L'itinéraire, 1 janvier 1994, septembre - octobre
[" L'ITINÉRAIRE Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans sa tête Des jeunes pris dans le bras de fer de notre société C'est en septembre que les jeunes reprennent les rangs serrés du retour à la polyvalente, au cégep, à l'université.Ils remplissent soudainement le métro et les autobus, et bruyamment, ils réveillent les travailleurs qui les avaient oubliés durant l'été.L'Itinéraire a choisi ce moment de l'année pour leur réserver un numéro.Il n'a probablement jamais été facile d'être jeune mais, en 1994, les choses se corsent.Les enfants des baby boomers ont à se faire une place dans une société qui n 'offrent plus les mêmes es-PJiirs d'un avenir prospère.Entre les mains des puissances politiques et économiques, les jeunes ont une marge de manoeuvre restreinte.L'accès à la formation professionnelle apparaît incertain et les perspectives d'emplois de moins en moins intéressantes.L'indifférence des gouvernements, qui coupent dans les services sociaux ou augmentent les frais de scolarité, est chaque jour de plus en plus flagrante.Malgré une société qui ne bouge pas devant l'étouf-fement d'une partie de sajeunesse, la génération montante poursuit le combat, celui de la vie.Un survol des coupures de presse le démontre 1.«Crash» des mesures gouvernementales concernant les jeunes Pierre Hamel H Le portrait de la situation vraie politique de la main d'oeuvre.L'ensemble des mesures d'employabilité, de formation professionnelle et d'aidefinancière aux étudiants démontre les lacunes de l'action gouvernementale pour venir en aide aux jeunes.Ces derniers estiment, non sans raisons, être dans un cul-de-sac.Coincés entre l'aide sociale, qui n'atteint que 60% du seuil de la pauvreté, et des mesures d'employabilité qui ne servent finalement qu 'à fournir de la main d'oeuvre bon marché, les jeunes chômeurs et assistés sociaux sont chaque jour davantage désabusés, voire cyniques, face aux politiciens et décideurs de tous poils.Le portrait de la situation économique des jeunes est plutôt sombre.La Presse du 11 mars 1994 rapportait que le taux de chômage des 15-24 ans avait atteint l'an dernier 19,3%.ChezJes 15-19 ans, il s'était même élevé à 23%.En matière d'emplois et d'aide sociale, des programmes qui semblent improvisés tiennent toujours lieu d'une vraie politique de la main d'oeuvre.Il y a actuellement près de 150 000 jeunes vivant de l'aide sociale au Québec.Pour obtenir la prestation d'aide sociale la plus élevée, les jeunes assistés sociaux aptes au travail doivent obligatoirement s'inscrire aux diverses mesures d'employabilité, mesures qui ne semblent guère efficaces.Suite en page 14 Être jeune: un état vieux comme le monde p our certaines personnes, un grand nombre sûrement, l'état actuel de la jeunesse est «pire» que dans leur temps.La jeune génération leur semble plus folle, irresponsable ou violente que lorsqu'eux-mêmes étaient dans la fleur de l'âge.La jeunesse a-t-elle réellement changé ou est-ce la société qui l'empêche de s'épanouir comme elle pourrait le faire?Woodstock 94, par le peu d'enthousiasme qu'il asuscité, alaissé croire que les jeunes n'ont plus le feu V ITINERAIRE < S p o 1223, rue Ontario Est Montréal (Québec) H2L-1R5 Tél.: (514) 597*0238 Le Journal L'Itinéraire est publié six fois l'an, par le Groupe L'Itinéraire, et est vendu sur la rue au coût de 1$.De ce 1$, 500 revient directement au vendeur itinérant.Le Journal L'Itinéraire est vendu et produit en majeure partie par des personnes itinérantes, exitinérantes et/ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et permettre leur réinsertion future sur le marché du travail.Coordination: Danielle Trussler ¦ Rédacteur en chef: Serge Lareault* Chef de pupitre: Alain Demers \u2022Collaborateurs: Le Concierge, Pierre Hamel, Jean Le May, Robert Beaupré, Carmen Langlois, François Deschênes \u2022 Illustration: Pol Mall, Pierre Lareault \u2022Secrétaire de rédaction: Claude Daudelin 'Mise en page: Josette Bouchard,Serge 1 .areault 'Promotion : Jocelyne Mac Donald 'Distribution: Roger Hébert, Johanne Poulin, Michelle Wilson \u2022 Conseiller: François Thivierge, Jacques Larue-Langlois \u2022 Photos: Serge Lareault, Pierre Logwin, Simon Hugues \u2022 Correction: Sylvie Gervais \u2022 Imprimeur: Imprimerie Québécor ^\u2022^ L'Itinéraire est entièrement recyclabe Le Journal L'Itinéraire a été rendu possible grâce à une subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux.Toutefois, les points de vue exprimés dans cette publication sont ceux des auteurs et n'engagent pas le MSSS.sacré pour les grands rassemblements, la musique, l'amour.Pourtant, comment blâmer ces jeunes de ne pas répondre à une fête vidée de toute spontanéité.Le coût élevé des billets, l'organisation aseptisée et le côté «capitaliste» de toute 1 ' affaire n' avaient rien pour recréer l'atmosphère de Woodstock 69.Les grands mouvements idéologiques et contestataires ont fait place à un immobilisme navrant.Ainsi en est-il de l'UQAM, dont on fête cette année le 25e anniversaire.Cette université, qui fut le théâtre de nombreuses manifestations dès ses premières années et qui représentait en quelque sorte le berceau de la contestation étudiante à Montréal, est devenue tellement «tranquille» qu'il n'y a pas le moindre risque qu'une révolution sorte de là.Les étudiants ne protestent plus sur la qualité de 1 ' enseignement ou des infrastructures; ils ne renversent plus les poubelles devant les bureaux des mi nistres parce que s'instruire (se sortir de la petite noirceur) devient de plus en plus exorbitant.Les jeunes ne se lèvent plus en masse parce que la société semble tellement figée qu ' i ls ont perdu 1 ' espoir que quelque chose va bouger.En 69, il était possible de contester et réclamer des jobs décentes.En 94, ceux qui en ont encore, y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux.Quand aux autres, ils ne voient même pas ce qu'il reste à réclamer.Les jeunes assistent impuissants à la liquidation d'une faillite monumentale: celle des gens qui étaient jeunes en 69.Ils sentent qu'ils sont de bien petits créanciers et que ce ne sont paseuxqui serontpayés.Devant les gouvernements qui n'agissent que pour être réélus, derrière les syndiqués qui ne pensent qu'à assurer leurs jobs en se foutant de ce qui arrivera après, à côté des géants économiques qui ne pensent qu'à les fourrer de toutes les manières imaginables, sous leurs parents qui ne les ont pas vraiment aimés préférant investir dans un condo en Floride plutôt que dans le bien-être de leurs enfants, les jeunes sont écrasés, étouffés.Ce que vous lirez dans ces pages n'est pas toujours réjouissant.Nous ne parlerons pas ici d'une jeunesse riche, qui ne ressent pas les maux de notre société parce que gazée par la consommation.Nous traiterons d'une jeunesse, la majorité, la même depuis toujours: celle qui a la spontanéité, la vitalité et l'envie de se réaliser, mais qu'une machine immense, incontrôlable, broie dans ses rouages.Serge Lareault Rédacteur en chef SOMMAIRE 2\tÉditorial 3-5\tCondition des jeunes 6\tBillet 7\tTémoignage 8-9\tJeunes en marge 10-11\tLes jeunes et les bars 12-13\tPhoto-reportage 14-15\tLes jeunes et la politique 16\tIntervenant 17\tHumour 18\tSchizophrénie des villes 19\tATD-Quart monde 20\tPoésie + texte de prose 21\tChronique de la rue 22\tBoîte aux lettres 2 Un Québec fou de ses enfants-pauvres?Texte: Carmen Langlois Collaboration aux entrevues: Mathieu Sarrazin, 18 ans L'Itinéraire a rencontré vingt-cinq jeunes âgés de 12 à 24 ans afin de connaître leur grand rêve, celui de leur vie, et de les entendre évaluer leurs possibilités de réussite, de bonheur.Les questions étaient ouvertes, dans le but de les obligera préciser eux-mêmes le champ de leurs espoirs ( voirie questionnaire ci-joint).Dans