L'itinéraire, 1 janvier 1994, juillet - août
[" ITINÉRAIRE Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans sa tête (Photo: John Johnston) SOMMAIRE Le «derrière» des événements publics Tout festival ou fête populaire amène ses a-vantages et désavantages.Lorsqu'une masse de gens se réunit, ça déplace de l'air et change le paysage de la ville.Derrière ces événements, une machine invisible se met en branle pour satisfaire tout le monde.c'est-à-dire créer beaucoup d'insatisfaction.pp.4-6 Exposition Des itinérants prennent Montréal en photos pages 12-13 (Photo: John Johnston) 2 Mot de bienvenue 3 Page éditoriale 4-6 Dossier festivals 7-9 Dossier vacances 10 Opinion: prostitution 11 Billet 12-13 Exposition photos 14 Témoignage 15 Intervenant 16-17 Méthode «empowerment» 18-19 Réforme sociale (Loi 120) 20-21 Camelots de L'Itinéraire 22 Boîte aux lettres 23 Aide aux locataires Recyclage de vélos Les vacances brillent pour tout le monde On dp (âfc André Boulerice Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques ASSEMBLEE NATIONALE 1951, boul.de Maisonneuve Est Montréal (Québec) H2K 2C9 Tél.: (514) 525-2501 Téléc.: (514)525-5637 Les frigos et les télés couleur, parfois même les lessiveuses se retrouveront aussi sur le terrain de camping.II faut bien ne pas trop se dépayser et conjuguer confort urbain et décor champêtre.Et puis, autour du feu de camp, se permettre de pourfendre les hérétiques qui s'accrochent à leur balcon et ne profitent pas, comme tout le monde, des heures carillonnées du haut de la tour de l'ancienne église St-Jacques de Montréal?Pour moi, la réponse est claire: je suis le citadin qui préfère les cloches d'église.Mais qu'importent, après tout, le lieu et l'activité de prédilection.Le mot «vacances» implique temps libre et saine gestion de celui-ci.Les amateurs de randonnées vacances en costume de bain et babouches, à brosser le barbecue.Oh sacrilège! Le crépitement de la flamme en harmonie avec les chants et les cris de joie, près du feu de camp, sonnent-ils donc moins bien à l'oreille que les pédestres ou à vélo, les mélomanes et les cinéphiles de tout acabit, sans compter les gourmands de lecture, tous et toutes font leurs délices des espaces verts au coeur de la cité, plusieurs fois centenaires Les grands arbres Suite à la page 9 Suite de la page 8 qui peuplent le Mont-Royal distillent tout autant la sagesse que ne le font leurs congénères du Mont-Tremblant et de tous les Pays d'en-haut.Parfois, au détourd'un sentier ou dans le bruissement du vert feuillage, quelque muse séduit le promeneur solitaire et l'entraîne dans des rêveries qui lui font oublier les turpitudes de la ville.Cheveux au vent, le promeneur regagne le balcon de son appartement.Balcon métamorphosé, il va sans dire.ERRATUM Nous nous excusons de s'être «trompé» dans le mot mystère du premier numéro de L'Itinéraire.Le mystère est complet.De mémoire d'éléphant on avait jamais fait une telle gaffe! Opinion Le droit aux vacances pour qui?epuis longtemps, je m'interroge à savoir: les vacances sont-elles uniquement pour les riches?À bien y penser, en y regardant de plus près, qui, au Québec, parle de vacances ?Les riches, les politiciens, les professionnels, la classe moyenne en parle de moins en moins et les autres n'ont pas les moyens ni le loisir d'y penser.Quant à moi, je crois que tout individu a droit de prendre au moins une semaine de vacances par année afin de se reposer ou de faire le point sur les événements de l'année précédente et de repartir à neuf.Pour certaines gens, le droit aux vacances est la récompence du travail accompli durant l'année.Cependant, une mère de famille oeuvrant 24 heures par jour, au foyer ou à l'extérieur, ne connaît pas de répit.En 1994, sommes-nous la fédération des o-s.b.l d'Habitation de Montréal Norma Drolet Directrice générale 1650 rue St-Timothée, suite 206, Montréal (Québec) H2L 3P1 Tél.: (514) 527-6668 Fax : (514) 527-7388 libres de nos choix lorsqu'on clame que la récession est terminée tout en continuant à faire des coupures sur le dos des plus petits?Lors d'une rencontre avec Mme Diane La-casse, devenue à l'âge de vingt ^ ans, 3 b mère de famille monoparentale, elle nous affirme n'avoir jamais eu de vraies vacances.Elle n'a pas choisi de vivre cela.Après un divorce, elle se retrouve avec l'entière responsabilité de trois enfants en bas âge.Diane est une femme pleine de potentiel qui aurait pu avoir un très bel avenir mais la vie en a décidé autrement.«Les seules vacances auquelles j'ai eu droit sont, comme vous l'avez probablement deviné, celles passées à balconvillle».