L'itinéraire, 1 janvier 2007, samedi 1 septembre 2007
[" VOLUME XIV, NUMÉRO 17 MONTRÉAL Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête 1ER SEPTEMBRE 2007 MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 L\u2019ITINÉRAIRE MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 L\u2019ITINÉRAIRE MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 L\u2019ITINÉRAIRE Édito Serge Lareault Éditeur serge.lareault@videotron.ca Notre système de santé est au coeur de notre société et des besoins primordiaux des citoyens.Jean Charest avait misé là-dessus pour son élection en 2003, capitalisant sur ce besoin essentiel des Québécois.Mais sept ans plus tard, où allons-nous?Ou plutôt, où va-t-il puisque nous ne sommes pas consultés sur la question.Ainsi, l\u2019hôpital Sacré-Coeur de Montréal a annoncé au début du mois d\u2019août une entente contractuelle avec la clinique Rockland MD, qui pourra faire des chirurgies diverses pour l\u2019hôpital.La CSN et les syndicats ont vivement critiqué le gouvernement libéral et la direction de l\u2019hôpital qui avaient commencé par consulter les travailleurs pour ensuite prendre une décision unilatérale.Selon la centrale syndicale, la clinique qui est déjà en recherche de personnel va puiser dans le secteur public et ainsi créer une pénurie dans plusieurs hôpitaux qui sont déjà désespérément en manque.Déjà, se pointe un développement anarchique des ressources humaines en matière de santé.Les syndicats ont aussi dénoncé la rapidité avec laquelle une clinique privée a été autorisée à faire toutes sortes d\u2019opérations, et non seulement des chirurgies mineures comme cela était prévu au départ.Par ailleurs, on nous parle rarement des réussites ou des échecs des autres pays qui ont fait le même genre de changements.Partout dans le monde, les États font face à de graves problèmes reliés à l\u2019augmentation exponentielle des coûts de la santé.Non seulement à cause du vieillissement de la population, mais aussi parce que la hausse des coûts de la technologie et des médicaments \u2014 dont les entreprises contrôlent les prix de façon mafieuse \u2014 atteignent des niveaux épouvantables.La Grande-Bretagne et la Suède sont des exemples de pays qui ont le plus développé le partenariat public-privé en santé.Ils ont dix ans d\u2019avance sur nous et leur exemple devrait guider nos choix actuels avant qu\u2019il ne soit trop tard.Si plusieurs intervenants célèbrent la réussite de tels projets pour avoir réglé des problèmes immédiats, d\u2019autres affirment bien clairement que les coûts ont augmenté et que l\u2019avenir est très incertain.Dans un premier temps, l\u2019apport du privé amène les fonds nécessaires pour les gros investissements en matériel et infrastructure.Cela règle le problème numéro un du système de la santé puisque l\u2019État n\u2019a plus à dépenser pour cela.Mais les cliniques et les hôpitaux privés sont là pour faire de l\u2019argent, car les coûts demandés pour les services de santé doivent rapporter aux actionnaires privés, qui en demandent toujours plus.Dans une note économique de l\u2019IEDM dont les publications sont en faveur de la privatisation dans le système de santé, le modèle suédois de privatisation est présenté comme viable.Ils soulignent cependant qu\u2019il y a des ratés, mais ils évitent soigneusement de les présenter et de les analyser, ce qui pourrait pourtant nous servir de leçon.On présente l\u2019économie de marché et la concurrence corporative comme étant la solution pour améliorer les services de santé et diminuer les coûts.Ça ne tient pas la route.Trop d\u2019exemples du privé nous prouvent le contraire.N\u2019y a-t-il pas une solution de gestion du public qui permettrait de bons résultats en créant une saine émulation entre les hôpitaux sans pour autant privatiser?Et même si on réduisait des coûts de fonctionnement, n\u2019est-ce pas une vision trop étroite des défis pour s\u2019imaginer que c\u2019est LA solution du siècle?Ce qui est inquiétant, c\u2019est qu\u2019encore une fois le gouvernement prend des décisions hâtives, sans études valables, et en faisant fi des principaux acteurs.On fait n\u2019importe quoi en laissant croire que cela va fonctionner.La décision a été prise et le ministre de la Santé nous dit de ne pas s\u2019inquiéter, qu\u2019ils vont dresser un cadre d\u2019action cet automne\u2026 après avoir commencé.Le privé dans les services publics n\u2019a jamais apporté les réductions qu\u2019on faisait miroiter aux contribuables.Prenons l\u2019exemple de la téléphonie.Le gouvernement n\u2019a fait que perdre des revenus et est-ce qu\u2019on paie moins cher?Les solutions avancées actuellement ne promettent rien de durable pour L\u2019hôpital Sacré-Coeur et l\u2019avenir des soins de santé Un récent sondage de l\u2019Institut économique de Montréal (IEDM) a laissé entendre qu\u2019une majorité de Québécois (60%) serait favorable à la participation du privé en matière de santé.Face aux listes d\u2019attente, à la décrépitude des hôpitaux et à la pénurie de personnel que les gouvernements n\u2019ont pas su gérer, il est normal que les gens cherchent la seule porte de sortie qu\u2019on leur offre.Mais cette porte est-elle vraiment une sortie de secours ou un saut dans le vide?Suite de l\u2019édito page 6 MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 L\u2019ITINÉRAIRE Melanie Julien Le groupe L\u2019Itinéraire continue d\u2019offrir des services et un journal de qualité, après tant d\u2019années, grâce aux subventions et aux dons des particuliers, des entreprises et des fondations.Mais concrètement, à quoi peut bien servir tout cet argent?«J\u2019ai vu de petits enfants prendre l\u2019argent qu\u2019ils avaient reçu à Noël pour aller le distribuer personnellement en cartes-repas aux gens dans la rue», raconte Émilie Moreau, coordonnatrice au développement.Les anecdotes exprimant les marques de solidarité envers L\u2019Itinéraire ne manquent pas.Ainsi, un monsieur de 84 ans réserve trois dollars par semaine de ses poches pour distribuer des cartes-repas, et ce, tous les mois.Une femme a quant à elle organisé une campagne de financement dans son entourage.«Des histoires comme ça, ça me touche énormément, continue la jeune femme.Ça me met le coeur gros, et ça me donne la drive de continuer à vouloir faire plus.» Les fonds amassés servent à combler les dépenses de quatre secteurs spécifiques : le Café sur la rue, l\u2019intervention psychosociale, le journal et le 3e Oeil Mag DVD, le nouveau magazine culturel sur support DVD fait par des jeunes de la rue.La majeure partie des salaires se paye grâce aux subventions reçues.Les dons des particuliers et des entreprises sont réservés aux projets, aux services directs, à la restructuration des locaux et aux services psychosociaux.Il y a maintenant des personnes qui travaillent à temps plein afin de rendre possible la survie financière du groupe.L\u2019objectif est de pouvoir augmenter le nombre et surtout la qualité des services offerts à L\u2019Itinéraire, jour après jour.Par exemple, cela fait maintenant cinq ans que les camelots demandent à avoir à leur disposition un salon pour eux, pour qu\u2019ils puissent se retrouver entre eux, pour renforcer leur sentiment d\u2019appartenance.Plusieurs autres projets ont déjà été proposés et d\u2019autres services ont été demandés, mais leurs coûts sont malheureusement trop élevés en terme d\u2019aménagement.Créer des ateliers de croissance personnelle et des thérapies de toutes sortes font aussi partie des idées du groupe.L\u2019argent recueilli, donc, sert à l\u2019encadrement des personnes en programmes d\u2019insertion sociale, à assurer le suivi des camelots, à superviser adéquatement la distribution du journal et à fournir de l\u2019aide psychosociale aux camelots et aux jeunes qui en ont besoin.Le Café sur la rue a quant à lui plus que jamais besoin de financement.«Il y aurait au moins 30 000 $ à mettre actuellement dans l\u2019équipement de la cuisine, continue Mme Moreau.On voudrait également investir dans le Café pour lui donner plus l\u2019allure d\u2019un restaurant que d\u2019une cafétéria.» Les dons permettent également de dépanner les personnes dans le besoin en leur offrant des cartesrepas du Café sur la rue.Du côté du journal L\u2019Itinéraire, l\u2019impression coûte très cher.Les camelots et les journalistes de rue qui sont en processus d\u2019écriture ont en outre besoin de supervision.Le 3e Oeil Mag DVD n\u2019en est qu\u2019à ses tout débuts, mais il requiert beaucoup plus de matériel que ce qu\u2019il possède actuellement.Les dons permettent d\u2019encadrer les jeunes en insertion professionnelle, d\u2019acheter des caméras, des ordinateurs et de créer des bureaux insonorisés adéquatement.Le groupe est plus que jamais en période de consolidation et de développement, et il a une vision qui ne cesse de croître, jour après jour.Et c\u2019est en grande partie grâce aux partenaires bénévoles et à vos dons, lecteurs, que tout cela demeure encore possible.qqq Pour obtenir plus de renseignements ou pour offrir des dons, communiquez avec Émilie Moreau, coordonnatrice au développement, au 514 597-0238, poste 235, ou par courriel, à l\u2019adresse emilie.moreau@itineraire.ca.Les anecdotes exprimant les marques de solidarité envers L\u2019Itinéraire ne manquent pas.Ainsi, un monsieur de 84 ans réserve trois dollars par semaine de ses poches pour distribuer des cartes-repas, et ce, tous les mois.Une femme a quant à elle organisé une campagne de financement dans son entourage.Les dons du coeur Le groupe L\u2019Itinéraire continue d\u2019offrir des services et un journal de qualité, après tant d\u2019années, grâce aux subventions et aux dons des particuliers, des entreprises et des fondations.Mais concrètement, à quoi peut bien servir tout cet argent?