLM 1 iiagaiiaiM MEME LA NUIT COUPOMS ET UISSII-PASSfD BffUSE& 4LLii1MC£ COMPLEXE DESJARDINS NUIT D'ÉTÉ EN VILLE ^ JEAN4IUGUES ANQLADE MARIE TRINTIGNANT ¦ un RlUdÉ ¦ MICHELDEViLLEf^ LE DAUPHIN 2396 est.rue Beaublen lES AFFRANCHIS (14 ans) Dolby Stereo S.tm.et Dini.r 1:30 \u2022 4:30 \u2022 8:00 Sem.: 8:00 PRESUME INNOCENT (G) Dolby Stereo Sam.el Dim.: 1:40 - 4:15 \u2022 7:00 - 9:30 Sem: 7:00-9:30 LONGUEUIL Ptac« Longueull - 825 ouest, rua Sl-Lauranl I4LL14NCE [ZL-Iild COMPLEXE DESJARDINS VIRSION OHNMNAUI ahmaih faubourg.pointe-claire, \"upons décarie, astre\"\"\"\" PHILIPPE aUBÈRÉ B GiGtiMlPÈRF: -YVESROBERTv^^^^^^^^ \\ D'APtBl'aUVKfDE LES AFFRANCHIS (14 ans) Sam.elOim, 2.00 - 5 00 - 0:00 ^' CE N'EST MS UNE - rgm rencontre DU 3\" TYPE.\"H .C'EST LA DERNÈt.ICDME»^ PEACE MARCEL PACNOL::« Sem, : 8:00 PRESUME INNOCENT (G) Sam cl Dmv l 30 - 4:15 - 7:00 \u2022 9:30 Sem.: 7:00 - 9:30 I ' vinaKM omoiHAUi AMctAiat PLACE ALEXIS NIHON, ASTRE.POINTE-CLAIRE UOre JASTWDOD OHArai0BELABC centre-ville EXPOSITIONS de la page C 7 GALERIE DANIEL (2159.Mackjy) - Peinture5 de Carlos Callardo.Ju5au au G octobre GALERIE DARE-DARE (4060.Sainl-Laurcnt.Suite 211) \u2022 Sculptures, Dhotos.installation de Monique Veillette.Du mere, au dim., de 12 h a 17 h.Jusqu au la octobre.GALERIE DAZIBAO («060 Saint-Laurent.Suite 100) \u2022 Photographies dAraiTi Dervent.Jusqu au ld octobre.GALERIE DART DE BOUGAINVILLE (-3511.Saint-Denis) - Artistes de ia galerie.Mere, de 11 h30a17h;ieu,.ven.de11 h 30 a VJhSO; sam., dim., de 11 h 30 a 17 li.Jusquaii 13 octobre.GALERIE DE LA VILLE (12001.de Salaberry.Dollard-des-Ormeaux) \u2022 Reliefs moules de James Benson.Du lun.au ven., de 8 h a 17 h.JusQuau 12 octobre.GALERIE ESPACE GLOBAL (914.Mont-Royal e.) \u2022 Peintures d Olivier Andres.Du mere, au dim., de 13 h a 17 h.Jusqu'au 14 octobre.GALERIE JOCELYNE COBEIL 12154.Crescent) -Bijoux dartistes contemporains du Quebec et de (étranger.Du mar.an ven.de 11 h a 18 h; sam.de 11 h a 17 h.Jusqu'au 20 octobre.GALERIE GRAFF (963, Rachel e) \u2022 Oeuvres de Raymond Lavoie.Du mar.au ven., de 12 h a 18 h; sam.de 12 h a 17 h.Jusqu'au 4 octobre.GALERIE SAMUEL LALL0U2 (372.Sainte-Catherine 0,.Suite 528) \u2022 Oeuvres d Alighiero E Boetti.John Francis.Brice Marden.John McE-wen.Franz Erhard Walther et Irene F.Whitto* me.Jusqu'au 6 octobre.GALERIE D'ART LAVALIN (1100.boul.Rene-Levesque o) \u2022 Oeuvres de Randall Anderson.Sylvie Bouchard.Michel Daigneault Cathy de Mondiaux.Jean-Pierre Harvey et Craig Wood.Ou inar.au dim., de 12 h a 18 h.Jusqu au 21 octobre.GALERIE LEE VERRE D'ART (1513.Sherbrooke 0.) \u2022 Oeuvres de Hans Ceorg Rauch Jusqu au 6 