L'itinéraire, 1 janvier 2006, samedi 15 juillet 2006
[" Bénévoles recherchés pour ce nouveau projet vidéo d'aide destiné aux jeunes de 18-30 ans qui désirent créer et se revaloriser.Infographistes, animateurs graphistes, vidéastes, techniciens en montage.Si vous avez du temps à donner pour travailler avec des jeunes à des projets vidéo, Contactez Bryan Dionne au (514) 597-0238 poste 224 ou à bryan.dionne@itineraire.ca Vous avez des projets cinématographiques réalisés que vous aimeriez partager avec le grand publie?Faites-nous les parvenir et notre équipe du 3e œil MagDVD se chargera d'en évaluer le potentiel.Vous pourriez courrir la chance de faire partie de la première édition.ou la deuxième M El L CIRQUE DU SOLEI ÉI L'Itinéraire offre aux bénéficiaires de l'aide sociale des places d'aide-cuisinier (ère) au Café sur la rue dans le cadre de la mesure d'insertion sociale.Places à combler : ® Aide à la préparation des repas et service à la clientèle ® Plongeur/Plongeuse Pour être admissible, vous devez : ® Être bénéficiaire de l'assistance-emploi ® Être disponible 20 heures par semaine Vous recevrez : ® 120 S de plus par mois de l'assistance-emploi et, dans certains cas, une indemnité de déplacement.Information: Jocelyne Sénécal, 597-0238 poste 230 BEN L'Itinéraire est à la recherche de bénévoles: Aide-cuisinier, plombier, entretien général et personnes avec véhicule c Pour plus d'information : Jocelyne Sénécal, (514) 597-0238, poste 230.5 Merci à notre donatrice anonyme pour avoir procuré au Café sur la rue un nouveau micro-onde qui nous permettra de cuisiner plus efficassement Une 83% de notre lectorat a une meilleure opinion des entreprises et organismes qui annoncent dans \\lltinéraire.35 000 lectrices et lecteurs par numéro remarquent une publicité socialement responsable.225 000 Montréalais par année Pour plus d'information Serge Lareault 514597-0238 poste 228 publicite@itineraire.ca ; Sondage effectué en février 2004 par te groupe Helyum (HEC).à Plus de détails en page 6 MONTREAL, 15 JUILLET 2006 3 L'ITINÉRAIRE ___E-TROTTi Nouvelles internationales provenant des journaux de ïï Biss, Les journaux de rue doivent être transparents « Marc Ollivier Stagiaire à la rédaction Le rire, la honte, la colère, la concentration.Voici quelques exemples de sujets traités par le journal de rue allemand Biss.Loin de s'ancrer dans le traitement des problèmes liés uniquement à l'itinérance, le journal propose chaque mois une réflexion différente qui nous touche tous.Munich fait partie des villes allemandes dont la force économique et la qualité de la vie sont les plus élevées d'Europe.Avec un taux de chômage faible (moins de 10% alors que d'autres ville allemandes ont un taux de chômage supérieur à 30 %), et beaucoup d'entreprises internationales, Munich n'abrite pas un nombre très important d'itinérants par rapport aux autres métropoles européennes.Environ 600 sans-abri vivent à Munich.La troisième plus grande ville d'Allemagne compte 1,3 millions d'habitants.Dans ce contexte, le journal de rue Biss propose des réflexions qui touchent tous les êtres humains : nos comportements, nos émotions face aux situations de la vie.Transparence Biss est le plus vieux journal de rue allemand.Sa première parution date de 1993.Initialement bimensuel, il est tiré » actuellement chaque mois à 40 000 exemplaires.Les mot d'ordre du journal sont : « Les vendeurs d'abord » et « Transparence ».C'est essentiel pour nous que les livres du journal soient transparents et facilement consultables par ceux qui le souhaitent », explique Hildegard Denninger, directrice.Biss s'autofinance entièrement grâce à la vente des journaux et la publicité.Ces revenus couvrent les coûts de production du magazine, les dépenses professionnelles, les frais de fonctionnement et les salaires.Les donations sont directement réinvesties dans les programmes de réintégration des vendeurs en difficulté sociale, dans la société.Cela passe notamment par la recherche d'un travail permanent pour les vendeurs.On aide aussi les vendeurs à trouver un appartement équipé, une éducation et une protection santé.Le journal compte aujourd'hui 120 vendeurs et 35 ont un contrat avec Biss.Vos commentaires et opinions www.itineraire.ca L'ITINÉRAIRE 4 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 r Pour un sens à la vie ! 91,3 fm Montréal 257 500 91,3 fm Montréal Radio Ville-Marie Une programmation de très grande qualité! INFORMER \u2022 ÉDUQUER \u2022 DIVERTIR Tout un monde à découvrir! INFORMATION \u2022 RÉFLEXION \u2022 SPIRITUALITÉ \u2022 SOCIÉTÉ MUSIQUE 100,3 f m Sherbrooke \u2022 89,9 fm Trots-Rivières \u2022 89,3fmVictorîaviile 4020, rue Saint-Ambroise, suite 199 Montréal QC H4C2C7 Tél.: (514) 382-3913 Ext Sans Irais 1-877-668-6601 www.radiovm.com 0PERATI0NM0NTREAL.NET Ville-Marie Montréal Deux comptoirs Accès Ville-Marie pour mieux vous servir Pour accéder aux programmes, aux activités et aux services offerts par l'arrondissement de Ville-Marie Bureau d'arrondissement 888, bout.De Maisonneuve Est, 5' étage Montréal (Québec) H2L 4S8 El Berri-UQÀM Hôtel de ville 275, rue Notre-Dame Est Montréal (Québec) H2Y1C6 eu Champ-de-Mars Les comptoirs sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 sans interruption Téléphone : 514.872.6395 www.vitle.montreat.qc.ca/viilernarie ntolérance (&STM.info MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 5 L'ITINÉRAIRE Actualité Globe-trottoir Édito Macadam Entrevue avec Chloé Sainte-Marie Abri International Conséquences du blâme de l'ONU 4 7 11 14 16 25 Chroniques Mots de camelots 8,21 et22 Santé/Bien-être 12 Philosophe errant 18 Pauvreté 19 Sudoku 24 ?12 mois (24 numéros) =48$ 6 mois (12 numéros) =24$ Q J'ajoute un don de soutien de_ Coordonnées ?Mme ?M.Prénom__ Nom__ Adresse_ Code postal Courriel_ Tél.(_)_ Mon abonnement débute en_ \u201e , .mois Mode de paiement ?Chèque ou mandat à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire ?VISA année J_I I J_I_I_I_I_I_I_I_I_I I Expiration_/_ mois année Abonnement proposé par le camelot: Nom du camelot 'Reçu de chanté posté au début de l'année suivante Postez le tout à l'adresse suivante : Abonnement à [.Itinéraire 2103 Ste-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Information : (514) 597-0238 poste 226 15 juillet 2006 L'ITINÉRAIRE 6 Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.A cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en ma|onté par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Pour chaque numéro vendu 2$, 1 $ revient directement au camelot Les profits de L'Itinéraire servent à financer les projets d'entraide de l'organisme.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le (514) 597-0238, poste 230.L'Itinéraire est appuyé Financièrement par LES ŒUVRES DU CARDINAL LÉGER Convention de la Poste-publications No 40910015 No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Groupe communautaire L'Itinéraire, 2103, rue Ste-Catherine Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Canada L'Itinéraire est membre de : AMEOm Rédaction et administration \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 3e étage Montréal (Qc) H2K 2H9 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Catherine Est L'Espace Internet \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphone : (514) 597-0238 Télécopieur: (514) 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site : www.itineraire.ca Le Magazine L'Itinéraire \u2022 Éditeur et directeur général : Serge Lareault \u2022 Adjoint à l'éditeur : Jean-François Ouellon \u2022 Rédactrice en chef : Audrey Coté \u2022 Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary \u2022 Stagiaire à la rédaction : Marc Ollivier \u2022 Infographiste : Serge Cloutier \u2022 Couverture : Serge Cloutier \u2022 Photo de ouverture : Marc Ollivier \u2022 Révision : André Martin, Jean-Paul Baril, Lorraine Boulais, Hélène Paquet, Sylvie Martin, Isabelle Provost, Sophie Desjardins, Murielle Chatelier et Edith Verreault \u2022 Concepteur du site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com - Conseillers publicitaires : Renée Lanvière et Mario St-Pierre \u2022 Imprimeur : Québécor World ¦ Représentants des camelots : Cabnel Bissonnette, Robert Dion, André Canuel \u2022 Intervenante : Isabelle Bessette Le Croupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Le Conseil d'administration \u2022 Président : Robert Beaupré \u2022 Vice- président : Jean-Paul Baril \u2022 Trésorier : Martin Gauthier \u2022 Secrétaire : André Martin \u2022 Conseillers : Audrey Coté (rep.employés), Gabriel Bissonnette (rep.camelots), CyMe Gmgras, Hector Daigle et Richard Hétu L'administration \u2022 Directeur général : Serge Lareault \u2022 Directrice des ressources humaines et de l'insertion sociale : Jocelyne Sénécal \u2022 Directrice administrative: Geneviève Lussier \u2022 Adjoint à l'administration : Eduardo Moreno \u2022 Coordonnâtes au développement : Benoit Racette \u2022 Comptabilité : Manon Savana, CMA Distribution \u2022 Agent de développement : Stéphane Lefebvre Café sur la rue \u2022 Cuisinière en chef et coordonatrice : Lorraine Krupa 3- Œil Mag DVD \u2022 Coordonnâtes de production : Bryan Dionne \u2022 Réalisateur- coordonnâtes : Olivier D.Asselm A^DA Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue L'Itinéraire est entièrement recyclable et fait de papier recyclé Attention aux fraudeurs: personne n'est autorisé à solliciter de porte en porte ou dans les commerces des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.MONTRÉAL.15 JUILLET 2006 Audrey Coté MEF'\"*\" M e^PMIH fp*.jffifa, Rédactrice en chef r.f fi S audrey.cote(Sjitineraire.ca 1.H Québec refuse la gratuité des médicaments aux plus pauvres Lutte à la pauvreté ou lutte aux pauvres?Il y a des redites nécessaires en matière de lutte contre la pauvreté.Surtout lorsqu'il s'agit de mettre en lumière la face cachée des mesures