Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

L'itinéraire, 1996-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête ITINERAIRE O Dossier Art et itinérance Interview Le peintre L.Muhlstock Page 3 Itinérants A vos Arts! Page 5 Les rockeurs Noir Silence parle du sida Page 7 Photos d'art d'itinérants Images et propos mobiles Pages 11-14 (Photo: Jacky G.Lafargue) §5 'S \u2022S\" I ¦a o o 1 I $s t \u2022 \u2022 \u2022 1 1 1 1 I 1 g S i II]|Mr2Mr2Mr21r2Mr21r^^ ylTINÉRAIRE ^imwii AM o ^5 1223, rue Ontario Est Montréal (Québec) H 2 L ~ 1RS Tél.: (514) 597-0238 Fax:(514)597-1544 E-mail: î itiner@cam.org Le journal L'Itinéraire est un mensuel publié par le Groupe L'Itinéraire et vendu sur la rue au coût de 1$ dont 500 reviennent directement au vendeur itinérant Tirage: 22 000 exemplaires.Le Journal L'Itinéraire est vendu et produit en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-itinérantes ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion future sur le marché du travail.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Comité de direction: Alain Deniers, Serge Lareault, Josette Bouchard \u2022 Rédacteur en chef: Serge Lareault \u2022 Adjoints à la rédaction: Cylvie Gingras, Richard Hétu, Jean-Marie Tison \u2022 Collaborateurs: Richard Beaudoin, Gabriel Bissonnette \u2022 Illustrations: Pol Mall, Benoît Melançon \u2022 Mise en page: Josette Bouchard, Serge Lareault \u2022 Promotion: Éric Cimon \u2022 Relations Publiques: Gabrielle Girard \u2022 Distribution: Josette Bouchard, Michèle Wilson, Gabriel Bissonnette, Claude Dubuc, François Thivierge, conseiller \u2022 Adjoint administratif: Alain Demers \u2022 Commis-comptable: Danielle Larivée \u2022 Secrétaire-réceptionniste: Jean Lesieur \u2022 Photos: Jacky G.Lafargue, Pierre Logwin \u2022 Révision: Marie-Nicole Cimon, Jean-Paul Baril, Cylvie Gingras Mots-croisés: Denis Blanchard \u2022 Imprimeur: Hebdo Litho L'Itinéraire est entièrement recyclable CM/button aSda La formation professionnelle des travailleurs et travailleuses au journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce au support de la SQDM et de la CDEC du Plateau Mt-Royal/Centre-Sud.L e fil est parfois ténu entre l'itinérant et l'artiste.Combien de grands créateurs sont morts dans la dèche.Immédiatement, les noms de Rimbaud, Baudelaire ou Van Gogh nous viennent à l'esprit.Mais combien d'autres! Comme quoi notre société paie souvent bien mal ceux qui en ont le plus à lui apprendre.Encore une fois, L'Itinéraire à voulu jeter un pont entre les différents acteurs de notre société.Entre un grand artiste tel Louis Muhlstock, consacré au Musée des beaux-arts, les Productions Virage qui font la prévention du sida à travers des films d'une grande sensibilité sur des jeunes itinérants, et J.P.le Turluteux qui quête en chantant pour les passants: la rue, source d'inspiration pour les uns, de survie pour les autres.Chaque jour, un artiste dans l'âme prend un itinérant pour modèle, un autre se retrouve à la rue parce qu'il ne vie pas de son art, ou un sans-abri rivalise avec le Cirque du Soleil pour trouver un moyen d'arrêter un passant et de lui soutirer quelque monnaie.Pendant ce temps-là, un arriviste fait le paon pour être admis sur quelque plateau de tournage ou un autre offre une prestation digne d'un oscar lorsqu'il explique à sa femme pourquoi il est encore rentré du bureau en retard.Diane Dufresne le chantait: On fait tous du showbusiness! jusque ami AVK LE CUE!* t£ .L'OSM 9 itinérance Rencontre avec l'artiste Louis Muhlstock L'homme de la rue en peinture Devant son atelier de la rue Sainte-Famille, au cours d'un après-midi ensoleillé, le peintre Louis Muhlstock donne du pain aux pigeons.«Je les nourris et en retour, ils posent pour moi», explique l'homme frêle de 91 ans, une lueur espiègle au fond des yeux.Isabelle Rivest IPI (collaboration spéciale) mÊ S on salon, où on peut à peine s'asseoir, est encombré de plusieurs centaines de toiles empilées les unes sur les autres.«Ce n'est que le sommet de l'iceberg», dit le prolifique artiste, qui travaille encore tous les jours.Aujourd'hui, ses sujets sont les oiseaux et les paysages intérieurs.Mais les thèmes de son oeuvre des années 1930 à 1950, scènes urbaines, portraits de chômeurs et de sans-abri, intérieurs abandonnés, travailleurs d'usines, reviennent toujours avec une inquiétante actualité.Une rétrospective du travail du peintre urbain, organisée par le Musée du Québec, est actuellement en tournée au Québec.Louis Muhlstock, né en Galicie (aujourd'hui partie de la Pologne), est arrivé au Québec à l'âge de sept ans.De son enfance, il garde le souvenir des jeux partagés avec les autres jeunes de la rue Saint-Dominique.Après un séjour de trois ans à Paris, où il a étudié la peinture, il revient à Montréal en 1931.C'est le choc.La ville est plongée dans une crise économique profonde.Il voit des centaines et des centaines de chômeurs désespérés, autant d'hommes et de femmes, en quête d'un refuge pour dormir.Les sans-abri se retrouvent alors au parc Viger ou font la queue devant les soupes populaires.C'est là que Muhlstock choisissait ses modèles tel Jos Lavallée, grignotant un bout de fromage qu'il enfouissait nerveusement dans sa poche entre chaque bouchée, ou William O'Brien, qu'il avait attendu à sa sortie d'une soupe populaire.«J'ai du travail pour vous», lui avait-il dit.«Cet homme était l'expression du désespoir, racon-te-t-il.Je lui ai offert une chemise blanche, mais il l'a refusée: elle paraîtrait sale trop rapidement.Alors je lui ai offert un manteau, qu'il a aussi refusé.Comme il n'avait pas d'endroit où l'accrocher, il aurait été obligé de le porter tout le temps.» (Photo: Pierre Logwin) Aujour'hui, on peut voir les portraits de William O'Brien exposés au Musée du Québec, à la Galerie nationale d'Ottawa et à la Galerie d'art de Winnipeg.Muhlstock garde un souvenir vivant de ces années difficiles quand les gens devaient survivre avec les deux dollars et demi par semaine concédés par le gouvernement.«Un loyer mensuel coûtait environ 16 $ par mois!», se rappelle-t-il.Lui-même devait vivre avec des moyens modestes.Sa première exposition d'envergure au Musée des beaux-arts, en 1935, lui avait permis de vendre trois toiles pour une somme de 90 $.«Nous n'étions pas pauvres, dit-il, puisque nous avions un toit et de quoi manger.» N'empêche, le manque de moyens l'obligeait à peindre sur des sacs à sucre, une toile assez convenable, dit-il aujourd'hui, ou encore, sur du papier d'emballage.Pour lui, les quartiers comme Westmount ou 3 v i ?E a I I i Art \u20ac t \u2022 \u2022 m gMgMBMBJBfBMBMBjgMBMBJBJBMBfgJltsll Hampstead n'étaient d'aucun intérêt.Il refusait les commandes, une expérience de flagornerie et de mensonges.Une seule fois, a-t-il accepté de faire le portrait de deux enfants.Comme les parents en étaient satisfaits, la mère a décidé de poser à son tour.Mais ils n'ont pas aimé la toile.«J'ai refait son portrait en l'embellisant.Ça ne lui ressemblait plus du tout.Mais ils étaient très heureux.» C'était la dernière fois qu'il acceptait ce genre de travail.Pourquoi s'intéressait-il aux démunis?«Ça ne s'explique pas.Je choisissais des sujets qui me touchaient, c'est tout.» Muhlstock n'est pas un peintre engagé.Il prenait des thèmes qu'il connaissait de l'intérieur, pour les avoir expérimentés.Il savait trouver ce qu'il y a de noble dans la laideur de la misère humaine.(Photo: Pierre Logwin) Durant la guerre, il a passé trois à quatre Muhlstock a peint des démunis, des sans-abri ou des hommes mois dans une usine pour peindre les ouvri- Qui travaillaient en usine dans des conditions pénibles.«Je ers qui travaillaient de longues heures dans choisissais des sujets qui me touchaient», dit-il.des postures impossibles, tout en endurant un bruit assourdissant.