«Après avoir acheté ce qu'il fallait et déboursé des frais minimes pour la colonie de vacances au camp Saint-Vincent-de-Paul (bien entendu avec trois enfants, on ne peut se payer le camp St Donat), j'étais sans le sou».«Poutant, j'aurais bien aimé pouvoir leur offrir de vraies vacances, comme un petit chalet sur le bord d'un lac, afin de profiter au maximum de la nature et du grand air, mais en vingt ans je n'en ai jamais eu les moyens», explique t-elle.Aujourd'hui son plus grand rêve serait de se retrouver seule au bord de la mer pour en apprécier tout le calme et toute la beauté.«Étant une grande rêveuse, je veux bien croire qu'un jour je pourrai enfin le réaliser » Comme tant d'autres, Diane aurait-t-elle droit à une vacance.au moins une fois dans sa vie?Josette Bouchard £ ou/se Jfaref ^EMBLEE NÂTlOttÂLÊ Députée de Hochelaga-Maisonneuve et présidente de la Commission de l'éducation Hôtel du Parlement Bureau 2.20 Québec (Québec) G1A 1A4 (418) 643-5665 FAX: (418) 646-6640 3987, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H1W 2G7 (514) 527-8986 Opinion Les prostituées: esclaves des temps modernes?e veux d'abord vous dire bravo pour le journal L'Itinéraire auquel vous collaborez.Je l'ai lu du début à la fin et j ' attends la prochaine édition.Je me suis arrêtée, entre autres, à votre article sur la prostitution.Je crois moi aussi qu'il est injuste de persécuter les prostituées et de les emprisonner puisqu'elles sont davantage des victimes que des criminelles.Quant à la légalisation de la prostitution, elle me cause quelques difficultés logiques.Si on reconnaît que la prostitution est un problème social (socio-économique?) sérieux et que les prostituées sont exploitées, en légalisant la prostitution ne risque-t-on pas de légitimer et de normaliser en même temps le problème, c'est-à-dire l'exploitation de la misère qui en est la source ?Ne serait-ce pas une acceptation «officielle» du fait que certaines femmes ( et des enfants, et des adolescents aussi) sont exploitées par des hommes ( souteneurs, clients et le reste de la société«tolérante» envers les exploiteurs) à cause de circonstances psychosociales et économiques qui les rendent vulnérables ?Ne rendrions-nous pas plus difficile encore la situation de ces personnes auxquelles plus de règlements viendraient encadrer le travail?Comment se sentir dans une société où les autorités fiscales percevraient une taxe ou un impôt sur des services sexuels qui sont, en fait, une forme d'esclavage?Il faut remarquer que le présumé «métier comme un autre»ou «plus vieux métier du monde» est réservé à des individus de groupes plus pauvres et vulnérables.Légaliser la prostitution ne serait-il pas également normaliser et légitimer les inégalités de classe, l'exploitation des moins nantis par les plus favorisés?Si les gouvernements légalisaient la prostitution, ne se sentiraient-ils pas encore moins concernés par les causes de cette forme d'esclavage ?Ne se croiraient-ils pas justifiés davantage de ne pas s'attaquer aux inégalités socio-économiques, aux problèmes des jeunes, aux difficultés des familles, aux inégalités entre les hommes et les femmes, de ne pas créer des ressources pour aider les prostituées à sortir de leur situation ?Puisque la prostitution serait légale, elle risquerait de ne plus apparaître comme un problème de société mais comme un choix individuel acceptable, non seulement aux yeux des gouvernants mais aux yeux de l'ensemble des citoyens.«Elles font NON à L'EXPLOITATION leur travail», dirait-on.Or, je ne pense pas que la prostitution soit un choix et qu'on puisse accepter comme normales les circonstances qui amènent quelqu'un à se prostituer.Enfin, après des millénaires à s'interroger sur les circonstances de la prostitution du côté de l'offre, il serait peut-être temps d'examiner les causes de cette exploitation du côté de la demande (les clients et toute l'indus trie connexe qui tire d ' extraordinaires profits de la prostitution).On prendrait peut-être la véritable mesure du problème et on verrait que légaliser une situation problématique ne la résout pas.Faisons un parallèle entre la prostitution et d'autres formes de violence faite aux femmes.Croirait-on vraiment que le problème se résoudrait de lui-même si, au lieu de considérer le viol ou l'agression contre des femmes en milieu familial, on les légalisait parce qu'ils ont pris des proportions considérables?Il faut situer la question dans le contexte des droits de la personne.On devrait protéger les prostituées contre ceux qui les exploitent et leur donner les moyens de sortir de leur situation parce qu'elles ont le droit à la dignité, à la sécurité et à l'égalité.Mais pas rendre légal l'esclavage sexuel car il deviendrait alors