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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
lundi 15 janvier 2007
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2007-01-15, Collections de BAnQ.

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[" 15 JANVIER 2007 VOLUME XIV, NUMÉRO 02, MONTRÉAL Rien dans les mains, rien dans les poches mais un journal dans la tête MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 3 L\u2019ITINÉRAIRE _________ X 15 $ = _________ $ Pour plus d\u2019information concernant le 3e OEil MagDVD, consultez www.3eoeil.com Merci! M.\u0001 Mme.\u0001 Prénom : ______________________________________________ Nom : _________________________________________________ Entreprise : _____________________________________________ Adresse : __________________________________ App._______ Ville : __________________________ Province : _____________ Code Postal : ___________________ Courriel : ______________________________________________ Téléphone : ( ) ______________________________________ Nombre de copies Montant 15 jan.07 Paiement \u0001 Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire \u0001 No de carte I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I Expiration ____ / 20____ Mois Année Signature X_________________________________________ Découpez et postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Ste-Catherine Est, Montréal (QC) H2K 2H9 Places à combler : \u0002 Aide à la préparation des repas et service à la clientèle \u0002 Plongeur/Plongeuse \u0002 Préposé/Préposée à l\u2019entretien Pour être admissible, vous devez : \u0002 Être bénéficiaire de l\u2019assistance-emploi \u0002 Être disponible 20 heures par semaine Vous recevrez : \u0002 120 $ de plus par mois de l\u2019assistance-emploi et, dans certains cas, une indemnité de déplacement.L\u2019Itinéraire offre aux bénéficiaires de l\u2019aide sociale des places d\u2019aide-cuisinier(ère) au Café sur la rue dans le cadre de la mesure d\u2019insertion sociale.Information: Jocelyne Sénécal, 514 597-0238 poste 230 jocelyne.senecal@itineraire.ca Le MagDVD en est à ses débuts et vous aurez peut-être de la difficulté à vous le procurer dans la rue où il sera offert à 5 $.Vous pouvez donc commander le 2e numéro du MagDVD dès maintenant.Cette copie est en vente à 15 $, incluant le DVD et un don de 10 $ pour assurer le succès de ce nouveau projet.Procurez-vous le deuxième numéro du 3e OEil MagDVD Vous pouvez vous procurer des cartes-repas ou faire un don en ligne sur www.itineraire.ca Commande par téléphone 514 597-0238 poste 235 MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 5 L\u2019ITINÉRAIRE édito MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 7 L\u2019ITINÉRAIRE édito audrey.cote@itineraire.ca Audrey Coté Rédactrice en chef Pauvreté quand tu nous tiens Ces chiffres démontrent clairement la nécessité collective de rehausser le salaire minimum et ce, même si les lobbys du patronat, notamment représentés par l\u2019Institut économique de Montréal (IEDM), ne cessent de crier au manque de compétitivité économique du marché du travail québécois.En décembre dernier, l\u2019Institut économique a publié une étude qui déresponsabilise les entreprises opérant au Québec en arguant que le salaire minimum est trop élevé et aurait pour conséquence d\u2019augmenter le taux de chômage.1 Discours qui n\u2019a que la force de la «grosse argent» derrière lui et vise à préserver les privilèges d\u2019une minorité qui monopolise les richesses au détriment d\u2019une majorité qui glisse, bien malgré elle, vers la pauvreté.Une étude de Statistique Canada rendue publique en décembre dernier dévoile que 20 % des Canadiens détiennent 75 % des richesses du pays et confirme l\u2019élargissement considérable du fossé entre riches et pauvres depuis les années 1990.Même en bossant du matin au soir, de plus en plus de travailleurs s\u2019appauvrissent en raison de l\u2019augmentation inconséquente du coût des logements, de l\u2019électricité, des transports, par rapport aux salaires moyens.Dans un communiqué envoyé aux médias, Réjean Parent, le président de la Centrale des syndicats du Québec a dénoncé avec justesse le discours de l\u2019Institut économique de Montréal : «Le monde idéal de l\u2019IEDM se résumerait à des millions de travailleuses et de travailleurs vivant sous le seuil de pauvreté, mais qui devraient être heureux d\u2019avoir au moins un emploi, pendant que les dirigeants d\u2019entreprises engrangeraient des profits de plus en plus élevés [\u2026] Bref, l\u2019IEDM rêve de ramener le Québec à un niveau économique digne des pays les plus pauvres.» Le président de la Centrale démonte également l\u2019argumentaire de l\u2019IEDM qui soutient que le salaire minimum trop élevé engendre plus de chômage : «le chômage n\u2019est pas le fruit d\u2019un taux du salaire minium trop élevé [\u2026] mais plutôt l\u2019effet de mises à pied massives par des entreprises souvent rentables dont les dirigeants et les actionnaires sont incapables de se satisfaire d\u2019un taux de profitabilité décent\u2026» Selon Omar Aktouf, économiste et professeur de management à l\u2019École des hautes études commerciales (HEC), environ 8 milliards disparaissent dans les paradis fiscaux au Québec.Sachant cela, il est impossible d\u2019avaler sans broncher le discours de nivellement par le bas de l\u2019Institut économique de Montréal.Limiter le salaire minimum pour favoriser les entreprises pour stimuler l\u2019économie et garder le Québec compétitif vis-à-vis des autres provinces canadiennes?M.Aktouf croit plutôt qu\u2019un salaire minimum à 15 $ de l\u2019heure stimulerait l\u2019économie en favorisant la consommation.Contrairement à ce qu\u2019affirme l\u2019Institut économique de Montréal, il faut que les salariés puissent disposer d\u2019un revenu suffisant pour consommer ce qui est produit par les entreprises.Plusieurs pays de l\u2019Europe du nord ont prouvé qu\u2019un salaire minimum élevé n\u2019est pas un obstacle économique, mais plutôt une mesure qui favorise une meilleure répartition des richesses.1 Communiqué de l\u2019Institut économique de Montréal diffusé le 14 décembre 2006.Est-ce collectivement acceptable que des travailleurs québécois n\u2019arrivent pas à joindre les deux bouts pour survivre?Si la réponse est non, la réalité est tout autre.Selon le rapport «Bilan-Faim 2006» produit par l\u2019Association des banques alimentaires du Canada, plus de 5% des travailleurs au salaire minimum doivent avoir recours aux banques alimentaires pour se nourrir.On parle ici de travailleurs s\u2019échinant 40 heures par semaine pour un boulot au salaire minimum qui ne leur permet même pas d\u2019acheter leur pain et leur beurre! À 7,75 $ l\u2019heure, ce salaire correspond à 16 120 $ annuellement, un salaire nettement inférieur au seuil de faible revenu établi à 20 778 $ par Statistique Canada en 