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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2004-03, Collections de BAnQ.

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[" u n7v f 'Q'i' tpour LÎTINERAIRI On a besoin de vos dons en argent comme en matériel! Depuis plus d'un an déjà, nous sollicitions votre aide financière pour réaliser un projet important pour l'avenir de L'Itinéraire et la consolidation de notre aide aux personnes de la rue.Grâce à une subvention du programme Initiatives de partenariat en action communautaire (IPAC) du gouvernement fédéral, L'Itinéraire peut acquérir un édifice au coin des rues de Lorimier et Sainte-Catherine.Ce projet nous permettra d'économiser des dizaines de milliers de dollars par année en frais de location et ainsi d'aider plus de gens.L'achat de l'édifice et les aménagements nécessaires représentent un coût total de plus de 760 000 $.Plusieurs donateurs ont déjà contribué en argent, notamment les lecteurs de L'Itinéraire dont les dons s'élèvent à près de 20 000 $.Il manque encore près de 80 000 $ pour réduire le fardeau d'une hypothèque trop importante.C'est pourquoi nous faisons encore appel à vous.Un toit pour L'Itinéraire Je vous fais parvenir mon don de H0 _$ Nom : Prénom : Adresse : Code postal :_ Tél.: ( )_ ou ( )_ MODE DE PAIEMENT ?VISA No de la carte _/_ Date d'expiration Signature J Chèque à l'ordre du Croupe communautaire L'itinéraire.Je désire recevoir un reçu pour fins d'impôt I I Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante : 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R1 s ¦rcr d'êfoe avec nou&i / DONS EN MATÉRIEL Vous pouvez nous aider en contribuant à diminuer des dépenses en matériel nécessaire.Ayant enfin des locaux suffisants pour nos projets, il nous manque beaucoup de matériel (ou ce qu'on a tombe en ruine.) que nous ne pourrons acquérir tout de suite : Des équipements de cuisine pour le Café sur la rue (tables, chaises, réfrigérateur commercial, lave-vaisselle commercial cuisinière domestique, congélateur, hotte, vaisselle, lampes, fauteuils, etc.); Des équipements informatiques pour notre centre de formation Internet (ordinateurs, serveur, etc.); Des équipements de bureau pour les postes de réinsertion professionnelle à L'Itinéraire (chaises de bureau, bureau pour ordinateur, classeurs, table de conférence, etc.).Si vous avez quelque chose qui pourrait nos servir, cela aiderait grandement.Communiquez avec notre agente de financement, Manon Goulet, on ne sait jamais! Merci de nous encourager! VokT Jérirez r.-,.|;f.rr l'or d (.tf i.1 r , Je corrfomrnilf on î f-i «\" f f r*- HP) -ferine A irofte prot>lèf»e J*/%ldooly Je Jl-O^KC Nour i e>r.r r prê-fr * vowr ArJcr J«r>r le rerpect *-+ fa JiarrWr.CENTRE DOLLARD-CORMIER RICH DJMS LES Le groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme de charité fondé en 1990 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Le conseil d'administration : Président : Sylvio Hébert Secrétaire : André Martin Vice-présidente : Michèle Wilson Conseillers : Robert Beaupré.Audrey Coté, Trrénrl», ¦ Fnr Pimnn_ \u2022 Administration : \u2022 Café sur la me : \u2022 Distribution : \u2022 Espace Internet : Administration du groupe Editeur - directeur administratif : Serge Lareault Directrice aux ressources humaines et insertion sociale : Jocelyne Senecal Coordonnatrice de l'administration : Claudette Turgeon Adjointe administrative : Denise Ouellel Agentes de financement : Manon Goulet el Audrey Colé Conseillère publicitaire : Renée Larivière Organisatrice : Carole Couture Organisateur : Sylvio Hébert, François Bouchard Représentants des camelots : Gabriel Brssonnetle.Robert Dion.André Canuel Coordonnatrice et agente de développement : Nancy Roussy Organisateur : Jean-Pierre East Concepteur Internet : Serge Cloutier Rédactrice en chef : Audrey Colé Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographiste : Serge Cloutier Le mensuel L Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers.Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Pour chaque numéro, vendu 2 $, 1 $ revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les projets d'entraide.Attention am fraudeurs: personne n'est autorisé à solliciter au porte à porte ou dans les commerces des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou demandent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le (514) 597-0238, poste 28.sommaire Actualité 5 Édito : Le scandale des commandites : dilapider l'argent.6 Marie-Sissi Labrèche, impératrice du Centre-Sud S Dossier femme : Les femmes premières victimes du gouvernement Charest 12 Journée internationale des femmes 13 L'équité salariale traîne encore des pieds 16 Carte postale du Forum social de Mumbai 17 Bordel à ciel ouvert 19 Un organisme qui roule! CltroniqMCA Rédactrice en chef : Audrey Coté Collaborateurs : Élyse Frenette, Roxane Nadeau, Marie-Sisi Labrèche, Léo-Paul Lauzon, Maxime Jacques Brochu, Gabriel Bissonnette.Pierre Hamel, Geneviève Garceau, Nicky, Lucie Hamel, Michel Côté, Gilles Bélanger, Albert Grandmaison, Mario Le Courte.Serge Morin.Jean-René Lavoie, Pierre Goupil, Caroline Touzin, Alexandre Péloquin, Joëlle Desjardins Paquette, Lise Lavoie.Vianney Huard.Infographiste : Serge Cloutier Photo page couverture : Patrice Bériault Illustrations : Vincent Desruisseaux, Simon Banville, Révision : Guy Crevier, André Martin, Lorraine Boulais, Anne Rodrigue Mots croisés : Gaston Pipon Imprimeur : Québécor World Lebonfon Tirage : 20 000 exemplaires vendus pai des itinérants et des sans-emploi dans les rues de Montréal Communautaire\t4\tMots de camelots\t29 Personnages urbains\t14\tProf Lauzon\t32 Livres\t22\t\t Cyberltinéraire\t25\tMots croisés\t34 Cinéma\t26\t\t De bonne humeur\t27\t\t L'Itinéraire est membre de : NASNA \u2022 Association nord-américaine des journaux de me _ Le réseau international f JNjSf} des journaux de aie AMECQ*?^ Son tirage est certifié par AwDA _ membre 2oo3 Sw» L'Itinéraire est V w entièrement recyclable La formation professionnelle des journalistes de la rue à L'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, à Emploi Québec, à la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQAM.L'Itinéraire Administration ¦ adresse postale 1108, Ontario Est.Montréal (Québec) H2L1R1 Journal et Espace Internet 1907, rue Amherst Café sur la tue 1104, Ontario Est Tél.: (514) 597-0238 Téléc.: (514) 597-1544 Courriel : itineratre@videotron.ca Site : www.itineraire.ca Vous voulez rejoindre plus de 50 000 personnes par le biais de notre journal de rue?Un public conscientisé qui remarquera votre présence dans une publication venant en aide à des centaines de personnes défavorisées Information (514) 597-0238 poste 30 Notre conseillère publicitaire Renée Larivière Convention de la Poste-publications No 40910015 No d'enregistrement 10764 Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Groupe communautaire L'Itinéraire, 1108, rue Ontario Est, Montréal (QC) H2L 1R1, Courriel : itineraire@videotron.ca Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada par l'entremise du Programme d'aide aux publications pour nos dépenses d'envoi postal.Canada L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Communautaire Clinique d'impôt pour personnes à faible revenu Vous vous sentez perdu devant votre déclaration d'impôt et vous n'avez pas 15 piastres à donner à un comptable extérieur?Les samedi 27 et dimanche 28 mars, les personnes démunies et celles dont le revenu familial est inférieur à 26 000 î pourront faire remplir GRATUITEMENT (!) leur déclaration à la clinique d'impôt de l'UQAM, pavillon J.-A.- De Sève, local DS-R510, 320 rue Sainte-Catherine Est, de 9h à 17h.Des étudiants en sciences comptables seront à la tâche, mais ne craignez pas les erreurs car ils seront supervisés par un professeur et un représentant des gouvernements provincial et fédéral.Le Cégep du Vieux a maintenant son camelot! L'Itinéraire a maintenant un camelot en permanence au Cégep du Vieux-Montréal.Des remerciements particuliers au conseil d'administration, à Danielle Carbonneau, Mylène Boisclair, Maxime Giguère (gérant du Café l'Agora), aux chargés de cours en travail social et aux étudiants qui ont contribué à la concrétisation de ce projet.Sylvio Hébert, Organisateur externe Un film de notre camelot Pierre Goupil Pierre Goupil, camelot de L'Itinéraire, est un féru de cinéma et un réalisateur de longue date.Son film La vérité est un mensonge sera présenté au Centre St-Pierre1 et au Va-et-Vient2 le 29 mars, et à L'Utopik3 le 3 avril.Ces diffusions sont organisées par Le RÉZO, soit le Réseau de diffusion du cinéma indépendant.L'équipe de L'Itinéraire se fera une joie d'aller assister en « gang » à la séance du 29 mars.Nous espérons que vous serez nombreux à soutenir un vrai film d'auteur! 