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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
lundi 15 septembre 2008
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2008-09-15, Collections de BAnQ.

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[" Volume XV, Numéro 18, Montréal, 15 septembre 2008 Le magazine des grandes caus es 2$ Les 7 doigts de la main / Prêts à décrocher la lune L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230.Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Le magazine L\u2019Itinéraire Éditeur et directeur général : Serge Lareault Rédactrice en chef : Audrey Coté Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographiste : Mélissa Deschênes Photo de couverture : Mathieu Laverdière (agence Alt-6) Révision : Lorraine Boulais, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Pierre Aubry, Édith Verreault, Isabel Matte, Michel Camus, Julie Pelletier, Nicolas Joly, Jean-Pierre Bourgault, Nicole Éva Morin, Noëlle Samson, Philippe Robert et Jean Guimond Site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com Imprimeur : Quebecor World Conseillers publicitaires Renée Larivière :1 866 255-2211 renee.lariviere@itineraire.ca Mario St-Pierre :1 866 570-6668 mario.stpierre@itineraire.ca Le conseil d\u2019administration Président : Robert Beaupré Vice-président : Jean-Paul Baril Trésorier : Amélie Laframboise Secrétaire : André Martin Conseillers : Tanéa Castro, Gabriel Bissonnette (rep.camelots), Alexandre Péloquin, Yvon Massicotte et Pierre Goupil L\u2019administration Directeur général : Serge Lareault Directeur marketing/communications : Richard Turgeon Directrice de l\u2019insertion sociale : Jocelyne Sénécal Directeure de l\u2019administration et des ressources humaines : France Beaucage Adjointe à l\u2019administration : Nathalie Gélinas Conseiller au développement stratégique et financement : Mario St-Pierre Conseillère au développement stratégique et médias : Chantal Forman Conseiller au développement stratégique et partenariats : Guillaume Lacroix ISSN-1481-3572 L\u2019Itinéraire est entièrement recyclable L\u2019Itinéraire est membre de : Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue Rédaction et administration \u2022 2100, boul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Catherine Est MagDVD Le 3e OEil \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphones : 514 597-0238 514 525-5747 (services rue Ste-Catherine) Télécopieur : 514 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site : www.itineraire.ca Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie.Sommaire Abonnement www.itineraire.ca ou 514 597-0238 L\u2019Itinéraire est appuyé financièrement par Actualité et vie urbaine Culture La une Santé/Bien-être Environnement Développement social Économie/consommation Expression 8 Ka\u2019wàhse : À la rencontre des Autochtones de la rue 10 Entrevue avec Chrystine brouillet 11 À propos du film Au pays des colons 12 Les 7 doigts de la main prêts à décrocher la lune 14 Ostéopathie : à quand la reconnaissance?15 Brèves santé 16 Soigner à vélo 17 Brèves environnement 20 Patrice Rodriguez : plus de 25 ans de lutte 21 Le nouveau gang de la rue Pelletier 23 L\u2019intégration se vit en région 24 Globe-trottoir 25 Salon de la mode éthique 28 Mots de camelots 30 Mots croisés L e s c a m e l o t s s o n t d e s t r a v a i l l e u r s a u t o n o m e s q u i a c h è t e n t l e m a g a z i n e 1 $ e t l e r e v e n d e n t a u c o û t d e 2 $ . L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 édito Jean-Pierre Lizotte était un inadapté social, devenu dépendant du système carcéral et de la drogue qui y circule abondamment.Pendant 20 ans, il a été incapable de demeurer hors des murs d\u2019une prison plus que quelques semaines.Il se faisait facilement reprendre pour des larcins.Lui-même avouait ne plus être capable de se débrouiller seul.L\u2019Itinéraire a tenté de l\u2019aider pendant plusieurs années.Très malade, ne voyant rien sans ses épaisses lunettes, affaibli par le sida, il n\u2019avait jamais été difficile à maîtriser.Cependant, à l\u2019automne 1999, un portier du Shed Café et deux policiers s\u2019en sont pris violemment à lui.Jean-Pierre décède après deux mois de coma.L\u2019Itinéraire a longtemps défendu le cas de Jean-Pierre Lizotte dont nous connaissions très bien la dure vie.Pour nous, il ne faisait aucun doute que cette histoire avait dérapé.Jean-Pierre Lizotte était isolé et son entourage n\u2019a pas pu bien défendre sa cause.Battu à mort, les circonstances de son arrestation demeureront toujours troubles pour le Groupe L\u2019Itinéraire.Les policiers et le portier du Shed Café ont été acquittés après une enquête qui n\u2019en finissait plus et le comité de déontologie vient de statuer sur des circonstances beaucoup moins graves en ce qui concerne les policiers.On ne remet pas en cause la violence de l\u2019arrestation, indiquant que les policiers ont mal agi en mettant la santé du prévenu en danger en ne l\u2019attachant pas lors du déplacement à l\u2019hôpital et en ne prévenant pas les infirmières qu\u2019il avait reçu des coups de poing.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de brutalité ou d\u2019abus policier, le simple citoyen manque de recours et ne peut pas se défendre.Il fait face à une machine fermée, qui a tout le loisir de faire perdurer les choses.La longueur du traitement des dossiers dépasse l\u2019entendement.La police peut agir en toute impunité, car elle se charge elle-même du traitement des cas.Nous sommes outrés que les autorités municipales et ministérielles clament haut et fort, au lendemain des émeutes de Montréal-Nord, que nous avons un bon service de police.Comment peuvent-elles le savoir avec si peu de mécanismes d\u2019évaluation! On se demande également si la population est de cet avis.Les témoignages que L\u2019Itinéraire a reçus pendant 15 ans démontrent que la population est inquiète et soupçonneuse face à la police, non pas uniquement en raison de certains comportements, mais surtout face à l\u2019impunité dont elle jouit.C\u2019est une question d\u2019administration du service luimême.Plusieurs organismes dénoncent depuis des années l\u2019attitude du Service de police face aux personnes marginalisées, les itinérants comme les jeunes ou les membres des communautés culturelles.Témoins quotidiens des actions policières, les membres de L\u2019Itinéraire en ont vu de toutes les couleurs.Mais ils ont aussi été témoins d\u2019attitudes exemplaires.Car il y a de très bons policiers qui font consciencieusement leur devoir.Mais l\u2019état actuel de la gestion du Service de police porte à croire que les policiers coupables de brutalité ne sont pas poursuivis comme ils devraient l\u2019être.Une gestion transparente du SPVM permettrait de livrer un message clair sur le fait que la brutalité policière n\u2019est pas tolérée et qu\u2019on s\u2019en occupe sérieusement au nom de la protection des citoyens.Il faut cesser de garder la tête dans le sable.Il y a un problème grave avec l\u2019attitude de certains agents de police à Montréal et de grandes injustices lors d\u2019interventions policières depuis plusieurs années.Pire encore, les bavures policières ne sont pas traitées avec l\u2019importance qu\u2019elles méritent.Ces fautes ne sont pas dénoncées, car elles concernent la plupart du temps des personnes pauvres et incapables de se défendre.Le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal a d\u2019ailleurs porté la question du traitement abusif de la police à l\u2019égard des personnes itinérantes et marginalisées devant la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.Des années de discussions avec la Ville et le SPVM, peu portés à l\u2019autocritique en matière d\u2019interventions, n\u2019ont pas donné beaucoup de résultats.Les émeutes de Montréal-Nord ne sont pas survenues après une simple montée de lait.Il y a longtemps que les gens en ont assez.Si la situation n\u2019avait pas dégénéré aussi malheureusement à la suite du décès du jeune Fredy Villanueva, l\u2019affaire aurait suivi le même régime que le cas de Jean-Pierre Lizotte : des années pour une enquête démesurément longue, et peu de transparence.L\u2019Itinéraire joint sa voix à celle d\u2019autres organismes pour que la Ville de Montréal et les ministres concernés apportent des solutions concrètes à la gestion du Service de police.Il est inconcevable qu\u2019un service municipal aussi important ne soit ni évalué, ni remis en question plus régulièrement par des instances impartiales.Nous demandons la mise en place d\u2019un système semblable à celui de l\u2019Ontario, à savoir un comité indépendant, externe et impartial, et un traitement accéléré des enquêtes afin que des mesures rapides et nécessaires soient prises contre les policiers qui abusent de leur pouvoir.Ce système, qui fonctionne ailleurs au Canada, nous permettrait de surveiller davantage le travail des policiers et de protéger les victimes.Au bout du compte, ce sont des milliers d\u2019honnêtes policiers qui verraient leur travail et leur profession revalorisés.Décès de l\u2019itinérant Jean-Pierre Lizotte L\u2019Itinéraire demande une gestion transparente de la brutalité policière Serge Lareault Éditeur et directeur général de L\u2019Itinéraire serge.lareault@videotron.ca Le comité de déontologie du SPVM a reconnu le 19 août dernier qu\u2019il y a eu négligence lors de l\u2019arrestation de l\u2019itinérant Jean- Pierre Lizotte, en face du Shed Café, boulevard Saint-Laurent, à l\u2019automne 1999.L\u2019enquête criminelle a tant traîné \u2014 presque dix ans! \u2014 qu\u2019on n\u2019attendait plus de décision du comité de déontologie.Cette histoire, après celle de Montréal-Nord, démontre qu\u2019il y a une justice à deux vitesses et un problème avec la police. L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 À quoi sert mon don?Pour la réinsertion sociale La mission du Groupe est d\u2019accroître l\u2019autonomie et le développement individuel et social des personnes qui connaissent des difficultés liées à la pauvreté et à l\u2019itinérance.L\u2019Itinéraire aide les personnes à retrouver leur place dans la société et à développer leur estime de soi.Six mois après la fréquentation de l\u2019organisme, la presque totalité des participants retrouve un endroit pour vivre.Les cartes-repas Un don qui nourrit réellement ! En contribuant au Fonds des cartes-repas, votre don permet de nourrir une personne dans le besoin au Café sur la rue de L\u2019Itinéraire.Des services psychosociaux y sont également offerts.Vous pouvez vous-mêmes distribuer ces cartes dans la rue ou les confier à nos intervenants qui les offriront à ceux qui ont faim.L\u2019abonnement Quand on ne peut l\u2019acheter sur la rue Votre abonnement nous permet de continuer de publier notre magazine et de maintenir nos services.Mais L\u2019Itinéraire, c\u2019est plus qu\u2019un magazine.C\u2019est un moyen concret qui améliore les conditions de vies des personnes de la rue.Contribuer à L\u2019itinéraire Faites le choix d\u2019une ou de plusieurs façons de contribuer : qDon1 à l\u2019organisme de charité Je fais un don de _______ $ qCommande de cartes-repas1-2 J\u2019achète ____ cartes x 3$/chaque = _______ $ qPostez-moi les cartes-repas pour que je les distribue2 qJe désire que vos intervenants les distribuent qAbonnement3 Je m\u2019abonne pour 1 an, 24 numéros (48$, taxes et frais d\u2019envoi inclus) _______ $ Total de votre paiement:____________$ Vous pouvez aussi faire un don en ligne à www.i t ine ra i r e.ca Notes : 1 Reçus envoyés à la fin de l\u2019année pour les dons de 10$ et plus.2 En vertu d\u2019une loi de Revenu Canada, les cartes achetées que vous distribuez vous-mêmes ne sont pas admissibles aux déductions fiscales.3 Il n\u2019y a pas de reçu de charité pour les abonnements.M.q Mme.q Prénom : ______________________Nom : _____________________________ Entreprise : ______________________________________________________ Adresse : _____________________________________________ App.