un deuxième temps, il s'agissait de voir dans quelle mesure notre société, avec ses centaines d'organismes, de politiciens, de curés, de parents, de bénévoles et quoi encore, pouvait et voulait les aidera faire la route.Nous avons eu des surprises et elles ne sont pas toujours venues du côté où on les attendait.auf de rares exceptions, les jeunes garçons et filles interviewés fréquentent les maisons suivantes: Quinka buzz, une maison où des jeunes âgés de 12 à 17 ans se retrouvent pour partager des loisirs, fuir la solitude, acquérir une formation ou se confier à un adulte responsable.En marge, où l'on accueille des mineurs en fugue ou sans domicile fixe, trois soirs au plus, à moins qu'ils ne choisissent de changer de vie et d'accepter de l'aide.Le Refuge des jeunes, mieux connu depuis que Dan Bigras l'a adopté, où l'on accueille des gars de 18 à 25 ans, plus ou moins classés délinquants ou itinérants (actuels ou potentiels) qui veulent reprendre les rênes de leur vie.Les expériences y sont de plomb; l'insécurité, incommensurable; le coeur, palpable; l'art de séduire, consommé.Le Passage, maison chaleureuse et accueillante pour jeunes femmes qui ont tâté de la prostitution.Elles y restent, à subir des horaires de couventine et à essayer de retrouver le goût du bonheur.Propos et confidences Celle que j'ai rencontrée au Passage est belle comme le jour, brillante comme dix, en train de se débarrasser de l'héroïne.«Je suis morte une fois pendant huit minutes», confie-t-elle.C'est ce que lui ont dit les ambulanciers après l'avoir cueillie dans les toilettes du McDonald.Son rêve: «être heureuse».Ce qu'elle fait actuellement pour y arriver?«Je me pratique à être heureuse en marchant, en regardantles fleurs du parc, durant toute une journée».Elle hésite, ne veutpas dire«sobre» ou «unjouràlafois», comme les plus vieux, ça fait quétaine.Sans autre carburant que sa ful- Questionnaire utilisé pour les entrevues 1- Quel est ton rêve, ce que tu souhaites le plus réaliser dans ta vie ?2- Quelles sont, penses-tu, tes chances d'y arriver?3- Quels moyens penses-tu qu'il faudrait prendre pour y arriver?4- Quels obstacles penses-tu rencontrer sur ton chemin?5- Si tu n'arrives pas à te réaliser comme tu le veux, qu'est-ce qui t'en aura le plus empêché?6- Actuellement, as-tu les moyens de travailler à la réalisation de ton rêve?(Sinon, qu'est-ce qui te manque et pourrait t'aider?) 7- Selon toi, qu'est-ce qu' un jeune de 10-12 ans devrait posséder comme atouts?8- Qu'est-ce qui mettrait toutes les chances de son côté pour sa vie adulte?il gurante énergie, mais avec le support indispensable du Passage, elle a l'espoir de trouver le travail qui dépannera, stabilisera.Elle veut retourner aux études, plus tard, et aimerait peut-être faire du théâtre, du cinéma.Ailleurs en ville, non loin de ces maisons d'accueil, deux jeunes de 12 et 13 ans, équipés de leur «super vélo» et de leurs «super vêtements», me regardent comme si j ' étais une extra-terrestre.Ils ne voient vraiment pas ce qui pourrait un jour les empêcher de réaliser leurs rêves.Tant mieux pour eux.Dans un autre quartier, un jeune de 13 ans qui n ' a rien de spécial à raconter sauf, peut-être, son rêve qui est d'être «mentalement prêt à aider son père à se débarrasser pour toujours de la drogue, quand il sortira de la prison où il vient d'entrer pour quatre ans.» Surprises La plus grande surprise a été celle d'entendre les propos des jeunes concernant leurs rêves.C'est d'un banal.Ils rêvent d'un bon «job» tranquille, de gagner leur vie comme musicien ou de devenir camionneur > comme le père.Mais pour ^_ y arriver, il faut terminer le secondaire V et, ce qui est le plus difficile pour plusieurs, ne pas rechuter dans l'héroïne, la coke ou l'alcool.Au chapitre des besoins, ils commandent des parents adultes, aimants, qui les supportent et un noyau familial stable.A celui desmoyensàprendre: «ne pas lâcher l'école, ne pas prendre de drogues».accusateur, malgré une grande lucidité.Leur révolte est là, mais tellement raisonnée que ça fait peur parfois.Il est facile de se laisser prendre àcette apparente froideur.C est pour ne pas craquer.La plupart disent qu'ils vonts'en sortir s'ils sont assez déterminés.Ils s'en mettent parfois lourd sur leurs jeunes épaules.«Moi, de dire un gars de 24 ans qui essaie de cesser (Photo: Serge Lareault) .Son rêve: «Être heureuse».Ce qu'elle fait actuellement pour y arriver?«Je me pratique à être heureuse en marchant, en regardant les fleurs du parc, durant toute une journée.» Autre sujet d'étonne-ment: ce ne sont pas des chiâleux.Mêlés, oui.Ecorchés ou orgueilleux, oui.Mais pas du genre à blâmer les autres.Tous se sentent généralement responsables, parfois même trop, de tout ce qui leur arrive.Il n'y a pas, chez les plus vieux surtout, de discours définitivement les piqûres d'héroïne depuis dix ans, je vais m'en sauver [de l'envie de mourir parce que c'est parfois trop dur] si j ' arrête de m ' enfarger à chaque fois que je me rentre un cure-dents dans la jambe [c'est-à-dire au moindre obstacle.]».Il raconte: «Parce que j'ai la tête rasée, une coupe mohawk et des tatouages, les p'tites vieilles se tassent quand elles me voient.» Ça le choque tellement que des fois il fait exprès de leur faire peur.«-Moi, dit-il encore, je traverse sur le feu rouge n'importe quelle rue, Sherbrooke ou autre, en plein trafic, et toutes les autos me laissent passer: quand ils me voient; les conducteurs sont sûrs que je vais sauter sur leur hood s'ils ne s'arrêtent pas.» J'ai entendu ça quelque part Ces jeunes ont eu la très grande et très authentique générosité de m'instruire de ce qui leur tient à coeur.Je le dis sans intention flatteuse, simplement parce que c'est vrai.Ils croient que cela peut être utile.Mais leurs besoins, les moyens à prendre pour se réaliser, la famille, les études, il me semblait l'avoir déjà entendu ou lu quelque part.Puis j'ai eu un flash! Evidemment, c'était ça! Le «beau rapport»: Un Québecfou de ses enfants.C'est-à-dire le rapport Bouchard, du nom de Camille Bouchard, responsable du groupe de recherche chargé, en 1 Si S -J Chambre des communes Ottawa (Ontario) Kl A 0A6 AVEC LES HOMMAGES DE GILLES DUCEPPE Député de Laurier/Sainte-Marie Whip de l'Opposition officielle CDEC Centre-Sud/Plateau Mont-Royal j^k (Corporation de développement économique économique et communautaire) VOIR LE DEVELOPPEMENT AUTREMENT 1800, rue Parthenais, bureau 300-B, Montréal (Québec) H2K 3S3 Téléphone: (514) 521-2727 - Télécopieur.(514) 521-2426 4 Les jeunes veulent s'éclater, aller au bout de leurs rêves.qui sont souvent bien modestes.1990, par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, de formuler des recommandations pour les jeunes.Le rapport a fait partout l'unanimité: dans les ministères, les médias, les organismes communautaires, etc.Tous l'ont louange, sauf sur quelques points d'importance mineure.Et que disait ce rapport déjà?Il suggérait de lutter contre la pauvreté et de faire de la prévention, dès le plus jeune âge, en garderie et auprès des jeunes parents.Puis il proposait aux ministères et aux différents organismes responsablese de la santé, de l'éducation, du revenu, etc, de se concerter! Ce serait même là le problème majeur.