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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1990-08-11, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE, MONTREAL, SAMED111 AOUT 1990 CELTEX inc 799$ HT 5000 PORTATIF AVEC ACTIVATION 953-0292 CCZ3 Bureau 967-9770 m Le Québec ne sera pas «redéfini» sans les Indiens ii BRUNO BISSON L es Amérindiens ne revendiquent plus seulement des terres.Ils veulent désormais contrôler leurs moyens de développement et »e soustraire à la tutelle des gou-.ernements.Recueillir leur part Je la richesse collective.Devenir Jes nations dans une nation.En dressant leurs barricades, le 11 juillet, les Mohawks de Kane-uitake et Kahnawake cherchaient J'abord à défendre un droit que Dersonne ne leur a reconnu.Il est .juand même curieux que ce soit \\u moment où le Québec se cher-Mie une place dans le Canada, que les Mohawks érigent des barricades pour défendre la leur.Que les Mohawks aient tort ou aison, il apparaît de plus en plus évident que la crise d'Oka forcera e Québec à définir son avenir par .in examen minutieux.de son oassé.Et que la future position ;onstitutionnelïe de la Belle Province ne pourra passer que par .ine révision en profondeur du statut politique et économique de moins de deux p.cent de sa population.Déjà, les Attikamekw et Mon-tagnais négocient leurs droits sur 550000 kilomètres carrés de terres, s'éiendant de la Côte-Nord à l'Abilibi, en passant par le Sague-nay, le Nouveau Québec et la Haute-Mauricie.Pour ieur part, les Algonquins Je l'ouest du Québec ont déjà présenté, en juin 1989, une revendi-:ation globale préliminaire cou- déplore qu'une partie de la population croit encore que les Amérindiens veulent chasser les descendants d'Européens de leur territoire.«Après la signature d'une entente-cadre avec le CAM, en 1988, des citoyens de Saint-Mi-chel-des-Saints, du Saguenay, de Sept-lles, nous demandaient si nous allions les exproprier, affirme M.Rochon.Il n'est pas question que des villes entières deviennent des parties de réserve indienne.Dans un territoire aussi vaste, je ne peux pas croire qu'on ne puisse pas négocier une place pour tout le monde.» La recherche de l'autonomie En 1975, la signature de la Convention de la Baie-lames et du Nord québécois a profondément modifié le sens et la portée des «revendications territoriales» amérindiennes.Les revendications indiennes ne se limitent désormais plus au contentieux sur la propriété des terres.JElles soulèvent maintenant la question de la reconnaissance des Amérindiens comme peuple à part entière.L'entente négociée par les Cris et Inuit, complétée par la Convention du nord-est québécois signée en 1978 par les Naskapis, a permis à ces Premières Nations d'acquérir plus d'autonomie face aux gouvernements du Québec et du Canada.Ces deux ententes ont réglé, pour le moment, la question de la propriété des deux tiers de la province, soit plus d'un million de kilomètres carrés.Les Cris, les Naskapis et les Inuit ont vu décupler le territoire de leurs réserves.De plus, les Cris ont hérité de :ic.Un territoire de plus de En échange, ils ont dû aban-200000 kilomètres carrés.donner leurs titres aborigènes sur Selon le directeur des services, ola balance du territoire, soit juridiques du Secrétariat-.des Af- 830OO0 kilomètres carrés.i£!?rJM$S AhSSSf Pour 'es 3500 Attikamekw et lean Rochon.: les, Abenakis, out |es 10600 Moritagnais du Québec, aussi présenter une revendication globale d'ici quelques années.Enfin, les problèmes territoriaux des Mohawks, à l'origine du conflit d'Oka et de Kahnawake, pourraient amener le gouvernement fédéral à ouvrir de nouvelles négociations, une fois la crise terminée.Chacune des revendications territoriales des Mohawks ont été rejetées par le gouvernement fédéral, en 1975 et 1986.Combiné aux territoires consentis aux Cris, Naskapis et Inuit par la Convention de la Baie James et du nord québécois, dans les années 70, l'ensemble de ces revendications, si elles étaient acceptées comme telles, ne laisserait à la population du Québec qu'une mince bande de territoire s'étendant des deux côtés du Saint-Laurent, de la rivière Saint-Maurice aux Escoumins.Depuis le début de la crise d'Oka, on a souvent mentionné que les Autochtones revendiquent la propriété de 85 p.cent du territoire de la province.Cas exemplaire La question est loin d'être aussi simple et les positions des Nations autochtones sont suffisamment nuancées pour qu'il soit permis de croire que le Québec, comme on le connaît, n'en sera pas réduit à une portion congrue de son territoire.En ce sens, le cas des Attika-mekw-Montagnais est exemplaire.Comme le précise le négociateur adjoint du Conseil Attika-mck-Montagnais (CAM), M.René Boudreau, leurs revendications, portant sur 550000 kilomètres carrés, ne signifie pas que ces nations amérindiennes réclament la propriété du tiers de tout le Québec.« Il n'y a pas un Blanc et encore moins un Indien qui pense que nous obtiendrons un territoire pareil», dit-il.Pour le CAM, les terres revendiquées constituent un territoire que les Attikamekw et les Monta-gnais ont occupé depuis des temps immémoriaux et qu'ils occupent toujours.Une prétention que le gouvernement fédéral reconnaît.Pour sa part, M.Rochon dans la région du Lac Saint-Jean et sur la Côte-Nord, l'abandon de ces titres est tout à fait exclu, selon le négociateur René Boudreau.¦ Ce dernier résume assez clairement l'importance prise, dans la présente négociation, par le concept d'autonomie gouvernementale, qui se révèle désormais comme l'enjeu crucial des négociations: «Nous recherchons une sorte de souveraineté-association avec le Québec et le Canada, notre propre statut de société distincte.» «Nous vivons comme si nous étions les enfants de «Sa majesté le souverain du chef du Canada», dit-il, sous une Loi de tutelle générale.Rien ne nous appartient, pas même nos maisons.» «Ce que les Indiens recherchent, ce sont des droits précis.Des droits fonciers mais aussi une juridiction sur l'exploitation des ressources, une plus grande autonomie gouvernementale et des avantages pour le développement économique et social.» Malgré la reconnaissance de droits qui restent à définir, la conclusion d'une entente n'est pas chose facile.Le gouvernement du Québec, responsable de la mise en valeur du territoire, doit tenir compte des concessions importantes déjà consenties à des compagnies forestières ou minières.et de ses propres projets hydro-électriques.Selon M.Boudreau, les négociations, qui devaient déboucher sur une entente de principe au 30 avril 1990 et sur la signature d'une entente finale, un an plus tard, sont suspendues depuis le printemps.Le CAM s'est retiré de la table de négociations après que le gouvernement du Québec lui eut offert 1200 kilomètres carrés de terres privées et des droits de pourvoirie sur une superficie semblable.«Nous leur avons dit de nous faire savoir quand ils auraient une offre sérieuse à nous proposer», affirme M.Boudreau.Autres textes en pages B 3, B 6 et B 8 FESTIVAL DE MONTGOLFIERES 00 HAUT-RICHELIEU 4 lyujivik C Salluit y _ Kangiqsujuaq Akulivik Povungnituk Kanjirsuk iuak ik\" ^Kangiqsualujjuaq .vt i Umiujaq Làc-Jphn Kuujjuarapik l 10 \\ UfctlmeRpR Kawawachikamactr -^-J SCHEFFERVILLE\"*\"^ NOUVEAU-QUEBEC h~AiiB\u2014ï- LaGranctoBWlete ^ V \\ ES, Chisasibi ., -v_____ /i\\wemindii ^ Eastmain Winneway '7i\\^-~-rMistassini Nemiscau./1\\ WasiSgartsh \u2022\"\u2022*^p« I Waswanipi \u2022 ^ ^ \\ A\\ 4 Pikogan A Obedjiwan \\ .\u2014 : :.\\ Maliotenam V \\ BetsiamUeè % i.Nalàshquan ishi lingai êfM £k Les Esçouminsy Lac Simon iguehay ni g Gaspe ^^/vMarii 9 mevvi 8 ac Rapide [emise|fliitjgue / 2 \\ A \u2022ak#tt^sMî: '¦- '¦\u2022\t\t\t\t Village Hurons (Wendake) Total\t\tQuébec (Loretteville)\t70 70\t864 864\t2295 2295 Population inscrite.,.,.,,.,.,.,,,.,,,,,,,,.,.,.,,,,,,,.,,, 2 295\t\t\t\t\t ^iMAliéCII\t\t\t\t\t Cacouna Whitwortti Hors réserve Total\t\tRiv.-du-Loup Riv.-du-Loup\t0,17 169 169,17\t\t0 0 229 229 Total du territoire des réserves.169,17 hectares ou 1,7 Totol de la population résidente.0 Total de la population inscrite.229 (habitent surtout la région de Montréal) km2 AKulIvIk Aupaluk Inukluak Ivuiivik Kangiqsualuliuaq Kanglqsuluaq Kangirsuk Klggaluk Killlnîq Kuulluaq Povungnltuk Quaqtaq Sallutt Tasiuiaq Umiulaq et Kuuliuaraplk Total \tkm2\t\t Baie d'Hudson\t558\t\t310 Baie d'Ungava\t630\t\t114 Baie d'Hudson\t561\t\t670 Baie d'Hudson\t525\t\t220 Baie d'Ungava\t630\t\t360 Détroit d'Hudson\t607\t\t330 Baie d'Ungava\t630\t\t293 Baie James\t45\t\t60 Baie d'Ungava\t291\t\t100 Baie d'Ungava\t631\t\t916 Baie d'Hudson\t627\t\t.836 Baie d'Ungava\t582\t\t175 Détroit d'Hudson\t626\t\u2022\t650 Baie d'Ungava\t634\t\u2022 \u2022\t115 Baie d'Hudson\t586\t\t661 \t8163\t\t5810 Total du territoire des villages et des territoire exclusifs de chasse Total de la population Inscrite .8 163 km2 5 810 (chiffres de 1986) NOTE: Les chiffres divergent quelque peu sur les populations Cris, Naskapls et Inutt touchées par la Conventln de la Baie James et du Nord Québécois ainsi que par la Convention du Nord-est Québécois.Les chiffres ci-haut, dans le cas des Cris et Naskapls, proviennent du registre du MAINC, au 31 décembre 1989.Les chiffres de population Innu sont tirés d'un ouvrage produit par le ministère de l'Énewrgle et des Ressources du Québec en 1986.Le rapport annuel 1989 produit par le MAINC surla mise en oeuvre des Conventions de la Baie James et du Nord-Est québécois, fait état de 10527 Cris, 509 Naskapls et 6347 Inutt.1.Ministère de l'Énergie et des Ressources du Quebec, Localisation des bondes oborloènes du Québec, 1986,154 pooes.