Émile Moreau, coordonnatrice au développement (à gauche) et Serge Lareault, directeur général de L\u2019Itinéraire (à droite) reçoivent deux donnatrices de la Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 L\u2019ITINÉRAIRE Cap sur l\u2019Afrique subsaharienne Martine Letarte Après avoir subi le colonialisme et plusieurs années de dictature, la population malienne a, depuis une quinzaine d\u2019années, un gouvernement élu démocratiquement.Toutefois, la manière de gouverner n\u2019est pas toujours très démocratique.«Il n\u2019y a pas vraiment de culture démocratique au Mali.Auparavant, il n\u2019y avait pas d\u2019élus dans les villages.Les fonctionnaires géraient les villages de loin tandis que les conseils des anciens s\u2019occupaient d\u2019organiser la vie courante.C\u2019est à la suite des pressions de la Banque mondiale pour la mise en oeuvre de sa politique de décentralisation que les premières élections dans les campagnes ont eu lieu, en 1999», explique Bernard Aubin, chargé de programme en Afrique pour SUCO.Les associations villageoises Pour tenter d\u2019instaurer une forme de démocratie participative, SUCO commence par rassembler les citoyens d\u2019un village sur la place publique afin de parler des problèmes et des enjeux qui les touchent.«Nous discutons de différents sujets : de la gestion du village à la mondialisation en passant par l\u2019environnement.Nous mettons également sur pied une association villageoise qui inclut toutes les sphères de la population et qui gérera le développement du village.Ainsi, nous voulons permettre aux citoyens de faire un véritable apprentissage de la démocratie et d\u2019avoir un plus grand contrôle sur ce qui détermine leur développement», soutient M.Aubin.Certaines règles doivent être respectées, tant par SUCO que par les villageois, pour que le projet prenne forme.«Nous mettons sur pied un véritable partenariat avec le village.D\u2019abord, à chaque séance, 25 % de la population âgée de plus de 15 ans doit être présente.Si ce nombre n\u2019est pas atteint, la séance est annulée et, après deux annulations, le partenariat est suspendu.Nous ne travaillons pas pour rien, ni contre le désir de la population», précise Bernard Aubin.En échange, SUCO s\u2019engage à accompagner le village pendant deux ou trois ans, à ce que les citoyens voient un véritable changement dans leurs conditions de vie ainsi qu\u2019à donner une enveloppe budgétaire à l\u2019association villageoise.Enveloppe budgétaire Les investissements arrivent seulement lorsque l\u2019association villageoise est bien en place, que la population a analysé les problèmes et déterminé les priorités.Lorsque SUCO remet l\u2019enveloppe budgétaire à l\u2019association, elle est libre de l\u2019investir dans le domaine de son choix «à condition que l\u2019investissement génère des revenus», indique M.Aubin.«Il arrive souvent, par exemple, que les villageois considèrent que leur priorité est la santé.Mais, comme investir dans le réseau de santé n\u2019engendre pas de revenus, ils ne sont pas autorisés à le faire.Si cette règle existe, c\u2019est que nous voulons nous assurer que l\u2019investissement sera durable.Si les villageois investissent en santé, mais qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019argent par la suite pour entretenir leurs investissements, ça ne vaut pas la peine», affirme-t-il.Ainsi, les associations villageoises investissent souvent en agriculture, dans l\u2019amélioration des moyens de production.«Par exemple, on prête de l\u2019argent à une famille pour l\u2019achat de boeufs, d\u2019une charrue ou pour tout autre équipement pouvant améliorer sa sécurité alimentaire en lui permettant de faire un peu de culture commerciale.Comme le pays a une mauvaise répartition des pluies, donc des temps de sécheresse, ces revenus sont très importants lorsque les greniers sont vides.Les associations villageoises prêtent également de l\u2019argent aux Au Mali, la démocratie rajeunit Même si le Mali n\u2019a rien à envier à la plupart des autres pays africains en ce qui concerne la démocratie, cela ne veut pas dire pour autant que la situation ne peut s\u2019améliorer.Pour que les différentes couches de la population soient engagées dans le processus décisionnel et participent véritablement à l\u2019amélioration de leur sort, beaucoup d\u2019efforts restent à faire et c\u2019est ce sur quoi travaille l\u2019ONG québécoise SUCO, grâce au soutien de l\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI). MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 1 0 L\u2019ITINÉRAIRE Les cheveux longs d\u2019Éric Roger sont peut-être les seules caractéristiques apparentes de son passé de musicien punk.C\u2019est certain, il trempe désormais beaucoup plus dans la poésie, puisqu\u2019il anime l\u2019émission radiophonique nocturne Poètes, vos papiers, deux jeudis par mois, sur les ondes de CINQ FM, de 2 h à 4 h du matin.Il en est à sa 500e émission.Autant dire que sa passion pour la poésie ne date pas d\u2019hier.Pour la petite histoire, c\u2019est le groupe B.A.R.F.qui a repris la chanson Le Petit poisson et en a fait un succès.C\u2019est triste, puisqu\u2019Éric n\u2019a jamais tiré aucune gloire de ce succès commercial.«J\u2019ai appris que cette toune avait fait le tour du Québec, sans que des redevances m\u2019aient été versées», précise-t-il, sans amertume relative à ce passé.Aujourd\u2019hui, donc, c\u2019est la poésie.À 37 ans, Éric Roger a écrit et publié trois recueils de poésie.Lors des événements Solovox, qui ont lieu le dernier mercredi de chaque mois, Éric Roger invite régulièrement des artistes et des comédiens au café L\u2019Utopik.Qu\u2019ils soient comédiens, comme Pascale Montpetit ou Sylvie Legault, ou encore chanteur, comme Lucien Francoeur, des artistes sont régulièrement invités à lire de la poésie, qu\u2019il s\u2019agisse de celle de poètes reconnus ou de jeunes talents prometteurs.«Les soirées Solovox sont l\u2019occasion de provoquer des rencontres entre la relève et des poètes édités et connus», explique Éric.Même Norman Rickert, camelot de L\u2019Itinéraire ayant déjà produit deux recueils de poésie, participe souvent aux soirées Solovox.«Pourtant, je suis un ancien décrocheur.En secondaire 3, j\u2019étais écoeuré et j\u2019ai décidé d\u2019arrêter.J\u2019écrivais pendant mes cours de maths!», souligne-t-il.Par la suite, il a décidé de reprendre le chemin de l\u2019école.«À 22 ans, j\u2019ai repris les études dans le cadre d\u2019un programme d\u2019éducation aux adultes.J\u2019y ai suivi des cours de théâtre, ce qui a inspiré mes performances poétiques, et lors des événements Solovox, je joue beaucoup aussi.» C\u2019est aussi lors de son retour aux études qu\u2019il a entendu parler de Janou Saint- Denis, cette amoureuse de poésie qui a littéralement pavé la voie à Éric Roger.Il a été son assistant pendant six ans, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle décède en 2000.«C\u2019est elle qui m\u2019a tout appris», reconnaît-il.Le fait qu\u2019Éric soit un décrocheur m\u2019a vraiment interpellé.De mon côté, j\u2019ai essayé de retourner aux études à trois reprises, sans succès.Je n\u2019avais pas la tête à ça.L\u2019éducation aux adultes, qui se concentre sur le français, l\u2019anglais et les mathématiques, n\u2019a jamais réussi à m\u2019attirer.Le manque d\u2019intérêt des matières et le manque d\u2019interrelation avec le professeur m\u2019ont complètement démotivé.Pourtant, j\u2019avais même essayé en prison! Pendant qu\u2019il me racontait son histoire, je me suis dit que «oui, c\u2019est possible de réussir à réaliser ses rêves»\u2026 à condition de trouver son propre chemin.qqq Pour participer aux soirées Solovox : 514 844 -1139 Alexandre Péloquin Journaliste de rue C\u2019est une histoire de petit poisson qui m\u2019a mené à Éric Roger.Dans les années 1990, j\u2019étais fan de musique punk et la chanson Le Petit poisson qu\u2019il avait composée m\u2019était vraiment entrée dans le corps.«Cette chanson était si connue que même le comédien Edgar Fruitier l\u2019avait chantée à Radio-Canada», rappelle Éric Roger, aujourd\u2019hui très actif dans le milieu de la poésie québécoise.Curieux d\u2019en savoir plus sur ce personnage rencontré par hasard dans le métro, je l\u2019ai retrouvé au café L\u2019Utopik, là où il organise ses soirées de poésie Solovox.