«La société d'habitation aune liste d'attente importante, et en même temps le ministère du Revenu enlève 104 dollars sur le chèque d'aide sociale d'une mère monoparentale qui partage son logement», a déclaré à L'Itinéraire Camille Bouchard, psychologue, président du Groupe de travail pour les jeunes qui a accouché du «beau rapport» et directeur du Laboratoire de recherche d'écologie humaine et sociale (LAREHS) à l'UQAM.Il poursuit: «Mise à part l'aide massive au niveau des 0-5 ans, il y a eu peu d'efforts soutenus en matière de prévention.Il n'y a pas d'indice à l'effet que les gouvernements soient sérieux dans la lutte contre la pauvreté et ils n'ont pas encore fait l'équation que notre plus grand déficit, c'est celui du capital humain».Avis aux politiciens qui savent lire: le rapport intitulé Un Québec fou de ses enfants est facile à trouver en bibliothèque et dans plusieurs de vos bureaux.Ses recommandations sont assez claires pour permettre de passer à l'action partout.Mais le hic, c'est que personne, nulle part, n'a jamais été officiellement chargé de les mettre en oeuvre.Au Conseil de la famille du Québec, comme ailleurs aussi, on faitcequ'onpeut.«Nous, nous en inspirons, nous dit son secrétaire, Jean-Pierre Lamoureux, c'est une de nos références pour la politique de la petite enfance que nous sommes en train de mettre sur pied depuis deux ans.» Tout le monde veut bien faire et personne n 'est responsable.Comme le conclut si justement Camille Bouchard: «La population doit être plus courageuse que les Suite en page 23 L'osbl de l'habitation! Travaux d'entretien d'immeubles résidentiels et commerciaux Réparations et rénovations Expertises de préachat Logistique Entrepreneur général et gestionnaire 1503, Lafontaine Montréal H2L1T8 Tél.: 524-5015 Télécopieur: 522-7070 S 3 g Buiet g IVIon chat est un spéculateur cosmique uand je vais mourir, je ne serai pas obligé de ma séparer d'un empire.Ce sera pas le cas du gros matou de la haute finance, du genre bien plus costaud que l'homme d'affaire le plus gourmand, infiniment plus efficace et discret qu'un politicien langue de bois, mais de la plus pure race du vrai spéculateur.et qui sera pour sûr clochard dans une prochaine vie, plus jamais propriétaire ni même locataire.La seule spéculation dont moi, concierge ésotérique et de cuisine, je sois capable, est que je serai mathématiquement cassé jusqu'au lerseptembre, recassé le j our des élections, et qu ' un diplôme en ad-ministration n'y changerarien.Oups, trop fataliste, Oh grand astrogriffe! Mi Mi NE La finance! Cadeau du ciel! Arcane astrologique premier sur terre .Celle qui devait nous être bénéfique est devenu tellement vicieuse, brutale et pervese que ses magnats se boufferont entre eux après nous avoir tous digérés.Que s'est-il donc passé, par Mercure, coudonc?! !Et cette destinée, bordel?! ! C 'est simple.Pas besoin de traîner sa boule de cristal et son chat au bout du monde! Prenez ici même : les électi ons.Elles s ont déj à passées au moment où vous lisez ceci, (moi, aujourd'hui c'est le 24 juillet, t'sé je peux quand même pas vous écrire après que le facteur soit passé pour que vous receviez la lettre hier), je ne connais pas le résultat, mais Johnson vient d'annoncer à la radio que le Québec aura choisi sa Destinée le 12 septembre (c'est un Capricorne celui-là, et Parizeau un Lion, deux financiers, soit dit en passant, des p'tits, mais bien élevés).Fiez-vous à moi, je peux déjà vous garantir que les élections n'auront été ni économiques, ni écologiques, ni même politiques.On aura voté PQ pour sacrer une volée au PLQ, ou vice-versa.Mais on se gardera bien de risquer le chèque Café-rencontre du fédéral, même si y'a pas d'fonds.Ce n'est pas le résultat du soit disant processus démocratique qui compte, c'est la maîtrise ou non d'un peuple sur son destin.Impossible de faire autrement.Les jupes de maman l'Église Catho sont parties au vent.Les culottes de papa Alphonse Desjardins, qu'on tirait en braillant pour avoir des bonbons à crédit, sont en train de lui tomber aux chevilles.Un peuplequi n'ajamais appris àpétrir et cuire son pain n'a pas de choix que de le mendier.Les spéculateurs, eux, ne donnent rien contre rien.Ils n'ont rien à foutre d'une Mère Patrie.Ils ne font pas de politique, ils sont propriétaires de la politique.Allez leur dire qu'ils ont perdu 10 sur les marchés boursiers aujourd'hui, à cause d'un smatte qui a des idées, et ils voudront savoir c'est quoi l'problème, pis vite.Et croyez-moi qu'ils peuvent réagir comme de vrais psychosociopathes.Et vous, avez-vous perdu 10?So What, hein?Tiens ! I& nations ^mentent ces fe,^ .qui s'en viennent.haute fiçon.PÇ) on va l^oit^âSs^' Cul / Notre médiocrité (c'est rien qu'un mot) a rempli les coffres des banques (c'est un résultat), c'était prévu, calculable et potentiellement rentable.Simple opération de marketing (psychologie de masse).Mais la peur, elle, sera-t-elle payante?Si la peur n'est qu'un mot sans signe de piasse au boutte, elle représente alors un marché sans intérêt.Si la peur (ignorance, paralysie, brume) devient chose du passé, mauvais souvenir du moyen-âge, l'argent danserasurd'autrescordesàlinge.Maissi la peur est une tare congénitale d'une gang de zombies qui attendent qu'on leur fasse les poches, soyez certains que quelqu'un quelque part trouvera la bonne stratégie.Mon chat vient de spotter le p'tit moineau.L'Astro concierge et sa mimine 2 ¦S L'expansion du journal fait en sorte que le Groupe communautaire L'Itinéraire ainsi que son Café-rencontre sont déménagés à deux pas du journal, au: 1205, rue Ontario Est.On vous attend! ACCEUIL BONNEAU INC.427 EST DE LA COMMUNE MONTRÉAL, QUE.H2Y 1J4 Tél.: 845-3906 Fax: 845-7019 6 À coeur ouvert.Un choix déchirant Laisser ses enfants pour reprendre sa vie en main onjour.Je suis unejeune mère de 34 ans et j'ai quatre enfants.Je suis une toxicomane sous la surveillance de la protection de la jeunesse.J'en suis à ma quatrième démarche pour arrêter de consommer.Cette fois, il faut que ce soit la bonne si je ne veux pas perdre mes enfants.Je n'aurai plus de chance après une autre rechute, ce sera «juridique».Moi, ma vie, ce n'était pas comme cela que je la voyais.J'aurais voulu avoir une belle maison, être heureuse, avoir des enfants et un travail.Un beau matin, le 10 juillet dernier, j'en ai eu assez.Je suis partie avec les enfants.J'ai eu beaucoup d'aide d'une maison d'hébergement pour femmes en difficultés.J'ai fait là-bas mon sevrage (courte période d'abstinence totale de toute substance) avec mes enfants.À partir de là, j'ai fait des démarches pour avoir de l'aide.J'ai eu de grosses décisions à prendre, et ce fut très dur émotionnellement pour les enfants.Pour une cure plus intense, placer les enfants en famille d'acceuil s'imposait.C'est pas facile, mais il fallait absolument que je le fasse.Les enfants ont été placés le lundi après-midi et je suis entrée à la maison L'Invitée, le lundi soir.J'ai beaucoup pleuré pour les enfants, mais il fallait que je pense à moi pour m'en sortir.Eh! les mamans qui consomment, arrêtez-vous quelques instants.Pensez à vos petits bouts de chou.Ils vous aiment, même si vous êtes gelées, même si vous criez après-eux, même s'ils vous voient en train de vous geler.Ces enfants sont laissés à eux-même pendant ce temps-là.Ils saventqu'ilspeuventfaire ce qu'ils veulent, et vous demander n'importe quoi parce que, vous et moi, on leur donne tout, pour avoir la paix.Pas de discipline quand la mère est gelée! Mais quand vous vous prenez en main, ces enfants vous sont enlevés pour que, vous et moi, apprenions à changer tranquillement.Mais eux, en famille d'acceuil, c'est du jour au lendemain qu'ils doivent se faire à la discipline de la nouvelle famille.Eux aussi sont malheureux et pleurent quand vous partez, une fois la visite terminée.C'est très dur.Je vis cela en ce moment.Si vous êtes tannées de vous geler, de n'avoir rien, ni dans vos poches, ni dans le frigo, d'avoir des meubles ramassés dans les vidanges, d'être «accablées» de dettes et de remords, il faut que vous réagissiez.Moi, je l'ai fait.Je me suis adressée à des ressources.La RESEAU Félicitations HÉBERGEMENT à toute l'équipe du FEMMES Q Tél.: (514) 875-9529 journal L'Itinéraire pour son beau travail.Bonne chance dans vos projets futurs! maison L'Invitée m'aide présen-tement dans mes démar-ches.Je grimpe une marche à la fois, pour atteindre un but.Je suis sobre depuis le 10 juillet dernier.Ce n'est pas beaucoup, vous allez me dire, mais déjà le changement se fait.A la maison L'Invitée, située sur la rue Papineau, le personnel qualifié peut vous aider à voir plus clair, vous diriger et vous informer là ou vous n'êtes pas sûre.Vous allez, comme moi, y trouver une oreille.Vos émotions vont renaître, vous ne serez pas jugées.Parce que là, on est comme vous.Donnez-vous une chance de savoir qui vous êtes vraiment.Moi, je me l'accorde cette chance.Bisoune 4v v a* o* «fe «fc> «e> V A V A V A s-yp rap de cta Louise Harel 4SSEMBLÉËMT10MLE Députée de Hochelaga-Maisonneuve et présidente de la Commission de l'éducation Hôtel du Parlement, Bur.2.20 Québec (Québec) G1A 1A4 (418)643-5665 FAX: (418) 646-6640 3987, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H1W2G7 (514)527-8986 S 3 7 Des vacances empoisonnées sur la rue Montréal: une plage où échouent les jeunes à la dérive Le phénomène de gangs au centre-ville diminue et se transforme, affirment les principaux intervenants.Déplus, les jeunes de la rue connaissent de graves problèmes cependant que leur isolement s'accentue.