gouvernementales, qui concernent les moins nantis d'entre tous.Ceux dont les arguments, confrontés à la machine des communications du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, font difficilement le poids dans la balance médiatique et l'opinion publique.Des organismes tels le Collectif pour un Québec sans pauvreté et le Front commun des personnes assistées sociales (FCPASQ) luttent pour obtenir le rétablissement de la gratuité des médicaments aux plus vulnérables de notre société.Pour les défenseurs des droits des plus pauvres, il s'agit là d'un mépris flagrant à l'égard des plus pauvres, voire d'une inconscience pernicieuse qui coûtera de toute façon plus cher en services de santé : au bout du compte, les maladies mal soignées dégénèrent et coûtent plus cher à l'État Le 21 juin dernier, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale a publié son nouveau projet de règlement concernant l'aide sociale.De fait, ce nouveau projet a pour objectif de concrétiser la Loi 57 sur l'aide aux personnes et aux familles, adoptée l'an dernier pour remplacer la loi sur l'assistance-emploi.Tout d'abord, le gouvernement annonce de « nouvelles mesures, pour un total de 12,3 M $ supplémentaires, visant à soutenir les plus démunis »'.Selon le Front commun des personnes assistées sociales (FCPASQ), ce nouveau projet de règlement ne constitue pas un gain dans la mesure où les 12, 3 M $ répartis sur cinq ans ne représentent pas un nouvel investissement, mais une redite de ce qui avait déjà été prévu dans le Plan d'action gouvernemental en matière de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, adopté en avril 2004.Ainsi, il n'y a aucun argent neuf et on subdivise sans fin les pointes d'une tarte qui n'est jamais plus grosse, malgré ce qu'on essaie de faire croire.Par exemple, l'ensemble des mesures annoncées privilégie un assouplissement des règles concernant les avoirs (voiture, maison, REÉR, etc.) des bénéficiaires, mais rien n'est prévu pour indexer pleinement leurs prestations, conformément au taux d'inflation de 2,43%.2 Le gouvernement aligne sa politique pour rendre les assistés sociaux encore plus démunis en leur refusant l'indexation selon le taux d'inflation.Comme un malheur n'arrive jamais seul au ministère de l'Emploi et de la Solidarité (?) sociale, on en rajoute en rendant plus difficile l'accès des bénéficiaires de l'aide sociale aux médicaments.Les personnes âgées et celles qui ont des contraintes sévères à l'emploi ont accès gratuitement aux médicaments.Mais les assistés sociaux «jugés» aptes au travail n'ont pas droit à la gratuité.Pour le gouvernement du Québec, la nouveauté sera d'offrir la gratuité des médicaments pendant six mois aux assistés sociaux qui retourneront sur le marché de l'emploi.Or, toujours selon le FCPASQ, en accentuant les distinctions fondées sur l'arbitraire des contraintes à l'emploi ou sur l'âge, le ministère se contente d'étiqueter les pauvres en « méritants » et « non méritants ».Ainsi, on enlèvera aux mauvais pauvres pour donner aux bons pauvres.Les mauvais pauvres étant bien sûr les méchants « BS » qui « devraient travailler » et qui ne le font pas.Voilà comment l'on traite les pauvres au Québec.Quand l'ONU blâme le Canada pour l'accroissement de la pauvreté et la diminution de l'aide, il est étrange de constater comment le silence se fait d'or à Québec.Utiliser la santé comme une arme incitative au retour à l'emploi relève d'un manque de vision qui appauvrit toute une société et la précipite dans un gouffre social.Le projet de règlement du gouvernement inquiète au plus haut point les représentants d'organismes de défense des assistées sociaux.D'autant plus que le dépôt du projet s'est fait sans études d'impacts, contrevenant ainsi à la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.Le ministère de l'Emploi et de la solidarité sociale a donc manqué à l'obligation prescrite par la loi d'analyser les répercussions qu'auront les nouvelles mesures du projet sur les revenus des personnes et familles pauvres.Plutôt méprisante, tout de même, cette façon qu'a ce ministère de passer outre la loi et d'éviter ainsi d'analyser les conséquences de ses gestes sur les plus vulnérables de ses citoyens.Enfin, ayant déjà défini les mesures de son nouveau projet sans consulter au préalable les groupes de défense des assistés sociaux, le ministère leur donne maintenant jusqu'au 18 septembre prochain pour exprimer leur point de vue.Comme c'est le cas depuis 2003, les consultations publiques très tardives ne semblent qu'être du fard pour nos dirigeants politiques.Peut-on réellement espérer que les représentants du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale fassent preuve d'une réelle ouverture et garantissent la couverture des besoins essentiels pour tous les assistés sociaux du Québec?D'après le communiqué émis par le Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Québec, 21 juin 2006.2 Rappelons que depuis le 1er janvier dernier, les prestations des assistés sociaux n'ont été indexées que de moitié, soit à 1,21 %.MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 7 L'ITINÉRAIRE DE CAMELOTS Mario LeCouffe Camelot, Saint-André/Roy lecouffem(S)yahoo.ca Amnésie immédiate La souffrance est une pluie sournoise, elle frappe comme un souvenir bêtement oublié.Aux nouveaux itinérants qui prennent la rue comme d'autres se paient un voyage à Paris, je dirais : « Souvenez-vous des soleils ardents, des voyages de l'inconscient, sans souci de la main policière».Je les inviterais à se défaire ne serait-ce qu'une heure de leurs habits de « clodo ».Retrouver le plaisir de vivre ne devrait pas être qu'une illusion, qu'un vœu pieux lancé l'espace d'un moment.Vivre devrait le plus souvent possible ressembler à « notre » bonheur, sans tenir compte de celui des autres.Non pas par égoïsme, mais parce qu'on y a droit.Oublier qu'on souffre est-il donc si abject ?Se rapprocher de la vie lorsqu'on a mal, c'est oublier pour un moment les orages de nos ciels, c'est forcer la vie à marcher au pas, c'est dire au passant: «L'Itinéraire de juin, joie et réconfort! ».La souffrance est une pluie sournoise, oui, mais si elle ne trouve pas sur qui tomber, elle ne vous touchera pas.L'amnésie immédiate est un voyage vers le bonheur.Hélène Ouellette Camelot, av.de Bordeaux/du Mont-Royal Les dents amères Hector Daigle Camelot, métro Pie-IX Vos visages parlent d'eux-mêmes Je suis très sensible aux gens qui m'entourent.Ceux qui me croisent tous les jours dans le métro ne me connaissent peut-être pas, mais je suis attentif à leurs expressions.Certains visages expriment le bonheur et d'autres, non.Quand ils s'arrêtent et prennent le temps de discuter avec moi, certains cherchent le réconfort ou souhaitent simplement partager leur bonheur avec moi.J'aime partager avec les gens, et je suis sensible à toutes les situations.Si je me lève le matin et que je passe ma journée à ne rien faire, j'ai le sentiment de perdre mon temps.Selon moi, nous ne devons pas gaspiller notre temps en ignorant ceux et celles qui vivent autour de nous.Moi, j'utilise mon temps à essayer d'aider les autres, à leur donner un peu d'espoir et le goût de vivre.Rien n'est acquis, car chacun part un jour ou un autre.En partant, nous laissons une trace derrière nous, dont nous sommes responsables.Je voudrais quitter ce monde en laissant une lueur d'espoir pour tous ceux qui m'entourent.Ensemble, nous construisons le monde de demain et nous devons en être conscients.Si nous voulons que ce monde soit meilleur, chacun doit faire sa part, et c'est souvent gratuit.En faisant cela, des joies immenses nous attendent.Nous devons être attentifs aux belles possibilités qui s'offrent à nous, car ce sont elles qui nous rendent plus forts.Allons tous de l'avant.Vous êtes tous formidables! Le gouvernement du Québec ne s'est jamais préoccupé de la santé dentaire de la population.Les pauvres de ma génération se sont contentés d'un beau dentier vers l'âge de 20 ans.Ben oui! Finis les maux de dents et, surtout, c'est réglé financièrement une bonne fois pour toute, faute d'argent pour payer des soins à plus long terme! Qu'en est-il aujourd'hui ?Malgré la sensibilisation de la population à la santé des dents, notre société et ses dentistes (je n'ai jamais vu une manifestation de dentistes ou de lobbys réclamant au gouvernement la santé dentaire pour tous et toutes!), ce manque de volonté sociale fait régresser le peu d'acquis que nous avons.En effet, les enfants, selon leur âge, ont maintenant moins accès aux soins dentaires, et comme toujours, les dentistes sont en droit de refuser de soigner les assistés sociaux.N'oublions pas le coût de plus en plus exorbitant de ces soins.Bref, ces derniers sont seulement accessibles aux personnes qui ont du fric.De plus, il est si complexe pour les dentistes au Québec de se faire rembourser les frais dentaires engagés par des personnes sur le BS, qu'ils en viennent à refuser de traiter les pauvres.Personnellement, j'ai reçu pendant 15 ans des soins de base dans un cabinet dentaire, mais lors de ma dégringolade financière, j'ai compris : « Bye! ».Je me suis sentie trahie et négligée.J'ai le sourire moins facile, car je manque de confiance, avec des dents qui débarquent, elles aussi, après tant de soins payés de ma poche! Québec en santé ?Mais pour qui! L'ITINÉRAIRE 8 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 Juste un jeu.Savez-vous pourquoi on appelle ça «jouer» aux loteries vidéo?C'est parce que c'est d'abord et avant tout un jeu, un divertissement.Et c'est d'ailleurs comme ça que la plupart des gens pensent.Mais si vous n'êtes plus capable de passer devant une machine sans vider vos poches.là, ce n'est plus juste un jeu.Il existe de l'aide.Appelez.Vous n'avez rien à perdre, jeu : Aide et Référence 1 866 SOS-JEUX FONDATION une initiative de Loto-Québec mise-sur-toi.loto-quebec.com *v Of BLOC Réal Ménard Député Hochelaga 4036, rue Ontario Est Montréal (Québec) H1W 1T2 Téléphone: (514) 283-2655 Télécopieur: (514) 283-6485 CfBLOC T QUÉBÉCOIS CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont-La Petite-Patrie 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2C 1M5 Téléphone: (514) 729-5342 Télécopieur: (514) 729-5875 BLOC ftOïS Gilles Duceppe Chef du Bloc Québécois Député de Laurier-Sainte-Marie 1200, iue Rapneau, bureau 350 Monltéal (Québec) H2K 4R5 Téléphone: (514) 522-1339 Télécopieur: (514) 522-9899 f Plus de détails en page 6 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 9 L'ITINÉRAIRE à la portée des jeunes Dominique Fortier Stagiaire à la rédaction De l'écriture de scénario à la conception des marionnettes, en passant par les décors et la technique, voilà autant de volets créatifs que les jeunes du niveau primaire en difficulté d'apprentissage vivent grâce au projet Le théâtre à l'école du théâtre La Simagrée.L'atmosphère était festive en cette journée de représentation.Après 15 semaines de dur labeur, les jeunes de l'école primaire Notre-Dame-des-sept-Douleurs de l'arrondissement Verdun voyaient enfin leurs efforts récompensés.