Éric Roger Un «petit poisson» poète Solution de la page 30 Photo : Jérôme Savary MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 1 1 L\u2019ITINÉRAIRE Mots de camelots 11 Living life As we grow, life seems to change.Our brain changes and even our personality.Some glimpses of our childhood might remain, but they\u2019re only little memories, which will never return again.We keep on living, some trying to survive, others striving for a better future.Some make dreams and try to fulfi ll them while others live day by day and hope for a better tomorrow.Some will pass away before they even age, either in dignity or disgrace.The ones who have taken care of themselves during their prime, hopefully when they reach their Golden age, it will be a better one.If they get the proper care at a Golden age, then they should be even more gracious.Manger son plaisir De toute évidence, j\u2019appartiens à la terre autant qu\u2019un éléphanteau.Mais que fais-je de diff érent : m\u2019ennuyer, me soumettre et oublier de manger mon plaisir, pour ainsi dire oublier de jouir?Je ne veux de vous que des rebonds d\u2019émotion, que des soupçons de saumure, du ouaouaron svp.Manger son plaisir, c\u2019est peut-être dire oui à la vie.Et pourtant nous sommes tellement encerclés, badigeonnés, lustrés que nous ne savons plus si nous devons manger ou digérer.Moi je sais une chose, c\u2019est que j\u2019ai assez souff ert pour me dire : «Toi, perdu devant ma faille, je ne te tends pas la perche, j\u2019ai moi-même creusé mon trou.» Depuis ce temps, je ne sais plus rire, j\u2019ai les lèvres ancrées dans le doute et dans l\u2019absence d\u2019un sourire arraché à la volée d\u2019un rictus presque impalpable.Je ne mange plus mon plaisir, parce que mon estomac est estomaqué.Quand la fi n est absente, on ne fait que recommencer.J\u2019espère qu\u2019il reste de bons moments sur terre.Sinon, que mangerions-nous?Bon appétit à tous.Chance ou pas L\u2019autre jour, je parlais à une de mes connaissances et elle me disait qu\u2019elle me trouvait chanceux, bien que moi je prétende le contraire.Cela m\u2019a rappelé une anecdote qui m\u2019est arrivée alors que j\u2019étais itinérant et que je passais une partie de mes journées assis à l\u2019intérieur d\u2019un centre d\u2019achat.Un jour où j\u2019étais assis dans ledit centre d\u2019achat, une personne qui passait près de moi m\u2019a donné un dollar, m\u2019a dit de prendre un café et s\u2019est en allée.Un café coûtant un dollar et vingt-cinq, je me suis dit a haute voix : «Je vais aller me chercher un \u201cvingt\u201d» et je me suis alors dirigé en direction du kiosque de Lotto Québec pour m\u2019acheter un «gratteux».J\u2019ai eff ectivement gagné vingt dollars.Cela a pu passer pour de la chance, mais ça m\u2019est arrivé à au moins deux autres reprises, et en plus avec la même personne! Alors, chanceux ou pas?Bill Economou Camelot, Marché Atwater Mario Le Couff e Camelot, Sanguinet/Ste-Catherine Michel Côté Camelot, Pointe-aux-Trembles Conditions : 10 h/sem les six premiers mois et 20 h/sem les six derniers mois.Rémunération : 1 0 $ par mois plus le transport Programme DEVENIR Mesure d\u2019insertion sociale d\u2019une durée de 1 an Le 3e OEil MagDVD a besoin de bénévoles en production vidéo Information: Jocelyne Sénécal, 514 597-0238 poste 230 jocelyne.senecal@itineraire.ca Programme INTERAGIR Mesure d\u2019insertion sociale d\u2019une durée de 1 an Conditions : 20 h/sem Rémunération : 1 0 $ par mois L\u2019Itinéraire recherche 15 bénéfi ciaires de la Sécurité du revenu âgés de 18 à 35 ans pour le 3e OEil MagDVD et cinq autres personnes de tout âge pour diverses tâches. Ce qui frappe avant tout, c\u2019est l\u2019assurance et la simplicité qui émanent de Steven Guilbault.Sollicité et questionné de toutes parts quant à un éventuel avenir en politique, il répond simplement qu\u2019il ne souhaite pas faire le saut, préférant continuer à travailler dans le domaine des changements climatiques.Le réseau TVA l\u2019a d\u2019ailleurs embauché pour qu\u2019il intervienne dans ses bulletins de nouvelles dès le 16 septembre, à titre de spécialiste de l\u2019environnement.Lui qui souhaite agir plus près des gens vient peut-être de trouver un média à sa mesure.«Tout le volet \u201csolutions\u201d m\u2019intéresse beaucoup.Par exemple, j\u2019aimerais travailler à la mise en oeuvre de solutions dans les entreprises, que ce soit en matière d\u2019énergie renouvelable ou de transport durable.Même si la population a pris conscience de l\u2019importance d\u2019agir pour l\u2019environnement, il faut maintenant réduire le fossé entre cette prise de conscience et les actions quotidiennes, qui sont lentes à se concrétiser.À Greenpeace, on n\u2019est pas outillé pour faire ça», indique celui qui a escaladé la tour CN de Toronto en 2001 pour presser le gouvernement canadien de ratifi er le protocole de Kyoto.Avec Greenpeace, «j\u2019ai réalisé un rêve.Il y a avait une symbiose entre Greenpeace et moi.» L\u2019écologiste transpire le vert.Cependant, son attitude environnementale ou citoyenne pourrait-elle être prise en défaut?Par exemple, a-t-il déjà roulé dans un véhicule utilitaire sport?Se sert-il de son bac vert comme d\u2019un marchepied?«Une chose que je n\u2019ai jamais dite, c\u2019est que\u2026 un Jacques Villeneuve sommeille en moi!» Rassurez-vous, Steven n\u2019a pas d\u2019auto, et quand il en loue une, c\u2019est un modèle hybride dont il prend soin, puisqu\u2019il respecte scrupuleusement les limites de vitesse.Toutefois, «lors de l\u2019enterrement de vie de garçon d\u2019un de mes amis, nous sommes allés faire du karting et j\u2019ai remporté la course!» À moins de le suivre à la trace pour déceler d\u2019autres écarts, c\u2019est le seul que nous avons réussi à trouver! La justice par-dessus tout Au-delà de l\u2019environnement, Steven Guilbault est profondément épris de justice.«L\u2019environnement, les causes sociales ou les droits de la personne, tout cela fait partie d\u2019une même bataille.» Qu\u2019il s\u2019agisse de justice entre êtres humains, de respect des autres espèces, ou de se battre pour les enfants de nos enfants, ces combats se rejoignent.«Les notions de justice et d\u2019équité transcendent tous ces enjeux», précise-t-il.À l\u2019instar d\u2019Obélix avec la potion magique, l\u2019ex-directeur général de Greenpeace Québec est tombé dans la lutte environnementale quand il était tout petit.À 7 ans, sa mère lui avait demandé d\u2019escalader un arbre derrière leur maison de La Tuque, en Haute-Mauricie, pour empêcher des promoteurs immobiliers de raser la forêt située juste derrière.Son entêtement pour la justice est donc génétique.D\u2019ailleurs, un autre membre de sa famille l\u2019a particulièrement infl uencé.Il s\u2019agit d\u2019un oncle, qui a été missionnaire en Haïti.«Sous son infl uence, très jeune, je me suis intéressé au phénomène religieux en général.» Souhaitant en savoir plus, Steven Guilbault s\u2019est inscrit en théologie pour suivre des cours d\u2019études bibliques.Les prophètes l\u2019ont inspiré.«Je pense que les prophètes, dans l\u2019Ancien Testament notamment, étaient de grands visionnaires.Ce sont des gens qui, il y 2 500 ans, dénonçaient la corruption, la bureaucratie, la dégradation de l\u2019environnement.Ils étaient de grands précurseurs au chapitre social et environnemental.» Plus près de nous, M.Guilbault a été marqué par l\u2019assassinat de l\u2019archevêque Romero, qui a été tué après avoir critiqué le soutien des États-Unis au gouvernement militaire du Salvador.«Ces cours étaient très actuels et très en lien avec ce que je fais aujourd\u2019hui.» Le militant écolo serait-il un fervent croyant?«J\u2019essaie de vivre selon les principes de générosité, de respect de soi et des autres.C\u2019est ça, pour moi, être pratiquant.» Steven Guilbault est un peu un ange, fi nalement.Auréolé de ce nouveau statut, aurait-il une prédiction à faire sur l\u2019avenir de notre planète?«La conscience collective sur les grands problèmes environnementaux a évolué très favorablement au Québec et je suis passablement optimiste, car on a de moins en moins le choix de ne pas attaquer de front les grands problèmes, comme celui de l\u2019eau potable : même ici au Canada, on assèche les nappes phréatiques et une sécheresse exceptionnelle a lieu actuellement à cause de la production de sables bitumineux!» Chose certaine, les sujets ne manqueront pas au nouveau chroniqueur environnemental de TVA! Convaincu, posé et apparemment serein, Steven Guilbault n\u2019a pas besoin de hausser la voix pour se faire entendre.Son opinion est respectée.Sans strass ni paillettes, celui qui quittera dans les prochains jours la direction de Greenpeace Québec a contribué à rendre les Québécois davantage soucieux de l\u2019environnement.Viscéralement épris de justice, l\u2019écologiste visionnaire est prêt pour de nouveaux défi s.Steven Guilbault Jérôme Savary L\u2019écologiste visionnaire Adjoint à la rédaction MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 1 L\u2019ITINÉRAIRE C\u2019est Jean Couture qui a eu l\u2019idée de ce livre écrit en duo avec sa mère lourdement handicapée par la sclérose en plaques.Il est revenu à la charge trois fois auprès de Sophie pour qu\u2019elle accepte ce projet littéraire.Il écrit les portions du livre qui concernent la mère de Sophie et a pour ce faire réalisé plus de 50 entrevues avec la principale intéressée.