«La rue est dure et plate partout dans le monde, et tous les jeunes qui vivent la rue cherchent la même chose: être aimés et écoutés», admet une «stroumphette» de seize ans.la fin des années 60, début 70, certains quartiers de la ville sont le théâtre de furieuses bagarres entre gangs de jeunes.Anglais contre Français, Mode contre Hippies, tout ce beau monde se tappait sur la gueule à coup de bâtons de baseball, de chaînes ou de couteaux.«C'était bien mieux dans notre temps», diront certains.Près de trente ans plus tard, le même phénomène se manifeste, mais sous une autre forme et sous d'autres couleurs également.Dans le nord de la métropole, à Montréal-Nord à St-Michel par exemple, des gangs font la pluie et le beau temps.Stupéfiants et prostitution obligent.Le constable Normand Lemaire de Police-Jeunesse, attaché au poste 33, sou-ligne que les gangs de ce genre n'existent pas au centre-ville de Montréal: «Les jeunes viennent à Montréal en vacances, dit-il.Il n'y a pas vraiment de gangs comme tel au centre-ville.S'il y en a, ce ne sont pas des groupes criminalises au même titre que ceux du nord de la ville où, par exemple, les Jamaïcains s'occupent activement du trafic de la drogue et les Haïtiens de la prostitution.Les skins que nous arrêtons au centre-ville agissent par idéologie, parce qu'ils n'aiment pas les homosexuels ou les noirs.Ils véhiculent des idéaux fascistes.» Ces jeunes, que l'on voit parfois quêter sur le trottoir, constituent un phénomène particulier; ils n'ont rien à voir avec un autre phénomène de plus en plus important chez ce groupe d'âge: l'itinérance.Ville de Montréal Sammy Forcillo Conseiller municipal District de Saint-Jacques (38) 155, rue Notre-Dame Est Bureau 017 Montréal H2Y 1B5 Tél.: (514) 872-9565/598-7950 Robert Beaupré (Photo: Pierre Logwin) Les gangs déjeunes sur la rue ont diminué et changé de style.L'itinérance et la solitude ont par contre bien augmenté.8 En Marge En effet, depuis plusieurs années maintenant, le flot de l'itinérance adulte est gonflé par l'afflux continu déjeunes de 12 à 17 ans.Devant cette situation La Fondation Habitat-Soleil s'est donnée des moyens d'action plus importants en créant la ressource En Marge, une maison sise sur la rue St-Christophe dans le Centre-sud de Montréal.Manon Harvey, coordonnatrice de la maison, tient à jeter de la lumière sur la situation de ces jeunes en détresse: «Un grand nombre de ces jeunes, explique-t-elle, refuse les services offerts par le réseau des affaires sociales.Beaucoup sont en fugue et ne désirent pas être repris.La plupart subsiste uniquement par ce que la rue leur offre.D'autres vivent des fruits de la prostitution, logeant chez un pimp ou possédant leur propre appartement.» «La maison sert de halte-santé, de repère, ajoute Mme Harvey.Si un jeune désire se reposer, faire le point ou même refaire ses énergies, il a la possibilité de rester à la maison En Marge pour trois jours.A ce moment, nous essayons de le guider sans le forcer, juste en étant attentifs à l'ouverture qui pourrait se produire dans la brèche de l'isolement où il se place lui-même.Nous essayons de le responsabiliser autant que possible, sans culpabilisation, lui démontrant que certaines actions entraînent des effets correspondants.» Jeunes itinérants Les statistiques parlent d'environ trois cents jeunes qui vivent dans la rue, mais le chiffre ne fait que grossir.Pour 1 ' année dernière, les statistiques de la maison En Marge indiquent que la proportion d'anglophones a augmenté de 200%.Des 389 jeunes qui ont séjourné en moyenne trois nuits, 238 étaient en fugue, soit 61%.De plus, 55% de ces adolescents avaient fugué d'un centre de réadaptation, tandis que 34% étaient en absence autorisée.La proportion des jeunes en fugue des centres de réadaptation est passée de 38% pour 1992 à 55% l'année suivante.«Des jeunes de tous les milieux se retrouvent chez-nous, affirme Mme Harvey.Ils sont perdus: problèmes familiaux, crise d'adolescence, problème de drogue et quoi encore».En Marge accueille les jeunes sans distinction de couleur, de langue, de race ou de sexe.«Les jeunes désirent venir à Montréal parce que c ' est ici, croient-ils, que les choses se passent», souligne Manon Harvey.«Il n'y a pas de serin dans un nid de corneille», dit le proverbe populaire.Il est presque redondant d'affirmer que les jeunes de la rue proviennent d'un milieu familial brisé.Certains jeunes recueillis à En Marge arrivent en état de détresse ou de crise intense.Le cheminement est quasi le même: relations parents-enfants tordues, abandons, trottinements misérables de maison d'accueil en maison d'accueil.Pas étonnant de constater que la plupart arrive déjà engagé dans la consommation de drogues, légales ou illégales, et s'adonne à la prostitution.La moyenne d'âge de la clientèle est de 15 ans.Il y a même un bon 17% en bas de 15 ans.Dans la même veine, les statistiques démontrent que seulement 29% des jeunes accueillis proviennent de l'Ile de Montréal: 55% proviennent de l'extérieur de la métropole (Rive-Nord, Rive-Sud, Les Laurentides, l'Abitibi, Québec, etc).De plus, 9% de la clientèle est de l'extérieur du Québec, tandis que 7 % des usagers sont d'origine inconnue.Personne dans leur vie Un commentaire trouvé dans le bilan de la maison En Marge résume en quelques mots la dure problématique à laquelle ces jeunes sont confrontés: «Les intervenants remarquent que dans le cas de plusieurs jeunes accueillis, leur lourd passé et l'intensité de leurs souffrances sont des facteurs importants qui les indisposent à entrevoir des pistes de solutions pour améliorer Graffitis Certains graffitis pondus par les jeunes recueillis à En Marge traduisent très bien la réalité qu'ils éprouvent si durement: «Je suis à jamais et pour toujours la morte personne qui vit.» «Mescaline,mescaline Depuis qu'on la connaît On ne s ennuie jamais.Avouez que c'est pratique D'avoir une amie chimique.» «La vie est une MTS(Maladie Transmise sexuellement)» «Un enfant quand c'est petit, on lui apprend à parler et a marcher.Quand il est grand, on lui dit de s'asseoir et de se taire» leur situation.