212, rue Panet, à 19h30 2 3706, Notre-Dame Ouest, à 20h 3 552, rue Sainte-Catherine Est, à 18h le 8 mars Voyel ie Du 24 mars au 7 avril, ne manquez pas le vernissage des artistes de la rue du Centre-Saint-James au bar le Bobard situé au 4328, boulevard Saint-Laurent.De véritables chefs-d'œuvre à découvrir! Pour plus d'information : 288-0039.La Journée internationale des femmes du 8 mars prend un accent sud-américain avec la diffusion du documentaire La Cueca Sola au Centre St-Pierre à 19h30 (1212, rue Panet) et au Va-et-Vient à 20h (3706, Notre-Dame Ouest).Selon la réalisatrice chilienne Manlu Mallet, « La Cueca Sola esf une enquête sur les séquelles de la terreur militaire subies par les femmes.» Le titre du film est issu du nom de la danse nationale du Chili - la Cueca.Après l'imposition de la dictature meurtrière de Pinochet en 1973 naît La Cueca Sola, nouvelle danse rituelle où l'épouse, la maîtresse ou la fille danse seule, chacune marquant ainsi sa loyauté envers l'époux, l'amant ou le père disparu.Ce documentaire est précédé de Piketeros, un court métrage sur la résistance des femmes argentines devant la crise économique dévastatrice de 2002.Pour information, La Cueca Sola et Piketeros sont également à l'affiche à l'Ex-Centris du 20 février au 4 mars, à 15h30 et 19hl5.Merci aux élèves de l'école primaire Laurier Cest avec le plus grand plaisir que je remercie les élèves de 5e et 6e année de l'école Laurier de m'avoir si chaleureusement accueilli comme camelot-conférencier.Sylvio Hébert, camelot L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 edito Audrey Coté rédactrice en chef Le scandale des commandites Dilapider l'argent.et les intérêts sociaux Le scandale des commandites à Ottawa laisse amers les organismes qui viennent en aide aux centaines de milliers de sans-abri du Canada.Le graissage d'une poignée de firmes de communication est d'autant plus éhonté que les organismes communautaires se font dire année après année qu'il n'y a pas d'argent pour les démunis.Selon François Saillant, du Front populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), il est scandaleux qu'un gouvernement qui n'a pas investi dans le logement pendant huit ans perde innocemment, semble-il, la trace de 100 millions $ avant que n'intervienne la vérificatrice générale du Canada.Selon M.Saillant, cette somme outrageusement dilapidée par les amis des libéraux auraient permis la construction de 200 000 logements sociaux pour les personnes à faible revenu.La crédibilité de la gestion des fonds publics par le fédéral atteint plus que jamais le fond du tonneau pour les représentants du milieu communautaire montréalais.En matière de subvention, il semble que la règle du « deux poids, deux mesures » triomphe : les « amis du parti » ne sont pas soumis aux mêmes lois que les autres, notamment les organismes humanitaires qui aident les démunis avec des budgets de pacotille.Depuis des années, le moindre sou octroyé par le gouvernement fédéral aux organismes communautaires doit être justifié jusqu'à ce que les arguments s'épuisent dans une pléthore de rapports interminables, de visites de fonctionnaires suspicieux et de vérifications financières scrupuleuses.Selon le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), les 100 millions détournés par quelques fonctionnaires fédéraux sont la preuve concrète que les amis du parti libéral échappent aux redditions de comptes auxquels tous les organismes communautaires doivent se soumettre pour toucher la moindre subvention.Des exemples?En 2001, le gouvernement libéral octroyait 25 millions sur trois ans à la région de Montréal pour les organismes oeuvrant auprès des personnes itinérantes par le biais du Programme d'Initiative de partenariat en action communautaire (IPAC).C'est beaucoup moins que le programme des commandites, alors que la détresse humaine identifiée par les organismes communautaires aurait demandée au moins trois fois plus d'argent.De plus, voici la liste d'intermédiaires par lesquels un projet soumis par un organisme doit impérativement passer avant d'être accepté par le programme IPAC : Régie régionale de la Santé et des services sociaux (2 fois), Centre de Ressources humaines Canada (3 fois), Secrétariat pour les sans-abri/région du Québec (2 fois) et Secrétariat national pour les sans-abri.En tout, un projet communautaire doit passer par au moins huit étapes gouvernementales avant d'être accepté.Sans compter qu'au terme de l'acceptation finale, les organismes doivent attendre encore des mois avant de voir l'ombre d'un sou noir! Enfin, chaque mois, les organismes doivent justifier toutes les dépenses, expliquer dans un rapport écrit pourquoi elles ont été faites et présenter «l'original» des factures.Alors que les Canadiens se disent de plus en plus préoccupés par la sécurité sociale et la pauvreté, les 250 millions $ du programme des commandites auraient répondu aux intérêts sociaux des citoyens et amélioré de façon significative la qualité de vie de milliers de personnes.Quand une nation réduit les inéquités et améliore la vie de ses plus démunis, c'est l'ensemble de la société qui y gagne.Avec le scandale des commandites, c'est plus que nos taxes qu'on s'est fait voler : une partie de nos droits et intérêts de citoyens ont fondu comme neige au soleil.Offre d'emploi : lntervenant-e Sous la supervision du directeur administratif l'intervenant-e devra : \u2022 Intervenir auprès de la clientèle alcoolique/toxicomane et itinérante du Café sur la rue; \u2022 Établir un plan de réinsertion sociale pour la clientèle avec la Direction; EXIGENCES : Détenir un diplôme en intervention sociale; Posséder au minimum 2 années d'expérience en intervention auprès de la clientèle visée; SALAIRE CONCURRENTIEL, SELON EXPÉRIENCE Faire parvenir votre curriculum vitae à l'administration de L'Itinéraire AVANT LE 26 MARS PROCHAIN au : 1108, Ontario Est, Montréal, H2L 1 RI.Téléc.: 514-597-1544.Courriel : itineraire@videotron.ca L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 elles changent le monde! Marie-Sissi Labrèche Impératrice du Centre-Sud Audrey Coté Comme l'Impératrice Elisabeth d'Autriche dite Sissi, Marie-Sissi Labrèche rayonne de beauté, de vivacité d'esprit et.aime avoir plusieurs hommes à ses pieds! Mais bien loin de la Bavière champêtre de la première, la seconde a vu le jour dans un petit appartement de la rue Ontario, dans le quartier Centre-Sud.« C'est vrai que mon milieu de pauvreté, de manque de tout a fait que j'étais défavorisée.Mais ça m'a aussi stimulé à travailler plus fort pour m'en sortir, ce qui a fait de moi une femme capable d'affronter l'adversité de la vie », constate la romancière et journaliste de 34 ans.Le fabuleux destin de Marie-Sissi Le rendez-vous pour l'entrevue avait été fixé chez elle à 11 hrs dans la matinée.Mais elle a oublié! Trois coups de jointures sur la porte et voilà l'Impératrice, chevelure en bataille et teint chiffonné par une nuit visiblement trop courte.C'est bien Marie-Sissi Labrèche : toute en exubérance sympathique dans son désarroi d'avoir oublié L'Itinéraire.Quelque trois quart d'heure plus tard, elle ouvrira de nouveau la porte, tout sourire, le rouge éclatant aux lèvres et la crinière bien domptée cette fois: « Bienvenue chez nous, voulez-vous du cafél » lance le plus spontanément du monde l'Impératrice au minuscule studio.Loin du château de Schônbrunn, seul le lit installé au milieu de la pièce a des allures impériales dans l'appartement de Marie-Sissi, en plein cœur du quartier Centre-Sud: « le Centre-Sud, c'est mes origines, c'est chez moi! C'est ici que j'ai toujours vécu.Je n'ai plus de famille et en continuant d'habiter ici, je me sens près de mes racines.» La petite fille du Centre-Sud aurait pourtant toutes les raisons de fuir le quartier de son enfance, car elle ne l'a pas eu facile: « Quand t'as connu la pauvreté sous toutes ses formes, les coquerelles et le fait d'avoir rien à manger, c'est dur d'avoir moins.Ça devient donc une grande force de motivation pour s'en sortir.» Pour survivre à tous les manques de sa « famille de fous », comme elle le dit elle-même, la « petite princesse sans château » s'évade dans l'imaginaire et met toutes ses énergies à l'école.« Le manque d'argent, d'attention, d'affection a fait gue j'ai redoublé d'efforts à l'école.Je voulais être quelqu'un dans la vie », confie Marie-Sissi.Et elle a réussi! Moins de quatre ans après sa publication chez Boréal, Borderline, le premier roman autobiographique de Marie-Sissi Labrèche, a déjà été traduit en anglais, allemand, néerlandais, serbo-croate et en russe! « Le Centre-Sud, c'est mes origines, c'est chez moi! C'est ici que j'ai toujours vécu.Je n'ai plus de famille et en continuant d'habiter ici, je me sens près de mes racines.» Clown, fildefériste et « pétard blond » Même si sa carrière de romancière et de journaliste a plus que jamais le vent dans les voiles, Marie-Sissi Labrèche a le succès modeste.Pas du genre à pavoiser sur ses réussites: « // y a en moi une fille très forte et une autre qui manque beaucoup d'estime d'elle-même.Comme bien des femmes, on dirait que je veux performer dans tout.» Encore moins du genre à se prendre au sérieux, l'Impératrice du Centre-Sud parle volontiers de la douce folie qui lui a souvent sauvé la vie depuis l'enfance: «J'ai conservé mon monde d'enfant, un monde parallèle où y'a des Calinours et d'Ia barbe à papa.Quand j'suis déprimée, je mets mon nez de clown ou je fais danser les poulets avant des les faire cuire! C'est nono, mais ça fait tomber le stress!» La belle excentrique rigolote a le goût du risque.C'est ce qu'on découvre à la lecture de ses deux romans à caractère autobiographique Borderline et La brèche : « J'aime m'utiliser comme personnage parce que c'est une façon de me mettre à risque.Comme une fildefériste, je ne sais jamais si je vais tomber.» Effectivement, la romancière, avouant qu'elle constitue la matière première de son œuvre, écrit sans filet : « J'aime le côté périlleux de la littérature.C'est sûr qu'avec l'autofiction [genre littéraire mêlant l'autobiographie et la fiction], je me mets souvent en danger.Faut quand même assumer le regard, et parfois le jugement, des autres sur soi.» Et comment que la fildefériste doit assumer! « Dans Borderline, en plein party d'anniversaire, mon personnage se masturbe devant tout le monde.Comme j'ai déjà eu un party d'anniversaire du genre, un ami m'a demandé si j'avais vraiment fait ça.Il était rassuré que je lui réponde que non, car il craignait d'avoir manqué quelque chose! », s'esclaffe la romancière.