______ Ville : _________________________________ Province : _________________ Code Postal : ___________________ Téléphone : ( ) ___________________ Courriel : ________________________________________________________ Paiement qChèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire q Visa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I No de carte Expiration ____ / 20____ Mois Année Signature X____________________________________ + + + Postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2100 de Maisonneuve Est.Suite 001, Montréal (Québec) H2K 4S1 Pour information : www.itineraire.ca ou 514 597-0238 poste 235 Faits saillants de L\u2019Itinéraire 2 000 personnes aidées par année 30 000 repas servis au Café sur la rue 350 camelots vendant L\u2019Itinéraire à Montréal 100 emplois en réinsertion socioprofessionnelle Ensemble nous pouvons changer leur vie Un camelot vous a encouragé à vous abonner ?Nom ou numéro d\u2019identification pour sa récompense: ___________________________________________ L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Communauté de L\u2019Itinéraire Les billets sont en vente au coût de 125 $1.Contactez Nathalie Gélinas au 514-597-0238 poste 226 pour commander vos billets.Vous pouvez aussi commander par Internet w w w.i t i n e r a i r e .c a 1Un reçu d\u2019impôt de 75$ par billet vous sera envoyé à la fin de l\u2019année financière soit en janvier 2009.Alain Lefèvre, pianiste Le mercredi 8 octobre 2008 à 18 h 00 au Gesù de Montréal (1202 rue Bleury) Cocktail dînatoire Soirée bénéfice de L\u2019Itinéraire Cette soirée vise à amasser plus de 15 000 $ pour permettre à 600 personnes de profiter des services d\u2019intervention psychosociale de L\u2019Itinéraire durant le temps des Fêtes.Alain Lefèvre Pierrette Robitaille Caïman Fu Claire Lamarche Les Trois Accords Tricot Machine et plusieurs invités surprises! Prestation intimiste de plusieurs artistes : L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Actualité & vie urbaine Quatre soirs par semaine, dès 17 h 15, la camionnette blanche du Centre d\u2019amitié autochtone sillonne les rues du centre-ville à la recherche des itinérants les plus réfractaires aux ressources qui leur sont destinées.Nourriture, couvertures et vêtements chauds sont fournis gratuitement par les intervenants Joey Saganash, Brett Pineau et Arlène Cross, tous trois d\u2019origine autochtone.«Combler d\u2019abord des besoins physiques permet d\u2019établir un lien de confiance avec eux et de mieux les aider», explique Arlène Cross, alors que s\u2019ébranle la camionnette en direction du Cabot Square, angle Atwater et Sainte-Catherine.Si le trajet de la camionnette est souvent routinier pour le trio d\u2019intervenants parfois accompagné d\u2019une infirmière de Médecins du monde, leurs contacts avec les Autochtones de la rue le sont beaucoup moins.Alcoolisme, violence policière, viol, racisme, violence extrême font partie du quotidien des Amérindiens que côtoie quotidiennement l\u2019équipe.Les onze communautés autochtones du Québec sont représentées dans les rues de Montréal, selon M.Saganash.Pourquoi débarquentils à Montréal?Brett Pineau, l\u2019intervenant au volant de la camionnette, me jette un regard dans le rétroviseur et répond d\u2019emblée : «La plupart fuient la violence et les agressions sexuelles dont ils sont victimes dans leur réserve.» D\u2019autres se retrouvent en ville pour recevoir des soins médicaux et ne repartent pas, sombrant rapidement dans l\u2019alcool et la drogue.À l\u2019exception des Inuits, les Autochtones se regroupent sans distinction de communauté.«Les Inuits se mêlent moins aux autres nations», remarque Joey Saganash.«Ça fait un an et demi que je travaille au Centre, et trois personnes m\u2019ont raconté avoir été battues par des policiers.S\u2019ils ont du mal avec les sans-abri en général, ils en ont encore plus avec les Autochtones.La police est souvent raciste», \u2014 Joey Saganash, intervenant pour la patrouille de rue autochtone Ka\u2019wàhse Photos : Éric Carrière Ka\u2019wàhse À la rencontre des Autochtones de la rue Audrey Coté, rédactrice en chef À Montréal, les Autochtones de la rue constituent une infime minorité visible.Selon les statistiques du Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal, ils seraient environ 550 à errer d\u2019un parc à un autre.Comme tous les itinérants, leurs déplacements sont déterminés par les patrouilles policières, mais les Autochtones sont davantage stigmatisés et fuient les ressources d\u2019aide destinées aux sans-abri.C\u2019est pour aller à leur rencontre qu\u2019en 2004, le Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal (CAAM) a mis sur pied Ka\u2019wàhse, une patrouille de rue qui signifie «Où vas-tu?», en langue mohawk.Un soir d\u2019été plutôt frisquet, L\u2019Itinéraire a fait un bout de chemin avec l\u2019équipe de Ka\u2019wàse.Arlène Cross et Joey Saganash (avant-plan) offrent un peu de réconfort aux Autochtones sans-abri du centre-ville de Montréal. L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Putulik, sans-abri, habite le Cabot Square depuis neuf ans.Dès qu\u2019elle se gare face à Cabot Square, devant l\u2019Hôpital de Montréal pour enfants, la camionnette est vite repérée par les Inuits.C\u2019est leur territoire.La présence de L\u2019Itinéraire les rend plus farouches qu\u2019à l\u2019habitude.Sur les dix Inuits approchés par L\u2019Itinéraire, le seul qui accepte de nous parler s\u2019appelle Putulik, a 35 ans, s\u2019exprime en anglais et est originaire du village de Salluit au Nunavik.Même s\u2019il a pris le café qu\u2019on lui a offert, il dit que c\u2019est seulement pour faire plaisir aux intervenants, car il ne boit que de la bière.«J\u2019habite dans le Square depuis neuf ans.La police fait tout pour me chasser, mais je reste, car c\u2019est ma seule maison», soutient-il.Lorsque L\u2019Itinéraire l\u2019interroge sur les raisons qui l\u2019ont amenées à quitter le Grand Nord québécois, il répond simplement : «Ma mère est venue se faire soigner ici et j\u2019ai décidé de rester en ville.» Putulik est assisté social et dit ne jamais quêter.C\u2019est sa fierté.Bavures policières Même s\u2019ils sont souvent victimes d\u2019abus policiers, les Autochtones ne les dénoncent pratiquement jamais.Dans leur mentalité, la police est là pour servir les Blancs.Du haut de la table à pique-nique de «sa» maison, Putulik soutient que la police est raciste et qu\u2019elle s\u2019acharne moins sur les itinérants blancs que ceux d\u2019origine autochtone.Dénoncer les abus policiers paraît davantage comme une source de problèmes supplémentaires.«Ça fait un an et demi que je travaille au Centre, et trois personnes m\u2019ont raconté avoir été battues par des policiers.S\u2019ils ont du mal avec les sans-abri en général, ils en ont encore plus avec les Autochtones.La police est souvent raciste», témoigne M.Saganash.Les Autochtones de la rue n\u2019ont aucune confiance dans le fait que la police puisse les aider.Même lorsqu\u2019ils sont agressés ou violés, ils se taisent.L\u2019intervenant jeunesse raconte que récemment, une jeune femme a été sauvagement violée par un passant alors qu\u2019elle dormait dans le Parc de la paix.Elle refusait catégoriquement de porter plainte à la police.Elle avait peur de ne pas être crue et de devenir l\u2019accusée.Lorsque Joey a finalement réussi à la convaincre de porter plainte, la police a mis tellement de temps à se rendre sur les lieux que la jeune fille a changé d\u2019idée et a pris la poudre d\u2019escampette.À un autre arrêt de la camionnette, lorsque L\u2019Itinéraire parle avec Helen, une Autochtone au visage tuméfié et au menton traversé d\u2019une cicatrice fraîchement refermée par des points de suture, elle affirme que c\u2019est son mari qui l\u2019a battue.Portera-t-elle plainte à la police?«J\u2019aime mieux mourir plutôt que de faire rire de moi», lancet- elle pour toute réponse.Fait-elle au moins confiance aux intervenants de la patrouille Ka\u2019wàhse?«Il n\u2019y a qu\u2019eux qui sont honnêtes et veulent notre bien.» mots croisés solution des mots croisés de la page 30 Intervention contre victimisation L\u2019intervenant Joey Saganash a beau avoir un coeur d\u2019or et des nerfs d\u2019aciers, il confie que l\u2019autovictimisation de certains jeunes Autochtones le met hors de lui.D\u2019ailleurs, il affirme que 90 % des jeunes Autochtones qu\u2019il connaît à Montréal travaillent et étudient.C\u2019est pourquoi il a parfois du mal à accepter que d\u2019autres jeunes se contentent de l\u2019aide sociale et de l\u2019alcool.«L\u2019autre jour, un jeune de 22 ans est venu se plaindre des démarches trop longues pour obtenir du BS.Il se plaignait du fait qu\u2019il lui avait fallu deux semaines de démarches et je lui ai dit que s\u2019il avait plutôt cherché du travail pendant deux semaines, il travaillerait.Ça a brassé!» Lorsque le jeune intervenant s\u2019est joint à la patrouille autochtone, la clientèle l\u2019a mis l\u2019épreuve, car on lui reprochait de ne pas avoir l\u2019air d\u2019un Autochtone.Pourtant, dit-il, «Je suis Cri et je viens de la communauté de Waswanipi, au sud de la Baie James». 10 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Culture actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression J\u2019amorce l\u2019entrevue en interrogeant Chrystine sur son état d\u2019âme : «Je me sens excitée, toutefois, j\u2019aime moins l\u2019aspect jet set que représente le lancement.J\u2019apprécie cependant les gens des médias qui se sont déplacés.En contrepartie, cela me donne peu de temps pour rencontrer mes amis qui eux aussi, se sont déplacés pour me voir»! Thème original s\u2019il en est, la pollution par le bruit a inspiré cette fois la romancière : «Mes voisins chantaient du karaoké jusqu\u2019aux petites heures du matin et j\u2019ai dû écrire enfermée chez moi, fenêtres fermées, tout le temps qu\u2019a duré ce tintamarre!» Au lieu de céder à ses pulsions violentes, Chrystine Brouillet a donc choisi de les transformer à travers l\u2019écriture d\u2019un polar des plus captivants.Composé de deux intrigues entremêlées, mettant en relief deux enquêtes pour meurtre et une voisine qui désire se marier coûte que coûte avant Noël, ce nouveau roman a représenté un défi intéressant pour notre audacieuse écrivaine! «J\u2019ai dû tricoter serré pour écrire ce roman, afin que le lecteur ne perde pas le fil de l\u2019histoire en cours de lecture».La jeunesse aux prises avec des problèmes de drogue et le manque de respect sont parmi les sujets qui préoccupent Chrystine Brouillet.En tant que journaliste de rue, j\u2019ai trouvé particulièrement intéressant d\u2019apprendre que Chrystine se livre à une véritable enquête journalistique avant de se mettre à l\u2019écriture.Elle a d\u2019ailleurs chaleureusement remercié les journalistes judiciaires, médecins légistes et policiers qui répondent régulièrement à ses questions.Comme je me suis toujours demandé si les auteurs de polars s\u2019inspirent des faits divers qu\u2019on lit dans les journaux, j\u2019ai profité de l\u2019occasion pour interroger Chrystine à ce sujet.«Non, car la réalité est souvent trop incroyable pour être crédible dans un roman.Par exemple, j\u2019ai déjà lu qu\u2019une femme s\u2019est rendue à l\u2019hôpital en disant qu\u2019elle avait mal à la tête et les médecins lui ont appris qu\u2019elle avait une balle dans la tête!» Une auteure de polar, qui décrit souvent des scènes scabreuses, voit-elle nécessairement la vie en noir?«Pas vraiment, car je conçois aisément qu\u2019il y a aussi de bonnes personnes et de bonnes choses dans la vie.D\u2019ailleurs, pour me soustraire à ces préoccupations, je fais la cuisine et, ma foi, cela fonctionne assez bien! Bref, je ne peux pas dire que je suis amère face à la vie.Cependant, j\u2019admets que je suis plus méfiante lors de mes randonnées urbaines.» Le côté épicurien dont parle Chrystine est aussi présent dans Silence de mort, tout comme lors du lancement où nous avons pu déguster d\u2019excellents vins et de fins amuse-gueule.Le dernier polar de Chrystine Brouillet est vraiment réussi.En tant que lecteur, j\u2019apprécie cette façon efficace de décrire la complexité de la psychologie humaine qui peut mener au crime.À lire pour oublier vos voisins bruyants\u2026 (Cet article a été écrit avec le soutien de Audrey Coté) Chrystine Brouillet, Silence de mort, La courte échelle, Montréal, 2008.En tant que journaliste de rue, j\u2019ai trouvé particulièrement intéressant d\u2019apprendre que Chrystine se livre à une véritable enquête journalistique avant de se mettre à l\u2019écriture.