« Moi, ce que j'ai aimé le plus, c'est de créer les marionnettes », de lancer Emmanuel.« Moi j'avais des étourdissements tant j'étais nerveux, mais j'ai aimé l'expérience.Myriame, la responsable du projet, est vraiment gentille », lance un autre jeune de la troupe.selon elle, « Le théâtre à l'école » a été si bien accueilli : « Les écoles n'ont presque rien à faire.Les élèves conçoivent le spectacle de A à Z et la ville défraie leurs coûts.» Myriame Larose parle aussi du projet avec enthousiasme : « On apprend à écouter les jeunes, à les comprendre, à les motiver (.).Certains d'entre eux ont de la difficulté à s'exprimer clairement en temps normal et une fois sur scène, ils sont complètement transformés! » narofte) , nqcJotte (marotte) Jewyfer et *> tete de dois d fa ,, fee* I StU- iit-T1 « Le théâtre à l'école », mis sur pied en collaboration avec l'arrondissement de Verdun, se veut une initiative originale et motivante pour les jeunes qui, trop souvent, se cherchent des passions, des centres d'intérêt, des rêves.Le théâtre La Simagrée a vu le jour en 1992.La troupe est composée de comédiens/marionnettistes et d'enseignants professionnels en arts plastiques qui donnent divers ateliers et présentent différents spectacles destinés aux écoles aux garderies ainsi qu'aux particuliers.Depuis, les nouveaux projets ne cessent de s'accumuler.« Le théâtre à l'école », mis sur pied en collaboration avec l'arrondissement de Verdun, se veut une initiative originale et motivante pour les jeunes qui, trop souvent, se cherchent des passions, des centres d'intérêt, des rêves.Isabelle Gingras, directrice du Théâtre La Simagrée explique pourquoi, L'impact auprès des jeunes a été remarquable, selon la directrice de l'école, Sylvie Noël.« On sent une motivation accrue depuis la tenue du projet.Les élèves qui ont participé à l'activité sont plus enthousiastes en classe.Leur confiance a monté d'un cran.Ils ont adoré leur expérience.» Le projet Le théâtre à l'école a vu le jour cette année et a été présenté dans trois écoles de l'arrondissement Verdun.« On vise six écoles l'an prochain », ajoute Myriame.La fierté était d'ailleurs palpable avant et après le spectacle, quand on sait que les écoles qui participaient au projet se trouvent dans des milieux défavorisés.« L'école vient de monter de trois coches », s'est exclamé le maire suppléant de l'arrondissement de Verdun, Paul Beaupré.Motiver des jeunes en difficulté, leur faire prendre conscience de leurs capacités, leur faire vivre de nouvelles expériences enrichissantes, tant au plan intellectuel que social : voilà l'a raison d'être du théâtre La Simagrée.Le petit Emmanuel conclut : « C'était vraiment cool! J'espère qu'on va pouvoir le refaire l'an prochain! » ?Théâtre La Simagrée Téléphone : 514-762-2103 Site Internet : www.lasimagree.com L'ITINÉRAIRE 10 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 f MACADA^ vrac Un nouveau président au RAPSIM Le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) qui regroupe une soixantaine d'organismes a maintenant un nouveau président.Il s'agit de François Villemure, de l'Avenue Hébergement Jeunesse.« Je suis fier que les membres du CA me fasse confiance.Pour la prochaine année, nous aurons de nombreux défis à relever, notamment agir face à l'organisation du réseau de la santé pour maintenir l'autonomie des organimes communautaires, poursuivre la lutte à la judiciarisation des personnes marginalisées et suivre le dossier du soutien communautaire en logement », a déclaré le nouveau président.La présidence du RAPSIM est renouvelable chaque année.Outre M.Villemure, le nouveau conseil d'administration du RAPSIM est constitué de Micheline Cyr de l'Auberge Madeleine (vice-présidente), Serge Lareault de L'Itinéraire, Claire Thiboutot de Stella, Yvon Couillard de GEIPSI, Guy-Pierre Lévesque de Méta d'Âme et Michelle Courchesne de Dîners rencontre Saint-Louis-de Gonzague.i> y.Le nouveau conseil d'administration et le coordonnateur du RAPSIM, Pierre Gaudreault, ont tenu à souligner l'apport de la présidente sortante, Mme France Labelle, directrice du Refuge des jeunes.« Son année à la présidence a beaucoup contribué à faire connaître les enjeux de la judiciarisation, notamment parce qu'elle s'est mise à tenir un registre de toutes les contraventions des jeunes du Refuges », a témoigné le coordonnateur.France Labelle, présidente sortante du RAPSIM Le réseau d'aide www.rapsim.org x nots de chaleur u bams ^ t 11 ;jusqui dans bon nomb.e de nos I Ithermique urbain exacerbera la situation fvilles.Au cours des prochains mois, des périodes de chaleur j «accablante se produiront et nous feront apprécier toute l'importance f Ifdes arbres en milieu urbain.Nous vous invitons donc à verdir votre * '% milieu de vie et voire même à préparer un projet de plantation pour I \"° \"?006.Dans le cadre du projet de lutte aux îlots de \u2022 S de santé publique, la dernière période .l'automne ce de santé 7ametre pour une i » 'chaleur finance parage ^ .50 mm dd, ^ P t_ i \\{\\ pour obten^desjrbre^ ^ du J^^^ io tpcritoire de rarronaisbem^ coopératives » 11 I ' i 111 l'I'l i * iléii i I II]' Il j'j j Pour plus d'informations: Conseil régional de l'environnement de Mor .Gaumont ||es initiatives ae situation.Ensemble nous de verdure! pouvons changer les îlots de chaleur en îlots MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 11 L'ITINÉRAIRE /BIEN-ÊTRE La paix au cœur de soi Dominique Fortier Journaliste stagiaire Zen, calme, souriante, paisible : voilà quelques mots qui décrivent Kelsang Drenpa, qui enseigne et pratique le bouddhisme depuis maintenant une vingtaine d'années.Brève incursion dans le monde mystérieux et mythique de cette philosophie de vie qu'on appelle le bouddhisme.Kelsang Drenpa, enseignante principale du centre Kankala L'atmosphère est relaxante au centre Bouddhiste Kankala.On y entre tout en douceur, on enlève nos souliers et on pénètre dans cet univers où on y enseigne le dharma ou l'apaisement de l'esprit.Gen (enseignante) Drenpa nous dirige à travers cet ancien salon funéraire rénové et nous fait découvrir un mode de vie bien différent de ce qu'offre les autres religions connues.« Le bouddhisme est une philosophie; Bouddha conseille et propose des voies à suivre.Nous ne cherchons pas à convertir le plus de gens possible; nous n'essayons pas non plus de dénigrer les autres religions », d'ajouter Drenpa, toujours le sourire aux lèvres.Drenpa a 40 ans mais on pourrait facilement s'y méprendre.L'enseignante principale du centre Kankala en paraît 25 tout au plus; à croire que le bouddhisme lui va comme un gant.D'ailleurs, Drenpa a étudié pendant quelques années à une université bouddhique en Angleterre avant de fonder, à la demande du vénérable moine Guéshé Kelsang Gyatso, le centre de Montréal, qui compte parmi ses adeptes près de 500 personnes âgées entre 15 et 93 ans.« Le bouddhisme est pacifique et cherche à aider les gens à trouver une paix d'esprit par leurs réalisations intérieures.Le but est d'atteindre un état vertueux où transpirent des valeurs d'amour, de compassion et de partage », estime Drenpa.Les gens qui assistent aux séances de méditation et d'enseignement tentent de donner un sens à leur vie, éliminer le stress quotidien; bref prendre le temps de vivre pour soi en harmonie avec les autres.En ce qui a trait à la popularité du bouddhisme, Drenpa est d'avis qu'il y a une croissance d'intérêt, malgré le fait que certaines facettes de l'enseignement d'origine orientale prône des concepts moins familiers de ce côté-ci du globe, notamment la réincarnation.Par contre, le bouddhisme est très ouvert aux réalités d'aujourd'hui et ne condamne personne.L'ITINÉRAIRE 12 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 « Comme Bouddha est pour la vie, il est clair que nous n'encourageons pas l'avortement, mais nous ne condamnons pas les femmes qui subissent l'opération quand même.Quant à l'homosexualité, le bouddhisme a évolué et accepte que deux personnes de même sexe puissent vivre une relation saine malgré tout.» Et à quoi ressemble une séance de méditation ?C'est simple! On détend nos membres, on ferme les yeux, on évacue les distractions et on laisse notre âme s'imprégner de la pureté.La séance ressemble un peu à une activité de « Le bouddhisme est pacifique et cherche à aider les gens à trouver une paix d'esprit par leurs réalisations intérieures.» -Kelsang Drenpa, bouddhiste relaxation (bruits de vagues en moins) D'ailleurs, Daniel, qui participait à une période de méditation pour la première fois a trouvé l'expérience plutôt surprenante.