L'itinéraire, 1 janvier 2002, octobre
[" pour l'élimination 111., .'% dossier : de la pauvreté ^ Prostitution L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-itinérantes, sans emploi, alcooliques ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur intégration au marché du travail.Pour chaque numéro, vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, le Café sur la rue, et L'Espace Internet.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal, ou demandent des dons, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le responsable de la distribution.Geneviève Denis au (514) 597-0238, poste 29 InFo pouR vencIre L'Itinéraire.CaH svr Ia rve.Mi 1104, ruc Ontario Est (ANC,lï Amherst) d: es gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient au Café sur la rue dans une ambiance agréable.De bons petits repas sont servis par des personnes en réinsertion sur le marché de l'emploi pour la modique somme de 4,50 $.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Les personnes à faible revenu peuvent se procurer une carte de membre au coût de 5 $ et obtenir un repas à 2,50 $, pour une période d'un an.L'Itinéraire ^ a besoin de ?\u2022 grille-pain commerciale ?\u2022 machine à espresso commerciale ?\u2022 ordinateurs compatibles IBM, Pentium II ?\u2022 magnétophones portatifs et dictaphones y \u2022 coffre-fort \u2022 5 chaises secrétaire y \u2022 fourniture de bureau en général y \u2022 classeur 4 tiroirs avec serrure y \u2022 calculatrice à ruban Si vous avez des appareils qui fonctionnent encore, s'il vous plaît, contactez-nous au (514) 597-0238 Attention aux fraudeurs! L'Itinéraire tient à prévenir la population que des imposteurs sollicitent des dons sans son consentement.Que ce soit par sollicitation téléphonique ou de porte à porte, personne n'est autorisé à solliciter des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.Nous invitons les personnes sollicitées à communiquer immédiatement avec la police pour mettre fin à cette sollicitation frauduleuse.Pour aider L'Itinéraire, les gens sont invités à se procurer notre revue auprès de nos camelots dûment identifiés.Vous trouverez des camelots sur toutes les grandes artères de la ville ainsi que dans plusieurs stations de métro.Les dons sont les bienvenus, mais ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907, rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, vous pouvez communiquer avec nous au (514) 597-0238: Chantai St-Onge, conseillère en publicité, poste 27 ou le responsable de l'administration, poste 28.La formation professionnelle des travailleurs(euses) au Journal L'Itinéraire i été rendue possible grâce, entre autres, au Ministère de la Métropole, à la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQÀM. 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L3L7 Tél.: (514) 597-0238 Fax: (514) 597-1544 Courriel e@vid eotron.ca Le journal L'Itinéraire a été fondé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, il est vendu régulièrement dans la rue.Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention « collaboration spéciale ».Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1989 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Conseil d'administration du Groupe communautaire i L'Itinéraire: j Présidente : Josée Boisvert Vice-président: Sylvio Hébert Trésorier : Éric Cimon ^ Secrétaire : Réjean Mathieu Conseillers : Robert Beaupré, Mario Châteauvert, Sylvio Hébert, Audrey Colé, Michèle Wilson.Comité de direction : Denise English, Jean-Pierre Lacroix, Geneviève Denis, Mylène Bonin, Gabriel Bissonnette.Équipe de production du journal : Rédacteur en chef : Jean-Pierre Lacroix Adjoint à la rédaction : a déterminer Collaborateurs : Gina Mazerolle.Maxime, Alain Gignac, Gabriel Bissonnette, Léo Paul Lauzon, Robert Beaupré, Jacques Brochu, Nancy Roussy, Réal Dion, Élyse Frenette, Martin Richer, Pierre Demers, Nycky, Gilles.Albert, Alain Coulombe, Michel Boyer, Michel Montpetit.Infographiste : Jocelyne Sénécal Révision : Mariette Ethier-Morand, André Martin, Guy Crevier.Louise Langlois, Francine Noël.Mots croisés : Gaston Pipon Imprimeur : Québécor World Lebonton Ange : 18 000 exemplaires rendus par des itinérants et des sans-emploi dans les mes de It Administration du groupe : \u2022 Secteur administration Responsable : à déterminer Adjointe administra»™ : Sylvie Coté Publicité: Chantai Sl-0nge Responsable : Denise English Responsable : Geneviève Denis Responsable : Mylène Bonin Responsable : Jean-Pierre Lacroix Adjoint : à determiner Représentants des camelots : Gabriel Bissonnette.Maxime Valcourt, Jean-Pierre B L'Itinéraire esl membre de: KASHA \u2022 Association nord-américaine des journaux de rue \u2022 Secteur Café sur la rue : \u2022 Secteur dlstfhrtlon : \u2022 Secteur Internet : \u2022 Secteur journal : Le réseau international des journaux de rue AMECCsl Son tirage esl certifié par avda ruinerai™ esl k.0 entièrement recyclatle Sommaire Dossier: la prostitution 6 Entrevue avec Ginette Plamondon du CSF 8 Les mille et un visage de la prostitution 11 Projet d'intervention de milieu 12 Un métier difficile 13 Stella : une voie pour les travailleuses du sexe Actualité 4 Journée Mondiale du refus de la misère 14 La légende des Jean-Guy 17 Écriture à l'ail 18 Le 6e Festival d'expression de la rue 20 Le Groupe Ressource du Plateau Mont-Royal 21 La nuit des sans-abri 22 Nouvelles couleurs pour l'Anonyme 24 Organiser la rue 27 Repas santé pour itinérants 28 Embourgeoisement d'Hochelaga-Maisonneuve Chroniques Éditorial 5 Mots des camelots 30 Prof Lauzon 32 Mots croisés 34 Dans un geste de solidarité pour souligner le 17 octobre, les journaux de rue à travers le monde publient une page couverture commune que nous avons dû adapter.MONTREAL \u2022 OCTOBRE 2002~ JOURNAL L'ITINÉRAIRE 31 17 octobre 2001 Journée Mondiale du refus de la misère « â« où dei hommei et del ^énvme& ôont condamnée à viwe demi la nuièm, lei dwitl de /afieri&wwe Mmt vwlés.Q/ 'Mtiwfiouv le& fizive veifiectw eôltm devoir lavré.» -Joseph Wrésinski