«Je devais dessiner le plus vite possible puisqu'ils étaient toujours en mouvement.Plusieurs d'entre eux me faisaient signe, «dessine-moi!» Mais ils portaient d'énormes casques de soudeurs.On ne pouvait pas les distinguer.Alors, il a fait quelques sketches d'hommes la visière relevée.Aujourd'hui, Muhlstock est toujours attristé par la cruauté de l'homme envers l'homme.Ce qui ne l'empêche pas de s'émerveiller devant les choses simples de la vie.Au travers du store blanc qui recouvre la fenêtre du salon, se profile l'ombre d'une branche d'arbre.De temps à autre, on y voit passer un écureuil ou un pigeon.«C'est comme les ombres des lanternes chinoises», dit-il.ta Oeuvre de Louis Muhlstock, détail des g Soudeurs, chantiers navals United, 1943.Collection du Musée des beaux-Arts de Montréal, Don de l'artiste (Photo: Christine Guest, MBAM) L'Itinéraire une bonne idée! un apport à la société! Merci Les soeurs de la congrégation de Notre-Dame Conseil de la Province Ville-Marie itinérance Les Productions Cité Ouverte 2002 L'art dans la rue.pour s'en sortir Pour Les Productions Cité Ouverte 2002, l'art est loin d'être une pratique élitiste.Depuis sa fondation en 1991, cette association d'artistes pas comme les autres s'est donnée comme mission de faire participer des groupes marginaux et défavorisés à différentes formes de productions artistiques.«L'art comme instrument de transformation sociale», telle est leur philosophie.H* Richard Hétu faire valoir leurs talents artistiques.Le projet est étalé sur une durée de trois ans et comprendra 10 animations par année et la réalisation d'un vidéo.Les animations ont pour but d'aider les jeunes à raccrocher en leur offrant de l'information sur les différentes ressources dans la domaine de la désintoxication, de l'emploi et des études.La première avait lieu le 28 mars dernier sous le thème d'une soirée «Meurtre et mystère» et présentait .l'organisme Alternatives, centre externe de réadaptation pour adultes et ados toxicomanes.our les membres des Productions Cité Ouverte 2002, l'art doit aider les individus en situation de difficulté sociale à canaliser leur énergie vers des réalisations positives et à encourager échanges, dialogue et harmonie entre les cultures.Des programmes du collectif favorisent le développement de plusieurs disciplines artistiques (peinture, théâtre, musique, etc.) auprès de différents groupes ciblés (troisième âge, itinérants, handicapés, détenus, délinquants, etc.).Ainsi le projet Création d'ateliers et de spectacle pour les sans-abri (CASA), des Productions Cité Ouverte 2002 s'adresse à plusieurs clientèles.«Il faut ici prendre le terme sans-abri au sens large.Ça regroupe tous ceux qui ont des problèmes d'intégration sociale», affirme son responsable, Martin Pichette.Jeunes en difficulté L'école à bord (L.A.B.) est un nouveau projet de réinsertion sociale par les arts sous la responsabilité de M.Pichette.Mis sur pied en collaboration avec le CLSC Centre-Ville et la roulotte L'Anonyme, ce programme d'action sociale s'adresse aux jeunes en difficulté du centre-ville.Tous les jeunes fréquentant la roulotte L'Anonyme (qui leur distribue aide et références de toutes sortes) peuvent participer à ce projet d'intervention novateur et «Dans cette soirée, il y a quatre jeunes de L'Anonyme et quatre jeunes de Alternatives qui se rencontrent pour résoudre un mys-\u2014 tère, de dire M.Pichette.Ce jeu est là pour permettre un dialogue.On veut créer un pont entre les jeunes qui ont des problèmes de drogue.Après le jeu, les participants ont une discussion à huis clos, font connaissance avec les ressources et partagent un souper».Gilles Favreau, directeur de L'Anonyme, est très enthousiaste à propos de ce projet: «Pour Productions Cite Ouverte 2002 nous, c'est une première.On voulait offrir autre chose que nos services habituels, être plus proactifs pour les jeunes sur le terrain.C'est pour ça qu'on est allé chercher les Productions 2002.En s'alliant avec eux dans de tels projets, on maximise nos chances de rejoindre les jeunes et ça nous donne aussi une occasion de prendre contact avec d'autres organismes qui travaillent dans le milieu.» Mary Diane Lee, comédienne, scénariste et secrétaire de production aux Productions Cité Ouverte 2002, partage cet enthousiasme pour la réinsertion sociale par lfr3jgrr3jr3Mr3jBJr3Mr2Mr2fBMBrrjJli Martin Pichette o B g EL ».a I m.I a.3 £ E \u2022 \u2022 \u2022 les arts: «Je crois que la pratique de l'art est le meilleur moyen de dépasser ses propres limites.Moi aussi, j'ai connu l'itinérance et je suis près de ces gens qui sont au bas de la pyramide.Je ne suis vraiment pas dans le star-system.J'ai fait le choix de travailler avec ces gens-là et je me sens réelle d'être avec eux.Les artistes qui veulent venir travailler avec nous ne doivent pas avoir un ego trop gonflé ni trop d'idées préconçues sur les êtres humains.» Membre de l'Ordre professionnel des travailleurs du Québec Roland Burgalières, t.s.Psychotérapeute (514) 529-8491 os 'S È i e \u2022a a o S CAMPEAU\tChamps de OUELLET\tconcentration NADON BARABÉ\t\u2022 Assurance-chômage \u2022 Aide sociale CYR\t\u2022 Droit du travail RAINVILLE\t\u2022Logement DE MERCHANT BERNSTEIN\t1406, rue Beaudry CP.95, Succursale \"C\" Montréal (Québec) H2L 4J7 avocats\tTéléphone: (514) 528-7228 Télécopieur: (514) 528-1353 Vicky, 22 ans, a connu un parcours emprunté par de plus en plus de jeunes.Dès l'âge de 15 ans, elle quitte régulièrement sa mère avec qui elle ne s'entend pas pour aller squatter avec les amis et se réfugier dans la drogue.Elle devient enceinte à 18 ans et décide de garder son bébé et de lâcher la drogue.Un ami l'amène à En Marge (ressource pour les jeunes) où elle participe à des ateliers de peinture des Productions 2002.«J'ai toujours aimé le dessin et la peinture Quand j'étais plus jeune, je griffonnais tout le temps puis j'ai arrêté.Quand j'ai découvert ce cours, j'étais bien contente, j'étais toujours rendue là.L'intervenant d'En Marge m'a beaucoup aidée.Il a fait les démarches pour que j'entre au cégep prendre des cours du soir en peinture et sculpture.Toute seule, j'aurais pas pu, j'étais perdue dans toutes ces démarches.J'avais toujours voulu faire ça, mais je croyais que c'était pas possible.Ils m'ont donné un bon coup de pouce», raconte Vicky.A la suite de cet article, L'Itinéraire lui a donné une commande d'illustration pour le numéro de maif^^| prochain.Chambre des communes Canads Roger Pomerleau, Député Anjou-Rivière-des-Prairies 8150, boul.Métropolitain Est Suite 320 Anjou (Québec) H1K 1A1 (514) 356-3400 (514) 356-6656 Pièce 253 Édifice de l'Ouest Chambre des communes Ottawa, Ont.Kl A 0A6 Tél.: (613)995-0508 Fax: (613) 992-1710 LHtinérance Tournée SIDA-JEUNES Noir Silence parle clairement aux Le groupe rock de l'heure, Noir Silence, a participé le 9 mars dernier, au Café Campus, à une soirée d'information et de prévention sur le sida organisée par des jeunes des habitations L'escalier, organisme pour jeunes itinérants.Cet événement faisait partie de la Tournée Siderrance réalisée par les Productions Virage.Les membres de Noir silence, dont les chansons s'attaquent aux tabous de notre société, ont voulu encourager les jeunes à s'en sortir et surtout à faire attention.IMÉ 4 Gabriel Bissonnette Camelot sur St-Denis N ous nous impliquons parce que nous sommes un jeune groupe et nous avons une sorte de pouvoir pour dire les choses», dit Jean-François Dubé, le chanteur-bassiste du groupe Noir Silence.Le groupe s'est associé à SIDA-JEUNES parce que ses membres veulent s'engager socialement.«On a une pièce, écrite dans les débuts de Noir Silence, qui parle exclusivement du sida et c'est cette pièce qui sera la prochaine à être lancée dans les stations de radio.La pièce est basée sur quelqu'un rendu au dernier stade et qui, à la fin, chante la chanson! Et c'est à cause de cette pièce que nous sommes associés avec SIDA-JEUNES.Il y a aussi le phénomène du sida qui nous a amené à se joindre à l'organisme, même s'il n'y a personne qui est atteinte du sida dans le groupe.Par contre, nous avons des proches ou des amis qui sont décédés ou qui en sont atteints.On trouve aussi que c'est une grosse menace pour nous, les jeunes.» Les membres de Noir Silence espèrent pouvoir inciter les jeunes à faire attention.