La presse, 5 août 1990, B. Sciences et techniques
[" Sciences et techniques LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 5 AOUT 1990 Entre le 10 et le 14 août, 50 étoiles filantes à l'heure, la nuit Pas des «étoiles» en fait, mais des «roches» filant à 15 à 70 km/seconde: à observer de préférence après minuit PIERRE CHASTENAV collaboration spéciale wê es quelques mois de notre mm «trop court été» sont propices aux observations astronomiques, et nombreux sont ceux et celles, petits ou grands, qui redeviennent astronomes amateurs, le temps d'une belle nuit étoilée.Les phénomènes à observer sont généralement nombreux, et bien qu'aucune éclipse de Lune ou de Soleil ne soit visible du Québec cet été, il reste toujours la pluie d'étoiles filantes des Perséides qui, fidèle au poste, nous revient à la mi-août.Du 10 au 14 août, avec un maximum dans la nuit du 12, on devrait être en mesure de voir jusqu'à 50 étoiles filantes à l'heure, de préférence quelques heures après minuit.Mais que sont donc ces «pierres du ciel», qui tombent en pluie au mois d'août?Les étoiles filantes, contrairement à ce que leur nom laisse supposer, n'ont rien à voir avec les étoiles qui brillent la nuit dans le firmament.Il s'agit en fait de roches plus ou moins grosses et de petits grains de poussière qui pénètrent dans l'atmosphère terrestre à des vitesses variant entre 15 et 70 kilomètres par seconde.À grande vitesse, les particules de roche s'échauffent rapidement, et entre 115 et 70 kilomètres d'altitude, la chaleur dégagée par le frottement vaporise le projectile et ionise l'air autour du bolide.C'est cette colonne de gaz ionisé qui donne naissance à la fameuse traînée lumineuse derrière «l'étoile» qui vient de tomber.Ces roches qui flottent dans l'espace autour de notre planète ont des origines très diverses.Elles sont, pour une part, tout ce qui reste du système solaire primitif.Le Soleil, les planètes, les lunes et les astéroïdes se sont en effet formés, il y a quatre à cinq milliards d'années, par accretion et collisions successives (l'effet «boule de neige»), à partir d'un immense nuage de gaz et de poussières.Ce qui reste aujourd'hui de ce nuage est responsable d'une bonne partie des étoiles filantes dites sporadiques, qui apparaissent irrégulièrement dans le ciel, d'une nuit à l'autre.On peut en voir, en moyenne, de 6 à 12 à l'heure dans de bonnes conditions.D'autres étoiles filantes nous viennent de la ceinture d'astéroïdes, une région située entre les orbites de Mars et de Jupiter où on retrouve un nombre considérable de débris rocheux de toutes formes et dimensions.11 est également démontré que certaines de ces pierres nous sont venues de la Lune ou de Mars.Elles auraient été éjectées à la suite de violentes collisions entre ces mondes et de gros astéroïdes, à des époques reculées de l'histoire du système solaire.Les comètes sont une autre importante source d'étoiles filantes, et elles sont en particulier responsables du phénomène des pluies.Une comète est une grosse boule de neige sale, d'un diamètre d'environ 10 km, en orbite autour du Soleil sur une trajectoire fortement allongée.Au cours de ses passages successifs près du Soleil, la chaleur de l'étoile fait fondre la neige et la glace, et la comète libère une longue traînée, une queue, composée de gaz, de poussières et de débris rocheux.Après plusieurs passages (et chaque comète peut en faire des dizaines), l'orbite de la comète se retrouve jonchée de débris de toutes sortes, poussières infimes et cailloux de toutes tailles.Si par hasard l'orbite de la Terre croise celle de la conète, notre planète traversera ce «nuage» de débris, et sera littéralement bombardée par une multitude d'étoiles filantes.Étant donné que la Terre se retrouve toujours, pour une date donnée d'une année à l'autre, au même point de son orbite, la «pluie» d'étoiles filantes se reproduira aux mêmes dates, année après année.La Terre traverse effectivement un certain nombre de ces nuages au cours d'une année, ce qui donne naissance à environ 70 pluies de plus ou moins grande importance.Le tableau ci-contre regroupe des informations utiles sur les plus importantes d'entre elles.La très grande majorité des étoiles filantes visibles à l'oeil nu sont provoquées par le passage dans l'atmosphère de morceaux de roche pas plus gros qu'un pois.Après leur ablation complète, ils atteignent le sol sous la forme d'une poussière infime et indiscernable.Mais les «cailloux» de plus grande dimension (de la taille d'une balle de baseball et plus) ne «brûleront» que superficiellement, et une bonne partie de l'étoile filante atteindra le sol, devenant ainsi une météorite.Il arrive même (rarement!) qu'un objet pesant plusieurs centaines de tonnes s'écrase sur Terre en creusant un cratère de dimensions imposantes: le réservoir Manicouagan, sur la côte-nord québécoise, le cratère du Nouveau-Québec et le cratère Barringer, en Arizona, en sont des exemples éloquents.Aussi incroyable que cela puisse paraître, on estime qu'environ 25 millions d'étoiles filantes assez brillantes pour être visibles à l'oeil nu traversent l'atmosphère terrestre chaque jour.Au total, c'est plus de 100 000 tonnes ce matériel météoritique qui se dépose sur Terre chaque année! Il semble qu'on ait retrouvé et conservé des météorites à toutes les époques de l'histoire humaine.Des textes religieux parlent abondamment de «pierres tombées du ciel», et il est à peu près certain que la fameuse Pierre noire conservée dans la Ka'ba, à la Mecque, est d'origine météoritique.Des textes anciens retrouvés en Chine, en Grèce et à Rome font également mention du phénomène.Mais il semble que la plus vieille chronique d'un phénomène météoritique se trouve sur un papyrus égyptien datant environ de l'an 2000 av.J.-C.On croit également savoir que des « pierres du ciel» ont été retrouvées en Crète vers l'an 1470 av.J.-C.Vénérées par plusieurs, il est probable que les météorites aient aussi été utilisées comme minerai de fer à une époque charnière entre l'âge de bronze et celui du fer.À cette époque, les hommes ne savaient pas encore comment extraire le fer de l'oxyde dans lequel on le retrouve à l'état naturel sur Terre.Les météorites ferreuses étaient la seule source de fer non oxydé directement utilisable par les apprenti-forgerons de l'âge de bronze.Le mythe de Promet liée recevant des mains des Dieux de l'Olympe le don du feu et du fer (histoire que l'on retrouve d'ailleurs au lapon et dans bien d'autres civilisations ) trouve peut-être ici son origine.Il est aussi intéressant de noter la similitude entre le radical latin sidér (astre) et le grec sidéro (fer), suggérant une origine céleste à la sidérurgie.Quoi qu'il en soit, on sait que les Inuit du Groenland fabriquaient leurs outils et leurs armes à partir de fragments de la météorite Ahnighito, retrouvée par Robert E.Peary lors de son expédition de 1897 (on peut d'ailleurs voir cette météorite de 60 tonnes au Planétarium Hayden de New York ).La lame d'une dague découverte dans la tombe du grand pharaon Toutankhamon en 1922 a très probablement été forgée à partir d'une météorite.De même, l'Empereur indien lahangir a commandé que les lames d'une dague et d'un couteau soient forgées à partir de la météorite de Jalandhar, trouvée en 1621.Au 19e siècle, une partie d'une météorite tombée en Afrique du Sud a servi à forger une épée pour l'empereur Alexandre de Russie.Enfin, selon la légende du roi Arthur et des Chevaliers de la table ronde, la fameuse épée Excali-bur aurait été forgée avec du fer d'origine extra-terrestre.De nos jours, on peut même acheter des couteaux et des bijoux dont les éléments métalliques sont faits de ce matériel «céleste»! L;; découverte de composés organiques simples dans certaines météorites rocheuses a donne naissance à une théorie assez audacieuse, la Panspermic, selon laquelle la vie serait apparue sur Terre à la suite d'un intense bombardement météoritique, il y a environ quatre milliards d'années.On retrouve en effet des acides aminés, qui sont la base de la vie organique terrestre, dans un grand nombre de météorites à forte teneur en carbone.Peut-être ce matériel organique interstellaire a-t-il joué un rôle dans l'apparition des premiers micro-organismes dans l'océan primitif?Bien sûr, ces mêmes composés organiques (ainsi peut-être que de véritables organismes extraterrestres) continuent à pleuvoir sur la Terre.L'astrophysicien britannique Fred Hoyle a même proposé que des germes extra-terrestres puissent être à l'origine des grandes épidémies qui ont frappé l'Europe au Moyen-Age.Comme on l'a déjà mentionné, l'observation des Perséides .«era meilleure si on attend après minuit (entre 2h et l'aube).À ce moment, les étoiles filantes qui traversent l'atmosphère terrestre atteignent leur vitesse maximale, et sont donc plus brillantes.Comme pour la plupart des observations astronomiques, choisissez un site bien dégagé, loin des lumières parasites.Parce que les étoiles filantes sont des phénomènes imprévisibles et éphémères, observez-les à l'oeil nu afin d'avoir un champ de vision le plus large possible, et balayez le ciel lentement du regard.Assurez votre confort en vous installant sur une chaise longue, et bons voeux! Nom de la\tDate du\tDurée moy.\tTaux moy.\tVitesse moy.\tComète pluie\tmaximum\t(jours)\thoraire\t(km*>)\tassociée Quadrantides\t3 jan.\t2\t40\t41\t\u2014 Lyndes\t22 avr.\t2\t15\t48\t1861 I Thatcher Eta Aquarides\t4 mai\t3\t20\t65\tHailey Delta Aquarides\t28 iuil.\t7\t20\t41\t\u2014 Perséides\t12 août\t5\t50\t60\t1862 III Swift-Tuttle Orionides\t21 oct.\t2\t25\t66\tHailey Taurides\t2 nov.\t\u2014\t15\t28\tEncke Léonides\t17 nov.\t\u2014\t15\t71\tTemple-Turtle Gèminides\t14 déc.\t3\t50\t35\t\u2014 Ursides\t22 dec.\t2\t15\t34\tTuttle Chaque pluie porte le nom de la constellation où se trouve le radiant, c'est-à-dire la direction apparente d'où semblent provenir les étoiles filantes.Les taux horaires indiquent ce qu'un observateur peut voir dans des conditions idéales (nuit sans Lune et sans nuages, site d'observation sombre et bien dégagé).Les taux peuvent varier au cours de la nuit, d'une nuit à l'autre et d'une année à l'autre.À TIRE-D'AILE.F- Comment Cisèle Thibodeau a permis à un engoulevent de vivre PIERRE CINGRAS f occuper de la convalescence d'un oiseau ou encore élever une famille d 'i nsecti vores dont les parents sont disparus, demandent une disponibilité et une patience qui n'est pas le lot de tout le monde.Chaque année, un certain nombre de personnes jouent les bons samaritains et tentent l'expérience.Souvent, l'aventure est un échec.Il est difficle de se substituer à la nature.Par contre, certaines tentatives donnent de bons résultats et beaucoup de satisfaction.L'exemple de Gisèle Thibodeau, d'Edmundston, au Nouveau-Brunwick, est un exemple éloquent à cet égard.Quand, au bout de 45 jours de soins, «son» jeune engoulevent d'Amérique \u2014qu'elle à vu éclo-re\u2014 s'est envolé pour entreprendre sa première migration vers le sud, ce fut la conclusion d'une «merveilleuse» expérience, comme elle le relate.L'été dernier, le 7 juillet, on retrouve un engoulevent mort près de son nid qui contient deux oeufs laissés en plein soleil par une température d'environ 28 degrés Celsius.Les oeufs sont récupérés par Mmc T.iibodeau.