Jean-Pierre Lacroix L'origine de cette journée Le 17 octobre 1987, le père Joseph Wrésinski, fondateur du Mouvemenr inrernational ATD Quart Monde, inaugurait à Paris une dalle en l'honneur des victimes de la misère, là, où en 1948, avait été signée la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.Aux côtés des plus démunis, 100 000 défenseurs des droits humains de toutes conditions et de toutes croyances ont affirmé: « La misère n 'est pas fatale; les personnes qui vivent dans la pauvreté sont les premières à refuser cette condition; il est du devoir de tous de s'unir pour la détruire ».Le 17 octobre est devenu la journée mondiale du refus de la misère; en 1992, la journée fut officiellement reconnue par l'ONU.Ensemble, changeons de regard Jour après jour, des personnes en situation de pauvreté font face aux préjugés.Avec eux, nous voulons que cesse cette atteinte à la dignité humaine.Cela demande que nous apprenions à nous connaître, à reconnaître nos valeurs respectives.La première chose que nous voulons dire aux gens qui cherchent à nous aider : « Arrêtez de penser à notre place.Nous aussi nous avons des idées; prenez le temps de venir apprendre les solutions qu'on invente ».Ce n'est donc pas une journée pour « aider les pauvres », mais un moment privilégié pour rendre hommage au courage des personnes qui font face à la misère.Une journée pour affirmer qu'ils sont des partenaires dans l'élimination de la pauvreté.Une journée de fierté, d'espoir et de dignité au cours de laquelle se rassemblent ceux et celles qui refusent la misère et l'exclusion.marche silencieuse sur la Plateau mont-Royal Pourquoi une marche ?Pour rendre hommage au courage de ceux et celles qui marchent tous les jours pour survivre et pour rassembler, aux côtés des plus pauvres, tous ceux et celles qui avec eux refusent la misère et ainsi se soutenir les uns les autres.Pourquoi en silence ?Pour rendre hommage à ceux et celles qui n'ont jamais la parole et sensibiliser l'opinion publique en leur permettant d'être à égalité avec celles et ceux qui doivent toujours se taire.Plusieurs groupes engagés dans l'élimination de la pauvreté se sont réunis pour souligner cette journée : « Parce que la misère est inacceptable dans nos quartiers.Parce qu 'on veut continuer à lutter contre la pauvreté.Parce qu 'on veut célébrer les efforts faits pour respecter, chaque jour, le droit à la dignité.Parce que tous les gestes comptent ».nous uous fmEnDons Accueil au relais Mont-Royal (500 Mont-Royal Est, métro Mont-Royal) pour un souper communautaire.(Soupe, café, jus seront fournis et, si on le souhaite, on peut apporter plus).Début de la fête.Animation, chants et témoignages.Marche silencieuse dans le quartier pour rendre hommage à ceux et celles qui marchent tous les jours pour survivre.20 h 30 : Fin de la marche.Animation et fête culturelle.21 h 30 : Fin de la soirée, (retour métro Laurier) Information : Comité 17 octobre, (514) 279-0468, Comité Plateau Mont-Royal, (514) 598-92111 17 h 18 h 19 h CENTRE DE SERVICE RÉPARATION - ENTRETIEN \u2022 IMPRIMANTE LASER \u2022JET D'ENCRE \u2022 MATRICIELLE Gilles Laviolette propriétaire 3848, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H1W 1S4 Bureau: (514) 521-9520 \u2022 Télécopieur : (514) 521-4069 La lutte contre la pauvreté Editorial Environ 1,2 milliard d'humains vivent en-dessous du seuil de la pauvreté extrême et gagnent moins d'un dollar US par jour; 1,6 milliard de plus gagnent moins de deux dollars par jour.Le revenu n'est pas la seule mesure de la pauvreté.Dans le monde, une personne sur trois souffre de la faim et, annuellement, plus de 15 millions en meurent.Être en situation de pauvreté signifie aussi avoir un accès insuffisant aux soins médicaux, à une éducation de base et à un mode de vie sécurisé.La pauvreté est considérée, de plus en plus, comme une forme de vulnérabilité et une exposition accrue au risque et à l'impuissance.Cette définition prend donc en compte la qualité de la vie et le renforcement du pouvoir.Ici, autour de nous, les pauvres ne meurent pas.Ils sont obligés de mendier, de fréquenter les soupes populaires et les banques de dépannage alimentaire et de faire la queue aux centres d'hébergement.En prenant de plus en plus d'ampleur, le phénomène de l'itinérance accorde une plus grande visibilité à une pauvreté qu'on tente trop souvent de nier.La lutte contre la pauvreté a toujours été, et est encore, un des plus grands problèmes mondiaux.Cette lutte est inséparable des questions d'accès à la consommation, de la conservation et de la gestion des ressources naturelles.En effet, de nombreuses communautés dépendent directement de ces ressources (forêts, pêche ou zones humides) pour satisfaire leurs besoins quotidiens et ceux des générations futures.Chaque phase de prise de décisions représente une occasion à saisir pour combattre la pauvreté.L'impact de la mondialisation et le besoin de partager les bénéfices plus équitablement soulignent le caractère essentiel d'une solution au niveau international.Jean-Pierre Lacroix Rédacteur en chef Le Sommet de Johannesburg attaquait le problème dans son ensemble sous le thème du développement durable.Le Sommet énonçait qu'une stratégie efficace pour, à la fois, combattre la pauvreté, favoriser le développement et protéger l'environnement devait d'abord se concentrer sur la question des ressources, de la production et de la population.Une telle stratégie doit effectivement résoudre les problèmes liés à la démographie, aux droits des femmes, à l'accès aux soins médicaux et à l'éducation.Mais elle doit aussi renforcer le rôle de la population, principalement celui de la jeunesse, dans le processus de participation afin d'obtenir un système plus démocratique.Au Québec, suite à une importante consultation auprès des citoyens en 1998 et 1999, le Collectif pour une loi sur l'élimination de la pauvreté déposait, au printemps 2000, une proposition de loi en bonne et due forme sur l'élimination de la pauvreté.Les politiques actuelles d'aide sociale