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Dans La brèche, Marie-Sissi met en scène une étudiante éperdument amoureuse de son professeur de littérature qui a le double de son âge : « C'esf la quête d'identité d'une jeune femme qui tente désespérément de se faire aimer par son prof marié jusqu'aux oreilles! » Là encore, la romancière dira que son personnage qui se surnomme elle-même « le petit pétard blond » lui a valu le titre de courailleuse de première auprès des méchantes langues.Croqueuse d'hommes, la Marie-Sissi?Plus maintenant : « Dans la vraie vie, je rêve du couple soupe aux légumes dans une pagode à Brossard! », rétorque le « pétard blond » au rire taquin de gamine.Modèle à son insu L'allure sympathique et branchée de Marie-Sissi Labrèche, tout comme son style littéraire coloré et osé, lui valent la cote de bien des jeunes femmes, qu'elles soient adolescentes ou trentenaires.Un professeur d'une école du quartier Hochelaga-Maisonneuve a même mis ses romans au programme de secondaire V et « c'esf l'engouement total! » s'étonne la romancière.Adolescente à ses heures, Marie-Sissi se dit très proche des jeunes filles à qui elle s'adresse tous les mois dans le magazine Filles d'aujourd'hui : «J'ai déjà raconté la tentative de suicide que j'ai faite quand j'étais jeune, parce que j'étais épuisée de ma famille de fous.Après ça, une jeune fille m'a écrit pour me dire que mon témoignage l'avait dissuadée de passer à l'acte.Je pense que pour plusieurs, j'suis la preuve qu'on peut venir d'un milieu difficile et s'en sortir.Il faut juste travailler plus fort.» 0*h Bien des femmes se reconnaissent aussi dans les personnages que Marie-Sissi calque en grande partie sur elle-même.« Après une conférence dans une université, une fille est venue me voir et m'a dit que la lecture de Borderline l'avait convaincue de faire une thérapie.», dit-elle, émue, en revenant aussi vite à la blague : « J'ai assez hâte que l'Association des psys me donne une cote.J'envoie tout le monde en thérapie\\ » Un Nobel pour la belle Que d'occupations pour la souveraine romancière du Centre-Sud qui a maintenant une agente pour gérer sa popularité croissante.Régnant sur ses sujets de romans aussi bien que sur sa vie, tout va bien pour Marie-Sissi Labrèche, même si les ombres de l'enfance ont tendance à ressurgir : « Paradoxalement, c'est au bonheur que j'suis pas habituée.On dirait que j'ai peur de réussir.» Mais qu'à cela ne tienne, elle rédige actuellement son troisième roman qui s'intitulera La lune habite un 41/2 et la consécration pointe même le bout du nez.Le producteur Roger Frappier a récemment acheté les droits d'auteurs de La Brèche: «Quand j'ai appris la nouvelle, s'exclame t-elle, c'est comme si j'avais gagné le prix Nobel, tellement ¦>.j'étais excitée! » Actuellement, elle participe à la rédaction du scénario avec Lyne Charlebois dont La I ^ brèche sera le premier long métrage : « Comme mes romans, ce film-là montrera une vision très féminine du monde.» Gageons qu'après le tournage, il y aura encore plus d'hommes aux pieds de l'Impératrice! Si elles changent le monde! Les femmes premières victimes du gouvernement Charest Caroline Touzin Quand le premier ministre Jean Charest a qualifié la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, de « petite madame » en décembre dernier, il en a fait sursauter plusieurs.L'auteure du livre Pour en finir avec la modestie féminine, Pascale Navarro, croit que Jean Charest s'est ainsi montré le digne héritier des conservateurs : « Charest est incapable de se donner le vernis d'un démocrate de centre-gauche ni même de centre-droite.Il n'aurait jamais dit ça d'un homme.C'est comme si pour lui, les femmes n'avaient pas d'autorité! », lance-t-elle.La principale intéressée, Mme Carbonneau, accuse le premier ministre d'avoir une attitude dis cnminatoire envers les femmes « C'était arrogant, comme le reste des politiques de ce gouvernement-là.Il ne fait pas de véritables consultations et a une satisfaction inouïe de sa gracieuse personne.» Lois sexuées Toutes les femmes interrogées, qu'elles proviennent de groupes communautaires, militants ou syndicaux, soutiennent que le gouvernement Charest fait reculer les droits des femmes.Selon la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Michèle Asselin, le cautionnement de la sous-traitance par le gouvernement, avec le projet de loi 31, aura des conséquences extrêmement négatives pour les femmes les plus vulnérables.« Ce ne sont pas les professionnels qui vont vivre la sous-traitance, mais bien les femmes qui travaillent dans les buanderies ou les cafétérias.Elles sont loin d'être en haut de l'échelle salariale et risquent de perdre en salaire et en conditions de tra vail », déplore-t-elle.La hausse des frais de garde dans les Centres de la petite enfance, passant de cinq à sept dollars par jour, déçoit aussi les femmes.D'après Mme Asselin, puisque les femmes gagnent 30 % de moins que les hommes, cette mesure les freinera dans leur désir d'avoir plus d'un enfant.Certaines préféreront rester à la maison plutôt que de retourner au travail et de faire garder leur nouvel enfant à un prix trop élevé pour leur revenu.D'autres projets de loi adoptés sous le « bâillon », en vitesse avant les Fêtes, font bondir la gent féminine.Les projets de loi 7 et 8 qui empêchent la syndicalisation des ressources intermédiaires et des responsables des services de garde en milieu familial ont un sexe, selon Claudette Carbonneau.Ces domaines sont composés de femmes à plus de 90 %: « Non seulement le gouvernement leur dit qu'elles n'ont plus le droit de se syndiquer, mais il annule l'existence de syndicats qui avait été reconnus par les tribunaux du travail.Même Duplessis n'aurait pas fait ça! », dénonce-t-elle.« Ce ne sont pas les professionnels qui vont vivre la sous-traitance, mais bien les femmes qui travaillent dans les buanderies ou les cafétérias.Elles sont loin d'être en haut de l'échelle salariale et risquent de perdre en salaire et en conditions de travail » - Michèle Asselin, présidente FFQ Manque de vision Pour sa part, la coordonnatrice du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Vivian Labrie, en a marre d'attendre le Plan de lutte contre la pauvreté du gouvernement promis depuis des mois.« Charest a une approche de la gouvernance qui se désolidarise de la population.Quand la solidarité décroît, les femmes en ont plus sur le dos », pense-t-elle.Claudette Carbonneau ajoute : « C'esf l'inaction totale dans le dossier de l'élimination de la pauvreté.On sait pourtant que la L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 pauvreté touche particulièrement les femmes.» Plusieurs femmes sont littéralement en colère contre le gouvernement libéral à Québec.Ariane Émond, qui a dirigé le magasine féministe La vie en rose pendant six ans et est actuellement directrice de Culture Montréal, est l'une d'entre elles : « Un gouvernement autoritaire comme celui qu'on a actuellement ne peut aider véritablement sa population à se développer et à augmenter sa qualité de vie.» Selon elle, Jean Charest envoie le message que le Québec a tout faux et s'enfonce, alors que des observateurs disent depuis cinq ans que la province, et particulièrement Montréal, sont en pleine relance.Pascale Navarro se veut encore plus claire quand elle explique pourquoi Jean Charest prend toutes ces mesures qui nuisent aux femmes : « C'esf un gouvernement de droite qui a des idées menées par un seul but : faire le plus de profit à n 'importe quel prix.» D'après elle, si les femmes avaient le pouvoir et l'argent, le gouvernement serait beaucoup plus prudent.Si c'était le cas, il mettrait davantage d'argent dans le Conseil du statut de la femme, un organisme gouvernemental qui fête ses 30 ans cette année, et il aurait également conservé le ministère de la Condition féminine.Conseils à la pelle Les femmes en ont long à dire au parti au pouvoir à Québec pour qu'il améliore sa « performance » depuis le début de son mandat en avril dernier.« C'esf un conseil qui, malheureusement, va tomber à l'eau, avance quelque peu pessimiste, Ariane Émond, mais je lui dirais que tous les gouvernements progressistes dans le monde qui ont fait quelque chose pour leurs citoyens ont écouté leur société civile.» La porte-parole des jeunes de la FFQ, Barbara Legault, abonde dans le même sens.« Charest doit enlever ses œillères.S'il poursuit avec son rouleau compresseur, il devra attacher sa tuque avec de la broche, car ma génération ne le laissera pas faire! » avertit-elle.Pascale Navarro et Vivian Labrie, quant à elles, lui suggèrent de laisser les principales concernées décider du sort du Conseil du statut de la femme pour qu'une « parole forte et féminine » l'oriente.Un silence lourd de sens.C'est la réponse que toutes les femmes interrogées ont donné à L'Itinéraire qui leur a demandé si le gouvernement Charest avait posé un quelconque geste positif pour la condition féminine depuis qu'il a pris le pouvoir.Selon Michèle Asselin de la FFQ, la Journée internationale des femmes, le 8 mars prochain, sera l'occasion pour M.Charest et ses collègues de changer la donne.Pour l'instant, la colère de ces femmes reste entière.:: « Un gouvernement autoritaire comme celui qu'on a actuellement ne peut aider véritablement sa population à se développer et à augmenter sa qualité de vie.» - Ariane Émond, directrice de Culture Montréal Bénévoles demandés derrière le comptoir Le Café sur la rue de L'Itinéraire est à la recherche de bénévoles dynamiques et efficaces pour servir les repas aux personnes de la rue.Pour information, communiquez avec Jocelyne Sénécal au 597-0238.FEMMES L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS elles changent le monde! Carole Poliquin cinéaste engagée contre la mondialisation | Le documentaire québécois engagé tient en Carole Poliquin une ambas-£ sadrice de choix.Ses films font le tour de la planète : France, Grèce, Corée-I du-Sud, Portugal, États-Unis.Son message contre la mondialisation i économique est.mondial! °- Originaire de la Beauce, Carole Poliquin est une femme énergique qui pose un regard très critique sur les enjeux politiques et économiques mondiaux.Le bien commun, l'assaut final (2002) \u2014 sur le brevetage du vivant - et L'emploi du temps (2000) - sur la réduction du temps de travail - témoignent de son engagement pour un monde plus juste.Sa vision sociale ne date pas d'hier.