«C'est sûr qu'on aimerait avoir assez d'influence pour que les jeunes s'ouvrent les yeux et les oreilles et je pense, sans avoir l'air préten-cieux, qu'on peut aider.On se sent écouté parce que nous avons le même âge qu'eux ou presque.Si notre message peut être bien reçu, ben, tant mieux.» Formé en janvier 1993, Noir Silence est composé de cinq gars qui se sont rencontrés au cégep.Jean-François Dubé (voix et basse), Jean-François Bernatchez (guitare), Samuel Busqué (guitare rythmique), Michel Lambert (clavier et voix) et Martin Ruby (batteur).Après quelques semaines au Billboard, leur premier album s'est vendu à 42 000 exemplaires.Jean-François Dubé ne cache pas qu'il est très surpris de leur succès rapide.Il explique que la pièce On jase de toi ne devait pas être sur l'album car elle a été écrite une ou deux semaines avant les enregistrements.«Un matin, je suis arrivé au studio avec un rythme de guitare et les gars ont trouvé ça l'fun.Ça fait que on a tous pris nos instruments pis on a monté la pièce.On s'est dit: c'est trop trippant, on met sur l'album.Puis on a enlevé une pièce pour mettre celle-là et par la suite la compagnie de disque a décidé de commercialiser cette pièce pour promouvoir l'album.» On jase de toi parle du fossé des générations, des parents qui ne comprennent pas leurs adolescents, que c'est un éternel recommencement.Comme Michel avait dit dans une entrevue, des gens avait découvert des (Photo: Michel Bazinet) 2 o a I EL 1 7 @t \u2022 \u2022 \u2022 tablettes datées d'avant Jésus-Christ qui disaient que les jeunes de la nouvelle génération étaient des bons à rien.«On prend notre inspiration dans notre quotidien, la vie , les bobos de la vie ou des sujets tabous.Tu sais tout le monde (autres groupes) veulent changer le monde en faisant du néo-punk-fusion-progressif, nous on veut ça simple.Peut-être que le monde ne veut pas être déstabilisé et veulent que les choses restent plus simples, une musique qu'ils veulent comprendre.» Pour terminer, les gars m'ont dit qu'ils pouvaient commencer à vivre de leur musique et que la moyenne du salaire d'un artiste qui commence, c'est 11 000 $ annuellement.Quant à eux, ils ont été obligés d'avoir un autre emploi pour assurer leur survie et ont passés près de l'itinérance.(Photo: Michel Bazinet) Les membres du groupe Noir Silence s'impliquent la prévention du sida auprès des jeunes.dans '5 Q 'M I e 1« a u ¦w e o 8 a* Richard Hétu Une maison de production pour les moins nantis prendre les virages ^ L'art de // n 'est ici question ni du virage ambulatoire ni du virage technologique.Pour les moins bien nantis, le virage à prendre est celui de la prise de parole, ce à quoi se consacre depuis dix ans l'organisme sans but lucratif Les Productions Virage.V irage produit des spectacles, des vidéos, des films, etc., qui se veulent des outils d'éducation populaire pour le grand public.La majeure partie de leur production est faite pour et avec des groupes communautaires.Depuis près de 10 ans, les Productions Virage ont travaillé en collaboration avec plusieurs de ces organismes pour produire des fdms de sensibilisation sur des problématiques sociales telles la santé mentale, la violence, la drogue et le sida.En collaboration avec Amitié Soleil (un groupe de femmes chefs de famille de la Petite Bourgogne), Virage a mené une recherche auprès des jeunes aux prises avec des problèmes de violence et de drogue.Ce projet a mené à la réalisation du fdm Love-moi qui a connu un succès certain au Québec et qui a remporté de nombreux prix, dont trois de niveau international.Afin de donner la parole à ceux qui ne l'ont pas et de permettre aux organismes communautaires d'avoir de bons outils de communication, les Productions Virage ont mis au point un instrument de sensibilisation original: les Tournées Virage.De la santé mentale (la Tournée du Grand Monde ) à l'immigration et les personnes réfugiées {Montréal Terre d'Asile), plusieurs de ces tournées de projection-débat se sont promenées à Montréal et dans tout le Québec depuis quelques années.Enfin, la Tournée Siderrance, qui fut menée avec le Réseau d'Aide aux Personnes Seules et Itinérantes de Montréal (R.A.P.S.I.M.), a l'aide de trois courts métrages (produits avec la fondation Sida-Secours), a fait la promotion de la prévention contre le sida dans le milieu de l'itinérance.La Tournée Sida-Jeunes, qui était de passage au Café Campus récemment, roule depuis avril 1995 et a pris fin le mois dernier.Elle fait la prévention du sida auprès des jeunes, notamment ceux qui vivent dans la rue.Cette tournée comprend la projection du court métrage «J'me sus poussée, faut que je me sauve», suivie de témoignages de jeunes séropositifs.Ses organisateurs trouvent tragique que cette tournée doive se terminer alors que la détresse des jeunes augmente et que les besoins d'information sur le sida sont encore criants.Ils font appel à la Régie régionale de la santé afin que cette tournée de prévention se poursuive.Pour les appuyer et pour plus d'information, communiquez avec Pierre Page, des Productions Virage, au 276-9556. pnnnnnjp itinérance Caricaturiste pour un journal de rue Rire de situations parfois grinçantes Si les caricaturistes des différentes publications traitent souvent des sujets sérieux de façon humoristique, les dessinateurs de journaux de rue doivent illustrer des situations souvent dramatiques sans tomber dans la complaisance ou l'apitoiement.Le thème des sans-abri n 'est pas un sujet facile.De ce fait, on pourrait penser qu 'il est encore plus difficile pour les caricaturistes qui illustrent la réalité des itinérants.L'Itinéraire a recueilli les propos de trois personnes qui pratiquent cet art.HE! Cylvie Gingras jjj Caricature de Sine parue dans le magazine parisien La Rue en janvier 1995.S iné est caricaturiste pour un journal français communiste.De plus, il dessine bénévolement pour le journal de rue parisien La Rue.Toute sa vie, il n'a fait que caricaturer.Maintenant âgé de 67 ans, il est à la retraite.Concernant le phénomène des sans-abri, il affirme: «C'est un problème difficile.Les SDF (sans domicile fixe) sont des gens qu'il faut aider.Quand je caricature sur les SDF, mon analyse politique fait que j'accuse le gouvernement de droite.J'ai des idées de gauche.Curieusement, les SDF sont de droite alors ils critiquent mon analyse.Je trouve ça curieux qu'ils appuient le gouvernement qui ne fait pas grand-chose pour eux.Je suis un vieil anarchiste qui ne fait que son boulot et je ne veux pas qu'on m'emmerde parce que je dis ce que je pense vraiment, surtout quand je travaille bénévolement.Je n'ai jamais connu la rue.Je suis un bourgeois qui a sa maison et son petit jardin.Je vis bien.Par contre, je viens d'une famille démunie, analphabète.Je suis sorti de cette merde mais mon coeur est toujours avec les plus démunis.» Pol Mail M.Pol Mail est caricaturiste pour le journal L'Itinéraire (voir illustration en page 2).C'est la première fois qu'il dessine pour un journal de rue.Il fait surtout, depuis 40 ans, des dessins et des illustrations pour des commerçants.«Je n'ai pas de difficulté quant aux thèmes: les sans-abri ou autre, ça ne pose pas de problème particulier, dit-il.Je ne me censure pas mais, concernant Dieu, la religion, il y a là une certaine délicatesse, une sensibilité.C'est \"sacré\".On peut attaquer mis c'rcr la fKMicRir Tas Qu'on) Me tir ot/r g'/»/ l'air.2 o s EL ».a f- a. OS Os \"S \u2022 \u2014 I e s: e o s 9 Art C t \u2022 \u2022 \u2022 une option politique mais pas une option religieuse.Dans mon pays d'origine, le Liban, mes dessins mordants sur la politique et les gouvernements ont parfois choqué.Dans l'ensemble, je dirais que mes caricatures ont choqué dans une proportion de 0,1%.Je n'ai pas vécu personnellement la misère d'être sans-abri mais j'en ai vu de près, ici et dans mon pays.