octobre.GALERIE L'EMPREINTE (272.Saint-Paul C.) \u2022 Acryliques sur toile de Jean-Luc Arsencau et émaux sur cuivre d'Anita Trottier.Du dim.au jeu., de 11 h a 18 h; du jeu.au dim., de 10 h a 22 h.Jusqu'au 15 octobre.GALERIE L'IMPREVU (251 ouest, rue Launcrl-Auj.de 12 h a 17 h.exposition «Réussir son évasion» de Lynda Schneider-Cranatstein.GALERIE L'INFORMELLE 1307.Sainte-Cathert-ne 0.) \u2022 Oeuvres sur papier de Renée Lavaillan-te.Jusqu'au 20 octobre.GALERIE MICHEL-ANGE (430.Bonsecours) \u2022 Oeuvres de Cagnon.Bellefleur.Ayotte.Richard, fortin, Riopelle.Hébert et Duguay.GALERIE OPTICA (3981.Saint-Laurent.Suite 501) \u2022 Exposition «interdi».Jusqu'au 7 octobre.GALERIE OPUS 2 (Edifice Cooper.3981.Saint-Laurent.Bureau 210) \u2022 Oeuvres de Suzanne Hill.Evelyn Dufour.David Silverberg et Yang Zheng-Xin.Du mere, au dim., de 12 h a 17 h; jeu., de 12 h a 21 h.GALERIE FREDERIC PALARDY (307, Sainte-Ca- marilyn chambersr.'^ ' ^ - RECCVEZ UMt CASSETTE SELECTION SVT VXDE:05-9:05 Toti* tfi ftoira 7:00-9:3.dm l:l>0-3:45 7:00-9:35 Tuut Ii3 colta 6:10-9:15 (Ilffi li:OJ-3:C5 b.tD-9:i:« Tcui Ira xUa (.:I5-3:I5 dm M5 6:15-9.15 Toos IcJ u,Ui 6:10-9:10 din 12:10-3:10 6:10-9:10 NARROW MARG version o.anglaisc C0t.UUE9IATn:-STAn FILMS OF CAKAQA\" LAVAL GREEfWELO PARK -dolby UrCRtOL aussi au PINE (Ste-Adélc) 6.;/VERSAlLLES (B 12.45 2:55-5:00 7:20-9:35 ToJl 1rs solra 7:00-9:15 dim 13: 1ft uira 7:10-9:15 din 3:00-5:00 7:10-4:15 ¦ ryiuait.-.»«ro^ L'ln 1:30-4:05 n.l.lV!-^.t:43-9;IO r.3t 6:40-i:IO tun 9:30 ri'ic 9:40 û\\i:\\ine rrp.Jou Tojs Ira solra 7:03-t:3O dim 1:15-4:00 7:U0-J.J0 TuJs Ir3 c.'Irs t:4o-j :o iltni I:Ot) .»:30 6.4u-'i:20 2:£C-4:.i0 7:u0-'>:j0 Tcij: Irn :clra dtf.i l:W-4;C0 6:3J-ï:00 aussi aux REX (St-Jorôme).IMPERIAL (Johcttc).IMPERIAL (Tfois-Rivinres) el LE PARIS (Sl-Hyacinlhe) nn doCbv sTtnco^.^.'TvaKSAILUS ® SDEATH\" WARRANT version française bOLBY STtIHOJ_ ^PUTEAU 7:30-9:31) Ttus Irj (.oltsi 7:lj--j:1i 5:i;^;a pas de virtuose, il y a un groupe cohérent qui s'éclate.Lé Cri se démarque des nouveaux arrivages français, notam-mèot pour son orthodoxie rockeuse; au lieu de présenter un amalgame «Europe 92» de la culture pop-rock ( Mano Negra.les Rita Mitsouko, Bashung, Noir Désir, Les Négresses Vertes, etc.), ce band lente plutôt de transgresser un idiome rock parfaitement identifiable.Voilà pourquoi il a des chances de produire des échos sur notre territoire.Dans une bonne salle, Le Cri impressionne- Le groupe rock français le Cri de la mouche ra.Les *^,;¦^;.¦.¦¦v.