\u2014 L\u2019 auteure Chrystine Brouillet, auteure du polar Silence de mort Chrystine Brouillet, auteure du polar Silence de mort Chrystine Brouillet Écrire pour éviter d\u2019assassiner son voisin Pour le plus grand bénéfice de ses fidèles lecteurs, Chrystine Brouillet a lancé récemment un huitième polar intitulé Silence de mort.Invité au lancement à titre de journaliste de rue, c\u2019est avec un plaisir renouvelé que j\u2019ai rencontré pour la deuxième fois l\u2019une de nos plus prolifiques auteures québécoises.Le lancement de son nouveau roman a donné lieu à une entrevue fort sympathique avec Chrystine qui, comme toujours, a fait preuve d\u2019une grande générosité! Photo : Audrey Coté Jean-Marc Boiteau Journaliste de rue Coincée entre les épinettes et les compagnies forestières et minières, la famille Lalancette est aussi têtue et irréductible que les habitants du village gaulois d\u2019Astérix.Accrochés à leur bout d\u2019Abitibi, le grandpère Hauris, son fils Dany et sa petite-fille Laurie ne céderont jamais leur terre à une quelconque multinationale.«La famille Lalancette est tissée serrée, autonome et indépendante», confirme Denys Desjardins en entrevue.En Abitibi, l\u2019agriculture n\u2019est pas chose aisée.Dans les années 30, la crise économique incite de nombreux Canadiens-français à tenter leur chance dans l\u2019Ouest canadien et aux États-Unis.Afin d\u2019arrêter l\u2019hémorragie, le gouvernement, de connivence avec le clergé et quelques intérêts privés, organise le déplacement de 80 000 personnes vers l\u2019Abitibi en échange d\u2019une terre à cultiver.Colonisation ou déportation?L\u2019agriculture à laquelle s\u2019accrochent les Lalancette ne semble pas avoir été la priorité du gouvernement, puisque l\u2019exploitation des ressources forestières et minières a ensuite rapidement arraché de leurs terres les colons et leurs fils, attirés par les salaires payés par les grandes compagnies.«La colonisation était une sorte de déportation », souligne Denys Desjardins.Hauris Lalancette s\u2019est lancé en politique avec le Parti québécois en 1973, convaincu que les colons devaient continuer à cultiver leurs terres plutôt de les vendre.On le voit ainsi haranguer les foules, le film reprenant des extraits de documentaires des années 1970 du réalisateur Pierre Perreault au centre desquels on retrouvait déjà Hauris.Mais celui-ci n\u2019a jamais été élu et la plupart des colons ont déserté les villages comme Rochebaucourt, où vit encore la famille Lalancette.«La mondialisation, c\u2019est la poursuite de la colonisation», analyse Hauris, 30 ans plus tard.Selon Denys Desjardins, Hauris Lalancette a sans aucun doute compris la dynamique de l\u2019économie actuelle, basée davantage sur l\u2019exploitation que sur le développement.Le réalisateur endosse le discours d\u2019Hauris : «Ce n\u2019est pas normal qu\u2019autant de régions éloignées soient exploitées à ce point par des grands centres comme Montréal.» Dany Lalancette, qui est maire de Rochebaucourt, ne baisse pas les bras pour autant.Devant l\u2019imminence de la fermeture de l\u2019usine de transformation de bois du village voisin, il prévoit racheter l\u2019usine et produire de l\u2019éthanol à partir des arbres afin de permettre aux gens de garder leur emploi.Dans une région où les perspectives d\u2019avenir se réduisent comme peau de chagrin, «Dany est l\u2019un des rares à avoir des projets du XXIe siècle», souligne le réalisateur.Au coeur de cette famille extraordinaire de détermination, l\u2019énergie et la vivacité d\u2019esprit de la petite Laurie rassurent pour ce qui est de la relève.«Laurie est exceptionnelle, dit Denys Desjardins.Il y a beaucoup de Hauris en elle : elle est entêtée et elle a le sens de la répartie.» Laurie sait d\u2019où elle vient; elle est consciente que l\u2019histoire de sa famille est intimement liée à ce coin de pays, où elle aussi veut faire sa vie.Des colons, elle donne une fière définition : «C\u2019est quelqu\u2019un qui bâtit quelque chose à partir de rien.» Tout comme son père Dany et son grand-père Hauris, Laurie est habitée par la famille et la solidarité, remède indispensable à la pauvreté qui les guette.Le DVD du film Au pays des colons (produit par l\u2019ONF) est disponible à compter du 15 septembre.Commandez-le en ligne à www.onf.ca/boutique ou par téléphone au 1-800-267-7710.Il est également possible de le visionner à la Cinérobothèque de l\u2019ONF, sur la rue Saint-Denis à Montréal.Le film sera enfin de la Tournée des Rendez-vous du cinéma Québécois et sera diffusé gratuitement des les Cégeps de chacune des villes suivantes, en présence du réalisateur Denys Desjardins : La Pocatière le 22 septembre, à La Malbaie le 24, à Alma le 25 et à Longueuil le 8 octobre.Film Au pays des colons L\u2019Abitibi tatouée sur le coeur Jérôme Savary Avec la famille Lalancette, le mot colon reprend ses lettres de noblesse : couramment associé à l\u2019injure, il évoque ici les bâtisseurs.Extraordinaires de détermination, les Lalancette revendiquent fièrement cette appellation, eux que le cinéaste Denys Desjardins a suivis et filmés pendant sept ans à Rochebaucourt, petit village abitibien.Son documentaire Au pays des colons rend également hommage au courage des colons abitibiens des années 30, que le gouvernement et les grandes industries ont largement manipulés.Photo : Jérôme Savary Denys Desjardins, réalisateur du film Au pays des colons 12 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Une actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Le spectacle La Vie s\u2019inscrit dans l\u2019évolution du cirque contemporain.Plus intimes que les spectacles du Cirque du Soleil, ceux des 7 doigts de la main s\u2019ancrent davantage dans le réel.«Avec La Vie, on veut faire réfléchir le public.Par exemple, dans le spectacle, je deviens folle, et à travers ce personnage, on souhaite inciter le public à s\u2019interroger sur ce qu\u2019est la folie», explique Isabelle Chassé, contorsionniste et membre des 7 doigts.La folie, donc, et la mort, surtout, sont au coeur du spectacle La Vie.En effet, dans cette troisième production de la troupe, après LOFT et TRACES, les 7 doigts nous amènent dans un monde dans lequel chaque spectateur apprend qu\u2019il est mort et qu\u2019il sera jugé au cours du spectacle afin de décider ou non de sa descente aux enfers.Un autre parfum de cirque À la fois artistes, chorégraphes et metteurs en scène, ils proposent «un autre parfum de cirque», selon Isabelle.«On fait du cirque d\u2019auteur», renchérit Samuel Tétreault, équilibriste.«On est un collectif de création et pour nous, l\u2019être humain tient une place très importante.Le rapport à l\u2019autre et le rapport de l\u2019individu à la société occupent une place centrale dans nos créations», ajoute-t-il.Suivant l\u2019esprit familial du cirque, les membres de cette troupe de cirque montréalais vivent proches les uns des autres.Dans le quartier populaire de Saint-Henri, cinq membres des 7 doigts viennent d\u2019acheter ensemble un ancien couvent où ils ont prévu d\u2019habiter.Les deux autres demeurent tout près, à Verdun et à Pointe-Saint-Charles.Projet Fibonacci Vivre ensemble ne les empêche pas d\u2019être ouvert aux autres.Les 7 doigts de la main ont ainsi créé le «Projet Fibonacci», dans le but de favoriser le dialogue interculturel.Ce projet s\u2019articule autour de résidences de création se déroulant à la fois à Montréal et à l\u2019étranger, en collaboration avec les artistes des compagnies Artcirq, du Nunavut, et Cirko De Mente, du Mexique.Ils se sont ainsi rendus à Igloolik, au Nunavut, et à Mexico.«Partout où on va faire des spectacles, on propose des ateliers avec des jeunes en difficulté.On l\u2019a fait à Mexico et aussi à Londres», indique Patrick Léonard, spécialiste du diabolo et aussi détenteur d\u2019un baccalauréat en chimie (!).«En Colombie, c\u2019était de la folie, explique Sébastien Soldevilla, l\u2019homme fort de la troupe.On s\u2019est retrouvé à faire un atelier de trois jours avec 400 gamins, et parmi eux, plusieurs venaient de la rue.C\u2019était du délire!» Les 7 doigts de la main s\u2019associent régulièrement à des causes sociales et environnementales, comme le prouve leur participation au spectacle Terre planète bleue, le 3 août dernier, aux Francofolies de Montréal.«Tout cela fait partie de l\u2019identité de la compagnie des 7 doigts de la main, souligne Samuel Tétreault.La relation à l\u2019autre est omniprésente et on aime trouver des façons de s\u2019engager avec nos spectacles.» «Avec La Vie, on veut faire réfléchir le public.Par exemple, dans le spectacle, je deviens folle, et à travers ce personnage, on souhaite inciter le public à s\u2019interroger sur ce qu\u2019est la folie» \u2014Isabelle Chassé, contorsionniste et membre des 7 doigts de la main Les 7 doigts de la main Prêts à décrocher la lune Jérôme Savary, adjoint à la rédaction Pendant que le photographe de L\u2019Itinéraire1 prépare son dispositif d\u2019éclairage, la troupe de cirque Les 7 doigts de la main fait déjà tout un show.Partis dans un délire collectif, Faon enchaîne littéralement Isabelle au pied d\u2019un arbre, Patrick grimpe au sommet de trois vieux barils rouillés, alors qu\u2019Émilie, Sébastien et Samuel s\u2019affairent à placer du bois aux pieds d\u2019Isabelle pour simuler un bûcher.Autant vous dire que l\u2019on ne s\u2019est pas ennuyé! L\u2019Itinéraire les a rencontré à la TOHU, là où ils présenteront leur spectacle La Vie à compter du 23 septembre.1L\u2019Itinéraire remercie Mathieu Laverdière de l\u2019agence Alt-6 pour sa contribution bénévole à la photo de la page couverture Photo : Gracieuseté de Les 7 doigts de la main L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 13 Stephen Harper ampute des phalanges aux 7 doigts Fondée en 2002, la compagnie des 7 doigts de la main passe six mois à Montréal et six mois en tournée à l\u2019étranger.Les spectacles de tournée et les résidences de création sont rendus possibles grâce au programme de subventions gouvernementales «PromArt» et «Routes commerciales», liés au rayonnement de la culture canadienne à l\u2019étranger.Stephen Harper a décidé d\u2019abolir ces subventions.«Pour les 7 doigts, cela représente près du tiers du financement annuel.Sans ces subventions, on ne peut pas survivre en tant que compagnie, car le marché québécois est trop petit», indique Samuel Tétreault, qui est également codirecteur artistique de la compagnie.«Le gouvernement Harper nous marginalise, car il ne veut pas que des artistes ne correspondant pas aux valeurs morales du Canada aillent le représenter à l\u2019étranger.Cette décision brime le droit à la liberté d\u2019expression», ajoute Sébastien Soldévilla. 14 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Santé / bien-être actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression «Tant et aussi longtemps qu\u2019ostéopathe ne sera pas un titre réservé, n\u2019importe qui pourra se dire ostéopathe.La création d\u2019un ordre professionnel viendra assurer cela et permettre un encadrement strict de la pratique» \u2014 Nathalie Viau, ostéopathe et membre du Registre des ostéopathes du Québec (ROQ) Ostéopathie : à quand la reconnaissance?Martine Letarte Jusqu\u2019à tout récemment, Julie n\u2019avait pas une belle image de l\u2019ostéopathie en raison d\u2019une mauvaise expérience.«J\u2019étais allée voir quelqu\u2019un qui se disait ostéopathe, sans vérifier s\u2019il était membre d\u2019un regroupement sérieux.Finalement, c\u2019était une espèce de «ramancheur» et sa pratique n\u2019avait rien à voir avec les principes fondamentaux de l\u2019ostéopathie.Et les résultats n\u2019ont jamais été au rendez-vous.» Si Julie a pu se faire confondre ainsi, c\u2019est que l\u2019ostéopathie n\u2019est toujours pas officiellement reconnue au Québec.En attendant qu\u2019elle soit régie par un ordre professionnel, les consommateurs doivent faire preuve de vigilance.«Tant et aussi longtemps qu\u2019ostéopathe ne sera pas un titre réservé, n\u2019importe qui pourra se dire ostéopathe.La création d\u2019un ordre professionnel viendra assurer cela et permettre un encadrement strict de la pratique», affirme Nathalie Viau, ostéopathe et membre du Registre des ostéopathes du Québec (ROQ).S\u2019il n\u2019existe pas d\u2019ordre professionnel, les ostéopathes ont toutefois formé différents regroupements, dont les critères d\u2019admission varient énormément.Le ROQ est le plus ancien.Ses membres ont une formation rigoureuse de plusieurs années, correspondant aux normes internationales et comparable à une maîtrise universitaire.L\u2019Association des ostéopathes du Québec (ADOQ) a des critères d\u2019admission similaires.L\u2019ostéopathie : une approche globale On entend parler de plus en plus d\u2019ostéopathie au Québec, mais sait-on réellement ce que c\u2019est?