« J'aurais cru que l'enseignante aurait parlé de bouddhisme pendant la séance, mais non! On avait plutôt l'impression qu'on écoutait une cassette de relaxation! » La méditation fait partie du bouddhisme, certes, mais si le désir d'en apprendre plus sur cette philosophie de vie sommeille en vous, le centre Kankala offre également des programmes d'études où il est possible d'étudier en profondeur six livres sur le bouddhisme.Toutefois, les études bouddhistes coûtent cher.Avis aux utopistes : il faut plus qu'une session de méditation pour atteindre le nirvana! ?Pour information : Tél.: 514-521-2529 Site web : www.kankala.org Choix de 3 services Internet selon vos besoins: > Internet Intermédiaire > Internet haute vitesse > Internet haute vitesse Extrême Abonnez-vous vite ! 1 88-VÏDEOTRON videotron.com VIDEOTRON ® QUEBECOR MEDIA MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 j 13 L'ITINÉRAIRE la rue Cest avec beaucoup de fébrilité que j'attendais Chloé Sainte-Marie pour ma première entrevue pour L'Itinéraire au café du Théâtre du Nouveau Monde.Soudain, j'aperçois la crinière flamboyante de la chanteuse : «Chloé! On est là!» Je l'interpelle comme si je la connaissais depuis toujours, lui tendant la main en me présentant Son regard est amical et doux et je me sens déjà toute petite dans mes souliers! D'emblée, je suis curieuse de savoir ce que représente la poésie québécoise pour celle qui la chante si bien, notamment sur son dernier album intitulé Parle-moi.« Nos poètes nous parlent, nous écrivent.Ils sont des visionnaires, des gens qui voient loin.La poésie de Gaston Miron et de Roland Giguère reflète ce que nous sommes en tant que Québécois.» Chloé Ste-Mane parle de notre poésie avec tout l'amour qu'elle porte aux poètes qu'elle chante.Elle est intarissable et moi, je bois ses paroles comme si je m'abreuvais à une fontaine de mots qui fait que le temps est suspendu.« C'est sûr que les thèmes sont toujours les mêmes, l'amour, la mort, la vie, l'angoisse, etc., mais c'est la façon de les dire et de les écrire qui fait que ça nous ressemble, que ça fait écho à notre culture et à notre bagage en tant que Québécois», m'explique-t-elle avec ferveur.Dans une entrevue précédente, Chloé a déjà déclaré que si elle osait écrire ce qu'elle vit, ce serait indécent.Intriguée par cette affirmation qui pourrait donner lieu à plusieurs interprétations, je la relance sur sa réserve à l'idée d'écrire ses propres chansons.Avant de me répondre, son regard vert se voile de tristesse.« Cest d'abord par pudeur.Je n'oserais pas me permettre d'écrire, car quand on chante les paroles de Roland Giguère, disons que la barre est très haute! Je ne suis pas écrivain.Je n'ai pas ce talent.Mon grand bonheur, c'est de lire et de chanter.Et puis, écrire, c'est une vocation, ça demande une réelle disponibilité », explique-t-elle.Gloire d'estime Tout en simplicité, Chloé n'a pourtant pas toujours eu la cote d'amour du public et n'a pas nécessairement été prise au sérieux par la communauté artistique.Sa relation amoureuse avec le réalisateur Gilles Carie, de 32 ans son aîné, n'a pas toujours été bien perçue.Or, maintenant qu'elle chante nos plus grands poètes et qu'elle est devenue la porte-parole des aidants naturels, Chloé Ste-Marie est entièrement reconnue et estimée, tant par le public que par ses pairs.Comment vit-elle cette nouvelle « gloire » ?J'ose aborder ce sujet délicat avec elle.Elle s'esclaffe : « Ben oui, on disait que j'étais la pitoune de Gilles Carie et après 24 ans, je suis toujours sa pitoune! » Plus sérieusement, elle poursuit : « Disons que je n'ai jamais eu trop conscience de ce que les gens pouvaient penser de L'ITINÉRAIRE 14 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 moi, car Gilles m'a protégée de ça.Il a été mon rempart de sécurité et aujourd'hui, c'est moi qui le protège.De toute façon, que l'on ait du succès ou non, il faut avoir quelqu'un sur qui compter afin de rester groundé, en contact avec l'essentiel de la vie.Je pense aussi que j'ai eu de la chance d'avoir quelqu'un comme Gilles qui m'a inspirée, guidée, aimée.C'est mon mentor et je lui dois beaucoup.» Les rôles se sont effectivement inversés entre Chloé et son bien-aimé Gilles Carie, atteint de la maladie de Parkinson.Malgré la gravité de son état, qui demande des soins 24 heures sur 24, Chloé a décidé de soigner Gilles à la maison.C'est ainsi que la chanteuse à la crinière de feu est devenue la porte-parole de près de 100 000 aidants naturels au Québec.Lorsque je lui demande si elle a l'impression d'avoir fait avancer politiquement la cause des aidants naturels depuis qu'elle clame haut et fort leur manque de ressources, la souffrance de la maladie de l'homme de sa vie se transpose dans son regard.Elle essuie une larme au coin de son œil avant qu'elle ne roule sur sa joue.« C'est sûr que je me sens responsable, car après mes spectacles, les gens viennent me voir pour me dire de ne pas lâcher et qu'ils sont avec nous, les aidants naturels.C'est une cause qui touche beaucoup les Québécois en général.Il y a eu une prise de conscience du milieu politique, mais ce n'est pas suffisant.Il n'y a rien de concret », affirme-t-elle.Au bord de la crise de nerfs Comme pour toutes les causes sociales, il est très difficile de faire comprendre aux politiciens que les belles paroles ne suffisent plus.C'est d'ailleurs ce que me confirme Chloé : «À l'heure actuelle, un aidant naturel a droit à seulement trois mois de prestations de chômage pour s'occuper d'une personne malade de son entourage.Il y a aussi un crédit d'impôt de 1 000 dollars, mais c'est ridicule quand on songe au coût de la vie et à tout le travail que ça représente de prendre soin d'un grand malade! » Mais Chloé n'a pas dit son dernier mot.Elle et plusieurs aidants naturels se préparent à ruer dans les brancards cet automne.« Il est grand temps que le gouvernement Québécois mette ses culottes et reconnaisse les soins à domicile au même titre que les CLSC ou les CHSLD.De plus, nous coûtons beaucoup moins cher et les malades sont plus heureux! Il faut que ça bouge, car on est tous au bord de la crise de nerfs! », me lance la vibrante et passionnée Chloé Ste-Marie.« Ben oui, on disait que j'étais la pitoune de Gilles Carie et après 24 ans, je suis toujours sa pitoune! » Je lui demande comment le fait de prendre soin d'un grand malade au jour le jour a pu changer sa perception de la vie.« C'est certain qu'on est moins naïve et insouciante.Quand on se retrouve avec une telle responsabilité, il faut l'assumer.» Même s'il y a des moments difficiles à vivre lorsqu'on prend soin d'un grand malade, elle confirme que c'est aussi très gratifiant.« Ça m'a recentrée sur l'essentiel, sur tous les petits bonheurs de la vie que je savoure plus qu'avant.Malgré tout, nous avons la même vie.Nous sortons et Gilles assiste à presque tous mes spectacles.Je pense que la vie doit continuer malgré la maladie et c'est ce que nous faisons le plus possible ».Je vous dis que son Gilles, c'est du sérieux : elle ne l'aime pas, elle l'adore! Pleine d'espoir en l'avenir, Chloé ira bientôt courtiser les Européens.« J'ai le désir que ma tournée Parle-moi fonctionne en France et en Belgique.Récemment, on a signé et j'espère que ça marchera.Et déjà, je pense au prochain album, j'ai hâte de le présenter au public! » C'est certain que ça fonctionnera pour elle là-bas, mais j'espère que nous la garderons avec nous le plus longtemps possible.Je la remercie pour sa générosité et lui fais la bise sur les deux joues : je n'étais pas pour laisser passer une pareille occasion! Ha! ha! ha! MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 15 L'ITINÉRAIRE e tour du monde > ¦ Habiter, c'est plus que se loger Stéphane Biais Avec le célèbre mont Kilimandjaro et la plus grande réserve faunique d'Afrique, le Kenya peut se vanter d'offrir certains des paysages les plus spectaculaires du monde.Le sol kenyan est l'un des plus fertiles d'Afrique, et c'est dans ce pays, considéré comme le berceau de l'humanité, que des archéologues ont trouvé, dans la célèbre vallée du Rift, les premiers vestiges de la présence humaine.Kibera est un quartier de Nairobi, la capitale du Kenya.En langue nubienne, kibera signifie forêt Pourtant en 2006, très peu d'arbres poussent sur le sol de Kibera.Ce sont plutôt des hommes qui y vivent beaucoup d'hommes, trop d'hommes, près de 800 000 âmes entassées sur trois kilomètres carrés.Dans ce quartier de Nairobi, les habitants sont soumis aux pires conditions de pauvreté, d'insalubrité, et de violence omniprésente.Vivre à Kibera, pour beaucoup de sans-abri, n'est pas un choix, mais plutôt la conséquence tragique de plusieurs années de dictature politique et du vol de leurs terres ancestrales par des gouvernements qui invoquent la nécessité de créer des infrastructures, des routes et des bureaux.Soixante pour cent de la population de Nairobi vit à Kibera, le plus grand des 143 bidonvilles d'Afrique.À Kibera, la violence est omniprésente.Dans ce bidonville, où 80% de la population gagne moins d'un dollar par jour, les pauvres se font la guerre.Les familles vivent entassées dans des cabanes construites avec des morceaux de carton et des bouts de bois, ramassés ici et là.La jeunesse qui grandit dans ce milieu se tourne de plus en plus vers la drogue la plus accessible et la plus populaire : la colle.La consommation de colle permet d'oublier la faim, ce qui n'est pas sans conséquence dans un milieu déjà accablé par la malnutrition.Ces jeunes, qui n'ont aucune confiance dans les autorités politiques, finissent par intégrer les rangs des bandes criminelles pour tenter de survivre.