et de sécurité du revenu font problème, et, malgré la reprise économique, la pauvreté est en croissance.Le gouvernement a dû écouter.En juin dernier, le gouvernement du Québec déposait trois pièces sur l'échiquier de la lutte à la pauvreté : le Projet de loi 112 \u2014 Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale; un énoncé de politique intitulé La volonté d'agir, la force de réussir expliquant la stratégie de lutte et finalement, une commission parlementaire sur le projet de loi en octobre 2002.C'est une nette avancée et le résultat du travail du Collectif et de son réseau.C'est un pas en avant, une ouverture vers un barème plancher.Le projet de loi 112 doit être bonifié par la concertation gouvernementale.Nous devons nous assurer qu'il dépasse le cap de projet et devienne loi.jplac@videotron.ca [ffi^ MONTREAL \u2022 OCTOBRE 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 51 Dossier: prostitution Entrevue avec Ginette Plamondon du CSF La prostitution de rue, un sport extrême ici comme ailleurs Pierre Demers Le Conseil du statut de la femme a rendu publique, en juin dernier, l'étude de Ginette Plamondon intitulée : La prostitution : profession ou exploitation ?Nous l'avons interviewée sur les grandes lignes de son étude et surtout sur le sort réservé aux prostitué(e)s de rue, ici et à travers le monde, et sur les nouvelles solutions législatives qui pointent à l'horizon pour aider les filles à sortir de la rue.L'Itinéraire : Dans votre étude, abordez-vous de front la question de la prostitution de rue ?G.Plamondon : On y touche évidemment, malgré le fait que l'on voulait proposer une vision globale de la prostitution sous toutes ses formes.La prostitution de rue persiste toujours aujourd'hui, ici comme ailleurs dans le monde, mais d'autres types de prostitution plus discrètes sont apparues.Par exemple, la mise en marché des femmes et des hommes se fait aussi par les salons de massage, les services d'escortes, les annonces classées des journaux et sur Internet.Il faut souligner au départ que le Conseil du statut de la femme voulait fournir une documentation générale sur le phénomène de la prostitution perçue comme un trafic d'êtres humains.Le Conseil s'est également intéressé à la législation sur la prostitution dans certains pays où des formules différentes sont en expérimentation, comme aux les Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse.L'Itinéraire : La prostitution de rue est-elle un sport extrême partout où vous avez enquêté?G.Plamondon : Précisons tout d'abord que nous n'avons pas interviewé des prostituées sur le terrain.Par contre, nous avons consulté beaucoup d'organismes, au Québec et ailleurs, qui connaissent bien la question de la LA PROSTITUTION :\t PROFESSION\t/ OU EXPLOITATION?\til ; | Une réflexion\t a poursuivre\t Québec\t prostitution et les personnes qui en vivent.Pour mener notre étude nous avons aussi vérifié une bonne partie de la documentation disponible dans d'autres pays sur ce sujet.Ce n'est pas une enquête scientifique que nous avons menée mais plutôt un état des lieux qui servira à aller plus loin dans la réflexion sur le sujet.Ceci étant dit, c'est une sorte de sport extrême, en effet.Souvent des prostituées de la rue y perdent la vie même ici.On n'a qu'à penser à la série de disparitions suspectes des 52 prostituées de Vancouver sur laquelle on enquête actuellement.A Montréal et à Québec, on assiste régulièrement à des actes de violence sur les filles et les garçons qui font la rue.Ils sont harcelés même par les policiers.Dans les bars de danseuses, elles sont sous la domination des clubs de motards.Dans d'autres pays la prostitution de rue est aussi plus dangereuse que les autres formules.En France, en Italie et dans les pays de l'Est, les filles sont sous l'emprise de proxénètes qui veulent garder le contrôle de toutes les manières.L'Itinéraire : On a des préjugés contre les prostitués de rue qui appartiendraient à une classe de filles et de garçons plus démunis que les autres prostitués.Est-ce que votre étude le confirme ?G.Plamondon : Des femmes sur l'aide sociale et des jeunes filles font la rue et s'exposent à des conditions de travail qui sont plus dures que dans une agence d'escortes, par exemple.Elles s'intoxiquent souvent pour passer à travers les risques que comporte un tel travail.La plupart d'entre elles subissent aussi la pression de proxénètes qui les forcent à faire de longues heures et à prendre tous les clients.Toutefois, on sait une chose contradictoire sur la prostitution de rue, les clients qui en profitent viennent de toutes les classes sociales.Il y a autant de cols blancs et de cols bleus qui sillonnent les rues en quête de filles que de I 6 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022OCTOBRE 2002 citoyens démunis.Pourquoi ?L'anonymat est plus facile qu'ailleurs sans doute, les tarifs plus bas et l'horaire des filles s'étire sur les 24 heures d'une journée.Souvent même des prostituées circulent près de certaines usines pour répondre aux divers quarts de travail des ouvriers.L'Itinéraire : Est-ce que la prostitution de rue disparaît dans les pays qui légalisent la prostitution ?G.Plamondon : Pas nécessairement.Aux Pays-Bas par exemple, les prostituées travaillent dans les maisons closes.Si les filles n'ont pas la nationalité du pays elles ne peuvent pas obtenir l'autorisation d'exercer ce métier.Il leur reste à le faire clandestinement \u2014 le plus souvent dans les rues \u2014 sous l'emprise de la mafia.Elles n'améliorent aucunement leur sort.En plus, elles doivent avoir 18 ans pour fréquenter les bordels légaux.Ce sont encore les plus jeunes qui courent le plus de risques dans la rue.L'Itinéraire : Quelle est la législation étrangère sur la prostitution qui vous apparaît la plus originale ?G.Plamondon : Peut-être celle de la Suisse qui est expérimentée depuis janvier 1999 : les prostituées n'y sont plus considérées comme des criminelles.On juge que c'est exercer une forme de violence à leur endroit que de les accuser