«L\u2019ostéopathie est une approche globale, qui prend en considération la personne dans son ensemble et non seulement ses symptômes.Parce qu\u2019un symptôme nous dit que quelque chose ne fonctionne plus, mais ça ne nous dit pas nécessairement d\u2019où vient le problème», explique Mme Viau.Elle donne comme exemple un mal de genou.«Le problème peut être localisé, en raison de l\u2019usure ou d\u2019un ligament déchiré, mais il peut aussi être ailleurs.La douleur peut provenir du bassin qui est mal aligné.L\u2019ostéopathe examine toute cette mécanique du corps.» Des pourparlers Implantée au Québec depuis maintenant 25 ans, l\u2019ostéopathie compte maintenant de nombreux praticiens, dont plusieurs militent pour la création d\u2019un ordre professionnel.Dino Muzzi, aussi membre du ROQ, est l\u2019un de ceux-là.«Nous avons formé un petit comité au ROQ pour faire pression sur l\u2019Office des professions (OPQ) pour qu\u2019elle se penche sur le cas de l\u2019ostéopathie.Récemment, l\u2019OPQ est allée de l\u2019avant en formant un comité regroupant, entre autres, des représentants du ROQ, de l\u2019Association des ostéopathes du Québec, du Collège d\u2019études ostéopathiques de Montréal et du Centre ostéopathique du Québec.Le comité se réunit périodiquement depuis la fin de l\u2019hiver dernier et a pour mandat d\u2019élaborer la pratique de l\u2019ostéopathie au Québec », explique-t-il.C\u2019est donc un pas dans la bonne direction.«Le fait que l\u2019Office des professions du Québec ait pris la peine de former un comité est un signe, à nos yeux, qu\u2019ils prennent notre demande au sérieux», ajoute M.Muzzi.Toutefois, rien ne sert de s\u2019emballer trop rapidement.Vérification faite auprès de l\u2019OPQ : la création de ce comité ne signifie en rien qu\u2019un ordre professionnel sera créé.Le comité d\u2019experts est plutôt un outil de travail de l\u2019OPQ pour mieux connaître une profession avant de rédiger des recommandations pour le gouvernement.Les ostéopathes devront donc s\u2019armer de patience.Quant au public, il devra continuer pour le moment de consulter le site du ROQ et de l\u2019ADOQ pour s\u2019assurer de faire affaire avec un ostéopathe formé adéquatement.www.registre.org et www.adoq.ca L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 15 Une prothèse dans la tête Un patient frappé par deux accidents vasculaires cérébraux (AVC) a recommencé à parler et à marcher après avoir reçu une prothèse intracrânienne à l\u2019Institut et Hôpital neurologiques de Montréal.Les AVC constituent la troisième cause de mortalité en Amérique du Nord.Il en survient un toutes les 45 secondes! À la suite d\u2019AVC, un homme de 66 ans, Terence Hamill, avait perdu l\u2019usage de sa main gauche et de la parole et ne marchait plus.C\u2019est un petit caillot logé dans son cerveau qui a causé tous ces dégâts en bloquant la circulation sanguine, ce qui a entraîné la mort de millions de neurones.Mais une intervention chirurgicale menée par une équipe médicale de l\u2019Institut et Hôpital neurologiques de Montréal a grandement amélioré sa qualité de vie.Des chirurgiens ont implanté dans son crâne une prothèse de 20 mm de long.Cette opération est délicate, car les artères cérébrales sont très fragiles.La prothèse est un cylindre constitué d\u2019un treillis métallique flexible.Elle sert à élargir une artère bloquée afin de rétablir le flux sanguin.Comment s\u2019y prend-t-on?D\u2019abord, on dilate le vaisseau à l\u2019aide d\u2019un ballonnet.Puis, on insère un cathéter dans l\u2019artère principale de la cuisse.Ce cathéter achemine la prothèse jusqu\u2019à l\u2019artère cérébrale bloquée.En plus de donner des résultats spectaculaires, cette intervention diminue les risques que le patient subisse un autre AVC.Il y a donc de l\u2019espoir pour les victimes! (Source : Développement économique, Innovation et Exportation Québec) Café Nelligan distribue du beurre de karité équitable Café Nelligan intègre des personnes handicapées dans la fabrication de café équitable et biologique, mais ce n\u2019est pas tout! Depuis cet été, l\u2019entreprise d\u2019économie sociale Transit, qui est à la base du projet Café Nelligan, distribue également des produits à base de karité.Traditionnellement, le beurre de karité est utilisé pour les soins corporels et la cuisson des aliments.Le beurre de karité naturel contient des ingrédients qui ont un effet apaisant, hydratant et protecteur pour la peau, les lèvres, les cheveux et les muscles.Contrairement à l\u2019extraction chimique, le beurre de karité obtenu par barattage manuel ou pression mécanique conserve toutes ses propriétés.Le beurre de karité stimule la production de collagène, protéine caractéristique d\u2019une peau jeune et en santé.De plus, il contient des propriétés antioxydantes en raison de sa haute teneur en vitamine E.On a pu observer, dans le cadre d\u2019une étude clinique, une réduction des rides et une amélioration de la souplesse de la peau dans 75 % des cas.Le Transit participe à la campagne Bon pour Vous ; Bon pour Elles du Centre d\u2019étude et de coopération internationale qui appuie des productrices de beurre de karité depuis plus d\u2019une dizaine d\u2019années en Afrique de l\u2019Ouest.En achetant des produits à base de beurre de karité équitable, vous contribuez non seulement à votre bien-être, mais vous posez aussi un geste de solidarité envers les femmes africaines.(Source : www.cafenelligan.com) Nos enfants auront-ils 100 ans ?Dans les pays riches comme le Canada, le Japon et la France, l\u2019espérance de vie à la naissance atteint aujourd\u2019hui des sommets inégalés et oscille entre 75 et 85 ans.Depuis 1840, la longévité humaine s\u2019accroît d\u2019en moyenne trois mois par année.Si la tendance se maintient, l\u2019espérance de vie pourrait atteindre 95 ans en 2040! Nos enfants ont donc de fortes chances de devenir centenaires.Malheureusement, la réalité est tout autre dans des pays comme la Zambie où l\u2019espérance de vie est de 39 ans.Nos enfants (surtout les filles) ont de fortes chances statistiques d\u2019atteindre cent ans.Actuellement, au Québec, l\u2019espérance de vie à la naissance des femmes est de 82 ans.Comme il s\u2019agit d\u2019une moyenne, le Québec compte plusieurs centenaires et même de « supercentenaires », c\u2019est-à-dire des individus âgés de plus de 110 ans.En examinant la courbe des décès des centenaires québécois, on observe une hausse constante.Avant les années 1960, on comptait moins de 20 décès de centenaires annuellement, alors qu\u2019en 1980, on en dénombrait une centaine et, en 2004, plus de 300! Ce phénomène se produit dans plusieurs pays occidentaux.On explique généralement cette augmentation de la longévité du fait que les conditions de vie (alimentation, hygiène, progrès de la médecine) se sont grandement améliorées depuis 150 ans.Aux États-Unis, des patients ont subi des chirurgies cardiaques après l\u2019âge de 100 ans! Certains scientifiques rétorquent toutefois que la vague d\u2019obésité sévissant parmi les enfants et les adolescents de pays comme les États-Unis et le Canada pourraient renverser cette tendance.Formeront-ils la première génération à mourir plus jeunes que leurs parents ?(Source : Développement économique, Innovation et Exportation Québec) Barattage du beurre de karité, une étape cruciale et très exigeante pour les femmes productrices de karité, au Burkina Faso.Photo : Annie Cauchon 16 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Environnement Depuis trois ans, le CSSS de la Montagne met 11 vélos en libre-service à la disposition de ses employés, principalement ceux qui font des visites à domicile : infirmières, ergothérapeutes, physiothérapeutes et intervenants psychosociaux.Parmi les 800 employés du CSSS de la Montagne, 150 font du service à domicile.«C\u2019est génial, car il est très difficile de stationner son véhicule près du CLSC Côte-des-Neiges», s\u2019enthousiasme Sacha Vigeant, intervenant psychosocial.Sacha travaille sur le territoire desservi par le CLSC, où les pentes ne favorisent pas, a priori, l\u2019usage de la bicyclette, mais celui-ci s\u2019en accommode parfaitement.«Cela me prend seulement cinq à dix minutes pour me rendre à une visite.C\u2019est vraiment facile », assure-t-il.Grâce à ce moyen de transport efficace, Sacha a déjà pu venir en aide à l\u2019une de ses collègues qui était en situation délicate.«Lors d\u2019une visite chez une patiente âgée, le fils de celle-ci est devenu agressif envers ma collègue.Elle m\u2019a alors appelé et je suis arrivé rapidement sur les lieux grâce à mon vélo», explique-t-il.Valérie et Sacha interviennent principalement auprès de personnes âgées, qui sont les premières à avoir besoin de soins à domicile.Les cas en santé mentale sont également nombreux.Sur la route, de plus en plus d\u2019employés du CSSS de la Montagne optent pour le vélo.«Nous voir partir faire nos visites à vélo encourage l\u2019ensemble du personnel à utiliser leurs vélos de façon générale», dit Valérie Lemieux, qui travaille au CLSC Metro.Se faire respecter en deux roues De nombreux employés du CSSS hésitent encore toutefois à faire le saut.«Ceux qui utilisent les vélos au CSLC Metro sont surtout des habitués de ce type de transport, car la circulation au centre-ville est intimidante pour quelqu\u2019un qui n\u2019a pas l\u2019habitude de se déplacer à vélo», explique l\u2019ergothérapeute Valérie Lemieux.«Il faut faire comprendre aux automobilistes qu\u2019ils ont une arme dans les mains», renchérit Sacha Vigeant.Selon eux, l\u2019automobile occupe une trop grande place à Montréal.«Il faut s\u2019interroger sur l\u2019hégémonie de la voiture, selon l\u2019ergothérapeute.J\u2019aime les dépasser et leur montrer que je suis aussi rapide qu\u2019eux, afin de leur faire comprendre que la voiture n\u2019est pas une solution.» Les jeunes physiothérapeutes et ergothérapeutes du CLSC Metro, qui sont sept sur huit à utiliser régulièrement les vélos, n\u2019ont pas froid aux yeux.Ils n\u2019hésitent même pas à jouer les équilibristes.«On part souvent en visite avec de l\u2019équipement sur nos vélos, comme des bancs à installer dans la baignoire ou des béquilles.On est peu casse-cou», avoue-t-elle.«Le vélo procure un sentiment de liberté incroyable, dit Valérie.Dès qu\u2019on commence, on devient vite accro!» Sacha est un bon exemple, lui qui s\u2019est remis à la bicyclette\u2026 20 ans après avoir pédalé la dernière fois! Et vous, c\u2019est pour quand?1 le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Montagne inclut les CLSC Côte-des-Neiges, Metro et Parc-Extension.Le 22 septembre, surveillez la journée En ville sans ma voiture.Si vous aussi souhaitez profiter de vélos en libre-service sur votre lieu de travail, contactez l\u2019un des trois centres de gestion des déplacements (CGD) : Voyagez futé (centre-ville), Mobiligo (Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de- Grâce) ou le CGD Saint-Laurent (Ouest-de-l\u2019île).«Il faut s\u2019interroger sur l\u2019hégémonie de la voiture.J\u2019aime les dépasser et leur montrer que je suis aussi rapide qu\u2019eux, afin de leur faire comprendre que la voiture n\u2019est pas une solution.» \u2014Valérie Lemieux, ergothérapeute au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Montagne Photo : Jérôme Savary En ville sans ma voiture Soigner à vélo Jérôme Savary À raison de dix visites à domicile par semaine, Valérie et Sacha partent rencontrer leurs patients à vélo.Elle est ergothérapeute et lui intervenant psychosocial et les deux effectuent leurs déplacements professionnels sur deux roues.