2005. MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 9 L\u2019ITINÉRAIRE Isabelle Bessette Jean-Marc Boiteau Journaliste de la rue Une intervenante bien vaillante Tenaillé par la faim, je me rends dîner à L\u2019Itinéraire.L\u2019atmosphère du Café sur la rue est calme.Soudainement, une voix vient troubler cette ambiance paisible : un individu en crise «cherche des noises» aux clients qui l\u2019entourent, comme cela arrive de temps en temps au Café.Aussitôt, Isabelle Bessette, intervenante psychosociale de L\u2019Itinéraire, est appelée à venir désamorcer la crise.Les quelques minutes qui m\u2019ont été nécessaires pour obtenir mon repas auront suffi à Isabelle pour régler le litige.Voilà un exemple d\u2019une intervenante en plein contrôle de ses émotions, dont le choix de carrière trahit sa véritable passion : lutter contre les injustices sociales et soutenir les plus vulnérables de notre société.Pour Isabelle, il n\u2019est pas question de sans-abri, de schizophrène ou de sidéen, mais plutôt de «personne», car elle ne souhaite pas étiqueter celles et ceux qui se trouvent en face d\u2019elle.«Les maladies mentales, les injustices sociales, de même que les personnes errantes et sans ressources m\u2019ont toujours touchée, précise-t-elle.J\u2019aimerais spécifier qu\u2019un diplôme en intervention ne suffit pas pour devenir un bon intervenant.Il faut aussi avoir la vocation.» C\u2019est à peine sortie de l\u2019adolescence qu\u2019Isabelle a débuté dans le métier de l\u2019intervention psychosociale.Celle qui détient deux certificats en santé mentale et en toxicomanie, en plus d\u2019un DEC en éducation spécialisée, avait 18 ans quand elle a commencé à travailler comme bénévole à L\u2019Anonyme, un organisme communautaire venant en aide aux 12-30 ans en difficulté.Elle y a ensuite travaillé pendant huit ans comme travailleuse de rue.«Ces hommes et ces femmes vivent pour la plupart des situations d\u2019abus sexuels et subissent souvent de la violence physique ou verbale», explique-t-elle.Travailler dans la rue comme intervenante amène son lot de péripéties et Isabelle Bessette s\u2019en accommode très bien.La jeune femme de 30 ans n\u2019a pas peur de prendre des risques.«Lorsque j\u2019accompagnais les personnes dans les \u201cpiqueries\u201d où je leur échangeais des seringues souillées contre des neuves ou lorsque j\u2019allais chez elles pour discuter de leurs difficultés, c\u2019est sûr que je me plaçais dans des situations à risque!» Avec le temps, Isabelle est devenue moins téméraire.«Aujourd\u2019hui, plus expérimentée, je n\u2019irais plus seule à la rencontre d\u2019un individu dans une ruelle mal éclairée.» Isabelle Bessette considère que son travail à L\u2019Itinéraire représente son meilleur emploi à vie.Il faut dire qu\u2019ici les défis ne manquent pas, et ceux-ci la stimulent.Ce qui ferait perdre les moyens à bon nombre d\u2019entre nous représente pour elle une motivation supplémentaire.«J\u2019ai toujours aimé relever des défis, me lancer vers l\u2019inconnu.Me retrouver en situation de déséquilibre me rend particulièrement efficace.» Il me paraît évident que cette intervenante n\u2019est pas faite pour le travail de bureau, mais bien pour le travail de terrain.« J\u2019ai toujours aimé relever des défis, me lancer vers l\u2019inconnu.Me retrouver en situation de déséquilibre me rend particulièrement efficace.» \u2013 Isabelle Bessette Photo: Jérôme Savary Isabelle Bessette et Jean-Marc Boiteau L\u2019ITINÉRAIRE 10 MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 Depuis sa sortie du Conservatoire en 1988, Luc Picard privilégie les rôles engagés ou au contenu dense.Pensons notamment à Bernard Valcourt dans Un dimanche à Kigali (2006), à Michel Chartrand dans la télésérie Simone et Chartrand (2002) ou au Chevalier De Lorimier dans 15 février 1839 (2001).«Je suis un gars engagé dans la société, dit-il en tirant sa cigarette, mais je pense que l\u2019important dans la vie, c\u2019est d\u2019être engagé dans ce qu\u2019on fait.D\u2019être authentique et vrai.Pour ça, t\u2019as pas besoin d\u2019un discours politique.» Son premier film à titre de réalisateur, L\u2019Audition, est d\u2019ailleurs un film engagé, au sens de l\u2019engagement que suppose l\u2019amour d\u2019un père pour son fils Henri.Simplement, il dit avoir voulu traduire la forme d\u2019engagement que suppose le rôle de père : «Être père, confie-t-il, c\u2019est faire preuve du plus grand amour qui puisse exister.C\u2019est inconditionnel et c\u2019est tout.» L\u2019écriture de L\u2019Audition est d\u2019ailleurs arrivée comme un cadeau, alors que Luc Picard était entre deux contrats.«J\u2019ai commencé à écrire une lettre à mon fils et des scènes de scénario ont émergé.Trois semaines plus tard, j\u2019avais tout écrit», raconte celui qui est à la fois le scénariste, le réalisateur et l\u2019acteur principal de son film.Après le succès remporté par L\u2019Audition, Luc Picard se dit tout de même inquiet d\u2019avoir reçu plus d\u2019offres pour porter le chapeau de réalisateur que celui de comédien car, dit-il, «ma première vocation est d\u2019abord celle de comédien.» Même s\u2019il est l\u2019un des acteurs les plus appréciés du Québec, l\u2019insécurité le ronge toujours.Engagé contre la pauvreté Conscient de l\u2019importance que l\u2019on accorde à ses prises de paroles en public, Luc Picard privilégie la responsabilité sociale.Porte-parole de Développement et Paix depuis six ans, le comédien aime particulièrement le travail de terrain effectué par cetorganisme de solidarité internationale : «Ils ne font pas juste redistribuer des cennes dans les pays pauvres, mais ils aident techniquement et financièrement en travaillant avec les citoyens des villages», explique l\u2019acteur, qui est allé lui-même constater le travail accompli par Développement et Paix au Brésil.À Montréal, Luc Picard reste attaché au Chic Resto-Pop, restaurant communautaire situé dans Hochelaga- Maisonneuve, l\u2019un des quartiers les plus pauvres de la ville.Alors qu\u2019il tirait le diable par la queue à sa sortie du Conservatoire, Luc Picard était un client assidu du Chic Resto-Pop : «Les quatre premières années après le Conservatoire, j\u2019allais souvent y manger, car j\u2019étais pauvre.Je me souviens d\u2019une fois où je jouais au théâtre et j\u2019écoutais une critique à la radio qui disait que j\u2019étais bon\u2026 et là je me disais qu\u2019il fallait quand même que j\u2019aille vendre mes bouteilles vides pour m\u2019acheter une boîte de thon», confie-t-il en dévissant sa casquette.Pour lui, soutenir le Chic Resto-Pop est essentiel car, en plus d\u2019offrir des repas à 2,50 $, on y privilégie l\u2019insertion sociale et l\u2019alphabétisation.