« le dépose ces deux oeufs gris tachetés dans un panier garni d'un vieux tricot de laine et les mets à couver sous une lampe munie d'une ampoule «blanc doux» de 15 watts qui dégage une agréable chaleur, raconte-t-elle.«La fin de semaine passe.Soir et matin, je tourne les oeufs qui sont placés à environ 15 centimètres sous l'ampoule et vérifie leur température.Le lundi, à midi, alertée par des cris d'oiseaux, je découvre un oisillon à peine sorti de sa coquille et qui ne cesse de se débattre.J'ai la chance de trouver au plus proche «pet shop» de la nourriture pour les animaux insectivores.Trois heures après la naissance, je réussis à nourrir ce protégé de quelques mouches séchées trempées dans de l'eau tiède.» Le jour suivant, le second oeuf est éclos et la «délivrance» durera deux heures.Mme Thibodeau peut se procurer aussi des insectes auprès des propriétaires de chalets de la région qui utilisent des lampes-pièges électroniques.Mais, en dépit de ces soins, l'aîné meurt trois jours après sa naissance.L'autre oisillon, lui, est manifestement en forme.«Assez tôt, cet orphelin développe ses propres habitudes.Il peut être alimenté aux deux heures, ensuite aux trois heures, Il réagit assez vite à ma voix et ouvre grand le bec quand il a faim.Quand il est rassasié, il vient se blottir au creux de ma main ou vient se serrer au creux de mon bras pour y dormir.En le plaçant dans sa boîte, je prends soin de le recouvrir d'une chaude flanel- le.Il ne dort pas sans ce bout de tissu qui paraît lui donner une certaine protection.» Dès lors la croissance est très rapide et l'oiseau de Mmc Thibodeau voit sa diète enrichie de viande mêlée de nourriture à volaille et de vitamines.Ses plumes poussent et on note une légère malformation du bec qui ne semble pas cependant affecter son dévelopement.Bientôt l'oiseau trottine et essaie de voler.À 18 jours, son poids est de 75 grammes.Il abandonne sa boîte.Dix jours plus tard, des plumes apparaissent sur le cou encore dégarni.On fait ensuite baguer le jeune oiseau par un biologiste de la région.«C'est à partir du 25e jour qu'on exerce l'engoulevent à voler, poursuit-elle.Aux premières tentatives, il vient se poser à mes pieds.En peu de temps, il réussit à décrire de grands cercles au dessus de nos têtes.Un jour, croyant que l'oiseau est prêt à s'envoler pour de bon, on l'apporte dans un endroit désert près d'un petit bois.Nous réalisons alors qu'il est incapable de voler sur de longues ditances.» Le grand départ « Le temps passe et ses semblables se regroupent déjà pour la migration.Sera-t-il du voyage?L'oiselet pèse 98 grammes à 34 jours et son apprentissage se poursuit.11 peut s'élanew plus haut dans les airs et ces «.multiples essais l'éloignent de* nous davantage.L'engoulevent possède un sens étonnant du cafijou- V flage et il devient difficile de le retrouver.Que ce soit sur un sol de gravier, parmi les feuilles et les branches sèches, il réussir à passer inaperçu en se confondant avec son entourage.» L'été s'achève.L'engoulevent s'agite soudain, perd l'appétit et semble plus nerveux.Il a 45 jours et son poids est de 105 grammes.11 est prêt pour le grand départ.On se rend près de la rivière Saint-Jean.«Je sors l'oiseau de sa cage, poursuit-elle.Émue, je lui donne une dernière caresse.Celui-ci est L'engoulevent de Mme Cisèle Thibodeau.Neuf semaines de soins, de tendresse et de patience.indécis un court instant, puis il quitte ma main pour s'élever très haut dans le ciel.Il redescend au ras du sol et recommence.On dirait qu'il cherche à s'orienter.Guidé par son instinct, le petit voyageur solitaire se laisse porter par le vcnl du nord.Il survole une dernière fois notre auto de son vol irrégulier puis disparait vers l'horizon afin de rejoindre les siens.» Une foules d'habitats L'engoulevent d'Amérique est commun dans les grandes villes nord-américaines et il est présent dans une foule d'habitats, du nord du Canada jusqu'au Mexique.En milieu urbain, il niche souvent sur les toits recouverts de rocailles.Cet insectivore au bec démesurément grand se nourrit en vol, habituellement en fin d'après-midi, durant la nuit ou au petft matin.Il se distingue notamment lors de son envol, par deux grandes taches blanches bien visibles, à l'intérieur de ses ailes.Son envergure d'aile atteint 60 centimètres et la femelle pond habituellement deux oeufs par année.L'automne, durant la saison de la migration, les engoulevents d'Amérique forment parfois des groupes d'un millier d'individus.Fait cocasse: comme les autres espèces du groupe, cet engoulevent se perche dans le sens de la branche ou du perchoir, ce qui le rend encore plus difficile à apercevoir.¦ '\u2022 \u2014 m m \u2022 ¦ j .de la Tour olympique B2 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 5 AOUT 1990 \t\t\t\t\t A\t\t\t\t\t Editorial Paul Desmarais president du conseil d .iciministration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur .idiomt directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en chef L'interminable débat constitutionnel Las de notre interminable débat constitutionnel, nous pourrions envier les Américains dont la constitution semble inébranlable.Depuis deux siècles, elle n'a été amendée qu'a de rares occasions et généralement pour mieux exprimer l'esprit de la constitution.Cette stabilité n'est qu'apparence, car un débat très vif a constamment lieu au sujet de l'interprétation de la constitution.La nomination du juge David Souter vient une fois de plus relancer le sujet.En dernier ressort il appartient à la Cour suprême d'interpréter la constitution.Lorsqu'il s'agit de questions qui déchaînent facilement les passions comme l'avortement ou la peine de mort, il est difficile de séparer le travail juridique de la Cour des pressions politiques.Cette politisation devient surtout apparente quand le président nomme un nouveau juge qui doit se faire confirmer par le Sénat car chaque camp voudrait que le nouveau juge ait des sympathies pour ses objectifs.Cette polarisation politique est une grave erreur, car un juge n'est pas censé exprimer ses idées politiques ou sociales.Il doit interpréter et faire respecter la loi, qu'il l'approuve ou non.À ce sujet, il y a une confusion dans l'esprit de beaucoup de gens.Ils pensent qu'un juge conservateur a des idées politiques conservatrices et qu'un juge liberal a des idées politiques libérales.C'est souvent le cas mais, en réalité, un juge conservateur est un exégete de la loi et il ne cède pas à la tentation d'adapter le sens de la loi a des circonstances nouvelles.Conscient du fait qu'il n'a pas été élu et qu'il est nommé à vie, il ne veut pas se substituer au législatif qui représente démocratiquement les intérêts des électeurs.Le juge libéral, en revanche, se soucie d'une notion plus idéaliste de la justice et veut que l'interprétation de la loi corresponde à des nécessités morales et sociales.Cette théorie a notamment permis une protection accrue des droits individuels alors que les électeurs étaient généralement plus conservateurs.Mais elle est dangereuse car elle donne trop de pouvoir aux juges comme le montre une decision de 1857 qui déclarait que la possession d'esclaves était un droit constitutionnel.Dans le cas de la nomination du juge Souter, l'affrontement entre les deux tendances se fera surtout au sujet de l'avortement.Les conservateurs estiment qu'une décision de la Cour qui légalisait l'avortement aux États-Unis est une mauvaise décision.Quelle que soit leur opinion personnelle au sujet de l'avortement, ils pensent que la Cour ne pouvait pas se prononcer au sujet du droit à l'avortement en se référant à la constitution.C'est une question qui doit être tranchée démocrati- quement par le législatif.Or, dans beaucoup d'Etats américains il y a une nette majorité d'électeurs opposés a l'avortement.La decision de la Cour était donc la seule façon d'avoir une certaine uniformité et de permettre l'avortement.Le débat au sujet de la confirmation du juge Souter se fera donc sur deux niveaux.D'une part, les sénateurs voudront connaître jusqu'où va le conservatisme juridique du juge.D'autre part, ils voudraient \u2014 et le public voudrait connaître \u2014 l'opinion personnelle du juge sur la question de l'avortement.Si les sénateurs et le juge ne font pas très attention, une discussion éclairée sur les idées, les qualifications et le caractère du nouveau juge pourraient dégénérer en une foire d'empoigne entre partisans et adversaires de l'avortement.On se souvient encore du cirque qui a entoure la nomination du juge Robert Bork dont les adversaires sont allés jusqu'à payer une publicité à la télévision où Gregory Peck racontait des faussetés au sujet de M.Bork.Personne ne veut repéter cette triste affaire et le juge Souter tournera sa langue trois fois dans sa bouche de peur que ses réponses ne déclenchent des réflexes et des automatismes politiques.En tout cas, on pourra voir que l'interminable débat constitutionnel aux États-Unis se porte bien.Frédéric WACNIÈRE Opinions STCUM: que réserve l'automne?Les auteurs sont respectivement président et di-rcctcur-coordonnateur de Transport 2000, organisme voué à l'amélioration du transport en commun.GUY CHARTRAND NORMAND PARISIEN Apres des négociations avec ses employés d'entretien qui n'en finissent plus, après de graves perturbations de services en décembre et en janvier derniers, et après l'abo-litîon temporaire d'une soixantaine de circuits d'autobus en février et mars, la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal nous apprend dans son rapport annuel de 1989 que la clientèle du métro et des autobus a baisse de 1,3 p.cent (passant de 394,2 millions de vovageurs en 1988 à 389 millions en 1989).En 1987, la STCUM s'était pourtant donné un plan d'entreprise pour la période 1988-1990, qui prévoyait de promouvoir et de développer davantage les transports en commun.Il lui fallait absolument augmenter la satisfaction de sa clientèle en donnant priorité à l'amélioration du service offert sur le réseau de surface.