«Se rendre à vélo au domicile des patients permet même de répondre à des situations d\u2019urgence», indiquentils.Valérie et Sacha profitent des vélos en libre-service mis à leur disposition par leur employeur, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Montagne1.AccèsVélo en chiffres Sur l\u2019ensemble de l\u2019île de Montréal, 19 entreprises et institutions participent au programme AccèsVélo.Hydro-Québec, l\u2019Université de Montréal, la SITQ (filiale immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec) et ses 23 000 employés et la Ville de Montréal figurent notamment parmi ces employeurs «allumés» qui proposent des vélos en libreservice à leurs employés.Au total, 165 vélos, dont 19 électriques, sont répartis dans une trentaine de sites.Valérie Lemieux et Sacha Vigeant, respectivement ergothérapeute et intervenant psychosocial au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Montagne L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 17 Faut-il emballer les glaciers?En raison des changements climatiques, les glaciers fondent à un rythme alarmant.Si la tendance se maintient, on prévoit que les glaciers des Alpes auront totalement disparu d\u2019ici la fin du siècle.Ce phénomène inquiète non seulement les écologistes, mais aussi les propriétaires de stations de ski.Des données satellite enregistrées par l\u2019Université de Zurich ont montré qu\u2019entre 1985 et l\u2019an 2000, la hausse des températures a provoqué, en Suisse, une fonte des glaciers de l\u2019ordre de 20 %.À titre comparatif, entre 1973 et 1985, les glaciers suisses n\u2019avaient «maigri» que de 1 %.À la suite de la publication de ces résultats, la station de ski d\u2019Andermatt, située sur les flancs du glacier Gurschen, a décidé d\u2019emballer une partie du glacier pour en freiner la fonte.Durant l\u2019été, on a couvert une portion du glacier de bandes de mousse en PVC d\u2019un centimètre d\u2019épaisseur pour la protéger de la chaleur et des rayons ultraviolets du soleil.Recouvrir une surface de glace de 2 500 m2 coûte cher : près de 100 000 $! L\u2019opération a ralenti la fonte du glacier de 2 mètres.Est-ce suffisant pour assurer la prospérité de la station touristique?(Source : Développement économique, Innovation et Exportation Québec) Pets de kangourous contre les gaz à effet de serre Les pets des kangourous sont écologiques, car ils contiennent très peu de méthane, un gaz à effet de serre.Cette constatation a donné l\u2019idée à des chercheurs australiens de transplanter des bactéries propres au kangourou dans le tube digestif des moutons et des bovins.À l\u2019échelle planétaire, l\u2019élevage d\u2019animaux de ferme représente près de 20% de l\u2019ensemble des émissions de gaz à effet de serre.En Nouvelle-Zélande, où l\u2019élevage est intensif, cette proportion atteint environ 50 % ! Or, chez le kangourou, les bactéries qui participent à la digestion ne produisent pratiquement pas de méthane.Si les scientifiques réussissent à transplanter ces bactéries dans le bétail, on s\u2019attend à une réduction des émissions de méthane de plus de 30 %.Encourageant! Mais ne nous réjouissons pas trop vite : il faudra au moins trois ans pour tester cela.Les chercheurs doivent d\u2019abord isoler les fameuses bactéries, parmi les milliers d\u2019espèces qui habitent les intestins des kangourous, puis élaborer un protocole pour transplanter ces bactéries dans le tube digestif du bétail.Une fois le transfert réalisé, il faudra vérifier si les bactéries pourront dominer les autres microbes qui peuplent le système digestif des mammifères.Pour ce faire, les chercheurs ont l\u2019intention de recourir à de jeunes animaux dont la flore bactérienne gastro-intestinale est peu développée.(Source : Développement économique, Innovation et Exportation Québec) N\u2019est pas vert qui veut Une entreprise américaine de marketing social a créé le Greenwashing Index, un site consacré aux publicités utilisant des arguments écologiques à des fins uniquement mercantiles.Le site permet aux internautes de publier des publicités et de les soumettre au vote du public afin de déterminer si elles sont «coupables» de greenwashing.Pour attribuer leur note \u2014 entre 1 pour une publicité jugée crédible et 5 pour du «greenwashing total» \u2014, les internautes doivent se référer à cinq critères.Ils doivent se demander si la publicité : * induit en erreur par le vocabulaire utilisé ; * induit en erreur par les images ou le graphisme utilisés ; * vante un attribut écologique vague ou difficilement démontrable ; * exagère les attributs écologiques de l\u2019entreprise ou du produit ; * occulte certaines informations au bénéfice de l\u2019attribut écologique.L\u2019objectif est de sensibiliser les consommateurs aux déviances publicitaires en matière environnementale et d\u2019aiguiser leur sens critique devant la multitude de messages écolos.Il est aussi d\u2019inciter les entreprises à communiquer de façon plus honnête.(Source: novae.ca) www.greenwashingindex.com 18 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 INFO RAPSIM Le réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: 514 879-1949 www.rapsim.org Enfin une Commission parlementaire sur l\u2019itinérance De la fin septembre au début novembre, le gouvernement du Québec tiendra une Commission parlementaire sur l\u2019itinérance.C\u2019est avec satisfaction que le RAPSIM a accueilli cette nouvelle qui constitue une réponse positive à la demande que le milieu de l\u2019itinérance avait exprimée.Cette Commission permettra de faire le point sur la situation de l\u2019itinérance au Québec, d\u2019examiner l\u2019intervention gouvernementale existante et souhaitable sur la question, incluant la pertinence de se doter d\u2019une Politique en itinérance.C\u2019est en décembre 2006 que la tenue de cette Commission avait été réclamée en conférence de presse à la Maison du Père, par le RAPSIM, l\u2019opposition péquiste et Dan Bigras.Refusée par le gouvernement libéral alors majoritaire, la demande fut exprimée de nouveau en décembre dernier, par les mêmes porte-parole et de nombreux appuis, dont la Ville de Montréal et l\u2019Arrondissement Ville-Marie.Au printemps dernier, les 3 partis à l\u2019Assemblée nationale s\u2019entendaient pour convoquer cette consultation.Une Commission itinérante Tel que le RAPSIM l\u2019avait mis de l\u2019avant, cette commission parlementaire sur l\u2019itinérance que tiendra la Commission des affaires sociales de l\u2019Assemblée nationale sera elle-même itinérante.Trois jours d\u2019audiences à Montréal ouvriront celle-ci, à compter du lundi 29 septembre.En plus de la Ville de Montréal, une vingtaine d\u2019organismes communautaires montréalais ont été invités à y présenter un mémoire.La Commission se déplacera en octobre à Gatineau, puis Trois-Rivières et conclura ses audiences à Québec au début novembre pour y entendre des groupes locaux et nationaux, des chercheurs et des institutions (Commission des droits de la personne, Curatelle publique, Barreau, etc.).La Commission a aussi convoqué les différents ministères les plus concernés par la question (Santé et services sociaux, Affaires municipales, Emploi et solidarité sociale, Justice, Sécurité publique et la SHQ) Un rendez-vous majeur La tenue de la Commission parlementaire sera l\u2019occasion de réitérer notre demande que le gouvernement se dote d\u2019une Politique en itinérance.D\u2019entrée de jeu, le document de consultation de la commission parlementaire pose lui-même les questions en ce sens « Le phénomène de l\u2019itinérance nécessite \u2013til l\u2019adoption d\u2019une Politique gouvernementale ?Quels devraient être les axes de cette politique ?» (1) Cette Commission permettra au RAPSIM et aux nombreux organismes qui y ont été invités (refuges pour hommes, hébergement pour femmes, centre de jour, etc.) de faire état des besoins.Le rapport que produira la Commission l\u2019hiver prochain aura force de recommandation auprès du gouvernement, qui en disposera selon sa convenance.Il n\u2019y a pas de garantie de résultats avec la tenue d\u2019une Commission parlementaire.Mais celle-ci, et les membres de la Commission le reconnaissent, amènera une obligation de résultats.Comme le dit le président de la Commission des affaires sociales, le député libéral montréalais Geoffrey Kelley, il faut « que l\u2019itinérance soit et demeure au coeur des préoccupations de notre société.» L\u2019intervention gouvernementale doit passer par des réponses concrètes aux besoins, dans la lutte à la pauvreté, le logement social, le financement des organismes d\u2019aide, etc.Cette chronique reprendra, dans le numéro du 1er octobre de l\u2019Itinéraire, les grandes lignes du mémoire que le RAPSIM aura déposé ce jour même à la Commission parlementaire.Il sera aussi possible de consulter ce mémoire sur le site du RAPSIM : www.rapsim.org Pierre Gaudreau,coordonnateur du RAPSIM (1) Le phénomène de l\u2019itinérance- Document de consultation, Commission des affaires sociales, Assemblée nationale, juin 2006, (2) Idem, L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 19 Si Patrice Rodriguez parle ainsi du phénomène de l\u2019exclusion, c\u2019est qu\u2019il l\u2019observe depuis des années.Arrivé au Québec en 1973, il s\u2019est installé dans l\u2019arrondissement Hochelaga-Maisonneuve pour y travailler comme ouvrier de la métallurgie.«Dans le quartier, pendant des générations, les jeunes de 15 ou 16 ans commençaient à travailler à l\u2019usine de leur père ou de leur oncle et y passaient leur vie! Or, à l\u2019époque, on voyait les usines fermer les unes après les autres.Des milliers d\u2019emplois ont été perdus en quelques années et les jeunes se sont retrouvés devant rien.L\u2019impact sur le quartier a été semblable à celui d\u2019un bombardement.» Le déclic Si ces années difficiles ont été significatives dans le cheminement de Patrice Rodriguez, le véritable déclic s\u2019est fait au début des années 1980, alors que l\u2019ouvrier était entre deux emplois.«J\u2019avais de jeunes enfants en garderie et, à l\u2019époque, on était loin des CPE! Les services de garde avaient très peu de financement et les parents étaient constamment sollicités pour donner un coup de main.» C\u2019est à ce moment qu\u2019il a réalisé que quelque chose ne fonctionnait pas : d\u2019un côté, des organismes avaient des besoins criants, mais très peu de moyens pour les combler, et de l\u2019autre, une jeune génération désemparée ne sachant trop quoi faire de ses dix doigts.«J\u2019ai alors décidé, avec d\u2019autres parents, d\u2019associer les deux.J\u2019ai voulu créer un lieu pour soutenir les jeunes, leur apprendre à travailler et offrir leurs services et produits à prix modestes à différents organismes.C\u2019est comme ça qu\u2019en 1983, Le Boulot vers\u2026 est né.» C\u2019est comme ça aussi que la grande carrière de Patrice Rodriguez a démarré dans le monde de la lutte contre l\u2019exclusion.D\u2019abord, il a fallu défricher le terrain pour les entreprises d\u2019insertion sociale.«Ce n\u2019était pas facile d\u2019obtenir du financement pour payer les jeunes dans ces années-là.J\u2019ai travaillé très fort pour faire reconnaître les entreprises d\u2019insertion sociale auprès du gouvernement et pour qu\u2019on leur accorde du financement.» Fier de ses réussites, M.Rodriguez ne s\u2019est toutefois pas assis sur ses lauriers.En 2003, il a pris une année de congé et s\u2019est envolé pour le Brésil et l\u2019Argentine afin de constater sur place ce qui s\u2019y faisait d\u2019innovateur en matière de lutte contre l\u2019exclusion et la pauvreté.«Après de multiples rencontres sur le terrain, je suis revenu et j\u2019ai finalement décidé de faire un documentaire sur le sujet.» Le documentaire Parole d\u2019excluEs a été vu par environ 2000 personnes au Québec, au Brésil et en Argentine.Patrice Rodriguez a ensuite fait un grand bilan de sa démarche avec l\u2019Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale.Plusieurs personnes ont ainsi été mobilisées et ont voulu aller plus loin avec les idées échangées.C\u2019est ainsi que Parole d\u2019excluEs, le film, est devenu Parole d\u2019excluEs, le mouvement (voir autre texte en p.21).Après 25 années passées à trouver des solutions «d\u2019inclusion», Patrice Rodriguez continue de se battre.