À Kibera, c'est la milice des Mungikis, véritable armée secrète, qui fait la loi dans le bidonville.Les Mungikis sont pour la plupart des jeunes déshérités qui ont été expulsés de leur école, faute de places.Leur famille s'est fait voler sa terre par le gouvernement, et ils n'ont pas de travail.Attaques de policiers, meurtres, trafic de drogue et arnaques de voyageurs dans les transports en commun sont les principaux moyens de subsistance de ces bandes armées, sans oublier l'extorsion et la perception illégale de loyers sur les baraques de fortune construites par les habitants.nécessaire afin qu'ils puissent assumer leur propre développement.Au Kenya, Abri International travaille en collaboration avec la National Co-operative Housing Union (NACHU) afin de reloger les familles expulsées de chez elles par les gouvernements.Marc Lamarche, président de la Fédération des coopératives d'habitation de l'île de Montréal (FÉCHIMM) s'est rendu dans les bidonvilles du Kenya afin de participer à une mission d'étude organisée par Abri International.Il a pu constater la nécessi- « À Kibera, les gens utilisent les « flying toilet » : ils font leurs besoins dans des sacs qu'ils lancent ensuite au bout de leur bras.C'est ainsi que des sacs de plastique remplis d'excréments jonchent les routes et s'accumulent autour des habitations de fortune » \u2014 Marc Lamarche, président de la Fédération des coopératives d'habitation de l'île de Montréal Tout est à faire pour les organismes qui tentent d'améliorer les conditions de vie des habitants de Kibera.Abri International, une ONG canadienne fondée au Québec, a décidé d'aider les gens de cette région à quitter les taudis, à bâtir de nouveaux logements et à former des coopératives d'habitation.L'intervention d'Abri International dans les pays en voie de développement consiste à rencontrer les organismes qui se consacrent à l'habitation et à la formation té de travailler avec des organismes de citoyens, comme NACHU, plutôt qu'avec les gouvernements : « Les habitants des bidonvilles veulent s'en sortir et former des coopératives d'habitation, mais le gros problème, c'est l'accès aux fonds.Le gouvernement ne prête pas d'argent.Quand j'étais là-bas, à l'automne 2005, il y a eu un référendum sur des questions de droits sociaux; ça chauffait.Il y avait beaucoup de violence entre les deux factions politiques.Il y avait régulièrement L'ITINÉRAIRE 16 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 clVSC les ONG d'ici des tueries dans les villages.Dans de telles conditions, il devient impossible de travailler sur des projets avec les gouvernements ».Selon Abri International, habiter ne se résume pas à avoir un toit où se loger, c'est aussi occuper un espace sain et avoir accès à de l'eau potable.Dans les bidonvilles du Kenya, l'eau est une ressource qui fait cruellement défaut, comme en témoigne Marc Lamarche : « À Kibera, il n'y a pas d'eau courante et ce sont les pauvres qui paient l'eau le plus cher.Comme ils sont éloignés des points d'eau, ils doivent faire plusieurs kilomètres pour s'en procurer.Alors c'est souvent plus simple pour eux d'acheter l'eau à des revendeurs, et ces revendeurs la vendent de trois à quatre fois plus cher que son prix coûtant ».Sans eau, les conditions d'hygiène sont évidemment lamentables : « Les gens utilisent les « flying toilet » : ils font leurs besoins dans des sacs qu'ils lancent ensuite au bout de leur bras.C'est ainsi que des sacs de plastique remplis d'excréments jonchent les routes et s'accumulent autour des habitations de fortune », précise-t-il.En 2006, 2,5 milliards d'humains n'ont toujours pas d'endroit propre et privé pour uriner et déféquer.De ce nombre, 800 000 vivent à Kibera, et dans ce bidonville, la promiscuité ne fait qu'accentuer les problèmes d'hygiène et augmenter les risques de contracter des maladies par les matières fécales.En 2003, Abri International et la FÉCHIMM ont réalisé un projet de financement équitable au Kenya, en collaboration avec la National Co-operative Housing Union (NACHU).Marc Lamarche est l'un des instigateurs de ce projet: « Les banques prêtent à un taux d'intérêt prohibitif de 25%.Alors on a décidé de prêter de l'argent à NACHU à un taux de 2%.NACHU travaille directement avec les membres des futures coopératives d'habitation.L'argent provient des membres de la FÉCHIMM, et avec les 15 000 $ que nous leur avons prêtés, ils ont pu bâtir cinq unités d'habitations neuves.développées ici, on n'a pas de quoi se péter les bretelles en matière de coopérative d'habitation au Québec.» Dans toute l'Afrique, des centaines de On a seulement prêté un peu d'argent, et les familles qui en ont bénéficié nous considèrent comme des dieux.On peut difficilement imaginer ce que cela représente pour ces gens-là.» Ces familles habitent maintenant dans une véritable coopérative d'habitation, approvisionnée en eau potable et équipée d'installations sanitaires propres.En s'attaquant à la situation du logement, elles se créent du travail et se procurent de l'eau.Elles apprennent à gérer ces habitations, à défendre leurs droits, à économiser, à s'entraider et à renforcer les liens au sein de la communauté.Même si Marc Lamarche en connaît déjà beaucoup sur l'habitation, son expérience au Kenya n'a pas été qu'une transmission de connaissances à sens unique : « J'ai appris beaucoup.Habiter, c'est plus que se loger; c'est aussi gérer un espace collectif, être présent dans les débats.Chaque individu d'une coopérative doit faire front commun avec les autres.C'est une philosophie, pas seulement une question de revenu.Comparativement aux coopératives qui se sont milliers de personnes sont expulsées chaque année de leur propriété.Les pays où la situation est la plus préoccupante sont le Kenya, le Zimbabwe, l'Angola, le Nigeria et le Soudan.Au Zimbabwe, le gouvernement procède, depuis le début de 2005, à « l'Opération Murambatsvina », qui signifie « débarrassons-nous des ordures », et vise à chasser les pauvres des bidonvilles en détruisant leurs maisons de fortune avec des bulldozers.Abri International intervient dans ce pays, et à défaut de pouvoir mettre un terme aux évictions, l'organisme fournit de la nourriture, des couvertures, de l'eau et des médicaments mais surtout, il transmet les connaissances nécessaires pour créer des coopératives d'habitation et ainsi semer l'espoir de pouvoir briser le cercle vicieux de la violence et de l'extrême pauvreté.?Abri International: Téléphone : 450-671-1245 Site Internet : www.abri.ca MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 17 L'ITINÉRAIRE La publication de ce reportage a été rendue possible grâce à l'Agence canadienne de développement international (ACDI). du philosophe en Vilain petit canard Robert Beaupré Chroniqueur de la rue rbeaupre@gmail.com Mais ce que le petit canard mettra longtemps à comprendre, c'est que la cicatrice n'est jamais sûre.C'est une brèche dans le développement de sa personnalité, un point faible qui peut toujours se déchirer sous les coups du sort Cette fêlure contraint le petit canard à travailler sans cesse à sa métamorphose interminable.Alors il pourra mener une existence de cygne, belle et pourtant fragile, parce qu'il ne pourra jamais oublier son passé de vilain petit canard.Mais devenu cygne, il pourra y penser d'une manière supportable.Ce qui signifie que la resilience, le fait de s'en sortir et de devenir beau quand même, n'a rien à voir avec l'invulnérabilité ni la réussite sociale.- Boris Cyrulnik (Les vilains petits canards).Dimanche, dans une lumière grise et chaude, j'ai eu le cœur à écrire et une rocaille blanche a recouvert mon ennui.Certaines parties de moi sont accrochées à sécher à l'arrière de la maison, sur la corde à linge du temps.Ma cour en est pleine, mais, volontairement ou inconsciemment, je l'oublie.J'ouvre volontiers la porte de devant, là ou où tout est en ordre.Comme dans un film d'Elvis Gratton.Tout à coup, sous le martèlement des années, un regard de vérité éclaire un paysage oublié.Je me perçois alors tel que je suis, avec ma surdité d'ado, ma sexualité blessée et mes rêves relégués aux oubliettes.En échange de la paix sociale, de l'approbation générale.Du repos du cœur.L'histoire du roi sain d'esprit qui accepta de devenir fou afin de conserver son trône, d'être comme tout le monde.Certaines vies ne sont parfois qu'un cimetière ou où les chiens les plus affamés n'y ne trouveraient pas un os.L'été s'insinue dans la fraîcheur détestable et avec lui le renouveau des marches nocturnes.Marcher comme une ombre dans une ombre plus grande, plus dense, à la recherche de lumière, touchant le sens.Fermer les yeux au jour afin d'éclairer la nuit.« Night is the cathedral where we recognize the signs », écrit Suzanne Vega.S'offrir les cadeaux du possible, ceux de l'être où n'existe aucune erreur.Il m'arrive parfois de vivre comme si j'étais emmuré vivant.Quelque chose en moi hurle sans recevoir d'aide.Maintenant il est trop tard.Je dois me démerder avec la réalité et l'accepter comme telle.Déjà pas mal que je puisse vivre le moment présent, pour aujourd'hui seulement.Naturellement, vivre comme un chêne ne règle pas le problème de l'aigle.Cela ne règle pas le problème de réaliser ses rêves, ces rêves vivaces, fugaces, palpitant sous la surface, tiges fragiles implorantes comme autant de mains tendues vers la lumière entre de méchantes dalles de pierre.J'ai traîné un manque de vie en moi-même : une mort dans mon ventre qui jugule l'enthousiasme.Une mémoire incrustée dans l'attente.Je ne me souviens pas d'un moment de mon enfance où l'on m'ait encouragé.On n'avait pas le temps pour ça : on devait me faire la guerre.Faire la guerre à un enfant.J'ai cessé d'écrire par dépit, par vengeance envers la vie.L'autre jour, alors que je disais à un ami fort en français, mais faible en création que je devrais bien un jour me mettre à ce travail d'écriture qui m'obsédait tant qu'il me répondit, à brûle-pourpoint : « Cela ne signifie pas qu'il que ça va être bon ».J'ai été abasourdi par cette remarque.Comme s'il affirmait que j'étais un imbécile à la recherche d'une gloire facile.Parfois il vaut mieux de vivre dans le secret, sans trop se confier aux érudits.Je ne doit dois m'attendre qu'à très peu d'encouragements, et agir dans le sens de me sentir vivant.Et toujours me souvenir que de ne pas me détruire, c'est déjà me construire.L'ITINÉRAIRE 18 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 Psychologu Dominique Fortier domfisichella@hotmail.com rue une Miguel Laurion a 26 ans, une barbe de trois jours, un vieux jean casquette sur la tête et Fido, un petit chien qui, aux dires du jeune homme, favorise l'approche auprès de ceux avec qui il travaille.Son emploi : travailleur de et médiateur, psychologue, organisateur.rue.Miguel travaille pour PEYO (l'Organisation des Jeunes de Parc-Extension) et intervient auprès de des jeunes du quartier Parc-Extension.Il avoue que les problèmes sont nombreux.