«Jean écrit vraiment bien.Il se moule au style d\u2019écriture de maman, qui écrivait très bien à l\u2019époque et qui ne le peut plus maintenant.Dans les années 60 et 70, elle a signé une chronique durant trois ans au Journal de Montréal.» L\u2019arrivée en journalisme de Sophie Thibault est un accident de parcours.«J\u2019étudiais en psychologie et ce qui m\u2019intéressait c\u2019était le one by one, de personne à personne, le fondamental de la psychologie profonde.J\u2019étais hyper gênée et je me voyais cachée derrière un bureau aidant les gens\u2026 surtout pas devant le public! Avant l\u2019âge de 2 ans, je n\u2019avais pas souvent ouvert de journaux et ça ne m\u2019intéressait pas.» C\u2019est lorsqu\u2019elle étudie à la maîtrise en psychologie que tout bascule.De son propre aveu, elle échoue lamentablement, mais son père, alors directeur de l\u2019information à Radio- Canada, lui suggère de faire un certifi cat en information/journalisme d\u2019un an à l\u2019Université de Montréal.Elle hésite, car Sophie ne veut pas suivre les traces de son père.Mais elle s\u2019inscrit tout de même à l\u2019université : «J\u2019ai essayé et ça été le coup de foudre!» Tout de suite après son cours, elle fait de la radio communautaire à Châteauguay et écrit quelques articles dans Protégezvous et dans la revue La Vie en rose.Puis, elle décide de se perfectionner et s\u2019inscrit à l\u2019école Promédia de Pierre Dufault.C\u2019est là que sa chance tourne.«À l\u2019époque, en 1988, Télé-Métropole cherchait de nouveaux visages et faisait des «screen tests».Pierre Duff ault m\u2019a dit que je devais y aller et essayer.Je ne cherchais pas vraiment à revenir à Montréal parce que j\u2019étais pénarde avec mon job à Châteauguay et la petite rivière juste à côté, ditelle en rigolant.Lorsque Télé-Métropole a rappelé deux semaines plus tard pour m\u2019off rir le poste, je pensais que c\u2019était Surprise sur prise.Je n\u2019en revenais pas!» Toutefois, le talent est là, puisqu\u2019à peine deux ans après que Sophie Thibault soit entrée à TVA, ses patrons lui off rent la chaise du bulletin télévisé de 2 heures, en duo avec Jacques Moisan qui eff ectuait un retour.Un exploit pour une femme, même encore aujourd\u2019hui, car les femmes présentatrices sont souvent reléguées aux fi ns de semaine et Me voilà à TVA, nerveuse de rencontrer la chef d\u2019antenne la plus aimée des Québécois.Pour cause : Sophie Thibault a récemment été honorée au gala 2007 Femmes du cinéma, de la télévision et des nouveaux médias, en plus de collectionner de nombreux trophées Artis, décernés par le public chaque année.Calme, souriante et étonnamment simple, elle se livre facilement.Ouverte, elle parle de son projet littéraire.Eh oui, Sophie Thibault nous prépare un livre en collaboration avec sa mère, qui est atteinte de sclérose en plaques depuis 50 ans! «Ma mère est un miracle sur deux pattes; je voulais parler de l\u2019impact de sa maladie sur la famille et des relations mère-fi lle.» Étonnant?Pas tant que ça, parce que celle qui nous livre les nouvelles si humainement tous les soirs à TVA a un baccalauréat en psychologie! Josée Louise Tremblay Journaliste de rue jyel_roses@yahoo.ca Sophie Thibault La bien-aimée Des journalistes de rue rencontrent des journalistes professionnels MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 1 5 L\u2019ITINÉRAIRE aux présentations du midi; le bulletin de fi n de soirée en semaine, étant une chasse gardée des hommes, selon ses dires.«C\u2019était Guy Crevier qui présentait le bulletin à l\u2019époque.J\u2019avais 29 ans, peu d\u2019expérience et de formation.J\u2019ai manqué de confi ance en moi et j\u2019ai refusé.Selon moi, je venais d\u2019arriver, je commençais ma carrière et je ne voulais pas me planter.Se planter à Montréal, ce n\u2019est pas comme à Carleton!», me lance-t-elle.En 2002, après avoir pris beaucoup d\u2019expérience, elle fait le saut et devient la première femme chef d\u2019antenne en Amérique du Nord d\u2019un bulletin national de fi n de soirée.C\u2019est gagné! «J\u2019ai longtemps souff ert du syndrome de l\u2019imposteur en raison de mon manque de formation et d\u2019expérience.Je me suis toujours sentie parachutée en journalisme.C\u2019est pourquoi je pense que nous, les femmes, on se bloque nousmêmes, et ce, beaucoup plus que le fait n\u2019importe qui d\u2019autre.Quand tu n\u2019as pas confi ance en toi, ça se sent.» Sophie Thibault est un modèle.Elle me confi e qu\u2019elle reçoit du courrier de fans âgés d\u2019aussi peu que onze ans! «Il y a une petite fi lle, Carole-Ann, qui a un poster de moi dans sa chambre à côté de Britney Spears! C\u2019est incroyable! Moi, à onze ans, je ne regardais pas les bulletins de nouvelles\u2026 On ne se cachera pas qu\u2019il n\u2019y a pas si longtemps, la femme n\u2019avait pas le droit de vote! Nous n\u2019avons pas la même histoire, ni non plus culturellement la même socialisation, les mêmes réfl exes.» Ce qu\u2019elle dit aux femmes qui hésitent à se lancer dans le métier de journaliste par manque de confi ance en elles m\u2019a beaucoup rassurée sur moimême en tant que journaliste de rue : «Je leur dis : ne t\u2019en fais pas ma fi lle, moi aussi j\u2019ai longtemps rasé les murs\u2026 et ça fi nit par passer avec l\u2019expérience et le fait d\u2019être choisie!» Lorsqu\u2019elle lit ses nouvelles, la chef d\u2019antenne a parfois du mal avec les histoires d\u2019horreur d\u2019enfants abusés ou d\u2019animaux maltraités.«Les hommes qui pleurent me cassent les jambes aussi, c\u2019est diffi cile à gérer, mais lorsque la lumière allume, on est comme dans un état second.C\u2019est ce qui nous donne un peu ce petit côté bulldozer et c\u2019est ce qui nous permet de rendre la nouvelle.» Il y aura une fois où, ne pouvant contenir ses larmes, elle ne rendra pas le bulletin de nouvelles de fi n de soirée.«À la mort de Gaétan Girouard, je n\u2019ai pas été capable.Je suis allée voir mon boss à cinq heures et demie et je lui ai dit que je ne pouvais pas le faire», me dit-elle, les yeux encore un peu humides.Elle me confi e aussi qu\u2019elle peut sortir de ses gonds si une personne de son entourage subit un abus quelconque.Quelques trucs d\u2019une pro Sophie Thibault me dit que pour gérer son stress, elle a quelques trucs : «Sortir de soi est un de mes trucs.Ce qui nous stresse, c\u2019est lorsqu\u2019on se concentre sur son égo.Alors, il faut sortir de soi, aller le plus loin possible, au-dessus de la planète et se voir comme un petit grain de sable perdu sur la grosse boule.Tout d\u2019un coup, tu n\u2019as plus d\u2019importance et le stress s\u2019envole.Ça vient de s\u2019éteindre.» Rester elle-même est aussi un truc infaillible pour se sortir de certaines situations embarrassantes : «Par exemple, quand il y a des problèmes avec le son, je reste moi-même et je fais des blagues avec mes collaborateurs.» Pour se détendre, Sophie a récemment troqué sa Shadow (moto) pour un synthétiseur.«Il y a 800 instruments làdedans.Mon autre grande passion, c\u2019est la nature.Mes parents m\u2019ont conçue dans un bois et je pense que c\u2019est génétique chez moi.J\u2019ai besoin de retrouver les arbres».Chanceuse, elle me confi e qu\u2019elle a un autre rêve\u2026 celui de s\u2019acheter une batterie! Oui, un jour peut-être, auronsnous la chance de voir la présentatrice préférée des Québécois nous faire un solo de batterie d\u2019enfer en direct à la télé\u2026 en attendant de la lire en collaboration avec sa mère! Ce qu\u2019elle dit aux femmes qui hésitent à se lancer dans le métier journalistique par manque de confi ance en elles m\u2019a beaucoup rassurée sur moimême en tant que journaliste de la rue : «Je leur dis : ne t\u2019en fais pas ma fi lle, moi aussi j\u2019ai longtemps rasé les murs\u2026 et ça fi nit par passer avec l\u2019expérience et le fait d\u2019être choisie!» Photo : David-Alexandre Alarie MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 1 6 L\u2019ITINÉRAIRE www.rapsim.org Le réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: 514 879-1949 INFORAPSIM La petite histoire Année après année, les difficultés judiciaires sont devenues monnaie courante dans la rue, la judiciarisation rejoignant la toxicomanie comme l\u2019une des principales problématiques rattachées à l\u2019itinérance.La santé publique (relation d\u2019aide) s\u2019est alors retrouvée à faire face à la sécurité publique (répression), deux interventions financées par le même État, mais entrant en totale contradiction.Ainsi, les questions liées à l\u2019occupation de l\u2019espace public ont moins fait partie des discussions au sein des concertations réunissant les deux tendances.Certes, on peut le dire : comme dans la rue, le dialogue semblait coupé.En avril 2006, la Commission des droits de la personne a invité des parties en conflit sur cette question, comme le RAPSIM et la Ville de Montréal, à participer à un groupe de travail tripartite qui en est arrivé à cinq pistes de travail.L\u2019une d\u2019entre elles suggérait la médiation sociale comme approche et un an plus tard, l\u2019ÉMU (Équipe de médiation urbaine) a vu le jour avec l\u2019aval de toutes les parties.Médiation sociale : principes et pratiques Le Regroupement des organismes de justice alternative du Québec (ROJAQ) a hérité de la tâche