î.Ministère des Affaires Indiennes et du Nord canodlen.Population du reo litre des Indiens ou 31 décembre im.Mus B 3 Au moment où, partout au Canada, divers projets de développement se heurtent aux revendications des autochtones, certains estiment, au Québec, que le gouver- nement a contracté une énorme dette envers les In diens.À qui appartient le Québec ?YVES BOISVERT a crise mo-hawk a fait surgir une drôle de question, inattendue et quelque peu dérangeante: à qui appartient le Québec?Ce qui semblait une évidence juridique il y a peu devient une véritable énigme et personne ne s'entend en ce moment sur retendue des droits autochtones sur le territoire du Québec.Au moment où.partout au Canada, divers projets de développement se heurtent aux droits des autochtones, certains estiment, au Québec, que le gouvernement a contracté une énorme dette envers les Indiens qui devra être remboursée d'une façon ou d'une autre.Non pas dans le Nord, mais dans le Sud, où l'industrialsation a rayé le mode de vie traditionnel des autochtones depuis belle lurette.Le territoire du Québec a considérablement varié au fil des siècles et des constitutions et que ce n'est que depuis 1912 qu'il s'aventure jusqu'à Ivujivîk, à la pointe nord du Québec.Le territoire occupé par la colonisation française se résumait à la vallée du Saint-Laurent et c'était là le Canada de 1763, au lendemain de la Conquête et de la Proclamation royale.Les constitutions de 1774 et 1791, comme celle de l'Acte d'Union modifieront un peu les limites de ce territoire, tantôt tirant telle ligne, tantôt poussant telle limite.Quoi qu'il en soit, au moment de la Confédération, on se retrouve, un beau jour de juillet 1867, le premier pour être exact, avec la province de Québec, une chose qui, du point de vue de sa superficie, ressemble drôlement au Canada de 1763.Simplement, on a élargi, étiré un peu vers Test, inclus l'île d'Anticosti.Mais en gros, c'est encore la vallée du Saint-Laurent, en plus large.Et le Nord?Eh bien, le Nord, à l'époque, est l'affaire des Indiens et de la Compagnie de la Baie d'Hudson.C'est un territoire qui n'intéresse pas vraiment l'homme blanc, et l'on se considérait bien nordique, parait-il, rendu à Sainte-Agathe.Loi de 1912 Il faudra attendre que la Compagnie de la Baie d'Hudson rétrocède à la Couronne britannique ses droits sur l'immense territoire du nord du Québec (la Terre de Rupert ), pour que le territoire de la province profite un peu.Cela se fera en deux étapes.Fin 1898, d'abord, par une loi adoptée par les parlements de Québec et d'Ottawa (l'Angleterre avait cédé le territoire à son Dominion), tout le nord-ouest québécois ( l'Abitibi-Témiscamingue, jusqu'à la pointe de la Baie lames) est ajouté au Québec.Puis, en 19I2, la Loi concernai!t l'agrandissement du territoire de la province de Québec par l'annexion de l'Ungava achève d'étendre le Québec.Au passage, la loi de 1912 stipule que « la province de Québec reconnaîtra les droits des habitants sauvages dans le territoire ci-dessus décrit de la même manière que le gouvernement du Canada a ci-devant reconnu ces droits et obtenu leur remise.» ( Le Conseil privé rognera le Labrador en 1927, fixant les frontières actuelles, mais c'est une autre histoire.) Quelques braves iront par la suite «jeter des villages» au nord, en Abitibi et ailleurs, mais il faudra attendre que l'État québécois s'attaque à la Baie lames avec ses gros sabots hydro-électrrques pour que ressurgisse la question des droits des autochtones sur les territoires du Nord.Soudain, on réalise que non seulement «d'autres» habitent ce territoire annexé sans douleur mais que, au surplus, ils y ont des droits! Jugement Malouf C'est en 1972 que le titanesque chantier de la Baie James est mis en branle.En même temps, des négociations sont entamées avec les 9300 Cris et Inuit qui habitent alors le territoire.Les choses ne se déroulent pas à leur goût et des démarches judiciaires sont entreprises pour bloquer le projet.Le 11 décembre 1972, une demande d'injonction interlocutoire est déposée par les autochtones en Cour supérieure.Onze mois et 167 témoins plus tard, le juge Albert Malouf dépose le plus volumineux jugement jamais rédigé pour régler une injonction interlocutoire: 360 pages tricotées serrées, qui concluent en faveur des Cris et des Inuit.Tous les travaux sont arrêtés à LG2.C'est une bombe.Après une étude minutieuse d'une montagne de documents historiques, le juge Malouf constate que jamais les Indiens n'avaient signé une quelconque cession de territoire au Québec, contrairement à la pratique canadienne (dans l'Ouest, entre autres, les Indiens ont cédé de grands morceaux de terre pour la colonisation).La garantie juridique donnée aux autochtones dans la loi de 1912 démontre que ces derniers ont conservé leurs droits.Le studieux magistrat conclut qu'«il est clair que la Couronne, avant la Confédération, et le gouvernement canadien, après la Confédération, a traité tous les Indiens à travers le Canada comme ayant un intérêt dans la terre, nécessitant un traité pour affecter sa cession.» Quelle que soit l'étendue réelle des droits des autochtones, Québec, écrit Albert Malouf, ne peut développer la Baie James sans entente préalable avec les Cris et les Inuit, qui ont clairement un droit sur le territoire, même si son étendue n'est pas précisée.Il suffira d'une semaine pour que la Cour d'appel casse l'ordonnance du juge Malouf.Les travaux reprennent, le gouvernement souffle et les négociations reprennent immédiatement ( John Ciaccia représentera le gouvernement); personne n'est intéressé à jouer plus avant à la roulette russe judiciaire! La Cour d'appel infirmera définitivement le jugement Malouf un an plus tard et la cause n'ira pas plus loin.En novembre 1975, la Convention de la baie James est signée.Elle reconnaît des droits exclusifs aux Cris et aux Inuit sur toutes les ressources comprises dans un territoire de 13700 km2, des droits exclusifs de chasse et pêche sur 152 000 km2 et des droits mixtes sur 830 000 km2 (l'entente concerne donc les deux tiers du territoire du Québec, qui fait 1,5 million de km2).Ils reçoivent en plus 225 millionsS.Depuis, aucun traité important n'a été conclu avec les autochtones.Droits ancestraux Le dossier des «droits territoriaux» reste donc ouvert et il a été réactivé plus que jamais ces dernières années.C'est-à-dire qu'à l'heure actuelle, la question juridique qui se pose est celle de savoir quelle est l'étendue de la propriété amérindienne sur le territoire québécois.Non seulement la question n'a pas été vidée à la suite du jugement Malouf, mais en plus un article de la Constitution vient ouvrir de nouvelles portes.Ce qu'il y a derrière?La Cour suprême commence à peine à y regarder.Ce nouvel article, l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, vient «figer» l'existence des droits ancestraux des peuples autochtones: «Les droits existants \u2014 ancestraux ou issus de traités\u2014 des peuples autochtones du Canada sont reconnus et confirmés».La seule décision du plus haut tribunal sur cette question, l'affaire Sparrow, rendue ce printemps, est prometteuse pour les autochtones tout en laissant dans le paysage juridique un important flou.La Cour suprême se garde bien de définir les «droits ancestraux», mais elle pose une balise: toute loi qui contrevient à un droit ancestral (c'est à l'Indien de prouver qu'il a un tel droit) doit être jusitifiée par des motifs d'intérêt public sérieux.À tout le moins, les droits ancestraux comprennent les droits de chasse et pêche ainsi que des droits sur d'autres ressources pour des fins de rites religieux.Jusqu'où?Mais pour Me lames O'Reilly, qui a négocié la Convention de la baie James et qui est l'avocat des Mohawks de Kanesatake, les droits ancestraux comprennent le droit à l'autodétermination et la souveraineté, rien de moins.«Les Indiens disent qu'ils n'ont jamais perdu leur souveraineté et les pouvoirs qui en découlent, dii Me O'Reilly.Je crois que la jurisprudence évolue très favorablement pour les Indiens.Jusqu'ici, on avait considéré les Amérindiens comme de simples citoyens.La Cour suprême commence à parler des Indiens davantage comme «nation» et je pense que l'on se dirige vers la reconnaissance d'un statut supérieur à celui de citoyen pour les Indiens».Pour certains, la décision dans Sparrow pourrait donner des droits miniers et forestiers aux Indiens.Me Paul Dionne, lui aussi avocat spécialisé en droit autochtone, estime cependant qu'il est plus vraisemblable que les droits ancestraux seront définis en tenant compte des usages réels des Indiens.Alain Bissonnette, avocat du Conseil Attikamek-Montagnais.distingue quant à lui les revendications territoriales et l'état du droit: «les juges l'ont répété souvent: cette question ne pourra pas être réglée devant les tribunaux».Par contre, les décisions des tribunaux serviront d'arme de négociation aux autochtones, cela est assuré.