« C'esf en Turquie que les inégalités m'ont fait réagir », indique-t-elle.Carole et son ami Isaac se sont rencontrés là-bas il y a 30 ans.« J'étais partie pour deux mois et j'y suis finalement restée six ans! » rigole-t-elle.La compagnie de production ISCA, qu'elle dirige avec Isaac Isatan (L'argent, 2003), est l'outil qu'ils se sont donné pour porter leur message.Dans leur local du Mile-End, Carole réfléchit actuellement à son prochain documentaire qui portera sur la croissance effrénée après laquelle courent les États et les multinationales.« Nous sommes trop obsédés par la croissance », confirme-t-elle.Depuis près de 20 ans, Carole Poliquin est à l'avant-garde de la dénonciation des inégalités.« Nombreux sont ceux qui qualifient mes films de prémonitoires.» Espérons alors que son prochain film ne soit pas trop « noir »! (J.S.) France Labelle Porte-parole des jeunes marginaux « D'aussi loin que je me souvienne, ce qui m'a toujours animée, c'est d'améliorer les conditions de vie des jeunes et de lutter contre la pauvreté.» Depuis 12 ans, France Labelle dirige Le Refuge des jeunes dont la mission est de venir en aide aux jeunes hommes sans-abri de 17 à 24 ans.« J'utilise ma force en communication pour toucher et sensibiliser les gens aux réalités douloureuses que vivent les jeunes.» Excellente communicatrice auprès du grand public et des médias, cette femme, appuyée par le chanteur Dan Bigras, a coordonné l'Opération Droits devant 2003 qui consistait à dénoncer les contraventions injustifiées que le Service de police de la ville de Montréal donnent aux jeunes de la rue.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Marie Gagnon Héroïne en marge Marie Gagnon est une femme à qui la marginalité donne du génie.Pour la délinquante qui a bifurqué de sa trajectoire d'étudiante modèle, l'écriture est une impérieuse nécessité, comme l'a été, jadis, l'héroïne pour son corps : «À un moment donné, le corps et l'âme n'en peuvent plus de la dope, mais il reste l'écriture, la constante de ma vie.» Incarcérée à la prison de Tanguay pendant de nombreuses années pour des vols commis en librairie, l'auteure de 37 ans est prolifique.Depuis 1997, trois romans se sont succédés au rythme soutenu d'un tous les deux ans : Bienvenue dans mon cauchemar (1997), Les héroïnes de Montréal (1999) et Lettres de prison (2002).Si vous ne connaissez pas Marie Gagnon, courrez acheter L son dernier roman Des étoiles jumelles (VLB éditeur) qui sort en librairie le 16 mars jf prochain! Cette romancière est d'une intensité et d'une franchise déconcertantes, % un baume pour tous les marginaux du cœur et de l'âme: « Les plus belles années | de ma vie ont été quand j'ai vécu l'itinérance : j'étais jeune, ['prenais de l'héro.s J'ai vécu ça avec une telle intensité que j'regrette rien! » (A.C) Lise Demers Editrice à la vision parallèle Dans le monde de la littérature et de l'édition, l'écrivaine et éditrice Lise Demers suit volontairement une trajectoire parallèle.Sa maison d'édition \u2014 les Éditions Sémaphore \u2014 fête sa première année d'existence ce mois-ci, avec le souci toujours constant d'apporter quelque chose de nouveau et de différent aux lecteurs québécois.« Les Éditions Sémaphore, ce sont des livres \"parallèles\", avec une pensée critique autonome explique Lise Demers.Je ne veux pas dire \"marginaux\", car cela implique que l'on reconnaisse un système.» Cette façon différente de lire les événements se retrouve avec la parution, mi-mars, du nouvel ouvrage des Éditions Sémaphore : On les disait terroristes sous l'occupation du Liban-Sud, de Josée Lambert.Cet ouvrage traite des violations des droits de la personne pendant l'occupation israélienne au Liban, et ce, sous un format hybride, mêlant le roman historique, la photographie et le théâtre.L'auteure traite notamment de l'impunité qui est donnée aux criminels de guerre ici au Canada.« // n'y a pas beaucoup d'éditeurs qui auraient pris le risque d'éditer Josée », indique la fondatrice des Éditions Sémaphore.Le premier critère auquel les prétendants à la parution chez Sémaphore doivent satisfaire est écologique.« Nous publions des textes qui méritent l'abattage d'un arbre », précise Lise Demers, en écrasant sa cigarette.Indépendantes et non subventionnées, les Éditions Sémaphore ne craignent pas de pointer du doigt les maux de nos sociétés et enrichissent notre vision du monde, à défaut de garnir le porte-monnaie de Lise Demers.(J.S.) FEMMES L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS elles changent le monde! Journée internationale des femmes Ce qu'en pensent celles de Que pensent les femmes de la rue et les victimes de violence conjugale du féminisme?L'Itinéraire est allé les rencontrer au Chaînon pour souligner la Journée internationale des femmes du 8 mars.Michèle et Claire (noms fictifs) fréquentent régulièrement l'accueil de nuit de la maison Le Chaînon.Selon Michèle, qui tente de se défaire d'une relation problématique et douloureuse, le respect de soi est une composante essentielle du féminisme : « Quand on se respecte en tant que femme, ça peut nous empêcher de tomber dans des \"patterns\" de dépendance affective, de violence conjugale.» Elle ajoute que l'itinérance est pour l'instant la clef de sa liberté pour pallier le poids de la violence conjugale qu'elle subit.Claire, également sans domicile fixe, partage une vision différente du féminisme : « Je n'aime pas le terme \"féminisme\".Je suis pour le respect des femmes, mais aussi pour une progression de la race humaine en général.Je suis plus une humaniste qu'une féministe.» Un 8 mars symbolique?Selon Michèle, hébergée au Chaînon, la Journée internationale des femmes est un événement politique, même si elle garde sa raison d'être : « C'est pas vraiment important pour moi parce que je suis en dehors de toute forme politique, mais je dois quand même avouer que le simple fait d'en parler m'amène à regarder la réalité en face à faire le point sur le féminisme! » La chanteuse et porte-parole du Chaînon, Judi Richards, se dit quant à elle franchement féministe : « Le féminisme est important.C'est une mentalité, une pensée féminine globale, mais bien entendu, sans l'exclusion des hommes.» Dans une perspective égalitaire, Claire reconnaît la nécessité de la Journée internationale des femmes, mais souhaiterait voir naître une journée internationale des hommes pour parfaire l'équité hommes-femmes jusque dans les célébrations de reconnaissance.L'intervenante au Chaînon, Manon Bijot, reconnaît l'intérêt de voir les hommes intégrés au processus : « L'évolution de la Journée internationale des femmes pourrait nous amener à réinventer l'idée du féminisme, en allant chercher les hommes comme alliés.Ils aideraient les femmes à s'imposer tant quotidiennement que politiquement.» Se battre, encore.Est-ce qu'en 2004 les femmes ont les mêmes droits que les hommes?« Non, ce n 'est pas gagné, on doit toujours se battre, s'empresse de répondre la sympathique porte-parole.7e crois que tous les pays ont encore beaucoup de chemin à faire, notamment quand on pense à l'équité salariale qui n 'est même pas respectée dans notre propre pays.Derrière chaque fruit que l'on mange et chaque vêtement que l'on porte, il y a trop souvent une femme sous-payée.» la rue Joëlle Desjardins Paquette Manon Bijot abonde dans le même sens : « Le féminisme est un mouvement nécessaire pour arriver à la reconnaissance sociale, économique et politique des femmes.Il n'y a rien d'acquis et les femmes doivent continuer à revendiquer leur place.» \" « Derrière chaque fruit que l'on mange et chaque vêtement que l'on porte, il y a trop souvent une femme sous-payée.» - Judi Richards, porte-parole du Chaînon Si vous avez\tMISE SUR TOI\t un problème de jeu.\tMHHujJëjZISSHBNI\t L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 L'équité salariale traîne encore des pieds Jérôme Savary adjoint à la rédaction La discrimination salariale existe encore largement au Québec et ampute directement les chèques des travailleuses.Pour remédier à cette injustice, la Loi sur l'équité salariale a exigé des entreprises la mise en place d'un programme d'« équité salariale » avant novembre 2001.Deux ans plus tard, le tiers des entreprises n'ont toujours rien fait dans ce domaine, mais de récents développements redonnent espoir aux femmes.« C'esf principalement dans la petite entreprise que le bât blesse », souligne la présidente de la Commission de l'équité salariale, Rosette Côté.D'après elle, seulement 62 % des entreprises de 10 à 49 employés ont instauré un programme d'équité salariale.Petites entreprises en retard Le recul des petites entreprises dans ce domaine tient notamment à la complexité du concept d'équité salariale (voir encadré ci-contre) et à la crainte des travailleuses non syndiquées de porter plainte.« Les travailleuses ne doivent surtout pas hésiter à entrer en contact avec nous », insiste la présidente Rosette Côté.Cependant, en janvier 2004, des décisions juridiques importantes permettent d'envisager un traitement plus équitable du travail des femmes.La Commission de l'équité salariale \u2014 créée par la loi du même nom votée en 1996 \u2014 a ainsi renvoyé 164 caisses populaires Desjardins à leurs devoirs.« L'employeur a investi beaucoup d'énergie pour se soustraire à la Loi, alors qu'il aurait dû s'asseoir avec nous afin de réaliser l'équité salariale pour ses travailleuses », assure Mireille Fillion, présidente de l'unité des employé(e)s de bureau de la Fédération des caisses Desjardins du Québec.Plus d'échappatoire possible! De plus, un jugement de la Cour supérieure du Québec, prononcé en janvier 2004, a invalidé le régime d'exemption prévu par la loi de 1996 et dont s'étaient notamment prévalus Desjardins et le gouvernement.Dorénavant, l'équité salariale doit donc être mise en place pour TOUTES les entreprises de 10 salariés et plus, qu'elles soient publiques ou privées.Selon le journal La Presse, environ 500 000 Québécoises sont touchées par cette décision.La discrimination basée sur le sexe ne représente qu'une partie de l'écart de rémunération total existant entre les femmes et les hommes.En 2000, selon la Commission de l'équité salariale, les femmes travaillant à temps plein gagnaient un salaire horaire moyen inférieur de 17 % à celui des hommes.Et d'après la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, en 1996, la discrimination sexuelle représentait près du tiers de cet écart salarial.