de mener à bien ce souhait d\u2019harmonie sociale dans un centre-ville en pleine ébullition.Pourquoi le ROJAQ?Parce qu\u2019il est nécessaire que la médiation soit assurée par un acteur tiers des plus impartiaux, qui n\u2019a de parti pris ni d\u2019un bord (personne itinérante) ni de l\u2019autre (citoyen, policier, etc.).La médiation d\u2019offre aux parties en litige un moyen de les rapprocher, de faire part des prérogatives et des pistes de solution qui les interpellent toutes les deux, donc, d\u2019élargir les ornières des protagonistes et la limite de leur tolérance face à l\u2019objet du conflit.Par exemple, pour la résidente qui se plaint du jeune punk qui dort à sa porte, la personne médiatrice peut intercéder auprès d\u2019eux en exposant leur réalité réciproque et viser leur rapprochement en tenant compte de leurs irritants respectifs.L\u2019originalité de l\u2019intervention reposera sur la crédibilité de l\u2019ÉMU reconnue par les deux protagonistes.La première prérogative sera l\u2019adhésion aux principes de la médiation sociale et les deux parties devront aussi accepter de faire un petit bout de chemin dans le sens de l\u2019autre.L\u2019approche de l\u2019ÉMU pourra-t-elle réussir dans les situations qui concernent l\u2019itinérance?C\u2019est une bonne question, mais déjà 4 à 5 personnes médiatrices sont en train de sillonner le centre-ville.Le défi est colossal, d\u2019abord parce que la médiation sociale peut nécessiter un lent processus, loin d\u2019être au rythme (rapide) auquel on s\u2019est habitué avec l\u2019intervention répressive.Le projet se réalise dans un contexte assez difficile, où l\u2019ÉMU doit faire face à une polarisation grandissante des protagonistes : d\u2019un côté, l\u2019intolérance est flagrante dans certaines parties de la population, de l\u2019autre, on retrouve maintes personnes marginalisées qui, ayant fait les frais de la répression et de tant d\u2019injustice, ne sont peut-être pas prêtes à faire l\u2019effort pour harmoniser les rapports dans l\u2019espace public.En revanche, l\u2019approche de l\u2019ÉMU n\u2019a jamais été tentée à Montréal et, si les acteurs concernés comprennent les règles du jeu et y adhèrent, on pourrait connaître quelques succès.Quoi qu\u2019il en soit, sachant qu\u2019aucune des composantes du centre-ville n\u2019est sur le point de disparaître, il vaudrait peut-être mieux alors que nous mettions tous un peu d\u2019eau dans notre vin\u2026 Bernard St-Jacques * Le lancement officiel de l\u2019ÉMU est prévu pour la mi-septembre Un nouveau genre d\u2019intervention est en train de faire sa place auprès de l\u2019abondante faune du centre-ville : la médiation sociale.Son rôle consiste à faciliter une cohabitation plus saine entre tous et toutes, de la personne itinérante au policier, en passant par les commerçants, les résidents, les travailleurs des ressources communautaires ou institutionnelles.La solution, loin de relever du miracle, est prometteuse.ÉMU : Un espoir pour la cohabitation ! MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 1 8 L\u2019ITINÉRAIRE Il y a trente ou quarante ans, le travail atypique n\u2019était qu\u2019une étape transitoire dans la vie du travailleur, le panier d\u2019avantages sociaux devant logiquement suivre en même temps que le statut de travail à temps plein.Aujourd\u2019hui, plus du tiers de la main-d\u2019oeuvre se compose de travailleurs atypiques.Temps partiel, employés occasionnels ou sur appel, travailleurs autonomes ou d\u2019agence, autant de statuts atypiques d\u2019emplois qui se déclinent dans les entreprises et organisations de la province.Selon Guylaine Vallée, professeure à l\u2019École de relations industrielles de l\u2019Université de Montréal et coauteure du rapport Bernier, ces statuts ne se limitent plus aux jeunes.«On voit aujourd\u2019hui des cohortes de gens qui sont rendus à cinquante ans et qui n\u2019ont rien connu d\u2019autre que le travail atypique», soutientelle.Malheureusement, la législation québécoise ne s\u2019est pas adaptée à la mutation d\u2019un monde du travail de plus en plus féroce pour cette main-d\u2019oeuvre vulnérable.Les entreprises semblent multiplier la précarité pour faire des économies de bout de chandelle.«Pour économiser une cenne, il n\u2019y a pas grandchose qu\u2019un employeur ne ferait pas dans la vie», affirme Claudette Carbonneau, présidente de la CSN.Un salarié, c\u2019est quoi?La définition de salarié pose problème dans les deux principales lois qui régissent le travail au Québec.Pour être salarié, il faut travailler, être payé et se trouver sous la direction ou le contrôle d\u2019un employeur.De fait, les travailleurs autonomes échappent souvent à cette définition parce qu\u2019ils sont considérés comme des entrepreneurs indépendants, libres d\u2019offrir leurs services sur le marché à des prix qui leur conviennent.«C\u2019est très réducteur.Plusieurs travailleurs autonomes n\u2019ont pas le choix de leurs clients et sont dépendants à leur égard, il faut bien vivre», affirme Mme Vallée.Ainsi, bon nombre de journalistes, traducteurs, correcteurs, recherchistes, travaillent pour des «donneurs d\u2019ouvrage» qui ne sont pas considérés comme leurs employeurs.Ils ne peuvent donc pas être protégés par la Loi sur les normes du travail, qui définit les conditions minimales de travail pour tous les salariés du Québec, syndiqués comme non syndiqués.En vertu du Code du travail, l\u2019association syndicale est aussi refusée aux travailleurs non salariés.À force de pressions politiques, pourtant, certains travailleurs ont réussi à obtenir un système d\u2019association qui leur est propre.C\u2019est le cas des artistes, qui ont finalement eu un régime, qui contraint les producteurs à négocier, beaucoup plus intéressant que le régime facultatif dont ils ont dû se satisfaire longtemps.Le Code du travail exclut aussi les cadres du Québec de la définition de salarié.«Le Code du travail est basé sur une vision de classes.Une personne qui représente l\u2019employeur ne pouvait être des deux côtés de la table de négociation, explique Mme Vallée.On craignait le conflit d\u2019intérêts.» Liberté, égalité, fraternité Certains travailleurs dont le statut est autre que temps plein sont considérés comme salariés mais ne sont pas protégés par un principe général d\u2019égalité de traitement quel que soit leur statut d\u2019emploi.«C\u2019est complètement incompréhensible et illégitime qu\u2019une personne faisant le même boulot qu\u2019une autre soit payée moins cher parce qu\u2019elle occupe un emploi atypique», soutient Mme Vallée.Les travailleurs d\u2019agence gagneraient aussi à se voir reconnaître l\u2019égalité de traitement.Le salaire d\u2019un employé affecté dans une entreprise par une agence peut être de 20 % à 40 % inférieur à celui reçu par une personne employée directement par l\u2019entreprise (rapport Bernier, p.449).Des travailleurs crient au secours Ariane Gagné Le rapport Bernier publié en 2003 recommandait plusieurs mesures pour améliorer le statut des travailleurs atypiques, c\u2019est-à-dire des travailleurs qui n\u2019occupent pas un emploi salarié, permanent et à temps plein, pour un seul employeur.Avec l\u2019arrivée du gouvernement Charest au pouvoir, il a été mis de côté.Et aucun des grands partis n\u2019a eu la bonne idée d\u2019en reprendre les principes au cours de la dernière campagne électorale.Claudette Carbonneau, présidente de la CSN Photo : Clément Allard MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 2 0 L\u2019ITINÉRAIRE «Je ne renie point les stigmates de mon passé, déclare Cylvie, chroniqueuse à L\u2019Itinéraire depuis 11 ans.Je les assume et j\u2019endosse entièrement la responsabilité de mon irresponsabilité.» Sur ces mots, elle me montre les cicatrices de ses avant-bras qui dévoilent un passé douloureux et pas si lointain.Trois années à vivre dans la rue qui lui ont permis, malgré tout, d\u2019évoluer et d\u2019apprendre.«J\u2019avais fait des rues de Montréal mon loft de bitume.» Cylvie a une personnalité et un langage tellement colorés que l\u2019écrivaine Monique Proulx lui a consacré le nom d\u2019une nouvelle couleur: la «couleur Gingras».Elle a erré, au travers de lieux parfois sombres et ténébreux, là où se trafi quaient les pires magouilles, dans les souterrains de la ville.Violence, rackets, drogue, cette gamik infernale était partie intégrante de son quotidien, mais elle est toujours restée fi dèle à elle-même : «Je survivais grâce au recel, mais je n\u2019ai jamais fourré personne! Mon nom de rue était Curly à cause de mes cheveux frisés, pis quand le monde se faisait dire par mes contacts : \u201cM\u2019a t\u2019envoyer Curly\u201d, ils étaient en confi ance.J\u2019étais une junkie avec des principes!» Née d\u2019une mère «bio-illogique», selon ses dires, elle a été adoptée à l\u2019âge de sept ans par son oncle et sa tante qui lui ont off ert un foyer chaleureux et rempli d\u2019amour.Enfant surdouée, elle a terminé son 5e secondaire à l\u2019âge de 15 ans.