\u2022 \u2022 # \u2022 Pour le constitutionnaliste Stephen Scott, de l'Université McGill, il ne faut pas se laisser prendre par la rhétorique revendicatrice parce que «les revendications vont au-delà de la réalité» mais il ne fait pas de doute par ailleurs que l'apparition des droits ancestraux dans la Constitution sera une base solide pour négocier.Mais le nouveau contexte juridique risque de rendre les négociations qui s'annoncent sur la question territoriale assez difficiles pour Québec, croit Mé Dionne: «Les dommages qu'ont subis les Cris ne sont rien comparés à ceux subis par les Indiens gui vivent dans le Sud du Québec, dans les zones urbanisées! Si le gouvernement a dédommagé les Cris, on peut penser qu'il devra dédommager les autres Indiens pour les dommages du passé.Et ça; ça risque de coûter très cher ! » En bref, on s'entend généralement chez les juristes pour.dire que les droits des autochtones, tels que reconnus actuellement par les tribunaux, ne sont pas d'une nature «territoriale», complète, qui permet de faire des lois sur un territoire.11 s'agh plutôt d'une parcelle de propriété de type privé sur les ressources naturelles qui est certainement, suffisante pour bloquer des projets de développement qui affecteraient irrémédiablement leur mo0e de vie.Reste à voir jusqu'où les tribunaux voudront bien aller pour définir cette propriété du territoire.Ce qui est limpide, en tout cas, est que les juges aimeraient mieux laisser cette tâche aux politiciens. LA PRESSE, MONTRÉAL, .Aft ¦¦ __-41 \u2014 La famille de l'avenir ne fera des enfants que si la société le veut JULES BËLIVEAU n ne saurait vraiment affirmer aujourd'hui que, en Tan 2010, une cinquième naissance dans une famille sera exceptionnelle au point de passer en «une» de La Presse! Plusieurs observateurs de la chose familiale s'accordent toutefois sur un point : les familles québécoises de demain n'auront des enfants que si la société le veut vraiment.«À défaut de réorganisation majeure dans le domaine du travail autant que dans les services aux familles, je crois que nous continuerons à voir de très petites familles \u2014sinon plus de familles du tout\u2014 dans certains milieux!», insiste le secrétaire général de la Fédération des unions de familles, M.Jacques Lizée.Selon le président du Conseil de la famille, M.Bernard Fortin, le désir d'avoir des enfants existe bel et bien chez les jeunes au Québec, mais il se bute à l'indifférence presque générale de la société.«Les familles de demain, dit-il, dépendent de l'appui que la société donnera aux parents.Et aujourd'hui, cet encouragement est pour le moins discret.» La présidente du Conseil permanent de la jeunesse, Mme Brigitte Lepage,.dit vouloir crier à la canto nnade: «Il faut chasser l'individualisme de notre société si nous voulons des familles!» Et c'est improbable, ajoute-t-elle.Optimiste quand même Malgré le peu de souci manifesté par la société québécoise pour ses jeunes en âge de procréer et pour la famille \u2014autrement qu'en appréhendant l'insuffisance de futurs contribuables pour payer les pensions de vieillesse! \u2014 M.Lizée demeure optimiste sur l'ampleur des familles du début du 21e siècle: «Car nous n'aurons pas le choix», explique-t-il.M.Lizée ne néglige pas la tendance initiale à une certaine inertie, en divers milieux, devant les besoins pécuniaires des familles ainsi que l'iniquité salariale dont pâtissent les femmes et les jeunes, le déséquilibre des tâches dans le couple, et la pénurie d'emplois.Mais il s'accroche à certains signes qui, dit-il, permettent d'espérer que, dans une dizaine d'années, gouvernements, entreprises et citoyens auront une autre vision de la famille.La seconde tendance que discerne M.Lizée lui fait dire que oui, les familles québécoises de demain auront plus d'enfants qu'aujourd'hui.S'il n'ose prédire le taux de fécondité des Québécoises de l'an 2000, M.Lizée retient que le gouver- nement du Québec accorde depuis peu des primes aux nouveaux parents et que diverses municipalités, ainsi qu'une ou deux caisses populaires, ont décidé d'en faire autant.11 retient aussi que certaines entreprises démontrent un souci croissant pour le statut de parents de leurs employées.Et il entrevoit le jour où, la population du Québec ayant vieilli, les jeunes auront davantage d'emplois à briguer.«Les courbes d'âge indiquent que, probablement vers l'an 2010, il faudra toute la population pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre», précise-t-il.M.Lizée prévoit par ailleurs que, le travail de la femme en dehors du foyer s'étant généralisé et les tâches domestiques dans les couples étant mieux réparties et acceptées, les congés parentaux \u2014autant pour les hommes que pour les femmes\u2014 s'ajouteront aux congés de maternité.Le désir d'enfants Le président du Conseil de la famille partage l'optimisme de M.Lizée pour le début du 21e siècle, et il évoque aussi la nécessité de changements dans la société, notamment aux chapitres des transports, des loisirs, de l'emploi chez les jeunes et d'une véritable reconnaissance des parents.Il souligne que le «désir d'enfants» existe réellement chez les jeunes d'aujourd'hui.«Les jeunes veulent des enfants! Ce n'est pas un calcul, mais un cri du coeur!», dit M.Fortin.Selon des statistiques récentes, les jeunes d'aujourd'hui veulent avoir, en moyenne, 2,6 enfants, ce qui est sensiblement plus élevé que le taux de fécondité de 1,5 enfant par femme enregistré au Québec au cours des derniers mois.Les enfants, que M.Fortin appelle «notre produit national brut», ne viendront cependant pas tout seuls, souligne énergiquement la jeune présidente du Conseil permanent de la jeunesse.Et elle énonce au passage, comme autant de défis à la société adulte actuelle, divers obstacles au désir des jeunes d'aujourd'hui d'avoir des enfants: «Les jeunes familles s'appauvrissent de plus en plus; elles ont même déclassé les personnes âgées.Les femmes sont de moins en moins disposées à sacrifier leur carrière à la maternité.J'aimerais connaître la proportion des couples qui peuvent aujourd'hui s'acheter une maison sans l'apport de deux salaires! Malgré tous ces inconvénients, Mme Lepage ne s'attend pas à une baisse significative du nombre des enfants dans les familles de demain.« Mais, a-joute-t-elle, il est clair qu'on ne remontera pas au taux de 2,1.» JULES BÉLIVEAU e parc Lafontaine, ce 20 mai 2010.Sous les pommetiers en fleurs et les branches chargées de bourgeons des frênes et des tilleuls d'Amérique \u2014 voici longtemps que les ormes et les érables argentés ont disparu \u2014 une ribambelle d'enfants s'amusent ferme.La petite Elsa-Chantal Tremblay-McClintock-Tsitsopoulos-Wong, que suit pas à pas sa poupée-robot, se jette en riant dans les bras de «ma-mie Nathalie».Assis un peu plus loin, Stéphane Tremblay-McClin-tock referme son journal et observe la scène avec attendrissement.Il lui plaît que sa fille ait «adopté» \u2022 comme grand-maman cette vieille dame du quartier.Elsa-Chantal, bien sûr, a d'autres grands-parents \u2014 elle en a même huit! \u2014 mais ils vivent tous trop loin .et c'est sans doute leur travail qui les empêche de passer plus souvent par ici.Stéphane revoit mentalement le chemin qu'il a parcouru au cours des dernières années.C'est après la naissance de son fils Roch-André que les choses se sont gâtées entre Isabelle et lui.Les formalités de dissolution de leur union légale se sont relativement bien effectuées: grâce à des assouplissements appor- ¦y y.^Tv^>^r*i s ;.; y-»: ¦¦ .V'.V->?\u2022;>«\u2022\u2022.:¦/\u2022 : :;fi^^Y V,;! .\u2022^;;;>v:y;v;:^>^^ ¦ \u2022 ¦ -.yS:-^: y Y\" ¦ .y: m m te m y - y - I .-.Si la tendance JULES BÉLIVEAU «Si la tendance se maintient.» Chère aux animateuis de télévision et de radios dans les soirées d'élection, l'expression revêt tout i son sens dans la description anticipée de la famille au Québec dans 10 ans ou 20 ans.*: \\ Les données ne manquent pas pour retracer-^ l'évolution de la famille, du mariage, de la séparation ou du divorce, de la natalité, de la^r monoparcntalitô et de tout ce que l'on voudra suif la vie affective et la fécondité des Québécois flpons depuis le début du présent siècle.! ainti aïs c >rupl Au-c >serv mille istal, »mpa ins le ciétc C'esi terre «0-2 ;y- .\u2022 ; PHOTO Presse Canadienne Bernard Fortin, président du Conseil de la famille: «Les Jeunes veulent des enfants I Ce n'est pas un calcul, mais un cri du coeur I» i i Yi f : > : : V 1 PHOTO RtCHARO CODIN.U Presse Brigitte Lepage, du Conseil permanent de la jeu-nesse: «Il faut chasser l'Individualisme de notre société si nous voulons des familles I » { ¦:\u2022 Hi K \u2022 \u2022 \u2022 » I ' - > #5 .¦ \u2014 AMED111 AOÛT 1990 B5 Plus Il y aura, en 2010, 41 ans QU'ON A MARCHÉ SUR LA LUNE.Nos enfants liront quoi dans 20 ans ?