À cela s'ajoute l'impossibilité de nommer une personne significative et présente dans leur vie depuis longtemps.» En Marge est un phare indispensable à des centaines de jeunes de la rue qui utilisent ces services annuellement afin de retrouver le chemin vers une vie meilleure, une vie épanouie.montréal city mission 120 rue Duluth est montréal, québec h2w lhl téléphone (514) 844-9128 télécopieur: (514) 844-0067 Félicitations pour la création de ce journal innovateur et bon succès tout au long du parcours.Encore une fois BRAVO! de Véquipe de MCM. Les bars: un lieu de défoulement pour une partie de la jeune génération Eclatement sous les «spotlights» multicolores avant la déception finale sous le lampadaire de rue Chaque fin de semaine, des milliers de jeunes prennent d'assaut les bars de la métropole.Certains y recherchent l'ivresse, d'autres le plaisir de danser une partie de la nuit sur les derniers hits, quelques-uns espèrent une rencontre amoureuse ou, à tout le moins, une baise.L'Itinéraire a «passéla nuit» avec quelques indéfectibles du «nightlife» montréalais.Entre Denis qui «descend» à Montréal pour danser sur une estrade du bar La Track, affublé d'une jupe écossaise, et Martine qui sort au Purple en sous-vêtements masculins, un dénominateur commun: le défoulement.a sortie dans les bars demeure, même si les temps changent, un choix privilégié de distraction pour la plupart des jeunes adultes.À Montréal, on «consomment» les dancing bars avec une assez grande rapidité.Ces établissements naissent avec le goût du jour, durent quelques années, ferment et rouvrent sous un autre nom et une autre forme.La demande en bars est grande.Les récentes tergiversations causées récemment par la possibilité d'assouplir les 5 règlements d'urbanisme 2; prouvent qu'une partie de la population tente 2 d'endiguer un phénomène ?urbain incontournable.J; De toutes sortes S Il y en a pour tous les £ goûts: salle de billard, bar ¥:¥: mvmmmy;yymyyyyyy->»zm>.»*ym»»m 2Désertion de la politique \u2022 Des jeunes reprennent le c Des jeunes reprennent le combat sur un autre terrain L'Itinéraire a rencontré de jeunes électeurs qui ont exprimé leur désenchantement face à la «politicaillerie».Ils ont aussi formulé leur propre conception de l'action politique.En aucun cas celle-ci ne saurait se réduire à l'exercice, une fois tous les quatre ans, du droit de vote.Pour certains, l'engagement social remplace l'action politique.Bien plus: le fait de «brasser la cage», en militant au sein d'une association étudiante par exemple, permet de faire bouger des choses plus sûrement qu'en étant jeune libéral ou péquiste.ur les 5 499 000 Québécois en âge de voter en 1993, 571 000 étaient des jeunes de 18 à 23 ans.Ces gens ayant récemment acquis laqualité d'électeur ont représenté 10,8 % de l'électorat.Mais disposent-ils d'un poids politique réel?Monde de vieux Claude-Eric Gagné, président de la Commission-jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ), pense que «la politique n'est pas faite pour les jeunes.C'est un monde de vieux.» Témoignage corroboré par Michel Philibert du Conseil permanent de la jeunesse (CPJ): «Il n'existe pas de politique globale ni de grandes orientations pensées en fonction de la jeunesse.On met des plasters sur les plaies de celle-ci.» Ces propos révèlent certes le sentiment croissant d ' une aliénation parmi la jeune génération vis-à-vis des décideurs politiques.Ils peuvent sembler étonnants dans la bouche de jeunes déjà rompus au Suite de la page 14 ment du Québec (CEQ), les statistiques du gouvernement révèlent que plus des deux tiers [des étudiants] sont issus de familles dont le père est soit ouvrier, soit absent du marché du travail.De plus, un pourcentage non négligeable provient de familles monoparentales» (Cf Le Devoir).L'élimination de l'appauvrissement où s'enlise à l'heure actuelle lajeune génération requiert l'abandon des politiques à courte vue de même que des économies de bouts de chandelles.L'horizon immédiat paraît bloqué.Après tant de coupures dans les programmes gouvernementaux concernant les jeunes, il n'est pas étonnant que ces derniers soient désabusés de la politique.militantisme politique ou social.Qu'en est-il, toutefois, chez les jeunes non intégrés à une quelconque structure partisane?Prise de conscience Pour Vincent, un jeune amérindien de 19 ans de la nation des Attikams, il importe de connaître «nos droits en tant que citoyens des Amériques».Frondeur, il enchaîne: «En tant qu'autochtone, je me sens très éloigné de la politique.Aujourd'hui, je commence à me rendre compte du crossage des gouvernements.» Brasser la cage Tissant de plus en plus étroitement les liens entre le politique et le social, des jeunes investissent à nouveau dans l'action politique.Le Regroupement autonome des jeunes (RAJ), mouvement de revendication de la génération montante, est allé j usqu ' à présenter deux candidats, à Montréal et à Québec, lors des élections de 1985.L'un de ses porte-parole, Michael Quinn, dit: «Il y a une spécificité jeune qu'il vaut la peine de faire ressortir.C'est sûr qu'on ne s'attend pas à présenter des candidatures qui soient nécessairement élues.Mais ça nous permet d'avoir une plate-forme et d'intervenir.Ça nous permet même de questionner les candidats du Parti québécois et des autres formations.» Finie la ligne de parti Parmi les jeunes, un glissement de la politique partisane au militantisme alternatif, via le mouvement écologiste ou l'action communautaire, semble en voie de s'opérer.A cet égard, Michel Philibert du CPJ, pense que «les jeunes ne veulent plus être tenus par une ligne de parti.Ils agissent sous une inspiration individuelle et veulent quelque chose de tangible.Ils sont à la recherche des moyens susceptibles d'influencer les décideurs.» Et d'après Michael Quinn, «pour les jeunes, il ne semble pas y avoir de possibilité de changer quoi que ce soit avec la politique.» Se référant aux luttes étudiantes, entre autre au grand rassemblement d'octobre 93 au Spectrum de Montréal qui a forcé le gouvernement du Québec à battre en retraite sur les 400$ par année de nouveaux frais de scolarité, M.Quinn ajoute: «ça convainc les gens qu'il y a moyen de changer quelque chose en s'organisant et en luttant.C'est un peu comme ça qu'il faut voir les choses.» De toute façon, toujours selon ce militant du RAJ : «les luttes importantes de la jeunesse ont toujours été en dehors du cadre politique.» Un intervenant vous écrit d'Alternative jeunesse Manon Éducatri Remettre les jeunes en contact avec leurs intérêts L e centre Alternative aidait déjà, depuis 25 ans, les adultes aux prises avec un problème de toxicomanie.A cela s'est ajouté, il y a six ans, Alternative jeunesse, un centre de réadaptation qui offre différents services aux adolescents aux prises avec des problèmes de drogues.Parmi ces services, nous retrouvons la thérapie individuelle, familiale et de groupe, des interventions communautaires comme la recherche d'emploi ou l'organisation du budget, de la récupération et bien d'autres.En plus de ces services, nous avons mis sur pied un atelier d'apprentissage où les jeunes peuvent acquérir des notions de base en menuiserie, mécanique, plomberie, etc.De quoi développer un esprit de débrouillardise.Cet atelier s'inscrit dans un programme visant à amener le jeune à s'outiller afin de devenir une personne autonome et responsable dans une situation de travail.L'expérimentation se fait en trois étapes.D'abord par des ateliers de travail et des cours de formation sociale et professionnelle d'une durée de deux mois, suivie d'un stage de deux mois en entreprise, puis de recherche d'emploi supervisée.Peu de jeunes ont profité de ce service mais nous n'avons jamais cessé de croire en l'importance de ce programme pour notre clientèle.Il est important d'amener les jeunes qui ont souvent décroché à reprendre le chemin de l'école.Alternative jeunesse offre une solution avantageuse en leur permettant d'acquérir des connaissances pratiques tout en gagnant de l'argent de poche.Produire des articles utiles (balançoires, tables de pique- \tCentre de \tréadaptation IIESrII\tpour personnes IMHiI\titinérantes, alcooliques PRlPonroinf\tet toxicomanes.