« Les quatre premières années après le Conservatoire, j\u2019allais souvent manger au Chic Resto-Pop, car j\u2019étais pauvre.Je me souviens d\u2019une fois où je jouais au théâtre et j\u2019écoutais une critique à la radio qui disait que j\u2019étais bon\u2026 et là je me disais qu\u2019il fallait quand même que j\u2019aille vendre mes bouteilles vides pour m\u2019acheter une boîte de thon » \u2014 Luc Picard Luc Picard L\u2019acteur qui ne mâche pas ses mots Audrey Coté À la fois timide et fonceur, le comédien et réalisateur Luc Picard a l\u2019attitude du «bum» sympathique.«Je viens d\u2019un milieu ouvrier, de Lachine.Je suis plutôt bourru, \u201crough\u201d et j\u2019ai pas tout le temps la bonne manière de me présenter.Mais j\u2019ai eu la chance d\u2019évoluer dans le milieu artistique, ce qui m\u2019a donné un peu de vernis», confie-t-il, l\u2019air farouche, derrière la palette de sa casquette.S\u2019il faut tirer les vers du nez de Luc Picard pour qu\u2019il parle de lui, il est plutôt loquace lorsqu\u2019on aborde les causes qui lui tiennent à coeur.Visiblement à l\u2019aise avec les marginaux, Luc Picard n\u2019a pas hésité à venir me rencontrer au Café sur la rue de L\u2019Itinéraire.Il connaissait la place, comme on dit, pour y avoir présenté son premier film L\u2019Audition aux camelots dans le cadre des Journées de la Culture en septembre dernier. MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 11 L\u2019ITINÉRAIRE Même si la pauvreté demeure une grande injustice sociale, l\u2019acteur considère que la vraie pauvreté réside dans l\u2019ignorance : «Quand t\u2019as une certaine éducation, des connaissances et une culture générale, t\u2019es jamais pauvre.Ça coûte rien des livres\u2026 y\u2019a les bibliothèques», soutient Luc.Pour lui, la grande priorité de notre société en matière de lutte à la pauvreté devrait donc être l\u2019éducation.Lorsque j\u2019aborde avec lui la fameuse Réforme scolaire et ses compétences transversales, le voilà qui s\u2019enflamme : «Je ne sais pas c\u2019est qui le bozo qui a fait ça, mais on est en train de chier dans les mains de nos enfants.C\u2019est tellement important de savoir lire, écrire, compter\u2026 Faut arrêter de niveler par le bas! » Après avoir repris son souffle, il ajoute : « Il faut recommencer à valoriser l\u2019effort.Dans la vie, y\u2019a des bouttes \u201ctough\u201d, pis c\u2019est à assumer.Il faut travailler pour arriver à un résultat!» Convaincu et convaincant, Luc Picard pose un regard critique sur notre société de consommation.Il s\u2019agit de l\u2019amener sur ce terrain pour le voir s\u2019enflammer : «Si on est trop ci ou trop ça, on est jetable.On est pas content de quelque chose, on le jette.Y\u2019a plus de sentiments, à l\u2019ère de l\u2019épanouissement personnel.C\u2019est drôle, mais je ne connais pas beaucoup de gens épanouis!», souligne-t-il en balançant son paquet de Player\u2019s par terre.Profondément humain, l\u2019acteur est touchant de vérité, particulièrement lorsqu\u2019il parle des choses simples que la majorité des gens ont tendance à oublier : «Il faut arrêter de vouloir la perfection.On n\u2019est pas sur terre pour être parfait, mais pour apprendre.Pour être bien, il faut accepter ses propres imperfections et celles des autres.» Photo : Dominick Gravel MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 13 L\u2019ITINÉRAIRE Martin Gauthier, entrepreneur «J\u2019achète le journal L\u2019Itinéraire pour aider un camelot et m\u2019informer sur notre société» Cathy Bazinet, directrice des communications «Mes dons ont permis de nourrir une personne chaque jour au Café sur la rue de L\u2019Itinéraire.» Chaque geste compte Ils ont fait une différence Lise Dufour, retraitée «Des gens de la rue ont reçu du soutien psychologique à L\u2019Itinéraire, un peu grâce à moi.» Faites votre don en ligne www.itineraire.ca Renseignements : Émilie Moreau 514 597-0238 poste 235 Visionnez notre toute première publicité télévisée en cliquant sur Médias ou rendez-vous au: www.itineraire.ca/tx_medias_pb_tv.php L\u2019ITINÉRAIRE 16 MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 «C\u2019est bien beau de simplement exister, mais ça ne suffit pas.Il faut profiter de notre journal et s\u2019inscrire à fond dans ce projet pour nous élever», a témoigné Jean-Marc Boiteau, lauréat d\u2019une mention d\u2019honneur pour son entrevue avec l\u2019écrivaine Chrystine Brouillet.L\u2019intervention de ce journaliste de la rue a donné tout son sens à la maxime de L\u2019Itinéraire : «Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête.» Dans la catégorie de la meilleure entrevue, c\u2019est l\u2019énergique Josée Louise Tremblay qui a remporté le prix Claude-Brûlé pour son texte sur François Parenteau.«Je connais bien François Parenteau et je trouve que Josée Louise a bien réussi à rendre compte de la complexité du personnage», a indiqué Anne-Marie Dussault lors de la remise du prix.Plus tôt en soirée, Monique Proulx avait ouvert le bal avec la remise du prix Jean-Pierre-Lizotte pour la meilleure chronique.Gabriel Bissonnette et Robert Beaupré ont tous deux reçus cette distinction pour la première fois, eux qui collaborent au journal depuis les débuts.Sur la scène de L\u2019Alizée, Gabriel est revenu sur son texte «Le concert qui a changé ma vie», qui s\u2019inspire de la magie de l\u2019opéra rock The Lamb lies down on Broadway, du groupe Genesis.Par ailleurs, voici ce qu\u2019a écrit Monique Proulx sur le texte «L\u2019étranger», de Robert Beaupré : «Robert nous dresse un portrait saisissant de la marginalité, dans une langue percutante et très personnelle, où la dignité et la grandeur ne sont pas du côté des bien nourris et \u201cpains blancs\u201d du système, mais de tous ceux qui ont appris à avoir du coeur à force de dénuement.» La qualité générale des textes présentés était telle que le jury a parfois eu du mal à désigner un gagnant.L\u2019investissement et la volonté de journalistes pas comme les autres méritent d\u2019être soulignés.Tirons donc notre chapeau à Cylvie Gingras, Richard Hétu, Gilbert Pouliot, Norman Rickert et Serge Morin, les cinq autres finalistes de ce concours! Même si L\u2019Itinéraire présente régulièrement des entrevues ou des chroniques «C\u2019est bien beau de simplement exister, mais ça ne suffit pas.Il faut profiter de notre journal et s\u2019inscrire à fond dans ce projet pour nous élever» \u2014 Jean-Marc Boiteau, lauréat d\u2019une mention d\u2019honneur pour son entrevue avec l\u2019écrivaine Chrystine Brouillet Jérôme Savary Le troisième concours des journalistes de la rue, qui s\u2019est déroulé le 13 décembre dernier à L\u2019Alizée, a été l\u2019occasion de souligner les textes les plus marquants de l\u2019année.Pour l\u2019occasion, un jury de qualité composé de la romancière Monique Proulx, des journalistes Anne-Marie Dussault et Franco Nuovo, et du chanteur Dan Bigras a décerné des prix aux plus talentueux des journalistes de la rue.Troisième concours des journalistes de la rue Encre de rue De gauche à droite: Jean-Marie Tison, Anne-Marie Dussault, Cylvie Gingras, Josée LouiseTremblay, Jean-Marc Boiteau, Monique Proulx, Franco Nuovo, Richard Hétu, Gabriel Bissonnette, Pierre Goupil, Norman Rickert, Serge Morin et Robert Beaupré Photos : Dominick Gravel MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 17 L\u2019ITINÉRAIRE rédigées par des journalistes de la rue, qui sont également camelots, c\u2019est justement la rubrique «Mots de camelots» qui définit L\u2019Itinéraire comme journal de rue.