Étant artiste, je suis sensible à l'état des démunis, ça me touche beaucoup», affïrme-t-il.Benoît Melançon Les lecteurs de L'Itinéraire ont sûrement remarqué les caricatures de Benoît Melançon.Ce jeune homme dans la vingtaine collabore aussi au journal Mirror comme bédéiste.De son métier, Benoît raconte: «Le problème qui se pose quant au sujet des sans-abri c'est de savoir toucher les gens sans tomber dans le cliché, les stéréotypes.Dans L'Itinéraire, il y a des sujets épineux, alors je cherche le gag tout en essayant de faire réfléchir.La caricature suscite une émotion plus douce, moins impliquante que les photos.» Benoît Melançon poursuit: «Les gens ordinaires ne veulent pas voir.Alors le défi, c'est de mettre la réalité des sans-abri dans leur face sans qu'ils se sentent coupables, sans qu'ils sentent qu'on leur demande de l'argent ou autre chose.Sans avoir vécu l'itinérance, chaque jour je la côtoie.Quatre fois de suite, on peut me demander trente sous, la quatrième fois, je détourne le regard.Je me questionne: Est-ce que je me sens coupable?Suis-je sans-coeur?Le dessin me permet de prendre du recul et de trouver mes réponses.C'est le lien entre les sans-abri et les autres.Si mes dessins peuvent aider, le but est atteint.» Carricature de Siné parue dans le magazine parisien La Rue en janvier 1996.Le théâtre des jeunes de la rue Mon Paradis d'enfer Depuis près d'un an, le théâtre Parminou présente à travers le Québec la pièce Mon Paradis d'enfer, écrite par l'auteur Maureen Martineau à partir de textes produits par des jeunes de la rue.Ce sont des ateliers d'écriture offerts dans des villes canadiennes telles Montréal, Québec et Vancouver qui ont permis à des jeunes d'exprimer ce qu'ils vivaient, leurs sentiments d'impuissance et de rejet.«Mon Paradis d'enfer, mis en scène par Michel Cormier, illustre de façon très réaliste la vie des jeunes fugueurs qui finissent par se retrouver dans la rue à la recherche d'un certain bien-être.Ils y trouvent tantôt l'enfer de la drogue, de la misère et de l'exploitation, tantôt le paradis de vivre des amitiés affectueuses et le plaisir qu'offre l'évasion ou cette forme de liberté qu'est celle de la rue.«Enfer ou Paradis?Ça dépend pour qui, ça dépend du jq point de vue.À soir, on vous offre de regarder la vie à tra- Ivers nos yeux, notre vécu», disent-ils au début de la pièce.La scénographe Caroline Mercier a travaillé directement avec ceux qui ont inspiré la pièce.Les personnages sur scène ressemblent en tout point aux jeunes que l'on voit sur les rues Ste-Catherine ou St-Laurent.Si les adolescents se sont reconnus dans cette pièce au point d'en être très émus, les adultes et parents auraient intérêt à y assister pour comprendre un peu plus l'univers torturé de leurs enfants.Les prochaines représentations à Montréal auront lieu le 18 avril, 19h30, à l'école secondaire Jean-Grou, 12 725 boul.Rodolphe-Forget, et le 20 avril, 20 heures, à la Polyvalente Daniel-Johnson, 1200, boul.Tricentenaire.D'autres représentations devraient avoir lieu en mai.Pour plus d'information, communiquez avec le théâtre JBk Parminou au l-(819)-758-0577. s> itinéranc e |[o][rgrgrararajajrjJr3Jr2JrlJr2Mr^^ p £f\\ Attitude d artistes De Fart social qui ne déclenche pas les mauvaises consciences L es photographes, vidéastes et peintres, Jacky G.Lafarge et Louis Couturier du collectif Attitude d'artistes, proposent ce printemps, par leur exposition particulière Images et propos mobiles, un art imliqué socialement, qui soulève des questions incontournables telles l'identité sociale et l'exclusion, sans pour autant chercher à déclencher les mauvaises consciences ou à faire naître des bons sentiments envers une catégorie de gens.Ils ont photographié des personnes en situation d'exclusion à Montréal et à Lyon, dans le but de susciter par la suite une réflexion sur l'obscure et la complexe question de l'image et de l'identité telle qu'elle se pratique dans nos démocraties friandes de bonnes causes et de beaux et grands spectacles médiatiques.Les personnes se trouvant en état d'exclusion sont plus jeunes et plus nombreuses.Étant donné l'ampleur du phénomène, les médias, les politiques, et même les artistes, sont de plus en plus nombreux à se pencher sur ce problème.Attitude d'artistes ne veut pas défendre la cause des sans-abri.Il pose surtout à travers eux la question suivante: est-il possible que la mise en scène de la pauvreté par les médias et certains mouvements artistiques ne soit qu'une utilisation mercantile ou carriériste d'une Louis Couturier réalité que l'on a trop tendance à considérer comme inévitable?L'exclu est-il réduit lui aussi à la simple fonction d'icône?N'est-il pas plus sain de traiter une personne en situation d'exclusion comme un égal plutôt que de s'arrêter à sa situation économique et sociale, et surtout de considérer cette situation comme étant sa personnalité, son «identité.»?Les pauvres sont désormais mis en scène à travers les images.Mais ce spectacle sert-il à déranger ou au contraire à confronter un certain ordre, à réconforter les «inclus», à leur faire accepter un sort qui n'est souvent pas enviable», lit-on dans Le Monde diplomatique d'octobre 1995.«Images et propos mobiles est un travail de photographie, mais pas de cette photographie sociale qui, animée des meilleures intentions, se veut un déclencheur de mauvaise conscience en amplifiant la visibilité des scandales et des maux du progrès», affirme Attitude d'artistes.Ils ajoutent: «Notre principal souci a été d'éviter la mise en scène de l'exclusion, de son spectacle, pour mieux interroger une exclusion qui, elle, est vécue par la majorité d'entre nous, celle qui nous maintient hors des mécanismes du pouvoir: l'exclusion de notre parole à qui est refusée toute résonance publique car les maîtres de toutes les tribunes parlent à notre place.» Jacky G.Laforgue Suite en page 14 2 o EL fx g S I 1 11 indifférent m s s L11 | Une oeuvre de | Jacky G.Lafargue et ^ Louis Couturier i ?§ aa S 12 beau, vivant prophete enigmatique MEDIATIQUE DISPARAITRE Jacky G.Laforgue et Louis Couturier, qui forment le collectif attitude d'artistes, se sont fait connaître par des séries de photos portant généralement un regard critique sur l'art contemporain et sur les différents mécanismes qui l'animent.Ils ont voulu, le temps d'un projet intitulé Images et propos mobiles, quitter la scène habituelle de l'art et ses acteurs pour s'intéresser aux sans-abri.Cette rencontre avec le monde de la rue les a amenés à traiter la question de l'image et de l'identité.Pour ce faire, ils ont abordé plusieurs dizaines de personnes en situation d'exclusion, à Montréal et à Paris, dans l'intention de les photographier.À partir de ces photographies, ils ont réalisé huit affiches sur lesquelles apparaissent des mots.Les portraits de personnes anonymes deviennent ainsi l'expression d'une présence, d'une identité.Ces personnes pouvant très bien être ou passer pour des artistes, des acteurs, des écrivains, tout comme des artistes, des écrivains et des acteurs peuvent très bien afficher des gueules d'exclus.Finalement, l'exclu, n'ayant plus de fonction sociale définie, a-t-il le droit d'être quelqu'un?Peut-il refuser d'être considéré comme une simple icône médiatique?Il est prévu au cours du mois d'avril de faire circuler autour de la Place des arts des personnes portant ces affiches sur leur dos.Une exposition de gens de la rue, présentée sur le terrain.I D Art Suite de la page 11 «Ce n'est donc pas un travail de plus qui prétend sensibiliser les gens à un problème social spécifique, ajoutent-ils, mais plutôt un travail sur l'anonymat vécu par la majorité d'entre nous et le fantasme de la reconnaissance médiatique et sociale.Que nous parlions de marginalité ou de beauté, nous avons choisi de construire des images qui évitent de s'attarder -de s'arrêter- à la situation quotidienne de nos modèles (mendicité, consommation d'alcool, habillement), des images qui évitent