À ce chapitre, cinq axes avaient été retenus: fréquence du service et réduction du temps d'attente, relation des employés avec la clientèle, information aux usagers, sécurité et propreté dans le métro.Moins de six mois avant la fin de cet échéancier, il reste hélas beaucoup de travail à faire.On a déjà mis l'accent sur la sécurité et la propreté, une brèche a été ouverte relativement à l'information aux usagers (avec quelques «flash-bus » à certains arrêts d'autobus).En ce qui concerne les relations avec la clientèle, la Société semble sur la bonne voie.Cependant, il reste encore fort à faire sur des points importants auxquels les voyageurs sont extrêmement sensi- bles.La fréquence du service laisse à désirer et les pannes observées dans le métro semblent toujours aussi nombreuses.Le temps d'attente continue de se détériorer.En période hors pointe, il devient de plus en plus téméraire de se déplacer a même le réseau de la STCUM, en raison du temps qu'il en «coûte».Les 100 000 heures promises pour 1989 se sont d'ailleurs soldées par un maximum de 32 000 heures de prestation réelles.Or, même en ajoutant les 100 000 heures de prestation, la hausse eut été de seulement de 1,4 p.cent.Le résultat rapporte plutôt un maigre 0,5 p.cent ! Le plus grave, c'est que le kilométrage parcouru \u2014 indicateur d'offres de services plus fiables \u2014 a reculé.Par conséquent, avec une poussée des dépenses d'exploitation dépassant les 8 p.cent (de 1988 à 1989), la performance de la STCUM continue de se détériorer.Le coût unitaire du kilométrage parcouru (services ferroviaires exclus) est passé, entre les deux mêmes années, de 3,48$ à 3,73$! Que se pas-se-t-il?En outre, si l'on considère que la flotte disponible est encore en baisse (-1,7 p.cent), et ce dans une proportion quatre fois plus élevée que le kilométrage parcouru (-0,4 p.cent), pas besoin de calculs savants pour conclure que ni la fréquence ni la réduction du temps d'attente ne se sont améliorées, au contraire! Du côté de l'information aux usagers, bien que nous devions reconnaître une amélioration par rapport au néant antérieur, nous sommes loin de ce qui est offert dans d'autres métropoles.Depuis 1987, la nouvelle politique a consisté à implanter des «flashbus» à l'échelle du réseau d'autobus.En effet, les «planibus» (dépliants comportant les détails des circuits de surface: intervalles de temps, arrêts, etc.) se sont avérés tellement plus populaires que ne l'anticipait la Société que cette dernière a mis fin à ladite pratique commerciale.La pauvreté oubliée ¦ M.lean Lesage, dont on a souligné récemment le 20e anniversaire de décès, a prononcé un discours d'une profonde intensité en 1966, devant l'Institut de réhabilitation de Montréal.H affirmait clairement et non de façon diluée, comme beaucoup de politiciens le font habituellement, ce qui suit: «Toute société qui considère la pauvreté comme un mal nécessaire, qui refuse de se reconstruire sur des principes qui rendent cette pauvreté impossible, est destinée à disparaître.Et rapidement! Au rythme de la vie moderne, un Etat ne peut plus faire semblant de progresser tout en appliquant insidieusement les freins.» M.Lesage, le père de la Révolution tranquille, a fait entrer le Québec dans le vingtième siècle après une période d'obscurantisme social avec M.Du-plessis.La plupart des grandes législations sociales ont été l'oeuvre du gouvernement Lesage.Plusieurs ont vu le jour sous ce dernier alors qu'il était encore au pouvoir, mais son séjour fut trop court pour qu'il assiste à l'aboutissement de toutes les mesures sociales mises de 1 avant par lui., Un jeune plein d'idéal me demandait l'autre jour: «Comment se fait-il que dans les débats constitutionnels, les congrès, les fêtes nationales, où l'on parle d'une société nouvelle il ne soit pas question des 700 000 pauvres du Québec.C'est le tiers de tous les pauvres au Canada, le nombre le plus élevé de toutes les provinces sauf Terre-Neuve et la Saskatchewan.Se pourrait-il que Tin-différence de nos chefs devant ce vaste problème social injustifiable dans notre province soit au moins partiellement responsable de certains déboires d'hier et d'aujourd'hui.Robert Theobald, philosophe américain, écrivait dans New Politics ( 1965 ): « La guerre à la pauvreté doit être placée dans son véritable contexte si nous devons la gagner.Au préalable, il faut reconnaître que le coût de la campagne contre la pauvreté n'est pas le véritable problème, que nous pouvons facilement trouver les Quant aux «flashbus», leur mise en place a connu quelques ratés.Le passager voyait la publicité tandis que l'horaire et le circuit figuraient de l'autre côté.La situation a été partiellement corrigée mais l'information coule toujours au compte-gouttes.De nombreux arrêts sont encore privés de toute information, et d'autres sont assortis d'une information très sommaire et plus ou moins fiable.Donc, on doit plutôt en conclure que la propagande l'emporte sur l'information à la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal, et que les promesses l'emportent sur les réalisations observées.Les coûts d'exploitation et les tarifs s'accroissent plus rapidement que l'inflation alors que l'offre réelle suit la trajectoire inverse, une fois de plus.En conséquence, a quoi doit-on s'attendre pour l'automne prochain à la STCUM?La question des relations de travail n'est toujours pas parfaitement résolue.Les administrateurs pensent avoir retrouvé une paix durable alors que le syndicat des employés d'entretien n'attend que la rentrée automnale pour reprendre le sentier de la guerre.Quelle sera collectivement l'issue de celte bataille dans un contexte de pressions financières intenses, de réductions de services à la population et de revendications ouvrières plus vives?Soit dit en passant, l'austérité doit être préchée par l'exemple, non seulement imposée unilatéralement de haut en bas.\u2022 Bien sûr, les gestionnaires rétorqueront que l'on ne doit pas leur imputer tous les maux, mais que des agents externes détiennent également une part de responsabilités.Mais précisons ici que nous reviendrons à l'automne avec un dossier plus élaboré en ce qui concerne le rôle des collectivités publiques à cet égard.Pour l'instant, il était essentiel d'évaluer la performance de la gestion actuelle, à la lumière des objectifs qu'elle s'était fixés pour l'année actuelle.fonds nécessaires.Le premier pas à franchir consiste à reconnaître que le problème de la pauvreté n'est pas économique, mais moral, psychologique et social, à savoir, comment réussir à convaincre les citoyens à faire les efforts et prendre les moyens pour surmonter leurs problèmes.» 11 y a 32 millions de pauvres aux E.-U., 8 raillions en Angleterre et 3,5 millions auCanada.Sommes-nous encore, dans nos sociétés opulentes, indifférents et insensibles aux grandes inégalités sociales.Il appert que l'accumulation des richesses progresse avec l'augmentation de la pauvreté, l'ai eu cette impression quand j'ai vu M.Bou-rassa et M.Peterson se serrer la main bien fori et affirmer que le Québec et l'Ontario étaient les deux «géants» canadiens au point de vue économique.Dans l'euphorie, ils oubliaient le million et plus de pauvres qui regardent passer le train de l'opulence dans leur province.Louis BEAUPRÉ Sherbrooke Guy Cormier LA SEMAINE New York pire que Beyrouth Savez-vous qu'en l'année 1989 il y eut deux fois plus de morts violentes à New York qu'à Beyrouth?Le grand banditisme peut tuer aussi bien que la guerre.Dans la grande métropole américaine des enfants de 9 ans sont atteints par des balles qui ne leur sont pas destinées.Le drame est arrivé de nouveau la semaine dernière.Nul n'est à l'abri d'un coup mortel.La peine de mort n'est pas abolie aux États-Unis.Donc, le châtiment suprême ne détourne pas du pire des crimes?Les choses se présentent dune manière étrange.Par exemple, l'organisation Amnistie internationale, vouée à la défense des droits de l'homme, donne régulièrement une mauvaise note aux États-Unis, parce que «2300 personnes sont sous le coup d'une condamnation à mort» et parce que «la peine de mort est le plus souvent prononcée lorsque la victime appartient à la communauté blanche».Si 37 États conservent la peine de mort cornue recours final contre les criminels, 22 d'entre eux ne l'ont jamais appliquée, d'après le New York Times.Il reste qu'entre 2300 et 2345 condamnés attendent le jour de l'exécution.C'est ici qu'apparait la plus extraordinaire des bizarreries.Certains meurtriers attendent la chaise, la corde ou le poison depuis 1974! De remise en remise, d'appel en appel, ils survivent.Mais dans quelles conditions! Au cours d'une interview réalisée à la prison de Sing Sing, le célèbre auteur Truman Capote, aujourd'hui disparu, avait recueilli l'aveu de condamnes à mort disant qu'ils préféraient d'emblée la mort à la prison.Crime et châtiment: les deux bouts de la même chaîne mystérieuse.Toé, tais-toé ! BSS2 oe, tais-toé! Selon la légende, c'est en ces ter-I mes que Maurice Duplessis, féru de formules littéraires, avait apostrophé un ministre trop bavard à son goût.S.M.Elizabeth II ne dira jamais «toé, tais-toé», mais le résultat est le même quand elle interdit la publication d'un livre dont le propos lui est désagréable.L'interdiction s'étend, te- S.M.Elizabeth II nez-vous bien, au monde entier.C'est ce qui s'appelle faire les choses royalement.Pas de demi-mesure, please.Le livre en question.Courting Disaster, est un ramassis d'indiscrétions sur la cour d'Angleterre.Inventions?Enjolivements d'épisodes réels?Chronique fidèle?Difficile de répondre quand il est même interdit de discuter du livre.L'auteur raconte comment le prince Andrew fit entrer au palais une vedette du cinéma porno, comment la reine fit chasser la pécheresse, etc.Bref, du croustillant.Épisode cent fois rebâché, disent les critiques que l'oeuvre de Malcom Barker n'impressionne nullement.Le livre, disent-ils, ne possède aucune valeur.Mais s'il n'a vraiment aucune valeur, pourquoi l'interdire?Il faut préciser que ledit Malcom Barker était à l'emploi de la maison royale et que son contrat lui interdisait formellement d'écrire ses «mémoires» de petit serviteur d'une grande dame.C'est l'argument légal sur lequel repose l'interdit.Mercredi, à l'émission As it Happens, un animateur de la radio a lu des extraits du livre maudit.Bravo! On est pour la liberté d'expression, ou on n'est pas pour la liberté d'expression.EN DIAGONALE Liberia WÊ iberia.Le nom de ce pays vient du mot «libcr-Bkfl te».Ouel humour macabre! quand on lit le récit des événements sur ce territoire livré à la guerre civile.Des soldats du president Doe ont massacré 600 civils réfugies dans une église.Des êtres inoffensifs et sans défense.Surtout des femmes et des enfants.Un massacre indescriptible, attribuable en partie à des rivalités tribales.Et que fait le monde civilisé?Il regarde en spectateur.Certes, la Croix-Rouge fait ce qu'elle peut, les ambassadeurs sur place alertent leur capitale respective, des navires américains croisent dans les parages.Mais rien n'arrête la folie meurtrière des frères ennemis.On a assez dit et répété que toute intervention relève de l'ingérence, que toute présence étrangère est une manifestation d'impérialisme que les grandes puissances restent excessivement discrètes.Hypocrisie ou sage retenue?Quand les Blancs se jettent les uns sur les autres ou que les Noirs s'attaquent mutuellement, la communauté internationale reste figée.De toute façon, l'invasion du Koweït par l'Irak avait déjà effacé jeudi soir du tableau le malheureux Liberia.La STCUM en panne rresponsable, scandaleux et ridicule.Voilà en I quels termes choisis la Coalition démocratique de Montréal parle de la performance de la Société Robert Perreault de transport de la Communauté urbaine de Montréal.M.Robert Perreault, gestionnaire de la régie du transport, est personnellement pris à partie en termes particulièrement vifs.Le ton de M.Guy Chartrand, président de Transport 2000, est plus modéré, mais ses conclusions sont franchement pessimistes.Non seulement le service ne s'améliore pas, il se détériore, contrairement aux promesses.