«J\u2019entends souvent des commentaires élogieux à propos de tel article sur l\u2019Afrique, ou de telle entrevue sur cet artiste connu, mais les gens me disent qu\u2019au final, ce sont les mots de camelots qu\u2019ils préfèrent», a rappelé Serge Lareault, éditeur de L\u2019Itinéraire.Franco Nuovo et Anne-Marie Dussault ont remis deux prix consacrés à ces courts textes, ces témoignages vibrants d\u2019émotion, criants d\u2019injustice ou saignants de vérité que sont les Mots de camelots.Le prix Rimbaud, nouveauté du Concours des journalistes de la rue 2006 soulignant le meilleur poème de l\u2019année, a été décerné à Jean-Marie Tison pour son texte intitulé laconiquement L\u2019Itinéraire et composé à partir des réalités des «tout-nus, des poqués d\u2019la terre».Anne-Marie Dussault a été touchée : «Jean-Marie Tison a bien utilisé les mots de la rue pour faire une chanson percutante, pertinente et réaliste.Elle traduit bien la réalité des gens de la rue et de L\u2019Itinéraire.Cette chanson se démarque des autres.C\u2019est mon coup de coeur.» Le prix Alcatraz du meilleur mot de camelot a quant à lui récompensé Pierre Goupil pour sont texte «Jouer sa vie», dans lequel Pierre, le chroniqueur cinéma de L\u2019Itinéraire, parle avec humanité de feu son frère Gaétan.«C\u2019est un texte bien écrit et bien ficelé.La réalité de la souffrance d\u2019un proche est sentie et m\u2019a vraiment touché», a écrit Franco Nuovo pour justifier le choix de ce texte.Le coloré Alcatraz, un camelot décédé en 2003 et qui a beaucoup collaboré avec le journal, a donné son nom à ce prix.Grâce à l\u2019un de ses textes dénonçant le gaspillage de nourriture pendant l\u2019événement des Fêtes gourmandes, Alcatraz a démontré qu\u2019un mot de camelots pouvait contribuer à lutter contre certaines injustices.«Après avoir lu son Mot de camelots, le président de cet événement gastronomique a décidé de distribuer la nourriture superflue aux organismes d\u2019aide aux démunis!», a rappelé à l\u2019assistance l\u2019éditeur Serge Lareault.Les prix Jean-Pierre-Lizotte et Claude- Brûlé doivent également leur nom à la mémoire de deux camelots qui ont marqué l\u2019histoire de notre journal de rue.Le premier rédigeait ses chroniques de Bordeaux, car c\u2019est depuis cette prison, où il a passé les 18 dernières années de sa vie, qu\u2019il rédigeait ses chroniques pour L\u2019Itinéraire.Pour sa part, Claude Brûlé avait surpris tout le monde en interpellant Jacques Villeneuve sur la pauvreté lors d\u2019une conférence de presse, un moment particulier que Serge Lareault n\u2019a pas manqué de rappeler lors de la remise des prix.«Claude avait complètement déstabilisé Jacques Villeneuve et les photographes des grands médias en avaient profité pour saisir la surprise du pilote de course, dont on a ensuite vu la photo à la une des journaux du lendemain!» En ce début d\u2019année 2007, L\u2019Itinéraire ne s\u2019est jamais aussi bien porté, et les journalistes de la rue sont de nouveau prêts à faire jaillir l\u2019encre de la rue.Soyez en assurés, ils vont continuer à vous surprendre.\u0001\u0001\u0001 Retrouver les textes des gagnants et des finalistes du concours des journalistes de la rue dans notre site Internet : www.itineraire.ca Josée Louise recevant le prix Claude-Brûlé des mains d\u2019Anne-Marie Dussault Norman Rickert Journaliste de la rue Tiré de La Quête, Québec, édition de mai 2006 L\u2019homme, une bête qui s\u2019ignore Maxime Houle raconte que le chimpanzé partage plus de 98 % de son code génétique avec l\u2019homme.Même le caenorhabditis elegans, un humble ver de terre, partagerait plus de 74 % de ses gènes avec l\u2019illustre Jean Charest et l\u2019inoubliable Céline Dion.Moi qui croyais que les vers n\u2019étaient bons que pour faire du compost.Tiré de Spare Change, Boston, édition du 25 mai au 7 juin 2006 Robin de bois du XXIe siècle À Hambourg, en Allemagne, une bande de voleurs des plus inusités se déguisent en superhéros et piquent des denrées alimentaires de luxe comme le caviar et le boeuf de Kobe dans les grands restaurants pour les redistribuer aux chômeurs bénéficiaires du controversé programme social Hartz IV.De plus, ils distribuent des dépliants aux utilisateurs du transport en commun leur donnant des trucs pour éviter les contrôleurs de billets.Les autorités locales n\u2019ont pas encore réussi à arrêter ces «criminels».Tiré de Real change, Seattle, édition du 19 au 25 juillet 2006 Les appartements bouffés par les condos Un article du Seattle Times raconte que 9 200 appartements de la région de Seattle ont été transformés en condominiums depuis l\u2019an 2000.On peut constater le même phénomène dans la ville elle-même : de juin 2005 à mai 2006, plus de 2 000 appartements ont été convertis en condominiums et 681 autres ont été rasés ou supprimés.Une loi de l\u2019État de Washington permet aux locataires expulsés de recevoir la somme de 500 $ américains en dédommagement, une aide qui leur est versée pour qu\u2019ils se trouvent un autre logis.Les personnes expulsées reçoivent un avis d\u2019expulsion de 90 jours.En bon québécois, c\u2019est ce qu\u2019on pourrait appeler des «pinottes».Tiré de La Quête, Québec, édition de mai 2006 Homoparentalité Les relations intimes entre partenaires du même sexe sont encore interdites par la loi dans 80 États dans le monde, et les contrevenants risquent même d\u2019être condamnés à mort dans certains pays.Même si le mariage entre conjoints du même sexe est maintenant possible dans certains pays, dont le Canada, la loi ne reconnaît pas systématiquement l\u2019homoparentalité (enfants élevés par deux parents du même sexe).Même si beaucoup de gens croient que ce type de famille pourrait nuire au développement harmonieux des enfants, les études menées depuis deux décennies par Susan Golombok, psychologue, confirment qu\u2019«aucune des inquiétudes exprimées il y a 30 ans à propos de ces familles ne s\u2019est révélée fondée.MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 19 L\u2019ITINÉRAIRE L\u2019ITINÉRAIRE 20 MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 À surveiller dans L\u2019Itinéraire, les 1er et 15 février.Dossier REER et investissement responsable Alimentation / Traiteur Distribution Pied à Terre 1130, Rg Rivière, Bayonne Sud Berthierville, Qc, J0K 1A0 Tél.: 450 836-3647 www.piedterre.com Livraison à domicile de produits équitables, écologiques, locaux Projets PART-PART du