impossible de corriger une situation devenue légale et normalisée.La prostitution a été légalisée dans plusieurs pays et la situation des prostituées est loin de s'être améliorée.Dans la plupart des cas, elle n'a fait qu'empirer (lisez à ce sujet l'ouvrage «L'esclavage sexuel de la femme» de la sociologue Kathleen Barry, qui a mené pendant dix ans une enquête à travers le monde).Par ailleurs, criminaliser (ce qui n'est pas la même chose que légaliser) les prostituées n'aident en rien la société et c'est une injustice.Peut-être faudrait-il criminaliser plutôt les actes de ceux qui les exploitent et mener une campagne d'envergure contre le chômage, les inégalités entre les hommes et les femmes, les abus familiaux qui préparent souvent la voie à la prostitution.Et surtout se donner les moyens de dépasser le discours pour s'attaquer concrètement à ces problèmes.Une amie de itinérants et des itinérantes.Micheline Air climatisé mur à muratf^^fc eul votre hôtel de Mentana,de pair avec nos experts-conseils du journal L'Itinéraire, peut vous offrir ce forfait-vacances le long des plages cimentées et autres pavés plus ou moins unis de ces régions centrales et méridionales de la grande ville (le Plateau, le Centre-sud et le chic quartier Hochelaga).En tant que Gentil Organisateur (G.O.) de vos frasques vacancières, permettez-moi d'exciter votre imaginaire: des installations et services, chics et abordables -chassis-doubles à air conditionné, grumeaux coulissants dans les vitres, réfrigérateur à trois temps et deux tablettes (ampoule en sus), ventilateur à piles (piles non-comprises) - ces commodités, somme toute assez communes sous ces tropiques, vous sont offertes moyennant environ la moitié de votre revenu mensuel, payable d'avance autant que possible.En cas de difficulté, votre concierge se fera un plaisir de vous présenter un usurier de sa connaissance.L'hébergement: de rustiques et pittoresques chambrettes équipées de cuisinettes ultra-sophistiquées n'occupant qu'un mètre cube; douche et cabinet mixtes pour 10 personnes au bout du couloir; livraison de produits alcoolisés et autres spécialités locales siteront pas à frapper à votre porte pour vous initier aux nombreuses coutumes autochtones de (Photo: John Johnston) Le site: paradisiaque.C'est à en mourir! Vous en verrez de toutes les couleurs (surtout si vous avez profité de notre service de livraison aux chambres).à toute heure de la nuit, boudoir dans la ruelle et magnifique vue sur un des murs de l'usine désaffectée à proximité.Le site: paradisiaque.C'est à en mourir! Vous en verrez de toutes les couleurs (surtout si vous avez profité de notre service de livraison aux chambres).Vous pourrez pique-niquer gratuitement dans nos escaliers si le pit-bull est attaché.L'exotisme: des co-carachas plus grosses qu'au Mexique, des pigeons jadis voyageurs, des chats de gouttière qui vous disputeront la ruelle; vos voisins et voisines sont des amours (tarifs à discuter) et ils n'hé- la maison.Les saisons: froid en hiver, chaud en été, tout le confort des appareils à air climatisé, sans appareil et.sans air.Vous en transpirerez d'aise pendant la belle saison.Pourquoi alors ne pas rester collés à votre fauteuil en imitation de simili-cuirette et regarder avec désenchantement votre émission préférée (en reprise), le cendrier en fer blanc et les vieux mégots à portée de la main et le Kraft Dinner refroidi sur la cuisinière.Il nous reste encore quelques studios, mais hâtez-vous, le premier du mois s'en vient.Un petit truc: si vous avez manqué votre chance, demandez à un ou une amie de vous sous-louer son sofa: vous profiterez ainsi d'une vacance double-budget pour.deux fois rien.Considérez enfin votre exemplaire du journal L'Itinéraire comme l'indispensable guide Mi-Chemin du tropique Centre-Sud.Une dernière question hantera sûrement vos chaudes nuits: comment diable pourrais-je passer mes vacances autrement?Un chambreur en chaleur Tél.: (514) 525-1121 Kinerie Du Village MICHEL CLARK 2008 amherst montréal, qc h2l 3l8 5' 2 11 Cet automne, dans le Cadre du 20e anniversaire du RAPSIM (le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal), le Groupe communautaire L'Itinéraire organisera un projet intitulé «Montréal vu par les itinérants et itinérantes».Une dizaine de sans-abri ont parcouru les rues et ruelles de Montréal munis d'un appareil-photo jetable fourni par L'Itinéraire.Ils devaient prendre des photos de ce que Montréal a de plus significatif pour eux.Nous vous présentons en primeur quelques créations de nos photographes itinérants.Vous serez informés de la date et du lieu de l'exposition dans le prochain numéro.Photo: André Desrochers