«Avec une poussée des dépenses d'exploitation dépassant les 8 p.cent (de 1988 à 1989) la performance de la STCUM continue de se détériorer.» En d'autres mots, plus ça coûte cher, moins ça rapporte.La régie des transports est un organisme colonisé.Colonisé non pas par l'étranger, mais colonisé de l'intérieur, par une direction qui ne tient pas ses promesses et par des syndicats déraisonnables.Les deux partenaires donnent l'impression de s'entendre comme larrons en foire pour déposséder le public, malgré les apparences, malgré une polémique incessante et des grèves révoltantes par leur répétition et leur durée.Admettons que tout cela reste une impression archifausse, parce que ce serait vraiment trop bêle.Mais, alors, il faudra expliquer pourquoi la clientele diminue.La régie des transports se targue d'une grande sollicitude pour le public.La vraie sollicitude se manifeste dans la qualité du service.Il n'y '4 pas de bilan public des pannes dans le métro.(Et les escaliers qui ne roulent pas!).Certaines lignes d'autobus sont tellement minables qu'il vaudrait mieux y renoncer.Lesautobiu.portaient à l'arrière (à l'extérieur) le numéro de la ligne de service.Ces indications ont disparu à la suite, semble-t-il, d'un malentendu avec le syndicat.Tant pis pour le cochon de payant! La belle phrase efle la semaine \u201e H ai des plans, des programmes, des altitudes \" *S très fermes et très bien arrêtées sur ce que devrait être le Canada.» \u2014 M.Brian Mulroney, à Sainte-Anne-de-Portneuf, le 30 juillet LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 5 AOÛT 1990 La B 3 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 5 AOÛT 1990 La personnalité de la semaine Ce jésuite prend sa retraite après 40 ans de réconfort auprès des pompiers de Montréal ANNE-MARIE SIMARD *T~y v pere Morin?Ah! C'est tout un phcno-j j mené!» s'exclame le A H père Barrette, qui H I travaille à ses côtés mLÀ depuis dix ans.«C'est une institution chez les pompiers.II ne laisse personne indifférent», ajoute le père Delisle, jésuite comme le père Morin.Le père Dollard Morin est l'aumônier des pompiers depuis 40 ans.Le 19 août, il prendra sa retraite.Les pompiers ne le verront donc plus arriver sur les lieux des incendies dans sa vieille bagnole, gyrophares et sirènes en action.«Quand le père Morin est là, c'est un feu qui a du bon sens», blague un photographe de La Presse en service depuis 27 ans.Le père Morin fêtera son 80e anniversaire le 16 août.Depuis trois ans, il a des problèmes ré-Baux et doit subir une dialyse trois après-midi par semaine.«Il souffre des reins et porte un régulateur cardiaque, mais il mange encore comme un défoncé», dit le père Delisle, envieux.«11 a une santé de fer», lance-t-il.le m'attends donc à rencontrer un véritable bulldozer lorsque je franchis le seuil de la chambre, à l'hôpital Notre-Dame, où il passe l'après-midi.En fait, c'est un homme affaibli et sans entrain que j'y trouve, relié à une grosse machine par des tubes remplis de sang.On le serait à moins.Néanmoins, sa mâchoire carrée, ses tempes grises et son profil net témoignent d'une grande force de caractère.11 ne parait pas son âge.Doucement, il me parle de son monde, les pompiers.D'ailleurs, même allongé sur son lit, il porte toujours son uniforme.L'aumônier connaît presque tous les 1 700 pompiers de Montréal par leur nom.«Pour les plus jeunes, nouveaux dans le service, c'est difficile, mais j'essaie», admet-il.En alerte 24 heures sur 24 Chez lui, à la résidence Saint-Malo à Longueuil, la radio du service des incendies fonctionne en permanence.Impossible de rater un feu, même en pleine nuit: son balateur le tient en alerte 24 heures sur 24.Les pompiers se cotisent pour lui offrir une voiture usagée qu'ils remplacent tous les deux ou trois ans.Ainsi, il est plus rapidement sur les lieux d'un feu.Il est un des leurs.Après sa retraite, il sera nommé «aumônier honoraire».Il n'aura plus d'obligations mais pourra se rendre à la caserne aussi souvent qu'il le voudra pour rendre visite à ses amis.« l'aime tous les pompiers», murmure-t-il.Mais d'où vient cette passion pour le monde des pompiers?Rien dans sa vie ne Ta mené vers cela.Enfant, il habite à l'angle des rues Saint-Viateur et Saint-Laurent, «près d'la track », en haut de l'épicerie de son père.Issu d'un quartier ouvrier, ses parents l'envoient toutefois étudier au collège Sainte-Marie, dirigé par les jésuites.«Il n'en coûtait que huit dollars par mois», précise-t-il, le sourire en coin.Mais les années qui suivent seront plus austères: c'est la dépression et le jeune Dollard Morin doit conduire un taxi pour payer ses études.Heureusement, les jésuites, en échange de menus travaux, lui ouvrent les portes du collège Brébeuf, gratuitement.Ils y gagneront car il se joindra à leur communauté en 1932, à l'âge de 22 ans.Il enseigne ensuite pendant cinq ans les langues et la philo au collège Sainte-Marie.Il a déjà «l'appel du feu»: en pleine classe, entendant les sirènes de camions de pompiers, il entraine tous ses élèves sur les lieux du sinistre.En 1950, il embrasse finalement sa vocation auprès des pompiers de Montréal.On ne compte plus depuis ses accomplissements.II fonde, en 1959, la Guilde des pompiers chrétiens d'Amérique du Nord.En trente ans d'activités, la Guilde a re- «Onze morts.Longtemps après, les pompiers avaient encore des visions de tous ces vieillards aux fenêtres, agitant des mouchoirs blancs » joint environ 17 000 pompiers et recueilli 100 000 S.distribués dans les regions pauvres du globe.Des souvenirs.embrasés Le père ne tourne que très rarement sa téte vers moi.Les yeux fixés au plafond, il raconte ses souvenirs.embrases.«Le pire incendie que j'ai connu?En 1952.à l'hospice Sainte-Cuné-gonde, près du Forum.Onze morts.Longtemps après, les pompiers avaient encore des visions de tous ces vieillards au fenêtres, agitant des mouchoirs blancs.» Mais i! y a aussi les bons souvenirs: «Après un gros feu, on se ramassait tous chez le chef.Il disait: V'nez vous en, l'pèrc! Les gars se débarbouillaient et tout le monde y allait de son histoire.On mangeait du porc frais jusqu'aux petites heures.» Les moments pénibles ont aussi leur place: c'est a lui qu'incombe la tâche d'annoncer aux familles les décès des pompiers morts en service.De plus, il doit donner les derniers sacrements aux victimes, dans des décombres calcinés.Le père Morin vient en aide aux pompiers aux instants les plus tragiques de leur vie, mais il partage aussi les beaux moments: en 40 ans, on ne compte plus le nombre de pompiers qu'il a mariés, et dont il a baptisé les enfants.L'aumônier conseillle les couples, dont la stabilité est parfois malmenée par les horaires irréguliers des pompiers.Occasionnellement, il a même gardé leurs enfants.«Mon meilleur souvenir, c'est l'amitié qu'on se témoigne.» Des amis partout Le rayonnement du père Morin dépasse les casernes montréalaises.Il a reçu la semaine dernière une gigantesque carte, signée par une centaine de pompiers de Windsor, en Ontario, soulignant son 80e anniversaire.«Il est connu comme Barabbas dans la Passion», s'exclame le père Barrette.Ce n'est pas étonnant: en vacances, il saute dans sa voiture et part visiter les casernes du Canada et des Etats-Unis.A tous ces superlatifs, le pere Delisle met un bémol: «Au quotidien, le pere Morin n'est pas facile a vivre.Il a une vraie tete de cochon».Lorsque je répète ces mots au pere alite, ce dernier parait surpris, mais sourit malicieusement, «l'espère que c'est faux, répond-il, car dans le service, il faut être souple et accueillant.C'est pas le temps de faire de la casse ! » «Ça prend quelqu'un de spécial car c'est un milieu rude», concede le père Delisle.Le père Barrette, qui est l'aumônier de la police et qui remplacera bientôt le père Morin dans ses fonctions, raconte: «Dans les reunions, les gars sacrent comme des charretiers.Nous, les aumôniers, on leur dit: Laissez nos outils tranquilles! On ne touche pas à vos boyaux et à vos échelles.Et ils rient.» Ce père au visage dur conclut : « 11 faut parler un langage pour se faire comprendre».Ce qui frappe le plus chez le père Morin, c'est sa sérénité presque surnaturelle.«le suis Roger-bon-temps, je vis avec l'air du temps», dit-il avec détachement.«Avec la dialyse trois fois par semaine, je suis attaché.Je ne peux plus aller bien loin ».ex-plique-t-il, dans un grand rire.Sans amertume, il accepte cette immobilité forcée et un régime alimentaire astreignant.lui, une si «bonne fourchette».Le père Morin est tolérant et «de son temps».«À la caserne, on se fait abasourdir: le gros rock, la musique bruyante.je laisse ça aux jeunes!» dit-il, l'oeil pétillant.«Le mois dernier, les pompiers ont initié un petit nouveau dans une caserne.Ils l'avaient tout ficelé et barbouillé.En me voyant arriver, le jeune était tout mal à l'aise.Voyons! ont dit les autres: l'pèrc, il en a vu d'autres.» «C'est simple, il a un coeur grand comme ça!» dit le père Delisle en écartant les bras.Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, Vexcellence naît de Veffort.AîrCanada i AIM B 4 LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 5 AOUT 1990 Acropole: le grand ménage 4' \\.,kftVt STEPHEN WEEKS Renter Mill MS H L'Acropole d'Athènes subit ac-tucllcmcnl ses plus importants travaux de réfection depuis sa construction sous Pericles, voici 2500 ans.Le projet de restauration, qui prévoit des travaux non seulement en cette fin de siècle niais aussi au début du siècle prochain, a transforme ce site visite chaque année par trois millions de touristes en un chantier de construction anime.Des grues mobiles déplacent des blocs de marbre de neuf tonnes et tics maçons, venus pour la plupart île l'île de Tinos où subsiste une tradition de maçonnerie, découpent de nouveaux blocs de marbre éblouissants sous le soleil.Trois temples sont démantelés et reconstruits, y compris le Parthenon, et des travaux importants sont engages dans l'entrée monumentale de l'Acropole.« |e tiens a ce que vous réalisiez l'importance de ces travaux», déclare Cornelia Hadziaslani, archéologue et architecte auprès du ministère grec de la Culture.Periclès.qui a gouverné Athènes au temps de sa splendeur, entre la défaite des Perses en 480 avant Icstis-et le début de la guerre du Péloponnèse face à Sparte en 451 avant lesus-Christ, avait donne le coup d'envoi des travaux de l'Acropole en 447 avant I.C.Il voulait que les temples de ce sanctuaire consacré à Athéna, déesse de la pensée et des arts \u2014 Secret mal gardé : plus solide que I acier AP-PC L'Acropole à Athènes: 15 000 touristes par jour en moyenne Parthenon, Eréchtheion et Athena Nike\u2014 fassent d'Athènes la plus belle et la plus puissante des cités grecques.Les vestiges actuels sont une combinaison de beauté, de grandeur et de témoignages historiques.Chacun des temples est considéré comme un chef-d'oeuvre de l'art grec antique.«Les meilleurs artisans de la ville avaient été employés à la construction de cette suprême réalisation», explique l'historien britannique Cyril Robinson à propos du Parthenon.