toute mise en scène disant à ceux qui travaillent: «vous avez de la chance», des images qui évitent toute imagerie cherchant à apitoyer le citoyen sur le sort du pauvre.Images et propos mobiles ne cherche pas à rassurer, ni à faire naître de bons sentiments (ou des mauvais).» S t \u2022 \u2022 \u2022 Leur travail est un questionnement critique de l'art social comme déclencheur de mauvaise conscience.C'est aussi une remise en question de l'image médiatique en tant que facteur d'identité et de reconnaissance sociale.Le sujet est difficile à traiter puisqu'Attitude d'artistes fait lui-même une utilisation carriériste des images: «Nous assumons pleinement le carriérisme et l'aspect tapageur du projet, affirment-ils, puisque ce sont des contradictions auxquelles est confrontée toute personne, artiste ou non, soucieuse de se faire entendre.Entre la séduction de l'indifférence et la noblesse de l'activisme social, Attitude d'artistes se targue et se réclame plutôt d'une identité à plusieurs facettes.Son ambiguité se nourrit de doutes et s'oppose à des certitudes nourrit de réponses toutes faites.» Peindre un café pour itinérants Artiste, itinérant.la bohème! Michel Brunet est un jeune peintre, dessinateur et musicien.Il a offert bénévolement 40 heures de son temps pour peindre une murale dans le café-rencontre pour itinérants du groupe L'Itinéraire.Ce jeune débutant, qui a su égayer l'ambiance du café, rappelle que le point commun entre l'artiste et l'itinérant est souvent la pauvreté.v© ©\\ - e I n C o S 14 4 Gabriel Bissonnette Camelot sur St-Denis M ichel est né à Montréal et a fait sa première toile à l'huile à l'âge de 15 ans.Il joue de la batterie et de la guitare, mais sa préférence demeure la peinture.Il travaille présentement comme cuisinier au café Chaos sur St-Denis, une coop déjeunes qui ont créé leurs propres emplois.Michel est bien content d'avoir lâché le B.S., car il ne vit pas de sa peinture.«Je vends une toile de temps en temps, dit-il.Il y a des fois où je fais des échanges comme, par exemple, une toile contre une balayeuse.» Il a participé à la décoration du café Chaos en utilisant des matières recyclées comme des vieilles can-nettes peintes, etc.Même s'il avait beaucoup d'argent, dit-il, il continuerait à peindre pour son plaisir.Michel n'a pas fait d'études et n'a pas de formation en art.«J'ai eu des petits cours au secondaire, mon talent et mon goût pour la peinture sont là depuis que je suis jeune.».Ses parents l'ont encouragé à devenir artiste.«À ma fête ou à Noël, ils me donnent des pinceaux, de la peinture à l'huile ou des toiles.Ils savent que je suis bien content quand je reçois ces choses-là.» Michel n'est pas le premier artiste dans sa famille.Son grand-père était peintre, ainsi que des oncles et des tantes.Michel est cependant très solitaire.Il ne se «tient» pas avec les autres artistes.«Je ne fais pas partie d'un groupe de peintres, je ne me mélange pas avec les autres artistes.Je peins chez moi dans l'atelier que j'ai fait moi-même.La seule chose que je vais faire prochainement, c'est organiser des peintures en direct au café Chaos et faire tirer une toile à la fin de la soirée.» C'est sans hésitation que Michel a répondu à notre invitation à faire une murale au café de L'Itinéraire.Michel s'inspire de paysages, de la nature, et ça se reflète dans sa murale.Son rêve?Être célèbre! 9 itinérance Le turluteux La poésie de rue t C'est un lundi de février, fin d'après-midi.Il fait moins 25 et je monte la St-Denis en «chantant» les louanges du journal.C'est clair que j' serai pas millionnaire aujourd'hui! En arrivant su'l'coin de Duluth, J.P.est là fidèle à son habitude, à chanter ses turlutes aux passants.Il me salue d'un sourire complice et n'interrompt sa prose que lorsque les derniers badauds s'éloignent.On sait peu de choses sur J.P.C'est un solitaire au milieu de la quarantaine, qui en arrache depuis une douzaine d'années environ, le visage fatigué, les yeux pétillants, une «toux» fidèle.Si la misère l'a tatoué d'aplomb, lui, il la tutoie avec humour, quotidiennement, sous forme de turlute du genre de celles qui ont fait la renommée de la Bolduc pendant «la Crise».J.P.s'organise tout seul et ne veut rien devoir à personne.Il n'est pas devenu amer ou agressif au point de déteindre sur ceux qui l'approchent.Il n'est pas du genre à «étaler ses tripes sur la table».De son passé, il ne laisse échapper qu'un regret en évoquant le temps où il jouait de la flûte.«Mais à la suite de quelques excès, j'ai dû m'en départir, comme du reste».Ce qui «reste», c'est un présent qui l'accapare déjà suffisamment.Issu de la génération «radio», J.P.a toujours été fasciné par les conteurs.Il croit que son goût pour la poésie lui vient sans doute de son enfance à écouter la radio.Il a commencé à turluter un peu par hasard à la fin de l'été dernier.«J'étais mal pris et je me suis mis à quêter en chantant des rengaines qui me passaient par la tête».Évidemment, les gens avaient toutes sortes de réactions.Plusieurs s'arrêtaient après avoir prêté l'oreille à sa poésie et revenaient sur leurs pas.«Tant que je chante, je peux regarder les gens dans les yeux.J'ai pas à baisser la tête! Les gens sont surpris de m'entendre et ceux qui me donnent un p'tit queq' chose le font au moins avec le sourire».Le sourire des gens qui le croisent, c'est toute la différence pour J.P.et c'est sans doute pour l'avoir compris que lui-même se départit rarement du sien.En véritable créateur, il s'inspire du moment présent, de l'allure des badauds qui passent, de leur habillement, de leur humeur me c'est dit-il telle- 7/9 S **Bf et de la température., 1 «Sauf pour quelques ren- Z, gaines, c'est de l'improvisation ^^jf d'un bout à l'autre et pis ça rime ^jafj presque tout l'temps», ¦H*avec fierté.«Des f -m « ment drôle que le genou m'en plie, pis ceux qui m entourent a c moment là risquent de s'étouffer avec leurs dentiers», ajoute-t-il en riant.J.P.m'affirme que Gaston Miron lui a même suggéré de mettre sa poésie sur papier.S'il se promet bien de suivre son conseil «un jour», il hésite pourtant à le faire.«Y'm'semble qu'en les écrivant, ça s'rait pu pareil.C'tun état d'esprit», me dit-il sans finir sa phrase.Peut-être a-t-il le sentiment que prendre du temps dans l'but d'écrire des turlutes l'enfermerait davantage dans un personnage né par nécessité, par survie.Reste qu'un petit pourcentage de personnes s'offusque de le voir et de l'entendre turluter avec le sourire.Peut-être trouvent-ils inconvenant qu'un gars puisse donner l'impression d'être heureux alors qu'il vit dans le dénuement le plus total.C'est sûr qu'habiller son indigence avec une turlute ne le tiendra pas plus au chaud, mais la honte et la pitié s'évaporent, le temps d'une rengaine, et il est révélateur que certaines personnes (une sur cinquante, selon J.P.), soient dupes au point de prendre ombrage de la conviction qu'il y met.«J'te regarde aller avec ton journal pis peut-être qu'un jour, j'vas v'nir vous voir.Mais moé, au fond, j'vas pas pire, j'voudrais pas enlever la place à quelqu'un d'autre!.», me lance J.P.en riant.Sacré J.P.! Fais-toé\u2014 z-en pas, tu prendras pas la place de personne et en attendant que tu viennes les écrire toi-même, tes turlutes, me permets-tu de publier un de tes p'tits refrains que tu chantes aux passants de la rue Duluth?«Avez-vous dans l'fond des poches Ou dans un recoin d'sacoche Quequ ' chose qui sonne, pis qui résonne Passez-moé-z-en, moé ça m'adonne.» Ce à quoi j'ajouterai: «Pis si vous avez une grosse piasse de spare, Achetez-moé donc L'Itinéraire!» 