\t(514) 521-1280 3100, rue Rachel Est, Montréal, Que.H1W 1A1\t I \"S ; Sur la photo: Manon Harvey exécutant des travaux de menuiserie avec des participants à Alternative jeunesse.nique, etc.), peut les mettre ou les remettre en contact avec leurs intérêts et leurs aptitudes pour peut-être racrocher! Au début de l'été, le centre Alternative et le centre Jean Lapointe jeunesse se sont associés pour collaborer à la survie du projet.À ce jour nous avons douze inscriptions pour l'atelier qui a débuté le 27 juin dernier.Ces inscriptions proviennent ducentre Alternative etdu centre Jean Lapointe.Les jeunes reçoivent cinq dollars par atelier de trois heures et la possibilité de trente-cinq dollars/semaine s'ils participent aux sept ateliers prévus.Des notions de sécurité au travail leur sont données par un technicien formé par laC.S.S.T.Un encadrement pour un bon déroulement lors des ateliers et un suivi régulier est fourni par l'éducateur.Des bénévoles mettent la main à la pâte, histoire d'aider tout ce beau monde lorsque le besoin se fait sentir.Bref un milieu de travail où les jeunes peuvent apprendre au meilleur de leurs capacités, à négocier avec un patron à respecter leurs confrères, à gagner beaucoup d'estime de soi et plus encore.Pour plus d'information, 385-6444.Il Félicitations et Hommage à L'Itinéraire.Espérance et longue vie.Les résidantes, le personnel et Dolores J.Coulombe, S.G.M. Fraîche mémoire d'un décrocheur Mario Normandin Collaborateur h! La me! Ce territoire déjà conquis qui ne demande qu'à être reconquis, même en dehors des heures ouvrables ÎPendant qu'une borne-fontaine en face de moi me fait l'air bête, je cherche dans les nuages indifférents un signe quelconque de mon destin.Et je n'en vois pas! Curieux, tout de même, après toutes ces belles années d'enfance insouciante et d'adolescence torturée à me faire bourrer le crâne d'un magma bouillonnant que mon intuition m'annonçait parfaitement inutile pour mon avenir! À preuve: à quoi me sert maintenant l'algèbre et les équations complexes?À compter la monnaie des passants?Et les cours de géographie?M' ont-ils empêché de m'égarer sur Ste-Catherine, entre Bleury et Amherst?Et les cours d'anglais?M' ont-ils permis d'aller bummer à l'ouest de Bleury?La psychologie?Même animale, elle n'a pas empêché les flics de me décoller de mon spot favori à coups de pied dans le cul.C'est curieux d'ailleurs que le poste de police 33 soit si près .du cégep du .Vieux.En cas \u2022 d'échec total dans les cours, ils sont là, tout près, pour nous rappeler |- qu'ils ont toujours un petit trou bien au chaud pour nous accueillir.Le dessert: pour obtenir l'une de ces places trois étoiles, il suffit de défoncer une vitrine d'épicerie ou d'envoyer au diable un de ces glorieux constabulaires armés.C'est joindre l'utile à l'agréable, non?Ça me défrise d'y repenser! Et de grâce, ne me parlez pas des cours d'éducation physique.Quand on sait que le vrai sport à Montréal consiste simplement à survire, sans parler des 20 km que je marche chaque jour, faute de fric pour le bus.Oui, le sport, l'esprit d'équipe.Vous avez déjà essayé de quêter à 12 sur un coin de rue?Les bons samaritains changent assez vite de trottoir, tiens ! Et puis, ces études, ça ne finit plus.Un DEC?Bof, pour le salaire minimum?Un BAC?Bah, p il faut au moins lui *~ coller un certificat ou deux, même une maîtrise.Pourtant, au doctorat, BANG! Enfin les bourses commencent à donner plus que le B.S.Mais com bien auront survécu jusque-là?Quant à moi, avec mon DEC bien-être-socialeux (avec le petit chèque de 180$/mois), mon BAC bien-être-socialiste (avec un billet de médecin pour 450$) et ma maîtrise en bien-être-totalisme (avec une petite jobbinne sous-payée en dessous de la table), j'ai bien eu des bons moments.Mais un psy bienveillant du BS a coupé le billet du petit bédéiste raté et l'a relancé dans le trafic pour peindre en bâtiment et laver de la vaisselle de riches, cueillir des fruits et des maux de dos, se décaper, du plancher aux poumons, dans un horizon d'or et de poussière, pendant que le cow-boy solitaire disparaissait vers le soleil couchant.Non, la véritable école, c'est encore la rue.J'y ai appris plein de choses.C'est là que j'ai découvert la vastitude et l'indifférence du monde.C'est là que j'ai compris que même en sachant compter, je ne comptais pas pour grand monde.Mais quand ces malheureux polyglottes de la piqûre ont voulu m ' apprendre une nouvelle langue en stéréo, histoire de me faire partager leur allègre détresse, mais quand le vent à lui seul s'est mis à tourner les pancartes de rue de direction, j'ai vu les flèches de sens unique Suite en page 23 3767, BERRI MONTRÉAL, (QUÉBEC) H2L 4G7 849-4221 la Federation des Os.b.l.d'Habitation de Montréal Norma Drolet Directrice générale 1650 rue St- Timothée, suite 206, Montréal (Québec) H2L 3P1 Tél.: (514) 527-6668 Fax: (514) 527-7388 La schizophrénie des villes 4*L François Deschêsnes L 'abrutissement, la rudesse, l'arrogance, tous ces états d'esprit, je sais bien qu'ils sont directement les produits de la misère industrielle d'antan.Moi qui ne suis pas né dans le quartier, je ne peux m'empêcher d'être surpris et contristé à chaque fois que je rencontre un de ces états d'esprit incarné dans un individu ou chez un groupe de gens.J'ai de la peine si quelqu'un m ' insulte ou est rude avec moi.J'ai un grand coeur, je voudrais aimer tout le monde.Mais la ville est grande aussi, trop grande et trop besogneuse pour avoir besoin d'un coeur comme le mien.A la limite, la ville pourrait avoir besoin de mes bras à condition qu'ils soient forts comme ceux d'un conducteur de camion.Mais ce n 'est pas si simple que ça de se trouver du boulot.Pourtant, cela en aiderait plusieurs, je crois, car le cerveau humain est comme un moulin à moudre du blé: il lui faut des grains sinon il arrête de fonctionner, il paralyse, il se fige et alors la maladie s'installe: la schizophrénie des villes, par exemple.L'ambiance la plus répandue.Le silence qui ne peut, ni ne veut se rompre.Voyant un groupe de personnes qui attendaient (Photo: Serge Lareault) l'autobus, je me décidai à réussir l'impossible: les faire parler !.Pour commencer je leur parlai de l'obscurantisme, de la loi du silence, pas du silence que procure la paix, mais de celui qu' engendre 1 ' oppression (du style: «toé, tais-toé !»).Ensuite, je leur parlai des bienfaits de la révolution tranquille dont, leur dis-je, j'avais fait partie.Une femme qui m'é-coutait les yeux plissés et qui avait été la plus attentive, réagit et me dit: Tu veux faire la révolution?.Pis tu dis que t'es tranquille?.Ta place, c'est à Louis-Hippolyte Lafontaine, maudit grand malade! En attendant, 18 prends ça! Et elle m'assène un coup de sacoche que je reçois en plein visage.L'autobus arrive: tout le monde à l'intérieur me fixe en boudant.J'ai vraiment l'air d'un perdant.Entoutcas,j'aie réussi à faire parler quelqu'un, quoique j'ai été incompris.Finalement, je vais laisser les schizophrènes à leur silence simplement pour, comme on dit, ne pas «écoeurer le peuple» et, du reste, pour ne pas attirer la police sur moi.Je pourrais être accusé de «troubler la paix» et peut-être aussi d'obstruction au silence des schizophrènes.Les objecteurs de conscience n'ont jamais été populaires, surtout dans une ville où la richesse côtoie la faillite, la santé, la dépression nerveuse, la schizophrénie, etc.Ce sont les villes qui sont coupables; on a même de la difficulté à respirer à cause de la pollution provenant des véhicules de toutes sortes.Le pétrole brûlé et réduit en fumée peut agresser la fragile biochimie de nos cerveaux.C'est une des causes probables de la schizophrénie des villes.Une autre cause serait l'insécurité qu'engendrent chez les gens les grands complexes industriels.Sans compter le bruit d'enfer qui bourdonne toute la journée, le martellement, les sifflements, les grincements, les grondements, les hurlements et les vociférations des