«Je n\u2019ai jamais ouvert un livre pour étudier.J\u2019assimilais l\u2019information pendant mes cours et je me rappelais de tout.On me surnommait mémoire d\u2019éléphant.» Pendant plus de 20 ans, elle a gagné sa vie très confortablement en occupant des postes de haut niveau dans le domaine bancaire et celui des assurances.Et puis la chute.Perte d\u2019emploi, incendie de son domicile, échec amoureux, décès de plusieurs de ses proches, le tout en un court laps de temps.Sans oublier son faible pour les drogues, qui devint alors plus fort.La «série noire» a continué: rue, prison «Temps Gay» comme elle dit, désintox, hébergement, dépression, rue, prison, désintox\u2026 multiplié par deux, par trois, par quatre.Un «tourniquet de survie», qui selon Cylvie, a presque eu raison de sa santé physique et mentale.Au bout de ses limites humaines, elle approchait la quarantaine et sentait que son corps ne la suivait plus.«La lucidité, ça ne se gèle pas pis ça ne se soûle pas!, explique-t-elle.» Témoin de la mort de plusieurs de ses amis de la rue (overdose, sida, hépatite C, assassinat), Cylvie a choisi de changer ses priorités.Un beau matin, alors qu\u2019elle était hébergée par l\u2019organisme Le Chaînon, elle s\u2019est levée plus tôt que les autres fi lles pour être la première à avoir accès aux journaux.Elle y a lu l\u2019annonce d\u2019un beau petit deux et demi pour 295 $ par mois tout compris, le deal du siècle! Elle y vit maintenant depuis 11 ans et en a fait son oasis de paix.«Au début, c\u2019était dur de faire le deuil de ma vie d\u2019errance.En plus, j\u2019étais prise pour dormir sur un vieux divan Davenport en cuirette couleur rouille ben lette!» Dotée d\u2019un sens de l\u2019humour à faire pousser les cheveux d\u2019un chauve, Cylvie n\u2019a cessé de ponctuer notre entrevue de bonnes blagues, de confi dences, d\u2019histoires tristes, et vlan! Une autre farce\u2026 Elle n\u2019en a pas manqué une! Ce sens de l\u2019humour l\u2019a-t-il aidé à reprendre le contrôle de sa vie?«Oui, absolument, c\u2019est vital pour moi, reconnaît-elle.Il faut dédramatiser, désamorcer le malheur, ne pas se comporter en victime.» Quand ça ne va vraiment pas, elle se replie derrière Première journée chaude de mai.Cylvie et moi nous sommes donné rendez-vous sur la Plaza Saint-Hubert, à mi-chemin entre chez-elle et chez-moi.Non, ce n\u2019était pas pour dénicher une robe de mariée, mais pour passer un beau moment au soleil et avoir une entrevue cool en toute simplicité.Nous avons repéré un banc dans un petit parc non loin de là et j\u2019ai «pesé su\u2019l piton» de mon enregistreuse toute neuve.L\u2019une des premières journalistes de rue de L\u2019Itinéraire, Cylvie Gingras est pour moi un modèle et une femme d\u2019infl uence pour les nouveaux journalistes de rue.Micheline Rioux Journaliste de rue micheline.rioux@itineraire.ca Cylvie Gingras La vita è bella! Femmes d\u2019infl uence MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 2 1 L\u2019ITINÉRAIRE ses retranchements, prend le temps de décanter et va faire son tour au Centre Dollard-Cormier ou au joli parc de l\u2019Îlede- la-Visitation, histoire de faire le vide.Quand l\u2019humour ne veut pas se présenter, elle s\u2019en remet à ses nombreux petits bonheurs : sa chatte Chouchounne et ses pattes à six orteils; Les bonheurs de Sophie, son émission de radio du matin; le télé-horaire, son livre de chevet; les matchs de baseball télévisés (elle en est fana!); les polars; se concocter une bonne bouffe; voir sa famille et les gens qu\u2019elle aime.Mais au-delà de tout, il y a l\u2019écriture, qu\u2019elle pratique depuis sa petite enfance.«Écrire, pour moi, c\u2019est jouissif : un vrai rush de bonheur cérébral.J\u2019avais trois romans en chantier, mais là, j\u2019en ai flushé un, j\u2019en ai mis un autre sur une tablette, pis le troisième, j\u2019y travaille encore.» Ses inspirations lui viennent surtout de ses rêves, de son vécu et aussi de ses innombrables promenades en autobus.«C\u2019est incroyable à quel point on trouve de l\u2019inspiration juste à observer les allées et venues des gens.Je vis les battements de coeur urbains.» Cylvie continue à vivre chaque seconde avec intensité.«Tornade Gingras», comme elle se définit si bien, vit aujourd\u2019hui comme si elle ne se réveillerait pas demain.Elle a arrêté de s\u2019auto-saboter et a décidé de s\u2019auto-guérir de son allergie au bonheur.En toute humilité, elle n\u2019hésite pas à demander de l\u2019aide lorsque c\u2019est nécessaire.«Finalement, je suis douée pour le bonheur!» Sur ces derniers mots candides, j\u2019ai mis le «piton» de mon enregistreuse «flambette» à off et on a quitté notre banc de parc en déconnant, comme de bonnes vieilles camarades.«Je survivais grâce au recel, mais je n\u2019ai jamais fourré personne! Mon nom de rue était Curly à cause de mes cheveux frisés, pis quand le monde se faisait dire par mes contacts : \u201cM\u2019a t\u2019envoyer Curly\u201d, ils étaient en confiance.J\u2019étais une junkie avec des principes!» \u2014 Cylvie Gingras Cylvie Gingras (avant plan) et Micheline, journaliste de rue Photo : Jérôme Savary MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 2 2 L\u2019ITINÉRAIRE Mots de camelots Harper, ferme ta «Bush» Je voudrais vous parler des soldats canadiens qui se font tuer en Afghanistan afi n de sensibiliser la population et, qu\u2019à un moment donné, on cesse ces tueries inutiles.Je pense que nos soldats canadiens devraient quitter l\u2019Afghanistan et je sais qu\u2019une large majorité de Québécois sont d\u2019accord avec moi.Je m\u2019adresse à M.Harper : laissez Bush s\u2019enliser dans ce bourbier, cela ne nous concerne pas.Je voudrais que quelqu\u2019un prenne l\u2019initiative de faire circuler une pétition pour demander le retrait de nos soldats pour faire plier Harper.Si ça ne fonctionne pas, on ira à Ottawa pour manifester en grand nombre! Jacques Élisé Camelot, métro Sherbrooke Bienvenue au métro Cartier! J\u2019ai été surpris de constater combien les nouvelles stations de métro de Laval avaient du succès.Comme j\u2019habite Laval, je remarque que les stationnements des stations Cartier et Montmorency ont été pleins tout l\u2019été ! Particulièrement lors des festivals.La partie extérieure de ces stationnements est gratuite jusqu\u2019en septembre, je crois que c\u2019est ce qui explique leur succès.Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de rendre ces stationnements payants, car cela n\u2019incitera pas les gens à prendre le transport en commun.Comme les Lavallois et les gens de la couronne nord de Montréal doivent déjà payer 10 $ leur carte mensuelle de métro, le stationnement ne devrait pas être trop cher si on veut vraiment attirer les automobilistes vers le métro.Si on voulait vraiment convaincre la population du Grand Montréal de prendre le transport en commun, les stationnements devraient être gratuits : c\u2019est cela qu\u2019on appelle un choix de société.Le métro est intéressant pour les gens de Laval, car il est souvent diffi cile de venir se stationner à Montréal et cela coûte cher depuis l\u2019augmentation du nombre de parcomètres au centre-ville.Et à $ par heure, le portefeuille diminue vite! Par ailleurs, depuis que j\u2019ai demandé à L\u2019Itinéraire de pouvoir vendre notre journal à la station Cartier, j\u2019ai été surpris par la générosité des Lavallois.Je m\u2019attendais à avoir de la diffi culté à vendre le journal parce que je pensais que nous n\u2019étions pas très connus là-bas, mais ce n\u2019est pas le cas! Ça se passe bien pour moi, et j\u2019espère que les clients de Laval continueront à nous encourager cette rentrée.Maxime Camelot, métro Cartier et Fleury/De la Roche Lorsque j\u2019ai vu les Doors À dix-sept ans j\u2019étais, avec des amis du quartier, un fan de Jim Morisson et des Doors.Les Doors signifi aient pour nous les portes de la perception et, derrière, il y avait la folie.Et l\u2019on vouait presque un culte à Jim Morisson.Par chance, un jour les Doors devaient donner un spectacle au Forum.C\u2019est avec empressement que nous nous sommes procurés des billets pour le spectacle.Lorsque nous nous sommes rendus sur les lieux (nous étions à la troisième rangée à l\u2019avant de la scène!), ils commencèrent par Light my fi re.Jim Morisson est apparu au centre de la scène, une main prenant le micro, et restant immobile.Il bougeait seulement lorsque venaient les solos de Krieger et Mazareck.Jim Morisson dégageait un magnétisme sur nous qui restions ébahis.Il ne jouait que des chansons que le public demandait.Il mit fi n au spectacle en jetant son micro dans la foule.Ce fut le spectacle qui m\u2019a le plus marqué durant mon adolescence et, lorsque j\u2019y repense aujourd\u2019hui, il me redonne encore des frissons.Pierre Fournier Camelot, Brébeuf et Laurier MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 2 L\u2019ITINÉRAIRE Contes et Comptes du prof Lauzon En Suède, l\u2019un des pays les plus compétitifs au monde et l\u2019un des plus égalitaires avec, en prime, un gros État et un taux de couverture syndicale de 92,5 %, les prélèvements fi scaux obligatoires sont de 50 ,8 %, de ,2 % en France, de 5, % au Royaume-Uni, de ,9 % au Canada, de 0 % en Irlande et de 25, % aux États-Unis.Vous pouvez constater que nous sommes loin d\u2019être les plus taxés.Payez des impôts à l\u2019État, loin d\u2019être un mal, peut être avantageux pour la majorité de