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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 15 juin 2007
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2007-06-15, Collections de BAnQ.

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[" VOLUME XIV, NUMÉRO 12, MONTRÉAL Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête 15 JUIN 2007 MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 2 L\u2019ITINÉRAIRE Jérôme Savary Adjoint à la rédaction Nouveau numéro du 3e OEil MagDVD «François Avard et Les trois accords, ça va nous mettre sur la map», se réjouit Sylvain Grenier, coordonnateur du 3e OEil magDVD.L\u2019équipe du magazine audiovisuel de L\u2019Itinéraire, réalisé par des jeunes de la rue et portant sur la culture émergente, a en eff et convaincu le groupe Les trois accords de réaliser le vidéoclip exclusif de leur chanson Bing Bing, en plus de nous les présenter dans une entrevue déconcertante.François Avard, co-auteur de la série Les Bougon, a également accepté de livrer au 3e OEil une réfl exion sociale dont il a le secret.Au total, près d\u2019une heure quarante d\u2019entrevues, de vidéoclips, de courts-métrages sont présentés dans cette édition.À l\u2019intérieur du DVD, vous retrouverez ainsi des portraits hauts en couleurs de plusieurs camelots de L\u2019Itinéraire, un vidéoclip du DJ Dan Desnoyers, ou encore une entrevue avec le chanteur Pépé et sa guitare.À noter également un documentaire poignant réalisé par Mickye, une jeune de la gang du 3e OEil.Ce témoignage-choc montre une ex-toxicomane devenue lourdement handicapée après s\u2019être jetée sous les roues du métro de Montréal alors qu\u2019elle était sous l\u2019eff et de la drogue.«Le contenu de ce MagDVD te fait passer par toutes sortes d\u2019émotion, explique Sylvain Grenier.C\u2019est comme dans un bon roman: tu ris, tu pleures, tu réfl échis.» Disponible dès la fi n juin, vous pourrez acheter le dernier numéro du 3e OEil MagDVD directement auprès de votre camelot préféré ou par Internet au www.itineraire.ca et www.eoeil.com. MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 L\u2019ITINÉRAIRE L\u2019Itinéraire est appuyé financièrement par Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Pour chaque numéro vendu 2 $, 1 $ revient directement au camelot.Les profits de L\u2019Itinéraire servent à financer les projets d\u2019entraide de l\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 597-0238, poste 230.Convention de la Poste publications No 40910015 No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2103, rue Ste-Catherine Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Quebecor inc.est fière d\u2019appuyer l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en lui offrant des services d\u2019imprimerie ainsi que le câble et Internet haute vitesse Vidéotron.Le Magazine L\u2019Itinéraire \u2022 Éditeur et directeur général : Serge Lareault \u2022 Directeur de la commercialisation : Alain Côté \u2022 Rédactrice en chef : Audrey Coté \u2022 Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary \u2022 Infographiste : Serge Cloutier \u2022 Infographiste pigiste : Catherine Boivin \u2022 Photo de couverture : David-Alexandre Alarie \u2022 Révision : André Martin, Simon Cournoyer, Lorraine Boulais, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Isabelle Provost, Sophie Desjardins, Esther Savoie, Pierre Aubry, Édith Verreault, Marie-Andrée Bédard, Michel Camus, Geneviève Rollin, Noëlle Samson et Jean-Paul Baril \u2022 Coordonnateur de la distribution: Stéphane Lefebvre \u2022 Concepteur du site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com \u2022 Conseillers publicitaires : Renée Larivière :1-866-255-2211 renee.lariviere@itineraire.ca Mario St-Pierre :1-866-570-6668 mario.stpierre@itineraire.ca \u2022 Imprimeur : Quebecor World Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est unorganisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie.Le Conseil d\u2019administration \u2022 Président : Robert Beaupré \u2022 Vice-président : Jean-Paul Baril \u2022 Trésorier : Martin Gauthier \u2022 Secrétaire : André Martin \u2022 Conseillers : Audrey Coté (rep.employés), Gabriel Bissonnette (rep.camelots), Cylvie Gingras, Hector Daigle et Pierre Goupil L\u2019administration \u2022 Directeur général : Serge Lareault \u2022 Directeur marketing/communications : Richard Turgeon \u2022 Directrice de l\u2019insertion sociale : Jocelyne Sénécal \u2022 Directrice administrative et ressources humaines : France Beaucage \u2022 Conseillers au développement : Émilie Moreau et Mario St-Pierre ISSN-1481-3572 L\u2019Itinéraire est entièrement recyclable L\u2019Itinéraire est membre de : Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue Rédaction et administration \u2022 2100 de Maisonneuve Est.Suite 001, Montréal (Québec) H2K 4S1 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Catherine Est 3e OEil MagDVD \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site : www.itineraire.ca SOMMAIRE Actualité Chroniques Édito L\u2019Itinéraire en Pologne Luce Dufault L\u2019enchanteresse du quotidien Laissons les régions décider de leur avenir L\u2019OFF festival de jazz de Montréal Visiter RDI avec Louis Lemieux Se battre contre le diable Revue Mentalité: Une cure journalistique Le Mot du maire Aider les écoles du Burkina Faso Mots de camelots Littérature - Vent de discorde Budget Jérôme-Forget - Accroissement inacceptable des écarts de richesse! Du Nuovo dans la rue Internet au service des jeunes Sudoku Josée Lavigeur -Rendez-vous en forme 5 6 12 15 17 19 20 30 7 6 11, 22 et 23 18 21 24 26 27 28 MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 6 L\u2019ITINÉRAIRE Serge Lareault a été nommé président de l\u2019International Network of Street Papers (INSP) en juin 2006, alors que L\u2019Itinéraire accueillait à Montréal les journaux de rue du monde entier.«La grande pauvreté prend de l\u2019ampleur partout dans le monde, déclare Serge Lareault.Bien que les pays industrialisés connaissent un accroissement de la richesse et, comme le Canada, des surplus majeurs, les journaux de rue révèlent partout dans le monde l\u2019augmentation des inégalités, du nombre de sans-abri, de la détresse individuelle et de l\u2019insécurité personnelle.Les millions de sans-abri et de personnes vivant dans le plus strict dénuement n\u2019est plus seulement l\u2019aff aire de l\u2019Afrique ou des pays en développement, mais du monde entier.» Les journaux de rue, estimés à plus de 00 à travers le monde, témoignent chaque jour de cette situation auprès de millions de lecteurs.Des représentants de ces publications, réunis en Pologne, vont élaborer une déclaration mondiale invitant la société civile à s\u2019unir pour demander aux gouvernements des actions concrètes permettant de changer le cours des choses.