d'un crime.Ce sont les clients et les proxénètes qui sont poursuivis et criminalises.Comme la majorité des filles veulent s'en sortir (95% des prostituées sont prêtes à changer de vie si on leur promet un travail aussi rémunérateur), on a mis en place une série de services et de moyens à leur disposition.Elles peuvent retourner aux études, apprendre un métier et suivre des thérapies pour se libérer de leur dépendance aux drogues si c'est un problème.C'est une formule qu'on pourrait appliquer ici.Les législations sont compatibles.Le CSF suit de très près cette expérience suisse.Un comité de travail interministériel a été mis sur pied pour assurer le suivi de notre recherche.On ne veut pas se prononcer sur l'une ou l'autre des écoles qui s'affrontent sur la question de la prostitution au Québec.Ce n'est pas à nous de le faire.Avec notre document, on a rendu disponible le plus d'informations possibles.Quand le débat sera vidé, les groupes de femmes, la population et les gouvernements trancheront.C'est un débat qui nous concerne tous et toutes.Inutile de se mettre la tête dans le sable.On peut consulter la recherche du CSF sur la prostitution à ^ nts e vos revenus de travail sont peu élevés?AIDE AUX PARENTS POUR LEURS REVENUS DE TRAVAIL (APPORT) LE PROGRAMME APPORT PEUT VOUS OFFRIR: \u2022 une aide financière mensuelle \u2022 une aide pour frais de garde de 3 $ par jour (garderie à 5 $) \u2022 des versements anticipés du crédit d'impôt pour frais de garde SI LE TOTAL DE VOS REVENUS BRUTS ANNUELS EST INFÉRIEUR À: 21 820 $ pour une famille biparentale ou 15 330 $ pour une famille monoparentale POUR PLUS D'INFORMATION Communiquez avec le Bureau APPORT de la Ville de Montréal Téléphone : 872-8888 Internet : www.mess.gouv.qc.ca Emploi et Solidarité sociale Québec rara MONTREAL\u2022OCTOBRE 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 71 Dossier: prostitution Les mille et un visage de la prostitution Martin Richer On dit que c'est le plus vieux métier du monde.Prostituée, pute, fille de joie, péripatéticienne, il y a autant de façons de les nommer que de visages de la prostitution.Qu'elles soient haute perchées sur leurs talons aiguilles ou sorties tout droit de leur tanière parce qu'il n'y a plus à manger pour les deux flots qui attendent à la maison, la prostitution n'est pas un crime mais fait appel à une problématique complexe.On en parle souvent parce que ça dérange, mais s'interroge-t-on vraiment sur ce qu'est la prostitution ?Il y a les filles des rues, arpentant le trottoir, tentant de charmer passants ou automobilistes.Mais la prostitution c'est plus que ça.Cette forme de prostitution que l'on voit, c'est celle qui dérange.Pourtant, les escortes sont aussi, quoi qu'on en dise, des prostituées.Tout comme les masseuses qui pour quelques dollars n'hésiteront pas à faire plus que des massages, il y a les danseuses, qui, une fois dans l'isoloir, iront plus loin que les danses à 10.La prostitution, c'est un acte par lequel une personne consent à des rapports sexuels en échange d'argent.Soit.Mais c'est surtout un phénomène qui cause des problèmes sociaux davantage que moraux.Quand on lit lors d'un sondage, que 68 % des Canadiens jugent la prostitution immorale, on relie la prostitution à un travail sexuel qui détourne des maris fidèles de leurs femmes.Ces répondants ne s'attardent pas aux problèmes sociaux découlant de la prostitution.Le vrai problème de la prostitution, ce sont les mineurs qui sonr touchés, la drogue, la traite des femmes, phénomène peu connu mais de plus en plus présenr dans notre métropole, la violence, etc.La prostitution, c'est bien plus que le besoin primaire d'un homme satisfait par une femme.Si ce n'était que ça la prostitution, un jeu entre adultes consentants.sans conséquences ! Hélas, la réalité est tout autre.CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Tél.: (514) 729-5342 Télécopieur: (514) 729-5875 La prostistution de rue L'image première de la prostitution de rue, ce sont les filles faisant le trottoir rue Sainte-Catherine au coin du boulevard Saint-Laurent ou de la rue Hôtel-de-Ville.L'image classique de la prostituée : jupe courte, même à des températures sous zéro, décolleté, souliers à talons aiguilles.Ce sont généralement de jeunes femmes entre 20 et 35 ans.Si l'habit ne fait pas le moine, il ne faut pas non plus se leurrer.Ce qu'elles recherchent : un client, quelque chose de vite fait, qui paie, et qui les ramènera sur place dans l'attente d'un autre.Le prix : 40 $ la fellation, 100 $ pour une relation avec pénétration.Ajouter à cela la chambre de passe, un autre 20 $.Et pas question de s'éterniser.Le remps c'est de l'argent.Souvent, ces filles ont des proxénètes [pimps) reliés au crime organisé, comme les motards.Le nombre de souteneurs varie selon les jours (plus la semaine avance, plus il y en a) et les événements.Lors d'événements spéciaux comme le Grand Prix de Formule I, il n'est pas rare de voir plusieurs prostituées fraîchement débarquées des États-Unis ou des autres provinces arpenter le trottoir.Qui sont ces filles ?Des étudiantes ?Peut-être.Des mères de famille?Certaines, certes.Droguées ?Il est en effet difficile de croire que tout se passe à jeun.Violentées ou abusées sexuellement dans leur enfance ?Selon plusieurs intervenants, c'est souvent ça qui mène à la prostitution.Les abus amènent les filles à ne plus considérer leur corps comme leur étant propre, mais comme un objet quelconque.La prostitution de rue, par contre, ne se résume pas à ça.On peut observer d'autres prostituées, et ce, dans plusieurs quartiers.Le cas de la rue Ontario est typique.Les filles sont beaucoup moins jeunes, souvent habillées sans tout l'attirail de celles qu'on voit rue Ste-Catherine.On sent le besoin qui se cache derrière cette réalité.www.ccmm-csn.qc.ca (514) 598-2021 du montréal métropolitain CSN I 8 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022OCTOBRE 2002 Les prix ?20 $ pour une pipe, 40 $ la relation, et peut-être beaucoup moins (l'auteur de ces lignes s'est