« Les ajustements salariaux grâce à l'application de la Loi sur l'équité ont entraîné des augmentations de salaire pour les L'équité, c'est plus que l'égalité L'équité est une demande liée à des emplois différents mais équivalents, pour lesquels les femmes demandent des salaires égaux, alors que l'égalité est associée à des emplois rigoureusement identiques.Selon la Commission de l'équité salariale, l'équité est réalisée lorsque les emplois majoritairement occupés par des femmes reçoivent la même rémunération que les emplois majoritairement occupés par les hommes.Ainsi, dans un hôpital par exemple, l'emploi d'infirmière ou d'infirmier (majoritairement féminin) peut être comparé à celui d'électricienne ou d'électricien (majoritairement masculin).Ailleurs, dans un journal, on peut comparer l'emploi de réceptionniste à celui de concierge.femmes comprises entre I % ef 72 % », précise la conseillère syndicale au Syndicat des employées et employés professionnelles et de bureau/Québec, Me Linda Solomon.Vigilance, vigilance Les décisions récentes du gouvernement \u2014 d'accepter, finalement, le jugement invalidant le régime d'exemption -, de la Cour supérieure du Québec et de la Commission de l'équité salariale apportent une crédibilité inattendue aux revendications des femmes salariées.Toutefois, la vigilance reste de mise pour s'assurer que les changements auront effectivement lieu, selon la conseillère syndicale en équité salariale du Syndicat des métallos, Carole Jodoin.Petit à petit, les femmes obtiennent des droits équivalents à ceux dont les hommes bénéficient, mais de quelle lutte! Nul doute que les discriminations qu'elles subissent ne disparaîtront qu'au prix de leur engagement déterminé dans la recherche de l'équité salariale.S! Lisez la version intégrale dans Cyberltinéraire.www.itineraire.ca \\\\l L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Chronique personnages urbains Mormonne-moi une chanson ! geneviève garceau Journaliste de la rue Samedi après-midi, j'arpente la station Place-des-Arts.Soudain, j'aperçois une étrange chorale constituée d'une vingtaine de jeunes gens proprement vêtus.Ils paraissent trop chics pour quêter quoi que ce soit.Très BCBG et arborant fièrement un badge les identifiant, ils répondent docilement aux ordres de leur chef d'orchestre.Ils ne demandent effectivement pas d'argent et ont dans le regard cette lueur indicible que l'on retrouve chez les personnes heureuses du devoir accompli.Que font-ils là ?Un de leurs représentants, voyant mon étonnement, vient vers moi et me dit : «Savez-vous que nous sommes missionnaires de l'Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours?».Ai-je bien entendu ?Des Mormons dans le métro ?Piquée à vif dans ma curiosité de journaliste encore toute néophyte, je lui demande illico de m'accorder une entrevue.Ce que femme veut.Dieu le veut ! Les quatre « Elders » Quelques jours plus tard, quatre jeunes hommes prénommés « Elder » m'accueillent poliment dans leur église.J'apprendrai plus tard qu'Elder signifie ancien et que tous les missionnaires mormons s'identifient ainsi.Le premier « Elder » à prendre la parole me dit : « Dans le métro, nous partageons notre croyance en Jésus-Christ.C'est une occasion pour nous de rencontrer des gens ».Selon lui, les passants répondent assez bien à cette intervention et désirent parfois chanter avec eux.En fait, le but de l'exercice consiste à obtenir des rendez-vous pour d'évangéliser.Je leur demande alors à quoi ressemble le quotidien dans la vie d'un missionnaire mormon.Tous sont unanimes : « Nous nous levons assez tôt le matin afin d'étudier les Écritures pour mieux savoir ce que nous enseignons.Nous travaillons de 10 h jusqu'à 2! h 30.Nous avons des rendez-vous avec les gens pour leur faire connaître nos Les Mormons du métro croyances et les préparer au baptême.À 22h, nous sommes épuisés et nous allons nous coucher ».Il est vrai qu'un missionnaire n'a pas souvent de repos et que, prisonnier de son église, il se distrait rarement.Agenda de chef d'entreprise Contrairement aux Témoins de Jéhovah qui frappent à toutes les portes, les Mormons préfèrent se rendre là où ils croient qu'on les attend.Certes, il y a dans cette démarche beaucoup moins d'agressivité.Ils disent ne forcer personne à les suivre.Par contre, j'ai bien senti que lorsque qu'une bonne âme s'intéresse à eux, ils ne lâchent pas prise facilement.Ils notent scrupuleusement noms et adresses dans un agenda comparable à celui d'un chef d'entreprise et insisteront pour rencontrer leurs prospects.À Montréal, on compte environ 70 missionnaires mormons âgés entre 19 et 25 ans.Ces jeunes personnes quittent pays, parents et amis et ce, à leurs propres frais pour évangéliser.Majoritairement Américains, ils doivent apprendre la langue du pays d'accueil avant d'aller s'installer.La Loi de santé pré-= domine au sein de s l'église mormonne.g Cette loi interdit à tout g pratiquant de fumer, de 0 boire de l'alcool, du café 1 et même du thé ! « // .c °\" faut protéger notre corps - don de Dieu -et ces substances sont nuisibles pour la santé », me disent-ils.Un croyant qui s'adonne à ces pratiques ne sera pas pour autant exclu de l'église, mais son frère Mormon l'aidera à retrouver le droit chemin.Ne devrions-nous pas tous agir ainsi ?Dieu merci, nous avons L'Itinéraire qui vient en aide aux plus démunis et qui s'est donné comme mission sociale d'aider ceux qui vont trop loin dans la consommation de substances néfastes.Cependant, ne parlons pas ici d'abus de.café ! genvi2000(a)vahoo.fr L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Un appui à notre lutte contre la pauvreté Gilles Duceppe Député de Laurier\u2014Sainte-Marie Chef du Bloc Québécois 1717 boul.René-Lévesque est, bureau 305 Montréal (Québec) H2L 4T3 Téléphone: (514) 522-1339 Télécopieur: (514) 522-9899 Courriel: ducepg1@parl.gc.ca Appuyons L'Itinéraire pour bâtir une société plus juste.CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Tél.: (514) 729-5342 Télécopieur: (514) 729-5875 CIRQUE DU SOLEIL 8400,2e Avenue, Montréal (Québec) Canada H1Z 4M6 Réal Ménard, Député Hochelaga-Maisonneuve 4036, rue Ontario Est Montréal I Québec) H1W IT2 Tél.: (514) 283-2655 Fax: (514) 283-6485 ?* ^ 5* /1SSEMBLEE NATIONALE QUÉBEC André BOULERICE Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques 1951, boul.de Maisonneuve Est Bureau 001 Montréal, Québec H2K 2C9 Téléphone : (514) 525-2501 Télécopieur : (514) 525-5637 andre.boulerice@assnat.qc.ca ASSEMBLEE NATIONALE QUÉBEC Hôtel du Parlement Bureau 2.129 Québec (Québec) G1A1A4 Tél.: (418) 643-4313 Téléc.: (418) 646-4385 Jacques Chagnon Député de Westmount-Saint-Louis et ministre de la Sécurité publique 1155, rue Université Bureau 708 Montréal (Québec) H3B 3A7 Tél.: (514) 395-2929 Téléc.: (514) 395-2955 L'ITINÉRAIRE Carte postale du Forum social de Mumbai Roxane Nadeau Correspondante a Kolkata (anciennement Calcutta) Deux nuits de train, à chanter, à boire et à danser.Les esprits sont à la fête.Nous sommes 140 travailleuses du sexe de Kolkata et nous allons à Mumbai, au Forum Social Mondial! Hébergées par le Syndicat National des Pêcheurs, matin et soir, nous ferons deux heures de bus pour nous rendre sur le campus où a lieu le Forum.Durant cinq jours, nous coucherons par terre, à la belle étoile.La bouffe sera moche, sauf pour le poisson dont je vais me gaver.Pour la première fois, je sais d'où il vient et qu'il est frais.Nous sommes sur le bord de la mer, au grand ciel étoile la nuit.À Kolkata, on ne voit pas les étoiles et c'est à peine si on voit le ciel.Décriminalisation : revendication mondiale C'est la première fois, nous dit-on, qu'un groupe de travailleuses du sexe est représenté de façon officielle au Forum.Le Durbar Mahila Samanwaya Commitee (DMSC) a une délégation de 120 femmes et personnes transgendrées travailleuses du sexe.Avec nous, des travailleuses du sexe venues du Bangladesh et de la Malaisie.Un groupe de MSM (Men Having Sex with Men) et un groupe d'hommes travailleurs du sexe aussi.En tout, nous formons un groupe de 1000 personnes regroupées sous la bannière Minorités vivant de la discrimination en rapport à la sexualité.Nous ferons une conférence de presse et une manifestation.Un thème s'impose: La décriminalisation, un besoin global, une revendication mondiale! Les travailleuses du sexe du monde, unies! On a un peu peur.À Mumbai, il y a un groupe d'extrême droite hyper violent qui déteste les putes.Viendront-ils au Forum pour casser la baraque et nous casser la gueule comme certains zélés du Centre-sud avec leur batte de baseball?Mais c'est pas ça qui va nous arrêter, on en a toutes vu d'autres! Alors que nous installons nos banderoles déjà, les commentaires d'autres participants au Forum donnent le ton : « Sex Work is Work, what the fuck is that bullshit! » Nous devrons faire plus que revendiquer, nous devrons être vindicatives! La frénésie s'installe, tout le monde est heureux et n'a qu'une idée en tête : se distinguer parmi les milliers de groupes présents.