\u2022 PHOTO ROBERT MAllLOUX.u Presse es voici longtemps à la loi 146, son «ex» et lui ont :ux-mêmes décidé du partage de leurs biens, chacun \u2022c disant satisfait du règlement.Pour Roch-André, ^'est en principe la garde partagée, mais l'enfant, qui i son mot à dire à ce chapitre, choisit le plus souvent le vivre avec sa mère.Aujourd'hui, Stéphane vit avec Lee et c'est d'un bommun accord qu ils ont décidé de ne pas se marier.Mais pour eux, c'est le grand amour.La première fille le Lee, Song, a accueilli avec plaisir sa nouvelle >etite soeur, Elsa-Chantal.Après avoir vécu quelque temps en banlieue, Lee et (Stéphane se sont installés à Montréal, près du parc ^afontaine, un quartier redevenu des plus intéressants depuis que les autorités municipales y encoura- gent l'établissement de jeunes familles et de personnes âgées autonomes.Comme Lee est partie en voyage d'affaires et que Song vit pendant ce temps chez son premier père, Stéphane a obtenu sans difficulté de son employeur un congé parental de trois semaines pour mieux s'occuper de la petite Elsa-Chantal.U ne souriait guère à l'enfant, pendant l'absence de sa mère, d'aller jour après jour à la garderie sans sa grande soeur.Dans ses réflexions, Stéphane se demande s'il aurait pu vivre en 1990 comme il le fait aujourd'hui.Les choses ont-elles tant changé en 20 ans?s'interroge-t-il.Puis son regard s'arrête avec étonnement sur ce titre en première page de La Presse: «Une Montréalaise donne naissance à un 5e enfant!».Une famille très différente.^ ~~~ : «vjisflK Saws*1* > v \u2022 1 * .* >; s v .\" \u2022¦.m \"4 *^v»>« \u2022 4 Ju marquée par l'éclatement du modèle couple JULES BÉLIVEAU e maintient.ais ces données s'arrêtent invariablement, et >ruptement, au 31 décembre 1989! Au-delà, les démographes et autres >servateurs consciencieux du dossier de la mille, qui refusent de consulter une boule de istal, se rabattent à l'unanimité sur la imparaison des données compilées jusqu'ici ins le grand tableau de l'évolution de notre ciété.C'est pourquoi chacun d'eux, lorsqu'on les terroge sur la famille québécoise des années )00-2010, fait le plus souvent précéder sa ponse des mots: «Si la tendance se aintient.».PHOTO MICHEL GRAVEL, 12 PrtSSê -¦a famille de la première \"¦¦décennie du 21e siècle sera certainement très différente de celle des années 1960 et du de-but des années 1970!» Des tendances observées depuis plusieurs années dans la famille au Québec, la directrice du Département de démographie de l'Université de Montréal et du Groupe de recherche sur la démographie québécoise, Mme Evelyne Lapierre-Adamcyk, tire deux grandes conclusions: 1 ) Il est peu probable que, au début du prochain siècle, la société québécoise retourne à la famille «plutôt nombreuse» qu'elle a connue tout au long du 20e siècle et jusque dans les années 1970.2) Bien qu'elle ne disparaîtra sans doute pas, la famille dirigée par deux parents mariés et passant toute leur vie ensemble ne sera plus, selon toute vraisemblance, le modèle dominant.À ce dernier sujet, Mme Lapierre-Adamcyk rappelle que, dans un passé encore récent, la «famille-institution» était pratiquement le seul modèle des ménages.À cette époque, le mariage constituait la carrière des femmes.II avait aussi son poids dans la vie des hommes, équivalant parfois au Québec ainsi qu'aux États-Unis, où la chose a été scientifiquement mesurée, à un gage de maturité et de stabilité auprès des employeurs.On sait que la réalité est bien différente aujourd'hui: les femmes sont entrées massivement dans le monde du travail et l'on prévoit qu'elles occuperont 75 p.cent des emplois nouveaux au cours des 15 prochaines années.Rares sont par ailleurs les employeurs qui se préoccupent du statut civil ou matrimonial d'un employé dans l'attribution d'une promotion.«La diversité des comportements en matière de mariage ou de cohabitation sans mariage, souligne à ce propos Mme Lapierre-Adamcyk, est aujourd'hui non seulement tolérée, mais même acceptable aux yeux d'une grande majorité de Canadiens.» Et selon la démographe, rien n'indique que la réprobation sociale qui frappait autrefois le concubinage réapparaîtra au Québec.Si l'on sait qu'environ 30 p.cent des enfants naissent aujourd'hui en dehors du mariage et que les cohabitants forment des couples relativement moins stables que les unions légales, on i-gnorc encore combien d'enfants nés à notre époque, ou devant naître dans 10 ans «hors les liens du mariage», passeront leur enfance entière avec leurs deux parents biologiques.En ce qui concerne la famille, les années 2000-\u20142010 comportent encore beaucoup de mystères.Mme Lapierre-Adamcyk se demande notamment si les enfants ayant grandi dans la précarité du concubinage ne voudront pas se donner dans leur vie d'adulte un cadre plus rigide afin d'épargner à leur propre progéniture le sentiment d'insécurité dont ils auront sans doute eux-mêmes souffert.Famille monoparentale ou reconstituée Selon Mme Lapierre-Adamcyk, il est peu probable que, à l'aube du 21e siècle, la famille monoparentale devienne un modèle familial beaucoup plus courant qu'il ne l'est aujourd'hui.Au contraire, on peut croire que, la stabilité des unions légales et autres perdant du terrain, le nombre des familles reconstituées continuera de s'accroître.«U serait étonnant, souligne la démographe, que la famille monoparentale s'affirme comme un choix de vie.S'il faut s'attendre à en voir certains préférer vivre seul( e ) avec leur( s ) enfant( s ), cela ne sera sûrement pas le cas de la majorité des gens.La relative stabilité de la proportion des familles monoparentales reflète leur caractère transitoire: la vie de couple va persister comme aspiration prépondérante chez les individus».Et c'est ici qu'apparaît un phénomène qui, déjà fréquent aujourd'hui, le deviendra vraisemblablement davantage dans la première décennie du prochain siècle: les familles reconstituées.Bien que le nombre des mariages dissous continue à s'accroître, M.Jacques Lizée estime que le ralentissement observé dans cette croissance présage d'une stabilisation du taux des séparations ot des divorces.Le secrétaire général de la Fédération des unions de familles croit que, au début du 21e siècle, la famille reconstituée restera un phénomène répandu: «Fût-ce pour la deuxième ou même la troisième fois, les situations familiales se reformeront après des déboires conjugaux», dit-il.Et encore?Que réservent encore les années 2000-2010 aux familles?Sans doute bien des choses qu'il faudra découvrir peu à peu, au fur et à mesure de leur apparition.Certains experts prévoient notamment que les grands-parents du troisième âge, encore en pleine possession de leurs moyens, continueront à travailler ou, dans le cas de bien des grands-mères, recommenceront à le faire.Ce n'est donc pas à eux que les jeunes parents pourront confier la garde des bambins.Quant aux grands-parents du quatrième âge, ils seront probablement trop âgés, et trop peu autonomes, pour s'acquitter de telles tâches.Il se peut, par ailleurs, que la société aura trouvé des formules pour retirer les vieux de ghettos où nombre d'entre eux végètent aujourd'hui, entre autres par leur maintien à domicile et leur intégration dans des quartiers où ils établiront des liens d'amitié et de solidarité avec des familles n'ayant aucun lien de parenté avec eux.Le «melting pot québécois» se réalisera-t-il au cours des années 2000\u20142010?La démographe Evelyne Lapierre-Adamcyk avoue qu'elle ne peut se prononcer scientifiquement sur cette question.Mais elle s'empresse d'ajouter que, si l'intégration des enfants de diverses origines ethniques dans les écoles québécoises se réalise avec succès, elle ne pourrait qu'aboutir à des relations amoureuses et ultérieu-; rement des mariages entre jeunes de vieille et de nouvelle souches québécoises.«Cela me semble aller dc.soi !».INFOGRAPHIE RENEE FIEURY.U Presse B 6 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 11 AOUT 1990 .rut- ¦ \u2022>rij*,i ,«\\.Opinions LA CRISE AMÉRINDIENNE Le courrier sur les événements d'Okn et de Chûtcauguay continue d'être abondant et.amer: la population, de toute évidence, est au bout de sa impatience.Voici quelques-unes des nombreuses lettres qui nous sont parvenues ces derniers jours.À noter qu'elles sont toutes antérieures cependant à la nomination du juge Allan D.Gold comme médiateur fédéral et à la décision de faire appel à l'armée canadienne.Des lecteurs exaspérés nous écrivent : « Et que fait-on de nos droits à nous?» algré le chèque qu'ils reçoivent du gouvernement chaque mois, maigre leurs exemptions de taxes et d'impôts, malgré le fait qu'il ne leur en coûte pas un sou pour se faire construire une maison sur leur territoire, pour obtenir médicaments, lunettes, etc., les Amérindiens en veulent plus.Et pourquoi pas?