déjà fait proposer une relation pour 25 $ !).Ici, pas besoin de chambre.Dans une automobile, une ruelle, un parc public, ou encore directement chez la prostituée qui reste justement pas loin d'où elle travaille.Pourquoi se prostituer ?Pour la prochaine dose de drogue évidemment, à moins que le réfrigérateur ne soit vide et qu'il faille nourrir les enfants.Ici, ce n'est pas le jeudi, jour de paie, qui fait que le nombre de prostituées augmente.C'est plus l'urgence du calendrier, une fin de mois difficile.Elles aussi ont été violentées ou abusées, à n'en point douter.Selon de récentes données, au Québec, 44 % des prostituées ont connu l'inceste, 33 % ont été victimes de viol.On ne peut passer sous silence la prostitution masculine qui est aussi présente dans les rues du quartier gai.Ici, on parle généralement de jeunes adultes.Leurs clients ?Des homosexuels qui, comme l'hétérosexuel avec la prostituée, recherchent quelques instants de bon temps, mais aussi des hommes qui, n'ayant pas encore avoué leur homosexualité, mènent une double vie.Que ce soit des prostitués ou des prostituées, le profil reste le même : violence, abus sexuels, rue, drogueou besoin d'argent.Étrangement, le phénomène semble moins connu, puisque l'on parle presque toujours des filles.Il y a bien eu une dénonciation médiatique en juillet, lors de l'opération policière qui a permis de démanteler un réseau de prostitution masculine, avec à sa tête deux prêtres américains, embauchant des mineurs.Mais, c'est presque tout ce que l'on peut trouver.Il y a aussi des drag queens qui ratissent les trottoirs.Ici, bien malin ceux qui pourraient les reconnaître, la noirceur aidant, il est difficile de les différencier des filles.Selon des chiffres puisés dans le Rapport du Comité montréalais sur la prostitution de rue et la prostitution juvénile publié en juin 1999, il y aurait entre 400 et 500 prostitués de rue à Montréal.Toujours selon ce rapport, les quartiers où il y a plus de prostitution de rue connaissent aussi une série de problèmes socio-économiques : taux plus élevé de criminalité, de chômage, de dévalorisations sociale et scolaire.Les salons de massage Le massage est un art exercé pour aider le client a relaxer.Sauf que, lorsque l'on parle de prostitution, le salon de massage devient une maison close.Les extras se paient cher, et de plus en plus, la surveillance policière est laissée-pour-compte.Car ici, c'est une forme de prostitution invisible, pour laquelle il n'y a pas de plaintes.Le crime sans victime, quoi ! Annoncés dans les quotidiens, ces salons ont souvent des noms qui ne laissent pas place au doute quant à leur véritable vocation.Ici, ce sont les clients qui sont invités à se déplacer vers les prostitués, dans des commerces souvent placés à l'arrière du bâtiment, question d'assurer le maximum de confidentialité aux clients.Si la prostitution n'est pas illégale au Canada, il est défendu de tenir une maison de débauche.Le responsable devient donc en quelque sorte un proxénète, ce qui est illégal.Quelques interventions policières ont eu lieu dans ces bordels nouveau genre et il n'est pas rare de retrouver des mineures qui y travaillent.Ces studios de massage ne sont pas des réalités récentes dans le monde de la prostitution montréalaise.Un phénomène plus récent par contre, c'est que l'on retrouve de plus en plus de prostituées provenant de pays asiatiques ou du bloc de l'Est.Ces filles arrivent souvent au pays grâce à de belles promesses faites par des gens affiliés au crime organisé, et, une fois rendues au pays, on leur enlève leur passeport.Elles sont donc prises en otage, et n'ont souvent d'autre choix que de se prostituer en devenant des esclaves sexuelles.Les excories Deuxième phénomène de la prostitution invisible, les agences d'« escortes » de plus en plus nombreuses, s'affichent de plus en plus.Il n'y a pas si longtemps, les agences annonçaient uniquement dans les quotidiens.Loin d'avoir laissé ce médium de côté (on peut régulièrement en compter quatre colonnes), on peut voir des annonces dans les pages jaunes (rien de moins que trois pages, la plupart avec de grosses illustrations), et sur Internet, évidemment.Discrétion et confidentialité sont des qualités assurées.Tels sont les points que les agences tentent de faire mousser pour développer leur clientèle.Les prix : une centaine de dollars l'heure, 180 $ pour deux heures avec services illimités.C'est écrit.Ici, les clichés traditionnels de la prostitution font place à de nouveaux clichés.Prenons la violence ou la sécurité des filles.Vrai qu'il est sécuritaire de penser que le chauffeur sait où est la fille.Mais la violence vient-elle seulement des clients ?Il semble qu'il y ait plusieurs filles qui le font pour payer leurs études.Si c'est vrai, le problème du réseau de la santé devrait être réglé sous peu, car elles étudient toutes en médecine.Et y a-t-il vraiment moins de drogue dans les agences d'escortes?En entrevue au Soleil de Québec, Katia Plamondon, du projet Intervention prostitution Québec, estime que : « les agences d'escortes sont une forme de prostitution banalisée.Ce n 'est pas parce que personne n 'en parle que c'est le meilleur des deux mondes.Le luxe donne l'impression que c'est correct, mais ce n 'est qu 'une illusion.» Cette industrie est en pleine expansion; le tourisme sexuel se développe à un rythme fou dans la métropole et personne ne semble s'inquiéter tellement du fait que ça fasse partie du paysage.Les policiers ne font à peu près pas d'enquête sur ces agences, car ils ne reçoivent pas de plaintes.Même le Comité de réflexion MONTREAL \u2022 OCTOBRE 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 91 Dossier: prostitution sur la prostitution à Montréal ne se penche pas sur ce phénomène « invisible ».Pourtant, de nombreuses enquêtes policières révèlent la présence de mineurs dans ces réseaux.Ces commerces sont tantôt dirigés par le crime organisé qui y voit une industrie aussi payante que celle des stupéfiants, et tantôt par les gangs de rue.Le nouveau