Chef 4100, André-Laurendeau Montréal, Qc, H1Y 3N6 Tél.: 514 526-7278 www.projetspart.ca Insertion socioprofessionnelle, traiteur, repas surgelés santé abordables, livraison Cadeaux / Objets DIX MILLES VILLAGES 4128, St-Denis Montréal,Qc, H2W 2M5 Tél.: 514 848-0538 www.dixmillevillages.com Café-boutique de cadeaux certifiés équitables Simpli-cité Renaissance 386, avenue Victoria Westmount, Qc, H3Z 2N4 Tél.: 514487-2407 jlegault@renaissancequebec.ca Vêtements, accessoires, artisanats et produits alimentaires certifiés équitables Loisirs / Divertissement Cinéma Beaubien 2396, rue Beaubien Est Montréal, Qc, H2G 1N2 Tél.: 514 721-6060 www.cinemabeaubien.com OBNL culturel présentant des films de qualité québécois ou canadiens en primeur TOHU, la Cité des arts du cirque 2345, rue Jarry Est (angle d\u2019Iberville) Montréal, Qc, H1Z 4P3 Tél.: 514 376-TOHU (8648) ou 1 888 376-TOHU (8648) www.tohu.ca Spectacles de cirque, danse, théâtre et musique, expositions, visites guidées Aide domestique / entretien Plumeau, chiffon et compagnie 4450, Saint-Hubert, bur.311 Montréal, Qc, H2J 2W9 Tél.: 514 523-6626 www.plumeau.qc.ca confort@plumeau.qc.ca Service d\u2019entretien ménager résidentiel, grand ménage et entretien commercial Services / Professionels Coopérative Interface 180, boul.René-Lévesque Est, bur.106, Montréal, Qc, H2X 1N6 Tél.: 514 866-8303 www.coopinterface.qc.ca Équipe de consultants expérimentée et engagée - S\u2019adapte à VOS BESOINS Imprime-emploi 5500, rue Fullum, bureau 318 Montréal, Qc, H2G 2H3 Tél.: 514 277-7535 www.imprime-emploi.com Entreprise d\u2019insertion, spécialiste en impression numérique, reliure et finition, formation d\u2019aide générale en imprimerie Divers Atelier Le Fil D\u2019Ariane inc.4837, rue Boyer, bur.100 Montréal, Qc, H2J 3E6 Tél.: 514 842-5592 fariane@videotron.ca Centre de réadaptation par l\u2019art, pour les personnes handicapées intellectuelles Insertech Angus 2600, William-Tremblay, #110 Montréal, Qc, H1Y 3J2 Tél.: 514 596-2842 www.insertech.qc.ca Entreprise d\u2019insertion en assemblage, mise à niveau, réparation et vente d\u2019ordinateurs neufs et usagés Le Grenier de Bébé 4021, Dandurand Montréal, Qc, Tél.: 514 728-5517 www.legrenierdebebe.ca Vêtements, accessoires, meubles et jouets recyclés (petite enfance 0-5 ans), achat / vente Fripe-Prix Renaissance Découvrez nos huit magasins Fripe-Prix (Montréal, Verdun, St-Laurent, Pointe-aux-Trembles) Tél.: 514 276-3626 www.renaissancequebec.ca Insertion socioprofessionnelle, récupération de vêtements usagés Affichez-vous! dans cet index des entreprises d'économie sociale et responsables de Montréal \u0001\u0001\u0001 Jean-François Ouellon 514 597-0238 poste 246 de faCoçnosnom rmeesrponsable MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 21 L\u2019ITINÉRAIRE Il est midi.Une centaine de personnes attendent en file en face du Centre NAHA, situé au coin des rues Hochelaga et De Cadillac dans le quartier Mercier.Ce centre communautaire accueille les hommes aux prises avec des problèmes d\u2019alcool, de drogue et de jeu, mais il fait également office de lieu de distribution de nourriture pour les familles dans le besoin des quartiers Hochelaga- Maisonneuve et Mercier.À l\u2019intérieur, les bénévoles s\u2019affairent.La tension est palpable.C\u2019est la fin du mois et un bon nombre de bénéficiaires ont reçu leur chèque; il est donc impossible de prévoir le nombre de familles qui viendront s\u2019approvisionner en nourriture.Parmi les bénéficiaires, il y a Guylaine Malouin, une mère monoparentale de 47 ans.Entre deux brassées de lavage et le souper à préparer pour la famille, elle a trouvé le temps d\u2019inviter L\u2019Itinéraire à prendre un café dans son six et demi où elle vit avec sa mère et ses cinq enfants : «Pour sept personnes, ça me coûte habituellement 250 $ d\u2019épicerie par semaine.Seulement le lait, c\u2019est très cher.Ça me prendrait une vache dans la cour pour nourrir les petits! Mais grâce à la nourriture distribuée par le centre, je peux mettre facilement 75 $ de côté par semaine, et avec l\u2019argent économisé, j\u2019ai pu inscrire les enfants dans une ligue de football cet été.La Tablée des Chefs fournit des repas gastronomiques au Centre NAHA depuis mars 2006 seulement, mais cet apport est déjà considérable pour bien des familles.«La Tablée des Chefs, c\u2019est super! Ça aide énormément, précise Pierre Carrier, directeur du Centre NAHA.Je reçois encore des appels de gens qui me disent à quel point le ragoût de dinde que l\u2019on a servi la semaine passée était bon.Les gens du quartier ne sont pas habitués à cela.Ça fait du bien de recevoir un tel coup de main, surtout pour un centre communautaire comme le nôtre, qui ne reçoit pas de subvention.» Tous les hôtels et les restaurants qui participent à La Tablée des Chefs s\u2019engagent non seulement à redistribuer leur surplus alimentaire, mais aussi à offrir au moins deux cents repas préparés par année, ce qui garantit un certain volume de don de nourriture.Pour Guylaine Malouin, qui a sept bouches à nourrir, les repas déjà préparés représentent toute une aubaine : «Quand il y a de la pizza comme cette semaine, ou du ragoût de dinde comme la semaine dernière, c\u2019est le party! Mes enfants invitent leurs amis et on se retrouve une dizaine autour de la table.Dans le fond, ça me fait plaisir parce que j\u2019en fais aussi profiter les autres jeunes du quartier.» C\u2019est en constatant toute la quantité de nourriture qui se retrouvait dans les poubelles des grands restaurants de Montréal que Jean-Francois Archambault, directeur des ventes et du marketing pour l\u2019hôtel Marriott, a décidé de fonder La Tablée des Chefs il y a trois ans : «On souhaite que La Tablée des Chefs devienne le moteur d\u2019implication des chefs au Québec.L\u2019objectif est que les organismes communautaires puissent se concentrer sur la réinsertion sociale et qu\u2019ils n\u2019aient pas à penser à la nourriture.On veut offrir un projet qui soit clés en main, simple et efficace.Chaque restaurant participant est jumelé à un organisme communautaire de son secteur.Par exemple, le restaurant Toqué!, au centre-ville, fournit de la nourriture à la Maison du Père.» Daniel, un résidant de la Maison du Père, est un de ceux qui ont pu se délecter des repas préparés par Toqué!, restaurant qui a la réputation d\u2019être la meilleure table en ville : «On a beaucoup plus de plaisir à manger de la nourriture qui est faite avec coeur.Si ce n\u2019était pas offert avec le coeur, ce ne serait peut-être pas aussi bon.C\u2019est le cinq étoiles des pauvres\u2026» Stéphane Blais Au menu ce soir, dans le centre communautaire de votre quartier : jarre de fruits de mer et légumes confits à l\u2019huile d\u2019olive, conserve de saumon et tourte de pommes de terre, ou braisé de veau de la ferme Stairsholmes et racines de saison.Grâce à La Tablée des Chefs, la grande gastronomie