«Chaque jour, je vois l\u2019écart se creuser entre les riches et les pauvres.C\u2019est inacceptable! Notre société a plus de savoir et de richesses qu\u2019il n\u2019en faut pour que tous puissent vivre sans pauvreté et sans exclusion.Pourtant, la situation s\u2019aggrave constamment.On doit en faire beaucoup plus pour changer les choses.» «Dans le quartier, pendant des générations, les jeunes de 15 ou 16 ans commençaient à travailler à l\u2019usine de leur père ou de leur oncle et y passaient leur vie! Or, à l\u2019époque, on voyait les usines fermer les unes après les autres.Des milliers d\u2019emplois ont été perdus en quelques années et les jeunes se sont retrouvés devant rien.L\u2019impact sur le quartier a été semblable à celui d\u2019un bombardement.» \u2014 Patrice Rodriguez Le rassembleur, Patrice Rodriguez, entouré de sa gang.Patrice Rodriguez Plus de 25 ans de lutte Martine Letarte «Plusieurs pensent que l\u2019exclusion est réservée aux gens qui ont des problèmes.C\u2019est faux! Il y a une véritable machine qui produit l\u2019exclusion.On se doit d\u2019en prendre conscience et de faire quelque chose pour la contrer.» Développement social actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Photo : Alexis aubin 20 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Le Mot du maire Benoit Labonté Maire de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et chef de l\u2019Opposition officielle de la Ville de Montréal Espace payé Un projet de verdissement social À l\u2019angle des rues de Bullion et Sainte-Catherine, dans le Quartier des spectacles, un terrain vague était devenu, au cours des dernières années, un lieu insalubre, où gisaient sur le sol de nombreux déchets.Embêté par cette situation, la Corporation de développement urbain du Faubourg Saint-Laurent décida de faire appel à Sentier urbain, un organisme suscitant l\u2019engagement de la collectivité dans l\u2019action pour le verdissement social.Redonner vie au sol nécessita, pour ce bout de terrain, la collaboration de nombreux partenaires.D\u2019abord, Sentier urbain dû s\u2019assurer d\u2019obtenir, de la part de l\u2019entreprise Guérin Éditeur, l\u2019autorisation d\u2019effectuer, sur son territoire, de nouveaux aménagements verts.Par la suite, l\u2019arrondissement de Ville-Marie autorisa, pour cet espace à vocation commerciale, l\u2019aménagement temporaire d\u2019un nouvel îlot de fraîcheur.De plus, la Division des parcs et de l\u2019horticulture a pu fournir, à Sentier urbain, de la terre, ainsi que de copeaux de bois, nécessaires à la régénération du sol.Ce projet, c\u2019est également une collaboration avec l\u2019organisme Sac à Dos, situé à côté du terrain, qui encourage la participation et l\u2019engagement des personnes en situation d\u2019itinérance par le développement de réseaux d\u2019échanges.L\u2019implication des bénévoles de Sac à Dos permet de créer, dans ce quartier, une synergie avec les résidants, les travailleurs et autres visiteurs.Cette initiative représente un bel exemple d\u2019intervention qui sera encouragée par la future Société de développement social de Ville-Marie, prévue pour l\u2019année 2009, afin de soutenir financièrement les actions porteuses pour notre collectivité.Je salue les efforts d\u2019entraide entre les organismes, le secteur privé, ainsi que les groupes de résidants, une condition gagnante vers une meilleure cohabitation sociale dans Ville-Marie.Développement social actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Depuis tout récemment, le Centre de Solidarité lesbienne (CSL) s\u2019est installé sur la rue Saint-Denis.En fait, le CSL est né de la réflexion des intervenantes et membres du conseil d\u2019administration du Groupe d\u2019intervention en violence conjugale chez les lesbiennes (GIVCL) qui ont décidé d\u2019élargir leur mission.S\u2019appuyant sur les principes de l\u2019intervention féministe, le CSL poursuivra son travail auprès des lesbiennes victimes de violence conjugale, mais développera aussi de nouveaux créneaux d\u2019intervention.La santé et le bien-être des lesbiennes sont au coeur de la nouvelle mission du CSL.En plus de promouvoir le développement d\u2019un esprit critique face au monde de la santé, le Centre veut sensibiliser les lesbiennes aux problèmes de santé qui leur sont particuliers.Ainsi, le cancer du sein, plus présent chez les femmes n\u2019ayant pas eu d\u2019enfants, est forcément plus répandu chez les lesbiennes.Celles qui en sont atteintes hésitent à fréquenter des groupes de soutien où elles pourraient être confrontées à de la lesbophobie.De plus, plusieurs lesbiennes ne se préoccupent pas de leur santé gynécologique, considérant que celle-ci est réservée à la contraception, aux infections transmissibles sexuellement (ITS) et aux grossesses.Pourtant, certaines ITS sont transmissibles lors de rapports entre femmes (notamment la chlamydia) et toutes les femmes sont susceptibles d\u2019avoir des problèmes de menstruations qui nécessitent un suivi gynécologique.(Audrey Coté) Pour plus d\u2019information : info@solidaritelesbienne.qc.ca ou 514-526-2452 Un espace de solidarité pour les lesbiennes montréalaises L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 21 actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Développement social actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression «C\u2019est le jour et la nuit!», s\u2019exclame Guy Roberge, un résidant de l\u2019immeuble qui se rappelle bien des années où le gang de la rue Pelletier régnait en maître.«Avant, je ne connaissais pas mes voisins, ajoute-t-il.Personne ne se parlait, tout le monde marchait la tête entre les deux jambes.Maintenant, c\u2019est tout le contraire.En 2002, jamais je n\u2019aurais pu croire que tout cela serait un jour possible.» En effet, il s\u2019en est passé des choses depuis.D\u2019abord, à la suite de l\u2019opération policière, l\u2019immeuble a été presque complètement vidé.Tombant en ruine, il a été racheté par la Société d\u2019habitation populaire de l\u2019Est de Montréal (SHAPEM) pour en faire des logements sociaux.L\u2019organisme a fait appel à l\u2019organisme Parole d\u2019excluEs pour mobiliser la population du quartier.«Nous travaillions déjà avec la SHAPEM sur le site de l\u2019ancienne Biscuiterie Viau.Cet organisme nous a demandé de lui donner un coup de main sur la rue Pelletier et, au début des travaux, on nous a offert d\u2019acheter l\u2019immeuble voisin.C\u2019est ainsi que le projet a grossi», explique Patrice Rodriguez, cofondateur de Parole d\u2019excluEs.L\u2019Accorderie À son arrivée dans Montréal-Nord, Parole d\u2019excluEs cherchait à mettre sur pied un projet qui allait tout de suite rejoindre les gens.Ainsi est née L\u2019Accorderie Montréal, un concept d\u2019échange de services créé à Québec qui fait maintenant des petits.«Mais attention! L\u2019Accorderie, ce n\u2019est pas du bénévolat.C\u2019est de l\u2019échange.Par exemple, je donne une heure de mon temps pour faire du déménagement et ça me donne une heure en banque que je peux utiliser selon mes besoins», indique Carole Léger, responsable de L\u2019Accorderie.Un service d\u2019échange, qui fonctionne particulièrement bien en ce moment, a été organisé par des mamans.Pendant que quelques mères s\u2019occupent du groupe d\u2019enfants, d\u2019autres en profitent pour avoir un peu de temps libre.Et elles alternent les unes avec les autres.L\u2019Accorderie recrute ses membres partout sur l\u2019île et dans ses environs, dans le but de créer des liens, d\u2019amener les gens à sortir de chez eux et à rencontrer les résidants d\u2019autres quartiers.«Avec Parole d\u2019excluEs, que ce soit par le logement, l\u2019organisation de fêtes de voisins, L\u2019Accorderie ou par d\u2019autres initiatives encore, l\u2019objectif est le même : lutter contre l\u2019exclusion et briser l\u2019isolement», rappelle Patrice Rodriguez.Combler des besoins Dans les immeubles de la rue Pelletier, Parole d\u2019excluEs travaille aussi en collaboration avec un groupe d\u2019universitaires pour déterminer les besoins de la population locale.«Par exemple, nous consultons les gens pour savoir ce qu\u2019ils aimeraient faire de l\u2019espace de stationnement de l\u2019immeuble.Une aire de jeu pour les enfants?Un jardin collectif?Ce sera à voir», indique Marlène Pominville-Racette, étudiante à l\u2019UQAM en communication, politique et société.«C\u2019est certain qu\u2019on ne peut pas tout régler, comme les problèmes d\u2019accès à l\u2019emploi, ou de discrimination, indique M.Rodriguez.Mais on peut dénoncer ces situations et tenter d\u2019influencer les pouvoirs publics.On peut aussi donner un coup de main aux citoyens qui ont envie de mettre sur pied des projets visant à améliorer leur qualité de vie.» Site Internet de Parole d\u2019excluEs : www.parole-dexclus.qc.ca Site Internet du réseau d\u2019échange de services L\u2019Accorderie : www.accorderie.ca «On peut donner un coup de main aux citoyens qui ont envie de mettre sur pied des projets visant à améliorer leur qualité de vie.» \u2014 Patrice Rodriguez, cofondateur de Parole d\u2019excluEs Le nouveau gang de la rue Pelletier Martine Letarte C\u2019est par un après-midi ensoleillé que L\u2019Itinéraire s\u2019est rendu à Montréal-Nord, plus particulièrement sur la rue Pelletier qui a fait les manchettes l\u2019an dernier lors du mégaprocès des membres d\u2019un gang arrêtés lors de l\u2019opération policière de 2005.Dans ces immeubles, il n\u2019y a pas si longtemps, on retrouvait trafic de drogues, piqueries, prostitution, violence, etc.Cette journée-là, nous avons été chaleureusement accueillis dans l\u2019appartement #9, dont la porte est ouverte à toute la communauté.Que s\u2019est-il passé?Photo : Alexis Aubin Des enfants de la rue Pelletier profitent d\u2019une activité organisée par L\u2019Accorderie. 22 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 .Aidez-nous à les aider : www.itineraire.ca Faites un don en ligne. L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 23 Diana Parada vit au Québec depuis dix ans.Originaire de Bogota, capitale de la Colombie, elle vit à Gatineau depuis six ans, en compagnie de ses deux jeunes enfants et de son mari, un Québécois rencontré en Colombie.C\u2019est son mari, originaire de Drummondville, qui lui a proposé de venir s\u2019installer au Québec.«J\u2019aurais aimé que Sylvain reste en Colombie, mais qui prend mari prend pays», dit-elle en rigolant.Peu après la naissance de son fils Nicolas, il y a cinq ans, Diana a cofondé Maman kangourou, une entreprise qui fabrique des portebébés traditionnels en écharpe.«Avec mon amie Catalina, nous voulions offrir à nos enfants un peu de notre culture colombienne de maternage, tout en respectant la société québécoise», dit-elle avec son accent délicieux.Aujourd\u2019hui, ces porte-bébés sont distribués partout au Québec et au Canada et même en Europe! «Nous sommes connus aujourd\u2019hui, mais il y a cinq ans, on était les pionnières des porte-bébés traditionnels », explique Diana.Montréal-Gatineau-Sept-Îles Après avoir passé quatre ans à Montréal, Diana a suivi son mari à Gatineau.«Je suis une fille de ville, mais depuis que je suis arrivée à Gatineau, j\u2019apprécie le fait d\u2019être à la fois proche de la nature et de l\u2019activité urbaine.J\u2019aime aussi que la vie soit plus calme qu\u2019à Montréal.» Rasvan Popescu, lui aussi, aime les grandes villes.Né à Bucarest, en Roumanie, il a ensuite passé neuf ans à Montréal avant de suivre sa femme médecin à Sept-Îles, où il vit depuis déjà onze ans.C\u2019est sur la Côte-Nord qu\u2019il est le plus heureux.«J\u2019ai plus de temps pour moi et ma famille et les relations sont davantage personnelles en région, alors qu\u2019à Montréal, je me sens comme un grain de sable dans le désert.» Selon lui, l\u2019intégration passe par les régions.«Ici, j\u2019ai appris le français en l\u2019entendant parler autour de moi, comme les gitans alors qu\u2019à Montréal, je ne parlais qu\u2019anglais.L\u2019intégration se fait dans les régions», insiste-t-il.À Sept-Îles, Rasvan préside Progénie Experts-Conseils, une entreprise de conseil en ingénierie.«Depuis que Progénie existe, j\u2019ai fait le choix d\u2019embaucher des gens issus des communautés culturelles.On m\u2019a aidé lorsque je suis arrivé ici et ça a beaucoup compté pour moi, alors je veux à mon tour aider les immigrants à s\u2019intégrer.» Cet homme de 65 ans, qui a quitté la Roumanie à l\u2019époque du dictateur Ceaucescu, est engagé dans la communauté de SeptÎles.Rasvan s\u2019implique auprès du club Richelieu, qui accueille les enfants handicapés et offre un répit à leurs parents.«Je sens que je fais partie de cette communauté, car je me bats aussi pour améliorer l\u2019environnement sur la Côte-Nord.» Ayant vécu l\u2019explosion nucléaire de Tchernobyl, il lutte contre l\u2019ouverture de plusieurs mines d\u2019uranium.«Les gens ne connaissent pas l\u2019impact négatif que l\u2019uranium pourrait avoir.» Enfin, l\u2019ouverture est un élément essentiel d\u2019une intégration réussie.