phénomène des escortes, ce sont les filles qui partent leur propre agence sur Internet.Pas de commission à l'agence.Ces nouvelles escortes se targuent, dans différents reportages écrits sur elles, de donner du bon temps à des clients qui en valent la peine.Pas de mauvais clients, et pas seulement des obsédés qui ne veulent que coucher avec elles.La tendresse, c'est ce qu'elles recherchent ! On aura beau tourner ça dans tous les sens, cette forme de prostitution (c'en est une, il ne faut pas se leurrer) offre les mêmes avantages aux clients (confidentialité, discrétion et qualité).Mais les filles sont-elles plus en sécurité ?Des mauvais clients, on en trouve partout! Les mineures refusées par les agences, hésiteront-elles à se lancer en business ?Drogue ?Violence ?Et quand les clients seront insuffisants pour l'offre, ces filles se retrouveront-elles à la rue ?Autres phénomènes On doit inclure les danseuses nues.Il ne faut pas généraliser, mais beaucoup de danseuses sont des prostituées de première ligne, celles que l'ont fait danser innocemment pour quelques dollars tout en se déshabillant.Et les fameuses danses à 10 $, où le client peut toucher les seins des filles dans des isoloirs.Il s'agit de prostitution « soft » certes, mais il y a quand même échange d'argent pour un service sexuel.Certaines danseuses, pour arrondir leur fin de mois, n'hésiteront pas, une fois dans l'isoloir, à offrir des services plus poussés à leurs clients.On l'a déjà vu à Montréal (on peut certainement en trouver encore dans certains clubs) et, à n'en pas douter, le phénomène est encore fort en région.Les fugueurs représentent souvent des proies faciles pour des organisations en quête de main-d'œuvre bon marché.Les chiffres sont alarmants.En l'an 2000, un nombre record de fugues d'enfants a été enregistré : 50 633 cas.De ce nombre, il y a eu une hausse marquée de 23 % chez les enfants de 14 ans.Il semble que lors de leur fugue, 90 % des fugueurs consomment des drogues et 14 % se prostituent.Un nombre important de jeunes des régions éloignées de Montréal, venus chercher l'Eldorado déchantent au bout de quelque temps.Les gangs de rues sont aussi apparus dans le portrait du monde de la prostitution.Ils se font d'ailleurs une spécialité de recueillir ces jeunes fugueurs sous leurs ailes pour ensuite les amener à se prostituer.Selon Michèle Fournier, étudiante au doctorat en criminologie à l'Université de Montréal, le processus est toujours le même : « Ils accueillent les filles en fugue, que ce soit de leur famille, de leur famille d'accueil ou d'un centre.On leur offre nourriture, vêtements et drogue, pour ensuite demander à se faire rembourser.La jeune fille n'ayant rien doit donc se prostituer.» Les gangs de rues travaillent avec les agences d'escortes, dans les bars de danseuses situés principalement en région, ou encore dans la rue.Cette dernière option est moins exploitée, car les mineurs se prostituant sur la rue peuvent être identifiés par les policiers, et retournés dans leur centre d'accueil.Les filles se prostituant pour les gangs de rue se sentiront protégées, mais ne verront souvent pas la couleur de leur argent car leurs souteneurs leur rappellent qu'elles sont nourries, logées et approvisionnées en drogue.Selon Mme Fournier, d'autres se prostituent sans le savoir.« Dans des soirées bien arrosées, le gars demandera à sa protégée de coucher avec un ami pour lui rendre service, et ce, peut-être à plusieurs reprises dans la soirée.Pendant ce temps-là, le gars empoche l'argent.» Sujet tabou La prostitution demeure encore aujourd'hui un sujet tabou.On parle de légaliser la prostitution ou du moins de la déjudiciariser.La Fédération des femmes du Québec a soumis à la fin de septembre, les résultats de sa consultation sur le sujet à ses membres.On en a discuté lors du Sommet de Montréal, au début de l'été.Et pourtant, on tourne toujours autour des mêmes patterns de la prostitution de rue, la « dérangeante », en oubliant les autres formes moins visibles.Selon les résultats d'un sondage CROP-La Presse publié en juin dernier, près des 2/3 des répondants se disaient en faveur d'un secteur où la prostitution serait encadrée et tolérée.Un projet de déjudiarisation a déjà été rejeté massivement par la population du Centre-sud, avant même qu'il ne puisse être expliqué.Pour l'organisme Médecins du monde, la décriminalisation n'égalerait pas nécessairement une hausse de la pratique de la prostitution, comme les programmes d'échanges de seringues n'ont pas eu pour effet d'augmenter la consommation de drogue.Peu importe les options choisies, il faudra s'attaquer aux réels fléau, qui ne sont pas, quoi qu'on en dise, la présence visible des prostituées sur la rue, mais les problèmes sociaux qui en découlent et qui sont beaucoup plus graves comme : la toxicomanie et les maladies transmises sexuellement (à Montréal, 17 % des prostituées consommatrices de drogues injectables sont séropositives), la pauvreté chez les femmes, la violence ainsi que l'exploitation et la traite des femmes et des mineurs.Voici les vrais problèmes de la prostitution.^ JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022OCTOBRE 2002 Projet d'intervention de milieu Le pouls du Centre-Sud Jean-Pierre Lacroix Projet d'intervention de milieu est une coalition de trois centage seulement \u2014 sont plus visibles que les autres.Comme la organismes communautaires, Spectre de rue, Stella et Alerte police a fermé beaucoup de piaules et de piqueries, on retrouve les Centre-Sud, cherchant des pistes de solutions en ce qui concetne dealers dehors et plus de seringues dans le décor, affirme Mme Ross, principalement la prostitution de rue.« Depuis janvier, nos visites porte-à-porte nous ont permis de rencontrer individuellement plus de 500 citoyens, révèle Marie-Michelle Ross, coordonnatrice du projet.Nous avons procédé à des rencontres de groupes \u2014 filles, résidants et commerçants \u2014 pour trouver des solutions.» Comme activité de rapprochement, le Projet a organisé de nombreux pique-niques 5 à 7 dans les parcs du quartier.Des occasions pour briser la glace, échanger entre résidants, intervenants et travailleuses du sexe.