« Le monde n'a.jamais connu d'équivalent, et n'en connaîtra peut-être pas.» Au cours des siècles, les temples ont subi les conséquences des multiples tremblements de terre, mais encore de tirs de canon, et ont de temps à autre été transformés en églises chrétiennes ou mosquées.Les Turcs s'en sont Médecine fi IL Les petites misères de la médecine moderne W.GIFFORD-JONES collaboration spéciale st-il possible de se tromper de corps au salon funéraire?Est-ce que boire quelques bières stimule votre appétit?Et la nitroglycérine peut-elle venir à bout de l'impuissance?Cette semaine, je vous raconte quatre petites histoires insolites.Pour la majorité des gens, les pathologistes sont des médecins qui examinent uniquement les personnes décédées.À ce titre, ils sont souvent prétextes à de bonnes blagues.Des remarques comme «Au moins, vous ne risquez pas d'être poursuivi par votre patient» ou « l'imagine que votre travail n'est pas aussi essentiel que celui d'un chirurgien».Mais il y a aussi des jours dramatiques dans la vie d'un pathologiste.Une récente anecdote enseigne que tout le monde peut avoir besoin d'un minimum d'humour.Le docteur Eric Charon est le pseudonyme d'un pathologiste du Manitoba.11 a écrit dans le Medical Post à propos d'un cas d'erreur d'identification.Un pathologiste est demande pour pratiquer une autopsie sur une femme âgée morte à l'hôpital.Aucune étiquette d'identification n'est attachée à la personne dont la famille vit à l'extérieur de la ville.La permission pour l'autopsie est accordée par téléphone.Une infirmière qui n'aimait pas la morgue a finalement identifié le corps en un bref coup d'oeil pour les fins de l'autopsie.Le pathologiste devient de plus en plus mal à l'aise en faisant son examen.Il n'arrive à repérer aucun des diagnostics inscrits dans le dossier de la patiente.11 conclut finalement qu'il travaille sur la mauvaise personne.Mais alors où est le bon corps?Une pluie de coups de téléphone révèle une terrible erreur.Les employés du service de pompes funèbres n'ont pas enlevé le bon corps de la morgue.Mais il y a pire.Il semble impossible de réparer l'erreur sans créer d'autres colères.Pourquoi?Parce que la famille est en train de voir la mauvaise personne au salon funéraire.On n'imagine pas le propriétaire du salon dire à la famille éprouvée: «Excusez-moi, je vais changer les corps!» Mais l'histoire se termine bien.La famille comprend les explications du propriétaire du salon.Pourquoi ne s'était-elle pas plaint auparavant?Elle pensait que le repos éternel avait donné à leur mère d'extraordinaires changements physiques.L'alcool peut-il stimuler l'appétit?Cette histoire de la médecine moderne révèle qu'il n'y a pas de limite au type de nourriture que l'on peut manger avant de se coucher.Un soir, un mineur boit pendant quelques heures de la bière en fut.Après cela, il devait manger un sandwich au jambon et fromage et aller se coucher.Mais il défie plutôt ses compagnons de table qui parient 100$ s'il avale une chauve-souris vivante! Et il le fait.Ce récit m'a fait trembler quand je l'ai lu.Mais il y a des complications dans cette histoire d'horreur.Les chauve-souris peuvent transmettre la rage.La soirée s'est donc terminée avec des vaccins contre la rage pour le mineur et ses compagnons, et avec des réprimandes sévères du vétérinaire qui les a injectés.Voici une autre étonnante histoire médicale.Un gamin de 10 ans de Dublin, en Irlande, perd les deux tiers de son nez quand le verre d'un abat-jour s'écrase sur sa tète.Ses parents emballent promptement le nez dans du plastique, l'immergent dans l'eau froide et l'amènent avec leur fils au Dublin National Plastic and Burn Unit.Le docteur Denis Lawlor, u-tilisant des techniques de microchirurgie, remet le nez en place.Mais il y a un problème.Il ne peut pas rétablir un nombre suffisant de vaisseaux sanguins pour que le nez reprenne vie.Le seul espoir consiste à placer trois sangsues sur l'incision pendant une demi-heure.Une substance appelée hirudine dans la salive de la sangsue agit comme un anticoagulant et continue à fonctionner même après que l'on ait enlevé la sangsue.Les chirurgiens affirment que le nez du garçon fonctionne bien et peut encore sentir.La force explosive de la nitroglycérine peut-elle venir à bout de l'impuissance?Belle pensée, qui a traversé l'esprit du docteur Alvaro Morales, chercheur en urologie à l'université Queen's de Toronto.Le docteur Morales a étudié 26 hommes qui ont passé deux nuits consécutives dans un laboratoire du sommeil d'un hôpital.Le matin venu, on a demandé à certains d'entre eux d'appliquer un onguent de ny-troglycérine à la base de leur pénis.Les autres ont reçu un onguent sans nytroglycérine.Ils ont par la suite été exposés à un court métrage erotique de cinq minutes pendant lesquelles on mesurait la variation de la circonférence de leur pénis.Le docteur Morales rapporte que 18 des 26 hommes ont répondu de façon significative au traitement.Il croit que l'onguent aurait un effet encore plus important dans un cadre plus romantique.)e ne peux pas être plus d'accord avec lui.C'est difficile d'imaginer comment on peut en arriver à une réponse significative avec quelqu'un qui mesure son organe avec un ruban! Peu importe le nombre de films visionnés.Mais cela montre jusqu'où l'homme peut aller pour vaincre l'impuissance.Le docteur Morales prévient que d'autres études sont nécessaires! s 1 même servi pour loger leurs harems.Le temple d'Athéna Nike a été déjà démantelé au XVIIe siècle pour faire place à une batterie de canons turcs.Actuellement, le plus grand ennemi de l'Acr.opole est la pollution, Athènes étant située dans une cuvette baignant régulièrement dans un smog appelé «Nefos».Par ailleurs, les archéologues doivent déjouer les erreurs commises dans le passé lors de précédents travaux de restauration.Nouvelle techniques Des ordinateurs et de nouvelles techniques archéologiques sont utilisés pour déterminer la place originelle de chaque bloc de marbre, car lors d'une restauration dirigée voici un siècle environ par Nicholas Belanos, des erreurs avaient été commises et des blocs replacés à mauvais escient.«Un bloc peut très bien avoir été utilisé pour le mur nord alors qu'il appartenait au mur sud.Nous les remettrons à leur bonne place», déclare Hadziaslani.Il a déjà fallu 10 ans pour démanteler l'Eréchthéion, célèbre pour ses six Caryatides \u2014 statues de femmes en marbre orientées vers la vieille ville d'Athènes.Les Caryatides ont été transportées au musée de l'Acropole, hormis l'une d'elles qui se trouve au British Museum car elle avait été emportée par le diplomate britannique Lord Elgin au début du XIXe siècle.Du fait de la pollution d'Athènes de la forte fréquentation du site \u2014 15 000 touristes par jour \u2014-, les Caryatides ne resteront pas sur l'Acropole.Elles sont remplacées par des copies en marbre ou ciment blanc.Les maçons et archéologues chargés de la réfection travaillent d'arrache-pied mais une question reste posée: quelle proportion de monuments doit être restaurée?«Quoi que vous fassiez, vous êtes critiqué pour en faire trop ou trop peu», explique Hadziaslani.De tels débats font rage depuis des années: les vieux monuments européens doivent-ils être restaurés et redevenir exactement ce qu'ils étaient au temps de leur splendeur, ou laissés en l'état, nobles ruines frappées de décadence?BOSTON ¦ lusqu a maintenant, l'armée américaine gardait le secret sur les applications qu'elle pensait faire d'une découverte récente: des chercheurs ont en effet trouvé le moyen de fabriquer une fibre plus solide que celle que produisent les vers à soie ou les araignées.En fait, une fibre plus solide que l'acier.Le secret est maintenant levé.Les militaires espèrent utiliser cette fibre pour des gilets pare-balles, des casques, des cordes de parachute et autres équipements qui doivent être à la fois solides et légers.Et l'industrie de la mode pourrait s'intéresser à ce nouveau matériau: peut-être est-ce le retour massif des bas de soie?L'industrie de la soie a longtemps dépendu de la production des vers à soie, qui coûte cher et prend du temps.Ce commerce de la soie est une tradition, depuis des siècles, au lapon et en Chine, où l'on élève des vers à soie.Mais la production massive de soie artificielle pourrait un jour changer le contexte économique de cette industrie, estime Stephen Lombardi, le biologiste moléculaire à qui l'on attribue cette invention.Procédé simple «lusqu'à présent, on utilisait l'ancienne méthode, avec beaucoup de main-d'oeuvre pour s'occuper de l'élevage des vers à soie», explique Lombardi, âgé de 28 ans.«Le nouveau procédé est simple et peu coûteux.Notre intention était de trouver un système pour produire à bas prix de grandes quantités de soie, et il n'y a aucune raison pour que le grand public n'en profite pas.» Lombardi a réussi à isoler le gène producteur de soie chez une araignée, l'«orbe doré», et à implanter ce gène dans des bactéries qui, à leur tour, produisent des protéines de soie.Jusqu'à present, les araignées n'étaient pas des producteurs de soie utilisables.Contrairement aux vers, on ne pouvait en faire l'élevage, et on n'arrivait pas à les maintenir en vie suffisamment longtemps pour produire des quantités de soie intéressantes.Mais avec la découverte de Lombardi, il n'y aura plus besoin d'araignées.Cette découverte ne fait pas plaisir à tout le monde.L'idée qu'elle pourrait remplacer les vers à soie est «un non-sens», fulmine lack Shamash, président du plus gros importateur américain de vers, Shamash et Fils, de New York.Lombardi, chercheur civil, travaille au Laboratoire de recherches militaires de Natick, au sud de Boston.Sa découverte date du printemps dernier, et il vient de la presenter lors d'une conférence à La Nouvelle-Orléans.Cela fait des années que les chercheurs étudient les araignées et le moyen qu'elles utilisent pour produire de la soie afin de tisser leurs toiles.Cette soie est très résistante: depuis des siècles, des pécheurs de Nouvelle-Guinée ou de Madagascar l'utilisent pour fabriquer leurs filets.Et l'enveloppe d'une montgolfière exposée à la Poire Mondiale est faite de soie d'araignée.Cette soie a une limite élastique à la traction 10 fois plus grande que l'acier et peut être étirée de 18 p.cent sans rompre.Selon Lombardi, elle pourrait remplacer le «kevlar» dans la fabrication des gilets pare-balles, et pourrait servir pour les cordes de parachute, les tentes légères, les uniformes et même certains matériels à base de fibres optiques.