2 o 3 |-l »\\ \u2022 I I & 3 NO Os 15 LE GLOBE-TROTTOIR DE L'ITINERANCE Les informations suivantes proviennent de différents journaux de rue à travers de monde.Sur Internet: les pédophiles du XXIe siècle Il y a 25 ans, les pédophiles traquaient leur proie dans les parcs, il y a 10 ans, dans les arcades.Depuis deux ans, naviguer sur Internet semble être devenu leur passe-temps favori.Pas besoin d'être un «quiz whiz» de l'informatique pour y accéder.Alors, les enfants qui naviguent sur Internet peuvent ouvrir la porte de leur chambre à coucher aux pédophiles qui en profitent pour mieux abuser d'eux.Il est 18 heures.Un mercredi soir tranquille.Les émissions pour jeunes viennent de se terminer.Tara, 13 ans, va dans sa chambre faire ses devoirs.Sur l'ordinateur, elle fait la connaissance de George, un homme de San Francisco.Elle s'enfuit de son domicile pour aller le retrouver.Lors de leur dernière conversation sur le réseau Internet, il lui a promis de courir dans la chambre, jour et nuit, tout nu.Aux États-Unis, l'an dernier, au moins une douzaine de cas similaires ont été rapportés.Les enfants avaient été attirés par des étrangers, après une conversation sur Internet.Des experts américains croient que personne n'est désormais à l'abri de la sollicitation cybernétique.Daniel Montgomery, un accro d'Internet âgé de 15 ans, s'est lié d'amitié avec Damien Starr, un autre résident de San Francisco.Leur conversation a commencé dans la «chat room» (site de l'échange) avant de se poursuivre sur un site privé.Starr a persuadé Daniel de le rencontrer à Seattle.Il lui a envoyé l'argent du billet d'autobus.Daniel a disparu pendant trois semaines sans donner signe de vie.Ses parents ont découvert l'adresse électronique de Starr et ont envoyé à leur fils des messages pour qu'il revienne.Starr leur a répondu en incluant des photos de ses relations sexuelles avec l'adolescent.Heureusement pour Daniel et ses parents, Damien Starr a pris peur quand les médias se sont emparés de ^ l'histoire.Il a alors abandonné le garçon à l'aéroport de §5 San Francisco.\"h » L'inspecteur David Davis, chef de la police de West | Midlands (centre de l'Angleterre), affirme: «On utilise le « Net pour faire des rencontres, ce qui peut facilement \u2022a mener à des abus.Parce que les internautes peuvent v£ cacher leur âge et leur sexe, il est possible qu'un enfant .J devienne l'ami d'un autre «enfant» qui pourrait être un > pédophile âgé de 46 ans.Les pédophiles savent gagner .la confiance des enfants.Ils entreront en relation en par- \u20223 lant, par exemple, des jeux Game Boy sur le canal con- v2 férence» (propos rapportés dans The Big Issue de février g 1996).S Peter Banks, qui dirige le site web au National Centre For Missing and Exploited Children de Washington, croit que c'est une sérieuse source d'inquiétude.Il suggère que les parents soient plus impliqués dans la vie et les activités de leurs enfants.Quant au directeur du Computer Crime Unit, du Département de la Justice à Washington, il croit qu'on doit renseigner les parents sur les usages et les abus de l'Internet: «Nous devons éduquer les parents pour qu'ensuite ils expliquent les dangers à leurs enfants.Le problème, c'est que les enfants comprennent la technologie, mais leurs parents, non.» Nouveau trip La drogue régurgitée Une nouvelle façon, plutôt dérangeante, de vendre de la drogue frappe présentement les rues de Glasgow, en Ecosse.En effet, les héroïnomanes marchandent la spitmethi le terme de rue pour désigner la methadone régurgitée.Les héroïnomanes qui bénéficient d'un traitement à la methadone \u2022 un substitut liquide prescrit par les médecins pour les aider à diminuer ou à cesser leur dépendance - vomissent leur methadone aussitôt qu'ils quittent la pharmacie ou le bureau du médecin.Ensuite, ils vendent leur vomissure pour acheter de la cocaïne ou de l'héroïne.Le magazine de rue londonien The Big Issue rapporte le cas de Peter, 24 ans, héroïnomane depuis cinq ans et accroché à la methadone depuis trois ans.Il affirme que le marché de la spitmettt est énorme, même si les patients doivent avaler la methadone devant leur médecin ou pharmacien, «Les médecins nous supervisent, alors nous ne pouvons pas vendre la methadone, mais la vomir n'est pas un problème.C'est facile à vendre parce que les enfants nous l'achètent.» Malgré le débat actuel sur le traitement à la methadone, les différentes ressources pour toxicomanes appuient ce traitement, prescrit aux héroïnomanes.Mais la vente de la spitmeth cause des inquiétudes parce que le substitut de l'héroïne créerait une plus grande dépendance que la substance elle-même.Le 3D Research Bureau de Liverpool a publié un récent rapport dans le magazine Drug Link dans lequel le taux de décès relié à la methadone serait quatre fois plus élevé que celui relié à l'héroïne.16 Un autre questionnaire: Plus de 400 personnes ont répondu à notre petit sondage de décembre dernier afin de nous permettre de mieux connaître nos lecteurs.Nous vous remercions infiniement parce qu 'on a pas une cenne pour se payer une étude de marché.Nous vous demandons encore un effort afin de finir notre analyse en répondant à ce deuxième questionnaire.Vous pouvez le remplir même si vous n 'avez pas répondu au premier.On vous donne les résultats dans notre prochaine publication.Merci mille fois! 1- Sexe ?Masculin ?Féminin 2-Quel est votre âge?Moins de 18 ans ?18 à 29 ans ?30 à 39 ans ?40 à 49 ans ?50 à 59 ans ?60 ans et plus 3- Quel est votre dernier niveau de scolarité complété?Primaire ?Universitaire bac Q Secondaire ?Maîtrise ?Collégial ?Doctorat 4- Votre lieu de résidence est?Montréal (spécifiez le quartier _ ?Ouest de Montréal (Lachine, Lasalle, etc.) ?Région de Laval et Laurentides ?Rive-sud de Montréal ?Anjou, St-Léonard ?Mont-Royal Outremont ?Montréal-Nord G Verdun Q Autres (spécifiez) 5- Quel est votre revenu de votre famille ou ménage?Moins de 10 999$ ?11 000$ à 24 999$ ?25 000$ à 39 999$ ?40 000$ à 54 999$ ?55 000$ à 74 999$ ?75 000$ et plus 6- Votre occupation ou votre statut actuellement ?\tArts, loisirs, sports\t?\tAssistésocial ?\tCadre\t?\tChômeur ?\tCommerçant\t?\tEnseignant ?\tEtudiants\t?\tFemme au Foyer ?\tFonctionnaire\t?\tJournalier ?\tMalade/invalide\t?\tPensionné ?\tProfessionnel\t?\tPersonnel de soutien ?\tTechnicien\t\tAutres: 7-En vous incluant, combien de personnes lisent ou regardent votre copie de L'Itinéraire?_ 8- En moyenne, combien de temps conservez-vous votre journal?Moins d'une semaine Q plus d'un mois ?Une semaine à un mois ?je les conserves tous.9- Prévoyez-vous acheter de l'équipement sportif dans les douze prochains mois?Oui ?Non 10- Possédez-vous un ordinateur?Oui ?Non 11- Prévoyez-vous acheter ou changer d'ordinateur dans les douze prochain mois?Oui ?Non 12- Combien de fois avez-vous assister à une pièce de théâtre, un spectacle de danse ou un spectacle musical au cours des 6 derniers mois?aucune ?1 à 2 fois ?3à4fois ?5 à 10 fois ?plus de 10 fois 13- Combien de fois avez-vous visité un musée, une exposition photographique ou une galerie d'art au cours des 6 derniers mois?aucune ?1 à 2 fois ?3à4fois ?5 à 10 fois Q plus de 10 fois 14- Combien de fois mangez-vous au restaurant par semaine.' ?Moins d'une fois ?1 à 2 fois ?3 à 4 fois ?plus de 5 fois 15- Combien dépensez-vous mensuellement pour l'achat de livres?moins de 25$ ?de 25$ à 50$ ?de 50$ à 75$ ?de 75$ à 100$ ?100$ et plus 16- Combien dépensez-vous mensuellement pour l'achat de vêtement?Moins de 100$ ?de 100$ à 200$ ?de 200$ à 300$ ?plus de 300$ 17-Possédez-vous une automobile?Oui ?Non 18- Croyez-vous acheter ou changer de véhicule dans les 12 prochains mois?Oui Q Non 19- Avez-vous loué une automobile ou un autre type de véhicule dans les 12 dernier mois?Q oui Q non 20- Quel moyen de transport utilisez-vous couramment?