« Nous avons aussi des rencontres régulières avec des filles, un soir par semaine dans un bar de la rue Ontario, informe Marie-Michelle, Christina et Thomas Les travailleurs de rue visitaient ces lieux, donnaient des conseils de prévention, faisaient l'échange de seringues et les infirmières soignaient les bobos.Ces lieux garantissaient un minimum de sécurité et d'hygiène avec douches et toilettes.» La vue de ces quelques junkies dérange les citoyens, ils se sentent impuissants devant ce phénomène de déchéance.Nous sommes témoins d'une pénurie d'aide urgente aux toxicomanes et un engorgement des ressources en hébergement d'urgence \u2014 5 000 refus pour une | seule auberge ! Un projet de « zones de tolérance » est sur la table.Des groupes de résidants et les groupes communautaires réfléchissent à la viabilité et aux impacts de telles zones en Mme Ross.Nous y discutons de voisinage, de cohabitation, d'irri- milieu urbain.Les groupes d'aide sont conscients qu'un mini-tants et de solutions.» mum de conditions de réussite est essentiel pour que ces zones Il y a une lueur d'espoir.« Beaucoup de citoyens conscients de soient acceptables : visibilité, sécurité, accès aux services.la réalité, de la complexité du problème, sont ouverts à en discuter Visibilité pour les clients potentiels : endroits éclairés.Sécurité pour trouver des solutions alternatives, confirme Mme Ross.En pour les travailleuses : lieux patrouilles par la police pour prévenir attendant que les décideurs décident.» Les gens visités savent les agressions.Accès aux services : travailleurs de rue, téléphones bien que la solution ne passe pas par la répression policière.C'est publics, toilettes.un problème de société et de pauvreté.Tout n'est donc pas noir La solution passe par l'implication de tous les acteurs con-ou blanc, il y a des zones grises.Projet de Milieu sait donc ce que cernés : les travailleuses du sexe, les résidants, les groupes com-la population pense.Il y aura toujours des poches de résistance, de petits groupes d'irréductibles opposés à la prostitution de rue.Ces militants sont très organisés et très actifs d'où l'impression qu'ils sont très nombreux.« Les filles utilisatrices de drogues injectables \u2014 un faible pour- Service d'écoute pour personnes en détresse TEL-AIDE 935-1101 Une écoute respectueuse, anonyme et confidentielle 24 heures/jour 7 jours/semaine Bilingue munautaires, les marchands, les élus, la police.C'est justement dans l'échange et le dialogue qu'on atteindra une certaine concertation et qu'enfin des solutions pourront émerger.MONTREAL\u2022OCTOBRE 2002 \t \t \t/ ^\u2014\ty M \t ¦ijiIjIjW\t Wfà [TFMMr'Zl\t JOURNAL L'ITINÉRAIRE\tm Dossier: prostitution Un métier difficile Gina Mazerolle Camelot au Carte St-Louis Ce n'est pas si facile de faire le métier de prostituée pour une femme de nos jours.Cristal en est un bon exemple.Maintenant, elle pratique seulement à l'occasion car elle trouve cela trop exigeant physiquement.C'est une femme qui a été abusée par les hommes, pas sexuellement, mais psychologiquement et moralement.Je vous livre ses confidences.« les hommes me prennent comme si j'étais un morceau de viande.Comme si j'étais faite seulement pour faire l'amour.Plus je suis indépendante avec un homme, plus je me fais aimer.Tous mes clients voudraient que je sois leur blonde et voudraient m'intégrer dans leur vie quotidienne.Mais la liberté n 'a pas de prix, comme l'argent n 'a pas d'odeur.» Cristal est une belle femme et ses clients sont exigeants.« Ils me demandent beaucoup de temps.Ils aiment ça longtemps.Apres une demi-heure, je suis déjà à terre.Quand il n'y a pas d'amour en moi, une demi-heure, confie-t-elle, ça me paraît comme si c'était 12 heures.Un client qui est facile est un client qui éjacule vite, mais moi je ne suis pas chanceuse.» Certains hommes sont violents dans leurs caresses.« Quand un homme me pince trop fort le bout des seins ou le clitoris, je lui dis la douleur que cela occasionne, déclare Cristal.Si celui-ci persiste, alors, diplomatiquement, je le regarde dans les yeux en lui serrant les testicules ou le pénis avec la même force jusqu 'à ce qu 'il me dise que ça fait mal.Ça me permet de lui dire que ça me fait la même chose à moi.» D'après Cristal, les hommes qui utilisent la pornographie sont souvent des personnes âgées ou bien ayant des problèmes sexuels.« Ceux qui regardent des films de sexe ou des photos de femmes nues ont souvent ou des problèmes d'érection, un pénis croche ou de petite taille ou des problèmes d'éjaculation.» « Dans les années 50, il y avait beaucoup plus de vraie sexualité.Aujourd'hui, avec Internet, le sexe est plutôt virtuel » constate Cristal.Depuis que certaines femmes offrent leurs services pour des montants ridicules, le métier est plus difficile pour Cristal : « Ça devient presque impossible d'exiger le salaire que je vaux », déplore-t-elle.Elle préfère maintenant laver des planchers à quatre pattes que de s'obliger à être une esclave sexuelle pour les hommes.Elle refuse souvent des propositions car c'est de l'argent difficilement gagné.« Maintenant, j'aime mieux être pauvre et ne devoir rien à personne, explique Cristal.Je préfère être libre de ma destinée, faire ce que je veux.J'ai fait mon temps, fe laisse ce métier aux plus jeunes que moi.I 12 CIRQUE DU SOLEIL 8400, 2e Avenue, Montreal (Québec) Canada H1Z 4M6 Réal Ménard, Député Hochelaga-Maisonneuve 4036, rue Ontario Est Montréal (Québec) H1W 1T2 Tél.: (514) 283-2655 Fax: (514) 283-6485 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022OCTOBRE 2002 Stella : une voie pour les travailleuses du sexe JVIichel Boyer Situé en plein coeur du Red Light montréalais, l'organisme communautaire Stella tente depuis sept ans d'améliorer la qualité de la vie des travailleuses du sexe en leur offrant un soutien psychologique d'information sur une foule de sujets les concernant.