(.) L'intervention de la Commission des droits de la personne m'a laissée perplexe.On semble avoir mis de côté les droits des habitants du village.Peu de gens parlent des maisons que les Warriors ont violées derrière leurs barricades, des clôtures qu'ils y ont brûlées, des murs qu'ils ont peinturés, des 26 personnes du village qui ont reçu des menaces de mort, et pourtant, c'est ce qui se passe.l'ai été fouillée moi aussi par les agents de la SQ lorsque j'ai passé les barricades policières.Ils sont chargés de la sécurité des villageois et surtout de ma famille, et c'est pourquoi je suis fière de collaborer à leur travail.Bien sûr, ce n'est pas agréable, mais c'est une procédure nécessaire au contrôle de la circulation d'armements et de munitions.Quand on pense à la quantité d'armes que possèdent les Warriors, la crainte des citoyens d'Oka est tout à fait justifiée, surtout après avoir constaté les dommages qu'avait causés une seule arme à feu à l'École polytechnique.Les Amérindiens ont érigé des barricades dans un but de revendications.Us voulaient ainsi empêcher quiconque de pénétrer dans «leur» territoire, tout en conservant la liberté d'en sortir comme bon leur semble.Les barricades des policiers les ont pris à leur propre jeu.En effet, il n'était plus possible pour eux de venir s'approvisionner au village.Et il aurait fallu s'en apitoyer, même s'il existait plusieurs issues qui leur permettaient de s'infiltrer au village, même en présence de la Croix-Rouge.Ils veulent bloquer des routes sans en subir les conséquences, et c'est ce qui est révoltant! j'ai vécu 19 ans à Oka, ma mère y est née.Dans son cas comme dans le mien, il s'agit de notre terre natale.On n'a jamais eu de problèmes avec les Mohawks, au contraire.Oka était un village pratiquement ennuyant tellement il ne s'y passait rien.Par contre, on a toujours eu un peu peur de certains Indiens (je ne veux pas généraliser, une de mes meilleures amies de l'époque était indienne), même en l'absence d'armes à feu.C'est d'ailleurs pourquoi, par exemple, ils participaient aux tournois de balle-molle du village sur le terrain qu'on avait dû aménager après qu'ils nous eurent interdit d'aller sur le leur.\u2022 Personnellement, je suis contre le projet d'expansion du club de golf.En effet, il s'agit d'un site trop beau pour être détruit ou modifié.Après tous les conflits qu'il a engendrés, il aurait dû être déclaré site historique, comme l'avait suggéré un sage historien.Par ce compromis, ce terrain aurait été à personne et à tout le monde.Le Oka d'aujourd'hui en est un rempli de violence, de méfiance et d'exaspération, tout le .contraire de ce qu'il a toujours été.Je fais appel au bon sens des autochtones: vous avez des droits ancestraux, et nous aussi.L.MITSOU Côte-Saint-Luc n es Mohawks élèvent des barricades Ba pour s'y enfermer, armés jusqu'aux 'dents.On se demande bien pourquoi \" quand on considère les chiffres.En 1984-85, le budget du ministère \" des Affaires indiennes et du Nord était de 1,5 milliard de dollars et en 1990-91, if est de 2,4 milliards, une augmenta-' tion de 60 p.cent en 7 ans.Si on tient compte des différents mi-; rîistères, notamment Emploi-Immigration et le Secrétariat d'État, ce sont plus ' de 4 milliards de dollars qui seront consacrés aux autochtones cette année.\u2022 C'est dire que 400 000 individus, représentant environ 1,5 p.cent de la popu- \u2022 laiton canadienne, recevront environ 2,9 p.cent du budget canadien.C'était à Châteauguay.Une scène comme on en a vu souvent ces dernières semaines.Enfin, si les Amérindiens travaillent sur leurs réserves, ils ne paient pas d'impôt, et la taxe de vente n'est pas appliquée sur les produits vendus et achetés dans les réserves.Malgré tout cet argent, ils se permettent de revendiquer, et de discréditer le Canada sur la scène internationale.La solution au conflit est simple.Les Mohawks n'ont qu'à acheter la terre à Oka (ils font beaucoup d'argent avec leurs bingos et la vente de cigarettes).Le gouvernement fédéral assure le prêt sans intérêt (encore un cadeau de la social-démocratie).Enfin, les travailleurs ne subventionneront plus des gens qui attendent tout des gouvernements mais ne donnent rien en retour.(.) Les chiffres mentionnés dans cette lettre ont été fournis par Revenu-Canada, par le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, et par Statistiques Canada.LouisC A DOTTE Sainte-Thérèse de Gaspé epuis le début du conflit nous opposant aux Mohawks, j'ai la preuve qu'en tant que citoyenne canadienne à part entière, je n'ai aucun droit.l'ai tenté de faire valoir mes droits auprès de la Commission des droits de la personne, qui répond ne recevoir que les plaintes concernant les motifs de discrimination.Comme je ne suis pas en otage à cause de ma race, de ma couleur de mon sexe, de mon origine ethnique, etc., personne ne peut rien pour m'aider.|e constate aussi que dans notre beau pays, seules les minorités ont des droits.Plusieurs disent qu'on peut juger un peuple à la façon dont il traite ses minorités.Moi je dirais plutôt qu'on peut juger un peuple à la façon dont ses minorités font la loi chez lui.(.) Ce que je constate présentement, c'est que certaines personnes ont des droits et d'autres ont des obligations.Moi je suis dans la catégorie de celles qui ont des obligations: payer des taxes au municipal, au provincial et au fédéral.D'autres personnes, par contre, n'ont que des droits, comme recevoir des prestatieons et des allocations des deux paliers de gouvernement, des soins médicaux gratuits et même des terrains gratuitement.Il peuvent, eux, défier la loi, être armés, proférer des menaces ouvertement sans être importunés d'aucune façon, ne pas travailler ou encore travailler à des activités illicites et vivre au crochet de l'État.Essayez, vous, d'agir de la même façon (.).Ginette GIROUX Châteauguay anifester est un privilège de la démocratie.Mais le vendredi 3 août, en regardant les résultats du blocus du pont Champlain et de la route 132 aux nouvelles de la télé, j'ai eu honte dans ma fierté de Québécoise.Je me demande si la vue de certaines images n'aura pas comme répercussion de nous priver de cet instrument qu'est la manifestation comme message collectif.Ne voulant pas être identifiés à ce genre d'individus, nous serons portés à rester à la maison.P.LA VOIE Brossa rd es Blancs disent se sentir coupables, aujourd'hui, de ce que les Amérindiens ont subi au début de la colonie, alors que la loi du plus fort était de mise partout dans le monde.Mais jusqu'où doit-on faire remonter ces supposés «droits» ancestraux?Doit-on retourner à Pépi 1er, 2 500 ans avant notre ère, pour redresser tous les torts qui se sont produits depuis?Où à Baby-loneet Hammourabi en l'an 1750 av.J.-C?Aux dynasties assyriennes des Sar-gon vers 700 av.J.-C?A Salomon, à Troie ou au temps de Jésus?Que penser du temps d'Alexandre le Grand?Peut-être devrions-nous redresser seulement depuis le Moyen Age et Charmclagne.Ou depuis celui du partage de son empire.Peut-être, de la con-nasc, centre récréatif), la justice, la cul- quétc de l'Angleterre en 1066?Ou encore devrions-nous aller seulement à l'époque de Grégoire VII et la réforme du clergé?Mieux encore, à l'époque du saint roi Louis IX en 1226?Il y en a qui pourraient vouloir retourner à l'époque plus grandiose des Romains?II semble qu'au Canada, on voudrait retourner à l'époque des grandes découvertes maritimes de l'Espagne avec Christophe Colomb qui s'était, selon les lois de l'époque que personne ne renie, fait octroyer d'avance l'amirauté de l'Océan, la vice-royauté des terres à découvrir, etc.Devrait-on retourner à l'époque de toutes les guerres d'avant ou d'après la reine Victoria pour décider qu'un propriétaire de terre est le bon?La loi du plus fort était toujours en vigueur et personne de l'époque ne s'est culpabilisé pour les perdants.Même en notre décade la loi du plus fort en Grenade ou à Panama est celle qui prévaut! Rappelons-nous aussi les massacres des Iroquois au 16e siècle, le feu à l'église d'Oka et, en 1990, les actes illégaux des Warriors! Pourquoi au Québec reconnaîtrions-nous les habitants du 15e ou du 16e siècle comme propriétaires des terres puisque la loi du plus fort de l'époque a décidé des vrais propriétaires?Il faut donner aux Indiens le nécessaire pour vivre comme tout autre citoyen québécois, mais sans passe-droit et sans nous culpabiliser.Armand BÉLANGER Laval-des-Rapides elon La Presse du 31 juillet, 400 000 $ d'aide sociale seront remis aux résidents de Caughnawaga ( Ka-nawake en mohawk) pour le seul mois d'août.Si nous versons 400 000$ par mois à une réserve où des gens se vantent d'être millionnaires, je me demande ce que ça nous coûte dans les réserves où les gens en ont vraiment besoin ! Bien entendu, tous n'ont pas de kiosques de vente de cigarettes, mais je croyais que les activités illégales des guerriers avaient pour but d'aider leur peuple à devenir autonome.Je sais que d'armer des terroristes doit coûter très cher, mais le reste de l'argent n'est-il pas retourne â la communauté?Il est évident, d'après la manifestation ratée de dimanche dernier, que la plupart des autochtones n'appuient pas les méthodes des guerriers et ne les supportent pas.Les Indiens ont des revendications valables et qui doivent être négociées sérieusement : le taux de mortalité infantile chez eux est une honte pour nous tous.Mais je proteste quand les terroristes de Caughnawaga se servent de statistiques