Photo: Eric Groulx Roger Tremblay, à gauche Photographe anonyme Photo: Roger Tremblay V o Il se retrouve en traversant le Canada Je ne savais plus où j'en étais.J'arrivais au terme d'une misérable saga à travers le Canada.Une sixième traversée Montréal-Vancouver en six mois.Je me sentais incarner parfaitement le rôle d'un personnage de Dostoïevski dans sa nouvelle \" Le songe d'un homme ridicule\".Ridicule je l'étais et jusqu'aux os.es premiers départs et les premiers retours étaient auréolés d'une griserie douteuse qui n'avait d'égal que l'espoir investi dans ces expéditions.Cet espoir n'était qu'un mirage, qu'une tristesse immense vêtue de joie.En réalité, cette joie était le sommet de ma tristesse.C'était la fin d'un été et d'un état.Le début de la fin devrais-je dire.Après des milliers de kilomètres d'errance, de privations et d'isolement, je me rencontrais finalement sur les rives du Pacifique.Voyager sur le pouce sans-le-sou ce n'est pas toujours drôle.Si en plus on ignore où l'on va, alors là les choses ne s'arrangent pas tout de suite.C'était la nuit sur cette route longeant la côte ouest de l'île de Vancouver, une nuit humide mais pas trop froide tout de même.Le grondement de l'océan emplissait mon cerveau, ma conscience et ma vie.Rien n'avait plus d'attrait que ce son unificateur, rien d'autre n'avait d'importance.Après quelques heures de marche sur une route quasiment déserte, je me suis cherché un endroit pour dormir.Les abris entre Tofino et Long Beach sont rares.J'arrivai finalement à une clairière sur le côté droit de la route.J'explorai le terrain autant que possible et je découvris une dénivellation au fond assez uni pour me faire un lit.La pluie commençait à tomber à grosses gouttes.Dans ces voyages je m'embarassais parfois légèrement de certains objets.Dans le cas présent, je savais qu'au fond de mon sac à dos, j'avais trois sacs verts.En toute hâte, je les sortis.Je coupai le premier sur toute sa largeur, je fis une ouverture près du fond du second et gardai le troisième intact.En vitesse, j'enfilai le premier autour de la taille, j'enfournai mes jambes dans la troisième et je me recouvris la tête avec le second.J'étais en voiture pour une nuit C'était la première fois de ma vie que je couchais dans un sac à vidanges.Prétendre à un destin d'écrivain et se retrouver dans une telle situation.Y'a pas de quoi écrire à sa mère.intéressante.J'écoutais la pluie claquer sur le plastique et je me sentais en sécurité.C'était la première fois de ma vie que je couchais dans un sac à vidanges.Seul au milieu de nulle part je me mis à sourire, puis à rigoler.Non mais vraiment, il fallait le faire.Prétendre à un destin d'écrivain et se retrouver dans une telle situation.Y a pas de quoi écrire à sa mère.Je pensais à tout, à mon enfance malheureuse, la drogue, des drogues que j'avais ingurgitées et qui n'avaient pas réussi à me tuer ni à me rendre fou.Et l'écriture, la sacro-sainte écriture qui n'en finissait plus de me triturer les noyaux de l'inconscience.Dans l'enfance, le monde des adultes ne m'intéressait pas.Mon père violent et toujours absent travaillait comme un fou afin de payer la maison, cette maison où je me sentais si mal.Je voyais toute l'hypocrisie de ces gens qui affichaient le bonheur au monde extérieur.Gens malheureux comme je l'étais.Je haïssais ce corps .Je faisais tout pour le détruire.Il m'arrivait même de me frapper, de m'égratigner les bras et, par la suite, de mariner dans des vapeurs de colère noire à mon égard.En fait, malgré des années d'obsessions de suicide je ne m'étais jamais résolu à passer à l'action.Quelque chose en moi se refusait à cette initiative.Descendre à Vancouver, en hiver, sur le pouce, sans un sous en poche, est une tentative de suicide.Prendre six caps d'acide, quinze de mescaline, manger et fumer du pot et boire du vin tout à la fois, est une tentative de suicide.Choisir l'auto-destruction c'est hair la vie qui est en soi mais c'est surtout ne pas connaître cette vie, c'est en être coupé et aussi la.14 Suite à la page 17 A COeUr OUVert.par Robert Beaupré par Carmen Langlois Portrait d'un intervenant Prix d'excellence 1994 de l'Université Laval François Thivierge, huit ans d'intervention novatrice La sérieuse Faculté des Sciences sociales de l ' Université La val, par le biais de la Fondation Simone-Paré, vient de reconnaître l'action du Groupe L'Itinéraire comme étant pertinente et efficace.Enfin, cela ne s'est pas passé tout à fait comme cela mais vous aller voir, c'est tout comme.r a n ç o i s Thivierge, organisateur communautaire au Centre Préfontaine, a reçu en mai le Prix d'excellence 1994 en Service social des