« Des travailleuses de rue de Stella rencontrent les filles et leur expliquent leurs droits, les accompagnent à la cour si nécessaire, leur prodiguent des conseils sur leur sécurité et le « sécurisexe » en particulier », expose Marie-Neige, porte-parole de Stella.« Mais l'organisme possède aussi un local où chaque jeudi, les travailleuses du sexe peuvent se rencontrer; là se tiennent des ateliers d'art et aussi un projet de femmes autochtones prend forme.L'organisme est de plus en plus connu.L'année dernière, Stella a distribué environ 75 000 préservatifs alors qu 'il y a à peine trois ans, on en distribuait de 4 à 5 000 >>, informe Marie-Neige.Dans la rue, les femmes ne peuvent satisfaire leurs besoins minimaux : la plupart du temps, elles n'ont pas accès aux toilettes publiques, à un restaurant, ni même à un téléphone.« La visibilité dans la rue est un gros problème pour les travailleuses du sexe >>, estime Marie-Neige.Parce qu'elles sont considérées « trop voyantes » dans les grandes artères, ces dernières sont souvent refoulées dans les petites rues plus sombres, et par le fait même, plus dangereuses.Bien que Stella combatte la discrimination quotidienne à l'égard des travailleuses, l'insécurité est criante, constante.Certains clients ne se gênent pas pour voler les travailleuses, les agresser, les violer, tout cela, avec ou sans arme. Pour t'inscrire : (514) 526-1651\tServices gratuits Tu es > Ateliers de groupe > Âgé(e) de 16 ans ou plus > Stages en entreprise > Motivé(e) à intégrer ou > Suivis individualisés réintégrer le marché du travail > Activités post-formation > Démuni(e) face à l'emploi > SuDDOrt dans la Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec recherche d'emploi QuébecSS Emploi-Québec Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K4J6 > git@infotravail.net\t MONTRÉAL \u2022 OCTOBRE 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 331 croiras 1 23456789 1011 12131415 Horizontal 1- Esclaves attachées au service des femmes du sultan, dans l'Empire ottoman.\u2014 Compliqué.2- Les corûfère sécrètent de cette substance.\u2014 Secousse tel-lurique.3- Avion à décollage et à atterrissage verticaux.\u2014 Vantent les mérites de.\u2014 Mouvement intérieur spontané.4- Oiseaux d'Amérique du Sud à petite tête et à corps massif.\u2014 Un des deux constituants de la fibre de soie.5- Petit instrument de musique populaire, à vent.\u2014 Mordantes.6- Un roulement très bref, sur le tambour.\u2014 Ancien dialecte roman.\u2014 Ce qui n'est pas dû.\u2014 C'est-à-dire.7- Transcription en caractères romains du monograme grec du Christ.\u2014 Presser.8- Organisation intergouvernemental fondée en 1948.\u2014 En matière de.\u2014 Employé d'une étude d'officier public ou ministériel 9- Ensemble de la maison d'un chef arabe, avec ses tentes, ses serviteurs, ses troupeaux et ses équipages.\u2014 Einsteinium.\u2014 Au-delà de, au-dessus de.10- Sujet pensant.\u2014 Pron.indéfini.\u2014 Boeuf à bosse.11 -Qui se rapportent aux plaisirs des sens.\u2014 Existent.12- Gros pigeons à tête et dos gris-bleu.\u2014 Occis.\u2014 Ce qu'il y a de plus vil.13- Marque la manière.\u2014 Rendre morose.14- Peut se dire.d'une sauce ou, d'un steak.\u2014 Câble métallique destiné à maintenir en place un mât.15- Concevoir un vif attachement pour.\u2014 Groupe fermé de personnes réunies par une communauté d'intérêt ou d'opinions.Vertical 1- Composition musicale dramatique, à sujet religieux ou parfois profane.\u2014 Caractère de ce qui est irritant à l'odorat.2- Autographes sur une photo, un disque, ect.\u2014 Vase à boire d'origine médiévale.3- Posture de yoga.\u2014 Etablissement où l'on prend des bains de vapeur.\u2014 Route rurale.4- Fromage à pâte molle et à croûte lavée du Calvados.\u2014 Temps de la conjugaison en grec.5- Dans le vent.\u2014 Prénom féminin.\u2014 Mesure de l'âge.6- Du point de vue de.\u2014 (S')épuisa.\u2014 Facteur d'intruments de musique français, né en 1752.7- Exprime la raillerie, le doute.\u2014 Etui souple porté sous l'épaule et destiné à recevoir un revolver.8- Droit d'utiliser la chose dont on est propriétaire.\u2014 Nouvelle lune.9- Espace économique européen.\u2014 Témoigne une admiration passionnée à qqn.\u2014 Ce qui possède la vie.10- Emploi où l'on est payé beaucoup pour très peu de travail (plur.).\u2014 Série de pièces contiguès dans un hôtel de luxe.11- Saint.\u2014 Grade.\u2014 Agence spatiale européenne, créée en 1975.12- Américium.\u2014 Passereaux des bois et des haies de l'Europe, à bec crochu.\u2014 Manie dans le langage, les gestes.13- Restituer l'aspect de qqch qui a disparu.\u2014 Petite offrande.14- Brame.\u2014 Devenir bronzé.15- Ensemble de voix ou d'intruments, chantant ou jouant des sons de même hauteur.\u2014 Pron.personnel.\u2014 À la mode.-T-\t\tÉglise Unie Saint-Jean \t\tCommunauté protestante francophone au cœur de la cité -\t\t+ célébration chrétienne dominicale à 10h30 + ressourcement spirituel et biblique + pastorale des mariages \tm m\t110, rue Sainte Catherine Est Visitez notre site web: Montréal H2 X 1K7 www.cam.org/~stjean (514) 866-0641 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022OCTOBRE 2002 it ÊÊk L@ G^LWQCQJâ fny tautf (all Le Café électronique pour personnes démunies est unique en son genre à Montréal.Il offre à tous et toutes la possibilité d'utiliser un ordinateur à peu de frais.En effet, il n'en coûte que 1 $ l'heure pour faire du traitement de texte ou naviguer sur Internet (contribution volontaire de 3 $ pour ceux qui le peuvent).Le personnel sur place se fera un plaisir de vous aider.Nouvelles heures d'ouverture Lundi au vendredi : 9 hres à 21 hres Samedi et dimanche : 10 hres à 16 hres 1907, rue Amherst (angle Ontario est) Tél.: (514) 597-0238, poste 31 Vous voulez aider les gens de la rue autrement qu'en leur donnant directement de l'argent?L'Itinéraire CARTE POUR ï REPAS GRATUIT I I04, nu Or.mo En (coin vmIh ici) \\i.n.-.-i (Oubtc) I.-,.i VI I, ;;l 02îfl W 00 CL O O AUX PLUS DÉMUNIS DES Bon
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