(plus d'une réponse possible) ?Automobile ?Taxi ?Métro ?Train de banlieu ?Autobus ?Vélo 17 ©s Os 1 , La croisade pour le logement social se poursuit.en autobus! s urpnse! Surprise! En effet, quelle ne fut pas ma surprise, en ce frisquet lundi matin, le 4 mars dernier, lors de mon arrivée au journal.Comme on manquait de journalistes pour couvrir l'événement «Visite en autobus de logements barricadés dans les quartiers Centre-Sud et Hochelaga-Maisonneuve», 10 minutes avant le départ, on me demanda si j'étais intéressé à y aller.Dix minutes donc pour me décider à me rendre à cet événement sans aucune préparation ni information.Arrivé juste à temps.Ouf! Une chance que le Comité Social Centre- Sud n'était qu'à un coin de rue de notre local.J'embarque donc dans l'un des deux autobus loués par les organisateurs d'Alerte Centre-Sud et remplis d'une centaine de participants provenant d'une cinquantaine d'organismes communautaires oeuvrant dans le domaine du logement social.Je m'assois dans le fond et nous voilà partis.Nous allons donc cueillir à leurs bureaux Martin Lemay, conseiller municipal en matière d'habitation, André Boulerice, député de Ste-Marie-St-Jacques, ainsi que Sammy Forcillo, conseiller en charge des finances à la Ville de Montréal.Ce dernier vient s'asseoir avec moi, en arrière, et ce, à ma demande expresse, au lieu d'acquiescer à la demande de M.Patrick Alleyn, commentateur de l'événement.Celui-ci, commentant sans cesse la minivisite touristique dans son cornet, je n'ai malheureusement pas pu cuisiner M.Forcillo à ma guise.Faut avouer que je l'ai trouvé très sympathique, même si à un moment donné, il a menacé de déguerpir si les organisateurs et participants ne parlaient pas aussi des réalisations positives.Voici donc grosso modo où en est rendue la situation dans ces dossiers en matière de logement social.Les participants ont, entre autres, discuté du projet Faubourg-Québec qui a commencé en 1989.En 1991, il a eu une entente pour produire 20 % de logements so-18 ciaux au beau milieu du quadrilatère délimité.Déjà, des e o Notre reporter Alcatraz (en bas à gauche), concentré à prendre en note les propos des participants dont le député André Boulerice (chapeau de cosaque au centre) et Sammy Forcillo à sa droite.(Photo gracieuseté La Presse) condos sont réalisés sur la rue Berri, près du Vieux-Port.L'entente prévoyait aussi des montants pour la rénovation dans le Centre-Sud, afin de revitaliser le secteur.En 1994, le fédéral s'est carrément désisté du logement social et les gouvernements provincial et municipal ont sauté sur cette excuse pour se désengager à leur tour.Des organismes du quartier tels Alerte Centre-Sud font des pressions régulièrement sur les gouvernements pour que le dossier débloque: piquetage, manifestation devant des logements abandonnés, rédaction de dossiers, tout est tenté pour faire bouger nos élus.Ils ont réussi cette fois-ci à les déplacer en louant un autobus, mais pour ce qui est de les faire pousser sur le dossier du logement social, immobilisé depuis deux ans, faudra faire plus.J'habite moi-même un HLM et j'encourage fortement tous les sympathisants de continuer à fighter pour cette noble cause hu-mani-taire, qui en vaut la peine.Lâchez pas! De votre envoyé spatial K Alain Coulombe alias Alcatraz.Camelot de soir au métro Berri-UQAM. Porte ouverte Dans le cadre du 2ième anniversaire du premier journal de rue de Montréal lundi, le 6 mai 1996 Venez rencontrer les membres du journal et poser vos questions! De midi à 17 heures, au 1223, rue Ontario Est (coin Beaudry).Nous vous attendons en grand nombre.Vendeur de L'Itinéraire depuis le début un lien précieux avec les lecteurs Mario Lanthier vend le journal depuis les premiers jours.Camelot toujours fidèle à son poste dans le métro Berri-UQAM, il répond régulièrement aux nombreuses questions des lecteurs et lectrices.Quand il ne sait pas la réponse, il s'informe auprès des rédacteurs pour mieux servir ses clients.Depuis deux ans, Mario est témoin des réactions du public à chaque nouveau numéro.Nous sommes fiers de cet ambassadeur de L'Itinéraire auprès de vous.Bon courage Mario! On fait huit heures par jour de travail.Ça permet de faire fonctionner notre journal en plus du travail des collaborateurs qui font du bon boulot.J'aime être avec le public.Quand on est ex-itinérant, c'est qu 'on revient de loin.Les messages dans le métro et sur la rue «Ne lâchez pas les gars!», «Votre journal est excellent», m'encouragent beaucoup.Un jour, la mère d'une de mes clientes m'a envoyé 5$ par l'entremise de sa fille.Elle a aimé notre travail.D'autres gens me disent: «J'aime votre journal».Que de bons commentaires pour le journal de février sur les drogues.Une fille de 14 ou 15 ans m'a demandé si je pouvais lui procurer le journal sur l'Ecstacy pour le montrer à ses amis qui en consomment.Un homme m'a dit qu'il l'avait fait lire à son garçon qui, ensuite, l'a apporté à son école.Un professeur qui travail en dehors de Montréal m'a aussi dit qu 'il l'utilisait pour le faire lire à ses élèves.On ne peut changer une vie du jour au lendemain mais on fait ce qu'on peut.Merci de continuer à nous encourager, on a toujours besoin de quelqu'un dans la vie.Merci à tous ceux et celles qui contribuent à la fabrication de notre journal.Mario Lanthier Camelot Métro Berri-UQAM Le groupe communautaire \\>Itinéraire Des projets innovateurs pour se sortir de l'itinérance Groupe communautaire Vltinéraire 1223, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R5 Nom: Adresse: Téléphone: Montant Je désire recevoir un reçu d'impôt I I (pour tout montant de 10$ et plus) i_i Contribuez à la poursuite de cette oeuvre auprès des plus démunis de notre société o s ».a r s a 1 19 TEL-AIDE Un service gratuit Une écoute attentive 935-1101 MAISON 1183 Saint-Mathieu Montréal (Québec) H3P 2P7 (514) 932-2250 Gilles Duceppe Député de Laurier Sainte-Marie 1001, De Maisonneuve Est, Bureau 580 Montréal (Québec) H2L 4P9 Téléphone: (514) 522-1339 Télécopieur: (514) 522-9899 o6 ACCUEIL BONNEAU INC 427, RUE DE LA COMMUNE EST MONTRÉAL QUÉBEC H2Y 1J4 Tél.: 845-3906 Fax.: 845-7019 Dans la rue, avec le monde Confédération des syndicats nationaux BonSecours Inc 565 Dublin 935-8882 Admission: de 9hres à 16 hres Centre de réhabilitation pour itinérants alcooliques/toxicomanes - 25 ans et plus Votre Guide dans la Nouvelle Dimension Internet Consultation \u2022 Formation \u2022 Implantation Construction de sites et de pages Web Tél.: (514) 933.8800 \u2022 Fax: (514) 933.2873 E-mail: info@v-planet.com Internet: http://www.v-planet.com 0 MOTS - CROISÉS MON CENTRE * SHIATSU * SUEDOIS * drainage lymphatique amssothIjmpeute Cécile.IRoibau TtL (514) 2784162 Outremont Droit criminel et Aide juridique Code de sécurité routière Causes criminelles de toutes sortes Accepte aussi les mandats d'aide juridique 2565, rue Centre, bureau 206 Montréal (Québec) H3K 1J9 (Métro Charlevoix) Téléphone (514) 937-5970 Chambre à louer Métro Berri très propre, très tranquille, chauffage électrique, poêle et frigo fournis 1818 St-André Horizontalement 10 11 12 Action de mettre en vue.Adjectif indéfini.-Nuance de visage.3- Perroquet.- Astre du jour.4-Sert au dessinateur.- Ville ou l'on retrouve la campanile.5-Six.-Sert au golf.6- Anneau.- Adverbe.7-Végétal ligneux.- Feutre en forme de semelles.8- Qui est imprécis.- Saint.9-Machine.- La tête y est fixé.10- Poulie.- Ne cachera pas.11- Caractère de ce qui se déplace.12- Confiante.- Consonnes.- Instruments de musique.Verticalement 1- Nature sous laquelle se présente un corps.- Note.- Disciplines diverses.2- Jerez.- Outil servant à la sculpture.3- Journaliste espagnol 1897-1981.-Groupe de musiciens québécois.- Se-gneur d'une terre érigée en prairie 4-Charpente.- Ennui.- Tellure.5-Chaise.- Réseau de nouvelles à la tél.6-Peuple du Nigeria,- Simulé Soulève.- Unité monétaire de l'Italie [(plu).8- Se dit à la fin de la messe .- Roman policier.9- Organe de la vue.- Liquide.- Actinium.10- Fleuve.-Trinitrotoluene.- Sculpteur espagnol 11- Démonstratif.- Préfixe indiquant l'égalité.- Chrome.12- Do.