«Lors de mes cours de français, j\u2019ai aimé me retrouver au milieu d\u2019autres cultures, avec 15 nationalités différentes! Explique Diana Parada.Je me suis fait des amis et j\u2019apprécie l\u2019ouverture du Canada et Québec dans l\u2019accueil des immigrants.Il y a beaucoup de défis à surmonter, mais c\u2019est à nous autres d\u2019aider à faire tomber les barrières.» Surveillez les activités qui se dérouleront lors de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles du 28 septembre au 5 octobre.Obtenez davantage d\u2019information en appelant le 1 866 817-9850 «J\u2019ai plus de temps pour moi et ma famille et les relations sont davantage personnelles en région, alors qu\u2019à Montréal, je me sens comme un grain de sable dans le désert.» \u2014 Rasvan Popescu est d\u2019origine roumaine et il vit à Sept-Îles depuis onze ans Semaine québécoise des rencontres interculturelles L\u2019intégration se vit en région actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Développement social actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Jérôme Savary Diana Parada et Rasvan Popescu vivent loin de leur Colombie et Roumanie natales.Aujourd\u2019hui respectivement résident de Gatineau et de Sept-Îles, ils font partie des rares immigrants à vivre à l\u2019extérieur du Grand Montréal.En effet, seulement 18 % des 300 000 immigrants admis au Québec entre 1997 et 2006 vivent «en région».Considérant le dynamisme entrepreneurial de Mme Parada et de M.Popescu, les régions auraient peut-être intérêt à en attirer davantage! Diana Parada vit à Gatineau depuis six ans.On la voit ici en compagnie de son fils Nicolas, de sa fille Gabriela et de son mari Sylvain. 24 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Police sous surveillance - Street Sheet, Winnipeg, Canada Deux policiers de Winnipeg ont récemment appréhendé un jeune squeegee pour avoir ralenti la circulation.Après lui avoir donné une contravention, ils l\u2019auraient amené derrière un camion banalisé pour le molester.Ce n\u2019est pas le premier incident du genre.Aussi, un groupe de citoyens s\u2019est mobilisé et veillera désormais \u2013 caméra en mains \u2013 sur les jeunes laveurs de pare-brise au travail.Le problème de violence policière est suffisamment inquiétant pour que la Commission des droits de la personne du Manitoba publie un rapport concernant les nombreuses plaintes portées récemment contre la police de Winnipeg, notamment par des membres des minorités visibles.La police veille\u2026 mais les citoyens la surveillent.Globe-Trottoir Des nouvelles des journaux de rue du monde entier actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Par Isabelle Couture Faire ses devoirs - Reuters pour le Street news service En dépit des déboires de l\u2019armée américaine sur les fronts afghan et irakien et de l\u2019impopularité de ces conflits dans l\u2019opinion publique, le camp de West Point attire cet été un nombre record d\u2019adolescents américains.Cependant, seule la crème des candidats sera retenue pour profiter de quatre ans d\u2019études universitaires en échange d\u2019un engagement actif de cinq ans et de trois ans dans la réserve.Quelles sont les motivations de ces jeunes?Le respect d\u2019une tradition, le goût des voyages, le choc de l\u2019après 11 septembre.Mais c\u2019est surtout par sens du devoir envers leur pays en guerre qu\u2019ils suivront les traces du président Eisenhower ou de l\u2019astronaute Buzz Aldrin, illustres diplômés du prestigieux établissement.Le camp de West Point Photo: Rosspilot.com Digne Village - Street Roots, USA Dignity Village, le premier village de tentes autorisé par la ville de Portland, fêtera bientôt son huitimème anniversaire d\u2019existence.Un plan d\u2019amélioration a permis de consolider les structures et les services d\u2019hygiène grâce aux matériaux donnés et à la contribution de la ville.Ce camp constitue, pour ses 59 habitants, une transition entre la rue et un vrai logement.Mais pour mériter sa place au village de la dignité, il faut savoir s\u2019intégrer à la vie du groupe et consacrer du temps au service de l\u2019amélioration des infrastructures.Certains des résidents ne restent que quelques mois, d\u2019autres jusqu\u2019à cinq ans et sur la douzaine de personnes qui ont quitté le village cette année, certains ont été exclus, quatre ont emménagé en appartement ou ont rejoint leur famille et les autres sont retournés dans la rue.La guerre des râteaux - Reuters Ils opèrent la nuit, armés de fourches et de pelles.Leur tactique est anarchique, leur attitude révolutionnaire.Leur but : embellir.Ils se nomment les « jardiniers guérilleros » et luttent pacifiquement pour transformer les terrains vagues des villes en paradis horticoles.Ce mouvement, qui puise ses racines du New York des années 70, invite des citadins du monde entier à défier l\u2019autorité pour adopter et chérir un bout de terrain à l\u2019abandon.Des centaines de «combattants-jardiniers» sont maintenant inscrits au guerrillagardening.org.Illustration: www.melissadeschenes.com L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 25 Économie / consommation Photos : ImageECOterre Modethik 2008 L\u2019éthique est à la mode La mode éthique est désormais reconnue dans le milieu de la mode, et les 18, 19 et 20 septembre prochain se tiendra à la Biosphère le salon «MODETHIK».Cependant, la seule journée ouverte au public est celle du 20 septembre, à l\u2019occasion de laquelle vous pourrez découvrir quelles sont les nouvelles tendances.Au total, une trentaine de designers, commanditaires, entreprises et ONG se réuniront autour d\u2019activités engagées et éducatives mettant en avant plan conscience écologique, responsabilité sociale et développement durable et leur lien naturel avec la mode.«Lors de cette troisième édition international, 20% des designers éthiques viennent de l\u2019étranger», précise Lis Suarez, directrice de FEM international qui organise l\u2019événement MODETHIK.L\u2019objectif de cette troisième édition est souligner la relation entre la mode et la biodiversité.La convention sur la biodiversité des Nations-Unies est d\u2019ailleurs partenaire de l\u2019événement.MODETHIK est le seul événement international de mode au Québec qui rassemble sous un même toit, les designers et les artisans d\u2019ici et d\u2019ailleurs, dont les pratiques sont éthiques, écologiques et socialement responsables.MODETHIK encourage l\u2019entrepreneuriat responsable et le commerce équitable par le biais de conférences, de tables-rondes et d\u2019ateliers, et promeut la consommation responsable d\u2019une manière chic et créative.Première étude sur la mode éthique au Québec Pour l\u2019occasion, ethiquette.ca présentera une étude du marché de la mode éthique intitulée L\u2019ABC de la mode éthique au Québec.À ce jour, il s\u2019agit de l\u2019unique outil de référence de ce genre au Canada.La réalisation de cette étude a été rendue possible grâce à un partenariat avec l\u2019organisme FEM International, commanditaire du rapport, et aux nombreux internautes qui ont répondu à un sondage en ligne sur la mode éthique durant les premiers mois de l\u2019année 2008.(Jérôme Savary avec MODETHIK) www.modethik.org Notez que l\u2019entrée est gratuite le 20 septembre, mais que les places pour les ateliers sont limitées et qu\u2019il faut réserver à modethik@ feminternational.org.Design: 3E Design: 3E Design: Croquis 26 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Expression Quelques semaines plus tard, je reçois une lettre de Paul, un lecteur bisexuel qui a lu ma chronique et qui désirait rencontrer Rachel.Il me laisse ses coordonnées et nous fixons un rendez-vous.Rachel et moi avons décidé de rencontrer Paul ensemble, tout d\u2019un coup qu\u2019on aurait affaire à un maniaque! Sans qu\u2019il ne se soit décrit, j\u2019ai su que c\u2019était lui dès que je l\u2019ai aperçu.Il a 48 ans\u2026 et Dieu qu\u2019il est beau! Pour lui, j\u2019aurais changé de religion! Nous dînons ensemble et on se raconte nos vies.La chimie opère tout de suite entre nous et on décide de se rencontrer chaque mercredi, la journée de congé de Paul.Le mercredi suivant, Rachel et moi allons chercher quelques bières avant d\u2019aller dans un motel miteux pour louer une chambre pour trois heures, mais la réceptionniste grenouille de bénitier ne veut pas louer à trois personnes.Je quitte le motel et je vais me cacher derrière la haie.J\u2019aperçois Paul et je les rejoins dans la chambre.Pour une première rencontre, cela a été formidable! Paul et moi, on s\u2019occupait de Rachel dont je connaissais les goûts sexuels.Un samedi pluvieux, Paul m\u2019emmène manger dans un restaurant vietnamien et on fait plus ample connaissance.Le samedi suivant, il nous invite, moi et Rachel, à aller se baigner dans sa piscine chauffée et à faire du nudisme sur son terrain clôturé de 500 mètres.Rachel décline l\u2019invitation, mais moi, je n\u2019allais pas laisser passer une aussi belle occasion! Lorsque je suis arrivée chez Paul, il était déçu : il s\u2019attendait à recevoir deux femmes! Après avoir dîner, il me dit qu\u2019il a invité un couple d\u2019amis bisexuels et échangistes et il me demande si ça me dérange.«Pas du tout! On va avoir du plaisir tous les quatre dans ta piscine!» Claude et Monique arrivent.Monique me plaît beaucoup! Avant de me faire bronzer nue, Monique enduit mon corps d\u2019huile solaire, on fait connaissance et on s\u2019entend super bien! Tout va pour le mieux! Tellement, qu\u2019on projette d\u2019aller tous les quatre dans un sauna mixte et sur la plage d\u2019Oka pour s\u2019envoyer en l\u2019air au vu et au su de tous les voyeurs qui n\u2019attendent que ça! Depuis, je vais me baigner tous les dimanches dans la piscine chauffée de Paul, mon mari virtuel, et une fois par semaine nous allons à la plage d\u2019Oka.Cette plage est divisée en trois secteurs : celui pour les familles, celui pour ceux qui vont simplement là pour prendre un bain de soleil et le nôtre, celui des partouzes où les nudistes sont là pour se payer la traite sexuellement.Il y a beaucoup de gais, mais il a aussi des femmes accompagnées de leur conjoint.La première fois que j\u2019y suis allée, j\u2019ai réalisé que c\u2019est fou ce que je plais aux hommes! Si un homme m\u2019approche et qu\u2019il n\u2019est pas bisexuel, Paul lui fait savoir qu\u2019on n\u2019est pas intéressé.En fait, j\u2019ai rencontré neuf hommes en une seule journée! J\u2019avoue que je suis lesbienne et qu\u2019habituellement je préfère les hommes lorsqu\u2019ils sont debout et habillés, bref, je les aime ailleurs que dans mon lit! À la plage d\u2019Oka, les règles du jeu changent.Si un homme me plaît, je n\u2019ai rien contre le fait qu\u2019il caresse mes seins pendant qu\u2019il se masturbe au même moment où Paul lui procure des plaisirs que je ne veux pas lui apporter.