«Ça fait deux ans que je désire amener les journaux de rue à poser une telle action, explique le président de l\u2019INSP.La mondialisation a amené les gouvernements à laisser aller des situations inéquitables et des abus dans diff érentes sphères de l\u2019économie.Les journaux de rue mobilisent quelque 8 millions de lecteurs dans le monde.Le congrès de Pologne vise à unir plus que jamais nos forces et à contribuer à la cohésion de la société civile pour obtenir des conditions plus justes.» À la présidence de l\u2019INSP depuis un an, Serge Lareault désire développer un mouvement mondial à travers les centaines de journaux de rue déjà existants.De plus, l\u2019INSP a contribué à développer des journaux de rue en Afrique et en Europe de l\u2019Est.« Après un franc succès à Moscou, nous avons pu, avec le support du Royaume-Uni et de l\u2019Union européenne, démarrer des journaux au Kenya, en Namibie et au Niger.Nous aimerions également développer des projets en Amérique du Sud.» Serge Lareault entend également développer une agence de presse internationale par et pour les journaux de rue afi n d\u2019assurer un véritable réseau d\u2019informations sociales.«Au Québec, nos gouvernements ne cessent de nous parler des exemples de développement qui, bien souvent, se font au détriment de la classe moyenne et des plus démunis, explique Serge Lareault.Personne ne nous parle des succès des pays nordiques ou encore du développement de l\u2019économie sociale en Amérique du Sud ou en Afrique.Et oui, ces endroits du monde ont peut-être des modèles de solidarité à nous apprendre!» qqq La déclaration mondiale des journaux de rue sera publiée dans L\u2019Itinéraire du 15 juillet 2007 et sur le site internet au www.itineraire.ca.13e Conférence internationale des journaux de rue Du 14 au 17 juin prochains, Serge Lareault, éditeur et directeur général de L\u2019Itinéraire, présidera la 13e Conférence internationale des journaux de rue à Poznan, en Pologne.Quelque 80 délégués des journaux de rue du monde entier seront réunis pour faire le point sur la situation de la pauvreté tant dans les grands pays industrialisés que ceux en développement.Pour la première fois, les journaux de rue présenteront une déclaration mondiale sur la lutte à la pauvreté qui pourra être reconnue par les millions de lecteurs conscientisés de ces publications sociales.Audrey Coté Rédactrice en chef L\u2019Itinéraire en Pologne Conditions : 10 h/sem les six premiers mois et 20 h/sem les six derniers mois.Rémunération : 1 0 $ par mois plus le transport Programme DEVENIR Mesure d\u2019insertion sociale d\u2019une durée de 1 an L\u2019Itinéraire recherche 15 bénéfi ciaires de la Sécurité du revenu âgés de 18 à 35 ans pour le 3e OEil MagDVD et cinq autres personnes de tout âge pour diverses tâches.Le 3e OEil MagDVD a besoin de bénévoles en production vidéo Information: Jocelyne Sénécal, 514 597-0238 poste 230 jocelyne.senecal@itineraire.ca MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 L\u2019ITINÉRAIRE Martine Letarte Selon l\u2019UNICEF, le taux d\u2019inscription à l\u2019école pour l\u2019année scolaire 2003-2004 au Burkina Faso était de 52 %.«Peu d\u2019enfants ont accès à l\u2019école primaire et ceux qui y ont accès savent qu\u2019ils sont privilégiés.Les écoles sont sousfinancées.Elles n\u2019ont pas assez d\u2019argent pour payer les professeurs, le matériel, etc.Ainsi, il n\u2019y a pas suffisamment de place sur les bancs d\u2019écoles pour tous les enfants », remarque Dominique Choquette, chargée de projets au programme outremer de la Fondation Paul Gérin-Lajoie.L\u2019ONG envoie des professeurs et des directeurs d\u2019école québécois, actifs ou retraités, qu\u2019on appelle éducateurs sans frontières, pour accompagner les Burkinabés dans leur cheminement.«Chaque Québécois que nous envoyons est jumelé avec un homologue burkinabé à la retraite.Ensemble, ils interviennent dans une école volontaire pour améliorer le fonctionnement des classes et de l\u2019établissement en général.Nous n\u2019envoyons pas des volontaires pour enseigner à la place des Burkinabés, nous envoyons des gens pour renforcer leurs capacités.C\u2019est beaucoup plus durable comme intervention», affirme Mme Choquette.Un enseignement plus efficace Comme le Burkina Faso est en pénurie de professeurs, plusieurs personnes obtiennent les postes sans avoir les compétences préalables.Ces professeurs sont souvent rapidement rattrapés par leur manque de formation.Souvent, l\u2019enseignement du français est particulièrement problématique pour les professeurs burkinabés.Le français est la langue officielle du pays, mais les Burkinabés parlent d\u2019autres langues locales à la maison, comme le mooré.«Les professeurs ont souvent de la difficulté à faire passer leur matière, puisqu\u2019ils enseignent le français comme langue première, alors que c\u2019est une langue seconde pour les élèves.Plusieurs ne comprennent pas un mot de ce qu\u2019on raconte en français.Ainsi, les professeurs burkinabés demandent des conseils aux éducateurs sans frontières.Ensemble, ils planifient entre autres les leçons de la semaine», explique Mme Choquette.Les éducateurs sans frontières interviennent également sur le plan de l\u2019approche pédagogique.Ils tentent de faire en sorte que les élèves apprennent mieux en mettant parfois de côté l\u2019enseignement magistral pour les rendre plus actifs dans leurs apprentissages, précise Dominique Choquette.La gestion de la classe est aussi souvent analysée par les éducateurs sans frontières.«Par exemple, poursuit-elle, les élèves burkinabés en difficulté ont souvent tendance à se retrouver à l\u2019arrière de la classe.Nos éducateurs proposent plutôt de mélanger le groupe et de faire des travaux d\u2019équipe où des plus forts sont jumelés à des plus faibles pour faciliter l\u2019apprentissage.» L\u2019importance de la mobilisation La Fondation Paul Gérin-Lajoie au Burkina Faso dispose de moyens modestes pour le projet et les éducateurs sans frontières n\u2019arrivent pas les bras chargés de matériel scolaire pour les écoles.Si un peu d\u2019argent peut être dépensé pour aider un professeur à s\u2019équiper, le projet tient surtout sa force dans le rôle de mobilisateur qu\u2019il peut jouer auprès de la communauté.«Lorsqu\u2019une communauté apprend qu\u2019un Canadien viendra passer trois mois dans leur école, elle se mobilise.La population, surtout les parents des enfants qui fréquentent l\u2019école, s\u2019organise pour mener des projets à terme, comme reconstruire un mur ou réparer le toit de l\u2019école.Ils peuvent aussi se mettre ensemble pour amasser un peu d\u2019argent qui permettra aux écoliers de manger quelque chose pendant leur journée d\u2019école.C\u2019est très important de dynamiser le milieu ainsi, de mobiliser les gens», croit Mme Choquette.Les efforts se poursuivent Les séjours des éducateurs sont d\u2019une durée de trois mois, pendant lesquels les efforts sont concentrés.Toutefois, par la suite, le travail se poursuit.