Ça semble plus léger, mais c'est, plus solide: «N'oubliez pas que certaines espèces d'araignées à Madagascar arrivent à fabriquer des pièges à oiseaux.C'est du solide», dit Lombardi.Les animaux fi La coupe English Saddle: plus sûr que le ridicule, c'est parfois l'an est hesique qui tue.La beauté sans la cruauté DR FRANÇOIS LUBRINA collaboration spéciale près le récent massacre des requins achevés à coups de marteaux à l'aquarium de la Ronde, après la macabre découverte cet été de chenils-charniers dignes des sinistres camps de concentration nazis, voici qu'un nouveau scandale animalier fait la une de La Presse: le pot aux roses des salons de beauté pour chiens et chats enfin dévoilé par la remarquable enquête de Conrad Bcmier.On ferait donc grand usage, illégalement et non sans risques, d'anesthésiques et de tranquillisants pour raser, démêler, épi-ler, laver, tondre, sécher.nos compagnons à quatre pattes! Tout cela pour nos beaux yeux puisque nos pitous n'ont pas, eux, la fatuité de s'admirer dans un miroir! Depuis des années, des rumeurs de cas de mortalité étaient régulièrement rapportés de bouches à oreilles.Pourtant aucune enquête globale et sérieuse n'avait encore abouti.Folles et délirantes Si la genl canine et féline en est rendu à subir de tels sévices, c'est \u2014bien sur\u2014 la faute de certains toiletteurs peu scrupuleux qui usent et abusent illéga- lement de drogues pourtant officiellement contrôlées; mais aussi de réseaux de distribution officieux.Toutefois la vraie question demeure: pourquoi utilise-t-on autant d'anesthésiques ou de calmants dans plusieurs salons de beauté?Les canons (souvent discutables) de la beauté canine et féline ont connu leur apogée délirante et guignolcsque avec notre société des loisirs.Une prolifération de races aux allures bigarrées, folles et extravagantes, exigeant des soins de beauté complexes et un entretien suivi, est venue meubler nos nombreux temps libres: décotonner de peine et de misère son hyma-layen, c'est quand même plus ù la mode que le tricot de grand-maman !.Mais mis à part le côté passe-temps, quel est l'intérêt réel de certains standards excessifs?La longue robe fine de l'afghan par exemple, qui nécessite un rigoureux peignage quotidien?Ou celle du chat persan?Nombre de terriers doivent aussi se faire tondre ou épiler régulièrement les oreilles.Quant aux canons de la beauté canine pour les expositions, ils imposent des coupes excentriques aux caniches.Exhibitionnistes À cela s'ajoutent bien sûr tous les fantasmes exhibitionnistes de certains propriétaires dont les salons de beauté se font les complices complaisants: shampooings colorants ( rose, bleu ou mauve), manucure et pédicure avec vernis à ongles-Mais quelques chiens et chats québécois, lassés de ces contraintes débiles, ne sont pas du tout prêts à se laisser encore tondre comme des moutons, pour respecter des standards très britanniques (société distincte oblige).D'autres, au poil trop feutré, subissent mal un démêlage ou un rasage besogneux et douloureux.Si leur poil est devenu une vraie carapace et que la lame de la tondeuse chauffe un tantinet trop, leur peau risque de brûler! Quand leur épiderme n'est pas entaillé à certains endroits sensibles.Lorsque le fond de ses oreilles, enfin, est trop touffu et sale, Pitou se braque parfois de douleur lors de l'épilation.Et combien de chats trop «cotonnés» paniquent, mordent ou griffent au seul bruit de la tondeuse.Drame Pour pouvoir travailler dans des conditions ni trop dangereuses, ni héroïques, certains toiletteurs anesthésient ou tranquillisent tout bonnement leurs petits impatients de façon tout à fait illégale.Sans souci de savoir si minou souffre de cardiopathie, ou pitou d'une insuffisance rénale ou hépatique.Et, malheureusement, c'est parfois le drame! Pour éviter que les salons de beauté se transforment donc en salles de tortures officielles ou en officines, vétérinaires, officieuses où l'on utiliserait toutes sortes de drogues à tire-larigot, il conviendrait sans doute: ¦ de réglementer d'abord les métiers du toilettage en créant des normes strictes; en exigeant aussi l'obtention d'un CAP (Certificat d'aptitudes professionnelles) de toiletteur avant de se lancer en affaires, (ce qui relève du gouvernement du Québec); ¦ de décourager la production de races foncièrement à problêmes: chats et chiens au poil trop long (et qui n'ont aucune utilité pratique); chiens aux oreilles trop rabattues ou trop velues, et minées d'otites chroniques, etc-.(ce qui dépend du bon vouloir du Cercle canadien du chenil et des associations d'éleveurs); ¦ d'inciter les toiletteurs à référer leurs cas problèmes d'animaux rétifs, agressifs, ou traumatisés, à des collègues qui ont, eux, les facilités de faire tranquilliser ou anesthésier de tels animaux sous contrôle vétérinaire ( un certain nombre de salons de toilettage fonctionnent déjà en collaboration étroite avec des cliniques ou hôpitaux vétérinaires).¦ de mieux contrôler enfin la circulation et l'usage illégal des médicaments vétérinaires pour usage animal et humain aussi (responsabilité entre autres de la Corporation des vétérinaires).La «benjohnsonite» ne faisant pas des ravages et dégâts que chez les athlètes à deux pattes! LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 5 AOUT 1990 B5 V E F F 1 * 4 A \u2022 i Germain Tardif c Dr Theodore Sourkcs, de l'Institut Allan Memorial, co-dé-couvreur, en 1951, du médicament L-Dopa pour le traitement de la maladie de Parkinson, a reçu la médaille du Collège canadien de neuropsycho-pharmacologic.Ce prix a été créé afin de reconnaître une contribution exceptionnelle dans le domaine que couvre le Collège.Le Dr Sourkes a été un pionnier de l'étude des liens entre la biochimie et la maladie mentale.Deux autres prix ont été décernés par le CCNP à des chercheurs de l'Institut.Le prix Heinz Lehmann 1990, décerné à un scientifique canadien pour des recherches exceptionnelles, est allé au Dr Simon Young, pour ses travaux sur la nutrition et le cerveau.D'autre part, le prix Jeune chercheur 1990 a été remis au Dr Pierre Blicr, pour ses travaux sur la neurotransmission de la sérotonine et les médicaments antidépresseurs, et au Dr Paul Clarke, du département de pharmacologie de McGill, pour ses recherches sur la nicotine et ses effets sur le cerveau.¦A M.Paul-Yvon Lesagc, directeur général de la Caisse populaire Sainte-Thérèse de Blainville, a récemment reçu le prix Michcl-Bohec, remis par la Chambre de commerce de Groulx à la per-sonnalité du comté qui s'est le plus distinguée, au cours de Tannée écoulée, par son implication sociale et professionnelle.Le titre lui a été décerné lors d'un souper-gala auquel assistaient plus de 300 personnes représentant divers milieux sociaux et économiques de la région.i i f\u2014r M.Denis Bourgeois, de Brossard, a été élu membre de la Société canadienne des peintres à l'aquarelle.Cette société a été fondée, en 1925, par quelques artistes du Groupe des Sept et regroupe 125 aquarellistes parmi les plus reconnus au Canada.Pour accompagner cet honneur, un tableau de lui figurera dans la collection Diplôme, exposée en permanence au Centre national d'expositions, à Sainte-Catherine, en Ontario.L'Institut de recherches cliniques de Montréal, un centre de recherche biomédicale voué à l'étude des causes, des mécanismes, du traitement et de la prévention des maladies, prépare son tournoi de golf annuel qui aura lieu le 13 août, au Club de golf Grand-Mère.M.Jean Chrétien sera le président d'honneur de cet événement où seront accueillis près de 200 participants.Pour renseignements: 987-5508.O M.Louis Cyr\\ (photo), diplômé du département de l'informatique et des HEC, vient d'être élu à la présidence de l'Association des diplômés de l'Université de Montréal.Les administrateurs de l'Association ont aussi élu quatre vice-présidents qui sont, dans l'ordre, M.Christian Tremblay, M mes Danielle Dan-screau (finances), le juge Marie Deschamps (revue), et M.Robert Théroux (activités socioculturelles, sportives et régionales).L'Association compte plus de 125 000 membres.M.Serge Leblanc, de Chicou-timi, a été nommé responsable provincial de la promotion de l'Association de paralysie cérébrale du Québec.Il était, jusqu'ici, directeur exécutif du chapitre du Saguenay-Lae-Saint-jean de cet organisme.M.lean La-fle uni été nommé directeur au conseil d'administration du Fonds international pour le développement de l'éducation physique et du sport.Affilié à l'UNESCO, cet organisme a pour but de promouvoir l'activité physique et le sport dans le monde.11 compte des représentants d'environ une douzaine de pays, dont le Canada.O M.Marc Verniettc a récemment offert à l'Hôpital Marie Enfant deux oeuvres de son père, Claude Vcrmette, céramiste et aquarelliste réputé du Québec.11 s'agit de deux aquarelles réalisées en 1982.Trois oeuvres de cet artiste ornent maintenant les murs de l'hôpital.En effet, il créait, il y a une vingtaine d'années, les céramiques de la piscine thérapeutique de l'institution, donnant un environnement esthétique des plus stimulants aux enfants qui y suivent des séances d'hydrothérapie.M.Vcrmettc est, on le sait, le signataire des céramiques de plusieurs stations du métro de Montréal.A MARDI Nouvel appareil a la Cité de la santé Grâce à sa Fondation, la Cité de la Santé de Laval bénéficie, pour son unité des soins intensifs et coronariens, d'un système de monitoring cardiaque non invasif.Ce nouvel appareil technique, d'un coût de 25 000$, sert à mesurer le flot sanguin, le débit cardiaque et l'effet des médicaments sur les patients.De gauche à droite, M.Jean-Louis Bédard, président de la Fondation, et Mme Nicole Bellerose, infirmière-chef de l'unité des soins intensifs et coronariens de l'hôpital.Premiers diplômés en commerce International Le collège 0'Sullivan a remis les attestations d'études collégiales, sanctionnées par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science, aux premiers finissants du programme d'études en techniques de commerce international.De gauche à droite: Pierre Siry, Maria Aleman et Monique Le Menn avec M.J.Rodolphe Rousseau, pdg de ce collège qui est la seule institution au Québec à enseigner un tel programme.Un autre diplômé, Martin Leduc, n'apparaît pas sur la photo.¦\u2022r Prix d'excellence en affaires sociales La Société pour les enfants handicapés du Québec se faisait récemment remettre le Prix d'excellence en Affaires sociales, la plus haute distinction remise à un organisme par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.Une bourse de 20 000 S accompagnait ce prix.La Société dispense ses services depuis 1930 dans la région de Montréal et de Lanaudie-re.Elle s'installera bientôt dans la région de Québec.De gauche à droite: M.Henri R.Dorion, vice-président de la Société, Mme Juliette P.Ballly, présidente du jury, MM.Marc-Yvan Côté, ministre de la Santé et des Services sociaux, Jean Lapostole, vice-président du conseil, Andre Dicaire, sous-ministre de la Santé et des Services sociaux, et Claude Bourque, directeur general.Nouvel Avec son équipe multi-disciplinaire de quatre professionnels, l'Association canadienne de la dystrophic musculaire réussit à distribuer efficacement les fonds recueillis lors de son telethon annuel a la recherche et à l'amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de l'une ou l'autre des 40 maladies neuromusculaires qu'elle couvre.C'est ainsi que René et Francine Buissiè-res, que l'on voit ici avec leur fils Eric, âge de 4 ans, vivent un nouvel espoir, car la recherche médicale a permis de localiser le gène responsable de l'amyotrophie spinale.campagne de financement réussie L'École Sacre-Coeur de Montréal vient de célébrer le grand succès initial de la campagne de financement 'Enraciné et fleurissant dans l'amour» pour construire un complexe sportif et culturel.Au début de juillet, 1,9 millions $ ont été recueillis sur un objectif de 2,5 millions S.