préparée par les meilleurs chefs en ville est maintenant accessible aux plus démunis de notre société.La Tablée des Chefs est un organisme qui incite les restaurants et les hôtels à moins gaspiller et à distribuer de la nourriture aux milieux communautaires.Le Centre NAHA, dans le quartier Mercier, est l\u2019un des organismes qui bénéficie de la nourriture offerte par La Tablée des Chefs.le cinq étoiles des pauvres Jean-Francois Archambault, présidentfondateur de La Tablée des Chefs (à droite) et les représentants des Moissons & des Banques Alimentaires du Québec La Tablée des Chefs : MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 23 L\u2019ITINÉRAIRE MOTSDE CAMELOTS My best friend is God My best friend in the whole world is God.God is with me in all my days.He loves me all the time.God tells me what I should do every day.God makes me feel good everywhere I go.He tells me what I should do, and what I shouldn\u2019t do.Be with me all the time, God, and love me to the end.Everywhere I go, He follows me.He listens to everything and every word I say.God shows me the way, every day.I know people think I\u2019m crazy, but I\u2019m not.He glorifies me, with the shining sun and the downpour of rain.Stores his love in the chapels and churches and everywhere people go.God is my power, and my only survival in this crazy world.Time and money is something going the honey bees.The loving God teaches me right from wrong and shows me all the choir songs.When you were young, you had all the girls, but times have changed, haven\u2019t they?You\u2019re not all there, are you?No, when love is seeming out of touch, in spirit and love.Shake me when it\u2019s over.Hold me, God, and never let me go.Listen to my heartbeat, count the days and time past by, and ride to the sky.Love and honour and respect.Together in eternity.And loving arms to hold in your heaven of love.Babies together in arms of space and time.Listen to the birds and ducks going about their business every day.Farm love escape together in taking ready for evil.And when we climb that boat, call me today not tomorrow.Life is so short, don\u2019t fight on a wagon and boats.God is watching every move we make in a temple.Of doors and poor existence.He understands us, not like you and I and forever we go.My shelter, please God don\u2019t let me go to that bad place : hell.I never want to go there.Please, I never want to burn in hell.It\u2019s better in heaven, with my loving God.And the doors are always open, to the gates of heaven.And warm love we fell inside.I\u2019m a Born-Again Christian and I\u2019m loving every minute of it.As I walk in the deep shadow of death, I fear no evil.I know I have God by my side.Donner un nouveau sens à sa vie Chaque matin, lorsque je me lève, je confie ma vie à Dieu.De plus, je me suis aperçu que plus je lui demande de l\u2019aide, plus ma vie s\u2019améliore.Il m\u2019accompagne à chaque moment de la journée.Par exemple, si j\u2019ai besoin de patience ou de gentillesse pour vendre L\u2019Itinéraire, il m\u2019en accorde immédiatement! Également, Dieu m\u2019aide à gérer mes émotions moins agréables.Il m\u2019a aidé et m\u2019aide encore à accepter mes carences : mon diabète, mon problème de jeu, mes sautes d\u2019humeur, mon statut de célibataire\u2026 Lorsque mon égoïsme et mon jugement se font sentir, je lui demande de l\u2019aide.En pratiquant le «lâcher prise», je réussis à ne pas porter seul ce fardeau, car je ne peux le régler moimême : c\u2019est au-dessus de mes forces! Donner un sens nouveau à ma vie, cela veut dire accorder plus de temps à mon bien être intérieur.Celui-ci dépend beaucoup moins des richesses matérielles que de la pratique régulière de la prière et de la méditation.La «prière de sérénité » est le nouveau moteur de mes pensées et de mes actions.En donnant un nouvel élan à ma vie spirituelle, je suis calme et serein plus longtemps.Je vois mes problèmes d\u2019une façon plus réaliste qu\u2019avant.Aujourd\u2019hui, j\u2019aime faire des activités simples, comme la marche sur l\u2019île de la Visitation ou au Jardin Botanique, qui alimentent mon désir d\u2019être en paix.Finalement, j\u2019ai réalisé que plus j\u2019accepte ce que la vie m\u2019apporte, plus ma vie est douce.J\u2019ai compris que je ne contrôlais rien, alors je laisse Dieu agir à sa volonté.Serge Morin Camelot, Bourbonnière/Ontario Daniel Grady Camelot, métro Guy-Concordia Peter Economou Camelot,Atwater/Notre-Dame Enlighten them I ask you Like the Apostles To have a way of respect And even love for all Bless the young ones So they can all come near you And follow your example The youth Lord Serenity give them You that were born a human To save the world.Prayer for the youth towards the Lord MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 25 L\u2019ITINÉRAIRE Aucune panne d\u2019inspiration.Furlotte ne connaît pas l\u2019angoisse de la toile blanche.Tout ce qui passe entre ses mains devient, comme par magie, de l\u2019art : vieille armoire, jean usé, photo décolorée\u2026 Dans son atelier du quartier Petite Patrie, à Montréal, le monde imaginaire qu\u2019il construit couvre ses murs.Quand on entre chez lui, on a l\u2019impression d\u2019entrer dans un zoo.Les animaux qui composent ses tableaux attendent sagement, suspendus dans leur cage dorée.Un lion nous regarde en souriant, un chat se lèche les babines devant un poisson rouge, deux hiboux font les gros yeux sur une branche qui ressemble à une jambe humaine.Au milieu de cette faune sauvage, Raymond Furlotte se sent particulièrement bien.Il ronronne.Sa production est débordante.Sa créativité foisonnante.«La partie la plus excitante de mon travail est de trouver des jumelages», sourit Furlotte.L\u2019artiste québécois se délecte d\u2019une technique artistique qui consiste à réunir sur une même toile des éléments qui n\u2019ont rien à voir entre eux de prime abord.Une poule qui se dispute avec un militaire, un tigre qui porte sur son dos une danseuse de ballet\u2026 Les exemples ne manquent pas.«Je n\u2019invente rien, je mets ensemble des éléments qui sont déjà là», explique-t-il.Et soudain, le tableau prend un sens.La confrontation de mondes opposés fait naître un message, provoque une émotion.Que se passerait-il si les lions se nourrissaient de hamburgers?«Chaque tableau est comme une petite fable de La Fontaine», explique Raymond Furlotte.Une fable contemporaine qui cache souvent un regard acide sur la société.Que se passerait-il si les lions se nourrissaient de hamburgers?C\u2019est la question que pose le tableau intitulé Je suis malade.Au milieu du ventre de l\u2019animal, on peut voir un sandwich non digéré.Un message difficile à avaler pour les amateurs de fast food.Peintre engagé, Furlotte joue avec les contradictions et pousse le spectateur à s\u2019interroger.