«Le Canadien Fondation Paul Gérin-Lajoie : Un coup de main aux écoles du Burkina Faso Le faible taux d\u2019alphabétisation est alarmant au Burkina Faso.Seulement 13 % des adultes savent lire et écrire.La Fondation Paul Gérin-Lajoie, appuyée par l\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI), donne un coup de main aux professeurs et aux directeurs d\u2019école burkinabés pour améliorer l\u2019efficacité de l\u2019enseignement dispensé aux élèves.Cap sur l\u2019Afrique subsaharienne MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 1 0 L\u2019ITINÉRAIRE 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L Tél.: 51 8 5-0168 Fax: 51 8 5-2108 Les OEuvres de la Maison du Père Centre d\u2019accueil pour hommes de 25 ans et plus. MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 1 2 L\u2019ITINÉRAIRE Josée Louise Tremblay Journaliste de la rue jyel_roses@yahoo.ca Quand elle passe en revue son cheminement, celle qui compte parmi nos meilleures interprètes québécoises s\u2019estime chanceuse de pouvoir gagner sa vie en faisant un métier qui la passionne.«C\u2019est un grand privilège et j\u2019en suis consciente.J\u2019ai plus confiance en moi maintenant.J\u2019avance au rythme de mes propres ambitions.Les enfants, ça remet tout en perspective et pour moi, c\u2019est la famille d\u2019abord et le métier ensuite.» Luce Dufault a débuté dans les bars, parallèlement à son travail de gérante dans un magasin d\u2019aliments naturels.«J\u2019ai découvert ma voix lorsqu\u2019elle a cassé.Avant, je chantais avec la voix de tête.Avec l\u2019alcool, la fumée des bars, etc., ma voix s\u2019est cassée.Je jouais alors avec le groupe Les Stablemates, avant de rencontrer Dan Bigras et de devenir choriste pour lui.Il m\u2019a laissé beaucoup de place sur scène.Ça m\u2019a beaucoup aidée car je n\u2019osais pas me produire seule sur scène.» Ça a permis aussi à Luce d\u2019apprivoiser la scène.Elle a chanté en duo avec Dan la chanson Ange animal, de Gilbert Langevin.«C\u2019est l\u2019une des grandes chances que j\u2019ai eues, d\u2019avoir rencontré Dan, ainsi que Luc Plamondon.» Chanteuse et mère comblée Trois fois en nomation au Gala de l\u2019ADISQ 2002 dans les catégories Interprète féminine, Album de l\u2019année (pop rock) et Spectacle de l\u2019année (interprète), Luce Dufault a remporté un Félix en 1997, pour le spectacle de l\u2019année dans la catégorie interprète.Elle me parle de l\u2019angoisse qu\u2019elle a de décevoir son public : «Même après un sixième album, le stress est toujours là.Décevoir les gens fait plus mal qu\u2019une mauvaise critique.C\u2019est ce qui me fait le plus peur.Je me vois comme une artiste installée, pas comme une grosse vedette populaire.De toute façon, je ne serais pas capable de vivre avec la pression du statut de vedette.Je n\u2019ai pas les nerfs assez solides pour être une star.» Pourtant, son dernier album Demi-jour est tout à fait extraordinaire.Sa voix douce et chaude habille mélodieusement sa sensibilité à fleur de peau.Ses interprétations sont teintées de nouvelles couleurs émotionnelles, pour notre plus grand ravissement : «J\u2019étais partie pour faire un disque \u2018\u2018live\u2019\u2019 avec Soir de première parce que j\u2019avais, à ce moment-là, une certaine pudeur de chanter des choses qui étaient plus proches de moi.» Luce m\u2019explique alors que les chansons sont arrivées une à une et finalement, que l\u2019album Demi-jour lui ressemble parce qu\u2018il est proche de son quotidien : rire avec ses enfants, courir dehors en écoutant de la musique ou faire une bonne bouffe avec son chum et des amis.«De toute façon, je ne me verrais pas chanter une chanson qui ne me ressemble pas.Je ne veux pas être un produit de consommation.Je le suis quand même, d\u2019une certaine façon, mais je fais ce que j\u2019aime.Je ne veux pas être formatée pour vendre des disques.Je chante ce que je suis et ce que je vis, alors, je vis mes chansons.» On compte d\u2019illustres collaborateurs sur son dernier album Demi-jour dont Marc Déry, Nelson Minville, Michel Rivard et Richard Séguin.Elle reprend aussi avec brio des succès de Francis Cabrel (Hors saison), Bill Carey et Carl Fischer (You\u2019ve changed) et Joni Mitchell (Both Sides Now et River).Le fait d\u2019être mère de deux enfants lui a fait relativiser son métier.«Il faut dire que je suis bien entourée.C\u2019est mon chum qui s\u2019occupe de ma carrière, et ça va très bien.Il était mon chum avant d\u2019être mon gérant.On est le meilleur team pour ce qu\u2019on veut faire et ça me permet de concilier le travail et la famille.Mon chum sait où et quand arrêter le booking!» Il est devenu son gérant parce que c\u2019était le seul qui comprenait ce qu\u2019elle voulait faire dans sa carrière.«C\u2019est mon équilibre et je suis groundée par ma famille.Mes plus beaux moments de bonheur se vivent au quotidien.» Folie douce et pauvreté Le secret du bonheur de Luce Dufault réside peut-être dans sa capacité à cultiver la douce folie.Mais elle redoute aussi l\u2019autre, celle qui crée l\u2019exclusion : «La folie, ça fait peur à tout le monde.On a tous peur de perdre la carte.Moi, ça me fascine.J\u2019ai toujours aimé la chanson Parc Belmont de Plamondon, et je rêve que quelqu\u2019un m\u2019écrive une chanson sur le thème de la folie.» Comme pour exorciser cela, Luce me dit qu\u2019elle n\u2019est pas très conservatrice dans sa façon d\u2019être.«Il faut aller chercher le côté fou pour tasser le côté trop grave de la vie.C\u2019est nécessaire de cultiver une douce folie dans la vie de Luce Dufault Au café Méliès, boulevard St-Laurent, par une journée pluvieuse et froide, j\u2019ai rencontré l\u2019ardente Luce Dufault.Disponible et souriante, l\u2019interprète réchauffe l\u2019atmosphère par sa douce présence.Luce Dufault se livre simplement.Tout de go, elle se présente : «Dans ma vie, je n\u2019ai jamais eu soif de succès.Si je n\u2019avais pas réussi dans le métier de chanteuse, j\u2019aurais pu faire autre chose, mais ça m\u2019aurait manqué, car j\u2019ai besoin de chanter.» Le ton est donné.Luce Dufault est travaillante et aborde son métier avec une rare humilité.L\u2019enchanteresse MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 1 L\u2019ITINÉRAIRE CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont- La Petite-Patrie 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Téléphone: 51 729-5 2 Télécopieur: 51 729-5875 Courriel: bigrab1@parl.gc.ca MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 1 7 L\u2019ITINÉRAIRE «Le Big Band, c\u2019est un bon début pour aimer le jazz parce que c\u2019est plus structuré.C\u2019est excellent pour les néophytes.C\u2019est une belle expérience de jazz et c\u2019est plus facile à comprendre.C\u2019est puissant.Un Big Band dans un bar, ça fesse!», assure ce passionné.Le Big Band, tout comme un orchestre de jazz, est plus complet, plus réfl échi et plus structuré que les plus petits groupes.C\u2019est une formation de quatre trompettes, quatre trombones et cinq saxophones.