À la suite du succès remporté jusqu'ici, l'École a décidé que le moment était venu de choisir un architecte.Le contrat a été accordé à M.André Brouillet Sur la photo, dans l'ordre habituel, M.Richard Macklem, président des dons de fondations, Mmes Anita Carrier et Janet Mac-klem, M.Don MacMartin, président de Corby Distilleries où a eu lieu la fête, Mme Marie-Claire Holland, vice-présidente de la campagne, et M.Lorne Carrier, membre du conseil consultatif.Quinxaine M.Claude Ryan, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science, a récemment remis un montant de 250000$ à M.André J.Boutin, (photo) président de la Société pour la promotion de la science et de la technologie.Cet organisme sans but lucratif organise la Quinzaine des sciences, un événement pan-québécois qui se tiendra du 10 au 30 octobre.M.Boutin est également vice-président de groupe à Northern Telecom.Que vienne la pluie! Me Helen Di Salvo, avocate de la Couronne, est désormais à l'abri des eaux du ciel.Lors du tournoi de golf des substituts du Procureur de la Couronne qui s'est tenu récemment à l'Esterel, dans les Laurentides, elle a gagné le large et sécuritaire parapluie de La Presse qui faisait partie de la panoplie de prix distribués aux méritants, à cette occasion.On la voit ici, sous le toits du club en compagnie de Me Michel Pothier, adjoint au chef des substituts, pour le district judiciaire de Montreal, qui était l'un des organisateurs du tournoi et qui peut s'enorgueillir d'une moyenne de coups de 75.plus ou moins, et ceci depuis des années.Tourisme cr ste-Julienno Suzelle Ricard, de Saint-Alexis, et Johanne Ethier, de Sainte-Julienne, accueillent, de 9h à 18h, les touristes en quête d'information, au kiosque situé au 1355 de la route 125, a Sainte-Julienne, grâce à un projet communautaire d'Emploi et Immigration Canada sous le vocable 'Été Canada: un investissement dans la jeunesse» et à l'initiative de la Chambre de commerce de cette localité des Basses Laurentides.L été dernier, ce kiosque avait reçu un grand total de 2200 visiteurs à la fin d'août.A la fin de juillet de cet ete, les deux jeunes filles avaient deja accueilli 1500 visiteurs, ce qui laisse prévoir une hausse du tourisme dans Montcalm, cette année./ Le Monde B6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 5 AOUT 1990 Le régime «koweïtien» serait formé d'Irakiens d'après AFP et Rcutcr LE CAIRE Les neufs officiers militaires nommés par l'Irak pour diriger le Koweït ne sont pas des Koweïtiens mais des Irakiens, ont déclaré hier un ministre et des diplomates koweïtiens à l'étranger.Le colonel Alaa Hussein Ali a été nommé hier à la tête du «gouvernement provisoire libre du Koweït» qui, selon Bagdad, a invité les troupes irakiennes à envahir le pays pour l'aider à renverser la famille al Sabah.Parmi les huit autres membres figurent deux commandants et six capitaines.Le ministre koweïtien des Affaires gouvernementales Abdoul Rahman al Awadi, cité par l'agence égyptienne MENA, a déclaré que «tous ces noms ne sont pas koweïtiens.Il n'est pas un seul Koweïtien qui accepterait de participer à cela».L'ambassadeur du Koweït au Maroc, Abdoul Aziz Abdoullah al Saraoui, a lui aussi dit que tous ces officiers étaient irakiens.Le porte-parole de l'ambassade du Koweït à Tunis a ajouté que le colonel Ali était le gendre du président irakien Saddam Hussein.Cette affirmation a cependant été démentie à Bagdad.La fille unique de Saddam est mariée au ministre irakien de l'Industrie Hussein Kamel, ont déclaré des responsables à Bagdad.Selon l'agence de presse irakienne INA, citant une «source responsable irakienne», aucune personne du nom d'Alaa Hussein Ali «n'appartient à la famille du président Saddam Hussein et n'ait liée d'aucune façon au président».Washington n'écarte pas l'intervention militaire Agcmce France-Presse *¦ y i i.4 WASHINGTON corge Bush a indiqué hier que « toutes les options» étaient toujours envisagées contre l'Irak après son invasion du Koweït, selon un communiqué de la Maison-Blanche publié à l'issue d'une réunion du président américain avec ses principaux conseillers.Selon ce communiqué transmis par le porte-parole de la Maison-Blanche Mar-lin Fitzwater, les États-Unis «continuent à chercher à obtenir le retrait immédiat, complet et inconditionnel des forces irakiennes du Koweït et le rétablissement du gouvernement koweïtien légitime».Aucune mention n'a été faite dans le communiqué de la possibilité d'une attaque irakienne contre l'Arabie Saoudite ni du sort de 14 Américains travaillant dans les puits pétroliers au Koweït et que Washington croit aux mains des Irakiens.Le communiqué indique par ailleurs que Washington se félicite de l'annonce hier par la CEE d'un double embargo sur le.pétrole irakien et koweïtien et sur les ventes d'armes à l'Irak.La réunion de hier a notamment réuni autour du président Bush dans sa résidence de week-end de Camp David (Maryland), le vice-président Dan Quayle, le secrétaire à la Défense Dick Cheney, le secrétaire d'État lames Baker, le directeur de la CIA William Webster et plusieurs membres de la hiérarchie militaire dont le chef d'état-major inter-armes, le général Colin Powell.Le président Bush continuera à suivre la situation dans le Golfe et aura uneréunion avec ses conseillers à son retour à Washington aujourd'hui, a encore précisé la Maison-Blanche.Selon des sources proches de l'opposition koweïtienne à l'étranger, le dirigeant du mouvement pro-démocratique Ahmed al Saadoun, qui a présidé le parlement jusqu'en 1986, a rejeté une offre de Bagdad de diriger le gouvernement.Un militant pro-dé mocratique koweïtien au Caire a déclaré que.Saadoun avait alors été exécuté par les Irakiens.Le gouvernement pro-irakien a annoncé la formation d'une «armée populaire» ouverte à toutes les nationalités.Selon l'Irak, en- viron 140 000 volontaires ont offert de rejoindre la nouvelle armée.À ce sujet l'ambassadeur du Koweït à Washington, cheikh Saud Nasser al-Sabah, a affirmé hier que l'Irak n'a «pas l'intention de se retirer du territoire koweïtien», contrairement à ses affirmations.Le gouvernement provisoire a immédiatement, par décret, déclenché une purge parmi tous les officiers des forces de sécurité.Ainsi tous les officiers ayant atteint le rang de colonel seraient promus et mis à la retraite immédiatement, a précisé la télévision.«Le gouvernement provisoire libre du Koweït, au jour de l'annonce de sa formation, votre excellence président et dirigeant triomphant, vous exprime, au nom du peuple koweïtien et des forces armées sa gratitude et ses remerciements, pour votre décision et votre initiative de répondre à notre appel», a déclaré le nouveau cabinet à l'adresse de Saddam Hussein.D'autre part, l'Irak a annoncé hier soir être disposé à entamer des «négociations» avec le nouveau «gouvernement provisoire du Koweït libre» au sujet des différends frontalier, pétrolier et financier entre Bagdad et le Koweït, a annoncé l'agence irakienne INA.Le président irakien Saddam Hussein a chargé le numéro deux irakien, M.Izzat Ibrahim, de conduire la délégation irakienne à ces négociations, a ajouté l'agence officielle.Par ailleurs, la ville de Koweït était calme hier, mais selon des témoins, les troupes irakiennes ont rencontré une résistance spo-radique.Selon des sources hospitalières, au moins 800 Koweïtiens ont été tués ou blessés depuis le début de l'invasion lancée par les troupes du président Saddam Hussein jeudi dernier.Certains magasins ont ouvert et il y avait un peu plus de circulation dans les rues, mais la présence militaire irakienne domine dans la capitale, qui est restée soumise au couvre-feu.Il a confirmé les informations occidentales faisant état du redéploiement des 100.000 soldats irakiens vers le sud du pays pour assurer la défense des principales intallations pétrolières du Koweït et éliminer les derniers défenseurs koweïtiens.Les troupes irakiennes sillonnaient le centre de la capitale, avec des convois de camions, des pièces d'artillerie et des canons anti-aériens.Des douzaines de tanks ont pris position le long de la côte, les canons pointés vers la mer.Les diplomates koweïtiens à l'étranger ont déclaré que les forces irakiennes avaient pris le contrôle du secteur koweïtien de la zone neutre, riche en pétrole, partagée avec l'Arabie Saoudite.Peu après l'entrée de ses troupes au Koweït, l'Irak avait déclaré que l'invasion visait à défendre les ïjeunes révolutionnaires! qui avaient renversé l'émir dans un coup d'Etat.Mais c'est seulement hier soir que la radio nationale sous con- Des Koweïtiennes pleurent le renversement du régime du cheikh Jaber al-Ahmed al-Sabah à l'occasion d'une manifestation devant l'ambassade irakienne à Londres.photo reuter Le retrait annoncé par l'Irak: enthousiasme très modéré du Kremlin Reuter MOSCOU wê e Kremlin a accueilli hier ¦¦avec un enthousiasme très modéré l'annonce par l'Irak du retrait sous condition de ses troupes du Koweït et la presse soviétique laisse libre cours aux critiques envers le président irakien Saddam Hussein, autrefois «grand ami» de l'Union soviétique.Saddam Hussein est décrit par les éditorialistes soviétiques comme un dictateur assoiffé de sang et qui a persécuté les communistes de son pays.L'Irak a annoncé vendredi qu'il entamerait son retrait aujourd'hui si aucune nouvelle menace ne subsiste sur sa sécurité et celle du Koweït.«Si cette déclaration encourageante est suivie de mesures concrètes, cela voudra dire que la résolution 660 du Conseil de sécurité des Nations Unies et le règlement de cette très grave crise dans le Golfe commencent à entrer en application», a déclaré un porte-parole du ministère soviétique des Affaires étrangères cité par l'agence Tass.La résolution 660, votée jeudi, demande un retrait inconditionnel de l'Irak.L'Union soviétique a été pendant trois décennies le principal fournisseur d'armes de l'Irak.Depuis 1972, les deux pays étaient liés par un des traités d'amitié et de coopération que Moscou signait à l'époque avec ses plus proches alliés.L'ampleur du changement d'attitude du Kremlin a été sensible lorsque les États-Unis et l'Union-soviétique ont condamné conjointement vendredi Tinter- La Conférence islamique demande le retrait immédiat des forças irakiennes d'après Reuter et AFP Lt: CAIRc LU Organisation de la Conférence islamique (OC1) a adopté hier une résolution condamnant «l'agression irakienne» et demandant le «retrait immédiat des forces irakiennes» du Koweït.La résolution demande également le «respect des principes de la charte de l'OCl concernant la non-ingérence dans les affaires des pays membres» et la solution des conflits entre États membres par des «voies pacifiques».Cette résolution, publiée au Caire, a fait l'objet d'un débat spécifique, la question du contentieux irako-koweïtien n'ayant pas été inscrite à Tordre du jour de la 19e conférence de l'OCl.Elle a donné lieu à un débat houleux, interdit aux journalistes, mais au cours duquel, a-t-on appris de bonne source, le Koweït s'est demandé comment une telle attaque avait pu «venir d'un pays que nous avons tant aidé».La résolution affirme notamment son soutien «au régime légitime de l'émir cheikh Jaber al-Ahmed