groupes, doté d'une bourse de 1 000 dollars, qui soulignait le caractère novateur de son travail auprès de la population itinérante de la région de Montréal.Un travailleur de rue, frayant avec les poignets blancs des directeurs d'école et des doyens de facultés?Qui était-il, et surtout, qu'avait-il fait de si novateur?Il fallait le rencontrer.Il a 38 ans, il en fait 28; grand, mince, le blanc des yeux clair, pas un poil au menton.Le cheveu frisé en plus.Et il a osé introduire dans le champ de l'itinérance une approche dite d'«empo-werment», (voir article (Photo: Francine Moreau) François Thivierge, Prix d'excellence1994en service social de la Fondation Simone-Paré de l'Université Laval.page suivante), en l'appliquant au travail de rue et à la mise sur pied d'un groupe communautaire.Ce qui veut dire qu'il a aimé des désespérés assez pour leur prouver qu'ils avaient des forces et pouvaient les utiliser de manière à se donner une vie meilleure.À l'aide de l'«empo-werment», il a démontré qu'il est possible de créer des groupes au noyau stable, là où la précarité extrême des conditions de vie «encourage des stratégies individuelles de survie, centrées sur des objectifs à court terme».Itinéraire En 1982, il termine un bac en Arts visuels à l'UQAM.Il a produit des oeuvres, notamment des photos, mais l'art ne le comble pas tout à fait.«Je voulais changer des choses, dit-il, mais voir les résultats de mon vivant».De 1982 à 1986, François Thivierge travaille à temps partiel à l'unité de désintoxication du Centre Préfontaine.Ce passage marque le début de son combat dans le monde de l'itinérance, engagement qui ne s'est jamais démenti depuis.En 1986, M.John Lee, alors directeur des Services professionnels du Centre, fonde le Service communautaire auquel se joint aussitôt François Thivierge, qui y travaille toujours à plein temps.Ce dernier dit devoir beaucoup à M.Lee, dont il s'est inspiré dès le départ.En 1994, après huit ans de travail de rue et d'organisation communautaire, il vient d'obtenu-un bac en Travail social et ne souhaite qu'une chose: continuer d'initier des projets et d'assurer leur survie.Un exemple?Vous en avez un entre les mains.Une preuve de réussite?Une vingtaine de personnes qui participent à fond de train à cette entreprise.Le Groupe\t\t communautaire\t\t L'Itinéraire J\t\t Besoin\tm\t de\t\t bénévoles.^\t\t Appelez-nous au\t\t 596-2520\t\t Une méthode d'intervention innovatrice «Power trip» ou «power tripes» Carmen Langlois Le mot pouvoir fait peur à ceux qui n'en ont pas.Généralement utilisé dans des expressions comme «gens de pouvoir», ou «pouvoir en place», il désigne trop souvent des actions contraires à l'accomplissement de la démocratie et peu prometteuses de bonheur pour les personnes qu 'elles prétendent servir.Il y a pire: pour plusieurs, le mot est synonyme d'abus, car c 'est souvent le seul aspect du pouvoir qui se soit déplacé jusqu'à eux.L e mot pouvoir peut faire peur à ceux qui l'exercent, surtout quand il est prononcé par d'autres.En particulier s'il s'agit de seigneurs et princesses des parcs et de la rue, dépossédés de tout parce que séduits tout entiers par le charme ravageur de la faiseuse de cirrhose, de la poudre à narine ou de la colle à tapis; ou encore des citoyens sans domicile fixe, reconnus comme pas fiables, qui ne savent même pas qu'ils le sont, citoyens.Et ça revendique! On utilise l'expression «empowerment», (qui désigne l'action de donner du pouvoir, de l'autorité à quelqu'un), pour décrire ici des prises en charge d'elles-mêmes réalisées par des personnes que l'on croyait irrémédiablement condamnées à des aller-retours en prison, en institution ou à la rue.On parle aussi d'appropriation du pouvoir.Les modèles viennent surtout d'Angleterre et sont parfois si simples, si évidents.Par exemple, des jeunes Anglais se rencontraient sans préavis, se défoulaient dans des actes délinquants et occupaient leurs temps morts à fixer les lézardes du trottoir.Regardé isolément, chacun respirait l'impuissance, la solitude.Un travailleur de rue leur demanda où ils se rencontraient d'habitude.Ils énumérèrent deux ou trois endroits qu'il écrivit à la craie sur l'asphalte.Les jeunes réalisèrent qu'ils formaient un groupe, et pouvaient décider librement d'y appartenir; qu'ils possédaient des compétences et avaient la capacité de les mettre en oeuvre afin d'atteindre des objectifs communs.Quand on a la force de se plaindre du manque de loisirs, on a la force de contribuer à en organiser.Et on en arrive un jour à former un groupe autogéré, comme ce noyau qui devint plus tard responsable d'un local pour les jeunes du quartier.C'est cette approche utilisée