«Mon band est écoeurant.On est 16 amis professionnels, de la même génération.On est en quelque sorte \u2018\u2018la relève du jazz\u2019\u2019 montréalais», lance le jeune musicien.Le spectacle d\u2019ouverture promet une dizaine de nouvelles tounes; un grand spectacle d\u2019une heure et quart.En plus de collaborer avec environ sept bands \u2014 le tromboniste ne les compte plus \u2014 Jean-Nicolas enseigne à 16 jeunes d\u2019une école secondaire privée et possède un band à son effi gie : le Jean- Nicolas Trottier Big Band.Lauréat du prix Découvertes de la 6e édition de l\u2019Off Festival, Jean-Nicolas a été appelé à concevoir un spectacle de clôture pour l\u2019édition suivante avec son band, qui était alors dans la brume.«C\u2019est à partir de ce moment-là que tout est parti, que le band a vraiment pris forme.Avant c\u2019était plus nébuleux», se rappelle le jeune papa.Depuis qu\u2019il a commencé à jouer du jazz au secondaire dans le cadre de programmes de musique, le musicien de 26 ans n\u2019a jamais chômé.Frais émoulu de l\u2019Université McGill et ancien étudiant de Joe Sullivan, il est très heureux d\u2019ouvrir l\u2019OFF Festival cette année.«C\u2019est une belle marque de confi ance.J\u2019ai carte blanche! C\u2019est un gros show et une vitrine que je n\u2019aurais jamais eue au Festival International de Jazz de Montréal.» L\u2019OFF, qui gagne en popularité chaque année, vise à promouvoir la musique québécoise, qui selon M.Trottier n\u2019a pas sa place au Festival international.«Le Festival international n\u2019off re pas assez d\u2019exposure aux Québécois.La musique québécoise n\u2019y est malheureusement pas mise en valeur.» Jusqu\u2019à maintenant, plus de 900 musiciens ont présenté au-delà de 2 70 concerts à l\u2019OFF Festival, attirant plus de 500 personnes par édition.L\u2019objectif de L\u2019OFF est de réussir à combler les besoins criants des artistes d\u2019ici de se produire et de satisfaire les amateurs de jazz dans leur quête de découvrir le jazz contemporain d\u2019ici.«Le jazz d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019a rien à voir avec le jazz traditionnel.Il y a beaucoup de fusions de styles, allant jusqu\u2019au rock-jazz! Le nouveau jazz est super vaste, proche de notre culture et de notre génération», assure le tromboniste.«Le jazz, c\u2019est une histoire d\u2019y aller à fond, de s\u2019y intéresser pleinement.Il faut s\u2019asseoir sur son divan et écouter, continue l\u2019«écrivain musical».Tu ne peux pas faire ça en conduisant ou en faisant la vaisselle.Ça demande un eff ort de concentration.C\u2019est une écoute active, pour vraiment l\u2019apprécier et le comprendre.Sinon, c\u2019est vrai que ça ressemble à un genre d\u2019aff aire que tu ne comprends pas.» La 8e édition de l\u2019OFF Festival de Jazz off re donc l\u2019occasion au grand public de se laisser aller pleinement et de commencer l\u2019expérience par Jean-Nicolas Trottier Big Band.qqq L\u2019Off Festival de Montréal 2007 se déroule du 22 juin au 1er juillet.Pour connaître la programmation complète, visitez le site www.loff festivaldejazz.com/artistes/index.html L\u2019objectif de L\u2019OFF est de réussir à combler les besoins criants des artistes d\u2019ici et de satisfaire les amateurs de jazz dans leur quête de découvrir le jazz contemporain d\u2019ici.Photo : Dominick Gravel Jean-Nicolas Trottier et son Big Band font l\u2019ouverture de l\u2019OFF festival de Jazz de Montréal.du jazz qui rock Que vous soyez amateur de jazz ou non, connaisseur ou pas, il est grand temps pour vous de découvrir l\u2019univers du tromboniste Jean-Nicolas Trottier et de son Big Band, qui lanceront la 8e édition de L\u2019OFF Festival de jazz de Montréal le 22 juin prochain.Melanie Julien L\u2019OFF Festival de jazz de Montréal 19 Cela faisait longtemps que je souhaitais visiter les locaux de Radio-Canada.L\u2019animateur de RDI Louis Lemieux et le réalisateur de l\u2019émission RDI en direct/ matin, Jean-Claude Migneault, deux de mes clients assidus, m\u2019ont permis de réaliser ce rêve.J\u2019en ai même profi té pour rencontrer Louis Lemieux en entrevue, juste après l\u2019émission.J\u2019étais un peu épuisé par cette matinée intense en émotions, mais M.Lemieux, lui, était encore en pleine forme! De la régie, tout en haut de la salle de diff usion des nouvelles, j\u2019ai assisté à l\u2019émission animée par Louis Lemieux.Derrière une vitre, je me suis retrouvé dans une pièce meublée de consoles, de manettes et d\u2019une panoplie de boutons et d\u2019écrans «mur à mur».Je croyais être à l\u2019intérieur d\u2019une tour de contrôle d\u2019aéroport.Tout y était chronométré, très bien synchronisé.La technologie est omniprésente, mais pas encore assez au goût de Louis Lemieux.«C\u2019est diffi cile de faire bouger une grosse machine comme Radio-Canada, mais je suis quand même fi er d\u2019avoir réussi à y faire entrer la webconférence», explique cet homme curieux de nouveautés.Cela n\u2019empêche pas Louis Lemieux de continuer à croire aux vertus de la lecture : «J\u2019insiste beaucoup auprès de ma fi lle pour qu\u2019elle lise davantage.» Dans la grande salle ornée d\u2019ordinateurs et de projecteurs, mon degré d\u2019excitation a spontanément augmenté\u2026 j\u2019étais comblé! Dans la salle de rédaction, le réalisateur m\u2019a présenté au chroniqueur sportif Louis Hardy ainsi qu\u2019à l\u2019animatrice et lectrice de nouvelles Claudine Bourbonnais, très charmante.Mes sens en éveil, j\u2019allais d\u2019étonnement en étonnement.J\u2019ai également été surpris d\u2019apprendre que Louis Lemieux ne l\u2019a pas toujours eu facile.Pendant la grève des journalistes de 2001, sans argent, il est allé travailler au comptoir de la station-service ESSO, au pied du pont Jacques-Cartier.«Avant cette expérience de travail, j\u2019avais beaucoup de misère quand je me faisais interpeller par des gens de la rue, avoue-t-il.Je me sentais démuni face aux démunis.Après cela, je suis devenu une personne plus sensible aux malheurs des autres.» Aujourd\u2019hui, il a toujours des cartes-repas sur lui.«Je suis content que ces cartesrepas existent, car elles me donnent un prétexte pour expliquer les services rendus par L\u2019Itinéraire», insiste-t-il.L\u2019animateur s\u2019est confi é à moi avec beaucoup de simplicité et de naturel, ce qui, selon moi, caractérise d\u2019ailleurs son émission et la distingue des autres formules de nouvelles télévisées.«Je suis toujours décontracté et heureux de rencontrer mes invités», indique Louis Lemieux.De la salle de rédaction à la régie, en passant par le rituel de la réunion d\u2019équipe qui a eu lieu juste avant l\u2019entrée en ondes de l\u2019animateur, j\u2019ai été gâté! J\u2019ai été présent aux côtés de tous ces artisans de l\u2019information, à leur table, comme si je faisais réellement partie de leur équipe.qqq (L\u2019entrevue de Louis Lemieux a été réalisée avec le soutien de Jérôme Savary, adjoint à la rédaction.) Louis Lemieux ne l\u2019a pas toujours eu facile.Pendant la grève des journalistes de 2001, sans argent, il est allé travailler au comptoir de la station-service ESSO, au pied du pont Jacques-Cartier.Samedi, trois heures du matin.