À l'ouverture officielle, nous sommes à peu près 300 000 personnes! Le site est plein à craquer et chaque mur, chaque poteau, chaque pouce carré est placardé de pancartes.Les tablas roulent, les chants se hurlent, les slogans déboulent, les corps se déhanchent; des manifs, de la danse, des costumes, c'est époustouflant! On parle beaucoup de l'accessibilité de l'eau.L'eau est en crise, en sécheresse et il faut faire quelque chose.Pas sur Mars, pas plus tard, ici et maintenant! Il y a beaucoup de groupes de travailleurs-euses indiens.Très pauvres, ils gagnent des salaires de crève-faim.Le Forum est l'occasion pour eux d'interpeller les différents paliers des gouvernements indiens.Et le monde entier.Respecter les femmes trafiquées Des groupes contre le trafic humain sont présents.Je n'irai pas les entendre.J'ai choisi mon camp.Toutes les associations de travailleuses du sexe sont contre le trafic, mais Militante féministe pour les travailleuses du sexe, Roxane Nadeau est l'auteure du roman Pute de rue, publié récemment aux éditions des Intouchables.À l'ouverture officielle, nous sommes à peu près 300 000 personnes! Le site est plein à craquer et chaque mur, chaque poteau, chaque pouce carré est placardé de pancartes.choisissent d'abord de respecter les femmes et les filles.Il faut faire attention à la manière dont on sort les girls de là! C'est délicat de « sauver » les femmes et les enfants.Lorsque l'une d'elles est « sauvée », elle est identifiée comme ayant été trafiquée.Elle est reniée par sa communauté et par sa famille, même si c'est celle-ci qui l'a vendue.Son avenir est foutu.Les femmes extirpées de réseaux de trafic sont identifiées, étiquetées, stigmatisées comme putes, et ce, qu'elles y aient été forcées ou pas.Et elles restent putes, la plupart du temps.Et qu'a-t-on de concret à leur offrir?Adultes, elles veulent travailler! Elles ont faim et doivent manger.Elles connaissent la business, ont vu l'argent qu'il y a à faire et veulent leur part du gâteau.C'est pourquoi nous devons d'abord lutter contre la pauvreté et pour que ces femmes puissent travailler en sécurité et selon leurs besoins.C'est ce qu'elles veulent et sont des milliers à devoir nourrir leurs enfants.Les opérations de sauvetage font beaucoup de ravage.La violence policière envers les femmes dans les bordels est constante et on embarque tout le monde.Difficile d'entendre comment la stigmatisation, la discrimination, la criminalisation fait mal à toutes et tous.Des vies complètement ravagées à force de se faire battre et de se débattre pour être reconnues, pour avoir droit à la dignité et gagner son bol de riz grâce au sexe payé.Notre manifestation a été un succès total! On a fait les manchettes à la télé, le bulletin officiel du Forum et même un journal africain! Swapna Cayen, secrétaire du DMSC, résume le tout : « Plusieurs groupes de travailleurs et de travailleuses sont venus revendiquer leurs droits ici.Nous sommes aussi venues pour revendiquer le droit à notre boulot ! » :: L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Bordel à ciel ouvert Anne-Christine Loranger Correspondante en Europe de l'Est Dubi (République Tchèque) - Quinze ans, les cuisses offertes au vent, elles racolent les touristes allemands.Si certaines affichent une blondeur nordique, beaucoup montrent les yeux noirs et le teint basané typiques des gitanes.Ségrégation aidant, la prostitution représente pour les femmes tziganes d'Europe de l'Est l'une des seules professions accessibles.Explosion du tourisme sexuel Dubi compte une seule rue principale, mais 200 bordels.Situé à sept kilomètres de la frontière allemande, ce village pauvre survit grâce au tourisme.Si les touristes viennent à Dubi, c'est d'abord pour les filles qui s'offrent aux automobilistes arborant des plaques étrangères.Depuis 1989, le village connaît une explosion du tourisme sexuel.Un dimanche de janvier vers quinze heures, alors que la neige et le vent balaient les rues, on compte six jeunes filles dans les vitrines et dans la rue, certaines pathétiquement jeunes et frêles.Ici, on peut s'offrir une adolescente pour 20 $, souvent moins.Les routes tchèques, jouxtant la frontière allemande, constituent désormais le plus grand bordel à ciel ouvert d'Europe: un menu de choix pour les pédophiles.Ados à rabais Les réseaux de proxénètes liés à la mafia russe ratissent désormais les régions pauvres de Slovaquie et de République Tchèque en quête de jeunes filles qu'ils envoient travailler à la frontière allemande.Ils font miroiter à ces adolescentes misérables un emploi bidon en Allemagne ou en Italie et épuisent leurs économies en billets d'avion et autres « frais de transport ».Une fois celles-ci embarquées, ils les contraignent à se prostituer à rabais pour « payer leurs dettes ».Dettes qu'elles ne seront jamais en mesure de rembourser.Si toutes les populations pauvres de République Tchèque et de Slovaquie sont victimes des réseaux de trafiquants, ce sont les Tziganes qui en font majoritairement les frais.La moitié des prostituées le long de la frontière seraient Tziganes.« Nous avons ici deux femmes Tziganes que nous hébergeons », explique Petra Lorenz, travailleuse sociale pour Solwodi, un organisme allemand d'aide aux femmes basé à Boppard, en Allemagne.« Toutes les deux ont été poussées à la prostitution, la première par sa famille et l'autre à travers un réseau.Nous subvenons à leurs besoins en essayant de leur obtenir des papiers qui leur permettraient d'obtenir un permis de résidence en Allemagne et de pouvoir enfin avoir un emploi », poursuit la travailleuse sociale.Complicité policière Les Tziganes, ou Roms, habitent l'Europe depuis le XlVe siècle.Originaires de l'Inde, ils possèdent une langue, des coutumes et un style musical qui leur est propre.Largement nomades, les Roms ont été historiquement victimes de ségrégation.Pire encore qu'au Québec, être « sans domicile fixe » constitue en Europe la pire des tares.Encore aujourd'hui dans les pays de l'Est, beaucoup d'emplois sont interdits aux Tziganes.La police les persécute et les tenanciers des bars ne se gênent pas pour les expulser.En République Tchèque, où le chômage avoisine les 16%, plus de 75 % des 500 000 Roms sont sans emploi et vivent dans des conditions d'extrême pauvreté.La ségrégation des Roms affecte particulièrement les femmes et les jeunes filles.Victimes de violence et d'abus sexuels, souvent forcées à la prostitution pour soutenir leur famille ou pour survivre elles-mêmes, la situation des femmes Roms en République Tchèque est alarmante.Le Conseil de l'Europe a ainsi instauré un Groupe de spécialistes sur les Roms/Tziganes chargé d'étudier la situation des populations Tziganes d'Europe, de trouver des solutions à moyen et long terme et d'inciter les instances internationales à agir.Mais les démarches sont longues car les autorités tchèques sont plus enclines à nier les problèmes de la population Rom qu'à chercher des solutions.D'autant plus que la police serait complice des réseaux de trafiquants sexuels, tel que l'explique Adolf Callwitz, expert international dans le trafic humain : « Quand nous demandons à des mineures si elles ont peur de la police, certaines ne semblent pas du tout inquiétées.» Les organisations d'aide comme Solwodie luttent pour donner à ces femmes la possibilité de se sortir des réseaux de prostitution et d'obtenir un premier emploi.Mais la véritable solution est ailleurs.« Nous devons travailler à socialiser les jeunes hommes de façon à ce qu'ils se sentent libres de parler de leur sexualité, qu'elle soit liée à l'empathie, non seulement à la satisfaction des besoins », explique l'expert inter-national dans le trafic humain.Selon ce dernier, l'ultime solution réside dans la sensibilisation des hommes de la région : « Les hommes et les garçons doivent comprendre les dessous du milieu de la prostitution et les drames qui s'y vivent.C'est la seule solution à long terme.»!! Photo: Agence Alpha-Presse L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Je vous fais parvenir mon don de : 20 $ ?50 $ ?100 $ ?Autre_$ ?Nom Prénom Adresse : Code postal :_ Tél.:_(_ MODE DE PAIEMENT ?VISA No de la carte Date d'expiration Signature ?Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante : 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1 Ri Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôts ?Les reçus pour les dons de plus de 10 $ seront émis a Id fin de l'dnnée seulement / L'Itinéraire Plus qu'un magazine! L'Itinéraire est bien plus que le magazine que vous avez entre les mains.En plus de la centaine de camelots qui y trouvent une alternative à la mendicité et une façon de se revaloriser.Une cinquantaine de collaborateurs ont participé au journal L'Itinéraire et ont reçu de la formation en écriture journalistique.Le Café sur la rue reçoit environ 1500 personnes par mois en offrant des repas à 3 $ dans un environnement accueillant et respectueux de leur réalité.D'ailleurs, plus de 1000 repas ont été offerts cette année par les Montréalais grâce au projet de cartes-repas.L'Espace Internet permet à près de 400 personnes par mois d'avoir accès à l'informatique à 2 $ de l'heure et de recevoir gratuitement de la formation en navigation, en initiation à l'ordinateur et en traitement de texte.En 2003, notre organisme a permis à des centaines de personnes d'obtenir des services d'intervention psychosociale, des références auprès d'organismes spécialisés et de l'aide pour la résolution de leurs problèmes avec les services publics.Aidez-nous à ranimer la confiance et l'estime de soi en nous encourageant à poursuivre nos projets! Les cartes-repas : Une façon concrète \"aider les gens de la rue Comme plusieurs jeunes de la rue, Éric ne cache pas sa consommation et dit avoir de la difficulté à se nourrir quand il « part sur le party ».Lorsqu'il se présente au Café sur la rue de L'Itinéraire avec sa carte-repas, Éric peut manger gratuitement et discuter avec des personnes de la rue comme lui.Vendues au coût de trois dollars chacune, les cartes-repas permettent aux citoyens de Montréal de nourrir une personne de la rue.Situé dans le quartier Centre-sud, le Café sur la rue accueille environ 200 personnes de la rue par semaine et permet à environ dix personnes par année d'acquérir une expérience en restauration.En 2002, plus de 1500 cartes-repas ont été vendues, permettant ainsi à autant de personnes de la rue de manger gratuitement un repas au Café sur la rue.Plusieurs personnes de la rue sont également interpellées par les projets de L'Itinéraire, dont le mensuel qui constitue une tribune d'expression unique et une alternative concrète à la mendicité.Pour vous procurer des cartes-repas, communiquez avec Denise Ouellet au 597-0238, poste 26 ou faites-nous parvenir un chèque en remplissant le coupon ci-dessous.!