dans toutes sortes de milieux qu'a utilisée François Thivierge, organisateur communautaire, mais avec des abonnnés des parcs et des forces, ils pourraient réussir à avoir un toit sur la tête et, qui sait, peut-être même un jour, quel rêve fou, une adresse fixe.Il fallait aussi en conduire régulièrement en désintoxication au Centre Préfontaine et les y accompagner à nouveau lorsqu'il y avait rechute, sans jamais lâcher prise.C'est le contraire de la victimisation parce que l'on prouve à des laissés pour morts qu'ils peuvent (Photo: L'Itinéraire) C'est en s'unissant que l'on obtient le pouvoir de se réaliser.Le Groupe communautaire L'Itinéraire, fondé en 1990, en est une preuve.16 rues en été, des bouches d'air chaud en hiver.En commençant par le commencement: aller avec eux réclamer leur chèque d'aide sociale, leur carte d'assurance-santé, leur certificat de naissance; leur apprendre à gérer leurs quelques piastres durant un mois, s'entêter à leur démontrer qu'en unissant leurs agir sur leur vie.C'est le contraire de la dépendance parce qu'ils deviennent graduellement autonomes.Personne ne donne de pouvoir à personne: le pouvoir s'acquiert, se prend.Ce que peuvent faire par contre des gens suite à la page 17 «Power trip» suite de la pajft plus favorisés, moins d'indécence avec certains amochés, ou tout sim- discours ambiants, parce plement de bonne vo- que dans ce cas-ci, c est dre 1& , banale des lonté, c est de soutenir reux ou malheureux, de ses gestes.Un savoir impossible à acquérir cependant pour qui n'a jamais eu l'occasion de vrai.Donner du pouvoir, c'est souvent un sacrifice pour ceux \u2022 qui en ont: c'est : toujours un changement de régime.Serjos de jouer les niaiseux: «pas de pouvoir, pas responsable», se disent-ils.C'est un leurre: là où il y a de la vie, il y a du pouvoir.C'est un exercice difficile aussi pour les privilégiés au départ, intervenants, animateurs ou autres dirigeants: ils doivent être assez adultes pour déléguer peu à peu leurs fonctions de pouvoir, sans se départir pour autant de leurs responsabilités.C'est le «power tripes»: du coeur en guise de cheval-vapeur.des actions propices à la prise en charge des démunis par eux-mêmes.On peut même dire que c'est rentable pour la société, sans rivaliser Exercer le pouvoir, cela s'apprend.Cela veut dire aussi le négocier et, forcément, le partager.Comme on apprend à assumer les effets, heu- décisions.Enfin, plus apeurés encore que les types mentionnés ci-haut, il y a ceux qui considèrent plus confortable et sécuritaire Suite de la page 14 tourner en ridicule lorsque d'autres, moins malades, en parlent sous le vocable de vie spirituelle, vie équilibrée, de beauté, de santé et surtout de bonheur.Après plus de dix ans d'abstinence de drogue et d'alcool, la vie refusée reprend sa place.Je réalisais dernièrement combien j'avais été fidèle au conditionnement acquis dans ma jeunesse, combien je reflétais avec succès les réflexions négatives de l'entourage qui me taxait d'incapable, de bon-à-rien et quoi encore.Depuis quelques années je m'occupe de mon corps, je m'entraîne régulièrement, je prends des suppléments alimentaires et je surveille mon alimentation.Il est temps maintenant de toucher encore plus profondément à ce que désire le Petit Robert, celui qui est le détenteur de la clé de mon paradis, de mon succès.«Le moulin de Dieu moud lentement, souligne un adage soufi, mais il moud sûrement».L'osbl de l'habitation! Travaux d'entretien d'immeubles résidentiels et commerciaux Réparations et rénovations Expertises de préachat Logistique Entrepreneur général et gestionnaire 1503, Lafontaine Montréal H2L 1T8 Tél.: 524-5015 Télécopieur: 522-7070 Loi 120: Des enjeux politiques et sociaux Groupes communautaires en péril?René Charest Coordonnateur RAPSIM La réforme de la Santé et des Services sociaux, la Loi 120, appliquée en octobre 92, exerce toujours des pressions importantes sur les groupes communautaires.Je profite ici de l'occasion qui m'est offerte pour en décrire les impacts spécifiques sur les organismes travaillant auprès de la population itinérante de Montréal.Nous parlerons, en particulier, de l'atteinte que le gouvernement et ses appareils portent à l'autonomie des ressources communautaires.T out d'abord, c'est quoi un groupe communautaire?Nous parlons ici de groupes qui se sont constitués suite à l'effort des citoyens(nes) à se donner des outils afin d'améliorer leurs conditions de vie et de santé ou celles des populations dites marginales.Plusieurs de ces ressources ont voulu proposer une alternative aux modèles institutionnels ou ont rempli une brèche laissée béante par ces mêmes institutions.Règle