« Ici, la vente et la consommation de drogues, les vols, le vandalisme, la violence et même la prostitution font partie de la réalité de plusieurs jeunes.» Les facteurs qui poussent les jeunes à commettre des méfaits sont notamment la pauvreté, le besoin d'appartenance et l'appât du gain.«Les jeunes qui ont une faible estime d'eux-mêmes sont plus facilement influençables, et ceux qui recrutent dans la rue le savent et en profitent.» Mais quel est le rôle du travailleur de rue?Jusqu'où va son engagement?Comment fait-il pour ne pas trop s'impliquer émotionnellement ?Miguel laisse échapper un long soupir puis répond : « C'est dur parfois de voir des jeunes sombrer dans la drogue alors qu'ils allaient si bien.Déjà que ça prend des mois avant de gagner la confiance de certains.C'est difficile de ne pas se sentir touché, mais on ne peut pas les forcer à s'aider s'ils ne le veulent pas.» Miguel se rappelle notamment un jeune, engagé dans son milieu, qui était respecté par ses pairs et menait une vie bien rangée.Mais à la suite d'une rupture amoureuse, il s'est tourné vers les drogues dures et a abandonné tout ce qui lui tenait à cœur.« Maintenant, il fait rire de lui et est méprisé par ceux qui, autrefois, le respectaient.C'est triste.» En tant que travailleur de rue, Miguel vit aussi plusieurs frustrations en raison du manque de ressources et de la façon dont les gouvernements gèrent les problèmes de pauvreté et de délinquance.« Le milieu scolaire n'offre pratiquement aucune ressource pour informer les jeunes au sujet de la sexualité et de la toxicomanie.Un encadrement trop sévère de la part des professeurs n'est pas mieux non plus.Où pensez-vous qu'un jeune se retrouve quand il se fait expulser d'un cours ?» Miguel dénonce aussi certains programmes communautaires subventionnés par le gouvernement et auxquels on coupe les vivres seulement six mois après leur création.« À quoi ça sert de donner de l'espoir aux jeunes en démarrant un projet de réinsertion sociale, si c'est pour l'abandonner par la suite ?» « C'est dur parfois de voir des jeunes sombrer dans la drogue alors qu'ils allaient si bien.» \u2014 Miguel Laurion, travailleur de rue pour l'Organisation des Jeunes de Parc-Extension Le problème de la délinquance est souvent mal abordé, selon M.Laurion.« Nous, on guérit alors qu'il faudrait prévenir.L'éducation doit d'abord se faire à la maison et à l'école.» De plus, des jeunes en difficulté, qui passent de foyers d'accueil en foyers d'accueil, sont complètement laissés à eux-mêmes dès Miguel Laurion, travailleur de rue qu'ils atteignent l'âge de 18 ans.«La DPJ, c'est de la marde! Lorsque les jeunes cessent d'être pris en charge parce qu'ils ont atteint l'âge adulte, ils retournent dans la rue.Le problème demeure le même.» Quelles qualités doit avoir un bon travailleur de rue, au juste ?Miguel croit qu'un intervenant doit être capable de parler le même langage que les jeunes et trouver des points communs avec eux pour faciliter l'approche.« Quand les jeunes me jasent de joueurs de basket ou de 50 Cent, je sais de quoi ils parlent.» Le travailleur de rue doit aussi être psychologue à ses heures et avoir un grand sens de l'écoute.Il doit inspirer confiance aux jeunes.Malgré le lot de frustrations qu'il apporte, Miguel trouve quand même une grande satisfaction à exercer son métier.«Au bout du compte, quand t'as réussi à motiver un jeune à faire quelque chose de positif de sa vie, tu te dis que ça en vaut la peine! » MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 19 L'ITINÉRAIRE Jean-Marc Boiteau Journaliste de la rue Étudiante en arts visuels à l'Université Concordia, Julie Taillefer a un talent indéniable.Cette artiste prometteuse de 20 ans, passionnée par son art, m'a renversé par la précision des traits de ses œuvres.Toute délicate, petite blonde aux yeux clairs, sourire gracieux, Julie m'apparaît fragile, ce qui contraste avec l'audace de ses sujets.Alors qu'elle n'en est qu'à ses débuts, l'artiste de Sainte.Julie (0 démontre une adresse peu commune.laisser mon imagination s'éclater ou oser davantage.L'Itinéraire: Quelles sont tes ambitions artistiques?Julie : Très certainement, j'aimerais vivre de mon art.En second choix, je me tournerais vers l'enseignement au niveau universitaire.Je suis bien consciente qu'il y a beaucoup d'artistes très talentueux au Québec.Le défi est d'autant plus grand pour une jeune artiste comme moi! Cependant, mon désir de créer, d'exprimer ce que je ressens est plus fort que tout.Cela représente une sorte de libération.Par exemple, après ma dernière œuvre, je m'étais tellement défoulée que même mon atelier témoignait de mon éclatement : il y avait de la peinture partout! (rires) Je crois qu'il faut beaucoup de talent pour reproduire ne serait-ce qu'une main ou un pied.Du talent, les réalisations de cette jeune artiste prouvent qu'elle en a énormément.L'entrevue s'est déroulée chez ses parents où elle a son atelier.C'est une révélation que je vous invite à découvrir.L'Itinéraire : Quand as-tu découvert ta passion pour les arts visuels?Julie : J'aime dessiner depuis que je suis toute petite.Cependant, mon véritable intérêt pour la peinture s'est révélé au cégep grâce à mon professeur en arts plastiques.C'est là que j'ai découvert plusieurs médiums artistiques, puis je me suis inscrite en arts visuels à l'université.Jusque-là, j'explorais seulement le dessin et la peinture.Maintenant, je travaille avec plusieurs matériaux comme le tissu, le métal, la broche, le ciment, le plâtre ou l'argile.Cela contribue à satisfaire ma recherche artistique continuelle.L'Itinéraire : As-tu déjà un style particulier?Julie : Pour moi, s'identifier à un style signifie une stagnation chez l'artiste.Mes sujets, tant formels qu'informels, doivent être questionnés.Me remettre en question me permet de savoir pourquoi je fais telle ou telle chose.Je ne me considère pas comme une artiste à message.Les professeurs du cégep et de l'université contribuent au respect du style de chacun des étudiants, ce que j'apprécie.Mes études m'aident à repousser mes limites.Un étudiant peut même être inspiré par un autre étudiant.Par exemple, en observant un confrère, j'ai réalisé que, moi aussi, je pouvais L'ITINÉRAIRE 20 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 MOTSDE CAMEL0TS Serge Morin Camelot, Bourbonnière/Ontario Chasse aux trésors Avec la fin des déménagements, les ventes de garage pullulent.Cela donne l'occasion de découvrir des aubaines! Ici au Québec, les ventes de garage font partie de notre culture, un peu à la façon de d'autres pays comme ceux du Maghreb.J'ai du plaisir à fouiner dans ces lieux, qui sont souvent à ciel ouvert.J'aime beaucoup ces moments où je rencontre des gens qui sont de bonne humeur, contents de se débarrasser de leurs joyaux oubliés.Nous trouvons tous notre bénéfice dans ce genre de commerce, car nous redonnons une deuxième vie à ces objets, nous les recyclons, tout en profitant du temps estival.Une fois, j'ai trouvé un beau tableau pour la modique somme de cinq dollars! Aussi, pour enjoliver ma garde-robe, j'ai trouvé des vêtements encore très beaux et très propres.J'ai beaucoup de plaisir à négocier le prix du produit.Je vous invite à vous rendre à des ventes de garage, car vous pourrez y rencontrer des personnes agréables, ou peut-être aussi des membres de votre famille ou des amis! Bonne chasse aux trésors! Lucie Hamel Camelot, SAQ Mont-Royal / Papineau Bonnes vacances Aurons-nous droit, cette année, aux vacances tant désirées depuis longtemps ?Ces vacances inoubliables, qui porteront leurs souvenirs pour bien des années à venir.Pour vous, ce sera quand ?Où ?Avec qui ?Comment ?Ensoleillé ?Ici, tout près, à visiter la province ?Ou dans les autres provinces, ou bien dans d'autres pays ?Seul, en couple, en famille ou avec les amis ?Peut-être en auto en bateau ou en avion, à bicyclette ou bien à pied.Ce sera sûrement en fonction de vos moyens financiers! Mais, gardons notre cœur d'enfant pour nous émerveiller devant ces joies que la vie nous permettra de découvrir et dont nous nous souviendrons.Je vous souhaite d'avoir des nouvelles idées de vacances, de voyages, des choses et des gens inusités autour de vous, de vous ouvrir, car les nouvelles expériences, c'est toujours un plus dans notre vie.Pour ceux qui ont la chance d'être à Montréal cet été, n'oubliez pas tous nos festivals, et tous ces gens qui viennent nous visiter de partout et qui nous apportent une couleur toute nouvelle.Joyeux feux d'artifices et bonnes vacances! Daniel Crady Camelot, métro Cuy-Concordia You are always in my way Darling don't stand Get off my land And we will ride to the promise land You don't have me yet Let's get wet You're my little pet The world is ending No more lending Say you're not a wall I've seen the call Love my time is falling Prison life is a dull Go wherever you want Soldiers are dying left and right Do you want to fight There's no light Mother takes mother, to a better world than this Father loves this missing puzzle Lord, don't give me a bad meal I've got all my suitcases ready To go to a better city Spare