la population si nos gouvernements dépensent effi cacement ces mêmes impôts dans nos services publics, comme le soulignait l\u2019économiste en chef du Forum économique mondial, Augusto Lopez-Claros, dans un article reproduit dans Le Devoir du 29 septembre 2005 intitulé : «La Finlande, toujours championne de la compétitivité».M.Lopez-Claros a dit : «Les pays du Nord prélèvent d\u2019énormes recettes fi scales, puis les dépensent.Mais ils font un usage très effi cace de ces recettes : ils les remettent dans l\u2019économie avec un \u201cplus\u201c qui fi nance les infrastructures ou l\u2019éducation.» Ici, au Canada et au Québec, on n\u2019est pas trop taxés, mais plutôt taxés de façon inéquitable, comme je me propose de vous le démontrer dans le présent texte.La classe moyenne est trop taxée au profi t des riches, personnes ou entreprises.La défi scalisation des pétrolières se poursuit «Un bénéfi ce plus que doublé pour EnCana», tel était le titre de l\u2019article de La Presse du 26 juillet 2006, dans lequel on signalait que : «Le groupe gazier et pétrolier a annoncé avoir enregistré un bénéfi ce net de 2,2 milliards de dollars américains, au deuxième trimestre de 2006\u2026 Le bénéfi ce net a été dopé par un gain de 57 millions, en raison d\u2019une modifi cation du niveau des taxes fédérales et de l\u2019Alberta».Puis, dans le Journal de Montréal du août 2006 : «Le bénéfi ce de Suncor a fracassé le 1,22 milliard (pour un trimestre, s\u2019entend) qui incluait un gain de 60 millions réalisé par la baisse du taux d\u2019imposition fédéral et albertain.» Et, dans Le Devoir du 28 juillet 2006, un petit encadré nous informe que Petro- Canada, cette ancienne société d\u2019État qui maintenant vous exploite grossièrement, a généré un bénéfi ce net de 72 millions au deuxième trimestre de 2006, profi ts qui tiennent compte d\u2019un recouvrement d\u2019impôts futurs de 127 millions découlant de la diminution du taux d\u2019imposition des sociétés.On continue de plus belle à rire du monde.Je suppose que ces baisses d\u2019impôts accordées en 2006 aux pétrolières, et cela en pleine période de profi ts records, furent commandées et exigées par les tout-puissants syndicats et par les baby-boomers égoïstes, et décrétées à l\u2019avantage des générations futures?Bout de merde, juste pour un trimestre et seulement pour trois entreprises, nos gouvernements viennent de se priver volontairement de plus d\u2019un milliard qui aurait pu être investi dans nos services publics pour la santé, l\u2019éducation, les autoroutes, le transport en commun et les aqueducs.Bien non, on préfère encore une fois enrichir davantage les riches au détriment de la majorité.Je suppose aussi que ces cadeaux fi scaux princiers vont profi ter principalement à la classe moyenne?Le scandale des fi ducies de revenu Dans un article de La Presse du 12 octobre 2006 intitulé : «BCE devient le fonds de revenu Bell Canada», la direction de l\u2019entreprise elle-même claironnait que cette transformation juridique ferait en sorte qu\u2019elle épargnerait 250 millions en impôts en 2007 et 800 millions en 2008.Telus, qui s\u2019est eff ectivement converti en fi ducie de revenu, économisera quant à elle 700 millions en impôts par année.Voilà une autre «passe» fi scale consentie par vos élus, qui a permis à des multinationales très rentables de ne pas payer une maudite cenne noire d\u2019impôt sur le revenu au fédéral comme au provincial pendant de nombreuses années, grevant encore plus les fi nances publiques et mettant davantage en péril la pérennité de nos services publics, et ce, afi n de privilégier les détenteurs de capitaux.Le gouvernement conservateur actuel va mettre fi n à ce scandale, mais seulement dans quatre ans et plusieurs autres milliards de dollars plus loin, dollars qui sont bien sûr non perçus par nos gouvernements en impôts sur le revenu.C\u2019est maintenant qu\u2019il faudrait mettre fi n à cette arnaque, et même, de façon rétroactive.Maudite marde, faites pas comme certains éditorialistes, comme Jean- Robert Sansfaçon au Devoir et Michel Sommes-nous trop ou mal taxés?Léo-Paul Lauzon, professeur au département des sciences comptables et titulaire de la Chaire d\u2019études socio-économiques de l\u2019UQÀM Dans un beau petit tableau très intéressant reproduit dans le Journal de Montréal du 1er octobre 2005, construit à l\u2019aide de données de l\u2019OCDE et de l\u2019Association canadienne d\u2019études fi scales, on précise le total des impôts et taxes prélevés dans diff érents pays en pourcentage du produit intérieur brut en 2003. MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 2 6 L\u2019ITINÉRAIRE «Les gens sont souvent intéressés à travailler dans le secteur communautaire, mais ne savent pas comment aider et où aller», explique Céline Charpentier, directrice générale du CSMO.Le site Internet répertorie 00 emplois, tandis qu\u2019Emploi-Québec suit l\u2019évolution de 500 emplois chaque année, tous secteurs confondus.«Cela démontre l\u2019immense diversité des professions off ertes dans le secteur communautaire.Il y a 1 000 façons de travailler solidairement et diff éremment.» Actuellement, 120 000 personnes travaillent dans les diff érentes sphères du secteur communautaire, ce qui équivaut à l\u2019ensemble des travailleurs de la construction.Le site Web fait l\u2019inventaire des métiers disponibles et des champs de compétences auxquels ils appartiennent et off re aux internautes des outils pour les aider à s\u2019orienter dans un secteur qui leur convient.Claude Champagne, promoteur, formateur et animateur de milieu dans le secteur communautaire, est un bel exemple qu\u2019il est possible d\u2019y faire carrière.«Pourquoi je reste?Pour vivre mes valeurs au quotidien, tout simplement.» De l\u2019analyste fi nancier au travailleur de rue, les métiers sont nombreux dans le secteur communautaire tout comme le sont les possibilités d\u2019emploi, que ce soit en environnement, en communication ou en santé et services sociaux.Tout métier y trouve sa place.Selon les travailleurs présents au lancement, le site Web est un bel outil de promotion continue des solutions de rechange au travail traditionnel.Travailler pour le CSMO, c\u2019est oeuvrer pour des organisations à but non lucratif et des coopératives à vocation sociale.Le CSMO a pour mandat de répondre aux besoins du secteur et de valoriser l\u2019action communautaire.«Souvent, les gens ne perçoivent pas ça comme un vrai travail.Ils voient ça comme un travail en attendant d\u2019avoir une vraie job.» Les premières années de travail, les salaires off erts par les groupes communautaires et le secteur public se ressemblent beaucoup.La diff érence est qu\u2019il n\u2019y a souvent pas d\u2019échelle salariale dans le secteur communautaire, car les moyens n\u2019augmentent pas.«Il y a des défi s au niveau des conditions de travail\u2026 mais on travaille ça!», lance avec confi ance Céline Charpentier.Travailler autrement et solidairement : voilà la devise du CSMO.Pour travailler dans le secteur, il faut adhérer à certaines valeurs de solidarité, d\u2019autonomie et de citoyenneté.«Quand les travailleurs restent avec nous, ils sont convaincus que leur travail change quelque chose dans la vie des gens.Ils ont un contact direct avec eux», explique Mme Charpentier, visiblement impatiente de voir la réaction des internautes.«C\u2019est exceptionnel l\u2019expérience de travail qu\u2019on acquiert, car on s\u2019investit du début à la fi n dans un projet, poursuit la directrice.On s\u2019investit davantage.C\u2019est très valorisant.» La main-d\u2019oeuvre vieillit, et le besoin en relève se fait sentir.C\u2019est pourquoi la mise sur pied de l\u2019inventaire virtuel des métiers facilitera l\u2019accès à une formule diff érente du travail.qqq Découvrez un métier sur le site Web du CSMO au www.csmoesac.qc.ca L\u2019Inventaire virtuel des métiers et professions de l\u2019économie sociale et de l\u2019action communautaire est un bel outil de promotion des solutions de rechange au travail traditionnel.Actuellement, 120 000 personnes travaillent dans le secteur communautaire, ce qui équivaut à l\u2019ensemble des travailleurs de la construction.Travailler autrement Melanie Julien Travailler dans le secteur communautaire vous intéresse?Vous voulez vivre vos valeurs au quotidien, travailler autrement et diff éremment?Cessez de chercher.Afi n de faire connaître et de valoriser les métiers dans le secteur communautaire, le Comité sectoriel de main-d\u2019oeuvre de l\u2019économie sociale et de l\u2019action communautaire (CSMO-ÉSAC) dresse un Inventaire virtuel des métiers et professions de l\u2019économie sociale et de l\u2019action communautaire.Une première dans le secteur communautaire.Céline Charpentier, directrice générale du CSMO Photo : Dominick Gravel MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 2 8 L\u2019ITINÉRAIRE Diplômées en ébénisterie et en fi nition de meubles, les deux soeurs ont fondé l\u2019atelier ZED en 2005 et se sont inspirées du livre Recyclage décoratif de Joe Rhatigan pour créer leur entreprise écologique.Avec des éléments architecturaux récupérés, elles confectionnent de l\u2019ameublement sur mesure.