À un certain moment, un Ontarien prénommé Bruce était très gentil et très doux.Ce qui m\u2019a plût chez lui, c\u2019est qu\u2019au moment de jouir, il cessait de se caresser pour faire durer son plaisir.Ensuite, j\u2019ai fait la connaissance de Tom à qui Paul a demandé s\u2019il était bisexuel, mais non! Alors Tom et moi avons jasé de tout et de rien et puis il est parti dîner.Alors que je piquais un petit somme au soleil, Paul me réveille pour me dire que Tom est revenu pour m\u2019amener faire un tour de Seadoo.C\u2019est fou ce que je me suis amusée! Là, j\u2019ai très hâte d\u2019aller au sauna mixte et je me promets de goûter à tous les plaisirs défendus! Paul voulait m\u2019y emmener avec Rachel, mais aux dernières nouvelles, elle était partie au lac Simon, en Outaouais, pour une cure de désintoxication de trois mois.Elle me téléphone une fois par semaine et j\u2019ai appris qu\u2019elle avait une chambre seule munie du câble, qu\u2019il y avait une piscine et qu\u2019après un séjour de dix jours, elle avait été promue intervenante! On est loin des centres de désintoxication que j\u2019ai connus! En tout cas, pour Paul et moi, elle ne fait plus partie de nos projets! Avoir l\u2019esprit ouvert à tout Il y a quelque temps, j\u2019ai écrit une chronique dans laquelle je disais avoir rencontré Rachel durant mes vacances.Physiquement, elle me plaisait beaucoup, mais elle prétendait avoir suivi des cours pour devenir thérapeute.J\u2019étais pourtant sceptique puisqu\u2019elle disait : «Si j\u2019aurais», «si je pourrais», «si je voudrais» et «pis y s\u2019en aillent».Chez moi, les mots font partie de mon univers créatif et cela avait suffit à refroidir mes ardeurs.De plus, elle disait qu\u2019elle n\u2019était ni aux hommes ni aux femmes mais au cul et que c\u2019était elle qui choisissait ses conquêtes.Illustration: www.melissadeschenes.com Chronique de la Vraie Vie Cylvie Gingras, chroniqueuse de rue 28 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 Expression / mots de camelots actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Le luxe, c\u2019est relatif Dans une vie antérieure, j\u2019ai gagné beaucoup de fric et ce que j\u2019ai eu dans une main, je l\u2019ai dépensé de l\u2019autre sans penser à demain.J\u2019ai souvent dit qu\u2019au cours de ma vie, si je n\u2019ai pas dépensé un million de dollars, je n\u2019ai pas dépensé une estie de cenne! Passer d\u2019un emploi très rémunérateur à la rue a été pour moi toute une drop sociale.J\u2019ai tout perdu.Je suis passée de la rue à la prison, de la prison au centre d\u2019hébergement pour femmes en difficulté, pour finalement aboutir dans un petit appartement que j\u2019occupe depuis maintenant 13 ans.C\u2019est à ce moment-là que j\u2019ai réalisé que le luxe c\u2019est relatif.Un de mes luxes était de posséder un vélo, mais il y a quelque temps, on me l\u2019a volé.Imaginez, une vieille bécane de 20 ans! Même les prêteurs sur gages n\u2019en auraient pas voulu! J\u2019allais partout avec mon vélo, alors quand j\u2019ai constaté son vol, j\u2019ai été complètement désemparée.Par contre, lorsque j\u2019ai raconté mon histoire à mon proprio, il m\u2019a donné celui qui était dans son garage, là, à ne plus servir.Mes autres luxes sont d\u2019avoir le câble et le téléphone, alors que pour le commun des mortels, il est normal de pouvoir se payer ces deux services.La facture du câble et du téléphone se chiffre à 75$ par mois.Pour le même prix, je voudrais avoir Internet, mais Vidéotron me demande un acompte de 200$, ce que je ne peux pas me permettre.D\u2019un autre côté, c\u2019est peut-être mieux ainsi, parce que sans somnifères, je n\u2019arrive pas à dormir.Avec Internet, je ne prendrais pas mes médicaments et je passerais la nuit les yeux rivés sur mon écran d\u2019ordinateur! Cylvie Gingras Journaliste de rue Dans la vie comme aux échecs On joue aux échecs de la même façon que l\u2019on gère sa vie et ma vie ressemble un peu à un jeu d\u2019échecs.Dans ce jeu, on peut choisir de prendre des risques ou se comporter en joueur prudent.Quelle que soit notre décision, on doit ensuite composer avec les conséquences.Ainsi, ce jeu reflète les gestes que l\u2019on pose dans notre vie.Les pièces blanches nous représentent et les noires sont tout ce qui est négatif.Par exemple, la reine blanche représente notre conjoint.Les autres pièces blanches sont nos amis et notre famille.Toutes ces pièces blanches nous aident à avancer dans la vie.Très jeune, j\u2019ai fait des erreurs, mais j\u2019ai réussi à me relever grâce aux encouragements que j\u2019ai reçus de la part de mes amis et de ma famille.Ces derniers sont comme le pion qui nous permet de gagner la partie lorsqu\u2019on réussit à l\u2019amener à l\u2019autre bout de l\u2019échiquier.De l\u2019autre côté, les pièces noires nous empêchent d\u2019avancer dans la vie.Dans mon cas, ce sont les prêteurs sur gages, les pusher de drogue, les shylock, toutes ces mauvaises fréquentations qui pourraient nuire à mon évolution positive.Denis Archambault Camelot, métro Peel S\u2019élever grâce à l\u2019amour Aujourd\u2019hui, je veux vous parler d\u2019un mot qu\u2019on n\u2019entend pas souvent de nos jours : le mot «amour».Pour moi, ce mot signifie de comprendre les autres et de les accepter comme ils sont.C\u2019est comme ça qu\u2019on peut être en paix avec soi-même.Avoir un esprit ouvert permet d\u2019élever son niveau de connaissance afin d\u2019améliorer son côté intellectuel.J\u2019espère que vous avez passé de bons moments au Festival de jazz, au Festival Juste pour rire et que vous avez eu un bel été.J\u2019ai été absent quelque temps, mais comme vous pouvez le constater, je suis revenu avec une de mes peintures, dans lesquelles je mets une partie de ma vie.Pensée : L\u2019important, ce n\u2019est pas de donner des années à ma vie, mais de donner de la vie à mes années! Jacques Élisé Camelot, métro Sherbrooke Une partie de ma vie, oeuvre de Jacques Élisé.Après l\u2019une de ces nuits passées à l\u2019hôpital.Après cette nuit passée à l\u2019hôpital, en 1987, je me souviens m\u2019être réfugié dans un grand hôtel du centre-ville.J\u2019avais un peu d\u2019argent sur moi, ce qui m\u2019a permis de me payer une chambre.Il m\u2019a semblé que les gens à la réception étaient des robots.Dans la chambre, un épisode délirant m\u2019a réduit à devenir une personne observée par la CIA et le poste de télévision me regardait alors que c\u2019est plutôt moi qui aurait normalement dû le regarder.Étrange sensation.Je me suis étendu sur le lit et je me suis mis à trembler de tout mon corps tourmenté.Une autre nuit blanche due à la crainte qu\u2019à la fois la police de Montréal, la SQ, la GRC et la CIA me poursuivent et surveillent mon logement depuis de nombreux jours et plusieurs nuits déjà.Le lendemain matin, je me suis rendu rue Sainte-Catherine pour y acheter un walkman et Purple Rain de Prince qui me permettrait de tenir une journée ou deux en chantant les paroles et en dansant sur la musique.You I will double you.En écoutant cette chanson, je «dédoublais» tout ce que je voyais : badauds, touristes, flics, camions, autobus tout ce qui était dur.Radio King Kong émettait à plein.Pierre G.devenait l\u2019homme cosmique qui «détestait» tout ce qui était dur et se réfugiait vers tout ce qui était mou ou vert comme les arbres, la terre, adorant le soleil et les nuages.Une nuit de pluie.Une douce nuit pour moi qui me promenais en dansant sur la musique de Prince.Dois-je dire que j\u2019ai alors mangé très peu et que je me suis mis à maigrir à vue d\u2019oeil?Pierre Goupil Camelot, rue Masson (SAQ) L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 29 Expression L e s c a m e l o t s s o n t d e s t r a v a i l l e u r s a u t o n o m e s q u i a c h è t e n t l e m a g a z i n e 1 $ e t l e r e v e n d e n t a u c o û t d e 2 $ .Anie Lafontaine Enfer du scalpel De l\u2019esthétisme En veux-tu En «v\u2019là» Se déguiser En se maquillant S\u2019épiler Même Les hommes Ne se tolèrent plus Poilus Trimés Jusqu\u2019aux Orteils Féminisés?Objets X ou De chirurgie Ils vont même Jusqu\u2019à se faire Poser des seins Pour paraître Beaux, belles Musclés Ou en santé Visagiste Sexiste Qui est l\u2019humain D\u2019aujourd\u2019hui?VOLAGE!!! Bla! Bon dimanche mon frère! Vous avez ce teint rieur aux oreilles.Qu\u2019est ce qui vous échappe donc?Le rire de vos verbes tue.Ou la course à l\u2019orée grammaire de vertu peu française.Peu franchement je n\u2019y comprends rien.Jargon latin! Rêve d\u2019un poète dans sa muse.Gueule ouverte à ses parures.Teint de corps à l\u2019expression morte de ses yeux enracinés au sol d\u2019une glissée frinpente.Anne Dupéré Camelot, métro Lucien-L\u2019Allier Bonne fête à tous mes amis «Vierge»! Nombreux sont ceux et celles qui, autour de moi, sont nés sous le signe de la Vierge.Je ne sais trop pourquoi, mais je semble les attirer beaucoup.En tous cas, je partage plusieurs affinités avec eux.Sachez chers Vierge que je vous aime tendrement et même si cela fait des jaloux, tant pis, je m\u2019en fous et je m\u2019assume.Je souhaite beaucoup de bonheur et je fais de grosses bises à Sylvie et à sa fille Gabrielle, à la grande Véro et à sa Kenya, à Élise, à Francine et à sa fille Isa, à Yolie, à Mitchou mon coloc, à Michel mon voisin, à Gérald le Gaspésien, à Jérôme de L\u2019Itinéraire, à Étienne le pompier de la caserne 26, ainsi qu\u2019à tous les lecteurs nés sous le signe de la Vierge.Bon et heureux anniversaire à vous tous! Votre Nicky XXX Nicky Camelot, Parthenais/Mont-Royal Carl Festekjian Camelot, marché Atwater Le luxe ne résout pas tout\u2026 Non, je n\u2019aime pas le luxe.Je trouve qu\u2019il ne fait pas le bonheur.J\u2019aime mieux vivre avec moins de luxe, dans la simplicité.Le luxe, c\u2019est pour les gens qui ont de gros revenus.Pour ma part, je n\u2019en ai pas besoin, car je n\u2019en n\u2019ai pas les moyens.Peut-être qu\u2019un jour je pourrai néanmoins y goûter, si je trouve un bon emploi.Ce serait peut-être bien, car le luxe permet d\u2019apporter plus de plaisir à la vie.Comme je le disais précédemment, je pense toutefois que le luxe est réservé aux gens qui ont un gros salaire.Sans gros revenu, on ne vit malheureusement pas dans le luxe, mais dans la pauvreté.J\u2019espère un jour avoir les moyens de vivre dans le luxe.Ça m\u2019aiderait à vivre mieux et me permettrait d\u2019acheter ce que je veux.Je pourrais me procurer une voiture neuve ou une belle maison.Parfois, le luxe rend la vie des gens plus complexe.Un jour il y avait des gens qui avaient une vie luxueuse après avoir gagné à la loterie, mais leur quotidien est devenu alors plus compliqué et plus difficile. 30 L\u2019Itinéraire / 15 septembre 2008 mots croisés Horizontal 1.Se faufiler dans une salle de spectacle, un moyen de transport sans attendre son tour, sans payer sa place.\u2013Coefficient caractérisant l\u2019acidité ou la basicité d\u2019un milieu.2.Qui dénote du savoir-faire, ou de la ruse.\u2013Rompu brisé de fatigue.3.Technétium.\u2013Étête.\u2013Fait partie de la famille des anacardiacées.4.Institut universitaire de technologie.-Parole obscène.5.Poème destiné à être chanté.\u2013Tissage artisanal dont la trame est constituée de fines bandes de tissu.\u2013V.des Pays-Bas.6.Relatif aux noeuds.\u2013Utile au dessinateur.\u2013Sa Majesté.7.Retranches d\u2019une autre chose.\u2013Juge musulman.8.Demi-masque de velours.\u2013Radon.\u2013Gallium.\u2013Laitue de mer.9.Atteint de masochisme.\u2013Monnayer un titre, un valeur.10.Pronom pers.\u2013Morceau d\u2019étoffe drapé autour de la taille et qui couvre le corps des hanches aux genoux.\u2013Abrév.s\u2019employant pour éviter des répétitions.11.Qui est agité, énervé.\u2013Personne au comportement affecté, théâtral.12.Cajoler.\u2013Donne les couleurs de l\u2019arc-en-ciel.13.Au poker, réunion d\u2019un brelan et d\u2019une paire.\u2013V.de Grande-Bretagne.\u2013V.D\u2019Itatie.14.Qui choquent les bienséances.\u2013As une réalité.\u2013Fait par écrit des remarques sur un texte, un ouvrage.15.Adj.Démonstratif.\u2013Qui a commis ou qui est responsable de commettre des crimes.\u2013Homme politique français né à Colmar en 1847.Vertical 1.Rend plus efficace et moins coûteux un processus de production.\u2013Chacune de voiles triangulaires établies à l\u2019avant d\u2019un navire.2.Monnaie du Portugal.\u2013Raison invoquée pour se soustraire à une obligation.3.Abrév.Religieuse.\u2013Hymne de louange et d\u2019action de grâces de l\u2019Eglise catholique.\u2013Partie interne d\u2019un navire destinée à recevoir la cargaison.4.Pron.Relatif.\u2013Elles peuvent être « gustatives ».5.Peintre italien né à Florence en 1397.Coutume hindoue selon laquelle un veuve devrait se faire brûler sur le bûcher funéraire de son mari.\u2013Scandium.6.Trois (romains).\u2013Causé par les traitements médicaux ou les médicaments, en parlant d\u2019une maladie.7.Le maki en est un! \u2013Commune du Morbihan.8.Déchiffrée.\u2013Lentilles.\u2013Mortification d\u2019un tissu.9.Préfixe exprimant ce que qqn ou qqch.a cessé d\u2019être.\u2013Sainte.\u2013Divinité grecque personnifiant la Terre.10.Personnage vaniteux.\u2013Placard, réduit.\u2013Coulée de lave, à Hawaï 11.Morceau d\u2019étoffe écarlate dont se sert le matador pour travailler et fatiguer le taureau.\u2013Qui exhale.12.Manière de se tenir.\u2013Ensemble des connaissances intellectuelles, des acquisitions morales de qqn.13.Habitation primitive faite de branchages de paille.\u2013Riv.De l\u2019Asie.\u2013Bataille où Darius 111 fut vaincu par Alexandre le Grand.14.V.de Grande Bretagne.\u2013Brosse plate employée par les peintres décorateurs pour imiter les veines du bois ou du marbre.15.Tonneau.\u2013Importune.\u2013Espace Economique Européen.Solut ion en page 9 La grande majorité des Québécois consomme de manière équilibrée et responsable."]
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