\" Bon de commande pour cartes-repas ] Nom :_ Prénom :.Adresse : Code postal : _ Tél.: (_)_ Je désire recevoir nombre de cartes :._X 3,00 $ chacune Total : ?Je désire recevoir les cartes à l'adresse ci-dessus.?Je désire laisser les cartes à L'Itinéraire pour que vous les donniez vous-mêmes.MODE DE PAIEMENT ?VISA _ No de la carte / Date d'expiration Signature ?Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire Veuillez joindre votre chèque à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire, et postez à l'adresse suivante : 1108, rue Ontario Est, Mtl (Que.) H2L1R1 Aussi en vente au Caté sur la rue, 1104, rue Ontario Est, Montréal (Que.) Tél.: 597-0238, poste 32 L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 ^^S'abonner à L'Itinéraire, c'est plus qu'acheter un bon magaiine : c'est soutenir les1 plus démunis qui se prennent en main pour amé- L.linror iPiir cnrt Un organisme qui roule! Alexandre Péloquin journaliste de la rue et camelot métro Bonaventure Sans LAccès-Soir, qui roule vers les démunis JÊ ,.' \"A tous les soirs, beaucoup de monde n'aurait ^L/~^k| pas grand'chose à se mettre sous la dent.En I plus de la nourriture, cet organisme mobile offre un service de référence et, une fois par semaine, il y a une infirmière à bord.Oui, j'ai bien dit « à bord », parce que depuis mars 2002, LAccès-Soir aide les personnes en difficulté à partir d'une roulotte mobile, un peu comme POPS (Le Bon Dieu dans la rue).Cet organisme opère à l'extérieur du centre-ville, dans les quartiers du nord de Montréal.Sa visibilité est ainsi moindre que celle de POPS qui est « parqué » au coin de Bern et Sainte-Catherine.Depuis 20 ans, ces quartiers Nord ont connu une augmentation majeure de la pauvreté.LAccès-Soir ne connaît pas de pénurie de travail et son besoin d'argent est aussi criant que celui des organismes situés au centre-ville.Selon LAccès-Soir, près d'un tiers des personnes qui profitent de leurs services ont moins de 18 ans.Pour y être moi-même allé, c'est une bonne équipe dynamique vraiment à l'écoute des jeunes.Et c'est rare de trouver une écoute attentive tout en pouvant grignoter un morceau et boire un verre de jus.Sur ce, je souhaite que vous en parliez à ceux et celles qui pourraient en avoir besoin.Ne vous gênez pas pour envoyer des dons, que ce soit en argent ou en denrées non périssables.Votre journaliste de la rue vous jure que cela sera distribué justement ! Vous pouvez rejoindre la coordon-natrice Louise Giguère au 514-388-7336 (de 9h à 5h) qui vous dira comment acheminer vos dons.:: Prix : 74 $ pour un abonnement de 12 mois (12 numéros, taxes et frais de port compris, un montant de 50 $ étant directement réservé à réaliser la mission de l'organisme).Chaque abonnement supplémentaire livré à la même adresse coûte 24 $.Renseignements : (514) 597-0238, poste 26.Nom et prénom :_ Adresse :_ Ville : Mme ?M.Q Code postal :_ Téléphone :_(_ Indiquez vos choix en cochant la ou les cases appropriées : i_J Un abonnement à 74 $ ou Q _abonnements à_$ (ex.74 $+24 $+.) Je veux recevoir un reçu de charité de 50 $* Dites-nous quand votre abonnement doit débuter : Je veux que mon abonnement débute en_ _ mois année MODE DE PAIEMENT ?VISA No de la carte _/_ Date d'expiration Signature _1 Chèque au nom de Croupe communautaire L'itinéraire.*Les reçus de charité sont postés à la fin de l'année.Merci de retourner ce coupon et votre chèque, s'il y a lieu, à : Abonnements à L'Itinéraire 1180, rue Ontario Est, Montréal (québec), H2L 1R1.Nom du camelot qui vous a suggéré l'abonnement :_ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Bulletin d'information Info maintenant en ligne www.rapsim.org La loi 25 : une menace pour les groupes communautaires Comment une loi sur l'organisation des services de santé et des services sociaux peut-elle toucher la population itinérante et les organismes qui travaillent avec elle ?Malheureusement, de nombreuses façons, car les conséquences anticipées de cette nouvelle réforme sont loin d'être positives, tant pour le financement des groupes que pour leur autonomie.La Loi sur les agences de développements des réseaux locaux de services de santé et de services sociaux (loi 25), adoptée à tout vapeur en décembre par le gouvernement Charest, prévoit que ces Réseaux locaux doivent inclure les activités et services d'organismes communautaires.Selon la volonté gouvernementale, «l'implantation des réseaux locaux est un projet organisationnel et clinique qui vise à rapprocher les services de la population et à faciliter le cheminement des personnes dans le réseau de la santé et des services sociaux essentiellement des services médicaux».Pour la mise en place de ces Réseaux, le territoire de la ville de Montréal sera divisé en un nombre X de réseaux locaux, encore à déterminer.Les grands territoires de ces Réseaux incluront les CLSC, dont le nombre aura été réduit par des fusions.Ce modèle vise ainsi, ce qui est loin d'être fait, à accroître l'accessibilité aux services de santé: à ceux des médecins, des CLSC et des services hospitaliers généraux, spécialisés et de longue durée.Ces réseaux doivent aussi prévoir l'accès à «certaines activités de certains groupes communautaires».Cette intégration représente un enjeu majeur pour le milieu communautaire.L'autonomie et le financement menacés Les groupes reçoivent une subvention pour financer leur travail, sans que cela soit lié à des obligations du ministère en terme d'objectifs, de services, de population desservie, etc.L'unique compte à rendre pour l'obtention de ce financement se fait actuellement sur la base du rapport annuel d'activités.Ce financement de mission représente un acquis historique pour les groupes communautaires, leur donnant une certaine stabilité de même qu'une marge d'autonomie pour la réalisation des activités pour lesquels ils ont été créés.À Montréal, ces subventions annuelles atteignent la somme de 58 millions $ que se partagent 513 organismes.Le maintien du programme SOC au niveau régional et comme enveloppe dédiée au financement de la mission globale représente un enjeu majeur de la mise en place des réseaux.Le ministre Couillard a annoncé un sursis de deux ans, se terminant le 31 mars 2006.Le PDG de la nouvelle Agence de développement des réseaux locaux, David Levine, avançait une hypothèse qu'après ce sursis, on pourrait prendre une part du financement actuellement destiné à appuyer la mission de base des groupes pour financer des ententes de services avec des organismes acceptant de s'intégrer aux Réseaux locaux.Les organismes seront-ils libres de s'insérer ou non dans ces Réseaux si, pour conserver leur financement, ils devaient s'y intégrer ?Qu'arrivera-t-il aux organismes qui refuseront ou ceux, comme les groupes en défense des droits, dont les activités ne conviendront pas aux besoins des Réseaux ?Comment des questions comme l'itinérance, qui se vit davantage mais non exclusivement dans les quartiers centraux, peuvent-elles s'intégrer dans de tels Réseaux ?Quel avenir aura le Comité de liaison en itinérance, qui réunit la Ville, la Régie Régionale et des groupes communautaires et qui a agit avec succès sur plusieurs questions, comme la création de places de refuge d'urgence l'hiver ?Le gouvernement doit garantir aux groupes communautaires le maintien du financement de leur mission globale.Il doit aussi revoir ses plans avant de chambouler davantage et inutilement le réseau de la santé et des services sociaux.iÛOÛQII Actuellement, la majorité des organismes communautaires en itinérance reçoivent un financement récurrent pour leur mission globale dans le cadre du programme de Soutien aux Organismes Communautaires (SOC) du Ministère de la santé.Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: (514) 879-1949 108 L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 Solidaires des personnes de la rue! 427, rue de la Commune Est Montréal (Québec) ¦g H2Y IJ4 Téléphone: (514) 845-3906 Télécopieur: (514) 845-7Q19 Les Œuvres de la Maison du Père 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax:(514)845-2108 Centre d'accueil pour hommes de 25 ans et plus.L'Institut de pastorale des Dominicains un centre universitaire à taille humaine un lieu de formation permanente à la foi chrétienne 2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Que) H3T 1B6 Tél.: (514) 739-3223 Téléc.: (514) 739-1664 Courriel : secretariat@ipastorale.org Site Internet : www.institutdepastorale.org ¦y/ubiksii?Logistique a la solution rapports d'expertise gestion de travaux programme d'entretien préventif LOGISMM ¦¦TIQUE OBNL de gestion de travaux en rénovation et entretin ¥ Logistique inc Tél.: (514) 522-2107 Fax:(514)522-5447 pérennité@interloge.org @ Desjardins r ~i Solidaires de L'Itinéraire L Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal Deux endroits pour mieux vous servir Place d'affaires du Mont-Royal 435, avenue du Mont-Royal Est Montréal (Québec) H2J 1W2 Place d'affaires Saint-Louis-de-France 745, rue Roy Est Montréal (Québec) H2L 1E1 Un seul numéro de téléphone pour nous joindre Tél.: (514) 288-5249 \t\t En Solidarité\t\t avec le Groupe L'Itinéraire\t\t dans son travail\tt IL\t de développement social\t\t Les ôoeurs de la Providence\t\t Province Notre-Dame, Montréal\t\t Tél.: (514) 526-3141\t\t \tÉglise Unie Saint-Jean lis *r\tCommunauté protestante francophone au cœur de la cité ¦-ï\t \t+ célébration chrétienne dominicale à 10h30 + ressourcement spirituel et biblique \ti + pastorale des mariages 1 ' hi 4k.r- ' '.'