«Après nos études, nous occupions des emplois dans l\u2019industrie du meuble.Les grandes quantités de matériaux gaspillés et de produits toxiques utilisés nous ont amenées à chercher un projet plus écologique», relate Élise Thibault, ébéniste et designer.Sa soeur, Marie-Sophie Thibault, designer en fi nition de meubles, explique qu\u2019elles utilisent uniquement des teintures à l\u2019eau, moins toxiques.Elles incluent aussi un aspect patrimonial à leur démarche, en réutilisant des matériaux provenant de la démolition de bâtiments et conservés dans les écocentres de Montréal.Des essences aujourd\u2019hui pratiquement disparues, comme le pin Douglas, se retrouvent ainsi parmi les anciennes solives ou les planchers qu\u2019elles remettent savamment à neuf.Si le concept de la récupération de matériaux n\u2019est pas nouveau, les soeurs Thibault sont parmi les premières à le commercialiser au Québec.«On ouvre un peu le marché de l\u2019écodesign», disentelles.ZED recyclage décoratif permet à ceux qui n\u2019ont pas le temps ou les compétences pour fabriquer eux-mêmes leurs meubles de recycler sans sacrifi er l\u2019aspect esthétique et pratique de leur mobilier.«J\u2019ai des préoccupations écologiques, comme beaucoup de gens, témoigne Linda Vallée, une de leurs premières clientes.Les objets ont une durée de vie plus longue que celle qu\u2019on leur accorde souvent, particulièrement ceux qui sont faits de matériaux nobles comme le bois.» Linda est presque devenue une abonnée de l\u2019atelier ZED.Elle a d\u2019abord commandé des espaces de rangement pour son entrée.Emballée par le résultat, elle a confi é aux deux soeurs la confection de son mobilier de salon.L\u2019originalité des bibliothèques et du meuble de télévision, construits comme un puzzle avec d\u2019anciennes fenêtres, attire depuis le regard des visiteurs.Et surtout, les meubles s\u2019harmonisent à merveille à son décor, assure-t-elle.Sur mesure Après avoir mis en marché une collection de petits objets, la forte demande pour l\u2019ameublement sur mesure a rapidement permis aux artisanes de ZED de se consacrer presque exclusivement à la création de meubles uniques, pour toutes les pièces de la maison.«Les clients viennent nous voir avec leurs critères et nous faisons ensuite beaucoup de recherche pour trouver les matériaux qui vont convenir à leurs mesures.C\u2019est comme un casse-tête!», s\u2019exclame Élise Thibault.«Quand les besoins sont moins précis, nous allons même voir les lieux où le meuble sera installé, indique Marie-Sophie Thibault.C\u2019est agréable de prendre le pouls de la famille qui va vivre avec le meuble, que nous voulons le plus possible vivant et utilisé.» Comme le bois est retravaillé, le cachet des meubles s\u2019adapte au style de la demeure, qu\u2019elle soit rustique ou très moderne, soulignent les associées.«L\u2019idée du recyclage peut être péjorative, mais nous fabriquons des meubles neufs, qui sont solides et répondent vraiment aux besoins des clients!» qqq ZED Recyclage décoratif 556 , rue Fullum, porte 209 (sur rendez-vous) 51 26 -026 \u2013 www.zedrecyclagedecoratif.com ZED recyclage décoratif permet à ceux qui n\u2019ont pas le temps ou les compétences pour fabriquer eux-mêmes leurs meubles de recycler sans sacrifi er l\u2019aspect esthétique et pratique de leur mobilier.Noée Murchisson Portes, planchers, solives et fenêtres sont autant de vestiges de bâtiments anciens qui trouvent une nouvelle vocation avec Élise et Marie-Sophie Thibault, de ZED recyclage décoratif.Ameublement : beau et écolo MONTRÉAL, 1ER SEPTEMBRE 2007 0 L\u2019ITINÉRAIRE Horizontal 1- Habitude de se ronger les ongles.\u2013 Symbole de l\u2019élément chimique de numéro atomique 69.2- Guerre de harcèlement, d\u2019embuscades, menée par des troupes de partisans.\u2013 Qui est devenu anormalement dur.- Manière d\u2019agir propre à quelqu\u2019un et revêtant un caractère invariable.\u2013 Lanthane.\u2013 Trouble psychique caractérisé par une diffi culté à agir, à prendre une décision.- Médecine douce dérivée de la chiropraxie, à base de manipulations.\u2013 Chiff res romains.5- Adj.Poss.\u2013 Il fait partie de la famille des gliridés.\u2013 Article étranger.\u2013 Unité monétaire du Ghana.6- Sa majesté.\u2013 Aller ça et là.\u2013 Riv.Du sud de l\u2019Éthiopie.\u2013 Premier nombre entier.7- Ville d\u2019Allemagne.\u2013 Rhénium.\u2013 Aptitude à faire qqch.\u2013 Lieu où se passe des combats de boxe, de catch.8- Trouble d\u2019ordre aff ectif, sensuel.\u2013 Fer tranchant placé en avant du soc de la charrue.9- Anc.capitale d\u2019Arménie.\u2013 Pluie torrentielle.\u2013 Filet pour prendre des oîseaux.10- Et le reste.\u2013 Jeu d\u2019origine chinoise.\u2013 Pronom familier.\u2013 Sainte.11- Il est appelé ainsi, à cause de la très grande longueur de ses membres.\u2013 En désordre.12- Terre argileuse.\u2013 D\u2019Étrurie.1 - Par position à « zénith ».\u2013 Planchette d\u2019une matière rigide, utilisée dans diff érentes opérations de reliure.\u2013 Arrondissement des forces, de la santé.1 - Fin de verbe.\u2013 Maladies des céréales.\u2013 Fibre textile.15- Appellatif pour un jeune garçon.\u2013 Propre à l\u2019âne (Plur.) Vertical Conception : Gaston Pipon Solution page 10 1- Personne vorace.\u2013 Tout appareil capable de s\u2019élever dans l\u2019atmosphère.2- Pendant la nuit.\u2013 Mélange d\u2019épices d\u2019origine indienne.- Humanoïde légendaire de l\u2019Himalaya.\u2013 Personne dont le salaire est égal au SMIC.- Parler, né à l\u2019occasion de la traite des esclaves noirs.\u2013 Coloris du visage.5- Exprime le rire.\u2013 Bouillie de fl ocons d\u2019avoine.\u2013 Son carnaval est très connu.6- Serpentine, facile à travailler, durcissant au feu et employée pour faire des vases, des pots.\u2013 Dieu des Vents.\u2013 Indique l\u2019état, la matière, etc.7- Appareil de contention moulé directement sur le patient.\u2013 Centilitre.\u2013 Table du boucher.8- Marque la surprise.\u2013 Fête mondaine, réunion.\u2013 Montagne de l\u2019ouest de la Bulgarie.9- Exprime la douleur, l\u2019inquiétude.\u2013 Rudes au toucher.10- Ragoût de lapin au vin blanc.\u2013 Post-scriptum.11- Déesse marine qui servit de nourrice à Dionysos.\u2013 Qui prend plaisir à agacer autrui.12- Atténuer les termes d\u2019un texte, en retranchant les points les plus hardis.\u2013 Petits cours d\u2019eau.1 - Algue verte, marine, comestible.\u2013 Tenu à l\u2019écart.1 - En informatique, mise en ordre d\u2019un ensemble d\u2019informations en vue de leur traitement.\u2013 Superstructure fermée, placée sur le pont arrière d\u2019un navire.\u2013 Rassemblement pour l\u2019indépendance nationale.15- Réunion publique organisée par un parti pour informer ou débattre d\u2019un sujet politique ou social.\u2013 Pron.Pers.\u2013 Personnes en nombre indéterminable. Je désire m\u2019abonner au journal L\u2019Itinéraire pour une période de : q12 mois (2 numéros à 8 $) __________ $ + q6 mois (12 numéros à 2 $) ___________$ + Mon abonnement débute en ________________________ Abonnement proposé par le camelot :_________________ Je désire faire l\u2019achat de ______ cartes-repas X 3 $ __________$ + Postez-moi les cartes-repas q Distribuez-les pour moi q Je désire faire l\u2019achat de ______ MagDVD X 15 $1 ___________ $ + q J\u2019ajoute un don de soutien de __________$1+ Total ____________$ M.q Mme.q Prénom : ______________________________________________ Nom : ________________________________________________ Entreprise : ___________________________________________ Adresse : __________________________________ App.: ______ Ville : __________________________ Province : _____________ Code Postal : ___________________ Téléphone : ( ) ________________________________________ Courriel : _____________________________________________ Ce projet est rendu possible, entre autres, grâce aux oeuvres du Cardinal Léger, au Budget partenariat (ministère de la Solidarité sociale, Sécurité du Revenu de Montréal, le Centre local d\u2019emploi de Sainte-Marie), Emploi-Québec et Moisson Montréal.1Des reçus de charité seront émis pour les dons seulement.Le prix d\u2019achat du MagDVD comprend un don de 10 $ pour lequel un reçu de charité sera émis.Notez qu\u2019il n\u2019y pas de reçu de charité pour l\u2019achat de cartes-repas ni pour les abonnements au journal.Paiement q Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire q Visa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I No de carte Expiration ____ / 20____ Mois Année Signature X____________________________________ Postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2100, Boul.de Maisonneuve Est, bur.001, Montréal (QC) H2K S1 Pour information : www.itineraire.ca ou 51 597-02 8 poste 2 5 S o u Lt\u2019eItnienzé raire! Nombre de copies Nombre de cartes L\u2019Itinéraire! Votre abonnement nous permet de continuer de publier notre magazine et de maintenir nos services.Mais L\u2019Itinéraire, c\u2019est plus qu\u2019un magazine.C\u2019est un moyen concret qui améliore les conditions de vie des personnes de la rue.À L\u2019Itinéraire, des jeunes de la rue produisent eux-mêmes un magazine culturel en format DVD.Soutenez-les en commandant le e numéro du MagDVD dès maintenant! 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