ouvriers font fuir et même oublier les gazouillis des petits oiseaux.Voilà le silence rompu maintenant, remplacé par des bruits qui risquent de rendre fou, ou sourd.Je ne sais plus quoi faire.Je vais donc rentrer chez moi, résigné, et écouter un peu de musique douce pour ne pas devenir fou, ou sourd ou (je le suis peut-être déjà).schizophrène.Comme tout le monde!. Pour la première fois Les plus démunis pourront s'exprimer devant l'ONU Le 17 octobre prochain, journée mondiale du refus de la misère, officiellement reconnue par l'Organisation des Nations Unis, une délégation de 350 personnes, dont 30 du Québec, sera reçue au siège de l'ONU, à New-York.Organisé par le mouvement international ATD Quart-Monde, cet événement permettra à des personnes parmi les plus démunies de s'exprimer devant les grands de ce monde.jjserge Lareault^ L e mouvement international ATD Quart-Monde se donne pour objectif de vaincre la pauvreté par la solidarité.Fondé à la fin des années 50 dans un bidonville près de Paris, c'est un regroupement où les plus pauvres sortent de leur isolement et s'unissent pour agir.ATD signifie «aide à toute détresse».Diverses activités sont créées par cet organisme afin que les plus pauvres de notre société sortent de leur isolement.À Montréal seulement, ATD Quart-Monde compte une cinquantaine de membres et 200 sympathisants, selon le délégué national, Philippe Hamel.Grâce à cet organisme qui prépare la journée du 17 octobre depuis des années, des familles très pauvres venant de quarante pays, soit une délégation de 350 pe sonnes dont 30 du Québec, seront re- çues a l'ONU.«Ces personnes, affirme M.Hamel, auront la chan ce de partager entre elles ce qu'elles vivent.Elles rencontreront le secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, Boutros Boutros-Ghali.De plus, elles seront amenées à évaluer les programmes d'aide aux gens pauvres.» Cet événement, qui prendra par la suite la forme d'un grand rassem Là où des hommes et des femmes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de la Personne sont violés.blement animé, soulignera les efforts que les pauvres déploient quotidiennement pour vivre.Refus de la misère Cette journée spéciale remonte à un fait précis.Le 17 octobre 1987, le père Joseph Wrésinski, lui-même issu d'une famille très pauvre et fondateur du mouvement ATD Quart-Monde, inaugurait à Paris une dalle en l'honneur des victimes de la misère, là 0 ù , e n 1 9 4 8, avait été signée la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.Ce jour-là, cent mille défenseurs des droits humains ont affirmé que la misère n'est pas fatale et qu'il est du devoir de tous de s'unir pour la détruire.Depuis cette date, le 17 octobre est vécu comme une journée mondiale du refus de la misère, journée reconnue officiellement par l'ONU.1 À Montréal, l'événement ne passera pas inaperçu.Il y aura un rassemblement le 13 octobre, à 19 heures, dans la basilique de l'oratoire Saint-Joseph.Au cours de cette soirée, une partie théâtrale soulignera le courage des pauvres.Près de 2000 personnes sont attendues.Il devrait aussi y avoir, le 17 octobre, à partir de 18h00, à la Place Berri, présentation sur écran géant des événements qui se seront déroulés à New-York durant la journée.Le tout demeure, à confirmer.Si vous voulez vous joindre au Comité du 17 octobre ou tout simplement en savoir davantage, vous pouvez communiquer avec le 279-0468.Pour les organisateurs, ce sera une journée où les pauvres de tous les pays prendront la parole avec leurs mots, leurs idées, pour inviter chacun à agir à tous les niveaux et à montrer aux nations que la pauvreté n'est pas inéluctable.L'Auberge Madeleine 10e Anniversaire Toutes les anciennes résidantes sont invitées à participer à un bal costumé pour l'Halloween le vendredi 28 octobre.Information: 597-1499 Il y aura un concours de costumes: priorité donnée aux costumes faits-maison.\t\tLES OEUVRES DE \t\tLA MAISON \t\tDU PÈRE 550, boul.René-Lévesque Est\t\t Montréal (Québec) H2L 2L3\t\t Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108\t\t «52 C Propos déambulatoires.Ère-rance La ville est figée, muette.Les trottoirs pèsent lourd sur l'esprit.Les rues vides et sinistres, sinistres parce que vides.Je déambule seule entre des flaques d'ombre.Si par hasard je rencontre quelqu'un, il se tient immobile au coin d'une rue, fermé, le visage assombri par une casquette.Les lieux sont désinvestis de leurs propriétés humaines.La ville présente une insuffisance d'humanité.L'état d'abandon de certaines maisons confère à Montréal une certaine unicité de ton.Rien de plus favorable à l'errance.Je marche sans arrêt, n'arrête que pour repartir, et si je ne repars pas immédiatement, c'est pour piétiner d'hésitation sur un coin de rue, pour vérifier mon isolement.Derrière l'espace, un autre espace a expulsé ses citoyens pour me mettre au centre de son enfermement.Je me déplace comme un fou blanc sur les cases noires de l'échiquier de ma vie anonyme: AA, CA, NA etIA ( itinérante anonyme ).Je suis circonscrite par la rue comme par un bandeau qui me rend aveugle.Je marche dans une sorte d'engourdissement de l'esprit.Je ne perçois plus que la surface des choses.Le quartier plein de commerces fermés n'a plus de vitrines pour afficher sa réflexion.Rien pour m'a-perçevoir évoluer dans ce lieu, rien pour me dire comment je m ' y incarne.Personne pour me dévisager.J'en viens à déambuler, plus semblable à un fantôme qu'à moi-même.La ville est en état théorique de fonctionnement, les lieux ne comptent plus, seul le mouvement prévaut.Je ne suis plus que le résultat de ma propre mobilité.L'espace ouvert me tient captive.Rien ne scande l'heure de manger, le moment de rentrer (où?); rien ne signale l'amour, la haine.Même pas un robineux pour venir me rassurer.Ce qui a disparu, c'est la ville comme structure de rapports humains.Je porte sur l'épaule un sac, plein de trop peu, marqué de ma fonction d'errante.Au moindre bruit de Tél.: (514) 525-1121 Kinerie Du Village MICHEL CLARK 2008, rue Amherst Montréal (Québec) H2L 3L8 pas, je le coince entre le bras et la poitrine, comme si je craignais plus pour lui que pour moi.J'ai peur et je fais peur.J'en viens à marcher sur la pointe des pieds pour me désenfler le ricochet de mes propres pas sur les façades.Peu à peu, mon appel d'humanité grandit.La panique me vient de 1 ' absence de réponse.Le monde a outré son indifférence; c'est devenu une cruauté.La froideur des choses fond sur moi: tant et aussi longtemps que la chaleur humaine m'habitera, je ne chercherai pas la froideur de la terre sur mon corps pour me réconforter.Car il est rassurant de savoir que plus j amais on ne va manquer de chaleur.Avez-vous l'heure?Non, L'heure erre, erre-heure.Cylvie G.Autobiographie en cinq courts chapitres I Je marche le long d'une rue Il y a un grand trou dans le trottoir Je tombe dedans Je suis perdue.Je ne sais pas quoi faire C'est pas ma faute Ça prend une éternité pour m'en sortir.II Je déambule le long de la même rue Il y a un grand trou dans le trottoir Je fais semblant de ne pas le voir Je tombe dedans encore une fois Je ne peux pas croire que je me retrouve dans le même pétrin, mais c'est pas ma faute Ça me prend encore un bon moment avant de m'en sortir III Je redescends la même rue Il y a toujours un grand trou dans le trottoir J'ai conscience qu'il est là Je tombe dedans quand même.par habitude je vois clair je sais où je suis C'est ma faute Je me sors de là aussitôt IV Je marche le long de la même rue Il y a un grand trou dans le trottoir Je le contourne V Je prends une rue Portia Nelson 20 Chronique de la rue Vendeur itinérant ou ambulant Avec le temps Jai gradué grandement.De vendeur impénitent À devenir simple itinérant.Et puis tout bonnement, Super vendeur itinérant Quel changement! Quand je dis vendeur