À cette heure matinale, seules quelques fenêtres laissent jaillir une faible luminosité.De chez moi, j\u2019aperçois l\u2019institution prestigieuse et son incontournable logo à son sommet.Radio-Canada! Visiter RDI avec Louis Lemieux Louis Lemieux, animateur de l\u2019émission RDI en direct/ matin, la fi n de semaine Photo : Jérôme Savary Jean-Marc Boiteau Journaliste de la rue MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 L\u2019ITINÉRAIRE 20 Marie-Claude Marsolais Avec une économie chambranlante, une situation humanitaire inquiétante et un gouvernement qui règne par la torture, le Zimbabwe est en crise.Afi n de lever le voile sur la situation, L\u2019Itinéraire a rencontré Gabriel Shumba et Mme Tudor, deux avocats zimbabwéens, invités à Montréal par Droits et démocratie.Robert Mugabe, président du Zimbabwe, racontait en mars 200 qu\u2019il serait un Hitler noir, décuplant la destruction face à ses opposants.C\u2019est ce régime de terreur que M.Shumba et Mme Tudor veulent dénoncer : «Ce personnage est malheureusement aussi puissant que maléfi que, indique Gabriel Shumba, qui a lui-même été arrêté et torturé par les hommes de Mugabe.Ils m\u2019ont fait boire mon urine et mon sang.Ils m\u2019ont complètement terrorisé pendant cinq longs jours», renchérit l\u2019homme, le regard encore secoué par l\u2019émotion.Grenier à blé désuet En 2000, une grande partie de la population du Zimbabwe commence à manifester son désaccord avec les pratiques de Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1987.À la suite d\u2019élections teintées d\u2019irrégularités, il est réélu en 2002.Gare à ceux qui oseront s\u2019opposer à lui! Depuis sept ans, plus d\u2019un million de Zimbabwéens ont été torturés et quatre millions ont dû s\u2019exiler.De ce nombre, pas moins de trois millions ont migré vers l\u2019Afrique du Sud.Militant contre les violations de l\u2019État de droit, Gabriel Shumba a été arrêté en janvier 200 .«Ils m\u2019ont dit qu\u2019il n\u2019y avait pas de place pour un avocat des droits humains au Zimbabwe», affi rme l\u2019homme de 2 ans.Ne laissant aucune place aux opinions divergentes, ni à la démocratie, le Zimbabwe aff ronte la pire crise de son histoire.«Il y a une véritable crise humanitaire au Zimbabwe.C\u2019est une catastrophe, soutient Mme Tudor.Tout ça, c\u2019est la faute à Mugabe et à ses proches.» Pour inciter les gens à voter pour son parti (ZANU-PF), Mugabe a dépossédé des centaines de fermiers de leurs terres \u2013 des Blancs en majorité \u2013qu\u2019il a remis à ses supporteurs.Comme la plupart d\u2019entre eux n\u2019avaient pas de connaissances en agriculture, l\u2019impact sur l\u2019industrie agricole a été fatal.Dans ce pays, longtemps considéré comme le grenier à blé de l\u2019Afrique, la population est maintenant réduite à la famine.Militer, coûte que coûte M.Shumba milite dans les rangs du Zimbabwe Exiles Forum (ZEF), dont il est le directeur.Situé à Pretoria, en Afrique du Sud, l\u2019organisme soutient les Zimbabwéens en exil.En 200 , Gabriel Shumba a lui-même fui en Afrique du Sud afi n de protéger sa vie et celle de ses proches.Mais l\u2019Afrique du Sud n\u2019est pas entièrement sûre pour les réfugiés zimbabwéens.Des hommes de Mugabe y rôdent.Pourquoi ne pas aller en Europe ou en Amérique?«J\u2019ai une petite fi lle de cinq ans qui est encore au Zimbabwe.Je désire rester près d\u2019elle, explique-t-il.Mais nous devons (le ZEF) également être à proximité du pays pour assister immédiatement les réfugiés qui réussissent à quitter le pays.» Également très militante, Mme Tudor est armée d\u2019un courage inhabituel.Elle a quitté l\u2019Angleterre, qu\u2019elle habitait depuis quatre ans, pour venir militer dans son pays natal.«Je suis mariée à un Anglais, mais je suis revenue au Zimbabwe parce que je veux agir pour mon pays, qui s\u2019en va à la dérive», précise Mme Tudor, qui a laissé son époux à Londres.Gabriel Shumba et Mme Tudor sont continuellement en danger.Mais rien ne les arrêtera.«Ma vie est en danger, mais celle de mon pays aussi», explique Mme Tudor.«C\u2019est toujours une expérience effrayante de s\u2019opposer à Mugabe.J\u2019ai peur, mais je continuerai à me battre», conclut M.Shumba.qqq Pour plus de renseignements : Droits et Démocratie: www.dd-rd.ca Zimbabwe Exiles Forum (ZEF) www.zimexilesforum.org «Mugabe, le président du Zimbabwe, est malheureusement aussi puissant que maléfi que.Ils m\u2019ont fait boire mon urine et mon sang.Ils m\u2019ont complètement terrorisé pendant cinq longs jours» \u2014 Gabriel Shumba, avocat des droits humains Photo : Joff rey Corboz Se battre contre le diable Gabriel Shumba, avocat des droits humains au Zimbabwe ayant déjà été torturé par les hommes du président Mugabe.MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 L\u2019ITINÉRAIRE MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 2 2 L\u2019ITINÉRAIRE Mots de camelots La joie de donner On peut donner de bien des façons.Par exemple, on peut partager un repas ou aider une personne qui est mal prise.On peut aussi donner du temps pour soutenir quelqu\u2019un qui se sent préoccupé ou mal dans sa peau.Je pense que donner est très important dans la vie.Off rir ses services à quelqu\u2019un en cas d\u2019urgence, cela aussi, c\u2019est du don.Je crois que la personne qui donne sera récompensée pour son geste.Quand je donne, cela me fait du bien et me rend heureux, car cela peut aider quelqu\u2019un de malheureux.C\u2019est un geste noble.Donner peut signifi er faire quelque chose de bien pour un étranger ou un ami.Ça peut aussi être de consacrer du temps pour aider les gens sans emploi à réintégrer le marché du travail à leur propre rythme.Je crois que les gens qui donnent sont très généreux et ont bon coeur.Donner leur apporte du plaisir et de la satisfaction.Ce n\u2019est pas tout le monde qui a cette capacité de donner.Parfois, les gens n\u2019ont pas les moyens de le faire, peut être parce qu\u2019ils ne sont pas encore prêts mentalement.Donner, c\u2019est pas cher Quand j\u2019arrive à L\u2019Itinéraire, je propose tout le temps des bonbons à tous les employés.Ils ne peuvent pas y échapper! De la gomme à mâcher, des caramels et des bonbons, je suis une vraie confi serie ambulante.Quand j\u2019étais petit, j\u2019ai été habitué très tôt à partager mes friandises avec mes frères et soeurs.Depuis, je continue à partager ce que j\u2019ai avec moi.Souvent, c\u2019est dans la famille que l\u2019on transmet la valeur du partage.Les parents sont responsables de montrer à leurs enfants que «donner» est important.