-.Vm'mi'firwntàtéMkià Louisette Dussault, Catherine Bégin et Louise Bombardier dans «Le voyage magnifique d'Emily Carr-.rôle-titre.Elle «est» Emily Carr, complètement.Même la ressemblance physique est troublante.On sent autour d'elle se combattre les chiens et les loups, on entend gémir à l'intérieur de son corps ravagé l'esprit libre de l'artiste bafouée.À la fois terrifiante et attachante, Louisette Dussault tient là le plus beau et le plus grand rôle qu'elle ait joué au théâtre.Ses meilleures scènes, elle les partage avec Catherine Bégin en Lizzie, sa soeur ainée.Elles sont comme l'air et le feu qui s'opposent et s'attisent.Leur relation est d'un puissant ressort dramatique.Lizzie est d'un autre voyage, celui du conformisme de la société victorienne qui tolère mal les marginaux.Il est souvent question de souffrance entreselles, la douleur inscrite dans les corps et celle des tourments de Tâme.Catherine Begin aU;,'ini des hauteurs dans ce personnage qui se dcconstruit a mesure que la mort approche, et que le vrai se dépouille du faux.Sophie, l'amie fidèle d'Emily, porte tout le côté occulte des croyances anciennes de son peuple qui alimentent la nature cha-manique de la peintre.Louise Bombardier incarne le rôle en conservant toutefois une certaine raideur qui diminue par moments la portée de son personnage.De son côté, Michel Laperriè-re est beaucoup plus convaincaiu (.lans le rôle de Lawren Harris que dans celui de l'Accordeur d'âmes.Harris est un des membres du (jroupe des Sept.11 sera le premie/ à reconnaître la valeur du travail d'Emily Carr, 11 symbolise l'espoir que l'on n'attend plus, et qui fera qu'Emily se remettra à peindre jour et nuit après leur rencontre.Mais avec l'Accordeur li'àmes, le seul personnage fictif de la piece, on se bute a la diffi-l'ulte de f.Ven.: 19 h 15.22 h; »m.dim.: 13 h.16 h.19 h.22 M: du lun.au jeu.: 19 h SO.Carrefour du Nord 12).Sam., dim.: 15 h 50.21 h; tous les soirs: 21 h.Carrefour Laval (1).Sam, dim : 15 h 50,17 h.20 h; tous les soirs: 20 h.Cinéma Capitol (5, Drommondvilto).Tous les corr$:21 h 50.Cinema Égyptien «5».Tous H* fours: H h, 17 h, 20 h; Km.: 14 h.16 h.Cinôma iolrette (3).Dim : 15 h 50,16 h 15.19 h, 21 h 45; sam.et tous les soirs: 19 h.21 h 45.Ciné-Parc Sain4 «ustact* 111.ven.sam.dim-dès 19 h.Dauphin (1).Sam., dim.: 15 h 50,16 h 50.20 h; tous les soirs: 20 h.Longueuil .Sam., dim.: 14 h.17 h, 20 h; tous les soirs: 20 h.Paradis (3).Sam., dim : 15 h, 16 h.19 h.21 h 50; tous les soirs: 19 h.21 h 45.AFTER DARK MV SWÊfT Du Parc (2).Tous les soirs: 18 h 45, 21 h 20; iam., dim.: 15 h, 15 h 50.18 h 45.21 h 20.lœws (4): 15 h 45.16 h 20.19 h, 21 n 50.Dernier spectacle sam.: 25 h 45.AMITY VILLE (5).LA MALtOtCTtOM Cineplex Centre-Ville
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