qui n'ont rien à voir avec la réalité de leur village.Cette réserve, que souvent les gens associent aux dimensions d'un ghetto, est quand même suffisamment grande pour qu'ils y aient aménagé cinq (5) grands terrains de golf, avec un sixième en construction.Ces terrains sont en grande partie fréquentés par des Blancs \u2014 des Blancs qui acceptent qu'on leur réponde au téléphone: « Speak english please ».Probablement les mêmes qui y achètent leurs cigarettes ou qui fréquentent le bingo.Merci d'avoir financé les armes qui sont braquées sur moi ! Si on me traite sauvagement, je vais vous traiter de sauvage, que vous soyez indien ou non.Deux fois en deux ans on m'a bloqué le pont Mercier, on a élevé des barrages qui m'interdisent l'accès rapide à Montréal ou à la Rive-Sud, on pointe des armes dans ma direction.Le chef de tribu |oe Norton, le poing brandi, hurle \u2014 en angais seulement \u2014 qu'ils défendront leurs terres jusqu'à la mort s'il le faut.Je ne savais pas leur territoire menacé, mais je sais par exemple que les Blancs ont été expropriés à Oka au profit des Indiens.Avec la complicité du gouvernement fédéral une trentaine de familles ont été jetées à la rue.Pourquoi, sous prétexte qu'ils étaient ici avant nous, doit-on leur donner ce que nous avons réussi à amasser de peines et de misères?Ces gens d'Oka à qui on a refusé un seul terrain de golf verront-ils un jour les guerriers en construire un sur ce qui avait été leurs terres?Parce qu'à bien y penser, un terrain de golf semble être un bon moyen d'investir l'argent des activités illégales.(.).Une fois le conflit terminé avec les terroristes, il faudra entreprendre de sérieux pourparlers avec les autochtones.Mais il ne faudra pas, à l'exemple du ministre Ciaccia, être les seuls à donner.Quand la liberté d'un petit groupe met en danger la sécurité d'un peuple, il faut savoir être ferme et légiférer.Citoyens d'Amérique, ce sont les citoyens du Québec qui paient les impôts et taxes qui vous permettent à vous, Indiens, qui n'en payez pas, de toucher le chèque du BS que vous recevez aujourd'hui.C'est aussi nous, les caves, qui avons construit un hôpital, qui payons vos médecins et qui vous donnons la carte d'assurance-maladie.Nos impôts ont aussi payé pour la construction des routes et des ponts dont vous vous servez, etc.Si vous acceptez mon argent, vous devriez aussi vivre selon les lois auxquelles je suis soumise.Lise HÉBERT Châteauguay ésidents de Sainte-Catherine, ville limitrophe de la réserve de Kah-nawake, nous sommes bouleversés au plus haut point par les événements de Kanesatake et de Kahnawake (.) et craignons que notre ville soit l'objet d'événements similaires.En effet, les élus municipaux de Sainte-Catherine ont l'intention ferme de sous-louer à des promoteurs un terrain contigu.à la réserve de Kahnawake (ancien parc provincial de Côte-Sainte-Catherine) et appartenant à la Voie maritime du Saint-Laurent dans le but d'y aménager un terrain de golf.Ce même site fut déjà l'objet d'une étude archéologique (projet Archipel, zone sud-est).Cette étude a permis la découverte et la mise à jour d'objets de la civilisation iroquoise datant du sylvi-cole moyen et supérieur.En 1830, la Nation amérindienne de Kahnawake avait revendiqué aux Jésuites, alors propriétaires de ce site, une partie de ce terrain.Le commissaire ).Stewart avait rendu un jugement dans cette cause.Il y a deux ans, cette même nation lançait une mise en garde aux maires des différentes municipalités d'ici, les informant que leurs villes étaient établies sur leur terre.Robert CM AM POUX Luce GOYETTE Sainte-Catherine La Commission des droits répond M.Lachapelle est président de la Commission des droits de la personne du Québec.JACQUES LACHAPELLE lusieurs voix se sont fait entendre dans les derniers jours soutenant que la Commission des droits de la personne du Québec se montrait partiale dans son analyse des violations des droits humains dans le contexte de l'actuelle crise et que, notamment, elle s'était montrée peu sensible aux violations de droits dont la population québécoise était victime, La Commission des droits de la personne tient à rétablir, à cet égard, certains faits.Avant même le déclenchement de la crise, la Commission, informée du litige à Oka-Kanesatake, s'y rendait, rencontrait les parties, suggérait des moyens visant à réduire les tensions et faisait connaître à toutes les autorités concernées le danger d'une aggravation du conflit.Dès le déclenchement de la crise, elle se rendait aux barricades, répondant à de nombreuses plaintes reçues de citoyens d'Oka et de Kanesatake, c'est-à-dire de non-autochtones autant que d'autochtones.La Commission constatait alors, comme elle le mentionnait dans sa conférence de presse du 24 juillet, les «difficultés éprouvées par des citoyens et citoyennes dans l'accès à des denrées alimentaires et à des produits de première nécessité, à des médicaments et à des services médicaux», difficultés que rencontraient tant des non-autochtones que des autochtones.C'est pourquoi la Commission de- manda le 24 juillet au ministre de la Sécurité publique d'assurer «l'accès aux services et biens essentiels aux résidents de Kanesatake et d'Oka» c'est-à-dire tant aux non-autochtones ,qu'aux autochtones.Dans cette même conférence de presse du 24 juillet, la Commission soulevait «la situation particulièrement difficile des personnes et des familles qui ont été déplacées, principalement celles qui ont dû fuir leur foyer en laissant derrière elles leurs vêtements et leurs biens».La Commission parlait là, bien sûr, des familles d'Oka évincées de leurs maisons lorsque les armes remplacèrent la parole.Depuis, la Commission a continué à recevoir les plaintes, d'où qu'elles proviennent, et elles se comptent par centaines; du personnel supplémentaire a d'ailleurs été embauché pour recevoir ces appels.En outre, une équipe spéciale de représentants de la Commission s'est rendue, pour rencontrer citoyennes et citoyens, tant à Kanesatake qu'à Oka et à Châteauguay, et elle demeure en contact constant avec diverses autorités dans chacune des régions.La Commission est donc tout â fait consciente des frustrations et inconvénients qu'affrontent tous les citoyens et citoyennes touchés par les.événements actuels.Ces inconvénients, et les situations extrêmement pénibles qui en découlent (tensions, peurs, évictions, pertes d'emplois, pertes de revenus, heures de transport) lui sont connues et elle s'efforce, dans le cadre de sa juridiction et de son influence, d'apporter des remèdes ou dé proposer des solutions.Ainsi fut rétabli à Oka-Kanesatake une plus grande liberté de circulation.Ainsi la Commission, alertée par des autorités médicales de Châteauguay, prit l'initiative de faire rétablir une li- v bre circulation des ambulances sur le pont Mercier, service qui avait été interrompu en raison des événements se déroulant autour des barricades.Ainsi elle continue, quotidiennement, à intervenir auprès des populations autochtones, des autorités publiques de tous niveaux et des responsables des forces policières pour désamorcer, si possible, ou corriger toute situation susceptible d'accroître les tensions.Car la Commission a aussi pu constater, directement et, comme tout le monde, par la voix des médias, que tout accroissement de tension générait une montée inquiétante de propos racistes et d'incitations à la violence et à la haine.En bref, la Commission est fort consciente qu'un grand nombre de personnes subissent, dans les circonstances exceptionnelles que nous connaissons, de multiples violations de leurs droits, violations qui sont devenues plus aiguës depuis que le litige a évolué vers le conflit armé.La Commission a sans cesse, depuis mai dernier, travaillé à promouvoir, dans la résolution de ce conflit, la voie de la négociation pacifique.Aujourd'hui, elle réitère, auprès des commu-., nautés Mohawk de Kanesatake et de Kahnawake cet appel à une négociation qui passe nécessairement par la mise de côté des armes.Parallèlement, elle demande aux au: torités politiques québécoises de tous les niveaux de travailler à assurer le respect des droits des uns ét dés autres pour éviter que ne soient davantage blessés l'esprit de tolérance et la confiance qui doivent exister entre des communautés qui, demain encore, vivront côte à côte.\\ LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED111 AOÛT 1990 1 * ^ l'oppéfif koweïtien de Scvcfcfcvm HusseSmi Le par/ perdu c/'t/n tyran archaïque JOONECD KHAN addam Hussein s'est empare du Koweït pour sauver l'Irak de la banqueroute \u2014 et relancer son pouvoir et ses rêves de grandeur.Mais la dynamique globale sans précédent qu'il a déclenchée condamne plus que jamais à la faillite son pays épuisé, sa dictature sanguinaire et sa mégalomanie archaïque.«En avalant le Koweït, Saddam Hussein a fait un énorme cadeau à Israel et à la Syrie», déclare Hatem Salman, originaire du Liban.