«Donnez, et vous recevrez», dit le dicton.Je peux confi rmer cela, car si je reçois autant de petits cadeaux de mes clients, c\u2019est peut-être parce que je suis généreux avec eux.Plusieurs fois, j\u2019ai proposé à des clients qui n\u2019avaient pas de travail de venir au journal pour embarquer avec nous.Je crois que c\u2019est important de s\u2019entraider parce que cela nous valorise et nous remplit d\u2019énergie positive.Si l\u2019on était plus soudés les uns les autres, il y aurait sûrement plus de travail et moins de chômeurs au Québec.Lors des dernières élections provinciales, j\u2019ai espéré que les Québécois soutiennent davantage des candidats qui parlent de solidarité et de partage.Ce mois-ci, beaucoup de festivals gratuits vont avoir lieu au centre-ville de Montréal.Ce sera une belle occasion pour tous de partager de beaux moments et de profi ter ensemble de l\u2019été! Un gros merci à tous.Amitié Pour le mois de juin, on m\u2019a proposé de me prononcer sur ce qu\u2019est l\u2019amitié, sujet dont on pourrait longuement discuter.Pour moi, il y a deux sortes d\u2019amitié.Il y a d\u2019abord celle, ordinaire, que l\u2019on peut avoir pour des personnes que l\u2019on côtoie régulièrement, pour des amis de travail ou des amis d\u2019aff aires, par exemple.Puis il y a l\u2019autre, la vraie, celle que l\u2019on éprouve pour une ou deux personnes (un fi ls, par exemple) et bien souvent aussi pour un animal.Dans mon cas, il s\u2019agit d\u2019un petit shih tzu nommé Punky.Quand je reviens de ma journée de travail et que j\u2019ai fi ni de souper, ce petit chien, presque humain et que je dis être mon meilleur copain, s\u2019aperçoit que je suis fatigué.Il se met à aboyer et se dirige vers ma chambre, me faisant comprendre qu\u2019il est temps que j\u2019aille me coucher.C\u2019est ce que j\u2019appelle de l\u2019amitié.Carl Festekjian Camelot, marché Atwater Gilles Bélanger Camelot, Complexe Desjardins /Guy Favreau, Jeanne-Mance/René-Lévesque Michel Côté Camelot, Pointe-aux-Trembles What it means to give It means a lot for me to give.I like giving cigarettes for the cost of 25 or 50 cents when I\u2019m on the street, or sometimes giving it for free.And sometimes I like giving my seat to an elderly lady or an old man when I\u2019m in the bus.So they can relax for their bus ride.I also like giving a lot of myself to the people that I see every day and being alive for them.When I was young I liked giving presents to my family members.I would make them things like metal ashtrays, leather belts, a wood burn eagle, a candle holder or a metal screwdriver.I also liked giving my ex-girl friends a leather belt and a pin that says \u201cJesus trusts in you\u201d which I bought at Saint Joseph\u2019s Oratory.I liked giving them beer, food, love, wine.And a fridge pin holder, it was a native chief.I once gave a Rolling Stones album called Exile on Main Street to my brother for Christmas.About two years ago I also bought my brother and myself tickets for an Eagle concert.It was a great concert.And my brother really liked it.I get a lot by giving.It makes me feel happy inside to know that I\u2019m making other people feel good too.God would want me to give sometimes, and he would know that I\u2019m doing some good too.And by giving, God would see that my heart is in the right place.Daniel Grady Camelot, métro Guy-Concordia MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 2 4 L\u2019ITINÉRAIRE Ce mois-ci, j\u2019ai rencontré Alexandre Péloquin.Alexandre, un nom magnifique, celui d\u2019un Grand.Il a 35 ans et vend le journal depuis sept ans.Je vous le dis tout de suite, avant même de commencer à vous raconter son parcours, parce que pour lui comme pour d\u2019autres, cette initiative fut un des jalons de sa réinsertion.Depuis mon arrivée dans ces pages, même si je sais fort bien que chacun porte son lourd bagage, son histoire est celle qui m\u2019a le plus bouleversée.Peut-être parce qu\u2019elle ressemble à d\u2019autres déjà entendues.Peut-être parce qu\u2019il n\u2019y a rien de plus triste qu\u2019un adolescent qui perd son âme dans les caniveaux et les rues.Alexandre est originaire de Sorel; pas de père pour ainsi dire, un demi-frère et une demi-soeur qu\u2019il ne connaît pas, une mère qui l\u2019a eu toute jeune et dont il a cassé la jeunesse, croit-il.Un milieu «heavy», vraiment «heavy».À 16 ans, à la maison, on s\u2019arrachait les cheveux.Il habitait seul avec maman.Ça ne marchait pas.Alexandre s\u2019est sauvé et «s\u2019est fait pogner aux lignes».Direction : famille d\u2019accueil.Bien sûr.Quoi d\u2019autre?Il y est resté jusqu\u2019à 18 ans.Pas de chance, à l\u2019époque sa cousine sortait avec un gros vendeur de drogue qui s\u2019imposait aussi bien à Sorel qu\u2019à Contrecoeur.Il en imposait tellement qu\u2019il a fini par se faire «tirer».Triste destin que le sien, diront certains.En tout cas, inévitable pour le moins.Toujours est-il qu\u2019Alexandre revendait pour le mari de sa cousine.Ah! Oui, j\u2019oubliais, à l\u2019époque, alors qu\u2019il avait 20 ans environ, Alexandre s\u2019est ramassé en prison.Une incarcération, suivie de plusieurs autres qui, bout à bout, ont bien duré quatre années.En sortant, il s\u2019est sauvé à Montréal.Je dis «sauvé» parce qu\u2019il devait 2 000 $ au fameux mari de sa cousine.Jusque-là, il avait bien commencé à faire usage de quelques drogues en achetant pour 5$ des seringues utilisées par des diabétiques.À Montréal, seul, le paysage a cependant quelque peu changé.Le ti-cul, qui ne l\u2019était plus, est devenu «pusher» de rue.Il l\u2019a été jusqu\u2019à 28 ou 29 ans.Et il consommait.Il se piquait, bêtement, avec l\u2019aiguille d\u2019un drogué amoché.Résultat : séropositivité.Il consommait, donc.Bien sûr qu\u2019il consommait! Pas mal à part ça : trois grammes de coke par jour, un demi-gramme d\u2019héroïne.De 200 $ à 300 $ pour la coke, 200 $ pour le smack, plus les machines à sous\u2026 Ça finit par coûter cher tout ça.Il a bien fait quelques vols pour arrondir les fins de mois, mais surtout Alexandre «poussait», beaucoup : 250 quarts par jour.Énorme.Beaucoup d\u2019argent aussi.De quoi lui assurer, bien sûr, sa propre consommation.Tout se faisait dans un immeuble, rue Sainte-Catherine Est, appartenant à des gens, disons, «peu fréquentables».Quatre revendeurs vivaient à l\u2019étage.Et les toxicomanes venaient pour acheter, pour se piquer, bien sûr.Des gars, des filles, des accrochés qui n\u2019hésitaient pas, à l\u2019occasion, à troquer une pipe contre un «fix».Ce paradis artificiel, qui n\u2019était en fait que l\u2019enfer, a duré un temps, trop longtemps, jusqu\u2019au jour où un type a été abattu et qu\u2019une fille tombée d\u2019un balcon se soit écrasée sur le trottoir.Alexandre n\u2019était pas encore grand.Après avoir goûté au «luxe» trop facile, il s\u2019est alors retrouvé pathétique vendeur de rue, ce qui n\u2019était bien sûr pas assez pour lui permettre de se fournir, de répondre à sa demande et de combler son manque.Son corps souffrait, son coeur saignait.Il avait alors 27 ans, presque 28.La douleur était si forte et les moyens si restreints, qu\u2019Alexandre s\u2019est inscrit à un programme de méthadone offert par le CRAN : 160 milligrammes par jour, diminués au rythme de dix par mois.Des cures, dites-vous?Il