as-Sabah, président de la 5e conférence islamique au sommet».Six des 45 membres de l'OCl n'ont pas voté en faveur de la résolution.Outre l'Irak, il s'agit de la Jordanie, du Yémen, du Soudan, de l'OLP et de la Mauritanie.La résolution rappelle également l'un des principes fondamentaux de la charte de l'organisation à laquelle adhèrent l'Irak et le Koweït: s'abstenir, dans les relations entre États membres, de recourir à la force contre l'unité et l'intégrité territoriale ou l'indépendance de l'un d'eux.Elle demande à l'Irak et au Koweït d'entretenir des relations de bon voisinage, de s'engager à ne pas changer leurs régimes par la force ou à en brandir la menace, et de respecter la souveraineté, l'intégrité et l'indépendance de chaque pays.Relevant que le gouvernement irakien a déclaré son intention de retirer ses forces armées du Koweït, l'OCl assure qu'elle «suivra la mise en oeuvre de cet engagement sans restrictions ni conditions de la part de l'Irak».Le dernier sommet de l'OCl, rappelle-t-on, s'était tenu à Koweït en 1987, ce qui fait de ce pays le président de la conférence jusqu'au 6ème sommet, prévu à Dakar au début de 1991.Par ailleurs, l'Irak a saisi hier la Ligue arabe du caractère selon lui «illégal» de la résolution adoptée la veille au Caire par son Conseil ministériel et condamnant l'invasion irakienne du Koweït* a annoncé l'agence irakienne INA.Dans un message adressé au secrétaire général de la Ligue, M.Chedli Klibi, le ministre irakien des Affaires étrangères, M.Tarek Aziz, estime que la résolution du Conseil ministériel est «illégale», ayant été adoptée sur la base du chapitre six de la charte de la Ligue qui, selon lui, stipule «clairement que les résolutions sont adoptées à l'unanimité».Sur les 21 membres de la Ligue arabe, seuls 13 ont voté pour la résolution.La Jordanie, le Soudan, le Yémen et l'OLP ont voté contre, tandis que la Mauritanie s'est abstenue.La Libye et Djibouti n'étaient pas présents à la réunion et l'Irak n'avait pas été admis au vote.vention irakienne et ont appelé à ne plus fournir d'armes au régime irakien.La presse soviétique s'est mise au diapason de la nouvelle ligne de Moscou.Dans le quotidien conservateur Sovietskaia Rossia, l'éditorialiste A.Joukov dénonce ainsi la politique étrangère hégé-moniste suivie par l'Irak depuis une décennie.«L'arrivée du président Saddam au pouvoir a été accompagnée d'une campagne sans précédent visant à annihiler physiquement toute dissidence, à isoler toute source potentielle d'opposition»,écrit Joukov.«Des milliers de communistes irakiens ont disparu dans les geôles des forces de sécurité.La région du Kurdistan, dans le nord de l'Irak, a été noyée dans un bain de sang quand les troupes gouvernementales ont appliqué la politique d'assimilation des Kurdes voulue par Bagdad», poursuit-il.Dans le passé, les médias soviétiques ignoraient les critiques occidentales du non-respect des droits de l'homme dans l'Irak de Saddam Hussein et les qualifiaient de «propagande impérialiste».Le ministre des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze a déclaré qu'il n'avait pas été facile pour Moscou d'accepter de condamner publiquement son ancien allié, mais que les principes de «relations normales entre États civilisés» ne lui avaient pas laissé le choix.L'éditorialiste de Rabôtchaya Tribuna, Vladimir Mikhailov.a osé une comparaison entre l'invasion irakienne, déclenchée selon Bagdad à la demande de révolutionnaires koweïtiens et pour éviter une intervention étrangère, aux interventions soviétiques de 1968 en Tchécoslovaquie et de \\\\979 en Afghanistan.«La version du gouvernement irakien, cherchant de cette façon à justifier l'invasion d'un voisin,nous est plus familière qu'à beaucoup de gens», écrit Mikhailov.Kohi demande à l'opposition d'accepter des élections anticipées leuter ï DONN t ' , :\"\u2022 >', » :-.\u2022\u2022» \u2022* tr \"V'V.* .' \u2022 .¦ \u2022 vif* Le gouvernement ouest-allemand a invité hier l'opposition sociale-démçcra-tè du SPD à lever ses objections à la ténue des élections interallemandes le 14 octobre, soit sept semaines plus tôt que prévu.Mais les sociaux-démocrates des deux AIlc-magnes ont maintenu leurs critiques envers la proposition d'avancer les élections du 2 décembre, formulée faite par le premier ministre chrétien-démocrate est-allemand Lothar de Maizière.De Maizière avait émis cette suggestion vendredi après avoir consulté le chancelier Helmut Kohi.11 avait déclaré que sa proposition aiderait à résoudre les problèmes économiques de son pays.Kohi s'était aussitôt déclaré favorable et le ministre de la Chancellerie, Rudolf Sciters, a appelé hier le SPD à ne pas bloquer la tenue d'élections avancées.«C'est une situation unique, historique et nous devons en profiter», a-t-il déclaré à une radio ouest-allemande.La directrice du SPD Anke Fuchs a affirmé que son parti ne permettrait pas au chancelier Kohi de réunir la majorité des deux tiers du Parlement, nécessaire pour entériner le changement de date des élections.«Les élections interallemandes n'auront pas lieu le 14 octobre», a-t-elle dit.«Il n'y a aucun besoin de les tenir à cette date».Friedrich Bohl, porte-parole parlementaire de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Kohi et de sa «filiale» bavaroise de la CSU, a quant à lui fait appel au sens patriotique du SPD.«Le SPD doit bien réfléchir avant de dire Non dans ce moment historique et de retarder l'unité et les élections allemandes», a-t-il dit.Les dirigeants ouest-allemands du SPD ont affirmé qu'ils ne sont pas opposés à une fusion plus rapide que prévue avec la RDA, si cela peut aider à éviter une catastrophe économique à l'ancien État communiste.Mais ils ajoutent que les élections doivent bien avoir lieu comme prévu le 2 décembre, immédiatement après l'union officielle.Le gouvernement de Berlin-Est a réclamé plus d'argent à Bonn, en agitant le spectre d'augmentations d'impôt au moment des élections, pour compenser les effets de l'entrée en vigueur des principes de marché après l'union économique le 1er juillet.Hans-Jochen Vogel, le chef du SPD, a affirmé que Kohi et de Maizière cherchaient seulement à dissimuler, en tentant de manoeuvrer la date des élections, lei coûts réels de l'union économique.«Je préviens fermement le chancelier qu'il ferait mieux de ne pas s'engager sur cette voie», a déclaré Vogel.Les analystes politiques estiment que des élections avancées favoriseraient la CDU.Selon eux, plus les élections seront tardives, plus les problèmes économiques seront sensibles, ainsi que leurs conséquences pour les contribuables ouest-allemands.Oskar Lafontaine, le candidat du SPD à la Chancellerie contre Kohi, a estimé que la tenue des élections le 14 octobre serait inconstitutionnelle.Mais Lafontaine, dont la position dans les sondages s'est dégradée au fur et à mesure que Kohi conduisait l'unification, n'a pas précisé si son parti bloquerait la proposition.Les représentants du SPD à l'est et à l'ouest doivent se réunir à Bonn la semaine prochaine pour discuter de la question.trole irakien a annoncé la formation du «gouvernement provisoire libre du Koweït», avec la nomination de neuf officiers de l'armée, qui se sont engagés à ouvrir des négociations avec Bagdad sur les problèmes frontaliers.Téhéran veut renouer avec l'Angleterre d'après AFP et Reuter LONDRES e Conseil suprême de sécurité Rn nationale, la plus haute instance politique en Iran, s'est prononcé hier pour la reprise des relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne, rompues en mars 1989 à la suite de l'affaire Salman Rushdie, a-t-on appris de source officielle à Téhéran.Réuni sous la présidence du chef de l'État Ali Akbar Hache-mi-Rafsandjani, le Conseil a estimé que les dernières déclarations du secrétaire au Foreign Office Douglas Hurd «constituaient une réponse adéquate aux conditions mises par le parlement iranien pour une reprise des liens politiques» avec Londres.M.Hurd avait dit mercredi dernier que «son pays ne voulait pas insulter l'islam» et qu'il n'avait «rien à voir» avec la publication des Verse/5 su ta niques, le livre de Salman Rushdie 'jugé «blasphématoire» par de nombreux musulmans.En conséquence, le Conseil a donné instruction au ministère iranien des Affaires étrangères afin qu'il «prenne les mesures nécessaires pour un rétablissement des liens politiques avec Londres».Cette décision ne lève toutefois pas le décret religieux de l'imam Khomeiny, décédé le 4 juin 1989, qui avait condamné à mort Rusdhie, appelant les musulmans de la terre à le tuer.Depuis ce décret, pris en février 1989, Salman Rusdhie vit caché sous la protection de la police britannique.La validité éternelle de la fatwa de Khomeiny le condamnant à mort a été réaffirmée à plusieurs reprises par les dirigeants iraniens et surtout par celui qui lui a succédé comme guide de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei.La décision du Conseil suprême de sécurité nationale fait suite à des semaines de difficiles tentatives de rapprochement entre Téhéran et Londres qui, sous la pression de son opinion publique soucieuse du sort des otages britanniques du Liban, s'est efforcé de rétablir les liens avec l'Iran.Elle constitue un coup de force du président iranien contre les durs du régime islamique qui étaient opposés au rétablissement des relations avec Londres.Normalisation à Trinidad Agence France-Presse PORT OF SPAIN ay Robinson, le premier ministre de Trinidad et Tobago, blessé à la jambe et apparemment encore sous le choc de sa détention, est intervenu hier à la télévision nationale, pour la première fois depuis sa libération et la reddition des auteurs de la tentative de coup d'État.«Des pistolets étaient pointés sur nos têtes alors que hous étions maintenus allongés sur le sol.Ils (les rebelles) ont dit qu'ils nous abattraient si le parlement était attaqué» a raconte M.Robinson, âgé de 63 ans et détenu pendant cinq jours au siège du parlement.Le 27 juillet, des rebelles musulmans noirs du Jamaat< Al-Mus-limeen avaient pris d'assaut le bâtiment de la télévision officielle et le siège du.parlement, en pleine session, prenant notamment en otage le premier ministre, plusieurs membres de son gouvernement et 16 parlementaires dans une tentative de coup d'État.La crise s'est achevée cinq jours plus tard avec la libération de M.Robinson mardi, celle des autres otages mercredi suivie de la reddition des rebelles,' qui ont été désarmés et incarcérés dans une prison militaire.Lé chef des rebelles Iman Yasin Abu Bakr, 48 ans, ancien policier, a déclaré avoir signé un accord avec le chef du gouvernement postulant la libération des otages contre une amnistie pour ses hommes, ce que le premier ministre par intérim, M.Winston Dookeran, a formellement démenti.Le couvre-feu nocturne a été levé et les banques seront réouvertes aujourd'hui, a annoncé le gouvernement.Toutefois, l'état d'urgence instauré il y a huit jours est maintenu.Les dégâts provoqués par la situation anar-chique qu'a connue la capitale de Trinidad et Tobago à la.suite de la tentative de coup d'État sont évalués à 50 millions de dollar/;."]
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