«J\u2019aime que ce soit le spectateur qui ait le dernier mot», précise-t-il.Face aux inégalités sociales, il bondit.Les écarts de richesse le font rugir.Sur un tableau : un cardinal richement vêtu, assis confortablement sur un trône, semble ignorer un enfant debout et malheureux.Furlotte confronte avec violence les réalités du monde et n\u2019à pas peur de choquer.Rien n\u2019arrête cet artiste autodidacte, qui a grandi sur la côte acadienne.Sans mesure, il exploite les anachronismes et cultive le goût du paradoxe.À une autre époque, il aurait pu faire partie du mouvement dadaïste.Ses maîtres dans le domaine sont Magritte et Dali.«J\u2019aime la peinture qui flotte, quand on a l\u2019impression qu\u2019elle va sortir du tableau», confie Raymond Furlotte, qui se considère comme «le petit rejeton du surréalisme».Depuis qu\u2019il est tout petit, l\u2019art est son dada.«Je suis né artiste.Dès l\u2019âge de cinq ans, je dessinais, je construisais, je taillais des tissus.» Depuis, rien n\u2019a changé.Furlotte, à 48 ans, découpe toujours tout ce qui lui tombe sous la main.Pour sa prochaine exposition, il a entrepris de tailler et de tricoter pas moins de 200 jeans.Depuis 2001, date à laquelle il a laissé son métier de décorateur de cinéma pour se consacrer à son art, les commandes se sont multipliées.Les expositions se succèdent à Montréal, New York et en Europe.Le succès est au rendez-vous, mais Raymond Furlotte aime cultiver sa différence.«Quand, dans les expositions collectives, on me met à l\u2019écart des autres artistes, c\u2019est le bonheur.» Faute de pouvoir classer son art dans une catégorie, on l\u2019installe à part.Tout simplement.Marc Ollivier Stagiaire à la rédaction Raymond Furlotte, artiste surréaliste Quand on entre chez lui, on a l\u2019impression d\u2019entrer dans un zoo.Les animaux qui composent ses tableaux attendent sagement, suspendus dans leur cage dorée.Un flamant rose en baskets, un éléphant avec des bananes en guise de défenses, un chat qui porte une couronne de diamants\u2026 Raymond Furlotte, artiste surréaliste, célèbre le règne animal.Au milieu d\u2019une jungle d\u2019animaux, il suit son instinct.L\u2019art, c\u2019est son dada Photo : Marc Ollivier \u0001\u0001\u0001 Pour se procurer les oeuvres de Raymond Furlotte: www.furlotte.net MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 27 L\u2019ITINÉRAIRE seulement 30% de chances de guérir.» En plus, je me disais que je ne pouvais pas avoir tous ces effets secondaires désagréables auxquels j\u2019avais fait face à plusieurs moments de ma vie avec les trithérapies et les quadrithérapies pour lutter contre le VIH.Je me suis même dit que ça ne pouvait pas être pire que les gens qui subissent une chimiothérapie contre le cancer! Erreur de ma part: les quatre premiers mois du traitement, j\u2019ai souffert comme jamais! Seulement après deux semaines de traitement, l\u2019anémie s\u2019est manifestée et a provoqué des étourdissements et un épuisement total.Après les heures qui suivaient mon injection hebdomadaire à l\u2019interféron, j\u2019ai ressenti des frissons, des migraines, une baisse d\u2019énergie radicale et durable, en plus d\u2019avoir mal aux os et aux muscles.Après six semaines, j\u2019avais perdu 13 kilos.Pour moi qui suis si dynamique, le plus dur était la frustration et l\u2019impuissance devant tous ces effets secondaires.Mais le pire m\u2019attendait au niveau psychologique : impossible de me concentrer et insomnies envahissantes.Une très grande irritabilité accompagnée d\u2019intolérance m\u2019ont cantonné dans un isolement.Même quand j\u2019étais seul, je me sentais de trop.Je me tombais sur les nerfs! Vous pouvez imaginer combien les autres pouvaient me tomber sur les neurones! Dans les pires moments, j\u2019ai consommé pendant quelques semaines, car je ne savais plus quoi faire pour «geler» le mal, la souffrance et surtout l\u2019incompréhension que j\u2019avais de ma personne\u2026J\u2019étais dans le néant! Intervenants, médecin, amis et clients me bousculaient de conseils.Tout se mêlait dans ma tête.Je souffrais et je me demandais pourquoi j\u2019endurais tout ça, alors que j\u2019étais en pleine forme avant mon traitement.J\u2019ai finalement réussi à me ressaisir.Je n\u2019avais quand même pas bavé à ce point pour me dégonfler et tout lâcher ! «Tu vas continuer à foncer, mon gars!»\u2026 Pas facile à faire, mais je l\u2019ai fait et je continue à le faire! Après la tempête, le beau temps À force de persévérer et de me battre, les bons résultats ont fini par arriver et mes efforts ont été récompensés.Je n\u2019avais plus de trace du virus dans le sang et dans le foie.Cela voulait dire que la deuxième partie de mon traitement serait moins pénible et plus encourageante que la première.La lutte n\u2019est certes pas terminée.C\u2019est seulement après 48 semaines que je vais savoir si le traitement est vraiment efficace.J\u2019ai une chance sur cinq de guérir.Autre bonne nouvelle : je subis de moins en moins les effets secondaires de la médication.Je vous donnerai des nouvelles dans quelques mois! En attendant, je veux remercier tous ceux qui m\u2019ont aidé, encouragé à leurs façons, et qui ont eu de la compassion et de la compréhension à mon égard.Un très gros merci\u2026 C\u2019est quoi ça souffrir pour guérir?C\u2019était toutes les réponses à vos questions! L\u2019ITINÉRAIRE 28 MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 Programme DEVENIR Mesure d\u2019insertion sociale d\u2019une durée de 1 an Ministère de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale L\u2019Itinéraire recherche 15 bénéficiaires de la Sécurité du revenu âgés entre 18 et 30 ans pour le 3e OEil MagDVD et 5 autres personnes de tout âge pour diverses tâches.Information: Jocelyne Sénécal, 514 597-0238 poste 230 jocelyne.senecal@itineraire.ca Conditions : 10 h/sem les 6 premiers mois et 20 h/sem les 6 derniers mois 130 $ par mois plus le transport Information: Jocelyne Sénécal, 514 597-0238 poste 230 jocelyne.senecal@itineraire.ca Postez le tout à l'adresse suivante : Abonnement à L\u2019Itinéraire 2103 Ste-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Information : (514) 597-0238 poste 226 Coordonnées \u0001Mme \u0001M.Prénom ___________________________________________ Nom _____________________________________________ Entreprise _________________________________________ Adresse ___________________________________________ __________________________________________________ Code postal _____________Tél.