me no more pity Come on with me to hold Should it get a little cold Outside the timetable Caring for people that are sick I can see all my shelters kicks Better live to only a loving country With all the RCMP And all the navy sailors Who live day and night on the water They have a little sight Judgment day is so far away I am living a dream Pipes are smoking You're not, you're not joking Love me to the end of time Darling, say you won't go Well we just live from day to day Never kKnowing when and where We're gonna go Totem poles are flying.MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 21 L'ITINÉRAIRE DE CAMELOTS Gilbert Pouliot Camelot, St-Denis/Marie-Anne Welcome to the tourists I want to welcome those who are visiting Montreal this summer, and wish all of them a good holiday.July is a highly touristic period of the year in Montreal, and that is why I chose to write in English, even though it is not my first language.I want to talk about L'Itinéraire as a group of people and as a paper.L'itinéraire was initially created to offer an alternative to mendicity to those whose past was marked by mental illness, alcohol or drug addictions, and homelessness.It is a non-profit organization whose purpose is to help people reintegrate society by giving them the opportunity to participate in the production of and selling a paper.L'Itinéraire is located near Jacques Cartier Bridge in a three-storey building, where we can find Le Café sur la rue on the first floor, the mag DVD on the second floor and the editorial office on the third floor.The vendors pay each copy of the paper $1 and sell it for $2, getting a benefit of SI per copy sold.L'Itinéraire discusses social and economic issues, global poverty problems, and regularly publishes interviews with Quebec artists who are free to express whatever they want.L'Itinéraire is sold on the street or through membership only, the purpose of the paper being to help people who live in the street.Created 12 years ago, L'Itinéraire evolved into a \"school-newspaper\" and was granted an award for being Quebec #1 community organization in 2005.July is known to be one of the lowest-selling months of the year due to the great number of tourists in town and Montrealers wanting to save money for their vacation.So I hope this article will help sell to tourists and get them to know the paper.Thank you for your support.Alain Guay Camelot, métro McGill Faire rayonner la paix La vie est un combat de tous les jours.La vie s'exprime par l'action et la réinsertion.Nous ferons face à nos craintes et vaincrons nos peurs.Si la pureté de mon cœur éblouit, nous serons tous unis par un rayonnement de paix et de victoire morale.Le reflet de nos sourires chaque jour en dit long.Vis dans le bonheur, pleure dans la joie et partage ta paix.\u2022 Serge Cloutier Conseiller Internet serge@drafter.com www.drafter.com 583 rue Aylwin Montréal.Quebec HI W 3B5 514.521.2456 « 514 572.5270 2\t8\t9\t6\t1\t4\t7\t5\t3 4\t7\t6\t3\t9\t5\t2\t1\t8 3\t5\t1\t2\t8\t7\t4\t9\t6 9\t3\t5\t8\t6\t2\t1\t4\t7 6\t1\t2\t7\t4\t3\t5\t8\t9 8\t4\t7\t9\t\t1\t6\t3\t2 7\t9\t4\t1\t2\t8\t3\t6\t5 5\t6\t3\t4\t7\t9\t8\t2\t1 1\t2\t8\t5\t3\t6\t9\t7\t4 JL Les Œuvres de la Maison du Père 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Centre d'accueil pour hommes de 25 ans et plus.427, rue de la Commune Est Montréal (Québec) H2Y 1)4 ^Téléphone: (514) 845-3906 Télécopieur: (514) 845-7019 L'ITINÉRAIRE 22 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 Les chemins de l'inconnu Marc Ollivier Stagiaire à la rédaction L'art et la science sont deux univers que l'on oppose souvent Pourtant selon le célèbre astrophysicien Hubert Reeves, les deux disciplines visent un même objectif : atteindre l'inconnu.En quoi ces chemins de la connaissance diffèrent-ils et en quoi poursuivent-ils le même but ultime?Cest la question qui a été posée par le scientifique Hubert Reeves et son fils Nicolas, artiste designer, lors d'une conférence tenue récemment à Montréal.Le scientifique Hubert Reeves et son fils Nicolas Deux univers différents : l'art et la science.Au premier regard, tout les éloigne.L'art repose sur la sensibilité subjective de l'artiste, la science au contraire est rationnelle et universelle.Mais alors, en quoi se ressemblent-ils ?« Ce qui les rapproche, ce sont leurs objectifs », explique Hubert Reeves.Le 27 mai dernier, l'astrophysicien donnait une conférence à la fondation Daniel Langlois sur l'art, la science et la technologie de Montréal.Le thème de cette matinée-conférence était : Voyageurs étonnés, chercheurs et créateurs au seuil de l'inconnu.Pour expliquer les liens qui unissent art et science, Hubert Reeves était accompagné de son fils Nicolas Reeves, artiste designer, qui a reçu le soutien de la fondation en 1998.Méditation entre père et fils Loin de provoquer un choc, la vision du père et du fils ont trouvé une complémentarité dans les chemins qui mènent à la connaissance.« Hisser l'art au statut de science, c'était l'exigence la plus élevée des hommes de la Renaissance et du Moyen Âge », annonce Nicolas Reeves.Cette union de l'art et de la science, on la retrouve dans l'architecture des cathédrales, dans les tableaux, dans la musique classique.Peut-on affirmer pour autant que la musique n'est qu'une discipline scientifique ?« Sûrement pas », s'entendent les deux hommes.L'art permet d'explorer des espaces inconnus en nous-mêmes.Mais l'inconnu existe aussi sur terre, dans les phénomènes naturels.Comment expliquer, par exemple, la géométrie organisée des nuages ou celle des flocons de neige dont les cristaux forment des étoiles hexagonales ?« Dieu ne joue pas aux dés.Il n'y a pas de hasard.Un jour, on découvrira ce qu'on ne comprenait pas ».-Hubert Reeves La réalité est étrange Le bon sens, la logique, les mathématiques.Malgré tous ces outils dont on dispose pour découvrir le monde, la réalité nous dépasse encore.« La réalité est beaucoup plus étrange que nous sommes en mesure de l'imaginer », affirme Hubert Reeves.Selon l'astrophysicien, 95 °/o de l'univers nous échappe complètement.Les trous noirs sont, par exemple, un phénomène dont nous ne connaissons rien.La formation des planètes, l'origine de la terre, la création de la vie.Beaucoup de théories existent, mais personne ne peut affirmer laquelle est exacte.Ces questions millénaires n'ont toujours pas trouvé de réponse aujourd'hui.Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir cherché.« Dieu ne joue pas aux dés » Pour percer le mystère de l'origine de la terre, Einstein a confronté la théorie du big-bang à ses équations sur la relativité.Pour lui comme pour beaucoup de chercheurs, « Dieu ne joue pas aux dés.Il n'y a pas de hasard.Un jour, on découvrira ce qu'on ne comprenait pas ».Les logiciels les plus performants du monde permettent aujourd'hui de faire des simulations de l'évolution des galaxies.Mais malgré tout cela, « une partie de la réalité reste aléatoire », indique Hubert Reeves qui compare l'art et la science à deux voyageurs sur les chemins de la connaissance.« Les deux disciplines voyagent par des sentiers séparés.Elles se rencontrent à l'arrivée et s'unissent pour le retour, offrant ainsi aux hommes de nouvelles révélations.» MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 23 L'ITINÉRAIRE SUDOK Niveau de difficulté : MOYEN Solution à la page 22 2\t8\t\t\t\t\t\t5\t 4\t\t6\t\t\t\t\t1\t8 \t\t\t\t\t7\t\t\t \t\t5\t8\t\t\t\t4\t \t\t\t\t\t3\t\t\t9 \t4\t7\t\t\t1\t6\t\t 7\t\t\t\t\t\t\t\t 5\t\t\t4\t\t\t8\t2\t \t2\t\t5\t\t\t9\t\t4 Sudoku Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Notre logiciel de sudokus est maitenant disponible.10 000 sudokus inédits de 4 niveaux par notre expert, Fabien Savary.En vente exclusivement sur notre site.wvirw.les-mordus.com Jeu réalisé par Ludipresse info@les-mordus.com ma viCfe, r mon miracle Prière au Saint-Esprit Saint-Esprit, toi qui résous tous les problèmes, toi qui éclairer tous les chemins pour m'aider à atteindre mon but, toi qui me donnes le don divin de pardonner et d'oublier le mal que l'on fait, toi qui te trouves à mes côtés dans toutes les circonstances de la vie.Je veux, par cette courte prière, te remercier pour tout et te confirmer une fois de plus que je ne voudrais pas être séparé de toi, même en dépit de toutes tentations matérielles illusoires.Je veux être avec toi dans la gloire éternelle.Merci pour ta miséricorde envers moi et les miens.Vous devez réciter cette prière pendant trois jours consécutifs.Ensuite, la faveur demandée vous sera accordée, même si elle vous parait difficile à obtenir.Vous devez alors publier cette prière, y compris les instructions, immédiatement après que votre souhait a été exaucé, mais sans mentionner la nature de votre voeu.Seulement vos initiales devront apparaître à la fin de cette prière.S.C.Prière au Saint-Esprit Saint-Esprit, toi qui résous tous les problèmes, toi qui éclaires tous les chemins pour m'aider à atteindre mon but, toi qui me donnes le don drvm de pardonner et d'oublier le mal que l'on fart, toi qui te trouves à mes côtés dans toutes les circonstances de la vie.Je veux, par cette courte prière, te remercier pour tout et te confirmer une fois de plus que je ne voudrais pas être séparé de toi, même en dépit de toutes tentations matérielles illusoires.Je veux être avec toi dans la gloire éternelle.Merci pour ta miséricorde envers moi et les miens.Vous devez réciter cette prière pendant trois jours consécutifs.Ensuite, la faveur demandée vous sera accordée, même si elle vous paraît difficile à obtenir.Vous devez alors publier cette prière, y compris les instructions, immédiatement après que votre souhait a été exaucé, mais sans mentionner la nature de votre voeu.Seulement vos initiales devront apparaître a la fin de cette pnère.J.T.