- Tableaux.Solution à lu paj>e 23 JE DESIRE M'ABONNER AU JOURNAL L'ITINÉRAIRE AUX CONDITIONS SUIVANTES: Vous ne pouvez vous procurer régulièrement L'Itinéraire au centre-ville?Abonnez-vous pour aider la cause des itinérants et vous permettre de ne pas manquer les différents dossiers traités dans L'Itinéraire.?UN ABONNEMENT D'UN AN (12 NUMÉROS) POUR 30$ ABONNEMENTS D'UN AN 30$ POUR LE PREMIER ET 12$ CHAQUE ABONNEMENT SUPPLÉMENTAIRE NOMBRE D'ABONNEMENTS: Nom:- Adresse: _ Téléphone: ^ZIZ A partir du mois de : Envoyez un chèque ou mandat poste à l'ordre du Journal L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1223, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R5 o s 1 I 21 Vous pouvez envoyer vos commentaires à: Journal L'Itinéraire, 1223, rue Ontario Est, Montréal (Que.) H2L 1R5 Téléphone: (514) 597-0238 Fax: (514) 597*1544 e-mail: itiner@cam.org Opinion d'une lectrice sur L'Ecstasy Os ¦g 1 S u e o hère Cylvie, concernant ton article sur l'Ecstasy, c'est bien d'informer les gens, mais il faut être prudent et ne pas les désinformer, ce que je crois que tu as tout simplement fait en ne mentionnant que les côtés négatifs de cette drogue.Je comprends qu'il ne faut pas promouvoir cet agent de «paradis artificiel», mais il faut quand même être juste, et souvent prévenir le pire, c'est d'informer correctement la population.Je ne peux me retenir de t'écrire car je sais que beaucoup de jeunes qui sont intrigués par le MDMA lisent L'Itinéraire, et que c'est un moyen pour les éduquer, pas pour les effrayer.Si tu avais vraiment lu \"E is for Ecstacy\" de Nicolas Saunders, tu verrais qu'il expose plus que des points négatifs dans son mémoire.L'Ecstasy a été inventée par un Allemand au début du siècle, et on en donnait aux soldats pendant la guerre, ce qui leur coupait l'appétit et leur donnait du courage.Jusqu'aux années 80, le MDMA était légal.Certains médecins le prescrivaient en petites doses aux patients qui désiraient maigrir (le MDMA coupe l'appétit).Ils se sont rendu compte que même administré en petites doses, les patients se sentaient mieux dans leur peau, ils étaient plus ouverts aux autres, parlaient de leurs sentiments plus facilement.Les psychologues pour leur part, utilisaient ses effets d'ouverture d'esprit et d'objectivité envers les sentiments, les peurs, les angoisses que nous ressentons.Malheureusement, certains ont fait des abus de la pilule miracle en se remplissant les poches, car le MDMA fait beaucoup parler.Le MDMA est devenu illégal après qu'il se soit infiltré dans le mouvement house américain du milieu des années 80.Étant devenu une drogue de plaisir, ils ont décidé de l'interdire.Mais encore aujourd'hui, les mouvements techno et house du monde entier sont associés avec le MDMA.Communication Laf lèche ¦ Rédaction ¦ Révision linguistique ¦ Correction d'épreuves ¦ Traduction ¦ Gestion de projet Marie-France Parizeau 8295, rue Laflèche Montréal (Québec) H1L2Y2 Téléphone: 352-0278 Télécopieur: 352-1894 Internet : lafleche@centreprendre.qc.ca 22 Tu sais, cette drogue n'est pas mauvaise si on sait bien l'utiliser.Il ne faut pas généraliser les cas de ces jeunes qui en prennent sans savoir ce que c'est, sans connaître vraiment les effets psychologiques et sans avoir de guide pour réussir le voyage.Il y a encore beaucoup à dire et à lire (j'ai lu deux livres sur le sujet), mais surtout, il reste beaucoup à faire pour éduquer les gens qui, tôt ou tard, même en leur disant que c'est nocif, qu'ils peuvent en mourir, même en leur interdisant, ils finiront par en prendre.Alors, vaut mieux qu'ils sachent ce qu'ils absorbent, (connaître la provenance, s'il y a du «speed», etc.), qu'ils s'entourent de bons amis, et qu'ils sachent quoi faire lorsque l'effet embarque.En passant, une dizaine de morts en 10 ans, c'est encore beaucoup moins que les morts dues au tabagisme et à l'alcool en quelques mois, il ne faut quand même pas exagérer.Je ne prêche pas sans retenue le MDMA, je prêche l'éducation au MDMA.Après avoir fait mes expériences et appris beaucoup, j'aimerais juste que les choses soient claires et que les gens sachent ce que c'est que la pilule du plaisir.J'ai fait mes expériences sur une période de deux ans.Tout est terminé maintenant, car cela ne m'apportait plus rien.J'ai fait le tour, j'ai bouclé la boucle.Je suis reconnaissante au MDMA, car il m'a apporté beaucoup dans mes relations interpersonnelles.Je fréquente toujours les raves, mais maintenant, c'est avec mon expérience de transe extatique, de vitamines et de jus que j'atteins le 13e ciel.Isabelle Pour répondre à votre lettre, je commencerai en disant que, concernant l'Ecstacy, pendant longtemps les gens ont été désinformés parce qu 'on leur a montré que les effets positifs.Je suis d'accord que chaque drogue a ses côtés «positifs» lors de l'expérimentation, même l'Ecstacy.Cependant, on a tellement vanté l'altération de la conscience et l'ouverture des canaux émotifs que provoque cette drogue, qu 'on en était venu à minimiser la nocivité de cette substance, informer les gens, surtout les jeunes, ce n 'est pas les effrayer.Après tout, ils ont et auront toujours le choix d'en prendre ou non.Si l'alcool et le tabac ont faitt plus de morts en quel ques mois que l'Ecstacy en 10 ans, il faut regarder les perspectives d'avenir quant aux ravages causés par le MDMA.Au fond, c'est ça faire de la prévention.Cylvie Gingras Solution de la page 21 fjgUH EE aËHJH ?EGaOEEG2HEtl B g e xmuvi BHia WkU~ gHBBBEBU ?DSBQ UUUUU ?H DQ ?B B EEnO QD ?BDBD ?QCEL' B DBBHUBEBBEi | H tl 01 6 I L 9 t t t contagion Le Chrétien au présent (Église Chrétienne des aigles de Dieu) Tout ce que le Père me donne viendra à moi et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi Réunions les dimanche et mercredi, à 19h30, au 1650, St Zotique Est, autobus 45 (f Perdez du poids! ^\\ Soyez bien dans votre peau!! Méthode facile et économique, Entièrement naturelle, nutritive.Programme de nutrition cellulaire Satisfaction garantie ou argent remis Conservez votre carte ou donnez-là à une amie Appelez sans tarder: Noèïla 975-9495 ^^^^^^^ie^rvemie^^ous^^^^ jj les oeuvres de la maison du père 550, boul.René-Lévesque Est Montréal(Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Ad fitunte Rédaction I Relations de presse Rédaction, réécriture, conception, recherche pour dossiers de presse, communiqués, articles, allocutions, mémoires, rapports, etc.IBM & MAC Tel: (514) 522-7607 Téléc: \" 598-9955 Carmen Langlois, dir.Pour des textes efficaces, prenez An plume Dans le virage ambulatoire, on assiste de plus en plus à l'émergence d'une médecine à Ideux vitesses : médecine des riok.es, médecine des pauvres.Il faut stopper cette tendanc devenue contagieuse.q.ue vos analyses soient effectuées dans un BBRtWJKiWifCTTWHEH plutôt que dans un laboratoire privé, c'est voue assurer que notre système de santé continue d'offrir des à tous pensez-y i Les technologistes médicales Une présence vitale »PTrta j^Sl ASSOCIATION M ^^^m ¦ PROFESSIONNELLE M ™ ™ DES TECHNOLOGISTES ™ MÉDICAUX DU QUÉBEC ^ Commandes téléphoniques MONTRÉAL (514) 597-0238 Nom: Adresse: Ville:_ Province: Code postal:.Tél.: (_).Signature:_ Veuillez nous faire parvenir un chèque ou mandat-poste à l'ordre de: Groupe communautaire L'Itinéraire À l'adresse suivante: Journal L'Itinéraire 1223 rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R5 (Allouez de 4 à 6 semaines pour la livraison) Veuillez me faire parvenir le(s) numéro(s) suivant(s) à 2 $ la copie (frais de poste compris) ?Tous les numéros précédents au prix de 30$ ?Vol.I N° 1 mai-juin 94 / Sans-abri de Montréal ?Vol.I N° 2 juillet-août 94 / Balconville ?Vol.I N° 3 sept.-octobre 94 / Les adolescents ?Vol.I N° 4 nov.-décembre 94 / Noël et itinérants ?Vol.II N° 1 janvier 95 / Le logement ?Vol.II N° 2 février 95 / L'envers de la santé ?Vol.II N° 3 mars 95 / L'action au-delà de l'âge ?Vol.II N° 4 avril 95 / Des bêtes et des hommes ?Vol.II N° 5 mai 95 / Les femmes ?Vol.II N° 6 juin 95 / La presse alternative ?Vol.II N° 7 juillet 95 / Face cachée de Montréal ?Vol.II N° 8 août 95 / Santé psychologique ?Vol.II N° 9 septembre 95 / Réinsertion-emploi ?Vol.II N° 10 octobre 95 / La peur ?Vol.II N° 11 novembre 95 / Riches vs pauvres ?Vol.II N° 12 décembre 95 / Différents Noëls ?Vol.III N° 1 janvier 96 / Les journaux de rue ?Vol.III N° 2 février 96 / Les drogues ?Vol.III N° 3 mars 96 / Les enfants "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.