( ___ )________________ Courriel___________________________________________ Mon abonnement débute en ______________ _______ Mode de paiement \u0001Chèque ou mandat à l\u2019ordre du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire \u0001 VISA ___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___ Expiration ___ /____ \u000112 mois (24 numéros) = 48 $ \u0001 6 mois (12 numéros) = 24 $ \u0001J\u2019ajoute un don de soutien de ________$ 1 1Reçu de charité posté au début de l\u2019année suivante Abonnement proposé par le camelot: __________________ Nom du camelot mois année mois année 15 jan.2007 SOLUTION du SUDOKU de la page 30 Le Café sur la rue a besoin de jeux de société (complets) pour divertir les personnes de la rue. MONTRÉAL, 15 JANVIER 2007 29 L\u2019ITINÉRAIRE Fini l\u2019art réservé aux nantis.Depuis qu\u2019elle a connu l\u2019Artothèque, il y a quatre ans, Chantal Fournier ne peut plus s\u2019en passer.Visiblement envoûtée par les formes et les couleurs qui tapissent sa demeure, elle a développé une véritable dépendance envers cette petite «mine d\u2019arts».«Au-delà de l\u2019esthétique, chaque toile me parle et me nourrit l\u2019âme.» Si elle ne désirait au départ qu\u2019enjoliver les murs de son appartement, elle ne peut désormais plus vivre sans ces oeuvres.Selon elle, l\u2019art est une émotion enivrante.L\u2019art lui permet de rester bien vivante.Mais Chantal ne s\u2019arrête pas là pour vanter les mérites de l\u2019Artothèque.Elle insiste également sur le rapport humain qu\u2019elle entretient avec les employés et les bénévoles qui y travaillent.«Au fils des ans, ils apprennent à me connaître et me guident de mieux en mieux quand vient le temps de choisir.Calligraphie chinoise, art moderne ou peinture abstraite, ce n\u2019est pas toujours évident de faire un choix éclairé.Ils prennent le temps nécessaire, parfois de longues heures s\u2019il le faut, en respectant mes goûts et, surtout, sans jamais me juger.» L\u2019Artothèque est une entreprise d\u2019économie sociale issue de la Fondation des arts et des métiers d\u2019art du Québec où l\u2019on peut louer une oeuvre d\u2019art à partir d\u2019un dollar cinquante par moins pour une période minimale de trois mois.Son mandat : rendre l\u2019art accessible à tous et permettre aux artistes de se faire connaître.Un concept simple, convivial et abordable.Fort heureusement, l\u2019Artothèque ne garde pas tous ses trésors pour elle et permet à d\u2019autres organismes d\u2019en profiter.C\u2019est le cas notamment de l\u2019exposition à venir de La rue des femmes, organisme qui utilise l\u2019artthérapie pour venir en aide aux femmes itinérantes ou en difficulté.En bénéficiant ainsi d\u2019un espace et d\u2019une visibilité sans pareil, ces femmes font preuve de leur démarche de création en exposant leurs propres oeuvres.Peut-on vivre «d\u2019art et d\u2019eau fraîche»?C\u2019est bien tout cela, mais on peut se demander si l\u2019art est réellement essentiel dans notre société, surtout lorsqu\u2019on peine à joindre les deux bouts.À cette question certes légitime, Mme Pelletier, conservatrice et directrice artistique de l\u2019Artothèque, réagit vivement en renvoyant la question : «Que serionsnous aujourd\u2019hui sans l\u2019architecture des civilisations anciennes?» L\u2019art est la mémoire de l\u2019humanité et seuls ses vestiges perdurent dans le temps.L\u2019art fait partie intégrante de la charpente sociale.Selon Lise Gautier, artiste engagée et membre de l\u2019Artothèque depuis 1997, intégrer l\u2019art dans sa vie est un besoin aussi élémentaire que celui de s\u2019exprimer et de se positionner face à son environnement.«Faire de l\u2019art est un travail de réflexion qui frôle la philosophie.C\u2019est également prétendre que notre vision peut intéresser.Ça permet le progrès!» L\u2019Art a autant de définitions et d\u2019utilités qu\u2019on veut bien lui accorder.Pour Chantal Fournier, c\u2019est entre autres une façon efficace de se réconcilier avec les difficultés de la vie, en toute simplicité.\u0001\u0001\u0001 Pour plus d\u2019informations: www.artotheque.ca \u2013 5720, rue Saint-André, à deux pas du métro Rosemont De gauche à droite : Madeleine David (artiste engagée et bénévole), Marjolaine Labelle (stagiaire) et Julie Dagenais (étudiante en en histoire de l\u2019art) travaillent toutes les trois dans la «mine d\u2019arts» de l\u2019Artothèque.Un musée dans votre salon Vous aimez l\u2019art, mais vous n\u2019avez pas les moyens financiers d\u2019acheter des oeuvres?Sachez qu\u2019il vous est possible de transformer votre demeure en véritable galerie d\u2019art pour seulement quelques dollars.À l\u2019Artothèque de Montréal, des gens passionnés essaient corps et âme de vous faire vivre une expérience visuelle unique en son genre dans le confort de votre salon.Lucie Poulin Photo : Lucie Poulin Coordonnées \u0001Mme\u0001M.Prénom _____________________________________________ Nom _______________________________________________ Entreprise ____________________________________ No et rue/app.________________________________________ Ville _____________________Code postal _________________ Tél.( ____ )___________________________ Courriel _____________________________________________ Je désire faire un don de __________$ Mode de paiement \u0001Chèque ou mandat à l\u2019ordre du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire \u0001VISA ___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___I___ No de la carte Expiration _____ /_____ mois année Postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Ste-Catherine Est, Montréal (QC) H2K 2H9 No de charité 13648 4219 RR 0001 *Reçus postés au début de 2007 15 jan.2007 En 1994, je survivais pour la xième fois entre les tourniquets de ma vie d\u2019errance : celui de la rue, celui de la prison, celui des centres de désintoxication et celui des centres d\u2019hébergement.Lors de mon dernier séjour en centre d\u2019hébergement, j\u2019avais écrit un petit texte sur une napkin, intitulé Ère-rance.C\u2019est alors qu\u2019on m\u2019invite à me présenter au journal L\u2019Itinéraire afin de montrer mon p\u2019tit texte au rédacteur en chef, Serge Lareault.Le lendemain, je traîne ma carcasse de 100 livres de souffrance sur mes deux pieds ampoulés jusqu\u2019à L\u2019Itinéraire.À ma grande surprise, Serge accepte mon texte.J\u2019en suis tellement heureuse, moi, qui rêvais de devenir journaliste! Depuis, je me plais à dire que ma chronique dans le journal, c\u2019est ma cure de désintoxication.Lorsque vous, lecteurs et lectrices, me parlez de ce que j\u2019ai écrit, c\u2019est en quelque sorte ma récompense.Bref, avec L\u2019Itinéraire, je suis passée du statut de pauvre et inconnue à celui de pauvre et célèbre! Lorsque j\u2019ai trouvé mon p\u2019tit deux et demi à Ahunstic, je n\u2019avais pas une cenne et aucune carte d\u2019identité.L\u2019Itinéraire m\u2019a permis d\u2019acquérir une stabilité résidentielle.En effet, ça fait 10 ans que j\u2019occupe mon oasis de paix situé en campagne urbaine.Vos dons peuvent faire toute la différence.Ils nous aident à continuer à nous réinsérer dans la société.Véritable travail, vendre L\u2019Itinéraire est également une alternative à la mendicité et à la réduction des méfaits.Il est également possible de faire votre don en ligne à www.itineraire.ca "]
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