générale, ces ressources, au-delà des services qu'elles offrent, sont d'abord des lieux de rassemblement et d'appartenance pouvant cons-S tituer des ponts entre les 2J structures dites officielles H et les populations dites ?marginales, en plus de =| jouer un rôle de défense 5.et de promotion des droits £de ces populations.Un 2 élément important à \u2022S souligner ici: les 2 ressources communau- taires cherchent à agir auprès des personnes sur une base volontaire, sans lien institutionnel obligé.Péril en la demeure Depuis quelques années, les groupes communautaires sont conscients que le nouveau cadre de la Loi 120 risque de mettre en péril l'existence même de ces ressources alternatives, volontaires et démocratiques.Car la reconnaissance des groupes communautaires qui est contenue dans la Loi 120 concerne exclusivement le volet des services qui sont offerts par ces groupes.Il ne s'agit pas d'une reconnaissance large qui tienne compte de l'enracinement de ces ressources dans la communauté ou de leur pratique alternative à l'institution.On se doute bien que cette reconnaissance des groupes communautaires sert une orientation bien précise qui se pratique aujourd'hui au palier gouvernemental.Dans un contexte de coupures budgétaires, devenues la lubie principale des gestionnaires, il est bien alléchant de reconnaître des groupes qui ont eu recours à une partie minime des fonds publics et de leur attribuer une partie importante des services sans compensations financières adéquates.Les enjeux Pour comprendre concrètement comment ces enjeux se sont dessinés dans le secteur de l'itinérance à Montréal, il faut faire ici un court exercice historique.En novembre 91, peu après la fermeture de Dernier Recours, épisode tristement célèbre dans l'histoire du phénomène de l'itinérance à Montréal, le ministère de la Santé et des Services sociaux et la Ville de Montréal ont conclu une entente sur la distribution des fonds antérieurement remis à ce centre d'accueil et de référence.Les groupes communautaires, et la population qui en a besoin, risquent de souffrir des coupures gouvernementales dans le domaine de la Santé et des Services sociaux.Mais il s'agissait beaucoup plus que d'une simple distribution d'argent! À la même période, le MSSS avait déposé le livre blanc sur la Santé et les Services sociaux, La réforme centrée autour du citoyen, dans lequel le ministre prévoyait reconnaître les groupes communautaires et les financer dans un nouveau cadre partenarial appelé le PROS (Plan d'organisation des services).Comme l'occasion se présentait, le MSSS n'a pas hésité à créer un lieu de concertation et obliger les groupes communautaires à y souscrire s'ils voulaient obtenir un montant de financement additionnel à leur ressource.D'emblée, on imposait les nouvelles règles du jeu en matière d'orientation des services sociaux.La base du «partenariat forcé» était créée.Faire pression Le travail du RAPSIM, dans le cadre du plan conjoint, aura été de faire pression sur les décideurs afin qu'ils révèlent clairement leurs intentions sur la planification des services dans le secteur de l'itinérance.D'une part, nous avons réclamé une échéance au plan conjoint MSSS-Ville de Montréal car nous avions peur que ce lieu de concertation se transforme, comme par magie, en un PROS sans que nous soyons en mesure de négocier notre engagement face à ce cadre.Dans ce contexte, les décideurs nous demandaient d'être patients et d'attendre le protocole inter-ministériel sur l'itinérance qui devait s'avérer le guide d'action général en matière d'iti-nérance au Québec.Au lieu de patienter, nous nous sommes au contraire préparés à ce qui devait logiquement arriver, soit la mise en place d'un plan d'organisation des services dans le secteur de l'itinérance.Au mois de mars 93, le RAPSIM a adopté une série de résolutions qui s'avéraient être des conditions de participation au nouveau cadre de planification de services coordonnée par la Régie régionale.Si nous faisons une synthèse de ces résolutions, le RAPSIM exigeait que les groupes communautaires soient reconnus comme des groupes autonomes et financés adéquatement.Nous exigions également que les portes de sortie à l'itinérance, (logement social, employabilité, éducation, etc) soient reconnues comme des priorités à suivre dans le travail de planification des services dans le secteur de l'itinérance à Montréal Et nous avons eu raison d'agir ainsi puisque en avril 93, la Régie régionale a obtenu le mandat du palier provincial de mettre sur pied un plan d'action régional sur l'itinérance.Le RAPSIM, ainsi que plusieurs partenaires du secteur de l'itinérance ont été conviés à