| Problèmes de toxicomanie ou de jeu compulsinj « UN FOYER POUR TOI » 450-964-7077 « UN FOYER POUR TOI » est un centre mixte de soutien à la désintoxication ouvert 24h sur 24.Situé à Terrebonne en pleine nature, le centre offre l'aide qu'il te faut : ateliers de sensibilisation, rencontres individuelles dans le but de te reprendre en main et donner un sens à ta vie.Une aide gratuite pour les bénéficiaires de l'assistance-emploi ayant une adresse valide ou un montant de 540 $.L'ITINÉRAIRE 24 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 Le Canada et le Québec blâmés Quelles seront les conséquences ?Nos gouvernements ont été blâmés par un comité de l'ONU pour leur non-respect des droits sociaux.Quelles suites ce blâme peut-il avoir ?François Saillant coordonnateur du FRAPRU était présent à la comparution des gouvernements à Genève, en 1998 et en 2006.Il répond à nos questions.Quels sont les fondements du blâme ?Essentiellement, ce que le comité de l'ONU reproche au Canada est de ne pas respecter pleinement les droits sociaux, alors que celui-ci est un pays riche et a donc tous les moyens de le faire.Le comité n'a pas non plus caché sa frustration face au peu de considération que le Canada et les provinces accorde aux recommandations émises dans ses rapports précédents.Quelles obligations les gouvernements ont-ils en tant que signataires du Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels ?Les États qui y adhèrent à ce pacte, comme le Canada et le Québec l'ont fait en 1976, ont l'obligation «d'agir, au maximum de leurs ressources, en vue d'assurer progressivement le plein exercice des droits ».Cela signifie que les États doivent progresser continuellement dans le respect des droits et qu'aucun recul n'est admissible.Quelles sont les critiques formulées par le comité en matière de pauvreté, de logement et d'itinérance ?Le comité a émis plusieurs critiques et recommandations quant à la question de la pauvreté, en déplorant en particulier l'insuffisance des prestations d'aide sociale, des prestations d'assurance-emploi et le salaire minimum.Il a également déploré le nombre de sans-abri au Canada estimé entre 100 000 et 250 000 et la longueur des listes d'attente pour un logement social, en particulier à Montréal.Il a réitéré sa recommandation de 1998 à l'effet que « l'itinérance et les problèmes de logement devraient constituer une urgence nationale pour tous les paliers de gouvernement au Canada ».Le comité s'est également dit préoccupé que tant d'évictions de locataires alors que de faibles montants d'arrérages de loyer sont en cause.Il a recommandé « qu'avant d'expulser une personne de son logement, des mesures adéquates, législatives ou autres, garantissent leur accès à un logement de substitution pour éviter qu'elle ne se retrouve à la rue ».Les gouvernements avaient été aussi blâmés pour ces questions en 1998.Quel impact ce blâme avait-il eu à l'époque ?Comme l'a déploré l'ONU, la plupart de ses recommandations ont été ignorées par les gouvernements.Certaines recommandations ont cependant eu davantage de poids.C'est à la suite de critiques très dures émises en 1998 que le gouvernement fédéral a financé des programmes d'aide aux sans-abri (comme l'Initiative de partenariat en action communautaire, ou IPAC) et qu'il a investi un milliard de dollars en six ans dans le logement dit abordable.Bien sûr, ce n'est pas le rapport de l'ONU à lui seul qui a permis ces avancées, mais il y a contribué, tout comme il a contribué à ce que le gouvernement québécois ne mette pas en œuvre la disposition de la loi d'aide sociale lui permettant de saisir une large partie des prestations des personnes assistées sociales reconnues coupables de non-paiement de loyer.Comment se servir du rapport de l'ONU auprès des gouvernements en place à Ottawa et à Québec ?Jusqu'à maintenant, les gouvernements Harper et Charest ont préféré ignorer complètement le rapport de l'ONU.Plusieurs semaines après sa sortie, ils n'ont même pas daigné en prendre acte et encore moins le commenter.Cela en dit déjà long sur le peu d'attention qu'ils entendent y accorder.Il faudra revenir à la charge, et deux fois plutôt qu'une.Il ne s'agit pas tant d'essayer de convaincre les gouvernements eux-mêmes que de miser sur la population en lui montrant que ce sont des droits fondamentaux qui sont bafoués quand des États ferment les yeux sur des problèmes comme la pauvreté, la faim ou l'itinérance.KRAPSIM L6 P6S6HII u 3106 www.rapsim.org Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: (514) 879-1949 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 25 L'ITINÉRAIRE La communauté gaie organise ses propres JO Marc Ollivier Le sport porte en lui le pouvoir de voir au delà des différences culturelles, ethniques, religieuses.et sexuelles.Cest dans cette perspective que s'ouvrent les 1\" Outgames mondiaux, le grand rendez-vous sportif de la communauté lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres du monde entier.16 000 participants, 35 disciplines, 1 900 épreuves, 110 pays représentés, plus de 250 000 visiteurs attendus.les premiers outgames de Montréal n'ont rien à envier aux jeux Olympiques traditionnels.Du 26 juillet au 5 août, les 1ers Outgames mondiaux réuniront un grand nombre d'athlètes et de sportifs issus des communautés gaies du monde entier.« Le nom de ces jeux symbolise notre volonté d'être visible », explique Louise Roy, directrice générale des outgames qui ajoute, « l'homosexualité est encore un thème tabou dans le milieu sportif, c'est l'un des derniers bastions de l'homophobie », estime la présidente.Montréal donne un bel exemple d'ouverture et de tolérance en organisant les premiers jeux regroupant des d'athlètes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT), mais aussi des hétéros (environ 10% des participants).La population gaie et lesbienne montréalaise est évaluée a près de 340 000 personnes.Son implication dans les domaines culturels et sportifs n'est pas négligeable.L'association Équipe Montréal compte 1 800 membres et propose des activités culturelles et sportives de tous genres.Environ 1 000 sportifs participeront d'ailleurs aux épreuves des outgames.« C'est agréable de se sentir avec des gens comme soi, appartenir à un groupe et pouvoir parler avec des personnes qui vivent les mêmes choses que toi », témoigne Patrick, membre de l'équipe Volley Boréal.Au delà de l'aspect purement sportif, Équipe Montréal permet depuis prés de 14 ans aux membres de la communauté gaie de se rencontrer autour d'une même passion.«Cest l'une des plus belles choses qui me soient arrivées dans la vie.Depuis que je m'entraîne dans l'équipe, je me suis épanouie, j'ai voyagé, j'ai fait de belles rencontres », reconnaît Patrick.Daniel Vaudrm, président d'Équipe Montréal, fait partie de ceux qui ont eu l'idée d'organiser les Outgames.Pour lui, « cet événement permettra de rassembler les gens et de développer le sport gai à Montréal.Cela permet d'avoir d'autres activités que les bars », plaisante-t-il.Les Outgames ne sont pas le premier rendez-vous sportif gai.Daniel a déjà participé aux jeux olympiques gais de Sydney en 2002, mais les outgames apportent selon le président d'Équipe Montréal une continuité dans le temps.Les outgames mondiaux auront lieu tous les quatre ans.A cela s'ajouteront les outgames régionaux, organisés chaque année dans les différents pays.« Autant dire que n'importe ou dans le monde il y aura des tournois organisés pour les gais», sourit Daniel Vaudrin.Patrick, membre de l'équipe volley Boréal et Daniel Vaudrin, président d'Équipe Montréal « On joue pour de vrai » « S'il y a des records, ils seront homologués », précise Louise Roy.La présidente prévient qu'il pourra y avoir des contrôles anti-dopages.« On joue pour de vrai », lance-t-elle d'un ton affirmatif.« L'originalité de ces jeux, c'est d'être un événement de participation, ouvert à tous les âges», précise Louise Roy qui s'attend à voir de beaux records dans certaines catégories d'âge.De grandes pointures sont également attendues lors de l'ouverture des jeux.Mark Tewksbury, coprésident des outgames et Martina Navratilova, la grande championne de tennis lanceront les jeux par la lecture de la Déclaration de Montréal.Avant d'annoncer le début des jeux sur les pistes du stade olympique, une conférence internationale sur les droits humains des LGBT aura lieu et rassemblera plus de 2000 délégués du monde entier.À vos marques, prêts, partez! ?Site Internet : www.montreal2006.org Outgamesmondiaux Montréal 2006 gl sa L'ITINÉRAIRE 26 MONTRÉAL, 15 JUILLET 2006 SON CONSOMME, LA GRANDE MAJORITE DES DE MANIÈRE ÉQUILIBRÉE Et QUEBECOIS CONSOM RESPONSABLE.ME SOCIÉTÉ DE SAUVETA iE Les experts en sunvillance aquul.me r alcool La modération a bien meilleur goût. Don avec reçu officiel* 25$ ?50$ ?100$ ?250$ ?Autre N° de chanté 13648 4219 RR 0001 *Reçus postés au début de 2007 Cartes-repas à 3 $ Je désire acheter _œrtes X 3,00S Montant total Nombre ?Postez-moi les cartes.?Cardez les cartes et distribuez-les pour moi.Nous n'émettons pas de reçu de charité pour l'achat de cartes-repas Coordonnées Mme M.Prénom_ Nom_ N° et rue/app.Ville_ Jlode postal.Tél.(_)_ Courriel_ Mode de paiement ^Chèque ou mandat à l'ordte du Croupe communautaire L'Itinéraire ?VISA I I I I I I I I I I I I I I N° de la carte Expiration _ I\" juillet 2006 Enfin, un prépaye facile à digérer! Un don pour la réinsertion sociale des personnes de la rue Des cartes-repas prépayées pour nourrir les sans-abri Découpez et postez ce coupon au Croupe communautaire L'Itinéraire 2103, rue Ste-Catherine Est, Montréal (QC) H2K 2H9 Pour plus concerna ntle* consultez www.itineraire.ca (514) 597-0238 poste 226 Un projet de Lltinéiaire appuyé par : \u2022 Les Oeuvres du Cardinal Léger \u2022 Arrondissement Ville-Marie \u2022 RAPSIM \u2022 Sécurité du Revenu de Montreal, CLE Ste-Marie \u2022 L'Accueil Bonneau \u2022 CDEC Centre-Sud/Plateau M.-R."]
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