impunitent, C'est pour parler du pouvoir que Gagné trop souvent facilement Exerçait sur moi subtilement.Réussissant sournoisement À me faire oublier ce temps Passé durement en-dedans À survivre silencieusement.Quant à ceux qui croient ne pas être concernés, il leur est expressément destiné! (cet article).Tout ça pour dire que je suis fier d'être revenu, comme à mes débuts, dans la vente légale (i.e.vers l'âge de 13 ou 14 ans ) lorsque je commençais a vendre itinéramment des gâteaux, des beignes, des mille-feuilles, etc, de porte en porte.Dans ce temps- là, je ne connaissais pas la paranoïa.Aujourd'hui, j'ai beau essayer de ne pas paranoïer, mais avec le vécu que j'ai, c'est dur d'y arriver même si je vis légalement.Voici une expérience récente que je tiens à mentionner afin de mieux expliquer le pourquoi.LE RÉSEAU D'AIDE AUX PERSONNES SEULES ET ITINÉRANTES DE MONTRÉAL INC.94 RUE STE-CATHBVNE EST MONTREAL (QUEBEC) H2X 1K7 TÉL.: (514) 879-1949 C'est arrivé le 12 août 1994, premier soir de Woodstock et dixième soir des Francofolies.La veille, j'avais été averti par le garde de sécurité de vendre le journal plus loin.J'étais déjà de l'autre côté de la clôture (comme je l'ai toujours été), mais j'étais supposément, selon lui, toujours sur le site et donc considéré comme une nuisance publique.Tout cela parce que j'offrais gentiment et avec le sourire, au public itinérant passant d'un bord ou l'autre de moi, mon journal préféré (L'Itinéraire)).Je me suis tassé de quelques pieds et j'ai continué.Le lendemain, je suis revenu au même endroit et me sentant légal, j'ai recommencé.Puis, nouvel avertissement, je lui ai dit d'appeler la police, qu'ils étaient au courant.Ils m'ont dit que je n'avais pas le droit parce que je n'avais pas de permis, que ma carte non accompagnée d'une lettre du journal n'était pas valide.Que de frustration, de ressentiment et d ' agressivité ont jailli en moi.Car c'était le début de la fin de semaine et je ne pouvais tout simplement pas appeler au bureau pour qu'ils rétablissent la situation.J'ai eu peur de faire du temps [en prison] à cause de mes réactions agressives dues à ma frustration.J'espère donc que la situation va se régler une fois pour toutes et que je pourrai continuer à vendre bien honnêtement, avec le sourire et sans paranoïer constamment, votre et notre journal très spécial, qui nous touche tous très profondément, malgré nous, soit L'Itinéraire.Alain Coulombe alias Alcatraz Beaucoup de gens veulent lire U Itinéraire! Offrez-leur ce droit à l'information.Joignez-vous à l'équipe de camelots de L'Itinéraire en appelant au 597-0238.vi- ve 21 iwer Nous attendons vos lettres, opinions et commentaires, à l'adresse suivante: Jounal L'Itinéraire 1223, rue Ontario Est Montréal (Québec) H2L-1R5 Tél.: (514) 597*0238 «Je l'ai même fait voir au chauffeur d'autobus» À mon tour, je viens vous confirmer que j'ai acheté votre journal L'Itinéraire au métro Mont-Royal, le 5 août.Je l'ai lu au complet.J'ai été très emballée par la qualité des articles si intéressants et enrichissants, la mise en page soignée et le style simple.J'ai particulièrement apprécié le billet signé «Le concierge».Son message passe bien à travers la souffrance humaine et le tableau décrit habilement la grande misère d'un quartier de Montréal.C'est un article très positif sur votre journal, paru dans l'hebdo VOIR d'il y a deux semaines, qui m ' a donné soif de lire L'Itinéraire.À mon tour j'en parle dans mon entourage.Je l'ai même fait voir au chauffeur d'autobus du circuit Amherst qui a été impressionné.Bravo à tous ceux qui collaborent au succès de cette nouvelle entreprise.Ne lâchez pas.Vous faites du bien beau travail.Georgette Langevin «Trop souvent on oublie la souffrance.» À toute l'équipe du journal, Je viens de terminer la lecture de L'Itinéraire et je tiens à vous exprimer toutes mes félicitations.La qualité des articles est impressionnante.Enfin un journal quiparledes gens aux gens! Les informations et les témoignages permettent de mieux comprendre le phénomène de l'itinérance et de briser les barrières sociales faites de préjugés et de craintes non-fondées.Trop souvent, on oublie la souffrance et l'humiliation des gens qui vivent dans la rue pour ne regarder que leur allure défraîchie.J ' espère si ncèrement que votre bel le i ni ti ati ve permettra à des gens dans le besoin de retrouver la dignité qui leur est due.J'espère aussi que le journal rapprochera les gens et permettra d'apporter des solutions concrètes aux problèmes.Je me dois aussi de vous exprimer à quel point l'article de Francois Deschênes m'a touchée.J'ai vu moi aussi la douleur dans les yeux des rejetés et c'est une souffrance intolérable.Le poème Coupable de Thérèse Gauthier m'a fait pleurer, non pas par pitié mais par compassion pour le coeur d'une mère blessée.J'ai lu dans ses mots ceux que ma mère voudrait me dire et cela même si nos vécus sont totalement différents.La douleur, elle, se ressemble.Vous avez su faire tomber la pluie dans mon coeur et en même temps vous y avez fait naître un bel arc-en-ciel rempli d'espoir pour une vie meilleure.Merci.Nancy Couture Je la croisais souvent sur Ste-Catherine.Elle ne demandait rien mais je voyais, à l'occasion, quelqu'un lui remettre une pièce de monnaie.Je ne l'ai jamais fait.Je ne l'ai jamais approchée.J'aurais dû: je me suis privée longtemps du plus beau des sourires.Votre journal nous a permis d'échanger quelques mots.Ça a été très court mais ça m'a ouvert les yeux: cette dame a beaucoup de chaleur en elle.Elle a ensoleillé ma journée.Une amie de l'Itinéraire.Le Groupe Communautaire L'Itinéraire abesoinde votreaidepour réaliser ses projets.Les personnes qui le désirent peuvent envoyer un don et le joindre au présent coupon.Un reçu de charité sera émis à votre demande pour tout montant de dix dollars (10.00$) et plus.Nom : Adresse: Tél.: Montant: Je désire un reçu d'impôt S.V.P.Envoyer vos dons à Groupe Communautaire L'Itinéraire 1223 est, Ontario Montréal,Q.C.H2L1R5 Le Groupe communautaire L'Itinéraire Besoin de bénévoles Appelez-nous au 596-2520 Suite de la page 5 «Un Québec fou.» politiciens, les pousser à dans un Québec fou de agir.» A moins, évi- ses enfants.pauvres, demment, que nous puis- Que faire alors?sions dormir tranquilles Pourquoi écrire tout ça Félicitations ! Par la présente je désire vous féliciter, personnellement et au nom de toute 1 ' équipe de Maison Plein Coeur, pour l'heureuse initiative de la création du journal L'Itinéraire.En effet, il m'apparaît nécessaire de faire connaître à la population montréalaise cette réalité choquante qu' estl ' itinérance.Les dirigeants de notre ville déploient une énergie folle pour cacher la misère de certains de ses concitoyens afin de projeter une image de prospérité dans l'égalité.Ça c'est choquant! Il suffit d'offrir des services à lapopulation de notre ville pour constater que la misère humaine, l'isolement et lapauvreté sont omniprésents et non-discriminatoires.L'itinérance n'a pas d'âge, de sexe, de couleur, de milieu, de race ou d'orientation sexuelle.Cacher cette réalité nous garde l'esprit fermé et le coeur anesthésié.Bravo d'oser mettre à jour ce que d'autres tentent de camoufler.Bravo aussi de donner de la dignité aux oubliés en leur permettant d'exprimer leur vécu.Je vous encourage à continuer de déranger notre petit confort, à nous faire réaliser que nous sommes tous membres et responsables de cette société malade que nous avons le pouvoir de changer.J'espère que votre travail suscitera une prise de conscience élargie chez nos dirigeants et nos concitoyens.Louis-Marie Gagnon, Le Directeur général Maison Plein Coeur Vêtements promotionnels Sérigraphie T-Shirt Casquette Coton ouaté et bien plus.Patrice Pilon 527-2573 RESTAURANT m wm
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