participer à un processus de réflexion sur le plan d'action.Le RAPSIM, fort de son mandat, a exercé, en compagnie de plusieurs groupes, une pression sur la Régie régionale qui s'est avérée fructueuse jusqu'à maintenant.Le document sur le Mécanisme de coordination régionale sur l'itinérance été adopté récemment par le RAPSIM, moyennant certaines appréhensions qui échappent au cadre que le RAPSIM a négocié avec la Régie régionale.Ces restrictions sont cependant importantes et elles indiquent la voie à suivre dans la bataille à mener cette année.Bien que l'autonomie des ressources communautaires soit reconnue convenablement dans le plan d'ac- tion, nous craignons plus que jamais que les ressources communautaires soient assujetties au réseau institutionnel dans les prochaines années.Le danger règne, en particulier, dans le secteur des ressources en hébergement à court et à moyen terme.La dernière année a vu se dessiner des pressions énormes sur certaines d'entre elles à qui on réserve un financement, mais à la condition qu'elles se conforment aux directives institutionnelles.Ce qui cause beaucoup de frustration de la part des ressources communautaires en hébergement, puisque ces dernières travaillent dans le secteur de l'itinérance depuis 15 ou 20 ans, alors que l'Etat et les institutions du réseau public reconnaissent ce phénomène depuis 7 ans à peine.L'avenir Reste à savoir aussi si le MSSS reconnaîtra le Mécanisme de coordination régionale tel que négocié par les groupes communautaires du secteur de l'itinérance.Il est possible que les grands patrons de ce secteur refusent de le reconnaître, puisque le plan d'action tel que négocié ne correspond pas à l'orientation du Protocole inter-ministériel sur l'itinérance qui a été finalement déposé au mois de septembre 93.Ce protocole n'a pas répondu aux attentes des groupes communautaires et ce, pour plusieurs raisons.Comme nous l'avons exprimé lors d'une conférence de presse au mois de décembre 93, le protocole perçoit le phénomène de l'itinérance beaucoup plus avec la lorgnette de l'épidé-miologie que celui de l'approche globale.Elle cherche beaucoup plus à solutionner les problèmes de santé liés au phénomène de l'itinérance plutôt qu'au phénomène en soi et aux causes qui les sous-tendent: la pauvreté les poblèmes de logement, etc.Au lieu de s'engager dans un plan d'action qui va résolument nulle part, le RAPSIM avait décidé d'en exiger une révision complète.Le MSSS et ses partenaires ont jusqu'à maintenant fait la sourde oreille à cette demande.Et il est possible qu'il exige de son exécutante, la Régie régionale, d'en appliquer le contenu intégral cette année.La lutte des groupes communautaires en iti-nérance pour le maintien de leur autonomie et un financement de base adéquat est inévitablement une voie importante à poursuivre pour l'année.Et nous sommes conscients que la marche Suite à la page 22 Camelots de L'Itinéraire Après 25 ans de vadrouille Rosaire est dans la rue.pour vendre de l'information Jean Le May osaire n'est pas trop superstitieux.Il porte le numéro 13 chez les nouveaux camelots du journal L'Itinéraire.Il a fait un départ fulgurant.«J'ai vendu 80 journaux en quatre heures ! Si j ' avais travaillé jusqu' à 9 heures, j'en aurais sûrement vendu 130 ou 140.» Rosaire parle avec enthousiasme, interrogé par des gens du groupe l'Archipel d'Entraide, à Québec, qui sont venus visiter leurs nouveaux amis deL'Itinéraire, sur la rue Ontario.Pressé de questions de toutes parts, Rosaire explique qu'il a son territoire et qu'il y tient: «Je vends à l'endroit où tout récemment encore je quêtais.J'aime mieux que les vendeurs ne viennent pas sur mon terrain.» Car voyez-vous, Rosaire tient au travail bien fait et semble croire qu'en ce domaine on est jamais aussi bien servi que par soi-même.«L'Itinéraire est un très bon journal, explique-t-il encore.C'est une bonne cause.Je crois qu'il faut toujours y aller avec délicatesse avec les gens.On doit faire attention de ne pas choisir un vendeur qui serait grossier».«Moi je fais mon travail honnêtement, poursuit-il en faisant allusion à un lourd passé judiciaire.Je suis très fier de dire que les policiers ne viennent plus chez moi me reprocher des choses.Quelque chose a changé dans ma mentalité: mon moral est meilleur.Avant je ne parlais à personne».Amené à préciser les sources de ce changement profond, Rosaire avoue qu'il a appris à connaître Dieu tel qu'il le conçoit et qu'en cours de route on lui a aussi appris à aimer.(Photo: Josette Bouchard) Rosaire, un digne représentant de l'idéologie du Groupe communautaire L'Itinéraire.Os Os
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