en a fait «en masse», plus souvent qu\u2019à son tour, tellement de thérapies qu\u2019il pourrait en montrer aux Depuis mon arrivée dans ces pages, l\u2019histoire d\u2019Alexandre est celle qui m\u2019a le plus bouleversée.Peut-être parce qu\u2019elle ressemble à d\u2019autres déjà entendues.Peut-être parce qu\u2019il n\u2019y a rien de plus triste qu\u2019un adolescent qui perd son âme dans les caniveaux et les rues.Alexandre le Grand Franco Nuovo De toutes les histoires de la rue, il n\u2019y en a pas deux pareilles.De la même façon qu\u2019il n\u2019y a pas deux humains soumis au même destin.Je ne l\u2019avais jamais autant réalisé avant de m\u2019attaquer à cette chronique.Aujourd\u2019hui, pour s\u2019être accrochés à la même bouée, des gens vendent L\u2019Itinéraire, mais au départ qu\u2019avaient-ils en commun? MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 2 6 L\u2019ITINÉRAIRE Internet au service des jeunes «Ces jeunes éprouvent peut-être des diffi cultés à l\u2019école et des troubles de comportement, mais ils sont les meil leurs!, s\u2019exclame Ginette, la t itu laire du groupe.Quand ils s\u2019accrochent à quelque chose qui les intéresse, ils peuvent aller très loin.» Le projet Clique sur toi doit en grande partie son existence à Daniel Daignault, celui qui avait démarré, il y a quelques années, le journal de rue Endorphine et qui se défi nit comme un vieux loup.«Clique sur toi donne au x jeunes un moyen d\u2019expression grâce au multimédia», explique-t-il d\u2019emblée.L\u2019édition Web et l\u2019animation, c\u2019est ce qui les intéresse.Plus de 65 articles sont publiés sur le site www.cliquesurtoi.com et non moins de 25 000 personnes ont déjà lu les articles illustrés par les jeunes.«Ils accomplissent de petites victoires.C\u2019est très important pour ces jeunes défavorisés.Il ne faut pas se leurrer, on ne les verra pas à Expo-sciences.» En faisant un tour dans le local où travaillent les garçons, tous âgés de 16 à 18 ans, je découvre des jeunes fort gentils, contents de me montrer leurs réalisations.Ils sont tous là, passionnés par ce qu\u2019ils font.Jan-Krystophe évoque ses problèmes de drogues et me parle de l\u2019article «Halte sur le cannabis» qu\u2019il a illustré.Ce garçon de 16 ans a des projets : «J\u2019aimerais fonder, avec des amis, un journal qui ressemblerait au vôtre, mais exclusivement conçu pour et par les jeunes.On le vendrait 1 $.» De quoi traiterait-il dans ce journal?«Des diffi cultés rencontrées par les jeunes.» Sur ce, il sort de sa poche une photo de lui-même et de son frère.«Il vit dans la rue, me confi e-t-il.On n\u2019a plus de nouvelles de lui depuis l\u2019année dernière.» Dans son journal, Jan-Kristophe parlerait des jeunes sans domicile fi xe.Il a des choses à dire à ce propos.Il y a aussi Jean-François, qui renseigne les lecteurs sur tous les fi lms qui sortent en salle, Kevin, peut-être le plus réservé du groupe, qui adore les ordinateurs et la musique rap, et Kessler, un peu plus rebelle : «J\u2019aime ce qu\u2019on fait ici, mais ce n\u2019est pas ce que je préfère.» Monsieur Daignault me confi e que Kessler n\u2019était pas du tout intéressé au début.«Il ne voulait rien savoir.Il est venu un peu durant le temps de Noël et, depuis janvier, il est très régulier en plus d\u2019être très bon.» En bon animateur de groupe, M.Daignault lance d\u2019ailleurs à Kessler, qui vient de réaliser une animation très intéressante : «Il va bientôt falloir que je te donne un salaire de pro!» Tout comme Kessler, Rob et Simon travailleront à temps plein cet été au projet J\u2019internaute la communauté.Ce projet consistera à créer 6 sites pour 6 organismes de l\u2019est de Montréal qui n\u2019ont pas beaucoup d\u2019argent.Intéressée, je vais voir Rob.Il me montre l\u2019article sur le 15e anniversaire de la messagerie texte qu\u2019il vient d\u2019illustrer.Clique sur toi lui a permis d\u2019apprendre beaucoup.«Moi, je suis toujours à l\u2019ordi, ce n\u2019est pas compliqué.» Il me parle du travail d\u2019été qui s\u2019en vient.«J\u2019ai déjà fait plusieurs petits boulots, comme plongeur chez St-Hubert, mais c\u2019était juste pour l\u2019argent.Faire du multimédia tout l\u2019été, c\u2019est vraiment super.» Simon, lui, est passionné par le mouvement hip hop.Il me fait voir une animation du groupe québécois Cobna.Simon est très motivé: il sait qu\u2019il veut faire un DEC en informatique.D\u2019un naturel frondeur, du moins c\u2019est l\u2019impression qu\u2019il laisse, il me raconte qu\u2019il s\u2019est rendu au Salon de l\u2019emploi où il a rencontré des représentants du Collège de Rosemont.«Je leur ai dit ce que je savais faire.Ils ont semblé épatés.» Épatée, en tout cas, je l\u2019étais après ma visite.Tous les mardis, une dizaine de jeunes garçons activent la souris afi n d\u2019alimenter le magazine virtuel du projet Clique sur toi.Simon, Kessler, Rob, Jan-Krystophe, Kevin, Jean-François et quelques autres, qui ont en commun de ne pas avoir eu la vie facile, se découvrent chaque semaine des talents d\u2019internautes, de créateurs et de graphistes.Ça promet! « J\u2019aimerais fonder un journal qui ressemblerait au vôtre, mais conçu pour et par les jeunes.» De quoi traiterait ce journal?«Des diffi cultés rencontrées par les jeunes.» Sur ce, il sort de sa poche une photo de lui-même et de son frère.«Il vit dans la rue.On n\u2019a plus de nouvelles de lui depuis l\u2019année dernière.» \u2014Jan-Krystophe, 16 ans Ariane Gagné MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 2 8 L\u2019ITINÉRAIRE «C\u2019est sérieux et surtout précieux, lance Mme Lavigueur.On sait depuis longtemps que c\u2019est important de bouger et si on ne le fait pas, c\u2019est simplement par manque de volonté.» La passion et le plaisir restent le secret pour demeurer motivé.«Lorsqu\u2019on a aimé un restaurant, on est tenté d\u2019y retourner.C\u2019est la même chose pour l\u2019activité physique.Il faut avoir aimé ça pour vouloir répéter l\u2019expérience», réitère celle qui est devenue l\u2019emblème de la forme physique au Québec.Josée détient un baccalauréat en éducation physique et elle a toujours raff olé de la danse.Elle a donc trouvé sa voie dans la danse aérobique.«Je suis extrêmement privilégiée de pouvoir concilier tout ça.Le secret, c\u2019est de trouver un moyen de combiner intérêt et activité.» Selon elle, les gens se concentrent trop sur ce que l\u2019activité leur apporte physiquement, au lieu de s\u2019attarder au bien-être et à l\u2019estime de soi que procure une bonnforme physique.L\u2019accent devrait être mis là-dessus.Contrairement à la croyance populaire, il n\u2019y a pas, dans la journée, un moment meilleur qu\u2019un autre pour s\u2019activer.Le meilleur moment est celui qui nous convient le mieux.Et c\u2019est la même chose pour le type d\u2019activité que l\u2019on souhaite pratiquer.Le défi , pour 95 % des gens, consiste à trouver l\u2019activité qui les passionne.