«Depuis des années, Palestiniens et Libanais luttent avec l'énergie du désespoir contre l'annexion de leur pays par Israel et la Syrie, et voilà qu'en l'espace de 48 heures l'Irak envahit et annexe le Koweït.Au nom de droits historiques.Mais c'est le retour à la-barbarie».Barbarie aussi récente que la Guerre froide d'ailleurs, dont la logique a produit, entre autres, les divisions de la Corée et du Cachemire, l'annexion de l'Erythrée par l'Ethiopie, l'occupation du Laos et du Cambodge par le Vietnam, de Timor oriental par l'Indonésie, de l'Afghanistan par l'URSS, les visées du Maroc sur le Sahara, et la terreur de l'apartheid en Afrique australe.Dans le cas présent, cette logique postule que: a) l'Irak de Saddam Hussein prétend au leadership du monde arabe, b) est exsangue après sa guerre de huit ans contre l'Iran, et c) a des dettes de 100 milliardsbS, mais d) dispose d'un arsenal qui en fait la première puissance militaire du Proche-Orient, et e) a cherché le salut du côté des royaumes pétro-arabes du Golfe, en f ) dépoussiérant ses vieilles revendications sur le Koweït.L'objectif premier de Saddam, dit-on, était de faire pression sur l'OPEP pour porter le prix du baril du pétrole brut de 18 $ US à 25b$.L'Irak, ayant réussi à obtenir 21 $, avait assuré tout le monde, à commencer par le Koweït, qu'il n'avait aucune visée agressive.Mais le pire s'est tout de même produit.Le pire, c'est ce que l'Occident craignait de ha part de l'Iran: une menace sur les champs pétrolifères de la péninsule arabe.Cela avait valu à Saddam le rôle de policier du Golfe et le vaste soutien pétro-arabe et occidental dans sa guerre contre l'Iran.Nous eûmes droit à la Doctrine Carter («Toute attaque extérieure contre les États arabes du Golfe serait une attaque contre les États-Unis») et la Doctrine Reagan («les États-Unis ne toléreront aucune dùstabîisation des ces regimes, même si elle vient de l'intérieur»).Or, le policier s'est avéré être un véritable agresseur.À quel moment précis Saddam a-t-il décidé de lancer son armée contre le Koweït malgré ses assurances contraires?Difficile à dire.Mais son réflexe est à situer dans le contexte post-Guerre froide de détente, voire de coopération militaro-civilc, entre les superpuissances et de la dissolution des blocs idéologiques.Il pensait profiter de l'euphorie globale pour réussir son forfait.Mal lui en prit car il eut pour effet de fouetter la vigilance mondiale comme jamais personne ne l'avait fait auparavant \u2014- les premiers crimes de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste vinrent aussitôt à l'esprit.La coopération américano-soviétique s'orienta vers la sécurité régionale.L'ONU reprit du poil de la bête, adoptant coup sur coup les résolutions 661 et 662 isolant l'Irak et récusant son annexion du Koweït.L'OTAN à la dérive se trouva aussitôt une nouvelle mission.Les establishments de défense aux prises avec des crédits déclinants respiraient et les complexes militaro-industriels acculés à la reconversion se réactivaient.Les États-Unis ont déjà une armada d'une quarantaine de navires autour du Golfe, mobilisant 50 000 hommes.Le Pentagone est prêt à y déployer 250 000 hommes! La Grande-Bretagne, la France, la RFA, les Pays-Bas sont de la partie.Le Canada songe à y envoyer deux navires.L'Italie se fait tirer l'oreille parce qu'elle hésite à s'engager.Il ne s'agit plus de prévenir une récession uniquement en empêchant une nouvelle crise pétrolière mais aussi en modérant les «dividendes de la paix» et en réactivant le secteur militaire des économies occidentales.\u2022 Le monde arabe lui-même, traversé par des courants à la fois pluralistes-démocratiques (la règle de la majorité au sein de l'OLP, la révolution d'octobre en Algérie, les élections en Jordanie) et fédéralistes (le 3e Sommet du Maghreb et le projet d'union douanière), sans oublier la maturation diplomatique (l'Intifada et l'initiative de paix de l'OLP, l'élaboration du Plan de Taèf pour le Liban), a soudain l'occasion de mesurer le retard de Saddam Hussein \u2014 et de consolider ses liens avec l'ONU et l'Occident dans l'esprit post-Guerre froide.Mais l'Irak, mis au ban des nations, ne pouvant ni vendre une goutte de pétrole (alors que les prix sont en hausse) ni acheter un grain de blé ni profiter du butin koweïtien, se retrouve entre-temps dans une situation pire qu'avant son coup de force.Surtout que les lîtats-Unis se disent prêts à appliquer ! l'embargo par un blocus naval au besoin et que l'URSS prône la même chose par le biais d'une force de l'ONU.Si le terrifiant impondérable dans cette crise n'était pas la folie d'un dictateur prêt au massacre de son propre peuple pour sa gloire personnelle, on pourrait même parier de l'utilité de Saddam Hussein.Mais piégé comme il est, les risquesde dérapage sont entiers.Une médiation, n'importe taqucle, s'impose.C'est ce que recherchait hier le sommet arabe du Caire.Jaber al Ahmad al-Sabah \u2022 ¦ I OB30 NTEfftATtNAi.CGPTOGHT BY CAflfOQ£WS fC NYC USA Du petit gars d'AI-Ojah au bourreau de Bagdad JOONEED KHAN La voie qui a mené Saddam Hussein au cul-de-sac du Koweït est longue et tortueuse, et pavée surtout de cadavres de proches, de collaborateurs et des peuples irakien, kurde, iranien, koweïtien.«Le monde entier est uni contre lui, c'est peut-être le début de la fin de sa dictature, mais il peut laisser derrière lui une terre dépeuplée et une mer de sang, c'est son style», déclare un militant de l'Organisation des droits de l'Homme en Irak.«Saddam Hussein est un gangster», lance un autre Irakien, intellectuel de gauche réfugié à Montréal, et qui, comme son compatriote plutôt islamiste, réclame l'anonymat «pour protéger des proches en Irak ».Cette voie part du petit village d'Al-Ojah, près de Takrit, au coeur de4'Irak, où Saddam Hussein al-Takriti naît en 1937 dans une famille de paysans.Milieu rustre, parents querelleurs, rixes intertri-balcs, le tout sur fond de lutte britannique contre les Ottomans: Saddam a une enfance dure.Le père, portier à l'ambassade britannique à Bagdad, meurt quand Saddam est encore jeune, vivant chez un oncle.La mère se remarie.Un demi-frère de Saddam, Barzan al-Takriti, représente l'Irak à la Commission des droits de l'Homme de l'ONU à Genève, après avoir été chef des Renseignements irakiens.Élève brutal et chef de bande, Saddam commet son premier crime en vengeant l'honneur d'un oncle insulté par un villageois.11 est désavoué par sa tribu, et un oncle maternel, Khairallah Talfah, le prend sous sa protection : il en épousera plus tard la fille, Sajida, qui lui donnera cinq enfants, dont trois fils.Adolescent, il adhère au Parti baas et il est recruté par les Renseignements britanniques.Membre du «Qunni Gang», il est de nombreux complots, et participe en 1959 à l'assassinat manqué contre le général Abdel Karim Kassem: il s'enfuit à Damas puis au Caire où il fait quelques études en mijotant son retour.Ce qui advient en 1963, Kassem étant renversé.Saddam s'inscrit en droit à Bagdad, mais surtout il prépare le putsch de 1968 qui porte le Baas au pouvoir: Ahmed Hassan al-Bakr en est la figure dirigeante, mais l'homme fort, c'est Saddam Hussein.Ce n'est qu'en 1972 qu'il obtient son diplôme en droit, mais le régime l'a déjà bombardé docteur en droit et en économique, ainsi que major-général, même si, malgré son penchant pour la guerre et l'uniforme, Saddam n'est pas un soldat de métier.// ne tolère ni dissidence ni rivalité C'est un meneur, qui partage le butin en échange d'une loyauté sans faille.Ses hommes de confiance sont tous des Ta-kritis.Il ne tolère ni dissidence ni rivalité.Les purges se succèdent et Saddam a le bras long: l'ancien premier ministre Abdel Razak Nayef est assassiné à Londres, et l'ancien ministre de la Défense Hardanc al-Takriti est tué au Koweït.Sa dictature s'alimente à l'idéologie baasiste \u2014 nationalisme panarabe qui réprime.les minorités et qui veut que chaque État arabe soit une entité provisoire, qui s'oppose aux monarchies et qui nie l'existence d'Israël.Sa brutalité intérieure (tortures, disparitions, peine de mort pour «insulte au chef de l'État») contraste avec son pragmatisme extérieur y- équilibre entre les blocs.La géographie et sa mégalomanie aidant, Saddam n'est-il pas le contrepoids idéal à lancer contre la jeune Révolution islamique en Iran?Cinq mois après que le retour triomphal de Khomeiny à Téhéran eut bousculé l'échafaudage stratégique américain dans la région, Saddam Hussein écarte al-Bakr du pouvoir en juillet 1979 et s'entoure d'un culte de personnalité qui fait qu'il n'y a pas une maison en Irak (18 millions d'habitants) qui n'ait pas un portrait du Rais al-Qaïd (président régnant).Du coup, il élimine 21 ministres, dont Adnan al-Hamdani, du Plan, son meilleur ami, en les taxant de complot.Il existerait en circulation des vidéos de réunions du cabinet et du parti où Saddam, cigare fumant à la main, somme ses collaborateurs nerveux à se brancher \u2014 tel un parrain de la mafia.