\":~\"'\"\" in\t110, rue Sainte Catherine Est mw^-r*ë* ™\tVisitez notre site web: Montréal H2 X 1K7 \twww.cam.org/~stjean (514) 866-0641 \t L'ITINÉRAIRE élyse frenette Journaliste de la rue Des enfants sous surveillance I La société dans laquelle nous vivons cherche à maîtriser la délinquance juvénile tout en protégeant les jeunes en difficulté.Connaissons-nous l'histoire des lois qui régissent la protection de la jeunesse au Québec?D'où vient la création des institutions qui reçoivent les jeunes délinquants?Depuis quand existent les tribunaux spécifiques que nous connaissons aujourd'hui?Sylvie Ménard, chercheuse au Centre d'histoire des régulations sociales, nous présente dans son ouvrage, Des enfants sous surveillance \u2014 La rééducation des jeunes délinquants au Québec (1840-1950), l'historique des lois au pays qui protègent les jeunes contrevenants et ceux qui sont en difficulté.Ces lois ont mené à la création de la première école «de réforme» au Québec pour les jeunes de moins de 16 ans : l'Institut Saint-Antoine, maintenant connu sous le nom de Mont-Saint-Antoine.Incarcérés à Kingston et Saint-Vincent-de-Paul En premier lieu, l'auteure nous explique l'origine des premières lois fédérales et provinciales pour protéger les jeunes en difficulté ou en danger.Elle nous parle aussi des efforts des gens qui se sont impliqués auprès de jeunes de moins de 16 ans incarcérés dans les pénitenciers de Kingston, en Ontario, et à la prison Saint-Vincent-de-Paul, à Montréal.On propose alors la création d'une école de réforme pour que ces derniers ne soient plus emprisonnés avec les adultes.Le gouvernement voit, dès la fin du XIXe et le début du XXe siècle, la création de tribunaux spécifiques pour les jeunes délinquants et en difficulté.En deuxième lieu, nous apprenons l'histoire de l'Institut Saint-Antoine.Monseigneur Bourget, l'évêque de Montréal à l'époque, joue un rôle important dans la création de la première école de réforme.Il s'implique à tous les niveaux et demande à la communauté des Frères de la Charité, située en Belgique, de venir s'installer à Montréal pour gérer cet Institut.Au tout début, le gouvernement propose d'installer l'établissement à la campagne, alors que les Frères suggèrent plutôt la ville.Le gouvernement voyait l'Institut Saint-Antoine à la campagne pour permettre l'enseignement de l'agriculture aux jeunes.Les Frères de la Charité ont quant à eux fait prévaloir que la majorité des jeunes étaient originaires de la ville et qu'il serait préférable pour eux d'apprendre un métier qui pourrait leur donner du travail en ville.Finalement, les Frères ont eu gain de cause et c'est à l'emplacement actuel de la station de métro Bern-UQAM que fut érigé l'Institut Saint-Antoine en 1873.Conflit catholiques-protestants En dernier lieu, la chercheuse présente la relation conflictuelle qui opposait les églises catholiques et protestantes au sujet de l'éducation.Les protestants craignaient notamment que l'Église catholique devienne trop influente dans la gérance des institutions de réforme.Par souci de sa communauté anglophone, le gouvernement accepta de créer des institutions protestantes pour permettre aux jeunes anglophones de recevoir un enseignement religieux au sein de leurs propres centres de réhabilitation pour jeunes délinquants.Le livre de Sylvie Ménard nous fait découvrir une page de notre histoire sociale pour nous permettre de mieux comprendre d'où nous venons et où nous devons aller pour aider les jeunes en difficulté.Sylvie Ménard, Des enfants sous surveillance - La rééducation des jeunes délinquants au Québec ( 1840-1950), VLB Éditeur, Montréal, 2003.Pour la dignité * Des revenus décents www.ccmm-csn.qc.ca (514)598-2021 du montréal metropolitan CSN L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 arrondissement.com Un lien sur votre communauté POUR LA DÉMOCRATISATION DE L'INFORMATION .irondissement.com (un projet d'un groupe d'aide aux jeunes d'Hochelaga-Maisonneuve, L'Avenue) et L'Itinéraire (le magazine vendu dans les rues de Montréal par les personnes itinérantes et sans-emploi), annoncent officiellement un partenariat qui existe idéologiquement depuis déjà plusieurs années.L'Itinéraire, depuis déjà 10 ans, permet aux personnes itinérantes de s'exprimer et de faire réaliser au grand public que personne n'est à l'abri de l'exclusion sociale.Le mensuel est vendu sur la rue ou par abonnement et est lu par près de 50 000 personnes.Chaque année, près de 1 000 personnes vendent le journal, reçoivent une aide alimentaire par le biais du Café sur la rue ou encore accèdent à de la formation informatique à L'Espace Internet.Arrondissement.com est le premier portail Internet montréalais de proximité.Média d'information locale, il veut également faciliter aux citoyens l'accès aux ressources communautaires, culturelles et de loisirs ainsi qu'aux services publics dans leur quartier.Présent dans trois et bientôt quatre arrondissements de Montréal, Arrondissement.com totalise chaque mois près de 80 000 visiteurs.À compter de ce mois-ci, les lecteurs de L'Itinéraire seront sensibilisés aux activités d'Arrondissement.com dans les pages du magazine.De même, les internautes qui visitent le portail d'Arrondissement.corn auront des nouvelles de L'Itinéraire.Pour les Montréalais, ce partenariat augmentera l'accès à une information sociale et conscientisée alors qu'ils ont trop souvent droit à une information uniformisée.L'expression et la vision différentes qu'offrent L'Itinéraire et Arrondissement.com au public participent à l'élargissement de la compréhension des problématiques sociales et à la démocratisation de l'information face à la concentration de la presse.Pour en savoir plus www, itinéraire, ca et www.arrondissement.com Frank Prêts à sauter un repas?Gabriel Bissonnette Journaliste de la rue et camelot rue Saint-Denis Non, je ne vous parlerai pas d'art culinaire avec l'album Sautons ce repas de midi, mais plutôt d'une recette de composition musicale.Celle-ci est simple, bien mijotée et est l'œuvre d'un auteur-compositeur-interprète bien de chez nous : Frank Martel.Ce cuisinier des mots - qui n'est pas de la famille de chanteurs « western » Renée et Marcel Martel - en est déjà à son deuxième plat de résistance.« Tu comprends, mon premier album s'appelait En jambon ce dessert alors j'ai fait la suite avec cet album qui s'intitule Sautons ce repas de midi.» Ce disque est un petit bijou.Il nous fait souvent sourire, en plus de nous faire rêver.D'ailleurs, le journal culturel ICI lui a déjà donné une note parfaite de 10 sur 10 ! Moi, je me contenterai de lui donner un « 9 », car la perfection n'est pas de ce monde et il y a toujours place à l'amélioration.Parmi les 14 chansons qui composent l'album, mes préférées sont notamment Sfe//o, La femme melon, ou encore Des iguanes et des cochons.Rarement j'ai écouté un album aussi original, où les textes sont à la fois humoristiques et intelligents.Touche-à-tout Frank Martel n'est pas tombé dans la musique quand il était petit.Avant de gratter sa guitare, il a expérimenté plusieurs choses : « Pendant les années 1990, j'ai fait toutes sortes de truc » Poésie, théâtre \u2014 où il a d'ailleurs fait ses premières armes à Cowansville \u2014, littérature, gérance du bar Le Cheval Blanc, Frank est partout.Petite anecdote : son professeur de littérature avait envoyé le premier manuscrit de Frank à l'éditeur Jacques Lanctôt et celui-ci l'avait retenu! Vous pouvez imaginer sa surprise! Il a fondé un groupe de musique théâtrale avec Luc Bonin, alias Urbain des Bois, qui s'appelait les Beignes de la dèche.« Puis, en 2000, j'ai réalisé mon premier album à 300 exemplaires avec l'aide des mêmes musiciens que pour celui-ci, ceux de l'Ouest Céleste : Bernard Falaise, Éloi Deit et Michel F.Côté.» 15 ans pour faire deux albums ?Frank Martel a pris son temps pour réaliser ses albums, car il ne voulait pas forcer les événements.« Si Le Cheval blanc n'avait pas été là, je n'aurais pas pu faire ce que j'ai fait, me rappelle-t-il.Ça m'a plutôt donné le temps de faire les choses et le Cheval correspond bien à un complément dans ma vie artistique.» Je vous recommande fortement de vous procurer le merveilleux Sautons ce repas de midi chez le disquaire montréalais Les anges Vagabonds au 1899, Mont-Royal Est et.Bon appétit ! L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 115 - MARS 2004 CENTRE BOOTH UN MILIEU DE VIE À L'IMAGE DES BESOINS DE LA COMMUNAUTÉ Le centre Booth est une ressource d'hébergement communautaire offrant, dans la tradition de l'Armée du Salut, des services adaptés aux besoins des hommes en difficulté et à risque d'itinérance, âgés de 18 ans et plus.880, rue Guy (angle St-Antoine) Tél.: (514) 932-2214 Centre Emmaiis de spiritualité des Églises d'Orient 3774, chemin Queen-Mary, Montréal Tél.: (514) 276-2144 Au pied de l'Oratoire Saint-Joseph.Stationnement et ascenseur.Conférences sur les trésors des églises orientales Méditation hésychaste Chapelle - Bibliothèque - Icônes www.centre-emmaus.qc.ca IMPRIMERIE COMMERCIALE \u2022 IMPRESSION NUMERIQUE \u2022 PH0T0T0C0PIE LIBRE SERVICE urgence Copies Marc Thériault 2250, rue Ontario Est Montréal (Que) H2K 1V8 Tél.: (514) 523-2911 Téléc.: (514) 523-9453 Radiu r Ville-Marie 91,3 fm Montréal Une programmation diversifiée et captivante 24 heures à l'écoute de la vie 140 émissions par semaine 110 animateurs et chroniqueurs 150,000 auditeurs en quête de musique de qualité, de réflexion et de partage 30 organismes communautaires participants éclairer, divertir, informer, contribuer au progrès humain, social, culturel et spirituel Dans un monde en changement, Radio Ville-Marie une voix réconfortante qui fait chaud au coeur 1-877-668-6601 - A L 'éocrt
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