«Il ne faut surtout pas jeter la serviette.On n\u2019a jamais si peu bougé, mais paradoxalement, on n\u2019a jamais eu autant de choix d\u2019activités depuis les 0 dernières années.On ne prend pas suffi samment le temps de chercher», commente celle à qui l\u2019on doit, à ce jour, 1 vidéos d\u2019aérobie.L\u2019obésité est également devenue un problème très grave.De récentes études révèlent que 59 % des Québécois sont obèses; cela choque la jeune femme : «Le problème est très grave.La sédentarité, la mauvaise alimentation, les trop grosses portions, le choix des aliments.Tout est dans les choix que l\u2019on exerce.Que l\u2019on nous force quasiment, par exemple, à acheter le plus gros format de maïs souffl é au cinéma, ce n\u2019est pas logique et c\u2019est un manque fl agrant de jugement de la part des salles de cinéma.» Forme d\u2019apprentissage Selon Josée Lavigueur, les gens commencent à être sensibilisés, mais le manque d\u2019activité physique dans les écoles est fl agrant.«Il faut faire des choix, et je considère que la santé est une priorité.Je n\u2019invente rien.C\u2019est connu qu\u2019un temps de récupération active favorise également un meilleur processus d\u2019apprentissage.» Le Mois de l\u2019éducation physique semble être une bonne occasion de sensibiliser les jeunes à l\u2019importance d\u2019être en forme.«De plus en plus d\u2019écoles agissent et font un travail formidable, mais n\u2019ont pas d\u2019appui.C\u2019est un choix de société qu\u2019il faut faire.Les gouvernements n\u2019ont pas été assez fermes et ont donné trop de liberté aux écoles au moment de choisir d\u2019augmenter ou non le nombre d\u2019heures d\u2019activité physique à l\u2019école.Certaines l\u2019ont fait, d\u2019autres pas», déplore-t-elle.Dans les années 90, la ministre québécoise de l\u2019Éducation de l\u2019époque, Lucienne Robillard, a réduit de moitié le nombre d\u2019heures alloué à l\u2019éducation physique dans les établissements d\u2019enseignement.«Ç\u2019a été un tournant dans la vie des Québécois.Et on en voit le résultat aujourd\u2019hui.Le Québec est la province au Canada qui off re le moins d\u2019heures d\u2019éducation physique dans les écoles, et le Canada est un des pays où l\u2019on est le plus inactifs.Pourquoi?Ne sommes-nous pas assez brillants pour nous rendre compte que quelque chose cloche?», questionne Josée Lavigueur.«Go, on se réveille!» La porte-parole d\u2019Énergie Cardio, Josée Lavigueur, nous suggère de réserver chaque jour une partie de notre agenda à de l\u2019activité physique, au même titre que l\u2019on planifi e un rendez-vous chez le médecin.Melanie Julien «Les gouvernements n\u2019ont pas été assez fermes et ont donné trop de liberté aux écoles au moment de choisir d\u2019augmenter ou non le nombre d\u2019heures d\u2019activité physique à l\u2019école.» \u2014 Josée Lavigueur, porte-parole d\u2019Énergie Cardio Josée Lavigueur Rendez-vous en forme Josée Lavigueur en plein vol MONTRÉAL, 15 JUIN 2007 0 L\u2019ITINÉRAIRE «J\u2019avais des idées suicidaires, très chaotiques\u2026 j\u2019avais perdu tout repère», raconte-t-elle en expliquant qu\u2019elle a dû arrêter de travailler pendant un an.Aujourd\u2019hui, elle est rayonnante et elle dégage énormément d\u2019énergie.Le magazine Mentalité l\u2019a aidée à remonter la pente.Mentalité est une revue qui traite de la santé mentale.Son but est de permettre à des personnes qui ont souff ert de troubles mentaux de s\u2019intégrer dans la société grâce au travail de journaliste qu\u2019elle leur off re.La publication se veut également un outil d\u2019information pour le public.Elle traite des nouveautés dans le domaine de la santé mentale, mais aussi de problèmes qui y sont reliés, comme le harcèlement ou la surmédication.La revue paraît quatre fois par année et est principalement distribuée dans les institutions du réseau de la santé et des services sociaux.Julie explique que son travail de journaliste est pour elle un moyen d\u2019en apprendre plus sur les maladies mentales et de se sentir valorisée.Selon Yves Casgrain, rédacteur en chef du magazine, Mentalité constitue un programme d\u2019insertion qui se démarque des autres parce qu\u2019il fait appel aux aptitudes intellectuelles des bénéfi ciaires.«Après avoir vécu de durs moments, les psychiatrisés n\u2019ont pas toujours le goût de passer par un programme d\u2019insertion où l\u2019on fait du travail manuel, comme fabriquer des meubles», explique-t-il en ajoutant que Mentalité valorise leurs grandes capacités intellectuelles.«Ce sont des gens qui sont extrêmement brillants, et plusieurs ont un niveau d\u2019instruction impressionnant.» Il ajoute aussi que le fait de réfl échir à l\u2019actualité permet aux apprentis journalistes de reprendre contact avec le monde extérieur.«Lorsqu\u2019on est atteint d\u2019une maladie mentale, on se replie souvent sur soi-même et on ne voit plus ce qui se passe ailleurs sur la planète.Le fait de travailler sur l\u2019actualité leur permet de se prendre en main\u2026 Examiner ce qui se passe autour d\u2019eux et commenter les débats de la société facilite leur intégration sociale.» Mentalité a aussi pour objectif de lutter contre les préjugés associés aux troubles mentaux.L\u2019animateur responsable déplore que trop de gens confondent encore la maladie mentale avec le manque d\u2019intelligence.«En lisant la revue, le public s\u2019aperçoit que ce sont des gens intelligents, et leurs préjugés tombent», explique Yves Casgrain.Il vante également le côté instructif de la revue.«Nous sommes vraiment au courant des dernières avancées dans le domaine de la santé mentale, et plusieurs spécialistes lisent nos écrits.» C\u2019est le cas notamment de Herman Alexandre, employé du service de réadaptation de l\u2019hôpital Louis-H.Lafontaine, où Mentalité est distribué.Il dit que la revue est appréciée autant par le public que par les spécialistes.«Tout est très bien expliqué, et on voit que ce sont des connaisseurs», dit-il en ajoutant que le choix des sujets et des personnes interviewées est toujours judicieux.Il pense que Mentalité propose une approche diff érente des troubles mentaux de celle des grands médias.«Les journalistes de Mentalité sont beaucoup plus crédibles», assure-t-il.qqq Pour vous abonner à Mentalité : www.maisonechelon.ca Le but de la revue Mentalité est de permettre à des personnes qui ont souff ert de troubles mentaux de s\u2019intégrer dans la société grâce au travail de journaliste qu\u2019elle leur off re.Annie Poulin «Quand t\u2019as eu une vie active, c\u2019est dur de tomber à zéro», témoigne Julie, l\u2019une des journalistes de la revue Mentalité.Il y a deux ans, elle travaillait comme technicienne dans un laboratoire de recherche pharmaceutique lorsqu\u2019elle a appris qu\u2019elle était atteinte de fi bromyalgie, une maladie chronique qui s\u2019attaque à tout le corps et qui fi nit par aff ecter grandement la santé mentale.La revue Mentalité, une cure journalistique
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