Écrasé sous une dette de 100 milliards Un an plus tard, accusant Téhéran d'agression, Saddam déclare la guerre à l'Iran, revendiquant la riche province pétrolière du Khouzestan pour «la nation arabe».La guerre-éclair qu'il veut s'étire sur huit longues années, causant un million de morts et la destruction des économies des deux pays.En mars 1988, il s'illustre en gazant 5000 hommes, femmes et enfants kurdes du village irakien de Halabja.Saddam et l'Irak s'en tirent par la peau des dents \u2014 grâce au financement massif des royaumes pétro-arabes, aux crédits militaires occidentaux, au soutien diplomatique.de l'URSS et à l'appui technique des États-Unis.Si bien que Saddam Hussein se.présente aujourd'hui comme un Super-No-riega écrasé sous une dette de 100 milliards $.«Son aventure koweltiepne répond bien au réflexe du petit gars d'al-Ojah, qui dispose désormais d'un arsenal chimique et nucléaire pour exercer son chantage colossal», déclare l'intellectuel irakien réfugié ici.55= B8 Plus LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 11 AOÛT 1990 L'échec lamentable du 11 juillet 10 juillet: l'état-major de la SQ se réunit et fixe, en moins d'une heure, le plan d'attaque.L affaire était dans la poche.SUZANNE COIPRON ce o Home N i n j a Turtles !» Cachés derrière des arbres dans la pinède d'Oka, les agents de l'unité d'urgence de la Sûreté du Québec ne sont pas passés inaperçus le matin du raid.' Habillés de noir et de kaki sous une veste pare-balles, le visage couvert d'un masque à gaz et portant un casque d'acier, ils ont vite été associés par les Mohawks à ces étranges justiciés venus des égoûts pour tuer les guérilleros de New York dans le film Teenage Mutant Ninja Turtles.L'assault policier du 11 juillet, qui s'est soldé par un lamentable échec, avait été planifié la veille à la demande de la municipalité d'Oka.Incapable de venir à bout d'une bande d'Indiens armés bloquant depuis la mi-mars un chemin menant au terrain convoité par la ville pour son projet de golf, le maire Jean Ouellette a pris les grands moyens.Un coup de fil à la Sûreté du Québec le 10 juillet au matin et l'affaire était dans la poche.En mai, le maire Ouellette avait demandé l'intervention de la Sûreté du Québec à la suite d'une première injonction obligeant les Mohawks à lever leur blocus.Les tensions montaient chez les autochtones et la population blanche habitant près de la pinède d'Oka face au magnifique lac des Deux-Montagnes.Mais le ministre de la Sécurité publique, Sam Elkas, avait dit non: «Pas question d'envoyer les policiers jouer aux cow-boys avec les Indiens».Le western a tout de même eu lieu malgré un appel au calme lancé la veille par le ministre délégué aux Affaires autochtones, John Ciaccia.Ni le ministre Elkas ni le premier ministre Bourassa n'auraient été informés à l'avance du raid policier.* Onze membres de l'État major se sont donc réunis le'10 juillet.En moins d'une heure, une centaine d'hommes appartenant à l'unité d'urgence de la région de Montréal ont été convoqués par leurs chefs respectifs.! ï Plan d'attaque: lancer des gaz irritants et des grenades auditives pour disperser les Mohawks, envoyer les agents de l'escouade d'intervention dans les bois afin I de capturer la poignée d'hommes ; armés et maîtriser les autochtones à l'aide de matraques et de boucliers en plexiglas.Le chemin du Mille, obstrué par du sable et des blocs de ciment et renforcé par une rangée | de fils barbelés, devait être dégagé avec un bélier mécanique.Point de ralliement Aux premières lueurs du jour, mercredi, les policiers se sont regroupés au calvaire du parc Paul-Sauvé d'Oka.Une vingtaine de soldats de l'armée clandestine indienne, armés de pistolets-mi- Mardi, trailleurs israéliens UZ1, de mitraillettes M16, de fusils d'assault AK 47 et de grenades, les attendaient de pied ferme dans les bois en haut de la côte de la rue Saint-Michel.Trois ou quatre journalistes et caméramans s'étaient rendus à Oka la veille pour fixer sur la pellicule et enregistrer sur la bande magnétique les grands moments de cette attaque surprise.Alain Saint-Ours de CKAC a passé une partie de la nuit dans sa voiture garée dans un terrain de stationnement.Son chef de pupitre a fait sonner sa pagette pour le tirer du sommeil à 5 h.Lui et le cameraman de CFTM ont décidé d'aller faire un tour chez les Indiens.À peine cinq ou six Mohawks étaient assis autour d'un feu à l'entrée du chemin du Mille, en bordure de la route 344, entre Oka et Pointe-aux-Anglais.Alain Saint-Ours et le cameraman de Télé-Métropole se sont approchés pour leur parler et au même moment ils ont aperçu une camionnette beige à l'horizon.Le véhicule montait la côte à faible vitesse.Ses vitres teintées empêchaient de voir à l'intérieur et éveillaient des soupçons quant au motif de sa présence sur la route à une heure aussi matinale.Derrière la camionnette, trois autres camions suivaient.Des camions de 10 roues de couleur bleue appartenant à la compagnie de location Tilden.Devinez?Et oui! la police.Alain Saint-Ours et son collègue ont vite compris.Ils sont retournés à leurs véhicules en toute hâte chercher leur équipement.À peine avaient-ils fait quelques pas en direction de leurs autos que quatre policiers sortis de nulle part leur mettaient la main au collet.Pendant ce temps, les portes des camions s'ouvraient dans un fracas.Des dizaines et des dizaines de policiers armés en sortaient et se rangeaient les uns derrière les autres dans la rue.Les trois gros camions stationnés en diagonale au milieu de la route 344 leur permettaient de se protéger d'éventuels coups de feu.Masqués, des Mohawks observent les mouvements des policiers de la SO.photo andrew taylor.presse Un groupe de policiers de l'unité d'urgence a pénétré dans les bois.Deux rangées d'hommes armés se sont formées de chaque côté du chemin du Mille derrière lequel hommes, femmes et enfants formaient un barrage humain.Cachés dans les pins, les policiers casqués pouvaient se protéger des gaz irritants grâce à leurs masques.«Sûreté du Québec, vous êtes en état d'arrestation», a crié un policier dans un porte-voix.La réaction n'a pas été longue du côté mohawk: «What are you doing here?You want to kill us, kill us!» Des coups de feu ont retenti dans les airs.Comme prévu, les policiers ont d'abord tiré des grenades auditives puis des bombes lacrymogènes pour disperser les gens.Combien étaient-ils?Une vingtaine.Peut-être 40 avec les Warriors.Mais guère plus de l'avis des policiers et des reporters présents sur les lieux.Dans la pinède, un nuage de fumée s'est répandu au milieu des autochtones.Les Mohawks, bras dessus, bras dessous, ont avancé d'un pas lent vers les policers.Au même moment, le vent repoussait les gaz vers les Ninja Turtles.Les policiers ont continué à tirer des bombes lacrymogènes pendant une heure, de 6 h à 7 h, à toutes les cinq ou 10 minutes.In-commondés par les gaz provoquant un assèchement de la gorge et une irritation des yeux, les Mohawks se sont dispersés dans la pinède tandis que le policier lançait dans son porte-voix: «Nous ne voulons pas vous tuer.Nous voulons parler avec votre leader.» Une femme a répondu: «Voilà quatre mois que nous attendons vos leaders, allez les chercher.On parlera ensuite.» Les discussions se sont poursuivies jusqu'à 7 h.Entre-temps, des autochotones du village, inquiets et furieux, sont arrivés sur les lieux.Une reporter de la radio communautaire du village indien a même tenté de recueillir le témoignage des gens derrière la barricade.Puis la police a donné un ultimatum aux Mohawks.Une heure et demie plus tard, on entreprenait le démantèlement du barrage de sable et de ciment à coup de bélier mécanique, cependant que les Mohawks mettaient le feu à un tas de vieux pneus au milieu de la route 344, obligeant les policiers à battre en retraite vers l'est.La fusillade a éclaté au bout de dix minutes.Coincés entre les policiers et les Mohawks, les journalistes ont entendu quatre ou cinq détonations isolées suivies d'une pétarade de plus de cent coups de feu.Le tout a duré exactement 18 secondes.Atteint au coeur d'une balle de calibre .223 de type full metal jacket, le caporal Marcel Lemay de la Sûreté du Québec s'est effondré sous les yeux de ses camarades.Les policiers ont immédiatement rebroussé chemin en tirant des coups de feu pour se protéger des tirs ennemis, lis ont abandonné derrière eux quatre voitures, deux camionnettes et le bélier mécanique de la voirie.Au moment où le cortège de véhicules de la police descendait la côte en direction du village d'Oka.les Warriors sortaient des bois en brandissant leurs armes vers le ciel et en criant au son du tambour: « We'll win this war!» Dans les heures qui ont suivi, ils ont pillé les véhicules de la SQ et construit leurs barricades.Des coups de feu ont été tirés dans les carcasses des voitures virées sur le côté et vidées de leur contenu: moteurs, carburateurs, radiateurs, enjoliveurs.Plus encore que les Mohawks, ce sont les policiers qui ont été surpris par cette attaque.Ils croyaient naïvement pouvoir faire une entrée en force chez les Indiens sans provoquer d'effusion de sang.croisière HAWAIAN LUAU 9 Pour les dates suivantes seulement: Les MERCREDIS 15,22 et 29 AOÛT / >V de7hP.M.à11hP.M.DEPART DE \u2022 Punch de bienvenue \u2022 Diner 3 services \u2022 Spectacle-prix \u2022 Croisière 4 heures M ft^TOUT INCLUS IIS BWSBgS \\ Les ro\u201ers 5t.LaUiS erniere semaine, 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